BAIN
BAUDANË
lantSy^ocnt leurs fonctions et y produisent une irritation qui se décèle par une démangeaison quelçiuefois fort désagréable. Les personnes qui u'onl besoin que de se rafraichir pendant les fortes chaleurs, ou de se délasser après des exercices violents de corps et d*esprit9 ou de modérer Taclivité de la circulation, Tardeur des sens, etc., se (mureront bien d*en faire usage.
Bain chaud. La propriété rclâcbante du Uio chaud, proprement dit, le rend utile daDS les mêmes cas où le bain tempéré est efficace, mais où Térétisme nerveux est encore |4us. prononcé, et où il y a une disposiiion à l'irritation telle^ que celui-ci ne la choierait probablement pas ; que dis-je ! il iauginenterait même quelquefois, les indi^ ^idos forts, robustes, etc., ayant besoin duoe détente générale, que le bain trèscLiud produit seul; c'est-à-dire qu'après aroir agi un instant comme excitant, il ne larde pas à occasionner une grande faiblesse, résultat nécessaire, soit de Tau^mentation extraordinaire de l'activité organique et des f'ertes considérables du corps par la per.spiratioOy soit aussi de la congestion cérébrale qu'il détermine à un bien plus haut degré encore aue le bain légèrement chaud. Aussi est-on dans l'usage, quand l'individu est dans l'un ou l'autre bain, de lui tenir constamment sur la tète des linges imbibés d*edu froide, des vessies à moitié remplies du même liquide, ou de faire ^ur le cr&ne des aspersions frigorific|ues dont il est fort avide. On évite par là bien des accidents.
Bain d*éluve sèche et humide. Il produit les niiubes elTets et les mêmes résultats que le bain très-chaud.
Baim n^dicamenteux. Il n'est pas de notre suiet de parler de chaque espèce en parti*culier, et des propriétés de chacun d'eux. Aussi nous bornerons-nous à indiquer leur mode de préparation, nous réservant de donner daus des articles spéciaux l'indication et l'emploi des uns et des autres.
Bain akâlin. On le prépare en mêlant ïiO grammes de carbonate de soude, ou 150 à *iûO grammes de potasse communo à leau dun bain ordinaire. Quand ou n'a pas de la potasse, on fait bouillir dans l'eau de la c«odre de sarment ou de bois neuf, et oa clarilie le liquide en le passant à ti avers uo linge gn)S$ier.
Bain chloruré. On Fobtienl en mêlant 3, ^, 6 unccs de cbloiure d'oxyde de sodiom à
IVau.
Bain émoUient. Faites bouillir quelques brasses de mauve et mêlez le liquide bouil-. Innt à l'eau du bain. On p%ut encore se servir dun demi-litre ou d'un litre de son, placé dans un sac de toile, qu'on agite daiis l'eau.
Bain iodé. Pr. deux livres d*iode, ou seulement deux gros et demi (10 grammes) u*iodure de potassium, et F. dissoudre dans deux cent cinquante litres d'eau. La baignoire doit être en bois.
Bain mercuriel. H se compose de quatre
'à trente grammes de deuto-chlorure do mercure, et de huit grammes d*eau mêlési dans une baignoire en bois.
Bain aalin. £n ajoutant de deux à trois ki-* logrammes de sel gris de cuisine à Teau, on a un bain de sel. On piévient l'irritation qu'il produit quelquefois, en y ajoutant une livre de gélatine (colle de Flandre).
Bain sulfureux. Pr. 125 grammesde sulfure de potasse, de soude ou de chaux, faites*tes dissoudre dans une pinte d'eau, et versez le liquide dans une baignoire en bois remplie d'eau ordinaire. Même précaution à prendre que pour le bain salin, s'il produit de Tirritation à h peau
BALAMTE. Fojf. Blcnnorrhagie.
BARDANE, s. f., arctium lappa^ vulg.iîroment, racine de paiionce. — C'est une planta de la famille des cynéracéphales (syngénésie, polygamie égale, L.), qui croit presque
f)artout abondamment en Europe, dans les ieux stériles et incultes. Le genre arctium se distingue particulièrement du genre carduus ou chardon par son involucre presque globulaire, formé d'écaillés acérées terminées par un crochet en forme d'hameçon à leur sommet.
Les praticiens ne sont pas complètement d'accord sur les propriétés de la racine do bardane, qui est la seule partie de ce végé-* tal qui soit employée en médecine. C*est pourquoi M. Guerseiit s'est toujours étonné que CuUen et Dubois de Rochefort, à qui on ne saurait conte^^ter la qualité de bons observateurs, regardent les propriétés de la racine de bardane comme nulles et comme fort douteuses, alors qu'il est constaté qu'elle augmente, en général, la sécrétion urinaire et. Je plus souvent, l'exhalation cutanée, et cela, surtout chez les individus qui ont habituellement la peau sèche et peu perspi^ rable. Pour nous, la chose n'est pas douteuse; et pourtant, nous croyons, avec certains médecins, qu'on a beaucoup exagéré ses propriétés, quand on lui a accordé une sorte de spéciticalité dans les maladies goutteuses : ce qu'a fait Hill, après en avoir retiré des avantages réels dans la goutte atonique. Toute exagération à part, comme sudoritique et diurétique, la bardane convient dans plusieurs maladies cutanées chroniques, et principalement dans les dartres f urfuraeées ou squammeuses avec aridité (Alibert) ; elle peut également être employée dans les maladies sy{>hilitiques.
Ce n'est pas tout : il résulte des c^servations de Shoenheyder, dePercy. d'Hufeland, etc., que les feuilles de bardane sont un médicament très-précieux pour la cure des ulcères atoniques; je ne m étonne donc pas qu'elles soient conseillées en forme de liniment pour cet usage. Ce liniraent s'obtient en mêlant un demi-verre de suc de bardano non clarifié, battu avec la même quantité d'huile d'olives , que l'un met ensuite dans un vase d'étain, contenant des balles de )>lomb qu'on agite pendant quelqqe temps. Appliqué sur les plaies et les vieux ulcères, du Percy, il en ramollit les bords, jattirt
BAll\TE
BAUME
une suppiiraliûii <lc boniio qualité» et en liÂte la guérison. La plupart de ces ulcères at(M)iques variqueux guérissent très-facileniO!it, en les recouvrant (l*un pluniasseau trein[ié dans col onguent, sur lequel on place des feuilles de bardane. Enfin, cette Dommadc a été souvent appliquée avec succès sur les tumeurs scrofulcuses ouvertes, et môme sur des cancers dont elle a ralenti la marche et calmé les douleurs.
C*est presque toujours en décoction dans IVau que la bardane s*administre en bois* son : on en fait bouillir soixante-dix grammes dans un kilogramme d*eau, ou seulement cinquante grammes quand la racine est fraîche. L*extrait que Ton prépare avec le suc dépuré des feuilles est moins fréquemment administré. On a renoncé à employer les graines, qui sont amères et purgatives, quoi(|ue Linné ait assuré qu'on s en servait autrefois en infusion dans le vin blanc, conime d*un puissant diurétique.
BARYTE, s. f., ou Barotb, baryta^ de ^àpoçy poids, qui exprime la pesauteur très-cousiilérable de cotte substance. Des différents sels que forme le baryum , on n'emploie guère en médecine que rhvdrochlorate ou inuriate de baryte ; il est blanc h l'état de pureté, solide, cristallisé en prismes de qua« tro pans très-larges et très-6(>ais ; sa saveur ost Acre, piquante, amère. Essayé d'abord contre certaines maladies rebelles (}es scrofules, la phthisie pulmonaire), ou les cancers commençants, par Crawfbrt et autres, les expériences furent reprises par Hufeland, Beringer, Althof, etc., qui, malgré le peu d'avantages qu'ils en retirèrent, en étendirent néanmoins l'emploi au traitement des maladies de la peau les plus tenaces, et même aux syphilis , contre lesquelles les effets furent assez satisfaisants. Par malheur, de nouveaux faits cliniques ne sont pas ve* nus confirmer toutes les assurances pomlieuses qu'on avait faites, et ce n'a plus été que comme anti - scrofuleux que le munate de baryte est resté dans le domaine de la matière médicale. Il est certain qu'il mérite d'4)ccuper cette place, car il résulte des expériences faites par Pinel, Chaussier, Hébrara, Fournier, que le muriate de baryte a été administre avec des avantages niifrqués. Leur témoignage a été affirmé ensuite, soit par la société de santé de Bordeaux, qui, vers la fin du siècle dernier, ayant invité |)lusieurs de ses membres à Itiire des essais avec le baryte, publia un tcavail qui était favorable à cette substance ; soit par Poutingon cité par Baumes, qui en avait obtenu, lui aussi, des succès remarquables; soit par le docteur Mollet, qui, après l'avoir employé seul, ne put attribuer qu*au muriale seul les guérisons obtenues, etc. Mais , les faits admis , si Ton se de mande : le muriate de baryte est-il plus puissant que les autres anti-scrofuleux? u'estil |)as dangereux de l'employer? Nous sommes forcé de reconnaître, uune part, qu'il a produit queh]uefoi$ des accidents, et, par exemple» des suporimrgalions , des coliq^ios
violentes, des frissons, des tremblements, des sueurs froides, des douleurs de|K)itriue; et, d'autre part, que ses effets sont moins sûrs que ceux de l'iode, de l'or, etc. Donc, il vaut mieux y renoncer. Disons, toutefois, f)Our rendre 1 histoire de ce sel moins incomplète, que Baudelocque a cru remarquor qu'incorporé à l'axonge, dans les proportions d*un gros do muriate par once d'aionge, il favorise la résolution des engorgements glanduleux, sans déterminer ni rougeur, ni chaleur, ni douleur. Si l'expérienco eût confirmé ces résultats, nul doutt* qu'il faudrait préférer cette pommade à h pommade iodurée, dont l'action sur la peau est en général irritante. •Hais je ne sache pas que do nouveaux faits aient parlé en sa faveur; les praticiens se taisent aussi sur les avantages annoncés de la solution aqueuse d*hydrochlorate de baryte contre les ulcères atouiques et certains exanthèmes cutanés.
Néanmoins , dans le cas où Ton voudrait tenter de ce remède contre une de ces affections que nul traitement n'améliore , nous donnons la formule que prescrivait Râudelocque, dans les expf^riences qu'il a faites.
Ce médecin, pour éviter les inconvénients d'une dissolution trop concentrée ou trop étendue , deux choses .qu'il faut nécessairement éviter, et désirant en outre se prémunir contre la décomposition facile de ce sel quand on l'associe à d'autres substances, le fit dissoudre dans l'eau distillée , dans les proportions d'un grain par once ; une cuillerée représente donc un demi-grain do chlorure de baryum. Cette dose peut être aiiininistrée une et deux fois par jour et davantage, mais sans jamais dépasser deux ou trois grains dans les vingt-quatie heures. Inutile de faire observer que cette dose varie selon les Ases.
BAS-VENTRE. (Foy. Abdove?!.}
BAUME, s. m., Bahamum^ 6éûifimfi/9ç. —C'est le nom généralement adopt'é dans ces derniers temps pour désigner les résines liquides ou solides, ou, si l'on veut, tous les sucs résineux balsamiques qui contiennent ée l'acide benzoïque , et qui , par leur odeur agréable , approchent du baume de Judée , seul suc résineux appelé baume par les anciens. Disons de suite que le baume de iu* dée ou de la Mecque se retire de Vamyris opobaUamumj L., et est rangé aujourd bui dans les térébenihines»
Les baumes au'ou trouve dans les pharmacies sont à l'état naturel ou à l'état ollicinal : indiquons quels sont, parmi les ans et les autres , ceux qui méritent de prendre rang dans la matière médicale.
1* Bâches natlrbls. A. Bague DuPéROû« RaUamum Penirionym, suc résineux qui F!> vient du mjfroxyium peruiferum |décauurii) monogynie, L., de la famille des iégumineuses, J.), arbre qui, comme son nom rindiouB, croit au Pérou; on le trouve aussi au BrésiL
Le baume du Pérou se trouve dans le commerce sous trois étals ditfi^renls; safor: !• le blanc, qtii découle des incisions q'i ^"
BAUME
DAUAiE
a faites h la pTantc elle-même ; il est liquide f]u mou, <run jaune pflle, d'une odeur trèssuave et d'une saveur faible. On le pétrit fa- €0ement;2* \e brun on rottx,qu'on croil être <»itrail de la même manière que le précédent, maïs quj en diffère par quclc[ues carsrlères phjrsigues, qui sont dus, dit-on, à ce que celui-ci a été exposé plus longtemps au c/»Dtact de Tair et de la lumière : de là sa (Duleur plus foncée, d*un rouge brunâtre , Iransluciae ; sa solidité, sa sareur presque nulle; néanmoins son odeur est encore suave. Us baumes brun et blanc sont les deux seules variétés de cette espèce qu*on estime k plus. Ils sont connus clans le commerce sous les noms de baume du Pérou en coque , parce qu'ils sont expédiés en petites masses enveloppées de feuilles sèches. Reste, entin, le baume du Pérou notr, de consistance Mnspeuse, d'un brun rougeâtre foncé , d'une odeurforte» mais très-agréable , et d'une sareur amère et acre. Mêlé à de l'alcool il s'y dissout, et après être resté quelque temps a Fétat de dissolution , il dépose sur les parois du vase dans lequel on a opéré le mélange, de petits cristaux qui sont 1 acide benzoïque. Celle dernière variété de baume du Pérou ^'obtient par la décoction des branches du n^oxyîum. La dose du baume du Pérou est de trente ou quarante gouttes.
Ce baume a été de tout temps spécialement employé comme excitant de la muqueuse bronchique , dans les maladies chroniques du poumon, alors que l'expectoration a be- M)in d'être maintenue. Il entre dans beau- '"oup de préparations officinales. On s'en servait aussi pour panser les plaies et les faire cicatriser plus vite ; mais on a reconnu qu'il était complètement inefficace, et même qu'il entretenait l'irritation ; on y a donc re- «loncé. Alibert le considère comme propre à augmenter l'exhalation cutanée.
B. Baume de Tolu,s. m.fBahamum Tolu^ tyittm. C'est un suc résineux qui découle de l'écorce incisée du tolurifera oahamum , L. idécandrie digynie, L., famille des térebintha- •^^,1.), arbre qui croit en Amérique , dans '«provmce de Tolu , aux environs de Cart'iagène. Pour le cueillir on incise l'écorce et "0 approche de l'arbre une cuiller faite avec une cire noire du pays, destinée à recevoir le suc qu'on transporte ensuite dans un au- ^e vase : la portion du suc qui tombe à terre û'esl point recueillie.
,Le baume de Tolu, d'un liquide épais et rt^ueux d'abord, ne tarde pas à se aurcir , et € est ce qui, dans le commerce, le distingue des autres baumes. On le reconnaît d'ailleurs ^ sa couleur d'un rouge-doré, h sa transpafeoçe et l sa fragilité, alors surtout qu'il est ^çien; en sorte qu'il est facile de le ré- '•uire en poudre, même avec les doigts. Son ^euf est fort agréable, et se rapproche beau- <>>up de celle du citron , sa saveur balsami- 'l'«e est légèrement amère ; il se ramollit par ^ mastication et adhère aux dents.
Le baume de Tolu ayant été reconnu û»oins excitéint que les baumes du Pérou et ue cApahu, les pra iciens lui donnent la pré-
férence contre les toux chroniques , atoniques. J'ai bien des fois administré les pastilles de Tolu dans ces sortes de cas, et toujours avec succès. Ses propriétés légèrement diaphorétiques le rendent doublement utile dans les maladies catarrhales des poumons, dans l'asthme humide, etc.
C'est principalement sous forme de sirop dit balsamique et en pastilles que le baume do Tolu est prescrit pour l'usage médical. Les malades doivent prendre le premier par cuillerées seul, ou uni à une boisson pectorale , et croquer les pastilles une à une, de manière à en prendre six ou huit dans la journée, et davantage. On pôut employer aussi la teinture alcoolique de baume de Tolu en dissolution dans de l'eau sucrée, à la dose de six h vingt gouttes pour un verre de liquide : l'eau devient laiteuse sans qu'il v ait décomposition.
C. Baume de gopahu, s. m. , Copaivœ baliamum. Le suc résineux dont on use en médecine , sous le nom de baume de copahu , s'écoule des incisions de six ou sept pouces que l'on pratique, vers la base du tronc , à 1 écorce (f un arbre nommé Copaifera officinalis (décandrie digjnie, L., famille des légumineuses, et mieux peut-être des térébinthacées, J.j, qui croit naturellement dans l'Amérique méridionale y à Tolu , Carth."!gène, etc. Pour l'obtenir , on a le soin de n'inciser que l'écorce et le liber sans parvenir jusqu'au bois, et, les incisions faites, on J)lace sous l'arbre un vase destiné à recevoir e liquide qui s'en écoule.
Le baume de copahu, tel qu^on le vend, est d'un blanc flavescent, d'une consistance huileuse : quoique pouvant s'épaissir considérablement , il ne se solidihe jamais ; son goût est Acre, amer et aromatique ; son odeur est pénétrante; en vieillissant il prend une teinte jaune ambrée foncée. Labat indique le caractère suivant pour reconnaître le copahu vrai et non falsiné : le copahu est bon si, lorsqu'on en laisse tomber une goutte dans un verre d'eau elle va au fond, ou du moins reste entre deux eaux en conservant sa forme ; si elle s'étend et surnage, il est frelaté.
Le baume de copahu , pris à l'intérieur , donne lieu à des vomissements et à la diarrhée. Son action résolutive est trop connue aujourd'hui contrôles écoulements urétraux chezrhomme. urétro-vaginal, ou simplement vaginal (Voy, Blen norrhagie) chez la femme; chez l'un et l'autre dans les catarrhes chroniques de la vessie, pour qu'il soit nécessaire d'insister sur ce sujet. Cependant nous ferons remarquer , et cette observation, qui n'avait
8 as échappé à Delpech , a été constatée par [. Bicortl et autres , que la diflérence des effets du baume de copahu administré à l'homme el à la femme dans les blennorrha-
Sies est immense dans certains cas , c'est-hire que cette substance est aussi peu efiicaee chez cette dernière qu'elle l'est merveilleusement chez le premier, et surtout dans la période aiguë de la maladie, ce qui n'a point heu dans la blennorrhée chronique, qui se confond avec la leucorrhée , état dans lequel le
DAIME
BAUME
SU
copaliu semble retrouver toute sa puissance iHirative, quoique toujours cepenaaot à un degré moindre qne chez Tbomme. Ceci mé* rite une explication. On sait aue la blennorrhagio de la femme n'est pas limitée à l'urètre, et qu'elle envahit souTent» en même temps que ce canal, des portions plus ou moins étendues de la muqueuse vulvairevaginale, et même utérine; on sait aussi que quelquefois elle se borna h une de ces régions, Quoique pouvant les envahir toutes simultanément. Or, particularité vraiment étonnante I ici reparaît l'analogie , l'identité même d'action du baume de copahu dans les blennorrhagies des deux sexes, analogie qui avait tout à l'heure semblé romnue, c est-àdire que, si la blennorrhagie ne la femme n'occupe que l'urètre, notre agent spéciQciue réussit, tandis qu'il est le plus souvent impuissant quand l'écoulement prend sa source sur quelque partie de la muqueuse vulvo-utéline ou sur sa totalité. Cette différence est même si marquée, que lorsque la biennorrha*
5 te occupe à la fois et Turèlro et le vagin, ou 'autres parties de la muqueuse génitale, et qu'on a administré le copahu , on voit ces parties, moins l'urètre, rester affectées , l'écoulement urétral seul cessant d'exister.
D'où vient oelaT On ne saurait expliquer cette action exceptionnelle et circonscrite , disent MM. Trousseau et Pidoux , que par le passage, dans le canal, des urines chariant avec elles une certaine quantité de copahu , ce que l'influence curative de ce remède , plus spéciale encore sur le catarrhe vésical que sur les autres catarrhes, semble d'ailleurs confirmer. Et pourtant nous devons dire que M. Bretonneau a merveilleusement utilisé le baume de copahu dans le catarrhe pulmonaire chronique, ce que déjà Halle avait obtenu et ce que M. le docteur Laroche a en* suite obtenu également après eux. Or, comment agit-il dans ce catarrhe?
La saveur ftcre et repoussante du baume de copahu a déterminé les praticiens à l'associer è d'autres substances plus ou moins propres à en masquer le goût et a en augmenter les pro-
I^riétés. Sous le rapport du goût, les capsu-^ es gélatineuses de Mothes, qui contiennent 18 grains de baume (un quart de gros), ont un très-grand avantage , celui d^ètre avalées sans répugnance, et de porter le copahu à l'état pur sur la surface de l'appareil digestif. Néanmoins il est des personnes qui se décident à prendre la potion deDelpechoucelle deLalIe* innud (Fot/. Blbnnoarhagib), ou bien encore celle de Cnopart. Cette dernière potion a eu tant de vogue que nous croyons devoir en donner la lormule :
Pr. : Eau distillée de menthe,alcooI , baume de copahu, sirop de capillaire^de chaque 2 onces ; Eau de fleurs d*oranger, esprit de nitre dulciGé , de chaque 1 gros : Mêlez. Dose : 2 cuillerées à soupe le matin , une à midi, une autre le soir. En continuer l'usage pendant dou^ei'Qura.
Suelaues pharmaciens trouvant cette fore défectueuse, on a nroposé d'émulsionner le baume de copanu avec un jaune
d'œuf, ou bien et surtout avec la gouime arabique qui donne une émulsion blanche et qui, ne se séparant pas lorsque l'a potion est bien préparée, fait que le copahu retenu en suspension ne vient pas surnager à la surface. En outre, on y a qouté quelquefois un {»eu de laque carminée pour daoner à lajpoion une couleur rose et uq aspect u>rt agréable. Mais tout cela ne sert qu à flatter la vue sans masquer le goût; et 4'ailleurs, en agitant le flacon chaque fois gu'on prend une cuillerée de la potion balsamique deChopart, o:i remédie à rin(*/>nvénient si^alé.
Le baume de copahu s*admiai$tre par la bouche en commençant nar la dose d*uQ demi-gros à un gros au plus, qu'on élève graduellement jusqu'à celle dune demionce en vingt-quatre heures. La maladie guérie, il est bon d'insister sur l'emploi du remède durant quelques jours encore pendant lesquels on en diminue progressivenient la dose. A défaut des capsules on peut en former des pilules qui se préparent en solidifiant vingt*cinq gouttes de Daume de copahu avec de la magnésie en poudre ; cha- 2ue pilule doit contenir cette dose de baume, ette substance s'administre également eu lavements. Sous cette forme M. Velpeau a guéri, en y ayant recours, des blennorrhagies chez la femme, où, dit-il, elles sont très-rebelles; et M. Bretonneau, des catarrhes pulmonaires chroniques, dont il a annoncé la guérison. On sait que pour admiuistrer ainsi le baume de copahu, il doit être suspendu dans Teau du lavement au moyen d un jaune d'œuf dans lequel il a été préalablement dissous.
3" Bauubs officinaux a. Baume acoustique ; balsamum acowticum. C'est un mélacgo composé de: Pr huile d'amandes douces... un gros;&el de bœuf... deux gros; baume de Fioraventi... demi-gros. M. S. A.
On introduit une mèche de coton iuiprifgnée de ce mélange dans le conduit auditif externe, dans les cas de surdité accidentelle et atonique.
B. Baume acétique camphré du docteur Pelletier. Pr. Savon animal... un gros; camphre... un gros ; essence de thym... dix gouttes ; éther acétique... une once. Mélangez d'abord le campnre et l'essence au savon animal ; faites dissoudre le tout daus l'éther à la chaleur du bain-mariet et filtrez. Ce baume s'emploie en frictions dans les douleurs rhumatismalesi sciatiques arthritiques, etc.
C. Baume apoplectique , préparation emplastique qui consiste dans un mélange des baumes du Pérou ou autres, de substaoçcs résineuses et d*huiles essentielles. On les porte sur soi dans une petite botte de buis ou dlvoire pour en respirer de temps en temps l'odeur, qui est fort agréable. Si ce baume, qui est légèrement antispasmodiqti^N ne fait pas grand bien, il ne peut faire au* cun mal.
D. Baume TRAKQuaLB. Pr.: feuilles vorles de jusquiame, de langue de chien (cjnoglosse oUicinale), de nicotiane (tabac}... ue
BEC-DE-LIKYUE
BELLADONE
cfiaque, ane livre. Faites-les l)auill)r dans trois pintes de vin jusqu'à ce qu'il n'en reste ])tas que deux livres environ ; passez à tra- ▼ers uuu linge et exprimez fortement ; loignez à ce suc autant de bonne huile d'olive. Faites bouillir le tout sur un feu doux jusqu'à réduction de moitié ; modérez le feu ]ioar que l*buile ne brûle ni ne noircisse pas. Versez ensuite doucement cette huile dans une terrine, laissez refroidir et décan- \n rhutie claire, qui doit être conservée dans des bouteilles.
iV. B. Dans les ménages oCi il n'est pas besoin d^avoir du baume tranquille en aussi grande quantité , on opère sur le quart (Jps doses indiquées. Pour s'en servir, on graisse avec une plume fine les glandes ^ la goi^) de deux en deux heures, dans l^ esquinancies ; on l'emploie aussi en fndioos dans les douleurs rhumatismales d Mrveuses.
.Ibas n*en finirions pas, si nous voulions drjnner la formule de tous les baumes que Too eouserve dans nos officines ; nous termi* nerons donc cet article en indiquant ui baume recommandé contre les engelures.
Pr. baume de Fioraventi... quatre onces; Acide muriatique... trente-deux gouttes. M. On en frictionne les parties malades le ma^ iîD et le soir.
BEC-DE- LIÈVRE, s. m., labium lepûru niim. — On a donné ce nom à la division rongéoiale des lèvres bornée en générai à l'une des deux. C'est une véritable difformité par laquelle les mouvements des lèvres sont gênés, la parole altérée, et qui rend la figure disgracieuse.
Le bec-de-lièvre est iimple lorsqu'il n'7 a qu'une division, double quand il y en a deui, compliqué lorsqu'il y a écartement des maxillaires supérieurs, palatins, etc.
Le procédé ordinaire pour guérir le bec de lièvre est fort simple. Le malade étant assis en iaœ du jour, la tète appuyée contre la poitriue d'un aide, le chirurgien rafratcliit les bords de la division avec des ciseaux ou avec mi bistouri bien tranchant, en étendant la division des parties jusqu'à cinq ou six millimètres plus haut que l'angle supérieur de la fente. Cette opération étant faite à droite et à gauche de manière à avoir un V bien net et bien saignant, on réunit les lèvres de la plaie récente au moyen de la su* lure eotortiUée*et du bandage unissant.
Après l'opération le malade doit garder le silence, le repos absolu et la diète ; se conformer, en un mol, aux prescriptions de riioaime de l'art qui l'aura opéré. S'il survient du mal de tète ou même avant qu'il arrive, on peut le prévenir à l'aide d'un bain de pied à la moutarde.
BÉCHIQUE, a4}., pris subs., becAtcum, de rk OU toux. — Les anciens se servaient de cette expression, pour désigner les médicaiQents propres à calmer la toux. On les a divisés, selon qu'ils agissent en calmant Tirrilatiuu et en relâchant les tissus, en adou^ ciiianls, peetorauXy tels ({ue la racine de réglisse, le tussilage, la guimauve, le bouillon
blanc, les figues, ^es dattes, les jujubes, tes raisins secs, les gommes arabirjne et adragant, etc.; et, suivant qu'ils facilitent l'expectoration, en expectorants. Ceux-ci agissent en déterminant une stimulation locale n^ cessai re dans certains cas ; les meilleurs sont le lichen, la capillaire, les baumes de Tolu, du Pérou, le kermès, Tipécacuanha, etc. etc.
BELLADONE, s. t, atropa hella dona. -^ Espèce de plante du genre atropa [de la pentandrie monogvnie, L., de la famille des solanées, J.); quon trouve très-abondamment et presque partout en Europe, où elle vient spontanément dans les bois, dans les jardins, le long des chemins, au bas des vieilles murailles, etc.
On ne peut guère s'occuper de l'histoire médicale de la belladone commune (belle-dame) sans la considérer comme un poison contre lequel il faut agir ; des imprudents, ignorants pour la plupart, se laissant tenter quelquefois par ses fruits, qui ressemblent beaucoup aux cerises guignes ; et comme un moyen thérapeutique actif, puissant, mais dangereux. Poison, nous avons à la faire connaître par ses caractères physiques, et par les accidents auxquels elle donne lieu si on en mange les baies, ou si on en prend une trop grande quantité ; remède, nous aurons à dire dans quelles maladies elle convient et quel est son mode d'administration.
Les caractères auxquels on peut la reconnaître sont : un port tristecorame tous les végétaux vénéneux; elle exhale par toutes ses parties une odeur nauséeuse très-désagréable ; sonfruit, qui est la partie la plus dangereuse de la plante, est formé par une baie un peu arronaie, un peu déprimée, environnée par un calice persistant; elle offre deux loges et une assez grande quantité de semences réniformes , chagrinées dans chaque loge. D'un vert foncé d'abord, elles acquièrent ensuite une couleur très-noire ; leur goût est visqueux et un peu astringent.
Parmi les empoisonnements les plus remarquables, occasionnés parles baies de belladone, que nous connaissons, je citerai celui de quatorze enfants de la Pitié, à Paris , qui en 1775 s'empoisonnèrent dans le Jardin des Plantes, avec les baies d'un fort pied de belladone ; celui de ces trois enfants dont parle Alibert, qui, en se promenant dans la cour de l'hospice de la Salpétrière, avaient mangé du fruit de l'atropa belladona ; celui rapporté par M. Gauthier de Claulbry de ces cent cinquante soldats français quifurent victimes de leur méprise et s'empoisonnèrent avec les baies de la belladone. Toutefois^ nous devons le dire, il paraîtrait que pour que l'empoisonnement ait Heu, il faut avoir mangé une assez grande quantité de ces fruits. Quoi qu'il en suit, bâtons-nous d'indiquer les principaux symptômes à l'aide desquels on peut les reconnaître.
Ils diffèrent non-seulement suivant les individus, mais encore selon les circonstances ; et, par exemple, suivant que la belia-
BELLADONE
BELLADONE
ijone est avaltSe ei fruit, en poudre, par la bouche, ou en lavement; reste que dix ^;raius de cette substance, ingérés par Tanus, suflisent généralement pour produire lies effets toxiques.
Ils consistent en général en des nausées Mjivies ou non de vomissements ; de la sécheresse à la gorge et au gosier avec un sentiment de constriction dans ces parties; de rembarras è la têle, de la céphalalgie, des vertiges, des ébiouissemenls, la dilata* tion extrême des pupilles et leur immobilité avec amh'yopie ou cécité complète ; la tuméfaction avec rougeur de la face, injection des conjonctives, saillie de l'œil, regard fixe, hébété ou hasard, quelquefois ardent ou furieux ; le délire léger d'abord, puis plus intense, ordinairement gai et marqué par des chants, des cris, par des extravagances, des gesticulations nombreuses et ridicules, des ris immodérés ou une loquacité intarissa^ ble ; dans quelques cas, on a observé l'aphonie ou une articulation pénible de sons confus ; dans d'autres, des hallucinations visuelles ; chez celui-*ci, une sorte d'hébétude ; chez celui-Iè, un délire porté jusqu'à la fureur. £n conséquence, le délire gai, extravagant, quoique signe palhognomonique de Tempoisonnement par la belladone , peut manquer quelquefois. Kn outre de ces symptômes, il survient parfois des convulsions générales ou partielles, et plus souvent encore la faiblesse, des lipothymies, un abattement extrême, soit que cet élat alterne avec l'agitation ou des spasmes, soit qu'il n'y ait que délire , de la dysphagie, etc., etc. Et pourtant, malgré la gravité des symptômes, l'empoisonnement par la belladone est rarement mortel. Si i'oj? en croit M. Gigault, qui a vu beaucoup d'individus empoisonnés |)ar le fruit de ce végétal, que les paysans de l'Isère appellent guignes des cùtes^ les accidents, après avoir duré un, deux ou trois jours, disparaissent, remplacés ou non par un état fébrile éphé^ mère, durant et après lequel les malades li'ont aucun souvenir de ce qui s'est passé. Remarquons toutefois que plusieurs phéno* m.ènes nerveux, la dilatation des pupilles, les tremblements^ etc., persistent plus longtemps et se dissipent les derniers; que ce n'est quelquefois qu'après plusieurs soinaines qu'ils disparaissent complètement.
Sitôt qu'on soupçonne un empoisonnement par les baies de la belladone, la première indication à remplir, c'est do raire yomir, en titillant la gorge avec une plume trempée dans l'huile, ou avec le doigt, ou en donnantl'émétique, et d'administrerdes lavements purgatif^. Si l'estomac se montre réfractaire à l'action du tartre émétique, on (*mploie les acidulés, la décoction de café, les dérivatifs appliqués aux extrémités inférieures, qui agissent contre les symptômes de stupeur; les bains frais ou tièdes, qui calment l'agitation et le délire ; les saignées générales ou locales, s'il y a des symptômes de congestion sanguine menaçante de l'encéphale ; et comme tous les accidents s'apaisent en partie sitôt qu'on obtient des sel-
les, ce doit étreun motif d'msisior sur l«s lavements laxatifs, acidulés ou salins.
Effets thérapeutiques de la belladone. L'histoire médicale de cette plante est fort obscure; aussi ne remonterons-nous pas, dans l'appréciation de ses effets curatifs, au delà des quarante dernières années du dix-septième siècle, époque à laquelle Miiiich raconta qu'une femme de l' éiectorat de Hanovre employait la belladone contre le can< cer et les tumeurs en général, et que pluî de cent ans auparavant on se servait, dans le même pays et contre la même maladie, d'un onguent dans la composition duquel entrait la belladone. Depuis lors, restée quelque temps comme remède secret entre les mains de Brummen, Despeath, etc., elle fut mieux connue enQn, lorsque Michel Alberti eut [>uhlié sa dissertation sur la belladone considérée comme spécifique du cancer occulte (1739). Mais était-ce bien le cancer? Jl paraîtrait que non, puisque, grâce aux progrès 3ue l'anatomie pathologique a fait faire au iagnostic des tumeurs cancéreuses et d<i cancer latent, on ne se sert plus de la belladone que comme topique, et sous ce rapport personne ne contestera que c'est un des calmants les plus puissants contrti les douleurs névralgiques. A ce tilre et entre nos mains la belladone en frictions sur la joue et la tempe, au moyen de son eilrait ramolli avec de la salive, a suffi pour caliuer presque instantanément la névralgie facialo; il a sufri aussi de l'employer en pommade et frictions sur le bas-ventre, pour apaiser les coliques nerveuses les plus violentes; mais le cas où sous cette forme elle a produit des effets vraiment remarquables, cVsI dans un rhumatisme aigu des muscles de l'épaule dont la rétraction était si forte que le bras était raccourci de plus de quatre centimètres. La malade s'en aperçut en essayant une robe et fut si étonnée qu'on lui eût fait la manche gauche beaucoup plus longue que la droite, qu'elle adressa à son ouvrière le reproche d être très-peu attentive. La robe fut quittée, les manches trouvées pareilles, donc il y avait raccourcissement du bras ; celui-ci est mesuré, il s'en manquait, je le répète, de plus de quatre ceti* timètres qu'il fût aussi long que le droit. £h bien, avec une pommade composée d'un gros d'extrait de belladone pour une once d'axonge, non-seulement j'assoupis bienlùl la douleur et relftchai les fibres musculnirt's rétractées, mais peu à peu le bras a repris sa longueur naturelle, et la douleur rhumatismale a cédé complètement ; il n'y a pas eu de rechute. Entln il n'est pas jusqu'à des céphalées très-vives que je n'aie soulagi^f^ avec la potion de belladone cyanurée do Hufeland.
J'ai dit que j'avais gnérides névralgies fo^ ciales, eu faisant des frictions sur la Jo>^^ et la tempe avec Teitrait de belladone. Comme il y a beaucoup de vague dans cette
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