TEIGNE
TEIGiNE
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Maintenant, si Ton so demande comment il se fait que les aveugles peuvent ainsi parcourir la ville 9 et tourner le coin des rues sans se tromper , on doit se dire que cela tient à Timpression de l'air, qui, à chaque détour, frappe la peau avec plus de force, ce qui est un indice pour Taveugle qui l'aver* tit du vide que laissent les maisons : c'est donc le tact qui les guide; donc le tact est susceptible d éducation , donc il est actif , donc c'est par son intelligence que l'homme parvient à en tirer parti , et ce n'est pas à lui qu'il doit sa supériorité.
TAXIS y s. m., ràJiiÇf nom donné par les ehirurgiens à la comfiÉiessiOn méthodique et graauée qu'on eierce, avec la main, sur une tumeur herniaire, pour la réduire.
TEIGNE, s. f. , (iftfa. Teigne est un mot barbare, introduit dans la science par les écrivains du moyen âge. On croit qu il a été tiré de la langue arabe, attendu qu'Avicenne a décrit, sous les dénominations de «aAa/ba* et ahathim^ une maladie ulcéreuse et croûteuse du cuir chevelu, dont il admet deux espèces : l'humide (pseudo-teigne), e^ la sèche, ou favus des modernes.
D'où qu'il dérive, toujours est-il que le célèbre Alibert a distingué cinq espèces de teigne, en raison des formes que cette maladie affecte. En voici les noms et les carac* tères :
1* Teigne favecsg {tinea favota) : tubercules arrondis , déjprimés en godet à leur centre, de couleur jaunâtre, lesquels s'accroissent , se réunissent , et forment ainsi des croûtes épaisses et informes, qui repous^ sent à mesure qu'on les enlève. S^ Teignb GRANULiB {iinea aranulata) : tubercules inégaux, bosselés, (Tun gris brun, sans excavation à leur centre, a* Teigne furfuracéb ( tinea furfuracea $eu porriginosa ) : légère desquammation de l'^^iderme» suintement d'une humeur qui se dessèche en écailles furfuracées , et en une matière pulvérulente, non adhérente. 4* Teigne AMiANTAcéB {tinea osberiina) ': petites écailles très-fines, d'une couleur argentine et nacrée » lesquelles entourent les cheveux et les suivent en ressemblant h l'amiante. 5* Teigne muqcbusb (tinea mucifiua) : pustules ou vésicules suivies d*ulcérations superficielles , d'où s'é-» coule une humeur tenace , qui ressemble à du miel corrompu.
Aujourd'hui, le tableau diagnostique de la teigne est bien plus simple, et on la définit une maladie caractérisée par de petits ulcères au cuir chevelu, qui sécrètent une matière visqueuse et fétide, occasionnent un violent prurit, et forment des croûtes.
La teigne paraît sous deux formes : à l'état de /avtttf, ocAoref, qui est le premier degré ; et à l'état de ifitea, qui est un degré plus avancé, dans lequel la tète se couvre de croûtes blanches adhérentes, et les racines des cheveux se tuméfient.
Très-commune ehez les enfants, mais ten* daot à devenir de plus eu plus rare à mesure qu'on prend l'habitude de leur laver soigneusement la tèle, de leur brosser les che-
DlCTIONN. DE M&nECINE.
veuxi de les leur couper ras pondant Tenfance, et de les tenir très-peu couverts , la teigne est due principalement à une cachexie scrofuleuse, à la suppression de la transpiration cutanée, mais surtout à la malpropreté et à la contagion. Clest ix>ui^
Îuoi, dans le premier temps de la maladie, faut recommander et surveiller principa*-' x lement les soins de propreté ; tenir les cheveux coupés très-courts sans pourtant Iks trop écourter en hiver; laver souvent la tète avec une dissolution de savon, la décoction de 80Û clarifiée, l'eau de guimauve, ou toute autre substance émolliente, tiède, et appliquer sur les croûtes, pour les ramollir, ou bien du beurre frais ou de la graisse, ou des cataplasmes de môme nature. Les cataplasmes faits avec la fécule de pomme de terre nous paraissent préférables à ceux avec la farine de graine de lin, parce que la ehaleur ne leur donne pas cette odeur nauséabonde qu'exhale la tête des teigneux, et que la farine do graine de lin exhale passablement elle-même dans certains cas ; les uns et les autres ont l'avantage de calmer l'irritation et la démangeaison du cuir chevelu et d'empêcher les croûtes de s'épaissir.
Quand rinflammation est violente et qu'il se forme de petits phelgmons sous la peau, on applique quelques sangsues dans le voisinage, en proportionnant le nombre de ces insectes aux forces du suget.
A intérieur, on fait usage de Félhiops minéral avec la rhubarbe et la magnésie calcinée; on fait boire une infusion do sassafras, et Ton purçe tous les huit jours avec du calomel et du jalap. Ces moyens sulfisent presque toujours pour guérir les cas simples. Remarquons, toutefois, que si Teufant est à la mamelle, ou doit l«i laisser le lait de la nourrice, et lui donner tous les jours un peu d'eau d'orge ; s'il est sevré, ou rendra son alimentation rafratcbissante et moins substantielle.
Dans les cas opiniâtres, il faut recourir à la poudre de Plummer, composée de gayac et de ciguô ; et si la maladie ne cède pas, on se trouve bien d'appliquer, trois fois par jour, des feuilles de cnou, superposées^ au nombre de trois, les unes sur les autres; elles détachent peu à peu les croûtes , et, quand celles*ci sont tombées, on remplace les feuilles de chou par des lotions huileuses. Enfin, dans la teigne proprement dite^ en outre des remèdes internes précités, on a conseillé d'enlever la racine cies cheveux, qui sont malades. A Montpellier, nous avons vu employer avec succès, à Thûpital général, une composition emplastique , la calotte^ moyen excessivement douloureux et que bien des médecins repoussent comme barbare; cependamt, si l'arrachement des racines des cheveux était indispensable « autant vaudrait ce moyen que tant d'autres qu'on a proposés k cet effet. Et [mr exemple, Hufeland conseille dese servir d'éiroites nandelettes couvertes d'un mélange de résine et de farine ; on en applique une chaque jour, et on Tarrache quand elle est sècbe«
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Heureusement ^u*il n*est [)as nécessaire de recourir à ce moyen et qu'il suflil quelquefois de Tapplication de la gomme auimonia- 3ue cuite» en consistance d'emplAtre, dans u vinaigre scillilique, et de la laisser en place jusqu'à ce qu'elle se détache aisément; ce moyen est bien moins douleiireux, et« par conséquent, préférable- Mais, si, par cas» ia maladie est fort opiniâtre, il faudrait oin<dre les places affectées avec un mélangey a [>ariies égales, de beurre et de nitrate de mercure liauide, ce qu'on répète chaque jour, jusqu'à ce qu'elles soient parfaitement nettoyées : ou bien recourir, comme on le fait aujourd'hui dans la «plupart des hôpitaux, a la méthode épilaloire des frères Mabon, qui compte un grand nombre de succès. Dans celte méthode, on commence par couper les* cheveux à deux pouces du cuir chevelu ; on provoque ensuite la chute des croûtes par des applications émollientest par des lotions savonneuses. Après l'emploi de ces moyens préliminaires, on fait tous les deux jours, sur les points affectés de teigne, des onctions avec une pommade composée de saindoux et d'une poudre épilatoire (nous en avons parlé article Ch^ux), dont la composition est secrète, mais qui» d'après Taualyse faite par M. Chevalieri pa« rail devoir son activité à la chaux, et ta sous-carbonate de potasse qu'elle contient* Ce chimiste, a trouvé, en effet, de la chaux éteinte et presque carbonatée ; de la silice, de l'albumine et de l'oxyde de fer (provenant • probablement de la chauxU du sous-carbonate de potasse et du charbon. Les substances actives varient en proportion dans diverses poudres numérotées 1, S, 3, que les fk*ères Mahon emploient successivement. Outre ces onctions, on sème de temps à autre sur le cuir chevelu (une f6is par semaine, par exemjple) une pincée de poudre épilatoire (Voff. Chaux), et l'on peigne dou* cernent les malades avec un peigne fia bien huilé, dans les jours intermédiaires aux onctions. La durée moyenne du traitement par cette méthode est de plusieurs mois au moins, elle a réussi dans des cas où toutes les autres et même l'application delà calotte avaient échoué. Elle ne cause point de douleurt n'offre point de danger quand elle est convenablement appliquée, n'altère point l'organisation du cuir chevelu, et n'empè^ che même pas les cheveux de repousser* lorsqu'elle est mise en usage à une époque où leurs bulbes ne sont pas fortement aJté* rés. Il est évident, d'ailleurs, qu'elle n'est pas plus infaillible que les autres méthodes et Qu'elle échoue quelquefois. Enfin il peut se faire qu'un remède empirique ayant été employé, ou que, pour un motif quelconque (le refroidissement de la tâte en tiiver^ par exemple), l'écoulement se supprime spon** tanémci^it. Dans ce cas, il n'est pas rare de voir la^'diarrhée se manifester, l'enfiant mai«> grir, et des symptômea d'affection pulmonaire survenir. Comme tous ces accidenta disfaraissent par la réapt^rition de t'érup* tion, on doit nécessairement diercher à ia
rétablir par des attractifs appliqués sur le cuir chovelu.
TEMPÉRAMENT, s. m., tempa-tmenim, ou X|fâk(,-, mixture ou mélange.— Oo ap^ielû aiusi le rapport qui existe entre le moral e( le physique, et les caractères divers qui résultent de là pour ce dernier.
De tout temps on a accordé une trèS' grande importance à la connaissance des temi)éramenls, si grande môme, que Galien ne ciaignait pas d*avancer que la connais* sance du tempérament rendait le médecin semblable aux dieux; et Celse, que les Bmi5 sont les H^eilleurs médecins, ce que J.-J.- Rousseau a répété bien dés siècles après en ces termes : « Je^ ne crois pas à la uiédecioe des médecins, mais je crois a celle des amis.i Exagération à part , il est certain que celui qui connaîtra le mieux son malade, nui aura le plus vécu avec lui, sera son meilleur médecin. Imbu de ces idées, étudions les lempéraments.
Pour peu qu'on ait Tbabitude d'obserTer, et qu'on veuille comparer dans leur cous* titution physique et leur susceptibilité morhle les indivious des différents climats, on ra- Gonnaît qu'ils diffèrent beaucoup, sûui bien des rapports ; et comme oa a reconnu des caractères très-tranchés entre les uns al les autres, c'est sur ces caractères spéciaux que l'on fonde la division des tempéraipeols. C'est pourquoi , sans nous arrêter aux anciens, qui admettaient quatre humeurs, le sang, la bile, la pituite et l'atrabile, et rapportaient le tempérament à la prédoiuiDance relative de chacune d'elles ; de là les tempéraments sanguin, bilieux, pituiteux, alrabilaire; sans nous arrêter non plus à l'iuiluence relative que peut exercer dans l'écouornie tel ou tel système , ce qui a conduit à diviser les tempéraments en V sanguin; 2* moseulaire ou athlétique ; â* gastrique ou bilieux; 4** nerveux; 5* lymphatique, etC'aoémiaue : nous nous contenterons, à Texempie de Hicherand et de bien d'autres, de la distinction qu*iU ont admise des teropérauieoU en tempérament sanguiOf (empérameol bilieux, tempérament mu^ueux ou lymphatique, et tempérament nerveux ; tout en faisant observer que ces quatre tempéraments spéciaux peuvent , en se combinant eiitre eux, former des tempéraments mixtes : bilioso-sanguin , nerveux-lymphatique, etc., bien plus communs peut-^être qQ*ils le sont eux-mêmes. Étudions chacun de ces temp raments.
%" TempérametU êonguin, U se disliagQ« des autres par des formes gracieuses et a^ rondies, des cheveux châtains souples e( mollement bouolés, ou roux, des yeux châtains ; la peau Manche, douce et unie» lég^ rement colorée , prinoipaieineiit aux pooBmettes ; la douceur du regard, ranimali<Hi de la physionomie, l'ei^eueinelit, la viiacilé de rimagination« elc.^ et aussi parce qaet eheï le sanguin, toutes etcilations et impressions, tant physiques que morales, agiaseol nrouiplement et énergîqaefnetit sur lui; l'effet de l'une est vite tfis^pé par Telfei
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tEMPBRAMENT
TEREBENTHINE
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d*une autre : (l*où rétourderie« Hnsouciance, rincoDStance qui lui sont habituelles.
On a remarqué que, chez les iodindua ainsi constitués , 1 héoiatose est raj^ide et nbondante, ce qui explique la prédominance du système circulatoire sanguin, et la disposition! soit aux fluxions et congestions sanguines, soit aux maladies inflammatoires et ft riuflammaliOD auxquelles l'individu est sujet.
T Timpérammi bilieux. Le bilieux a, géttéralement, le teint brun» tes cheveux noirs, droits et crépus , presque toujours durs et roides. Le globe de Tœil enfoncé dans Torhite f les traits assez gros, l'iris et la peau d'un bran jaun&tre plus ou moins foncé, avec une pupille d*uo beau noir« une barbe de même couleur, les chairs fermes , les muscles prononcés, les formes durement exprimées, la âbre sèche, Vair grave, sérieux et réfléchi.
Chez lui rexcitabililé est très-facile h émouvoir (ce qui a fait donner k ce tempérament le nom de cholérique)^ et est suivie d'une réaction violente de l'économie tout entière, mais principalement du foie et du système biliaire, d*où il suit que toute sti* mulatioo quelconque est fort sujette à accroître la sécrétion de la bile et a modifier les qualités de cette humeur, mais aussi que rirritation physique causée par elle réagit à son tour et communique de Taigrcur au caractère, de la violence aux passions. Voyez le bilieux ; doué de beaucoup d'intelligence et de capacité, il est hardi dans la concep-* tion d'un projet, l'exécute avec constance et persévérance. Dominé par l'ambition, plein (le courasa , d'audace et d'activité , il cherche tous les moyens de satisfaire sa passion, sans être rebuté par les obstacles qui s'op^i posent h ses desseins : aussi est-ce parmi les hommes de ce tempérament que se trou*" vent ces despotes implacables qui ont opprimé les nations; CCS nommes mflexibles et cruels qui ont forcé les peuples k plier sous leur joug : Brotus , Sylla, Marius , César, Cbarlemagne, Gromwel , Bonaparte, étaient bilieux...
La surabondance de la bile dispose les individus doués de Ce tempérament aux affections bilieuses, et aussi à ce que toutes les maladies dont ils sont affectés prennent le caractère bilieux ou soient compliquées de cet état morbide. Yoy. Élément bilieux.
3* Tempérament muqueux ou lymphatique* Les individus d'un tempérament muqueux ou pituiteux sont retonnaissables à leurs chairs molles, à leur teint pâle et décoloré (quoique bien des personnes d'un tempérament lymphatique aient le teint frais et très-coloré, a cause de la finesse de leur peau), à leurs cheveux blonds ou cendrés, h leur front large et découvert, uni, à la rondeur et au déve* loppement de leurs membres, qui sont grossis et arrondis par beaucoup de tissu cellulaire sous-cutané, k la douceur et )i la tendresse du regard, qu'on iris Ueu semble adoucir ; et au moraJ, par l'apathie , l'indolenco, un penchant insurmontable k la mollesse.
Peu sensibles et peu irritables, leur organisme ne réagit que faiblement et lentement contre les impressions extérieures physiques et morales ; et quoique ne manquant ni d'intelligence ni d'esprit, Gei)enuant, par indifférence ou nonchalance, non-seulement ils laissent passer volontiers les occasions d'en faire usage, à plus forte raison ne les recherchent-ils pas, ils sont trop flegmatiques pour cela.
Reste que, vu l'atonie générale, qu'on
f)ourrait appeler constitutionnelle , vu la aiité des tissus, la lenteur de la circulation, les maladies prennent généralement une marche chronique, s'accompagnent d'atonie et de faiblesse, et ont pour caractère principal une grande propension aux congestions de mucosités et de sérosité, aux tlux passifs.
4* Tempérament nerveux. Les hommes do ce tempérament ont assez généralement les cheveux noirs, droits et longs, un peu rares, et blanchissant de bonne heure ; la figure maigre et pflle, l'oeil vif et brillant ; leurs traits un peu contractés sur la ligne médiane, expriment la souffrance et la mélancolie. C'est sans doute cette expression de la physionomie qui a fait donner pour synonyme au tempérament nerveux celui de mélancolique.
Quoi qu'il en soit, les gens nerveux sont, en général, maiçres et secs, et pourtant leur excitabilité, difiicile à mettre enjeu, remue profondément l'organisme quand elle est excitée, ce oui en rend l'impression profonda et durable. Doués de beaucoup d'intelligence et d'une susceptibilité très-grande qui les tourmente et les égare souvent, ils joignent la vivacité des sensations à la proropntude et k la variabilité des déterminations et des jugements (exemple, Voltaire et le grand Frédéric) ; mais aussi, souvent la réaction demeure latente, ce qui produit une tendance (sous le point de vue moral) h la méditation , aux pensées profondes , à l'hypocondrie et à la mélancolie , maladies dont Le Tasse, Zimmermann, J.-J. Rousseau, furent affectés ; et , sous le point de vue physique, k toutes les maladies chroniques, aux névrosies de l'encéphale « k celles du basventre, aux obstructions des viscères, etc.
On voit par ce qui précède que les tempéraments doivent être étudiés non-seulement dans leurs phénomènes ou caractères exté«rieurs ou ph^sioues, mais encore dans leurs phénomènes intérieurs, c'est-k-dire intellectuels eC moraux. Chaque phénomène, chaque trait spécial pouvant devenir, pour le médecin, un rayon de lumière qui éclairera son esprit et formera son jugement.
TÉNESME, s. m. (épreint^, teneemui, de TcbM, je tends : besoin douloureux, continuel et presque inutile d'aller k la sèlie, malgré les efforts auxquels on se livre pour le Satisfaire. C'est un symptôme de la dvssenterie, des bémorroides, des calculs vésicaut.
TÉNIA. Fay. Vaas.
TÉRÊBENTHINB, s. f., lerébéiHMM, s^ie de coDsistançe mielleuse, résieeux-volatii.
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TËltËbGNTUJNE
TEREBENTHINE
<\ui découle naturellement, ou à Vaido d'un tmu pratiqué avec une tarière, de la plupart des arbres de la famille des conifères et de I lusieurs de celles des térébinthacées. On adapte À ce trou une écorce qui conduit le tluide (lui s*écouIe dans un vase, où on le recueille pour les usages de Tindustrie et de la médecine.
Naguère encore il n'était question, dans les traités de thérapeutique, que de la Térb* UENTHiiiiB DB Venise, terebenihina Veneta^ qu'on retire du mélèze commun, larix corn-' munis^pintM larix (monoécie polyandrie, L.), et de laTéRfoENTHiNB db Chio, terebenihina Cypria^ qu'on recueille du pistacia ierebinthinuSf L. Aujourd'hui nous avons en outre la T6iiàb6?ithinb dr Frange, qui comprend celle DE Bordeaux, terebenihina ptcea, fournie par le pinus maritima; celle de Stras* BOURG, terebenihina abietina^ par le pinus pi-cea; et enfin la Térébenthine du Canada, te--^ rebenthina Canadensis^ qui vient du pinus balsamia. Mais à quoi bon tout cet étalage, du moment où la térébenthine do Venise est la seule employée en médecine?
La térébenthine de Venise est une résine gluante, diaphane, blanche, d'une odeur très*pénétrante, d'une saveur Acre et amère, qui, pénétrant daos l'économie par absorption , va donner aux urines, par une combinaison inconnue, Todeur de la violette : fait que l'on a remarqué chez les individus qui habitent un appartement récemment verni.
En outre de la résine dont il vient d'être question, la térébenthine contient une huile essentielle ou essence incolore, ténue, d'une odeur forte, désaKrëable, toujours liquidot même à un froid de 22 degrés, oue l'oo emploie préférablement à la colophane, parce que celle-ci n'a d*action que par l'huile essentielle qu'elle contient : les effets immédiats de l'une se rapportent donc aux effets spéciaux de l'autre.
Dès qu'on aavalé ungrosd'huile essentielle de térébenthine, en éprouve à l'arrière-gorge et à l'estomac un sentiment de chaleur et d'Acreté, un peu d'anxiété, des nausées, rarement des vomissements, plus souvent des coliques par irritation, avec météorisme et tortillemeat d'entrailles. Bientôt après, dans bien des cas, une surexcitation générale caractérisée par la fièvre, la chaleur générale, la céphalalgie, la soif, la rougeur de la face, un pouls dur et fréquent, la rareté des urines, qui sont très-rouges et rendues avecdiOlr (uilté, ou copieuses et pâles. Elles exhalent, dans Tune et l'autre circonstance, une odeur de violette bien prononcée, que l'on retrouve encore dansles sueurs etlaperspiration pulmonaire ; chez quelques-uns on remarque un état d'ivresse et il survient du dévoiement«
La * térébenthine est-elle portée à une ou deux onces : ou bien, en outre des effets locaux sus-mentionnés, elle produira encore des vomi-purgations abondantes, répandant l'odeur du médicament, et dans lesquelles on retrouve parfoiâ l'huile en nature ; évacuations alvines abondantes qui mettent
fin à toutes les incommodités, à toutes les souffrances ; ou bien, en outre des symptômes d'irritation gastro-intestinale, il se manifeste ceux d'une altération profonde des systèmes circulatoire et nerveux, dont Ténumération nous entraînerait trop loin: je les supprime donc, pour pouvoir plus longuement disserter sur son action thérapeutique.
Les maladies dans lesquelles on s est beau* coup loué de l'administration de l'essence de térébenthine sont : l*les névrulgies.^o\xs avons vu, art. Sgiatique {Voy. ce mot}, les cas où elle est plus particulièrement indiquée, nous n'avons donc pas à y revenir: néanmoins nous ferons remarquer, en pas* sant,que ce médicamentparatt convenir aussi dans certaines névroses, |)uisque j'ai lu, il v a déjà longtemps, dans un journal anglais (i%« London médical and surgical journal^ 1823), deux observations de tétanos rapportées par Huckinson et Williams Tems,aui établissent Tefficacité de Thuile de téréoenthine dans ces sortes de cas.
2° Uaménorrhée. Ainsi H. Guibert a constaté que chez les personnes délicates, nerveuses et peu disposées à la oléthore, tout comme chez les jeunes filles Ij^mphaliques qui avaient retiré quelques avantages des emménagogues spéciaux (bien entendu que ces médicaments n'étaient pas pris parmi les échauffants, et qu'on les continuait pendant quelque temps à des doses modérées), la térébenthine réussissait très-bien, dounée à l'intérieur, soit seule, soit associée à d'autres substances , à rétablir le cours menstruel, La manière de l'employer est fort simple, et nous la rapportons à la fin. Sans contester la vérité des assertions de M. Guibert, nous préférerions traiter les jeunes personnes qiii se trouvent dans les conditions qu'il signale, au moyen des analeptiaues, des toniques et principalement des lerrugineux.
On réussit mieux et on érite le dégoût que procure la térébenthine. C'est comme pour
S"* Le ténia. J*ai beau lire que nous sommes redevables aux médecins étrangers, et surtout aux Anglais , des faits qui attestent les propriétés ténifuges do la térébenthine k haute dose ; que M. Mérat et Deleur disent l'avoir emplovée deux fois contre ce yer, et que les deux fois cet animal a été réduit et rendu en putrilaçe ; attendu que ce médicament est souvent infidèle, et occasionne parfoisdes accidents fort graves, j*aime mieux m'en tenir à la racine de grenadier. Quoi qu'il en soit, Jean Ralph-Fenwick, de Durham, ayant guéri bien des individus eu leur donnant l'huile essentielle pure à la dose de duux onces le matin à jeun ; puis, bientôt après, une troisième once qui agit comme pur^tive et détermine Texpulsion du ténia, mis à mort par la première potion, libre à chacun de faire comme lui.
' *.• La péritonile puerpérale. On sera dissuadé, je crois, d'employer la térébenthine dans ce cas, après la discussion approfondie que MM. 1 rousseau et Pidoux ont laite des écrits publiés par plusieurs médecins étrangers, k l'effot de prouver Tof-
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ficacilé de co médicament dans ces sortes dtr inaladies, et les conclusions suivantes des Jeux praticiens français : « La longue discussion à laquelle nous venons do nous livrer» et les conclusions négatives qu elles nous forcent d*adopter, donnent la mesure du crédit à accorder aux déclarations, aux u^moiguages spéciaux, à la relation des succès inouïs publiés parles médecins anglais, et que nous avons dû, pour ôtre justes, critiquer dans cet article. Nous nous sommes ainsi étendus, parce que nous croyons qu'il n*e$t |)as moins important de relever les erreurs que de signaler les vérités et les pratiques utiles. Quel tort n'est-ce pas faire à la thérapeutique que de se contenter, comme cela se pratique dans certains ouvrages, de placer aveuglément k la Ole les uns des autres tous ces témoignages, sans plus les pe* ser et les épurer que s'il s'agissait d'un yain détail de botanique?... »
J'ai dit qu'on renoncera à employer la térébenthine dans la péritonite puerpérale après avoir lu le passage que j'ai transcrit du livre de MM. Trousseau et Pidoux ; mes lecteurs feront plus encore, ils se déOeront des assertions mensongères des médecins étrangers et de beaucoup de nos chors con* frères de France, et ils se garderont en conséquence d'user de tels ou tels médicaments sur la foi de certains noms qui ne font pas autorité : généralement ce sont ceux qui crient le plus haut en fait d'enthousiasme. 5" La dys^enlerie. Je trouve dans la médecine clinique de Roucher, aue la vapeur de (érébenttrine injectée dans l'anus n*a pas été sans succès dans cette maladie. « Baglivi, dit-il, a souvent répété ce moyen qu'il recommande beaucoup, lequel ne pouvait être fructueux au'autant qu'on le réitérait plusieurs fois dans la journée et au'on le continuait quelque temps. » Il est lacile de comprendre que toutes les fois que les intestins seront relâchés, faibles, qu'il y aura atonie, la stimulation des vapeurs de térébenthine soit utile. Elles le sont bien dans les maladies catarrhales des voies aériennes, pourquoi ne le seraient-elles pas dans les flux dyssenlériques calarrbaux ?
Mode a administrai tofi. Home conseillait de fdire prendre la térébenthine par petites doses mêlées à beaucoup de miel, en usant par-dessus d'une boisson abondante. M. Martinet, au contraire, l'associe à plusieurs substances, suivant l'usage qu'il en fait, et par exemple,
1* Ùpiat, Pr. : Huile do térébenthine... un gros. — Magnésie calcinée... quarante-huit grains. — Essence de menthe... huit gouttes. — F. S. A. un opiat comme une noisette. En [)rcndre trois fois par jour.
2r Loch, Pr. Huile de térébenthine... deux onces. — F. dissoudre dans iauned'œuf... n"* 1 . — Ajoutez: Sirops de mentue et de fleurs d'oranger... deux onces.— M. —A prendre trois cuillerées par jour.
3* Lavement. Pr : Huile de térébenthine... demi-once. — Jaune d œuf... n' 1. — Décoction de pavot... S.Q ..
A son tour M. Guibert a proposé contre l'aménorrhée :
Pr : Térébenthine de Venise... deux gros.
— Savon médicinal... trois gros, — Poudre de réglisse, Q. S.— M. S. A. et faites des pi* Iules de quatre grains. — Dose : 10 par jour, cinq le matin et cinq le soir.
Une formule nlus active est la suivante : Pr : Téri^bentnine de Venise... deux gros.
— Poudres de safran et de rhue... de chaque, un gros. M. S. A. et formez une masse pour 72 pilules. — Dose : Douze par jour, six matin et soir.
N. U. Itard parle de l'essence de térébenthine en frictions sur la tôte comme d*uu moyen très-avantageux pour rappeler les dartres, dans le cas de rélropulsion de cet exanthème.
TÉTANOS, s. m., teianus^ de «tcxSu, je tends ; maladie caractérisée par la contraction spasmodique permanente des fibres musculaires. Est-il borné aux muscles de la bouche? il prend le nom de trismus; rend-il le corps roide et immobile, mais ployé en avant? c'est Yemprosihotonos ; le fixe-t-il arqué en arrière ? c'est Y opi$thotono$ ; le maintient-il forcément penché sur l'un dos côtés ? c*est le pleur othotonon. Mais, quelle
3ue soit la forme qu'elle affecte, cette malaie est continue ou périodicjue « aiguë ou chronique, et d'une durée variable, selon les sujets et les circonstances.
Les causes prédisposantes du tétanos en général sont une sensibilité ou irritabilité extrême du système nerveux; aussi les voiton se manifester, sous un ciel brûlant, dès l'Age le plus tendre, et même dès les premiers jours de la naissance, à la suite do l'impression d'un air froid ou d'un vent de mer constamment humide et frais ; et s observe-t-il plus communément dans l'enfance que dans l'adolescence, dans l'Age adulte que dans la vieillesse, chez les sujets vigoureux que chez les êtres faibles. C'est pourquoi encore il épargne plus les femmes que les hommes : chez les uns comme chez les autres, les impressions vives de l'Ame, des chagrins profonds, des emportements de colère, une rrayeur vive, des méditations assidues, peuvent l'occasionner.
Ce n'est pas tout , on attribue également le tétanos è la présence de certains aliments dans l'estomac, à celle des vers dans les voies gastriques, ou à une constipation opiniAlre, à certaines maladies exanlnématiques dont l'éruption ne peut se faire, ou qui s'est répercutée, aux métastases herpétique, rhumatismale, syphilitique, etc.; mais ce qui lu produit le plus fréquemment chez nous, ce sont les lésions physiques , de là le nom de tétanos traumaiique^ qu'on lui a donné pour le distinguer du tétanos spontané. Notons, en passant, que si, à la suite d*une blessure, le malade fait une marche forcée, s'cxpos(« à rimpression d*une atmosphère froide (*t humide, il risque fort d'être pris de tétanos.
Généralement, le tétanos primitif di'ljnto brusquement et arrive tout h coup au plus
loi!