VARICELLE
jireuue.Pour ma part Je n'ai iamais réussi à oblonir l'éruptioa vaccinale a une seconde vaccinationy quand la ])remièrc avait donné de vraies pustules vaccinales.
VAGINITE, s. f., inflammation du vagin.
Voy. Blennorrh^gie chez la femme,
VALÉRIANE, s. f., valeriana^ genre de plantes de la triandrie monogynie, L. ; famille des dipsachées, J. — Il en est trois espèces qui intéressent la médecine, savoir:
1" la VALÉRI4NE OFFICINALE {pfftcinolxS ), QUi
croît en France, et dont la racine est un puissant antispasmodique ; 2* la Grande ValéuiANB, qui végète aussi sur notre sol, et est succédané de la précédente, mais à un moin- «Ire degré ; 3' Ja Valériane celtique, qui, (luoique végétant en Suisse, se trouve abondamment dans les Pyrénées. Ses feuilles et ses fleurs sont également antispasmodiques, mais à un si faible degré qu'on ne s'en sert guère aujourd'hui. Nous devons donc nous borner à étudier les propriétés de la première espèce.
Celle-ci, connue aussi sous les noms de valériane sauvage, valériane des bois, a une racine composée d'un grand nombre de Bbrilles allongées, fauves à Tcxtérieur, blanches à l'intérieur, presque inodores dans l'état frais, exhalant, q[uand elles sont desséchées, une odeur fétide, pénétrante, tout à la fois agréable et désagréable. Sa saveur est amarescente et un peu Acre.
Peu étudiée dans ses efl'ets par les toxicologues, beaucoup vantée par certains médecins, désappréciée par d'autres, la valériane a fini cependant par occuper un rang distingué parmi les substances médicamenteuses, et cela grAce aux expériences des Haller, des de Haen, des Sauvages, des Willis, des tissot, des Quarin, des Boerbaave et de tant d*autres qui, sans considérer la valériane comme spécifique de l'épilepsie, ne lui refaî?ent pas une certaine efiicacilé. Malheureusement , les essais que Ton a tentés depuis, et que nous avons tentés nous-même dans cette cruelle maladie, n'ont pas ré- ])ondu à l'espoir qu'on avait fondé sur sa réputation, et, si aujourd'hui on s'en sert encore pourcombattre l'épilepsie, c'est qu'on ne sait guère auquel des antispasmodiques les plus vantés avoir recours.
Il n'en est pas de même de ses propriétés contre certaines névroses. Ainsi Bouteille assure avoir employé avec succès la valériane, en 1766, chez une jeune paysanne atteinte d'une churée des mieux caractérisées : plus tard, 'Marray en a rapporté trois cas de guérison, et enfin M. Guersent père disait avoir constaté l'efficacité de cette substance, administrée sous forme pulvérulente, mêlée à une pulpe de fruits qui en masque la saveur désagréable. Ce serait donc un fait suffisamment constaté.
Mais c'est principalement dans les affections hystériques que la valériane parait produire des effets bien avantageux; et, chose remarquable, plus la maladie hystérique est bizarre, singulière dans les symptômes qui la caractérisenti et mieux la valé-
riane réussit. Ainsi elle éloigne les retours des accès, elle en diminue la violence, en un mot, elle les modifie au profit de la maladie. Et comment n'en serait-il pas ainsi, certaines affections hystériques, disons mieux, le plus grand nombre de ces affections s'ao compagnant d'un état de faiblesse Réaérale, hyposthésie nerveuse, contre laquelle les antispasmodiques excitants, stimulants, toniques, font le plus grand bien ; or pourauoi la valériane ferait-eHe exception à la rèele commune. Remarquez que si l'on compte des succès et des insuccès de son administration, on en compte autant de celle des autres médicaments de la même classe, qui sont appropriés à certaines natures de maladies nerveuses, et ne le sont pas à certaines autres. Donc, si la valériane ne réussit pas, ce n'est pas la fautedumédicament,c'estlafautedu médecin, qui l'emploie alors qu'il n'est point iDdi(|ué ouqu'ilost contre-indiqué : ce oui explique pourquoi on l'a beaucoup loué a la (in de certaines phlegmasies, dans certaines fièrrus graves, dans la paralysie, les flatuosités des hypocondriaques, dans les maladies couvulsives, dans certaines migraines, etc.
Mode d'administration. On fait entrer ia valériane dans une foule de prép<irations : les principales sont : 1* la poudre, qui se donne h la dose de vingt ou vi'igt-quatre grains ; il en est même qui ne craignent pas d'aller jusqu'à un demi-gros etungros,daus les vingt-quatre heures: Tissot et Ouarinrt^ commandent d'y mêler un peu de maïs pour en masquer la saveur ; 2* l'infusion pourboisson, qui se fait à la dose do quatre ou de huit grammes de racine pour deux cent cinquante-six à trois cent vingt grammes dVau; 3° la décoction, qui est de nuit à seize grammes dans un demi-kilogramme d'eau : elle s'administre en lavement ; 4° il y a encore des extraits, des teintures, q[u*on emploie par graiVs ou par gouttes [de lOjusqu'à demi-gros).
Règle générale. Pour l'administration de la valériane, comme pour bien d'autres remèdes, le malade n'avant rien à craindre de son administration, il doit arriver rapidement à en prendre une forte dose et la continuer longtemps. Ayant le soin« dit-oo, de la suspendre de temps en temps pour la reprendre ensuite. Uufeland a donné ce précepte pour presque tous I es antispasmodiques.
VAPEURS, vapores. — En pathologie, ou mieux en langage vulgaire, on donne ce nom aux maladies nerveuses flatulentes, et, en particulier, h quelques phénomènes d'bjstérie. Voy. NAvrosks, HvsTéaiBy etc.
VARICELLE, s. f., varicella. — La varicelle, petite vérole volante, vérolette, consiste dans une éruption pustuleuse de la f)eau, si ressemblante avec la variolei qu'on a confond facilement avec elle. Toutefois nous devons faire remarquer que toutes les espèces de varicelle ne ressemblent pas absolument à la petite vérole ; qu'une seule la simule au point d'occasionner des méprises, et celle-ci, c'est la varicelle, que les Anglais appellent swine pox (àpustultô de cocbon), c est-ii-dire à boulons gros, élevés, remplis
VARICE
VARIGOCELE
d'une liaueur épaisse, qui bianchil et se rap-
f>roche du pus» entourés d'une auréole à eur base, etc. Au contraire, celle qu'ils ont oommée cAtctenpox (pustules de poulet), est formée de boutons, qui par leur petitesse, leur peu d'élévation aunlessusde la peau, la limpidité et la blancheur de la liqueur qu'ils contiennent, ne sauraient en imposer aux moins capables.
Quoi qu'il en soit, il est facile à un praticien exercé de distinguer la varicelle, swîn Î}0Xj de la variole, en ce que les boutons de a première sont plutôt spliériques que lenticulaires, plus larges à leur corps qu*à leur base, plus mous, et n'offrent point & leur sommet ce point brunâtre et cet aplatissement qui sont propres à la Variole (Voy. ce mot). Voici, du reste, les caractères que l'on a assignés à la varicelle proprement dite eu général.
Pustules taqtôt petites, tantôt aussi parfaitement semblables à celles de la petite vérole, par la forme, qui surviennent, soit sur quelques parties seulement, soit sur toute la surface du corps, avec fièvre légère et d'une durée de vingt-guatre heures seulement, mais quelquefois cependant avec fièvre violente et délire. Ces pustules sup- )>urent et se dessèchent en quarante heures, dont la moitié forme la période de suppuration, période qui, pour quelques boutons, dure quelquefois davantage, et dans certains cas fort longtemps.
D'après ce tableau, on reconnaît que la seule chose qui différencie la varicelle de la variole, c'est la rapidité de la marche de la première, comparativement à celle de la seconde. Voy, Variole.
Du reste, comme le virus spécifique qui produit la varicelle est beaucoup plus faible que celui de la petite vérole, et que cette lualadie ne met jamais la vie des malades en danger, on a peu à s'en préoccuper, la nature seule se chargeant de la guérison. On tâche cependant de la favoriser dans le travail auquel elle se livre, en faisant garder le Itl au sujet, en le mettant à une diète nro- |iortionnée à l'intensité de l'éruption et de la lièvre, en lui prescrivant des boissons délii^antes et émollientes, et, s'il est nécessaire, des lavements. Toutefois, quand la suppuration de quelques boutons dure troplongtemps, il est bon d'administrer un purgatif.
VARICE, s. f., vartar, ou xiporoc, dilatation d'une veine. Les varices sont des petites tumeurs ou nodosités indolentes, molles, inégales, livides, noirâtres, sans pulsation, cédant facilement à l'impression du doigt, rel>araissant dès qii' on cesse de les comprimer, ijrmées par la dilatation des veines dans lesquelles le sang stagne ou ne chemine plus qu'avec lenteur.
Toutes les veines sont rigoureusement susceptibles de deveair variqueuses ; cependant les lieux où on les observe le plus communément, c'est aux jamt>es, aux cuisst*8, «u bas-ventre, ce qui provient, soit de la difficulté que le sang éprouve à remonter contre son propre poiusy soit aus:i| pour les
varices des jambes, aux jarretières trop serrées au-dessous du genou, ou à des tumeurs volumineuses développées sur le trajet des veines, etc.
U y a deux degrés de relflcbement variqueux : dans l'un, les veines sont rondes et gonflées uniformément; dans l'autre, au contraire, elles sont irrégulières, bosselées, et avec des resserrements qui correspondent aux valvules : celles-ci sont rouges, livides ou nôirAtres, crèvent parfois spontanément, ou, ce qui arrive le plus souvent, par un choc quelconque extérieur; l'hémorragie serait abondante si on ne se hâtait de l'arrêter.
11 est rare que l'on guérisse radicalement la varice des jambes ; on peut en prévenir les progrès par le repoa. la position horizontale du membre, par la compression à l'aide d'un bandage roulé, des bas élastiques, en coutil, en peau de chien lacés, en caoutchouc, n'importe, etc.
Le traitement radical consiste, soit dans l'excision et l'évacuation du caillot contenu dans la veine, soit dans la cautérisation que quelques chirurgiens ont proscrite, etc. : commo ces opérations ne doivent être confiées qu'à un homme de l'art, nous n'en parlerons ^»as.
VARirOCÈLE, s. m. ou f., vuricocile, dilatation des veines du scrotum. — Ce qui produit cette dilatation , c'est l'abus des plaisirs vénériens, et principalement l'onanisme, les passions de l'âme qui entretiennent un orgasme génital trop fréauent, les marches trop forcées, l'équitation, la danse, les contusions violentes sur les bourses, enfin tout ce oui peut attirer le sang vers le scrotum et opérer la congestion desveinesqui rampent dans son épaisseur. Nous en dirons autant des obstacles mécaniques (tumeurs herniaires , engorgements ganglionnaires , hydrocèle, bandage mal fait, vêtements trop serrés, etc.), qui s'opposent à la libre circulation du sang dans les veines scrotalos, etc.
Le varicocèle peut se manifester dans tous les âges, mais c'est principalement chez les jeunes gens qu'il se montre de préférence, et aussi plus fréquemment chez les adultes que chez les vieillards. Kt comme à son début rien n'annonce son développement, et que c'est presque toujours par nasard que les individus en qui il se déclare s'aperçoivent de son existence (et cela alors seulement qu'il a acquis un certain développement), il serait bon que ies parents, les chefs d*insl)tution, connaissant cette particularité, veillassent, autant du moins que la décence le permet, à ce que le sujet fût instruit qu'il a un varicocèle, aussitôt que celui-ci aura de la tendance à se former. 11 faut donc que la jeunesse soit instruite de bonne heure, qu'un sentiment de pesanteur au testiculot à l'aine et jusque dans la région lombaire» une gène insolite et des tiraillements iocomroodes dans le trqet du conlon; la longueur des bourses qui sont pendantes et molles; l'accroissement rapide de leur volume par des courses forcées, ou simplement par la chaleur, sont les premiers symptômes par lesquels le varicocèle s'annonce. Uo symp-
VARIOLE
VARIOLE
lôme que Ton a donné comme caractéristique, c'est le besoin qu'éprouve le malade de chercher, au moyen des vêtements, à donner une position moins gênante aux bourses, celle où elles se trouvent produisant une sensation fort incommode, qu'on espère faire cesser en les soutenant.
Le varicocèle étant une maladie difficile à guérir, il faut donc s'efforcer de pallier le mal et d'en arrêter les progrès. Pour cela faire, le malade marchera peu, restera habituellement assis, prendra des bains frais , et se lavera fréquemment le scrotum avec de l'eau froide pure ou légèrement astringente; bref, par des soins bien entendus, il éloignera toutes les causes qui pourraient favoriser le développement progressif du mal. A l'aide de ces précautions et d'un suspensoir bien fait, il peut garder longtemps son varicocèle à l'état d'intirmité gênante, tandis gue,sans s'assujettira ces précautions, le mal ira croissant de plus en plus^ et deviendra une lésion physique des plus incommodes et des plus graves par ses résultats éloignés. Et, par exemple, après la moindre course, le malade est haletant, ses traits sont visiblement altérés, son visage couvert de sueur; il souffre tant, qu'il ne suit quelle position prendre.
J'ai dit que, par des soins hygiéniques bien dirigés le varicocèle reste souvent à Tétat d'infirmité; nous ajouterons que souvent aussi, malgré ces soins, le mal lait des pro-
Î;rès effrayants, et le malade éprouve des soufrances si vives, qu'il demande avec instance d'être délivré de ses souffrances. Plusieurs moyens ont été proposés, à savoir : la cautérisation des veines, rescision d'une partie du scrotum, la castration, et la compression lente des veines variqueuses à l'aide de l'entérotome de Dupuytren (méthode Brescbet [1]), ou bien au moyen de pinces disposées de manière à étreindre rortemont les bourses d'une manière plus nette. Par ce procédé on ne coupe pas le scrotum de suite, on laisse intact le bord externe de celui-ci et Ton évite par là les défauts du premier (méthode H. Landouzy); la ligature souscutanée simple, ou combinée avec l'enroulement des veines du cordon, etc., etc., a été également proposée. Il ne m'appartient pas de discuter le mérite de ces différentes méthodes d'opérer le varicocèle, le chirurgien qui sera appelé dans les cas de cette nature ayant assez de capacité pour juger par luimême des avantages de chacune, et surtout de celle à laquelle il doitdonner la préférence. VARIOLE, s. f. (petite vérole), variola. — On désigne sous ce nom une maladie éruptive pyrétigue, caractérisée par des pustules qui apparaissent, se dessèchent et disparaissent dans les circonstances que nous énumérerous plus tard.
(!) Brescliel se servait de petites pinces en fer, à branches écartées eu arc de cercle, dont les mors, garnis de lîiigeou d*un coussinet, peuvent éirerappro» chés graducUetnoni c>i à volonté par une \is de pression « agissatil sur les braiurhes.
Se montrant à tous les âges, sans même épargner le fœtus dans le sein matemei, se manifestant dans tous les climats, dans toutes les saisons, soit d'une manière sporadiqoe, soit épidémiquement, la petite vérole se propage par contagion ou par infection, et celle-ci s effectue même à d'assez grandes distances, le virus variolique étant transporté au loin par les vents. La variole a été divisée en discrète^ c'est-è-dire en celle dont les boutons sont plus ou moins espacés les uns des autres; et en confluente^ c'est-èndirc dont les pustules sont si abondantes qu elles se touchent et se confondent. Les auteurs ayant fait deux tableaux symptomatologiques distincts et séparés de ces deux sortes de petite vérole, nous suivrons leur exemple, afin d'indiauer plus facilement le traitement applicable a chacune d'elles.
Variole discrète : période d'infection ou d^incubation. Celle-ci est inappréciable au début, le virus étant encore latent dans l'or* ganisme et sans réaction; mais bientôt le sujet éprouve des horripilations vagues, indice de l'invasion de iè tièvre variolique qui, légère d'abord, va en augmentant chaque jour davantage jusqu'au quatrième jour, celui de l'éruntion.
Le type de la fièvre d'incubation est continu, rémittent, et les symptômes spéciaux qui l'accompagnent sont : nausées, vomissements, épistaxis, mal de tête qui, chez les adultes, va jusqu'au délire, souvent même jusqu'à la fureur; odeur putride et spéciale de 1 haleine, de l'urine, de la sueur, à laquelle le malade a une disposition singulière; convulsions épileptiformes chez les enfants, lassitudes, douleurs è l'é.iigastre et au dos, quelques coliques, etc. Quand ces symptômes se manifestent chez un individu, alors que dans la localité la variole règne épidémiquement, à coup sûr on ne confondra pas cette fièvre avec toute autre.
Période d éruption. A la fin du troisième jour ou du quatrième, à la suite d'une exacerbation remarquable de la fièvre, on voit apparaître d'abord au visage, puis le lendemain aux mains, le jour suivant aux jambes et sur le reste du corps, de netits points rouges dont l'étendue et Télevation augmentent d'heure en heure. Dès le |iremicr jour, un examen attentif fait apercevoir, dans chaque stigmate, un petit nœud sembinble à un grain de millet, qui n'existe jamais sur les taches rubéoliques, les péléchies et les autres éruptions cutanées : il est donc caractéristique dos pustules varioliques.
Cette période dure trois à quatre jours, après quoi il apparaît toujours de nouveaux boutons, en sorte que le malade offre constamment des pustules de trois dates, qui, elles aussi, observent la même succession dans tous leurs changements ultérieurs : ainsi comme les boutons suivent dans leurs périodes de suppuration et de dessiccation la même ordre qu'ils ont affecté pour leur érup* tiou, il en résulte que, pendant que les uns suppurent à la face, il s'en développe aux jambes, ot que lorsque la suppuration se-
YAHlOLf:
TARIOLE
tablit au visage, la dessiccation seulement se fait en d'autres lieux.
Généralement dans la variole bénigne, la flèrre cesse dès que Téruption se fait et le malade se trouve bien, sauf l'inquiétude que lui cause parfois Tirritation des pustules.
Période dt suppuration. L'épiderme soulevé forme une pustule d*abord petite, déprimée au sommet et remplie d*un liquide séreux , mais qui peu à peu grossit, s'élève davantage, et s'emplit d'un pus jaunAtre, de manière que le bouton variolique complètement développé représente une pustule convexe, distendue au point de crever, jaunâtre et ressemblant k la moitié d'une len^ tille. Cette période dure également trois à quatre jours, et, pendant sa durée, la flèvre necéssB d'agiter le malade; c'est pour cela qu'on a donné à cette flèvre le nom de flèvre secondaire ou snppurative ; un gonflement général de la peau survient, mais il est plus manifeste à la face, aux mains et aux jambes.
Ce gonflement du visage, qui envahit même la tète tout entière, à ce point que celle-ci représente une boule informe, et que les yeux sont totalement fermés par le gonflement des paupières; ce gonflement, dis-je, quand il n est pas exagéré, et que la peau est rouge, est ordinairement d'un bon augure dans la yariole discrète, et sans danger dans la variole confluente, comme nous le dirons plus tard; j'ajoute qu'il doit être nécessaire que ce gonflement s'opère soit à la face, soit aux mains, soit aux ïambes, puisque l'on a remarqué que s'il s afl'aisse avant le temps, c'est un signe de l'impuissance des forces vitales, et tout doit faire craindre que les périodes de suppuration et de dessiccation ne se passent pas sans accidents. Notons cependant que toutes les fois que les boutons sont rares et isolés les uns des autres, tous les autres symptômes peuvent manquer, sans pour celà^ que la variole soit régulière : il en est de même de la salivation.
Période de dessiccation. Dans cette période qui dure habituellement troisou quatrejours, mais qui peut se prolonger du double, et quelquefois davantage, pour certains boutons, ceux-ci, qui élaienl parvenus à leur maturité, se dessèchent dans le même ordre de leur apparition, et forment des croûtes furfuracées qui se détachent lentement, laissant des taches qui restent longtemps rouges, et ordinairement aussi des cicatrices l>lus ou moins profondes.
Symptômes de la variole confluente. En général, les symptômes de la première période de la variole confluente sont les mêmes que ceux qu'on observe^daus la variole discrète; à l'intensité près, qui, comme on le pense bien, est d'autant plus grande, que les boutons sont plus nombreux et plus ra{)procbés. Quoi qu il en soit, dans certains cas, les pustules ne s'élèvent pas beaucoup audessus du niveau de la peau; elles sont d'un petit volume, et cependant par leur rapprochement, elles semblent dqà se confondre toutes on une vésicule rouge qui couvre tout le visage; ou plutôt, elles forment
une pellicule commune, agglutinée à la face. Vers le huitième jour, cette pellicule finit par n'être plus qu'une pellicule blanche qui devient de jour en jour plus Apre au toucher, avec une teinte brunâtre, et un sentiment de distension et de douleur, jusqu'à ce qu'enûn celte pellicule se détache en lambeaux plus ou moins étendus, ce qui peut arrivera une époque plus ou moins retardée (au quinzième, vingtième, vingt-cinquième jour), par l'adhésion intime de cette sorte d'incrustration plus ou moins é()aisse, surtout au visage. Après sa chute, il se forme encore des écailles furfuracées, laissant audessous d'elles des empreintes ou des creux plus ou moins marqués, et quelquefois même des cicatrices qui défigurent les traits. Enfin, deux autres symptômes très-ordinaires à la variole confluente , sont : la diarrhée pour les enfants, et la salivation pour les adultes.
Celle-ci, quisarvientquelquefoisàl'époque de l'éruption, ou seulement un ou deux jours après, devenant beaucoup plus visqueuse vers le onzième jour, le malade ne peut en rejeter la matière sans de grandes difncultés, et la dyspnée deviendrait extrême si, à cette époque, l'intumescence de la face et des mains, des déjections, des sueurs, une urine copieuse, ne fa remplaçaient. C'est dans ces cas graves que la voix devient rauque, que le coma, des convulsions ou d'autres affections d'un aussi funeste présage se manifestent. Nous voulons parler des inflammations de la conjonctive ou du poumon, du délire, de l'hématurie, qui compliquent la variole; et à plus forte raison de ladynamie, des hémorragies, de l'angine suffocante, des gangrènes accidentelles et partielles, qu'on observe quelquefois.
La variole, qu'elle soit discrète ou confluente, ne suit pas touiours dans son développement la marche régulière que nous lui avons assignée; ainsi on voit quelquefois les pustules avorter, rester plates ou se remplir d'un san^ noir ; d'autres fois la sérosité qui les emphr, persister à cet état pendant toute la durée de la maladie ; et, dans quelques cas, le bouton devenir solide et former une espèce de verrue, ou au contraire des vessies qui s'emplissent un jour et sont vides le jour suivant : de là les distinctions que Ton a établies de la variole en sanguine, séreuse» véruqueuse et siliqueuse, suivant la forma et la matière contenue dans les boutons.
Traitement. Dans une épidémie varioleuse» le praticien a à considérer avant toute chose» alors qu'il s'agit de prescrire un traitement» si la variole est, 1* discrète et simple, ou discrète et compliquée par un état morbide quelconque, résultant de la constitution médicale régnante, qui peut n'être pas de même nature que la variole. On sait que celle-ci est essentiellement inflammatoire, chaque bouton pouvant être considéré comme un petit phle^mose qui parcourt ses Bériodes, etc. ; 2* Si la petite vérole est conucnte simple, ou confluente compliquée à l'instar de fa variole discrète; 3* Enfin si elle appartient à la classe des maladies dites
YARIOLE
VARIOLE
coaçulalives ou à celle des maladies dites colliqualives, la nature de l affection changeant coin|;)létement, selon que la constitution régnante tient du mode mou ou du mode fort, les humeurs tendant à la coagulation dans le dernier cas, ce qui est avantageux, au lieu qu'elles tendent à la dissolution putride dans le second, ce qui est excessivement fâcheux.
Reste que, toutes Ips fois que la petite rérole est régulière, siranle et discrète, elle peutétre abandonnéeà elle-même, et, pourvu que le malade soit soumis à la diète, à un régime rafraîchissant, tenu constamment modérément couvert, et Tappartement dans lequel il se trouve maintenu à une température modérée, réru[)tion suit son cours sans obstacle, et l'individu guérit complètement saas accidents. Néanmoins, par mesure de prudence, un purgatif de précaution peut très bien être administré quand la desuuamation s*opère. Il est indispensable même de le prescrire dans certains cas, comme nous le fit observer le professeur Victor Broussonnet, dans une épidémie de variole dont nous avons suivi les différentes nhases, alors que j*étais élève en médecine : le praticien purgeait d'autant plus volontiers que, dans la dessiccation des pustules, on apercevait des écailles comme dartreuses, ce qui, pour ce médecin exercé, était un symptôme de saburres des premières voies.
La variole conQuente doit être traitée plus activement: ainsi, pendant son cours, quand il arrive, durant la période d'incubation, que le malade a une fièvre forte et vive, une saignée, un bain tiède, doivent être employés pour la calmer, ce qui facilite beaucoup IVruption. De même, si sous une constitution bilieuse la petite vérole se montre avec tout le cortège d un embarras gastrique ou gastrointestinal, on donne un vomitif toujours ilnns la période d'incubation, ensuite on tient le malade à une diète sévère et on purge à la fin. Dans l'épidémie dont j'ai déjà parlé, pendant les périodes d'incubation, d'éruption et de suppuration, on ne donnait aux malades que des crèmes de riz, et pour boisson l'eau d'orge miellée, parfois nitrée, et oxymélée quand il y avait un peu do toux. On comprend que c'est d'une variole confluente simple dont il est question; mais quand il survenait ce que j'appellerai des complications graves, on agissait comme il convient toujours d'agir, c est-à-dire ainsi qu'il va être indiqué.
Deux choses s^opposent en général à l'éruption de la variole : d'une part, lespasme inflammatoire de la peau, ce qui a lieu par excès des forces, et d'autre part, le défaut de réaction vitale, à cause de la faiblesse de tout l'organisme. Dans le premier cas, les antiphlogistiques ( saignées , bains , etc. ), rompant le spasme et diminuant les forces, l'éruption des pustules peut s'opérer; ce qui irrivera aussi dans le second, en tonifiant findlvidu et en déterminant une réaction artificielle par des rubéfiants à la peau. Sans ciia, les boutons ne paraîtront pas, et le
Tirus se fixant à Tintérieur sur un ou plusieurs des principaux orsaaeSyunephlegmâsie intense, grave, mortelle, en sera la fatale conséquence. Ce n'est pas toot^ des symptômes Cftcheux peuvent se montrer et inspirer les plus grandes inquiétudes; ainsi celui-ci éprouve des convulsions, celui-là du délire, chez quelques-nns la conjonctive s'enflamme, etc. Que &iro en pareille circonstance ?Dans les convulsions, accident très-commun che^ les enfants, on peut les faire cesser comme par enchantement en tenant la fenêtre ouverte de manière qu'un air frais et pur arrive jusqu'au malade; on leur oppose aussi des lavements: cependant elles peuvent persister malgré l'emploi de ces moyens, et alors de deux choses l'une, ou bien l'enfant a la face blême, les extrémités plus froides que chaudes, son uniie est p&Ie, ce qui indique un état nerveux ou
Curement spasmodique (d'où Futilité du ain tiède, des lavements, du zinc associé au musc, des sinapismes à la plante di9 pieds) ; ou bien on reconnaît, par l'oxameri du malade, les signes de la gastriciié. £1 comme l'irritation que les matières saburraies produiront sur les voies gastriques, entretient le spasme qui empêche l'éruption, les vomitifs, les purgatifs et les lavemorls deviennent indispensables. De même, s*ily a complication vermineuse, le varioleui se trouvera bien de l'administration ducalomel et des lavements de lait; s'il y a coma avec rougeur de la face et chaleur au front, quelques sangsues derrière les oreilles, des lotions froides sur le front, des rafraîchissants à l'intérieur, sont ce qui convient le mieux. Les mêmes précautions doivent être prises chez les adultes guand le délire auquel ils sont sujets devient violent, furieux : co symptôme d'irritation cérébrale réclame impérieusement l'emploi des saignées, des sinapismes aux extrémités inférieures, des pédiiuves, des lavements, des purgatifs rafraîchissants.
Enfin, lorsque les yeux paraissent vouloir s'affecter, on prévient l'indammation variolique qui y établit son siège, par des lotions avec 1 eau froide, par l'application de compresses imprégnées de camphre pulvérisé. On peut même, quand déjà quelques styginates sont apparus sur la conjonctive, en obtenir la résolution par l'instillation de quelques gouttes d'eau de Goulard considéranlenicnt affaiblie.
Tout ce qui précède s'applique non-seulC' ment à la première périoae, mais est également indiqué dans la période d'éruption, quand elle est lente, difficile ou irrégulière; &est-à-dire qu'on peut encore, durant cette
Cériode, (jontinuer le traitement de l'étal œoride qui est associé à la variole. Et quant au traitement de la période de suppuratioUf aucun changement ne doit être lait duraoi cette période , si la variole est discrète ; dans la variole confluente, au contraire, la fièvre secondaire prend quelquefois un si mauvais caractère, que \e médecin ne saurait trop s'en préoccuper. Que fera-t41 T 11 ouvrira les
VARIOLE
YARIOUS
pustules une k une^ au mojen d'une large aiguille k inoculation* ce qui diminue sur-lechamp la résorption du pus; il donnerale soir une petite dose d*opium, qui calme généralement Pagitation fiévreuse et les douleurs ; et, si les pustules se remplissent de nouveau, il les ouvrira une seconde fois. En même temps, par d'abondantes boissons rafraîchissantes, acidulés, par de légers laxatifs et de puissants diurétiques, il suppléera à la sécrétion cutanée forcément suspendue ; etenûn, par les acides minéraux, une grande propreté , le renouvellement continuel de rair, le changement des draps de lits, du linge même qui vêtit le malade, il préviendra la putridité des humeurs.
En traçant le tableau sjmptomatologique de la petite vérole confluente , nous avons parlé
De la salivation : comme elle est favorable, on doit Tentretenir en faisant boire beaucoup, et toujours des boissons chaudes ou tièdes, jamais froides ; si par cas elle se supprimait spontanément, il faudrait em« ployer les vapeurs chaudes, les gargarismes émollients, les cataplasmes de même nature, au cou ; et s'il survient des symptômes de suffocation , on applique un vésicatoire sur la |K)itrine.
Du gonflement des paupières et de l'oec/uêion du globe de l'œil : il sufBt de le baigner souvent avec du lait tiède.
De l'ob^tira^ton de la gorge par les pustules qui naissent à Tintérieiir de la bouche : on y remédie à Taide des gargarismes et des injections émollientes. Mais ce que nous n'avons pas fait observer encore, c'est que la fièvre peut revélir un caractère inflammatoire ^ reconnaissable à la rougeur plus intense des auréoles varioliqucs, à la dureté du pouls, à la chaleur, à la soif; tous symptômes qui annoncent une phlegmasie viscérale intorne. En pareil cas, on ne saurait trop se hâter de recourir aui déplétions sanguines, au calomel, aux vésicatoires, etc.
C'est comme dans la complication ner^ reusûj qui s'annonce nar des pustules affaissdes, séreuses, vides, Vabsence des auréoles, la pâleur et la fraîcheur de la peau, la bouffissure incomplète du visage, le tremblement spasmodique des membres : le principal moj'en pour la combattre, c'est l'opium. Le ]>lus souvent on l'associe au calomel, et parfois aussi au musc, au camphre, è l'arnica ; un bain à vingt-huit degrés, des sinapismes, des vésicatoires, même les frictions avec J'nngaent mercuriel, sont également utiles.
Reste la complication putride reconnaissable à la teinte livide, bleuâtre, brunâtre des pustules, qui sont entremêlées de nétéchîes ; è l'odeur cadavéreuse qui s'exbaie du corps du malade ; aux hémorragies passives symptomatiques par le nez, par la bouche, par le fondement, par l'urètre; la fréquence et In petitesse du pouls, une disposition générale à la gangrène. Sitôt que cette complication se décèle, et è plus forte raison quand elle est bien manifeste, il faut recourir au froid et déployer la méthode anti-septique
excitante dans toute son étendue. Elle con* siste dans l'action d'un air aussi froid que possible, continuellement renouvelé; les affusions froides, l'enveloppement du cor|)s entier dans des linges iroDil>és de vinaigre camphré, ou d'une dissolution de camphre dans le jaune d'œuf , le vin , l'acide suliuri-
?ue , le quinauina , etc. {Yoy. PvniDiTft. ) It si par cas 1 état gastrique reparaissait encore dans ces circonstances, on n'hésiterait point à faire Tomir et à purger le varioleux. De tous les accidents que nous avons signalés jusqu'à ce moment, il n'eu est aucun oui soit aussi grave que la dessiccation subite^
I affaissement brusque de la bouffissure de la face : l'apparition spontanée de ces phénomènes est ordinairement le signal de la mort. L'art doit donc réunir alors tous ses efforts pour soutenir et relever la force vitale qui succombe sous la violence du mal, et prévenir une métastase fâcheuse, mortelle.
II y parvient quelquefois par l'emploi des sinanismes, des ventouses, des cataplasmes émollients très-chauds et sinapisés aux jambes, aux bras, fréquemment renouvelés , du vin, de l'opium uni au calomel ou au camphre.
' Quelle est la conduite que le praticien doit tenir en général dans la dernière période de la variole? Tous les médecins capables sont d'accord que les purgatifs sont indispensables. J'ai observé, nous disait Victor Broussonnet, que les malades qui sortaient trop tôt, et chez lesquels on avait négligé femploi des purgations, étaient atteints d'inflammations laryngées, d*ophtalmies incurables, de diarrhée, de coliques ; j'en ai vu mourir phthisiques. Les potions huileuses qu'employaient les anciens sont donc très-bien indiquées » et, parmi elles, l'huile d'amande douce doit être préférée à toute autre ; on la donne h la dose de deux onces, associée à une once d'eau de fleur d'oranger et autant de sirop de fleurs de pécher. Je dis plus : quand la diarrhée survient à la fin de la variole, c'est encore le cas de purger, car, auo natura vergii^ eo ducendum (Hippocrate).
Remarquez qu'un seul purgatif ne suffit pas généralement, et qu'il faut en consé-
auence continuer les purgations à petites oses pendant trois ou quatre jours, et puis les répéter encore à certaines distances une ou deux fois, suivant la quantité de boutons. Sous ce rapport, le calomel associé au jalap en poudre, par parties égales, est un fort bon remède ; il agit comme laxatif et comme dépuratif. 11 ne faudrait pas toutefois trop insister sur les évacuations chez les individus faibles , car on augmenterait Tadynamie, et mieux vaut dans ces cas les analeptiques et les toniques que les purgatifs.
Quels moyens peut-on employer dans la période de desquamation, alors que le visage est encore fortement gonflé , pour em-* pécher que la petite vérole laisse des cicatrices à la peau? Je m'adresse cette question, parce qu'il peut arriver à tout homme instruit cequi m'est arrivé à moi-même, qu'une mère, jalouse de la beauté de son entant, et erai«
VARIOLOIDE