TACT
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produit les fumées blanches, nvec Tacide murîatiquc, que Ton expose au-dessus et à quelque distance du tabac en poudre. Dans tous les cast c*est par le principe Acre de la plante, dont Faction sur Téconomie animale est, on le sait, très-marquée , qu'on a expliqué et qu'on explique encore pourquoi la uicotiane agit si promptement sur la muqueuse du nez, qu'elle irrite au point d'exeiter des éternuoments, violents et quelquefois dangereux, sur les personnes qui n'y sorti point accoutumées; comment elle cause dans la gorge une âcreté insupportable, donne des nausées , et fait vomir lorsqu'elle descend jusque dans l'estomac ; comment, introduite en lavement dans les gros intestins f elle rappelle quelquefois à la vie, par rirritation qu elle y produit , les personnes asphyxiées par submersion. C'est enQn par son action sédative sur le système nerveux cérébro-spinal, sur lequel il agit à la manière des poisons stupéfiants, que la nicotiaue et la nicotine donnent promptement la mort, comme ne nous l'ont que trop appris la triste et déplorable célébrité acquise, il y a peu de temps , par le comte de Bocarmé, et la publicité gue les journaux ont donnée aux débats qui ont précédé sa condamnation. Un fait moins connu aujourd'hui, mais qui a fait non moins de bruit à l'époque ou il s'est passé, c'est Tempoisonnement du [)oëte Santeui , chanoine régulier de Saint-Victor, qui s'était rendu célèbre par sa gaieté et par ses bons mots. Ses amis voulant lui faire une mauvaise plaisanterie, lui firent boire, dans un repas, un grand verre de vin dans lequel on avait versé le contenu d'une tabatière, remplie de tabac d'Espagne; soudainement il fut pris par la fièvre, par des vomissements, et il mourut, en ([ueiquesheures,dansdes douleurs horribles.
En pareille circonstance, c'cst-à-dire dans louipoisoinement par le tabac, il faut, si cette substance a été prise il y a peu de temps, titiller la gorge avec le doigt ou les barbes cfune plume; ou, ce qui est bien mieux, administrer cinq ou dix centigrammes de tartre stibié, et dix à douze décigrammes d'ipécacuanha, mêlés à une petite quantité d'eau. Quand, au contraire, le poison a été avalé depuis longtemps, on donne un purgatif ou un émélo-cathartique, auquel on fait succéder uD lavement purgatif. Puis, si des symptômes de congestion cérébrale se manifestent, ou pratique une ou plusieurs saignées, suivant le tempérament du sujet et l'avantage procuré par la précédente ; et on donne les acides, et principalement Teau fortement vinaigrée, à petite dose. Mais s'il survient des bymptômes d'inflammation consécutive, il faut user largement de la méthode antipi j logistique, employant tout à la fois la lil^ature et la cautérisation, si, par cas, le poison avait été introduit dans Téconomie par une simple plaie.
Les propriétés stupéfiantes du tabac l'ont bit employer comme calmant et narcotique, luais on ne l'emploie guère qu'à 1 extérieur, en topique I et encore, sous cette forme, lui
préftre-t-on, avec raison, d'autres niédica* menls doués des mêmes propriétés, mais moins dangereux. Toutefois, nous devons signaler que Boerhaave s'en servait dans les névralgies, Thomas et Andersen dans le tétanos; celui-ci dans les céphalées par ana-tonie cérébrale, seul cas ou il ne soit pas contre-indiqué; celui-là dans l'otorrhée interne ou catarrhe chronique de Toreille, recommandant au malade de fumer, et dé garder longtemps la fumée dans la bouche, afin que la vapeur jiénètre par la trombe d'Eustache dans les parties aifeclées; celui-là dans l'asthme nerveux ; certains dans Tasphyxie par submersion (en lavement); et, quelques-uns, dans la hernie étranglée, par la bouche, comme purgatif, et en lavements; j'avoue que son aJminiitration , dans ce dernier cas, n'est pas sans danger, et je la .repousse. C'est comme pour la gale et autres maladies de la peau : certainement je no «contesterai point l'utilité du tabac, mais, comme il n'agit que lorsqu'il est employé à haute dose, je crois qu'il vaut mieux lui préférer d'autres remèdes.
Le tabac s*admini$tre en infusion, à la dose de quinze grains à un demi-gros par livre d'eau; ou, en décoction, à celle de demi-sros à deux onces , suivant qu'elle est pour l'usage externe ou interne. Si on se sert des feuilles fraîches, il faut en doubler la dose. Son extrait se prescrit à celle de un à quatre grains , qui s administrent à l'intérieur en pilules, ou en suppositoires.
Comme les lavements de tabac sont la forme sous laquelle on l'administre le plus souvent, nous dirons qu'on les prépare comme il suit :
Pr. : Tabac... un gros; eau bouillante... une pinte; filtre^ au bout d'une heure. Quand on veut le rendre plus énergique, on met une once de tabac, pour deux livres d'eau, et on ajoute à la colature douze grains d'émétique. Disons, en terminant, que nous nous sommes bien trouvé de l'application à froid des feuilles de tabac macérées dans du vinaigre , contre les douleurs vives rhumatismales.
TACT, s. m., tactus^ modification du toucher. — Nous disons modification du toucher, parce que, avec un grand nombre de physiologistes, nous établissons une grande différence entre le tact et le toucher , que l'on confondait autrefois. Elle consiste en ce que la volonté préside toujours aux impressions de l'un , aux perceptions tactiles proprement dites , alors que I autre ne nous donne guère que les sensations générales de chaud, de froid, du sec, de l'humide, etc., impressions qui sont hors de l'influence de la volonté.
Il est très-essentiel de connaître le mécanisme du toucher, pris dans sa plus grande acception, parce qu'on sait mieux par là en quoi consistent les services qu'il nous rend. Et, par exem|)1e, c'est par le tact que nous sommes avertis de la température des corps, que nous apprécions leur mollesse ou leur résistance, leur état de sécheresse ou d'hu* miditô; c'est par lui aussi que nous consta-