‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 42 sur 209 · BENJ3IN · texte numérisé non relu

BENJ3IN

douze, vingt grains et plus qu'on éfend avec d' la salive, et quon dôtaye de nouveau dès (|u*il se sèche par la chaleur de la peau. La frclion doitêtre faite pendant dix minutes ou nii quart d'heure sur le siège delà douleur, et quanil la friction est terminée, on recouvre la partie avec une compresse humide sans enlever Teitrait. Si la aoulour ne so calme pas immédiatement, on recommence cette oj)ération toutes Ins heures jusqu'à ce qu'on omienne du soulagement. Dans les névralgies pi^rîodiqucs on fait deux frictions par jour dans I intervalle des accès, et davantage le jour où il doit se manifester; si la n^l^vralgie occupe le cuir chevelu, ce qui est assez commun, et que le malade ne veuille pas consentir à sacrifier sa chevelure, ce qoi est aussi très-commun, alors il faudrait, comme on l'a conseillé, préparer une déeoclion d'une once de feuilles et de tiges de beiladone, dans deux livres d'eau, imbiber H cheveux de cette décoction et recouvrir le point doulcureux d'une compresse trèséjiaisse imbibée de la même matière , puis on engage le malade h envelopper sa lô.e dan bonnet de toile cirée.

Ea outre, on peut, h l'exemple deM.Trous- 6ca!i et de bien d'autres, quand la douleur nerveuse est profonde comme dans la sciatique, employer la belladone par la méthode oodermique.' Voici comment il opérait: la peau pincée et formant un pli comme pour établir un cautère, il incisait la peau jusqu'au tissu cellulaire graisseux, et introduisait dans la plaie, en guise de pois, des boulettes de grosseur variable qui contenaient deux, quatre et iusqu'à quinze et vingt grains de poudre de bcllndone, ou moitié de son extrait ; les boulettes étaient maintenues au uioyon d'un bandage ap|)roprié. Celle médication, dit-rl, la plus constamment utile que nous aj'ons employée, réunissait les avantages du cautère et ceux des applications stupéfiantes.

il est une chose dont chacun doit être prévenu, c'est que l'application de l'extrait de belladone sur le derme dénudé cause de trèsvives douleurs. Pour y obvier on enduit d'extrait un morceau de toile fine qu'on applique sur la peau par l'autre côté, et on recouvre le tout d'un morceau de sparadrap a^glulinatif. La dissolution de l'extrait, se faisant alors peu à peu, n'est point douloureuse.

Ce que nous avons dit des névralgies s'applique également aux tissures à Taiius, aux névralgies des parties sexuelles, aux crevasses bémorroïdaires (dans ce cas la pommade dont nous avons donné la formule fait beaucoup de bien), à la coqueluche et jusqu'à la scarlatine, contre laquelle Hufeland conseille de l'employer à titre de préservatif. (yoy> ScARLATiNB.) Nous ue sachons ]^s qu'en France on ait usé d'un parci* moyen, mais ce que nous savons bien, c'est que la belladone est un excellent remède contre la coqueluche; notre propre expérioiice nous l'a prouvé.

Pour ne pas prolonger indifiniment cet

article, ce qu'il faudrait faire si ûous voulions énumérer tous les cas dans lesquels^ la belladone peut être employée, nous la résumerons en quelques mots : ce médicament convient toutes les fois qu'il faut agir sur la sensibilité et la contractilité exaltées; il n'est contre-indiqué aue si ces phénomènes tiennent à un état inflammatoire; administré alors, il produirait d'>s symptômes de surexcitation ou de réaction générale.

Los chirurgiens ont fait une heureuse application des propriétés relâchantes de la beiladone è la pathologie chirurgicale ; ainsi l'un s'en est servi dans la cataracte, nonseulement avant l'opération pour dilater la pnpiile, mais encore quand l'opération est faite afin d'agrandir le champ de la vision et prévenir l'inflammation de l'iris ; l'autre s'en sert contre les coarctations du canal de l'urètre ; celui-là dans le cas d'hernie étranglée, etc., etc.

Mode d'administration : en poudre la belladone s'administre dans une potion mucila;^ir!euse ou du lait h la dose d'un grain malin et soir, le premier jour, et on 1 augmente chaque jour graduellement jusqu à quinze ou vingt grains, pas au delà. Les fouilles et les tiges en infusion ou en décoction sont prescrites à la dose de six à vingt-quatre grains; l'extrait, à celle de trois à douze grains; et la teinture alcoolique, à la dose de six, douze, vingt-quatre, et jusqu'à trente-six gouttes. Si on veut se servir des feuilles en cataplasme, on en fait bouillir une ou deux onces dans un peu d'eau.

BENJOIN, s. m., benzoinum, — Substance balsamique végétale, ftagile, d'un rouge brun, que l'on trouve dans le commerce en masses assez grosses.

On distingue, sous le nom de benjoin amygdaloïde, les morceaux qui contiennent dans leur intérieur des larmes blanchâtres que l'on a comparées à des amandes liées par un suc brun. 11 nous vient de Sumatra, dé Siam, etc., où on l'obtient, par incision, des écorces du styrax benjoin de la décandrie monogynie de L., de la famille naturelle des ébénacées.

Donné à l'intérieur, le benjoin, comme tous les basalmiques, exerce évidemment une excitation très-manifeste sur le tube digestif, dont il favorise les fonctions; sur le système circulatoire, dont il augmente l'activité ; sur les sécrétions et la perspiration cutanée, qu'il rend plus abondantes. 11 convient donc toutes les fois qu'il faut exciter modérément. C'est pourquoi on la prescrit dans les catarrhes pulmonaires et vesicaux, chroniques et atoniqucs ; dans les fièvres éruptives dont l'éruplion est retardée et difficile, à cause d'un défaut de réaction vitale ; dans l'asthme humide, alors qu il faut faciliter l'expectoration et diminuer l'exhalation bronchique ; dans les leucorrhées, la paralysie du mouvement et du sentiment, etc., rien ne s'opposant à son administration dans les cas sus-énoncés. Les seules circonstances où Ion doive s'en abstenir, c'est quand il

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