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abstenir» quand le sujet est faible et d*une constitutiou délicate; que toutes les fois qu'on aura h combattre une irritation spasmodique vive, une ou deux petites saignées pcuvenlétrefaitesavecavantage,etsansqu*on ait à craindre les inconvénients qui sont la suite d'une évacuation sanguine trop considérable ; et que dans les cas d'une véritable phlegiuasie, ou chez les individus pléthoriques, ou D<% doit pas craindre de tirer du saug en assez grande quantité. Règle générale* toute saignée proportionnée aui forces du suget, alors quelle est indiquée, n'est jaiuais nuisible.
Dans l'Amérique septentrionale, aux An* tilles, où la Gèvre jeune est endémique, on s'est longtemps servi du traitement dit des mntàtressesj oui consiste dans Tusage du pelit*lait, de la limonade, dos bains et des frictions fiiites avec des tranches de citron, etc. Sans doute que cette méthode rafraichissante conviendrait parfaitemcut, si It't maladie dépendait, constamment d'une in- Uammation des voies digeslives; mais comme la fièvre jaune change de nature suivant mille circonstances, un traitement unique ne saurait convenir à tous les cas; il n est donc pas étonnant aue les mulâtresses aient dérogé à la méthoae qu'elles avaient primi« tivemeat adoptée, pour y qouter des remèdes plus énergiques. Du reste, suivant la nature de l'épidémie régnante» le traitement peut être aussi bien antiphlogistique qu'évacuant, antispasmodique que tonique, il ne s'agit que de savoir distinguer les cas et poser les indications.
Pe»le, Evidemment endémique en Egjrpte»
généralement épidémique, presque toujours contagieuse, d'une marche rapide, trè8«« meurtrière, la peste est caractérisée par des symptômes particuliers, qui ne permettent ni de la méconnaître, ni de la confondre avec d'autres affections contagieuses; elle se ré* pand en général ayec une rapidité extrèipe, comme on l'a vu dans la peste de Marseille en 1730, à Nimègue en IT^S, à Moscou en 1771.
Son invasion est ordinairement subite ; elle est précédée par un frisson plus ou moins violent , une douleur h l'épigastre» des nausées, des vomissements bilieux, v erdâtres, noirâtres, quelquefois sanguitiolents ; une diarrhée de même nature, une soif ex*cessive, la sécheresse de la langue, une chaleur Acre et brûlante de la peau, l'haleine et des sueurs fétides; pouls fréquent, souvent petit , quelquefois intermittent ; des urines naturelles d'abord, puis routes, troubles, quelquefois sanguinolentes; a^atation, anxiété extrême, faaeê exprimant la terreur, cé^ phalalgie, délire, soubresauts des tendons, convulsions, vertiges, stupeur plus ou moins profonde, réveils en sursaut, obscurcissement de la vue, tintements d'oreilles, oujiflf ubtuse, yeux étincelants, rougefttres, égarés ou fixes; parole précipitée, brève, rarement lente et plaintive ; apporition de taches pourl>rées» rouges, noires ou violettes, bubons
aux aines, aux aisselles, an ton et aux parotidiennes.
On n'observera pas tot]ûottrs tous ces symptômes réunis chez un même malade.
Dans la peste bénigne, le mai se borne h une accélération peu considérable du pouls, h des nausées, des vomissements, du dévotement, quelques verligesi de Finsomnie, de la stupeur, un peu de délire, de la soif, de la chaleur à la peau, des sueurs plus ou moins abondantes, et h quelques engorgements douloureux dans les aines. Hais dans d'autres cas, et ils sont les plus fréquents, la maladie se déclare avec une gtTivité extrême : frissons violents et irréguliers ; te*^ froidissement considérable de tout le corps ; pouls petit, mou, lent, Inégal, concentré; pesanteur extrême de la tête, sorte d'ivresse, regard fixe, œil terne ; parole difficile, lente, entrecoupée, plaintive ; tangue sèche, rouge, noire, ranoteuse : aspect plombé et teint ca-^ davéreux de la race ; anxiétés précordiales, prostration extrême, assoupissement, sup« pression des urines, bubons plus ou moins développés, absence de toute éruption, et quelquefois des bubons eux*-mêmes, qui se montrent bien des fois dès le début.
Due à un véritable empoisonnement miasmatique, la peste offre dans son traitement plusieurs inuications à remplir. Elles se rapportent, les unes au traitement préservatif, et les autres au traitement curatif.
Au premier se rattachent la séquestration, l'isolement, l'émigration, etc. ; tandis que le traitement curatif comprend, soit le thoix des moyens propres à neutraliser le miasme qui produit la maladie, ou k en provoquer 1 élimination naturelle, soit ceux qui sont propres à combattre les effets mateneb do son action sur les oiiganas. C'est donc aux excitants sudorifiques, à la saignée, aux vo«> mitifs, aux narcotiques, aux antiseptiques, aux révulsifs, etc., etc., qu'il faudra recourir tour à tour, selon la nature de l'épidémie, le tempérament du malade, et surtout suivant la prédominance de tel ou tel élément do maladie que l'analyse fait découvrir.
Fiitre tmhô^de. La fièvre typhoïde épi« démique, fièvre des prisons, des camps, etc., est une maladie infectieuse, dépendant des différentes circonstances d*insalubrité qui a^ssent sur les individus h d'assez grandes distances, à plus fof te raison à des distao^ ces peu éloignées et, dit-on, par le contact immédiat. Elles réuniraient donc, pour se répandre, l'infection à la contagion.
Ce qui la produit d'abord. C'est l'exhalaison qui s'échappe des substances végé^ taies ou animales en putréfaction ou du corps des personnes renfermées dans un endroit peu spacieux et mal aéré ; ces exhalaisons^ vicient l'air, et Taif infecté propage au loin' ta maladie. Heureusement qii'il suffit d'un mur à franchir, d'une rue un peu laree & traverser, pour en arrêter les progrès ; de là l'utilité du campement hors des villes^ da risolement des quarantaines.
Quand la fièvre typhoïde se léclare. elle marche avec rapitnté, et se présente sous
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trois aspects divers, suivant la période qu*elle parcourt ; ainsi , d*après Hildenbrand) qui a publié un travail classique sur cette matière, dans la première période y qu'il appelle période d'inflammation^ la maiadie débute par un frisson entremêlé de bouffées de chaleur et accompagné d*horripilations très-fortes, surtout au dos. Cette chaleur, sensible au tact, est d'autant plus fatigante pour le malade, qu'à ce sentiment particulier de chaleur se mêle, dans toutes les régions du corps qui se trouvent découvertes, la sensation d un frisson assez mar* que, et que celles qu'on recouvre soigneusement lui font éprouver de Tanxiété et une chaleur inquiétante. La soif et l'appétence de boissons froides et acides accompagnent constamment cet état, auquel les sym()tômes suivants donnent surtout un caraciire inflammatoire. Pouls fréquent, plein, fort, tout au plus resserré, jamais réellement faible ; la force des mouvements musculaires est réelle^ quoique modérée; turgescence générale avec douleur, langue blanche et humide, oppression de poitrine, peau halitueuse, urine rare, rouge, ardente, ventre paresseux ; continuité des symptômes sans rémission apparente.
Du reste, le caractère inflammatoire de cette période n'est jamais celui d'une ûèvre inflammatoire franche et légitime; il se mêle tellement avec les accidents d'affections catarrbales ou gastriques , que l'un ou Fautre de ces deux états le masque ordinairement , et même quelquefois assez pour en imposer.
Les symptômes catarrhaux sont : rougeur et inflammation légères des yeux, larmoiement, engorgement des cavités nasales par des mucosités limpides et visqueuses qui tapissent la bouche, l'arrière - bouche, la
f;orge, et même la trachée-artère ; parfois de a toux, l'abatiement des organes musculaires, avec tension douloureuse au gras des jambes et aux doigts.
Le caractère gastrique se reconnaît à des nausées, des vomissements muqueux, la blancheur et la saleté de la langue, le dégoût, le trouble des excrétions abdominales. C'est dans cette période que commencent à paraître les signes caractéristiques de la maladie, la stupeur.
Dans la seconde période, époque nerveusef de tous les symptômes d'irrilalion et d'état inflammatoire composant la première période, la ûèvre seule persiste au même degré ; les forces vitales s'aifaissent, la peau et la langue deviennent sèches, et celle-ci est quelquefois dure et racornie comme un morceau de bois. La chaleur du corps devient ardente, l'urine plus pâle et plus claire, les selles fréquentes, liquides et fétides, le ventre douloureux, surtout à la pression. On observe encore des tremblements musculaires, des soubresauts des tendons, des crampes, des spasmes de l'œsophage, de la vessie, etc. ; la stupeur et le délire continuent et sont encore plus prononcés c]ue dans la période inflammatoire. De là Tindifféxence du malade pour tous les objets
extérieurs, pour lui-même, car il ne désir« rien, pas même la santé ; aussi rcsle-t-il étendu sur sa couche comme une masse inerte, sans désirs et sans volonté, et il se laisserait mourir, si on ne lui faisait prendre ce qui çeut lui être utile et s'abstenir de ce qui lui serait nuisible. Quant au délire, il a cela de particulier que les malades rêvent sans dormir, d'où résulte la tjphomanie, et que, lorsqu'ils sont à demi endormis, ils gesticulent sans cesse , délirent avec une singulière incohérence sur les objets extérieurs, an milieu de leurs occupations continuelles ou impressions intérieures, et en confondant les unes avec les autres.
Une chose surtout remarquable, c'est combien une impression dominante et Tidée fixe et fantastique c|ui en résulte tourmentent sans relftche l'individu pendant tout le temps de la fièvre, et lui causent des angoisses extrêmes par leur constante incoDimodilé. Ce phénomène, par lequel l'état de stupeur délirante du typhus se distingue de tout état analogue de stupeui ou d'ivresse, est fort utile à constater; car, hors cette idée constante, les malades ne se rappellent que très-rarement, après leur guérison, de ce qui s'est passé chez eux pendant la maladie ; ils ne aélirent cependant pas toujours; mais ce qu'ils font de raisonnable f)asse comme un sonçe. Cet état peut être comparé au somnambulisme.
Voilà à peu près tout ce qu*on observe dans le typhus régulier. Pendant qu'il Da^ court ses diverses périodes, on voit survenir d'abord dans la période inflammatoire, dont la durée est d'un septénaire, un effurt oritique hémorragique par le nez, qui se fait vers le quatrième jour, et qui, quoiaue peu abondant, est toujours acconipaj^é d un soulagement momentané des accidents cérébraux. Presque en même temps, une rougeur extraordinaire se montre à la surface du corps, et cet exanthème, très - variable dans sa forme, diminue plus ou moins, par son apparition à la peau, les symptêoies de catarrhe ou d'inflammation pulmonaire. A ce moment, vers la fin du septième jour, il se fait une exacerbation extrêmement remarquable, à laquelle succède un soulagement apparent, qui ne dure souvent que quelques heures, et qui commence la période des accidents nerveux.
Pendant trois jours, les accidents sout les mêmes, avec des exacerbations peu remarquables le soir ; mais à la fin du dixième jour, l'exacerbatiori est plus forte, l'état nerveux beaucoup plus intense, et une sueur légère, ou des selles copieuses, ou une urine chargée se montrant, une rémission remarquable succède à ces épiphéuomènés; elle est plus sensible encore le onzième jour : et le quatorzième la crise s'établit. Cette crise ne dure que quelques heures, et sur la fin on voit se manifester ce que Hildenbrand appelle la période de rémUsion ou le premier temps de la coovaies* cencc.
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Malheureusement les choses ne se passent as touiours aussi bénignement ; car, dans es épidémies où les fièrres sont grares, les symptômes arrivent très-vite à leur plus haut degré d*iutensité et la putridite se manifeste, soit dans la période inflammatoire, soit dans la période nerveuse. Ce qui la caractérise, c'est la noirceur et Tenduit fuligineux de la langue et des dents, la fétidité de la bouche, des selles et de presque tout le corps, la lividité de la peau , la gangrène des parties comprimées, des hémorragies passives, la corruption des urines, la mauvaise couleur de l'expectoration, le froid des extrémités, des sueurs visqueuses, etc. Dans cet état, les pétéchies noires, le charbon et les grosses taches pestilentielles rapprochent quelquefois beaucoup cette maladie de la peste, et la mort arrive ordinairement alors, avant le septième jour.
Dans aucun de nos articles il n*a été fait mention des lésions cadavériques constatées après la mort; nous dérogeons à cette habitude, dans celui-ci, parce que, dans ces derniers temps, on a voulu donner à la fièvre typhoïde le nom de dothinentérie^ à cause des traces dlnflammation intestinale,
au'on a cru découvrir, et particulièrement ans les plaques de Peyer (1). Mais si Ton considère que, dans quelques cas (ce sont les plus rares, nous 1 avouons), il ny a pas la moindre trace d'inflammation, ni dans les intestins, ni dans l'estomac, pas môme ailleurs, mieux on aimera conserver à la maladie qui nous occupe le nom de fièvre ( yphoïdCi qui comprena, nous Tavons déià (lit, la fièvre pétechiale des auteurs, la fièvre des camps , des prisons, des hospices, etc.
Traitement. Il est facile, d'après la distinction qui a été faite des diverses périodes du typhus, de poser les bases de la méthode curative qui lui est a];)plicable. £lle consiste, dans les premiers jours, lorsque l'état des forces le permet, a employer les évacuations sanguines, que Tétat inflammatoire réclame communément, et que les avantages des épistaxis semblent commander. Cepen- <l<int comme l'inflammation n'est point tranche, il ne faudrait pas trop insister sur les saignées, les réactions consécutives étant h craindre : mieux vaut donc tirer du sang au moyen des sangsues.
Passé la première période, les déplélions sanguines n'étant pas sans danger, on se sert alors des évacuants émétiques, qui sont réclamés par les états mu^ueux et bilieux, lis ont parfaitement réussi à H. Costa, qui
co
(I) Celle inflammalion serait d*une nature parlilière, quand elle existe, puisqu'elle consiste généralement dans une éruption pustuleuse comparable à la variole, mais néanmoins variable, puisque, dans certains cas , on rencontre des espèces de granulations disséminées et séparées çà et là par des distances plus ou moins grandes, et quelquefois si rapprochées» qu'elles Tonnenl en s'unissant des plaques λlut ou moins étendues, ulcérées au centre, et ofrant une matière épaisse, jaunâtre ou noirâtre.
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les a reconnus utiles généralement» soit comme évacuants, soit comme sudorifiquc^ et propres à expulser au dehors le miasme.
L'emploi des toniques ne saurait non plus être difreré ; on peut même les administrer concurremmentaveclesévacuanls.G'estainsi du moins qu'agissait Letsom, dans les cas où' la langue était noire, le pouls fréquent et la faiblesse très-prononcée. Il donnait un julep émétisé, et ensuite, de deux en deux heures, deux onces d'une décoction de quinquina acidulée avec l'acide sulfurique : le soir, il administrait une potion opiacée.
Enfin, attendu que les symptômes ner* veux se manifestent quelquelois dès les premiers jours, il est utile de recourir aux antispasmodiques, et principalement au camphre à l'intérieur, et aux révulsifs cutanés , c'est-à-dire aux vésicatoires à la nuque.
Les chlorures peuvent à leur tour être employés comme antiputrides , et on s'en sert pour lotionner les ulcérations, qui, du reste, doivent être recouvertes avec grand soin de cérat au sulfate de quinine (GO centisrammes par once}, que nous préférons è la poudre de quinquina dont on saupoudre les surfaces excoriées. Bref, on agira suivant les indications que Tanalyse fera découvrir
Mais tous ces moyens seraient inutiles, si, dans un cas d'épiuémie, on no dissémine autant que possible les malades, ou s'ils no sont réunis dans des lieux élevés, bien aérés, et si, dans les hospices, où on les entasse forcément quelquefois, on n'a le soin d'établir une ventilation permanente, do faire des fumigations de chlore, d'arroser fréquemment le plancher avec la liqueur de Labaraque, d'entretenir partout en un mot la plus grande propreté.
J*ai dit, d'après certains auteurs, que le typhus épidémique était tout à la fois contagieux et infectieux ; en est-il de même de la fièvre typhoïde sporadique ? Non ; et si j'ose me prononcer d'une manière si tranchée, c'est que j'ai traité pas mal de malados afifectés de la fièvre typhoïde, et qu'en aucun cas, ni les personnes qui les ont soignés, ni les nombreux amis qui les ont visités, n'ont contracté la maladie. Je n'oublierai jamais, et c'est le fait qui m'a le plus confirmé dans mon opinion que la fièvre typhoïde n'était pas contagieuse, que mademoiselle L. R., âgée de 1^ ans, atteinte d'une fièvre typhoïde des plus graves, n'a pas été quittée un instant par ses deux sœurs un peu plus âgées qu'elle, et fut journellement visitée par ses amies, qui l'embrassaient en entrant et en la quittant (ma fille était de co nombre), et aue ni les unes ni les autres n'ont éprouve le moindre dérangement dans leur santé. Assurément si la maladie avait pu se communiquer par contagion, c'était alors que l'haleine était fétide. Tes gencives et les dents noires, etc. ; il n'en fut rien pour-, tant : donc la fièvre typhoïde, affectant isolément un ou plusieurs individus, n'est ni contagieuse ni infectieuse.
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ULCÈRE^ 8. va*f ulcus, tàxoç^ solution de coatinuité des parties moiteSi plus ou moins ancienne, accompagnée d'écoulement de pus et entretenue par un vice local ou par une affection interne, constitutionnelle. — Au nombre de ces dernières causes nous placerons les cachexies scrofuleuse, dartreuse, etc., TAge» la profession» etc. ; au lieu que parmi les causes locales viennent se ranger soit tout ce oui peut exagérer ou airaiblir la vitalité de la partie affectée» et déterminer ainsi l'amincissement, le décol* Icment de la peau » son excoriation simple ou gangreneuse, etc. ; soit tout ce qui occa* sionne une inflammation aiguë ou chronique dans un point quelconque, nulle partie du corps n'étant à 1 abri d*ôtre ulcérée : disons toutefois que les ulcères proprement dits, considérés au point de vue chirurgical, affectent principalement' les extrémités inférieures.
Variables par leur forme (la ronde est la plus désavantageuse), variables par leur siège, leur nature et leurs complications, le pronostic des ulcères doit varier aussi suivant que les circonstances sont favorables ou non, et leur traitement varier à son tour suivant, l** qu'ils sont entretenus parTinflammation ; 2** que la gangrène les a gagnés (ulcères gangreneux); 3^ que la dilatation variqueuse des veines en empêche la cicatrisation (ulcères variqueux) ; k* qun le fond en est formé par des bourgeons charnus, boursouflés et sans vie (ulcères fongueux, atoniques) ; 5* que des larves d'insectes y naissent et en sortent avec le pus, etc. ; et surtout, nous devons le répéter, suivant qu'ils sont vénériens, scrofuleux, dartroux, scorbutiques.
Eh bienl dans tous les cas où un vice humoral les cause et les entretient, le traitement général n'est autre que celui que nous avons Uidiqué pour détruire le vice constitutionnel; et quant au traitement local, voici en quoi il coMsiste :
S'agit-il dun ulcère qui ne peut se cicatriser, parce que l'inflammation de la partie ulcérée est portée à un très-haut degré ? cela se rencontre très-fréquemment, il faut rechercher si cet excès de phlogose ne tie!U pas h des écarts de régime, ou à un embarras gastrique, ce qu'on reconnaît à la rou- (;eur plus vive de l'ulcère, à la matière de a suppuration qui est séreuse, échoreuse, sangumolento, fétide, quelquefois entièrement supprimée ; parce qu'alors il faut recourir h la diète, à l'emploi de topiques émollionts, ordonner le repos de la partie af-« fectée, préserver l'ulcération de toute irritatipn locale, et à l'intérieur administrer un vomitif. Avec ces prescriptions, en voilà tout autant qu'il en faut pour favoriser la cicatrisation de l'ulcère simple.
L'ulcère est-il gnngréneua:? il faut distin-
Suer si coico gangrène est par excès d'inammatioo et la traiter comme dans le cas précédent ; ou si elle est par défaut de ton dans la jmrtie affectée, car alors il suffit des lotions avec le vin miellé, le vinaromatiqae, une décoction de quinquina ou de feuilles de no^er, de panser la plaie avec du cérat saturnisé ou au sulfate ne quinine, de Teiposer longtemps à l'action d une chaleur un
Feu vive, comme l'ulcère atonique, poarqu'^ escarre se détache, et que les chairs paies et indolentes qui se trouvent au-dessous s'avivent et rougissent.
L'ulcère se recouvre-t-il de callosités 7 ou, si l'on veut, les bourgeons charnus qui sout à sa surface prennent-ils trop d'accroissement {ulcère calleux) ? on les réprime avec le baume vert de Metz, avec l'alun calciné ou un caustique, ou par une compression légère ; et les callosités seront incisées ou scarifiées, si elles résistent à l'emploi des émoilients et à l'application des bandcleUes agglutinatives. ( Voy. ci-après la méthode do M. Houx, dans les ulcères atoniques.)
L'état variqueux'forme-t-il une complication fâcheuse ? on prescrit le repos et la position horizontale de la partie, surtout quand l'ulcère esta la jambe. Une compression assez forte, exercée soit avec une bande roulée, soit avec un bas de caoutchouc, est un bon moyen pour en prévenir le retour.
Les vers s'y développent-ils ? on lave la surface ulcéreuse avec une forte décoction amère, ce qui détruit les insectes, et on eu empêche la reproduction on recouvrant l'ulcère de compresses assez épaisses, et surtout en faisant très-vite le pansement, pour que les insectes que l'air contient n'y viennent pas déposer leurs œufs. Enfin, on retranche la peau uui est trop altérée et trop amincie, pour qu on puisse espérer qu'ellese recolle aux parties sous-jaceutes, et on détruit les clapiers par la compression ou par des incisions convenables.
Une méthode de traitement appropriée i presque tous les cas d'ulcères atoniques, e^t celle que M. Roux a empruntée à la chirurgie anglaise. Elle consiste à entourer le membre dans toute sa circonférence au niveau de l'ulcère, et même un peu au-dessus et un peu au--dessous de ce dernier, avec de longues bandelettes de sparadrap aggluiinatif ; on tire les extrémités de chaque bandelette en sens contraire, de manière à pousser l'un contre l'autre les bords de l'ulcère, dont on diminue ainsi l'étendue. On applique un nombre suffisant de ces bandelettes, cour qu'elles couvrent entièrement la surlace de l'ulcère; si on le juge nécessaire, on laisse cependant entre chacune d'elles un petit intervalle par où le pus puisse s'écouler. On assujettit les bandelettes, eu môme temps qu'on prévient rengorgeaient œdémateux des parties situées au-dessous
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du lieu affecté, en appliquant un bandago roulé, légèrement serré, sur toute retendue du membre malade.
Ce petit appareil doit être renouvelé tous les jours dans les premiers temps de son emploi , aGn de pouvoir absterger le pus accumulé sur la surface ulcérée, et remédier au relâchement des bandelettes qui arrive par la prompte diminution de Tengorgement des parties molles voisines. Plus tard, c'està-dire lorsque la suppuration se tarit^etaue la cicatrisation est commencée, on ne cfoit renouveler les bandelettes que tous les trois ou quatre jours.
Par cette méthode , dont Texpérience a constaté reflTicacité, on obtient facilement et dans un temps assez court, la guérison des ulcères atoniques. Les malades ne sont point forcés de garder un repos absolu, ou même de rester couchés; ils peuvent se lever, et faire quelques petites promenades, sans que cela nuise aux progrès de la cicatrisation.
Avant de l'obtenir, c'est-à-dire de Iraiter un ulcère, il est sage de s'infonner avec soin de son ancienneté et d'examiner quelle est l'abondance journalière habituelle de la suppuration; car non-seulement un ulcère qui suppure abondamment depuis fort long* temps est très-difficile à guérir, mais encore il serait dangereux pour le malade qu'on Teii délivrât trop vite. La cure de ces sortes d'ulcérations ne saurait donc être entreprise qu'après y avoir disposé le sujet
fmrles bains, les frictions sèches, le régime, es purgatifs répétés et les exutoires temporaires établis plus ou moins près du heu malade. Et quant aux anciens ulcères des vieillards, il faut toujours les respecter, surtout lorsque leur existence coïncide avec une bonne santé : des accidents graves (hydropisie, apoplexie, etc.), étant survenus à ceux qui ont voulu absolument s^en débar* rasser, et qui ont trouvé un médecin assez complaisant, pour ne pas dire assez inexpé* rimenté, pour les satisfaire.
Nous avons nommé les ulcères scrofuleux, yénéricns, scorbutiques, etc., et nous avons di t que le traitement approprié à ces affections devait nécessairement passer avant le traitetement local de ces ulcères. Existe-t-il des symptômes caractéristiques pour chacune de ces espèces d'ulcérations? Oui : voici ceux qu'on leur a assignés.
Ulcères scrofuleux. Après être restées souvent plus ou moins longtemps indolentes, les tumeurs scrofuleuses deviennent douloureuses et plus molles; la peau qui les recouvre rougit, et il s'y fait une ou plusieurs ouvertures par lesquelles s'écoule un pus séreux, mal lié, d'une odeur aigre et nauséabonde : l'ulcère s'agrandit, ses bords sont aplatis, minces et jamais calleux ; ses chairs pâles, et les environs d'une couleur violette.
Pour en obtenir la cicatrisation rien do plus utile que d'arroser les surfaces ulcérées ou d'y faire des douches avec des dissolutions savonneuses, alcalines, ou de muriate de baryte : on consume les chairs baveuses on les touchant avec le nitrate d'argent.
Vlcires vénériens, lis prennent le nom de chancres, lorsqniMls sont bornés aux parties sexuelles ou dans l'intérieur de la bouche ( Voy. Syphilis, Cbancrb ), ou bien ils succèdent aux bubons, à une exostose et autres excroissances qui se manifestent à la peau {Voy. Syphilis, Bubo:«s, etc.).
Vlcires scorbutiques. On les reconnaît nonseulement à l'aspect général du malade, mais encore à leur couleur rouge livide, au sang noirAtre qu'ils versent, aux fongosités molles et sanglantes nui naissent de leur fond, et à la moliesse deieurs bords qui sont violets et œdématiés.
Le traitement local de ces ulcères consiste à les saupoudrer avec le quinquina et les
[>oudrcs des plantes dites aromatiques ; à es comprimer légèrement, lorsque le sang exsude de leur surface dans l'intervalle des
[pansements. Si l'ulcère est aux gencives, on es touche avec des pinceaux de charpio trempés dans Tacide muriaiiaue affaibli ; on les scariBe et les excise, lorsqu elles se gangrènent. En même temps le malade se gargarise la bouche avec une décoction de qumquina aiguisée avec quelques gouttes d'acide muriatique ou sulfurique, afin d'entraîner au dehors la sanie qui suinte des gencives ulcérées.
Pour le traitement général, voy. Scorbut.
Ulcères cancéreux. Koy.CANCER.
Ulcères dartreux. Voy, Dartrb.
Ulcères psoriquea. Voy. Gale.
Ulcères teigneux. Voy. Teigne.
URETÈRES, s. m. plur., uretères, •\tp97ép^ vfioçy de o5po», l'urine. — Ce sont des conduits membraneux, de la grosseur d'une plume à écrire, s'étendant depuis le bassinet du rein (Voy. Rein), c'est-à-dire de la scissure rénale dans laquelle ils pénètrent par une portion évasée appelée infundibumm, jusqu'à la Vessie ( Voy. ce mot }, dans l'intérieur do laquelle ils pénètrent après avoir rampé entre les membranes mnsculeuse et muqueuse, jusqu'à ce qu'ils soient arrivés à la paroi postérieure et inférieure de cet organe dans leçiuel ils s'ouvrent par un orifice étroit et oblique aux angles postérieurs dutrigone vésical.
Les uretères peuvent présenter des anomalies : ainsi chez une femme que Horgagni a ouverte, le rein droit donnait naissance a deux uretères; l'un, supérieur, qui tirait son Origine d'un bassinet simple et était plus mince ; tandis que nnférieur était un peu
glus épais, parce qu'il naissait d'un bassinet ans lequel se rendaient un grand nombre de petits tubes, ce qui les rendait plus grands et plus élevés. Ces deux uretères étaient séparés d'une extrémité à l'autre par une insertion d'un travers do doigt existant entre les orifices de Tun et de Tautre. Ces orifices étaient oblongs, et se rendaient dans la vessie en suivant la même direction oblique, de manière que l'un était supérieur à l'autre. De même, d'après Chopart, les uretères peuvent s'ouvrir dans le vagin , dans le rectum, etc.
La structure dos uretères, quel que soit le
URINE
URINE
Heu où ils s'ouvrent, se compose de deux membranes qui ont concouru a la formation des calices et du bassinet ; Tune eitcrne, séreuse, épaisse et d'un blanc opaque ; l'autre interne ou muqueuse, blancne, mince et transparente.
Les usages des uretères sont de trausorter les urines sécrétées par le rein, dans a vessie, où elles séjournent jusqu'à leur ex* pulsion.
URÈTRE, s. f., urcthra, ovf^Bpn ; formé de ovfov, Turinc : canal membraneux, cylindrique, qui commence au col de la vessie et se termine à l'extrémité du gland chez l'homme, recevant dans son trajet les conduits éjaculateurs, et ayant des communications avec les corps caverneux ; chez la femme, il adhère par son orifice externe aux parois du vagin.
L'urètre est tout h la fois le canal excréteur de l'urine et de la matière séminale.
URÉTRITE. Voy. Blennorrhagie.
URINE, s. f., urina^ oSpoi», liqueur excrémentitielle sécrétée par les reins, et transmise par les uretères dans la vessie, d'où elle est rejetée au dehors en passant par le canal de l'urètre.
L'examen des urines fournit au praticien des signes si importants et tellement propres b former le diagnostic des maladies, qu'il ne saurait trop s'en préoccuper pendant toute la durée des affections morbides. Elles méritent une attention d'autant plus sérieuse de sa part que, indépendamment de leur utilité séméiologique, on les néglige trop aujourd'hui, alors qu'on s'en occupait peutêtre beaucoup trop autrefois. L'esprit humain est ainsi fait au'il s^élance toujours dans les extrêmes où tout est illusion, fanatisme, alors qu'il est si facile de rester dans un juste milieu, où se trouve la vérité. Mais, attendu que cet examen n'est pas très-facile et que pour bien apprécier l'urine altérée, il faut avoir une connaissance suftîsanle des caractères de celle d'une personne bien portante, afin de faciliter cette élude à chacun, nous dirons d'abord quels sont les caractères physiques de l'urine chez riiomme en santé.
Il a éié remarqué que l'urine récemment excrétée est transparente, d'un jaune cilrin, d^une odeur particulière, d'une saveur acide, saline et faiblement amère; que celle qui est rendue peu de temps après avoir bu est moins colorée, moins odorante, moins dense que celle que Ton rend sept ou huit heures après le repas et après le sommeil : d'où le nom d'urine de la boisson donné à la première, et celui d'urine de la digestion qu'on a appliqué k la seconde.
En outre, il est d'autres circonstances auxquelles le médecin doit avoir égard, parce qu'elles contribuent à modifier les urines, et par exemple, l*" la constitution du sujet, vu que l'urine est plus colorée et plus odorante cnez les personnes robustes ; plus pâle, écumeuse et un peu sédimentcuse chez les sujets débiles; 2* la saison: qui ne sait que l'urine est moins abondante et plus colorée
en été, parce qu'on transpire beaucoup; plus copieuse et pluspAle en hiver, où Toq ne sue lamais ; 3* Page : ainsi on a noté (jue les vieillards ont les urines moins aliondantes, plus foncées en couleurs, et qu'elles ei* halent une odeur fort désagréable ; 4' le sexe: l'urine des femmes est toujours plus pâle et plus sédimenteuse que celle de rhomroe; 5° Vabondance ou la rareté de la boisson : on a constaté que l'individu qui boit abondamment urine beaucoup et rend des urines pâles ; 6*" Yusage de certaines substances : et, par exemple, les asperges, Tail, l'oignon, donnent à l'urine une odeur fétide; le cnrcuma et la rhubarbe lui communiouent une teinte jaune très-vive; les térébentninef administrées à l'intérieur lui communiquent une odeur de violette.
Savoir toutes ces choses ne suffit point encore, et il importe beaucoup, pour asseoir un jugement exact sur l'urine, qu'elle soit demeurée en repos pendant au moins deux heures, à une température peu élevée, et
3u'on ne la fasse point passer brusquemenl u froid au chaud et du chaud au froid. Après ce laps de temps écoulé, l'urine a perdu sa qualité acide et est devenue ammoniacale. Mais quels ^ont donc les signes fournis par l'examen des urines ? Par elles on distingue parfaitement l'état spasmodique de celui où il existe une inflammation quelcon* que, attendu qu'elles sont claires, abondantes et limpides dans le premier cas, rouges, urina rt^bra^ dans le second. Do même; quand les urines sont fortement colorées, elles annoncent une affection hépatique; quand elles sont jumenteuses, c'est un des princi-
Ïiaux symptômes de l'embarras gastrique, et 'urine lactescente chez les enlanls décèle la présence des vers. L'urine décèle encore, suivant qu'elle est épaisse et noire, un haut degré de putridité ou le passage de l'intlammation à la gangrène ; s'il nage à sa surface des gouttelettes d'huile, un degré fort avancé de dissolution hectique ; par sa teinte safranée, turina crocœa^ l'existence de calculs biliaires ; par son aspect verdfttre, urina viridiSf que l'urine altérée a passé dans le sang ; par son mélange avec le pus, qu'il existe une suppuration interne.
Dans les fièvres l'urine sert utilement comme signe diagnostique, puisque, à Télat de crudité, elle annonce qu'il n'y a pas encore de travail curatif général de la nature, ôu lieu qu'à l'état de coction, elle décèle un commencement d'élaboration critique, dont la crise, qui se fait parfois par les urines elles-mêmes, est l'achèvement ou la terminaison. Aussi est-ce là-dessus que reposent les trois dénominations qu'on a appliquées aux urines, savoir : urine crue {urina cruda], urine cuite {urina cocta) et urine critique {urina critica). A quels caractères reconnaîton ces trois espèces d'urines?
L'urine crue, signe de crudité, reste tantôt parfaitement claire et transparente avec une teinte ou rouge ou paie ; tantôt, comme il arrive dans les lièvres gastriuues, elle est dès l'origine, et demeure trouble, éi^aisse.
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URINE