‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 200 sur 209 · VISION · texte numérisé non relu

VISION

sont : A guo l'image dus objets lombo sur un |Kiint de cette membrane que Teipérience nous a appris être le point où la vision se fait distinctement; c'est le point jaune. Il n'est autre chose qu*une tache produite par la vision elle-même, puisque Sœmmering ne Ta point trouvée chez le fœtus, ni chez Tenfanty un an après sa naissance : B qu'elle conserve un certain degré de sensibilité, et que cette sensibilité soit uniforme dans tuuto son étendue : C qu'elle soit exempte de toute disposition aux illusions fantastiques.

Indépendamment de ces conditions particulières au globe de Tœil, cet organe est susceptible de certains changements de configuration, qui peuvent rendre la vision plus facile; c'est-à-uire que, d après des expériences très-bien faites, il est démontré ûue TcBil éprouve une modification particulière au moment où le cône objectif est rapproché ou éloigné. On ne peut pas trop assigner les lieux où ces cnangements se passent, mais les faits prouvent que cela a lieu. Ainsi, quelques anatomistes ont cru que les muscles qui servent à mouvoir Tœil peuvent» en le pressant, rallonger ou le raccourcir» comme nous le faisons pour mettre les jumelles à la portée de notre vue ; ce que d'autres nient» attribuant cette puissance d'élon- Station ou de raccourcissement, les uns à une orce tonique, motrice de l'organe en général, les autres aux mouvements des corps ciliaires, ou dos membranes du corps vitré: laissons-les discuter entre eux, et contcntqns-nous d'admettre le fait, sans prétendre l'expliquer

On a bien parlé encore des mouvements du cristallin qui se porte en avant ou recule, de telle sorte que les distances respectives des corps réfringents entre eux, et du cristallin avec la rétine, variant selon les circonstances, la vision se fait distinctement; mais ce sont des opinions fondées plutôt sur dos présomptions que sur des expériences et des faits décisifs; et ce n'est point dans un article de cette nature que nous prétendons élucider celte doctrine : quoi qu il en soit, voici les points principaux auxquels nous croyons devoir nous arrêter.

Une chose très- importante, sur laquelle les physiologistes ne sont point d'accord, c'est Yactivité et la passivité du sens de la vue : or, commeon aime assez généralement k s'expliquer les phénomènes visuels, voyons si, par l'examen du mécanisme vital de la fonction, nous pnurn)ns f>rendre un parti. Les rajrons colorés que l'objet vu réllécbit sur l'œil pénètrent dans cet organe, y sont visibles, et cependant l'objet reste en de«hors. Que se passe-t-il? Que l'image du corps vient se peindre, clairement dessinée, mais dans un ordre renversé dans l'intérieur de l'œil, et ce qui fait oue nous les voyons différemment et hors ae l'œil, ce doit être par riiabltude que nous avons de les regarder, |Miisque les aveugles cataractes et opérés soient les objets dans leur œil. Cest comme

pour le renversement de l'image dans Tœil , certains physiologistes ont prétendu mie c'était parce que le tact redressait notre jugement que nous les voyons difTéremment : cela n'est pas, car les cataractes de naissance que 1 on a opérés, et sur lesquels on a observé avec soin les impressions, ont vu, la première fois, les objets dans la même position que nous les voyons : donc on est forcé de reieter cette opinion; c'est pourquoi Blumemnach, (|u'aucune explication n'avait encore satisfait, s'est arrêté à la suivante : « Par un acte de notre intelligence, dit-il, nous transportons à l'objet aperçu la sensation de l'image qui est au fond de l'œil, en sorte que chaque point de la rétine impressionnée par la lumière est, si je puis ainsi dire, un œil distinct qui aperçoit dans sa véritable place l'objet lumineux extérieur, d'où émanent les rayons dont il a la perception. »

Reste que de toutes les observations qui se rattachent à cette question, il n'en est pas de plus surprenante que celle rapportée par Sennert. Le malade était le premier médecin du roi de Saxe, qui, communiquant à Sennert ce qui lui était arrivé, lui dit : « Un jour que, cherchant un livre dans ma bibliothèque, l'échelle dont je me servais n'étant pas assez longue, ie fis un efltort de la main et de la vue, et j éprouvai aussitôt une viciation de la vision telle, que je voyais les objets renversés. Ainsi» un homme me paraissait avoir la tête en bas et les pieds en haut. Après être resté longtemps dans cet état, un effort semblable ramena la vue dans son état na^ turel. » Ce fait ne semble-t-il pas prouver que c'est le jugement seul qui ()réside à la vision?

Il est d'autres circonslanoos relatives au sens do la vue,' qui ont donné lieu à quelques questions que nous n'avons pas la prétention de résoudre, mais que nous allons aborder cependant, parce qu'elles piquent beaucoup la curiosîlé, et nous serviront peut-êlre è nous rendre plus familières les théories des viciations de la vision.

V Question. Pourquoi ne voyons-nous pas chaque objet double f C'est, vous dira Newton, parce que chaque œil ne transmet à l'encéphale que la moitié de l'imago ; c'est, répondra BulTon, parce que Tâme avertie (vir le tact, a, dans le commencement, rectifié l'erreur, et pris tellement l'habitude de cette rectification, qu elle a fini par ne plus s'apercevoir Qu'elle la faisait : au contraire, d'après Ackermann» c'est parce que les deux nerfs optiques s'entre-croisent sur la selle turcique.

Non content de ces explications, et no pouvant vaincre la difficulté, Gall n'a pas trouvé de meilleur moyen que de nier la vue simple, et d'emprunter & Dumas sa théorie. Voici donc comment il raisonne : Ce n'est que rarement, et dans la vision passive, que nous voyons avec les deux yeux à la fois : s'agit-il (le la vision active, nous ne regardons jamais qu'avec un (eil; tantôt l'un, tantôt T'outre : or, n'y ayant qu'une impression.

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on oe doit voir qu'un seul objet : ce qui revient au môme que s'il disait que nous ne Ti»yom que par l'œil avec lequel nous avous tliabitaae de regarder* fixemtfrL Dumas avait invoqué l'inégaËté de force des deux yeuXt et attribué la vision à Toeil. le plus fort» le plus faible restant inutile.

Il y a des faits pathologiques qui sont contraires à cette omnion» et, en particulier» €eiui de diplopie, dopt Portd fut le si^et*

Yoiei ce fait : atteint de vue double (dîpkK pie), Portai s'aperçut qu'il dispo^lit parfaitement d'un œil, mais que l'autre éprouvait une gène marquée : cependant il n'y avait pas de gonflement apparent. Au bout de quel-

Îues jours, il survint un larmoiement consi^ érable de cet œil, et Portai fut guéri de sa di* plopie. U y avait donc un obstacle qui empècnait l'œil de se mouvoir, que les larmes ont dissipé, et c'était lui qui rendait la vue dciible.

£nQn on a prétendu que, les rayons lumineux frappani deux points correspondants •nire les deux rétines, les deux impressions doivent se confondre en une seule. Nous conviendrons, si l'on veut, que toutes ces. explications sont fort intéressantes à recueiltir, mais elles ne donnent pas la solution du phénomène et n'indiquent pas les conditions nécessaires pour que la vision simple ait lieu.

H* Question. Pourquoi les s trahit es ne n^ient'ils pas double? Parce qu'il n'y a ja^ mais qu'un seul œil d'emplojfé, et que c'est généralement le plus fort, disent BufFon et ftioberand, prétendant Tun et l'autre s'en être assurés sur des personnes louches. Malgré notre déférence pour des autorités si recommandables, nous déclarons cette explication inadmissible, puisque la petite M..., dont nous avons publié l'observation dans les bulletins de Tacadémie rovale de médocinoy avait un strabisme dans lequel les deux yuiix suivaient la même direction. C'est pourquoi nous préférons celle qu'en a donnée M. Lordat dans ses leçons de physiologie; elle nous paraît du moins plus fondée.

D'après ce professeur distingué, c'est par la position du point jaune, qui peut être à telle place dans un œil, et à telle autre dans J'autre (Bîl, qu'on peut se rendre raison du phénomène ; les deux points, quoique différemment placés, correspondant entre eux.

Voici sur quoi il appuie son opinion. Cheîieldeo raconte qu'un individu ayant reçu un coup de sabre à la partie gauche de la face, l'œil de ce côté contracta une adhérence avec la paupière, et il s'ensuivit que cet ml fut toujours dans une position différente de l'œil sain. Or cet homme vit double pendant lon^^temps, mais il finit par voir simple. Ainsi, dit M. Lordat, un point vi-sue! qui n'était pas homologue h celui du cdté opposé a fini par devenir sympathique avec lui, et s'est mis en harmonie.

Ce savant professeur explique aussi par la paralysie de la moitié du point jaune la vision de la moitié des ol^ets seulement, dont Marcellus Donatus rapporte uu fait; tout comme par la paralysie de quelques points

hors de la tache de la vision» le cas, rapporté par Sauvage, de cet homme qui, en regar dant les montagnes gui bornent l'horizon, éprouvait, dans certaine position, que les montagnes du côté droit paraissaient présenter des anfractuosités qui n'y étaient réeile-f ment pas.

m* Question. Pourquoi ne toyons-nous pas ce qui^ dans notre œil^ est en avant de la r Aine? C'est, a-t-on répondu, parce que celle partie des yeux n'est point éclairée. Celle opinion est vraisemblable, puisqu'il est des individus 'qui ont affirmé avoir vu leur propreiris,aail$ontjugéètreplusçrandequclle n'est réellement. Barthez a attribué cette faculté qu'avaient ces individus à une légère opacité de la cornée qui réfléchissait en de*' dans les raj^ons déjà réfléchis. Ce qui donne quelque poids à cette explication, c'est uue la personne voyait son iris beaucoup plus grande, phénomène physique qui a lieu pour Tes miroirs concaves, du ^enre de la cornée à sa partie postérieure, etc.

Nous avons cru devoir insisier sur ces détails, parce que le public étant très-avide d'instruction et de curiosité, nous a?ons voulu aller au-devant de ses désirs, et puis aussi parce que, souvent désireux de savoir, il demande au médecin l'explication des pbé nomènes rares et singuliers dont on Tentretient quelquefois, et que je veux faciliter k ceux ae mes confrères qui me liront, et qui auraient été embarrassés par des questions de cette nature, les moyens de les resoudre. Par les mêmes motifs, nous allons tâcher d'expliquer certaines vicialions de la vision.

Et d'abord, commejQl se faitMl que tel vieillard qui avait été myope dans son enCanceet sa jeunesse, a fini par avoir une excellente vue; et, au contraire, pourquoi tel autre, qui avait la vue près avant d'être opéré de la cataracte, est devenu presbyte après Topération, et aussi, pourquoi un presbyte devient myope? Voici Texplication de ces phénomènes :

Quand les humeurs de Tœil, et en particulier l'humeur aqueuse de la chambre antérieure est très-abondaote, la cornée transiparente est si bombée en dehors, si convexe, que les rayons, lumineux sont trop réfractés en tombant sur elle : il faut donc que, [H)ur être vu distinctement, l'objet soit très-près de l'œil, ou, qu à l'aide des verres concaves, on force les rayons de lumière à se concentrer sur Tœil. Eh bien! par les progrès de l'Âge, les humeurs de l'œil dimiottant de

Quantité, Tœil s'aplatit et la vue s'améliore. X comme Taplalissement de Tœil après Topération de la cataracte est plus considérable encore par suite de Tévacuatioa des humeurs de l'œil, il en résulte que la presbjrtie devient manifeste : de même l'augmentation des humeurs de l'œil chez les vieillards qui rajeunissent, fait passer la presbytie à Tétat de myopie. Parmi les cas rares que j'ai recueillis d'am^/torafton de la vision dans un Age avancé, je citerai le suivant comme le plus curieux. Benjamin Rush assure avoir connu un homme âgé de quatre-vingts ans,

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