‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 196 sur 209 · VERRUE · texte numérisé non relu

VERRUE

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pompe» ifistrumenl d*un emploi sût et sans luconfénient, bien plus puissant même que les autres procédés; mais on ne Ta pas toujours sous la main, et malheureusement il est fort cher.

Toutes les fois qu'on applique une ventouse, il faut choisir une surface suOisamment plane, raser les poils qui 8*éièvent sur la peau, prendre soin d'appliquer le vase perpendiculairement et exercer une com-

fression légère, afin que tout accès soit fermé Vair extérieur. Sitôt qu'on juge que Teffet attractif est produit, on déprime avec l'indi* cateur la peau qui entoure Torifice de la ventouse, l'air s'y précipite par le petit jour qu'on vient d'opérer sous l'instrument, et il se détache.

Bornée à cette simple application, la ventouse est dite siche^ pour la distin^er des cas où l'on profite de cette application pour enlever à l'individu, par la scarification de la f)artie tuméfiée et rougie, une certaine quantité de sang; alors on dit que les ventouses sont searifiéeê. L'expression est fort impro* pre grammaticalement, mais elle est consacrée par l'usage. Voy. Saignée.

L effet des ventouses sèches est de rubéfier la peau de l'endroit sur lequel on les applique, et d'agir conséquemment comme révul^ sif fort doux , leur application étant peu douloureuse. Mais pour obtenir ce résultat il est indispensable d'en appliquer un grand nombre, et de les laisser plus longtemps en place, c'est-à-dire qu'au lieu de ne les laisser attachées à la peau que huit, dix ou quinze minutes, durée ordinaire de leur ap* plication, on les y laisse jusqu'à vingt minutes et plus.

Nous ne parlons pas de la ventouse Junod, cette ventouse n'étant pas à la portée de tout le monde, et son application exigeant la présence du médecin, à cause de la force et de la promptitude de ses effets.

V£NTK£. Voy. Abdomen.

VERMIFUGE, s. m. et adj., vermifugus, de vermis ver, et de fugoj je chasse. C'est le nom qu'on a donné à une classe de médicaments de natures très-diverses, et (jui ont la propriété de déterminer l'expulsion des vers qui se sont développés dans le tube gastro-intestinal. Les amers qui, en tonifiant les voies gastriques, s'opposent à la production des vers, l'ail et bien d'autres excitants peuvent être considérés généralement comme des vermifuges ; cependant on réserve plus liarticulièrement ce nom pour certains pur* (^atifs très-énergiques , qui entraînent ces animaux. {Voy, Vebs.] Vermifuge est sjno-

VËROLE, s. f. Voy, Stpbius.

V£HKUE, s. f., verrucGf petites excroissances qui surviennent à d'autres parties qu'aux organes sexuels. — On les observe surtout aux mains , sous forme de végétations plus consistantes que la peau, à la*» quelle elles tiennent par un pédicule, et présentent souvent à leur sommet des sillons qui les divisent en plusieurs lobes. A leur couleur blanchâtre, à leur forme arrondie,

quoic^ue irrégulière, à leur surface comme cnagrmée, il est facile de les distinguer des autres végétations cutanées.

Les verrues sont communément indolores, à moins qu'elles ne soient situées à la paume des mains ou à la plante des pieds * elles ne dégénèrent jamais en affection cancéreuse; mais comme elles déparent une jolie main, bien des personnes aiment à s'en débarrasser. Quatre procédés opératoires peuvent être employés, savoir :

1* La ligcUuref qui se pratique avec un fil de soie, ou un crin de cheval, avec lequel on étreint le pédicule étroit de la verrue ; à défaut de fil de soie ou de crin, on se sert tout bonnement du fil ordinaire ciré. Quand la verrue a un petit pédicule, une seule astriction sufllt pour la iaire tomber; quand, au contraire, le pédicule est un peu fort, il faut, à mesure que la ligature se relâche, la serrer de nouveau. C'est un fort bon moyen.

2** La cautérisation. Elle se pratique do différentes manières ; ainsi on a proposé le suc de diverses plantes de la famille des eupborbiacés (réveille-matin, chélidoine, le tithymale, etc.), mais ce procédé est si lent, si inefficace, qu'il vaut mieux agir de suite avec un acide fort. On trempe donc le bout d'une plume taillée, ou un petit pinceau, ou un morceau de bois pointu dans de l'acide nitrique, de l'acide chlorhydrique, le nitrate acide de mercure, et on applique une goutte de cet acide sur la verrue. Cette opération doit ôtre renouvelée deux ou trois fois par jour. U est bon, pour préserver les parties voisines, de les enduire préalablement d'une couche d'huile ou de cire ; mais cette précaution devient inutile quand on touche la verrue avec le nitrate d'argent. Enfin, pour détruire les verrues à large surface, qui se développent h la plante aes pieds et gênent la marche, on applique la potasse comme ponr former un cautère.

3* Vexcision, Elle consiste à enlever couche par couche, en d6dolant,avec un bistouri ou un erattoir, toute la portion de verrue qui fait saillie; ou mieux, ce qui e^t plus prompt et moins douloureux, quand les verrues sont rouges, tuméfiées, douloureuses, en les enlevant d'un seul coup avec des ciseaux courbes. Ceux-ci ne suliiseni pas toujours pour cette opération ; souvent on est oblige de cerner la verrue et de l'isoler de la peau avec le bistouri, pour faciliter l'extraction des racines. Ce procédé a pour beaucoup do personnes l'inconvénient d'être une opération sanglante, et elles ne veulent point s'y soumettre : quand il a été permis de la pratiquer, on arrête le sang avec une loile d'araignée ou des plaques d'amadou.

k' Varraçhement, Gallien a proposé, pour arracher les verrues, de les sucer d'abord avec les lèvres, afin de les rendre souples et assez saillantes pour les arracher ensuite avec les dents.

Somme toute : chacun de ces procédés & ses avantages et ses inconvénients ; mais je ne sache pas qu'il y ait rien de mieux que

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rexoision unie à la cautérisation pour empêcher les verrues de reparaître.

VERS, s. m. pi. (helminthes), vermei. — N*ayaDt à nous occuper dans cet article que des vers qui se développent chez Thomme, nous dirons un mot de chacune des variétés C[ue Ton a rencontrées dans les voies gastrointestinales, des symptômes divers par lesauels ils décèlent leur eiistence, et des méicaments que Ton doit employer pour leur expulsion.

On distingue, d*après leur forme, plusieurs genres de vers intestinaux. Les ascarides, que Ton a divisés en lombricoldes et vermiculaires; le ténia, qu*on distingue en ténia IcUa et en ténia solium; enfin les vers sétiformes {tricocephaltu).

Les vers lombricoïdes^ les plus ordinaires de tous, se trouvent surtout dans l'intestin grêle ; ils sont longs de quinze à vingt, et même vingt-quatre centimètres, sur deux ou trois millimètres d'épaisseur, cylindriques, blanchâtres et demi-trnnsparenls, plus minces à la partie antérieure, terminée par trois tubercules qui forment la bouche ; la partie postérieure n'offre rien qui puisse nous intéresser.

L'ascaride vermiculaire , au contraire , nommé aussi oxyure^ assez commun chez les enfants, est un ver très-petit, qui se tient communément dans le rectum. Sa grosseur varie entre trois h quatre millimètres pour le mâle, et huit à dix pour la femelle. En outre de leur petitesse, ils sont blancs, minces, élastiques, et d'une extrême vivacité.

Les ténia, ou vers solitaires, quelle que soit leur espèce, sont reconnaissables à leur longueur, qui est de six à huit mètres, et quelquefois davantage, à leur forme aplatie, on dirait un ruban (ténia à bandelette), à la série d'articulations qui unissent entre elles chaque portion du corps, portion qui ressemble beaucoup à des semences de courge; de là le nom de vers cucurbitainsj que 1 on a donné aux fragments qui se détachent souvexit du ténia. On les reconnaît encore h leur tête tuberculeuse, portée sur une partie rétrécie du cou et terminée antérieurement par une bouche ou trompe, placée entre quatre suçoirs, avec ou sans crochets rélractilcs, appréciables seulement à la loupe. Cest à la présence de ces crochets ou à leur absence que l'on doit les distinctions de ténia armé et non arme% admises par les auteurs. En outre de cette différence, il y a encore celle qui se tire de leur couleur: ainsi le premier a le corps blanc, tandis que le second l'a grisâtre ; mais tout cela ira pas grande importance.

En tin le tricocéphale {tricuris) est un tout petit ver filiforme, ayant de trois à six centimètres de longueur, qui se trouve fréquemment dans les gros intestins de Thomme, et principalement dans le cmcum. Son corps, de la grosseur d'une épingle, est conformé en massue, c'est-à-dire mince dans ses deux tiers antérieurs, et renflé postérieurement. C'est à Uœderer et à Wagler que nous devons la aescription de ce ver, qu'ils

ont trouvé pondant l'épidémie de maladies muqueuses, observées a Gottingue en 1767.

Les symptômes par lesquels les vers cd général décèlent leur présence dans l'économie, sont des douleurs vagues et lancinantes dans les membres, ramaigrisseffiem, et, dans ce cas» l'appétit, au lieu d'être diminué, augmente, ce qui est surtout vrai pour le ténia ; la pâleur ou l'aspect bleuâtre de la face qui, quelquefois est bouffie, l'assoupissement, l'agitation et l'écartement des paapières durant le sommeil , le cercle bleu autour des yeux, la dilatation des pupilles, le strabisme, la douleur du nez, le prurit des narines, des éternuements , l'épistaxis, le tintement des oreilles, le grincement des dents, le rire simple et convulsif, un alDui de salive à la bouche le matin à jeun , une mauvaise haleine, le délire, des hallucinations de la vue , des rêves accompagnés do frayeurs souvent répétées, des tremblements convulsifs ou de véritables convulsions, un sentiment d'ardeur et d'érosion au scrobicule du cœur, des palpitations, la cardialgie, des nausées, la tension du ventre sans dureté, dos coliques à la région ombilicale, le décubitus sur le ventre, le hoquet, la toux ayant un caractère particulier qu'on pourrait appeler gutturale, à cause qu'elle est extrêmement sèche et rauque, des selles tantôt bilieuses, tantôt muqueuses, sangui* nés, vertes, bigarrées, qui se composent parfois de matières membraniformes, cendrées, grumelées, de diverses natures et de diverses couleurs, etc. Le plus important de tous les signes et le seul certain, est la sortie de vers ou de portions de vers.

Les signes jiarticuliers sont : pour les ascarides vermiculaires ^ un prurit insupportable à l'anus, surtout le soir, la dysurie, la stran^urie, le téoisme , l'odeur alliacée de l'haleine chez les enfants, un écoulement muqueux par le rectum, la vessie, le vagin, le changement d'humeur avec un sentiment de tristesse périodique : pour les ascarides loinbricoides^ outre les signes généraux , coliques fréquentes et sentiment de reptation à la région ombilicale : pour le ténitty sensation semblable à celle que déterminerait un corps qui remonterait tout à coup du côté gauche jusque dans la gorge. et retomberait ensuite, sensation d*uno masse dans l'un ou l'autre côté, avec mouvement ondulatoire, sentiment de succion dans le corps, vertiges, fourmillement et engourdissement des doigts et des orteils, cessation brusque dès atfections du bas-ventre après avoir bu une gorgée d'eau do rie ou d essence d'absinthe.

Par l'irritation qu'ils occasionnent et por le trouble qu'ils jettent dans les fonctions digestives et nutritives, les vers peuvent exercer une influence considérable sur l'organisme entier et sur toutes les fonctions, même les facultés morales, de manière à y susciter de grands désordres, et par conséquent à produire les maladies nerveuses les plus diverses et les plus graves. De là découle une règle de pratique importaptr;

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(jniis toutes les affections do ce genre, surtout chez les enfants; lorsqu'on ne découvre aucune autre cause évidente, il faut admettre la présence de vers et se conduire en conséquence, l'observation ayant démontré que le traitement vermifuge finit souvent par procurer la guérison des maladies fort graves, contre lesquelles toutes les autres méthodes avaient échoué. £t cette règle s'applique non-seulement aux cas dans lesquels on aperçoit des indices de vers, mais encore dans ceui où on n'en trouve aucun, car le canal intestinal peut en receler beaucoup, sans qu'ils annoncent leur présence par le moindre signe appréciable.

Traiiement. Il doit avoir pour effet, nous lavons déjà dit, do prévenir le développement des vers, c'est le traitement palliatif; ou de les expulser, c'est la curation radicale.

Pour agir eflicacement dans le premier cas, il faut nécessairement connaître quelles sont les causes qui favorisent la génération des helminthes, afin d^éviter. si faire se peut, que ces causes continuent h exercer leur action génératrice. Parmi celles-ci se trouvent l'atonie des intestins, 1 accumulation des mucosités dans les voies intestinales, l'usage des farineux, des aliments tirés du règne animal; certaines conditions atmosphérique^, principalement le froid humide « etc. Ce qui fait que tant de médicaments divers, c'est-à-dire amers, les ferrugineux, un meilleur régime, l'exercice, un climat chaud et sec en fortifiant l'organisme, les purgatifs qui enlèvent les mucosités accumulées, etc., agissent communément comme d'excellents prophylactiques. Hais, une fois les vers développés, deux choses sont à faire, calmer le spasme qu'ils ont provoqué, les expulser. On remplit la première indication en donnant du lait, soit en boisson, soit en lavements, soit en lotions; riiuile, qui asphyxie Tanimal; l'eau mercu« rielle (en boisson et eu lavements); etc.

Pr. : Argent vif, 1 livre.

Eau de fontaine, i livres.

Faites bouillir pendant que.ques heures dans un vase de terre, en remuant de temps en temps avec une cuiller de bois.

Et quant à Texpulsion des vers, elle peut ôtre obtenue de trois manières différentes, l'une applicable aux lombrics et aux ascarides, les deux autres au ténia. Pour atteindre les premiers on emploie généralement le semen-contra, qui affaiblit et tue les helnnnthes; c'est le remède le plus eilicace, mais il doit être suivi d'un purgatif : le calomel, l'huile de ricin, ne le cèdent guère au semen-contra, tout comme IVau de mer qui est un très-puissant antholininthique. Nous avons vu, dans un port de mer que nous avons habité quelque t4Miips, des mères de famille faire boire le matin è ieun à leurs enfants un ou deux verres d eau de la mer,' suivant leur âge, et ces enfants n'être jamais malades.

i>u reste, on croit avoir observé que

I>jr.T10?l"l. DE MÉDECINE.

chaque espèce de ver a des atitlielinintiques qui lui sont plus particulièrement hostiles que d'autres. Par exemple, que les lavements laiteux (ou avec des fifi^ues sèches bouillies dans du lait), ceux préparés avec une décoction de tabac, rhuile, le sel marin, l'eau mercurielle, détruisent parfaitement les ascarides vermiculaires ; alors que le semen-contra est plus particulièrement nuisible et tue plus sûrement leis lombricoïdes. 11 Test surtout quand on l'associe au calomel et au jalap comme dans la prescription suivante :

Semen-contra, 4 grammes.

Jalap, 60 centigrammes.

Calomel, 1 décigramme.

M. Faites trois paquets.— Dose, un dcoûpaquet matin et soir pour un enfant de six ans : on continue pendant trois jours.

Nous avons employé souvent la mousse de Corse bouillie dans Teau et édulcorée avec le miel. Les enfants prennent cette boisson comme du calé. On peut la blanchir légèrement avec de la crème.

Pr. : de mousse de Corse, 12 grammes ;

d'eau de fontaine, 16 id.

Faites bouillir et réduire de moitié; passez. A prendre en quatre fois.

• Nous nous sommes encore très-bien trouvé des frictions sur le bas-ventre avec de l'huile de pétrole. Dans certaines localités, on est dans l'usage quand Tenfant se gratte le nez, s'éveille en sursaut, etc., de lui oiudre les narines et l'ombilic avec cette huile. C'est une fort bonne précaution ; mais nous croyons que cette huile ainsi employée à l'extérieur n'est pas assez puissante administrée seule. Enfin, à l'égard du ténia, deux méthodes curatives ont été proposées : affaiblir et tuer le ver, de manière à en débarrasser le malade sans secousse ; chasser l'animal tout à coup par des moyens trèsénergiques.

La première de ces méthodes est la plus sûre, et l'on fait bien de commencer toujours par elle. C'est môme la seule que l'on puisse employer chez les sujets faibles et très-sensibles. Elle consiste à employer avec persévérance les remèdes qui exercent sur le ténia une action désagréable, débilitante, délétère ; et, par exemple, un verre d'eau de sediitz ou d'eau de mer tous les matins ; ou bien trois ou quatre gros de limaille d'étain par doses fractionnées, dans de la conserve de roses ; ou encore du lait dans lequel on fait bouillir quelques gousses d'aiL Un moyen qui m'a parfaitement réussi, comme à bien d'autres, chez un épileptiquo dont lesatques étaient occasionnées par le ténia, et chez une dame sujette à des défaillances par la même cause, c'est une décoction d'uiio once de racine de grenadier sauvage, daus un grand verre d'eau, qu'on fait réduire d'un tiers par l'ébullition. Les malades ont pris cette dose par deux cuillerées, de demi-beuro en demi -heure le matin à jeun, et le ver a été expulsé le lendemain.

l{ufeland se loue beaucoup du traitement suivant, qu'il admlni&tra à une femme dont

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