BILIEUX
foi
qu elle dit un mouvement de colère ou de ¥io.ents cbngrins ; en un mol, au moindre écart .de régime, à la moindre infraction «uï lois de l'hygiène, elle sentira se développer en elle une maladie gui a le cachet des affections bilieuses décrites parles auleurs. Voici quels en seront les caractères : jQTasion, vers le milieu du jour, i)ar un froid assez fort qui se compose d un frisson irrégulier et vague dont le point de départ et même le siège principal se fixent entre les épaules ; dégoût, malaise, étourdisscments, |)csanteurs ue tête précédant la céphalalgie; di'S nausées, des vomiturilions et quelquefois ÛQS vomissements répétés de matières vertes et noirâtres. En outre» sentiment de pesanteur et d'embarras à l'épigastre, avec douleur stomacale légère et continue, constante , augmentant par la pression tout comme celle qui dépend de rinflammation de cet organe : circonstances qu'il ne faut
5 oublier; paupières, ailes du nez, et par^ bis la conjonctive présentant un jaune plus ou moins foncé ou verdAtre; bouche pâteuse, langue blanchâtre (notons bien cet aspect), jaunâtre ou verdâtre, haleine fétide, nip|K)rts aigres et nidoreux ; pouls, respiralion et chaleur du cor()S à peu près à l'état normal ; soif nulle, urines rares, peu abondantes, tantôt aqueuses, pâles et très-claires, tantôt manifestement troubles et obscures, tantôt jaunes et safrannées , et assez vivement colorées pour présenter une teinte bilieuse assez forte, etc. Tel est l'état bilieux ; mais, avons-nous dit, un amas saburral de matières bilieuses séiourne tantôt dans Testomac et tantôt dans les intestins: peut-on distinguer ces deux cas? Oui, et voici comment :
Embarras gastrique bilieux. Presque toujours dans l'embarras gastrique simple, Tapj)étit est modérément accru (ne l'oublions pas) et se fait f lus fréc[uemment sentir; les aliments sont donc pris avec plaisir, mais petit à petit il se manifeste un sentiment d*inappétencei avec mauvais goût de la boucoe, ardeurs, gonflements et pesanteurs au creux do l'estomac après chaque repas ; rareté des selles, et quelauefois des sueurs partielles au front et sur la poitrine exhalant une odeur forte et presque fétide. C'est à cette fétidité, odeur particulière qui s'écbappe non-seulement de la perspiration, mais encore de la bouche, de la respiration, delà salive même des malades, que Double reconnaissait et que nous avuns reconnu îious-méme, ainsi que d'autres praticiens, l'embarras gastrique, contre lequel les évacuants émoliques réussissent si bien. Ainsi donc la gastricité bilieuse se reconnaît généralement aux symptômes précédemment éoumérés, et, dans quelques cas, au tremblement continuel des mains avec propension de les porter au front comme pour en ôter quelque chose : à une rougeur vague de la face précédant le mouvement des mains ou qui se déclare instantanément; au tremblement de la lèvre inférieure et de la mâchoire avec la sensation d'un frisson géné-
ral qui se manifeste en môme temps qu^ Ws deux autres symptômes; à des baillemeut^ fréquents; à des urines rouges comme dans les maladies inflammatoires, mais dont la couleur est plus opaque et tirant sur le jaune; à peine sont -elles tombées dans le vase qu'elles jaunissent, sans déposer, ou en déposant môme dans le principe tantôt un sédiment jaunâtre et tantôt un sédiment furfuracé; au délire, aux pétéchies, enfin à la cécité, qui n'est parfois elle-môme qu'un symptôme de gastricité et se dissipe par i administration d'un seul ou de deux émetiques, (Kichter, Sauvages, Bicbat, Schmuker, Scarpa.)
Embarras intestinal bilieux. Dans l'embarras intestinal bilieux la langue est vermeille, l'estomac libre sans douleur ni pesanteur, et par contre l'abdomen doulou-reux et tendu par des vents qui en se dépla-
Sant occasionnent un bruit (borborygmes) et es coliques s'accompagnant de déjections fréquentes de matières liquides, jaunâtres, verdâtres, d'un sentiment de lassitude dans les membres abdominaux et principalement dans les genoux et les lombes. Dans quelques cas rares (nous n'en avons observé qu'un seul) les matières peuvent, en s'accumulant dans les cellules du colon, se durcir et former ur.e tumeur que l'on pourrait confondre avec les tumeurs squirrbeuses, et qui s'accompagne de symptômes alarmants (ceux de la PÉRiTo?iiTK. Voy. ce mot). Heureusement que, lorsqu'on en est prévenu, la forme bosselée, la saillie et la mobilité de ces tumeurs , les font aisément distinguer. Dans ce cas, comme dans le précédent, les purgatifs guérissent sûrement.
Les émétiques, disons-nous, dissipent l'embarras gastrique, et les purgatifs guérissent l'embarras intestinal ; ajoutons que, dans l'un et l'autre cas, la nature seule peut opérer la guérison en déterminant des crises par le vomissement, ou par les selles, ou par des urines, crises qu'on doit toujours respecter quand elles s'annoncent. A quoi les reconnalt-on? Aux symptômes qui précèdent les crises en général {Voy. Crise), et en particulier : pour le
Vomissement critique: à la céphalalgie, lo vertige, le trouble de la vue, les nausées, le tintement des oreilles, le tremblement do la mâchoire et de la lèvre inférieure, des crachats continuels, une tension douloureuse è l'épigastre , le froid des extrémités, un
Îouls dur, serrés inégal et comme martelé, ^our les
Selles critiques : à un léger méléorisme du ventre, la plénitude el iintermittence du
ruls, te ténesme avec flatuosilés et tension la région lombaire, le gonflement ou la distension molle, flatucuse et sans douleurs vers la région orobiliciile, des douleurs v.i-
gues dans les extrémités inférieures, des orborygmes, une émission de vents par fondement, des coliques modérées et non continues. Si, h la suite de ces phénomènes pathologiques, le ventre s'ouvre, si les matières expulsées sont copieuses, bien liées.
SriS BISMUTH
semblables h de la purée {puUaceam speciem referunt, Hippocralc) ou h une pâle homogène, do couleur grisâtre tirant sur le brun, incontestablement ces évacuations sont critiques. Enfin, pour les
Urines critiques : à la pesanteur des h^fporondrcs, une tension gravalivc de l'épigasiris la constipation, des ardeurs dans les organes urinaires et principalement dans la vessie; le pouls myurus,en queue de rat {Voy, Pouls); des urines troubles, rendues avec une sorte de douleur ou du moins avec dilRculté et efforts, déposant un sédiment qui sera semblable à de la brique rouge pilée, jaunâtre, ou verdâlre.
Quand il n'est compliqué d'aucune autre maladie, l'élément bilieux réclame toujoursle luôme traitement; mais s'il s'y joint de la fièvre, une inflammation, etc. Ces états divers font nécessairement varier les indications curatives, d'où la nécessité d'établir d'autres règles pratiques: UDusIcs poserons aux articles spéciaux. Voy. Fièvre , Inflammation, etc.
BISMUTH, s. f., bismuthum ou tcismulum. — Quoi lue les anciens aient beaucoup parlé de ce métal sous différents noms, il n'a été bien connu que dans le dernier siècle. On le trouve en Bohème, en Saxe, etc., soit à Téltit natif, soit h l'état d'oxyde et combiné avec lo soufre et l'arsenic.
Lorsqu'il est pur, le bismuth se présente sous la forme d'un corps solide, d'un blanc tirant s\ir le jaune (Guersentj, d'un blanc rou-
f;oâlrc (M. Orfila), formé des lames larges, brilantcs; il est cassant, peu élastique, se ré- <luisant sous le marteau en petites paillettes fusibli*s presque au même degré que le plomb, etc. Les acides minéraux, cl en particulier l'acide nitrique dont on se sert communément, dissolvcntfaciiement les cristaux gue le bismuth fondu forme en se refroidissant, et il se présente alors dans cette dissolution, ce phénomène particulier, que l'eau précipite les cristaux en oxyde, ce oui n'a pas lieu pour les autres substances. On se sert de cette préoaration, pour avoir pur le sous-nitrate de bismuth, qu'on emploie iournellement en médecine et dans les arts. Le sous-nitrate de bismuth, ou magistère de jismulh, a, depuis c|uelques années déjè» 4t notamment depuis la fin du dix-huiième siècle, la réputation bien établie de calmer souvent comme par enchantement .)lusieurs alToctions nerveuses et princi|)ale- Jienl celles qui semblent avoir leur siège lans le système nerveux de la région épigasrique. Il est certain, et nous l'avons exnërivienté bien des fois, que dans les gastralgies nerveuses, vulgairement coliques d'estomac, alors qu'il n'y a pas surexcitation gastrique, le sous-nitrate de bisujulh produit les effets les plus avantageux. Du r^ste, je crois qu'il est peu de médecins qui n'aient constaté ses heureux effets dans ces sortes de cas. De même il a paru efficace, soit dans les vomissements spasmodiques, alors guo les anti-phlogistiques sous toutes les formes avaient échoué, et il n'est pas difficile de le comprendre; soit dans les gastro-en-
BLENNORRIIÂGIE
térakies, sait même dans certains cas do diarrliée, dans celle surtout à laquelle les jeunes enfants sont sujets : moins cfiicaco chez les adultes, il ajjirait bien mieux peutêtre si on ne l'administrait qu'alors que la période d'irritation serait complètement passée.
Et pourtant, malgré ses succès, le sousnitrate de bismuth n'est pas exempt de ro f»rochos; ainsi on l'a accusé de produire de 'inappétence, des nausées, des vomissements, des (ioulours ventrales, la constipation; on a même été jus(]u'à avancer qu'il pouvait produire des vertiges et l'assoupissement; que dis-je, on lit dans les Annales cliniques de Heidelberg un fait d'empoisonnement par le bismuth. On comprend ou que le fait est conlrouvé (M. Orfila est de cet avis), ou que l'auteur aura été induit on erreur sur la nature du toxique, ou enGu que le médicament, étant mal préparé, conte* nait de Tarsenic.
Pour que le bismuth soit eflicace, il faut le prescrire à la dose de quinze à vingt grains par jour, il peut même être porté jusqu'à un gros pour les adultes; comme l'humidité l'altère, il est bon de le mêler avec le double de son poids de sucre de Init. Voici l'échelle posologique que Ton a établie pour l'administration de ce médicament: de 1 à 6 mois, six grains; jusqu'à un an, huit grains; de 1 an à 3 ans, douze grains dans les vingt- quatre heures. Il est rarement nécessaire de dépasser dix-huit grains jusqu'à la puberté, puis enfin on en donne jusqu'à un gros. Sa solubilité permet de Tad* ministrer soit dans l'eau sucrée, soit dans du miel ; on peut même le mêler à du sucre râpé qu'on met sur la langue.
BlSTOllTE, s., f., polygonum historta^ plante de l'oclandrie trigynie, L. famille des polygonées,J., oui croît en Allemagne, en Angleterre, en France, etc., sur les lieux élevés.
Sa racine flexueuse, entourée de quelques anneaux rugueux, est à pou près de l'éfjaisseur du doigt, brunâtre à l'extérieur et d'un rougeassez vif intérieurement; sa saveur est astringente et austère, son odeur u'a rien de particulier.
Employée dans tous les cas qui réclament les astringents, dont olle a les propriétés, ta bistorte doit être utile dans les diarrhto chroniques et atoniq es; néanmoins il fendrait se garJer du l'employer tant qu'il existe de l'inflammation aux intestins, et de la fièvre. C'est comme dans la blennorrhagie, maladie contre laquelle on vante beaucoup ses effets: chacun est d'accord qu'il serait iuiprudent d'en faire usage pendant la périu le d'acuïté de la maladie, et qu'il est sage d'attendre qu'elle soit coaijdélemBnt passée pour y avoir recours.
On* donne ordinairement la historié en décoction à la dose de deux grammes daas un verre d'eau.
BLENNORRHAGIE, s. f., hlmnorrhagia,^^^ pXivvtt, mucus^ pV/vv/uii, je sors avec force. — Expression géu^-alcmcnt adojïtée i»our dé-
BLEN.NOURllAGie
BLENNORUILVGIE
or
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siguer les écoulements inflanini<i(oircs ou aciifederurèlre rt du prépuce chez Thora- Mïo, de l'ulérus et du vagin chez la femme, soit qu ils dépendent d'une irritation guelconque, soit qu'ils tiennent plus spécialement au vice syphilitique. Eludions d abord cette maladie chez Thomme.
Blmnorrhagie chez Phomme. Résultat d'une collusion sur un des points quelconques du fcinal de l'urètre, d'un excès de coït avec une femme saine, après un repas copieux, nu sans excès avec une femme ayant Jes jlueurs blanches acres, ou des ulcérations dans le vagin; suite de l'introduction d'un rtirps étranger dans le canal do l'urètre [bougies, sondes, etc.)» de substances acres im ransliques, et, dans quelques cas, du tra- \i\\ (le la d»iiilition chez les enfants, des vers inicstinaux, des calculs de la vessie, des hé- Bmrroïdés, etc., enfin, et plus particulièrewenl du coït avec une personne atteinte d'un éœulenient syphilitique, la blennorrhagie se déclare soit immédiatement après le mnlacl des organes, soit, et c'est ce qui a lieu W plus communément, trois, six et même luiit jours a))rès l'infection. Les symptômes I ar lesquels elle se manifeste sont d'abord une espèce de titillation ou de prurit qui se fait sentir dans la partie do l'urètre qui cornspondau frein ou (ilel; les jours suivants, l'oritice de l'urètre rougit, se tuméfie et l'on voit apparaître un écoulement d'une matière limpide ou claire-jaune qui produit, en sortant avec l'urine, une cuisson assez vive ou la sensation d'une brûlure ; il s'y joint des envies fréq^uentes d'uriner, des érections répétées et involontaires, parfois la tuméfaction des glandes inguinales, la tension et le gonilement du cordon sperniatique, et même des testicules (orchite). Quand la phlegmasie est violente, toute se*- «rétion urétrale est supprimée, le canal s'en^ flamme dans toute sa longueur , et jus* qu'aux glandes d^ Cowper, qui elles aus« M sontatTectées. Dans ce cas, l'urètre durci so leud comme une corde, le pénis se recourbe et devient douloureux au toucher ichaude-pisse cordée). D'autres fois, enfin, la glande prostate elle-même, enflammée, luméliéc, comprimant le canal de l'urètre à sou origine, rend plus ou moins diflicile l'excrétion uriuaire. Dans les cas exceptionnels et les plus graves, l'inflammation gagne la vessie et jusqu'aux uretères.
U durée de la blennorrhagie diffère : néanmoiu.s, après que les symptômes se sont Qiontrés avec plus ou moins de violence pen* «lant deux ou trois semaines chez quelques^ <ins, durant six ou sept semaines pour quelques autres, et cela suivant le régime suivi et le traitement employé, les phénomènes inflammatoires s'amendent, diminuent d'inlf^nsilé^ la matière de l'écoulement est pluscon^ sistaate et plus gluante; elle disparaît totale^* inent. Malheureusement il n'en est pas toujours ainsi, c'est-à-dire que parfois, malgré l^s suiiis les mieux entendus, l'écoulement, aiusi (jue nous l'avons déjà dit, passe à l'élat cltrouiquc et dure alors des uiois et des
années entières. C'est quand il est passé à l'état de chronicité , dans lequel il peut rester longtemps avec ou sans inflammation locale, qu'il prend le nom de blen^ norrhée.
Traitement. Quand on commence le traitement d'un éco)ilcment urétral de l'un ou de l'autre sexe, il devient nécessaire de s'assurer si cet écoulement est ou n'est point syphilitique, car, indépendamment dun contact impur, la blennorrhagie peut être occasionnée, avons-nous dit, par l'usage intérieur des cantharides, des diurétiques acres, par un excès de coït après un repas copieux pendant lequel on aura fait de copieuses libations, par un excès do bière, par une métastase dartreuse ou goutteuse, etc. Or, chacune de ces causes pouvant être efficacement combattue par des i.»»ovcus appropriés, il est bon de découvrir qu<'lie est celle qui produit la blennorrhagie. Est-ce, par exemple, Vusage des cantharides^ ou des diurétiques Acres? on la combat parla cessation de ces médicaments ou de ces insectes, n'im-
[>orte pourquoi on les prenait, et on emploie es boissons abondantes mucilagioeuses, camphrées, etc. Est-ce Yexccs de coit après un repas somptxieuxt On la traite par la continence, un régime antiphlo^istiqtio et des bains ; ce même traitement convient quand on a pris une chaudo-pisse en cohabitant avec une femme ayant des flueurs blanches acres, non syphilitiques. Est-ce par unexcès de biêreîLo malade doit boire un petit verre do cognac et suivre le régime sus dit? Est-ce un transport métaslatiquel il faut s'efJ'orcer de rétablir la maladie dans son Siège primitif, combattre la dyscrasie du sang, établir des exuloiros, ilc. Uais quand la maladie est le résultat d'u>i i)rincipe contagieux, quoique ce sou le cas le moins grave de l'infection syphilitique, et cela parce que le virus spécifique est enveloppé par du mucus qui l'adoucit en quelque sorte, le prive d'une partie de son action irritaiive et le Gxe, à ce point qu'il peut demeurer local pendant longtemps, même toujours, sans se reproduire et être contagieux pour rin<Jividu lui-même ou pour les autres, néanmoins on* doit le combattre par des moyens dont Texpérience a constaté l'efficacité.
Ceux que nous employons le plus communément parce que nous en avons depuis bien des années reconnu les avantages, co sont les potions avec le baume de copahu et le piper cubèbe que nous avons vu journellenn nt employer, étant élève en médecine, par Delpecti et M. Lallemand, mes maîtres ti la faculté de Montpellier. Ei voici Us formules :
Pr : Eaux de menthe, et de fleurs .d'oranger, sirop de limons et baume de copahu, de chaque 30 grammes (une once).
Acide sulfurique k grammes (un gros).
Gomme adraganl S. Q. Mêlez S. A. Delpech ordonnait cette potion à ses gonorrhi/îques à la dose d'une cuillerée à soupe maiin et soir. Lorsque la digestion du baume de
nLENMORUlIxVClS
BLENNORHAGIE
copahu esl dinTicile et qu'il survient des évacuations, ou ajoute à celte potion depuis huit jusqu'à quinze gouttes de laudanum liquide de Sydenham.
D'autres fois Delpech prescrivait aux malades de prendre deux, trois et môme quatre foi» par jour, 8 grammes (deux gros) de piper cubèbe pulvérisé et délayé dans S. Q. d'eau. S'il occasionnait des nausées ou des coliques, on ajoutait à chaque prise de 8 grammes huit ou dix gouttes do laudanum. Après remploi de ce médicament et malgré qu'il n'existât plus aucun symptôme gonorrhoïque, il soumettait les inaividus à un traitement raercuriel au moyen de la liqueur de Van- Swieten, ou des pilules mercurielles de Plenck. (Voy. ci-après.)
Plus tard, pour prévenir plus sûrement l'infection générale, Delpech aioula au traitement de la blennorrhagie vénérienne par le copahu ou le niper, des frictions avec l'onguent mercuriel sur le fourreau do la verge. Il faisait donc tous les soirs, au moment où le malade se couchait, frictionner le pénis dans sa longueur avec une demionce d'onguent mercuriel, et celte friction était bientôt répétée le matin à la môme dose , les continuant ainsi deux fois par jour usqu'à ce qu'il eôt employé de la sorte usqu'à huit ou dix onces d'onguent. Nous 'avons entendu bien des fois alHrmer, et nous l'avons vu nous-raême , que ce procédé,
3ui fait gagner beaucoup de temps et est sans anger aucun pour les gonorrhéiquts, est aussi le moyen le plus sûr par rapport à l'infection générale qui survient pendant ou après la blennorrhagie, et qu'il est fort utile dès lors de prévenir. Voici maintenant la formule , du professeur Lallemand de Montpellier:
Pr.: huile de succin rectifiée, baume de copahu et térébenlhine, de chaque huit grammes (deux gros). M.— On radministre,dit-il» dans la blennorrhagie contre les pollutions et les fleurs blanches. La dose en est depuis dix jusqu'à trente gouttes, deux ou trois fois par lour» dans une cuillerée i&café de sucre râpé.
Dans tous les cas, et quelle que soit la nréparalion pharmaceuti(^ue que l'on adopte^ le malade doit être traité par un régime convenable. 11 consiste au début dans Tem-* ploi des boissons délayantes mucilagineus.-Sy |)ropres, en un mol, a calmer la disposition niflammatoire. Elles agissent soit sur la circulation du sang, qu'il faut modérer, soit sur la sécrétion urinaire, qu'il faut augmenter afin de faire perdre aux urines tout ou partie do leur âcrelé, qui maintient ou augmente l'irritation du canal de l'urètre. A cet effet, une décoction légère de graine de lin, de chénevis concassé, d'orjge, do racine de saponnaire, d'allhea, de chiendent ou de fraisier; l'eau de veau, de poulet, une solution de gomme arabique, une émulsion légère de semences froides, le petit -lait, ou toute autre boisson équivalente édulcorée avec le sucre ou un sirop adoucissant quelconque
(d'allhea, d'orgeat, de canillaire, etc.), seront non-seulement conseilles au malade, mais encore on devra lui recommander d'en boiro abondamment deux ou trois litres par jour, et d'y ajouter de dix à douze grains par litre de nitrate de potasse (sel de nitre), lui permettant de passer d'une tisane à une autre, les boissons produisant généralement plus d'effet par leur quantité que par leur qualité. L'aliraentalion doit être prise paniii les mets doux, légers, rafraîchissanls (viandes blanches, bouillies ou rôties, végétaux, herbages, laitage, fruits cuits, potages maigres) le tout très-peu assaisonné; sa boisson se bornera à de l'eau pure ou de l'eau légèrement rougie aux repas: le vin pur, le café, le punch, et toutes les liqueurs alcooliques ou excilanles lui seront interdites avec sévérité. Rien ne l'oblige è suspendre ses Iravaux habituels, à moins qu'il n'ait une profession qui exerce beaucoup les extrémités inférieures, mais il oe devra s'y livrer qu'avec modération; s'il sort, il aura la préraution de porter un suspensoir bien fait, c'està-dire, qui n'élreigne pas la verge, et no gêne pas les bourses dans la déambulalion, cette précaution est très-utile à prendre, parce qu'elle empêche que l'irritation uréftale se communique aux testicules. Dans le même but, ou lui défendra, la course, la danse, l'équitation, l'escrime, la lutte, les lectures erotiques, l'oisiveté, la société des femmes, et surtout le coït, qui ne ferait qu'accroître la violence des symptômes.
Une autre chose que les malades doivent éviter avec soin, c'est de coucher sur des lits trop mous ou trop chargés de couvertures, la chaleur produisant parfois des érections douloureuses. Ce traitement, quelque rigoureux qu'il paraisse, doit l'être bien plus encore, ?il y adysurie ou strangurie, si le priapisrae survient et occasionne des douleurs intolérables par la courbure de la verge •, dans ces circonstances la diète sera plus sévère encore, le repos absolu, indispensable; l'individu prendra souvent un bain tiède dans lequel il restera longtemps plongé, et, à défaut, des bains de siège, ou des bains locaux, dJ guimauve ou de jusquiame. Il usera de lavement, de cataplasmes émoUients sur le f)érinée, plus ou moins laadanisés avec le audauum de Rousseau : on peut également envelopper la verge avec ces cataplasmes.
11 est des cas où un traitement plus actif est commandé, c'esl lorsque Tindividu est fort vigoureux, et les accidents inflammatoires très-prononcés. Alors on fait une ou plusieurs saignées du bras, ou applique dtë sangsues au périnée ou le long du canal de l'urètre, déplétions sanguines que l'on proportionne aux forces du sujet et à l'étendue des surfaces enflammées, carie traitement ne saurait être trop énergique quand la vessie s'entlamme à son tour. N'oublions pas de mentionner que les narcotiques deviennent nécessaires dans les gooorrliées douloureuses et accompagnées d érections fréquentes : c'est pourquoi il est bon d'ajouter IKir pinte de boissons que le malade hoU
fîl
BLEMNORRHAGIE
BLENiNORRIlAGIE
fingt-cinq ou trente souttcs de lauilanum liquide de Sydonham ; de faire des injections huileuses avec addition d*un à deux grains (lestrsit aqueux d*opium par once d'huile : de donner en même temps à l'intérieur depuis un demi-grain jusqu'à un çrain de eeite $ubstance seule, ou unie au nitrate de potasse, au camphre ou au musc« C*est toujours le soir au moment où le malade va se coucher qu'il faut administrer le camphre, il i^\ puissament comme antiaphrodisiaquo donné è Tintérieur à la dose de dix à douze graios dans une livre d*émulsion édulcorée avec une once de sirop de diacode. Rien ne Dousa mieux réussi, pour empêcher les érections nocturnes, que les frictions faites à la {lartie interne des cuisses avec25centigram« mt^de camphre en poudre, délayé avec de la
satire; si Ton manque de salive, on se sert d'm tiède, dont on humecte légèrement la min nue, et plaçant ensuite le camphre pulrerisé dans la main on l'élend petit à petit sur le raphé, la rac ne de la verge, etc.
Nous avons dit que, quand l'iullammation est portée à son summum d'intensité, il n*y a pas d'écoulement, ce qui constituait ce quoQ a très -improprement nommé blenoorrbagie sèche. Dans ce cas, comme la dou^ leur est ce qui chagrine le plus le malade; qu'il souffre d'autant plus qu'il est plus méticuleux et que son imagination est fortement tra?aillée, les indications curatives doivent avoir pour but de calmer l'inflammation , et d'apaiser la sensibilité exallée, l'hypéres- Ibésic des parties; ce qu'on obtient par un régime antiphlogistique associé aux délayants narcotiques, comme dans le cas précédeat.
Ayant négligé de fixer 1 époque de la blennorrhagie où il convient d'administrer le baume de copahu et le piper, c'est le moment, ce nous semble, de nous occuper de cette oaestion importante, et qui nous intéressed'autant plus, que les plus habiles praticiens ne^nt pas d'accord sur ce point.
Ainsi, si nous en croyons Delpech, on peut s*ea permettre l'usage a toutes les phases de la maladie, même celle de l'inflammation, pourvu toutefois qu'elle ne soit pas extrêmement violente; d'au trps, au contraire, veulent qu'on attende que la période d'inilamination soit tout à fait passée, aûn d'agir plus sûrement ; nous sommes de l'avis de ces derniers et nous attendons que l'écoulement soit passé à la période secondaire, qu'il soit sans douleur, pour nous décider à employer les l>alsamiques indiqués.
On peut choisir, parmi les formules que nous en avons données, celle que préférera le malade, à moins qu'on ne veuille soiluAme, comme on l'a conseillé, associer le baume de copahu avec le poivre cubèbe, ^t en faire des bols que les malades avalent le plus souvent sans répugnance. 11 est ^^ que ce nouveau remède est moins puis- 5dQt que le copahu^ur, mais il l'est davan- ^oB que le piper ; et, comme il arrive fort souvent que, malgré leur bonne volonté, les tiiaiailes ne |>euvent supporter le baume de
copaliu, il vaut donc mieux leur donner le mélange proposé que le cubèbe seul.
Doit-on faire des injections dans l'urètre, pour arrêter Técoulement ? Elles ne sont ()as nécessaires dans la blennorrhagie aiguë et fout plus de mal que de bien, en ce qu'elles exposent aux rétrécissements et aux callositr^s de l'urètre, dont la fréquence aujourd'hui tient indubitablement à labus quon en a fail. Mais quand la maladie est passée à l'état chronique et que le traitemont précité ne réussit pas, alors il devient indispensable de faire des injections, h moins toutefois que l'écoulement soit entretenu parla masturbation, ou le coït, ou des écarts de régime. Hors ces circonstances , comme l'inflammation est essentiellement atonique,quela durée et la persistance de l'écoulement tiennent soit au rel&chement de la membrane muqueuse urétrale,soità la faiblesse générale et enfin, en particulier, à l'altération des fonctions digestives,restomac ayant été beaucoup fatigué, surtout chez les lyn[i[)h'itiques, par l'usage des boissons muciladneuses , rien ne saurait remplacer, dans le premier cas (celui de l'atonie du canal], les injections toniques et astringentes. On neut les faire en faisant dissoudre dans une livre d'eau soit un demi-gros k un gros de sulfate de zinc, soit deux g^os à demi-once d'alun, soit de de vingt-cinq à trente grains de sulfate do cuivre, soit quinze grammes de carbonate de chaux ou d'acétate de plomb , soit huit grammes d'extrait de ratanhia, soit vingt grammes de sublimé, soit enfin dix grains de nitrate d'argent cristallisé ou de potasse caustique. Pour nous, nous prescrivons depuis longtemps le nitrate d'argent, d'après la formule du professeur Serre de Montpellier (1 grain de nitrate par once d'eau distillée), ses succès étant à peu près constants dans les blennorrhées, ou écoulements chroniques.
Certains praticiens ajoutent à chaque livre de véhicule de hui: à soixante gouttes de laudanum liquide de Sydenham, ou de quatre à huit décigrammes d'extrait ^ommeux d'opium. En supposant que cela soit inutile chez les lymphatiques, Vaction du topique danslecanal étant bien peu douleureuse, nous ne pensons pas devoir blâmer l'addition de cet adiuvant, nous Tapprouvons au contraire chez les personnes nerveuses et très-irritables. De môme nous ne bornons pas le choix des injections parmi les moyens que nous avons mentionnés, tels médecins donnant la préférence à l'eau de Coloçne étendue d'eau, tels autres h une décoction d'angusture, de vin miellé, de gros vin et d'eau commune ; celui-ci à l'eau de mer, à Teau glacée, celui-là à l'oxycrat, è la décoction de tan, etc., et tous s'étayant des cures qu'ils ont faites pour préconiser l'emploi de la préparation qu'ils proposent. Mais, quelle que soit celle qu on adopte, il est prudent d'en affaiblir Tactiviié d/îs les premiers iours en augmentant le véhicule, afin d essayer la sensibilité du canal de l'urètre et d'arriver avec ménagement, au degré do force convenable pour déterminer une eicitation médi-
BLENNOtlKIlAGIK
BLËNNOllRItÂGlfe
rA
calrice. Cette précaution prise, on fait quatre ou cinq injections par jour, avec la dose de médicament prescrite et plus étendue qu*il n*a été dit ; bientôt on arrive h la quantité de liquide donnée, ce qui rend i^iitjection
Elus active à mesure que la muqueuse s'haitue à Faction du médicament, et quand l'écoulement est arrêté, ou diminue, chaque jour, d'une injection, jusqu'à ce que par une diminution nouvelle il n'en reste plus à faire.
Doit-on user des purgatifs dans le traitement des écoulements urétraux? On les accuse d'avoir l'inconvénient, dans le principe de la blennorrhagie, de fai re tomber la chaudepisse dans les bourses (expression vulgaire), et au contraire on leur attribue l'avantage d'arrêter complètement Técoulemenl quand on les administre sur le déclin. Nous devons profiter de cet enseignement , comme aussi de celui qu'on nous a donné de proscrire absolument les dractiques (jalap, gommegutte, coloquinte) dont les gens du peuple ou la classe peu instruite font uu grand abus dans le traitement de la blennorrnagie.
Ils peuvent aussi bien aue la poudre à ca* non, autre remède incendiaire très en faveur chez les militaires, occasionner l'inflammation du tube digestif, maladie fort dangereuse comme on le sait. ÉnQn, dans les blennorrhagies très-opiniâtres, on a retiré de grands avantages de l'application d'un vésicaloire au périnée ou h la partie interne des cuisses, à la région sacrée ; d'autres fois il a suffi de tirer des étincelles électriques dans toute la longueur du canal de l'urètre pour les faire cesser ; mais ce n'est point quand l'atonie sera générale qu'on peut espérer obtenir quoique succès de ces moyens. Dans ce dernier cas, rien ne réussit si Ton n'associe au traitement local un régime fortifiant et particulièrement l'usage des viandes noires, saignantes, d'un vin vieux et généreux ; de l'eau ferrée pour boisson ordinaire, ou dus eaux minérales ferrugineuses de Passy , Spa, Vichy, des bains froids, etc. {Vov. Ady- BTAMiB.J Ce serait peut-être le cas d'imiter Casimir Médicus qui arrêtait les écoulements rebelles en faisant rasera plusieurs reprises le poil des parties génitales chez les blennorrhagiques.
Blennorrhagie du gland ou Balanite. Les individus qui ont le gland habituellement recouvert sont sujets è un écoulement préputial qui constitue la sonorrhée bâtarde, la fausse blennorrhagie. Ta balanite des auteurs. Celle-ci, qui iiediifère de la blennorrhagie véritable que par sa durée, qui est ordinairement moins longue, les urines en sortant ne touchant point au lieu phlogosé, réclame en conséquence le même traitement qu'elle. Il y a cependant une légère dilTérence ; elle consiste dans l'emploi des bains locaux et des injections entre le prépuce et le gland, qui sont indispensables dans la balanite pour empêcher le séjour de la matière sécrétée dans les parties phlogosées qui la lournissent.
Ce n'est pas tout, on observe encore pres-
que eicclusivement chez les vieillards, et cela assez souvent, des écoulements préputiaux, occasionnés par une éruption de petits boutons, d'un rouge assez vif, réunis en plaques, qui sont entremêlés eux-mêmes d excoriations peu profondes puisqu*ellesnedépassent pas l'épaisseur de l'ôpithélion. Cet exanthème et ces ulcérations, qui sont le siège d'une chaleur acre et de cuissons parfois assez incommodes, laissent suinter une matière d'apparence séreuse^ peu abondanlo il est vrai, mais cependant assez visqueuse pour que les taches d'un gris sale , qu'elle laisse sur le linge, aient la consistance d'unu goutte d'empois.
Les écoulements de cette espèce, aue nou^ appellerons herpétiques à cause de leur nature spéciale, doivent être traités par lesanli* phlogistiques d'abord; puis, quand l'inilam* mation est calmée, on place entre le gland et le prépuce un linge très*fin enduit de cerat soufré et d'une égale quantité de céral opiacé exactement mêlés ensemble. Pour lo reste du traitement, voy. Dartre, Tindicafion principale étant d'attaquer Tétat dycra^ sique des humeurs.
BLEx^onRHAGiE A?iALB. L'anus est suscep' tible de contracter les mêmes écoulemenls que l'urètre, toutefois le diagnostic n'est paj aussi facile, dit-on, qu'on pourrait le supcxH ser, et cela parce que les malades ne se plaignent qu'avec répugnance et refusent presque toujours d'en avouer la véritable cause. Une foule de lésions autres que la syphilis peuvent d'ailleurs en imposer sur ce point, une ulcération, une excoriation, la d^ssenterie, une simple inflammation , par exeninle -• c'est à ce point que M. Bonnel s'est enorcé de prouver que la maladie décrite par beaucoup d'auteurs sous le nom de lieuterie ou de flux cœliaque et la blennorrhagie anali* ne sont qu'une seule et même affection. 11 me semble toutefois que l'erreur n'est pas aussi diflicile à éviter qu'on paraît le croire, car les épreintes, la présence d'alimenls non digérés, ou l'aspect floconneux des matières, dans la lientene, doivent dissiper toute incertitude. Pe même, dans les dyssentcries tl les inflammations idiopathiques, la douleur occasionnée par l'introduction du doigt t Texamen local dos parties, assez facile à constater, par le tactoula simple vue, alors surtout qu'il existe une solution decontinuilé ou plusieurs déchirures , des ulcérations, etc.,
{)ermettent rarement de se tromper. Enfin !«' orme évasée de l'orifice anal, Tabondance du fluide, la couleur de l'écoulement, la teinte rosée ou grisâtre de l'intérieur de l'anus ou de son pourtour, servent bien vite à lever tous les doutes
On guérit cette blennorrhagie par I^"' mômes moyensque la blennorrhagie urôjrale. avec cette différence toutefois, qu'à I fln^J l'application du topique est plus facile et moins dangereuse, soit gu'on juge à propos de prescrire un traitement roercuriel, son qu'on aime mieux s'en dispenser. Dans I un et l'autre cas, les injections n'en sont p moins le remède le [dus important, tous k»
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liquides conseillés pour Tiirètre peuvent (^ire employés avec avantage. Néanmoins M. Vel- |jeau a conseillé un mélange de un gros de riiomel puritié à la vapeur , pour quatre ooces d*une décoction de guimauve, qu^on [lousse dans l'anus avec une petite seringue, rt dont on imbibe ensuite une petite mèche de charpie ou de linge, qui doit rester en contact avec la partie malade , dans Tintervalle des injections ; cela réussit généralement bien. La même substance ou le précipité blanc, employé en pommade à la dose d'un gros par once de graisse, n'est guère moins efficace. Ces deux topiques ont paru à lliabile chirurgien remporter de beaucoup, dans la plupart des cas, sur i*eau blanche, la solution de sulfate de zinc, celles (faWmiDe de fer, de cuivre, de deutochlorare de mercure (sublimé), quand les bains de siège, la médication émolliente et les toûjens de propreté ordinaire restent sans eflet. Si récoulement a son siège, comme je lai souvent observé, dit-il, à la marge de l'anus, et dans la rainure inférieure, ou entre les bourses et la racine des cuisses, l'ellicacité des solutions susdites est encore plus constante. Toutefois les bains sont encore un adjuvant indispensable. Il faut aussi qtie de la charpie ou des linges souvent renouvelés comblent les excavations malades, atiu d*emp6cher le contact des autres parties.
Blb!<inorrhagie chez les femmes. Voy.
Lelcorrhée
BLËISNOKRHÊE. —C'est la blennorrhagie passée à Tétat chronique. Voy. Blennor-
lUAGlE.
BLÉPffARlTE, s. f. — C*esl le nom qu'on dunue èrintlammation des paupières.
BLEUE (maladie). Voy, Cyanose.
BOISSON9 s. f., po/tM.— Nom donné à tout liquide qui, introduit dans les voies digestives, sert à la réparation des fluides du curps. On les divise en boissons non fermentées et en boissons fermentées, et on place en tête, comme la plus salutaire de toutes, ïeau. Celle qui contient le moins de Mibstances étrangères, ou du moins qui les contient en si petite quantité que sa pureté n'en est poiut altérée, est la meilleure. On peut prendre pour type de pureté les eaux deloiitaine, qui contiennent indépendaraweul des quatre-vingt-six parties d'oxygène et des quatorze parties d'hydrogène j)ar lesquelles toute eau est composée), uu carbonate et du sulfate de chaux et de soude, très-rarement du carbonate de magnésie et du sulfate de magnésie et de fer. lilles passent pour être les plus légères et les plus dissolvantes. Du reste, on reconnaît aisément que l'eau est bonne, lorsqu'elle sort claire et limpide de la fente d'un rocher ou <les tuyaux d une fontaine ; qu'elle est légère « raréomètre, sans odeur, sans couleur, sans ^vear, sans goût désagréable; qu'elle ne produit aucun sentiment de pesanteur à I estomac; qu'elle s'échaulfe et se refroidit «vec une égale facilité, dissout parfaitement 1* savon et cuit les légumes en les amollis-
DiCTIUNN. DE MÉDECINE.
sant. Malheureusement on n*a pas partout et toujours de l'eau de source, et l'homme a dû se créer des moyens pour rendre potables les eaux même les plus insalubres. Grâce à ses importantes découvertes, nous n'avons plus rien à désirer sous ce rapport , et si quelgu'un boit des eaux d'une mauvaise qualité, c'est qu'il y esrt forcé par des circonstances indépendantes de sa volonté. Disons toutefois que les eaux qu'on prend à la source sont moins légères et plus crues, quoique flattant davantage le goût, que les eaux qui ont coulé sur un lit de sable sans sédiment, sans bourbe, ou sur un cailloutage bien net, et que s'il en est autrement de celles qui ont traversé des terrains gypseux ou argileux, cela tient h ce qu'elles se sont chargées, dans leur parcours, d'une foule de substances étrangères qu'elles tiennent en suspension.
Assurément nous n'adresserons pas ce re<> pr^jche à l'eau de pluie qu'on recueille, non pendant l'orage, mais après qu'il pleut déjà depuis quelque temps, en plein air, loin do toute habitation, et que l'on conserve dans des citernes ou dans des vases en grès , comme cela se pratique encore dans quelques IX)rts de mer privés d'eau de source ; mais nous dirons cependant que si ces eaux sont les meilleures et les plus pures, iiarce qu'elles ont été purifiées par ûnesorteile distillation naturelle, elles ne se conservent pas tou~ )0Urs à cet état de pureté, et que si, en déSni* live, elles ne sont pas malfaisantes, on les boit du moins avec répugnance et dégoût : et pourtant il serait si facile de les clarifler! de même l'eau de pluie, quand el!e 8'a«masse dans des lacs, perd immédiatement de sa pureté et de sa limpidité, soit en se mêlant à Teay qu'on y voyait encore, soit eu dissolvant le fond vaseux que le soleil n'a pas entièrement desséché; alors elle a tous les inconvénients que Ton a reconnus aux eaux croupissantes et chargéesde substances organiques en décomposition, eaux dont l'emploi pendant les grandes chaleurs serait d'un usage dangereux.
Il n'en est pas ainsi de l'eau des lacs, souvent alimentes par des pluies fréquentes dans les saisons froides : quoique lourdes et peu propres à cuire les légumes, elles peuvent être bues sans danger. Le même re* proche a été adressé aux eaux des puits, qui généralement sont crues, dures, peu dissolvantes, et de plus produisent des coliques, comme les eaux pour la conduite desquelles on s'est servi de tuyaux de plomb ou de cuivre. A la longue ces métaux, en s'oxydant, rendent l'eau un véritable [)Oison.
Que dirons-nous des eaus de neige et de glace récemment fondues? Généralement on les regarde comme insalubres, nous ne savons trop pourquoi, les maladies glanduleuses qu on observe dans certaines localités où l'on boit ces eaux pouvant autant être a(tribuées au climat, au genre de vie des habitants, qu'à l'eau elle-même. Reste que Tusage d'une eau pure et de bonne qualité est de toutes les boissons la plus salutaire, pourvu qu'on n'en abuse pas; et comme elle n»
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stîrou]o pas les voiesdîgestives«eIlc convient sp^ciftlemenl aax personnes fortes, vigoureuses , plétiioriques , qui ont Vesiomae chaudj aux bilieux, anx nerveux secs et agiles, etc. ; qualité qui f&ît qu*elle ne convient pas excuisivement aux tempéraments lymphatiques, aux personnes qui sont débilitées et ont restomac paresseux.
L'eau sert d'excipient à une foule de boissons et on fait avec elle toute sorte de tisaneSv de sirops, de crèmes, etc., qui ont des propriétés différentes ou analogues, suivant la substance qu*on j mêle, et dont nous ne dirons rien en cemoment, ces détails devant se représenter à chaque instant, en traitant du régime des maladies que nous avons à
décrire»
Boi$8on$ fermeniies. On appelle en général
boissons fermentées tous les liquides dans lesquels Valcool entre dans des proportions plus ou moins considérables, c'est-ik--dire les vins de raisins, la bière, le cidre, le poiré, rhydromel vineux, Teau-de-vie et Tespritde-vin.
Le VIN de raisins, boisson à laquelle on donne avec raison la préférence sur toutes les autres, est aussi agréable que salutaire, si on en boit avec motlération. Cependant, nous devons le dire, il est de nombreux exemples çiui prouvent qu'on peut se bien porter et vivre longuement, même en en buvant habituellement une grande quantité. A i|iioi cela tient-il? Aux tempéraments d'une part, et d*autre part à Thabitude ; car tout est conditionnel en diététique, c'est-à-dire que telle boisson qui ne conviendra pas à tel tempérament est, au contraire, très-salutaire à tel autre, et que tel individu qui dans le principe éprouvait des effets flieheux de telle liqueur fermenlée, à la longue a fini par ne plus pouvoir s'en passer sans souffrir. Bref, le bon vin relève les forces des personnes affaiblies, augmente l'énergie organique et vitale chez les lymphatiques, favorise la traitô[Hration en [poussant à ta peau, et donne de la gaieté en stimulant le cerveau. Le bon vin réjouît le cœur de Thomme. Mais autant le bon vin, le via vieux, est utile aux pituiteux, dans les saisons froides et humides, aux individus qui par leur profession se iatiijuent et s'épuisent beaucoup, autant il serait nuisible, pris en excès, aux gens adonnés à la benne cnère, dépensant peu de leurs forces, et disposés à la pléthore sanguine ; ceux-là doivent, comme disait fort spirituellemeDt Plutarque, calmer les ardeurs de fiacehus par le commerce des Nymphes.
Les vins offrent des différences très-grandes entre eux par rapport à l'âge, au sol, a la couleur, à la saveur de chacun, etc«; ainsi les vins nouveaux (on appelle nouveau le vin qui, n'ayant que trois ou quatre mois, n'est pas entièrement dépoailié de sa lie), quelque peu spiritueux qu'ils soient, se digèrent aifBcileraent, et, par \a fermentation qui s'opère dans les prer^ières voies, laissent dégager une grande quantité d'acide carbonique quidistend l'estomac et les intestins, renu le a#muieil inquiet et agité. Les vieillards, les
convalescents, les personnes débiles, doivent éviter l'usage de ces vins, mais faire en sorte
Kourtant, pour éviter un mal, de ne pastom er dans un pire, ce gui pourrait fort bisD leur arriver s'ils buvaient un vin trop vieux, celui-ci étant irritant et enivrant, à causo de la grande ouantité d'alcool qull contieni : ceux de trois a quatre ans sont tes meilleurs. Ce que nous en disons n'est cependant que relatif, car la condition des avantages d un vin de trois à quatre ans sur un vin plus Agé doit être, ce nous semble, subordonnée au sol, et, par exemple, n'est-ce pas que le Bordeaux^ le BourgoQne^ et tout autre viu qui n'est pas très-capiteux parce qu'il contient peu d'alcool, doit gagner en vieillissant, ' même après la quatrième année 1 Reste que, si on s'attache aux propriétés des vins
2uaat au sol, on constatera que le vin de hypre^ considéré de tout temps comme un des plus exquis et des plus délicieux, est très-tonique, et convient aux personnes faibles et aux vieillards qui ont des intirmités; que l^MolvoUit (vin muscat cuit de Candie) ne le cède en rien au précédent ; que le vin de Chio a été comparé à du nectar: que le Joiat, vin de Hongrie, le dispute en bonté au vin des Canaries; que le Malaga (vin d'Espagne), qui se conserve longtemps, nourrit et fortifie, sans irriter Testomac, et convient auxgensdébiiités; que l'iiftcan/eest agréable au go()t, très-nourrissant et stomachique à l'instar des précédents, et du TintOf du lérès^ du Jtola, qui ne lui cèdent en rien, etdu vin des Canaries, qui lui aussi est léger et peut être laissé vieillir ; que les vins de Bourgogne^ de Bordeaux^ de Champagne non mousseux, sont exquis et sakitaires, c'està-dire nourrissants, amis de l'estomac. Certains vins des départements méridionaux de la France jouissent des mêmes avantages, VHermUagef le C6it~B6tie^ le Fnmtigwm^ le Lund<^ etc.
Parmi les vins que nous venons de nommer il en est qui diffèrent par la couleur, ce qui nous conduit à faire remarquer qu'on attribue aux vins blancs, aux vins rouges, aux vins paillets et aux vins jaunes des propriétés différentes ; ainsi les blanu sont pour la plupart faibles et ténus, moins échauffants et moins enivrantsquo les autres, irs nourrissent aussi moins et augmentent la sécrétion des urines ; c'est pourquoi on les conseille de iiréférence aux sanguins , aux bilieux, aux nommes de cabinet, aux fiersonnes qui ont beaucoup d'embonpoint ; tes vins rouges^ contenant plus de matière sucrée et de tartre, fortifient davantage, quoique passant moins vite que les blancs. Les vins paillets ou clairets tiennent le milieu entre les précédents, et sont par conséquent très-salubres ; la facilité avec laquelle ils sont digérés fait qu'ils sont utiles surtout aux personnes aSailuies ou qui ne peuvent faire que peu d'exercice ; enfin les vins jaunes (de Crète, de Malvoisie, etc,) sont excitants du système nerveux encéphalique , et ne conviennent qu^aux individus froids etpbtegmatiques,qu on ne saurait sçuère trop stimuler.
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Quant è la saveur des vins, voici ce qu*Qn a observé. Les vins doUoOf vulgairement ndlniDësriiu de liqueur p parce quils coutiénnent noe grande quantité ne'àucre et d*aIcooI, nourrissenlbeâucoupetfortifienf bien ;ils tiennent le ventre libre, sont amis des poumons et favorisent ]*expectoraiion'; les gens maigres qui toussent beaucoup doivent s*en accommoder. Aucontraire,1es vins acides nourrissent peu, doooent des vents, et le vinaigre au*ils conlieanenty en irritant Testomac et les intestins, produit des tranchées. Ceux qui tendent à Taddité donnent des aigreurs, des coli- (mes et du dévoiement. EnHn, des vins verts^ (acres eC aceii)es), et des vins piquants^ les uns sont si mauvais au goût qu*on n*en usé guère, ou, si on en boit, les vents, les (rangées et la constipation qu'ils produisent forcent d'^jr renoncer; et les autres, quoique stiimdaiit agréablement le palais et l'a lefngoe, sont SI enivrants qti^on les abandorme aussi tnentAt. U n*y a guère que les pitiii* (eut qui |)uis$eQt en boire avec avan-^ Cage.
Eau-de^ie et esprit-de^^rin. L*eau*de-vte {aqua tniœ) et Talcoof ne sont pas, è proprement parler, une boisson, quoioue lormant Pane etTautre la base de toutes les liqueurs douces, qui ne sont autre chose que 1 un ou Tautre de ce$ liquides, chargé d'aromates et de sucre. Aussi n'est-^^e que pour nous conformer à l'usage que nous en faisant mentioû dans cet article. Ce n'est pas qu'on né prenne de temps en temps Ou joumellemeût un petit verre deCognaccommedigeslif ; maisqu'est-ee qu'un petit verre comme- boisson t C'est ce qu'il y A de mieux pour se désaltérer en été, quand on le mêle à un grand verre d'eau sucrée fraîche. Le Cognac, lu rhum, et mieux encore le curaçao de Hollande, qui porte lui-même son sucre, forment, je* le répète, mêlés à un excipient convenable, ufie boisson rafratchlsssant^ , tonique et restaurante. Quant aux liqueurs préparées avec l'alcool, leur usaîge journalier, surtout si on en prend immodérément, serait préjudiciable; autant que l'eitra qu'on fait quelquefois, en en buvant avec modéra^ tien, peut éire utile à la santé des personnes venteuses, dont l'estomaô est faible et pare9seul. Du reste, il est des exceptions à ioxiie lègle, et on peut en faire pour certaines liqaeufs, et, par exemple, pour le curaçao déjà nomtné, l'élixir de Oarus, l'anisettcistc.
Bière. Cette boisson, d'un usage très-i*épandu dans le Nord, où elle lient lieu de vin, at qu'on boit beaucoup aussi chez nous, autant par désœuvrement que péir nécessité, et peut-être aussi à cause d^ bon marché ai>qael on la livre, est généralement salutaire, parce due, quoique plus nourrissiante que le no, elle écnaufle et irrite l>eaucoup moins que lui, étant moins spiritueiise; mais il iaut en wtor sobrement, car elle enivre tomme le vin, et de plus elle produit des bleniMrrhagies. Voici, du resté, quelques règles que Ton a posées relativement à son emploi.
U bière blanche est préférable, parce «fiVto est légère. U faut la choisir d'un
moybti fige, caf, trop vjeille ou trop jeune, elfe est également nuisible; si elle catise dos flatuosites, deâ coliques, et gonfle lé traisventre,ôn l'abandonne; à plus forte raison si elfe est aiçre et conomptiei dans le cas contraire, c'est-i-dire lorsqu'elle j)qs5îe bieù, elle peut elfe utile aux personnes bilieuses, et, dans tous les cas où il y a tendance è la pioarrilure, sa vertu antiseptique ayaàt ^lë suffisamment constatée, alors suHout qu'elle est mousseuse, probablement k cause de l'acide carbonique qui s'en dégage abondamment. Sous tous ces rapports elle nuirait auxpîtuiteiix, aux personnes débilitées, disposées aux acidités, qui ont de Tembonpoint, qui sont lentes et peu actives, les gens qui eu boivent habituellement acquérant la plu-' part de ces incommodités.
Hydromel, On fait avec îo miel trois sortes de boissons : l'eau miellée, qui nourrit et désaltère; l'hydromel vineux, qui, quand il est bien fait, diffère peu du vin d'Espagne, soit par sa saveur, soit par ses autres qualités : c'est-à-dire qu'enivrant comme lui, on doit en user avec modération; et iftypocras (mélange de miel et do vin), qui, quoi qu'eu
(misse dire Pline, nous paraît être une iqueur spiritueuse très-nourrissante, il est vrait mais non si nutritive qu'elle puisse tenir lieu ab»olumetU de toute autre nourriture» et à plus forte raison prolonger l'existence. Pour la plupart des observateurs, la vin miellé a'a rien qui doive le faire préférer à un bon vin liquoreux, et ne pdssède pas des propriétés différentes.
Cidre (pomacetim). Suc de pomnle ayant éprouvé la fermentation vinfeuse.
BouXr quoique un peu piquant, il produit les mêmes effets que le vin des raisinsl, el si on en boit avec excès,' il plonge dans une ivresse plus longue et plus dangereuse qae celle que le vin produit. Le cidre est- dune une boisson saine'^ nourrissante^ pourvu qu'on u'en abuse ^i ; le meilleur est celui qui a un peu vieilli, de deux à trois ena; trop jeune, il occasionne la coHque Végétale. Ych. CoLidUB.
l^atr^ (pyroeeum). Préparé de la même manière que le cidre, le poiré, quoique plus spiritueux que Ini^ ike possède paâ d'autres propriétés.
Café. Le café est une boisson trop connue pour que nous nous arrêtioi!isà son mode de préparation; mais^ comme la plupart de oem qui se sont oecupés de ses propriétés^ ou de son action sur le corps vivant s'en sont fait les apologistes ou les détracteurs, suivant qu'ils avaient (Aservé des faits contraires, oubliant un peu trop les uns et les autres que c'est un tort *de se montrer exclusif, il nous importe de rétabtir les faits dans toute leiuir Vériléf sens enthousiasme nipréveiH tion.
le (iafé augoîeiMe l'activité de l'os^m^ et le fortifie; en conséquence il facilite la digestion chez IM pjersonnes débiles et peu irritables, en favorisant la dtsaolutitMi des aMments; il excite les fonctions animales.