ABCÈS
maliques ou critiques; et si appartenant à la première espèce ils sont froids ou chauds, attendu que le traitement ne saurait être le même dans l'un et l'autre cas. Ainsi s'agit-il d'un abcès chaud dans sa première période, on peut en arrêter l'accroissement et en obtenir la résolution par des saignées générales, si l'individu est fort et yj^ureux, et s'il y a flèfre, tandis qu'il suffit de i entourer de sangsues quand la maladieest purement locale. On peut employer aussi a vecavantage soit l'application d'un cataplasoiede graine de lin, ou deson mêlé à de la glace pilée, ou pétri avec de l'eau très froide ou glacée; soitlesfrictionssurla partie où l'abcès menace de se former, avec de l'onguent mercttriel, etc. liais si, malgré l'emploi bien entendu de ces moyens, on ne peut prévenir la formation du pus, il faut aider è la maturation de l'abcès, en appliquant sur la tumeur des cataplasmes émollients faits avec la dé-ooctioQ de feuilles de mauve et la farine de lin, la décoction de racine de guimauve et la fécule de pommes de terre, le riz bien cuit , etc., etc. Quand la suppuration est formée et l'abcès mûr, on doit l'ouvrir plus tôt que plus tard avec un bistouri ou la lancette. On aurait tort de croire qu'il soit permis au premier venu d'ouvrir un abcès, cependant il est certain
Juesi cetabcèsest superficiel, loin d'une grane articulation, etplacédans un lieu où l'on n'a point à craindre d'ouvrir une artère ou une veine d'un gros calibre, de léser un nerf, dans ces circonstances, dis-je,la ponction est quelque chose de si simple en elle-même, que chacun peut se croire apte à la pratiquer. Mais n'y aurait-il pas présomption de la part de tout individu qui n*est pas du métier de décider
Su'il ne blessera rien d'important? Mieux vaut onc en confier l'ouverture à un homme de l'art.
Bans la cnralion des abcès froids^ on tient une tout autre ligne de conduite ; c'est-àdire que dans la première période on ne saigne pas du tout, et parfois même on ne fait pas une seule application de sangsues, mais on cherche à obtenir, s*il est possible, la résolution de la tumeur, par les frictions mercurielles qui agissent à la manière des frictions avec la pommade iodurée {k grammes d'iodure de potassium pour 15 grammes d'aionge) ou, par l'application d'un emplAtre de ciguë, de fiel de bœuf, de savon, etc. Si pourtant l'abcès passe à la deuxième période, on doit en h&ter alors la suppuration, en appliquant sur la tumeur des cataplasmes de farine de fèves, do riz bien cuit, d'ognons cuits sous la ceiMlre et pétris avec de l'huile d'olive, de feuilles d'oseille cuites de la même manière (trois ou quatre poignées dont on a ôté les queues, ?t enveloppées ensuite dans une feudie de chou rouge), et broyées avec du beurre frais et du saindoux, dans un mortier. On applique ce topique très-chaud sur la tumeur et on le renouvelle soir et matin , etc. Enfin , quand l'abcès est mûr, on l'ouvre en appliquant à son centre un morceau de potasse caustique de la grosseur d'un petit pois..
Le précepte d'ouvrir l'abcès quand la suppuration est bien évidente, reconnaîtrait
ABERRRATION
une exception importante, lorsqu'il s'agit des abcès par congestion, rien irétant plu» a redouter que l'introduction de l'air dan» le foyer purulent et l'activité plus grande que cette introduction donnerait à l'inflammation ulcérative, si l'art chirurgical restait stationnaire ; mais, çrâce aux progrès qu'il a faits dans l'application des i>pérations souscutanées, on peut aujourd'hui, à l'aide d'un trois-quart dirigé verticalement sous la peau, aller percer le lover purulent dans un point éloigné de la plaie extérieure, et puis en adaptant une seringue au trois-quarl, aspirer tout le pus contenu dans la tumeur, sans que l'air puisse y pénétrer. On comprend que s'il était impossible d'avoir une seringue ^confectionnée pour cet usage, mieux vau- ^drait différer fouverture de l'abcès que do l'ouvrir par l'ancien procédé, dont les inconvénients étaient si évidents, quelque petite que fût l'ouverture, qu'on ne se décidait à la pratiquer que in exiremii.
ABDOMEN (anat.), s. m. Il dérive du mot latin abdere^ cacher, et désigne vulgairement le ventre^ le boi-venêre, — Formant la plus Rrande des trois cavités splanchniques, l'abdomen est borné antérieurement et sur les côtés, par plusieurs plans musculeux qui en ont emprunté le nom ; postérieurement, par les vertèbres lombaires; supérieurement, par le diaphragme ; et inférieurement, par le bassin. On j distinguo neuf cases ou régions qui sont ainsi circonscrites de haut en bas, savoir ; l*" Vépigastrifue, qui comprend l'épigastre et les hypocondres ; 2* l'omôtïtca/e, qui embrasse l'ombilic et les flancs; 3* Vkypogasiriaue^ qui se compose de Thypogastre et des losses-ilia-
aues. Plusieurs organes sont renfermés ans l'abdomen ; et la place qu'ils occupent est plus ou moins en rapport avec l'une des neuf cases que nous avons indiquées, sans prétendre les délimiter absolument. Nous verrons aux articles Estomac, Foie, etc. (Fay. ces articles) quelle est la situation respective de chacun d'eux, afin que, lorsqu'ils seront le siège de maladies, nous puissions assigner à celles-ci les dénominations diverses qu'on leur a affectées, selon la nature des lésions pathologiques observées.
ABERRATION (pathol.) s. f., d'aberrare, s'égarer, s'écarter. — Cette expression, qnr s'applique parfaitement aux erreurs |:)roduites par l'imagination et les sens qui nous font croire à l'existence d'êtres fantastiques, kaUucinaiionêy ou qui nous trompent sur les qualités des objets extérieurs, fausse pereepixon^ n'est «pas aussi heureusement employée quand on s'occupe' des fluides qui s'engagent dans des vaisseaux autres que ceux qui leur donnent ordinairement passase, ces déviations anormales n'étant pas le fait d'une aberration ou défaut de jugement des liquides. Aussi n'appellerons-nous nas aberration, avec certains nosologistes, le transport métastatique d'une humeur d'un point sur un autre, trouvant que c'est pousser trop loin l'analogie.
ei ABSINTHE
ABORTIF s. m. et adj.,a6orfi9tu, de o&- •ortrt, naflre avant le temps. — On applique «e mot* soit à renfant qai naît avant le terme, c*est-à-dire avant d'avoir acquis le degré de •développement nécessaire pour vivre (enfant aoortif, avorton) ; soit aux manœuvres •qui sont employées pour faire avorter une femme; soit enfin h certaines substances dont on fait usage dans le même but.
ABRÉVIATION (mat. raédic.) , s. f . — On donne ce nom à d.-s signes qui sont employés dans l'art de formuler, pour indiquer des poids, des quantités, ou certains modes de préparation. On doit distinguer les abréviations proprement dites, qui consistent dans le retranchement de , plusieurs leltres, d'un mot, de celles qui son! Actives ou purement de convention. Les premières peuvent se multiplier à Tinftni, les autres sont bornées en matière médicale à un petit nombre, c'est pourquoi nous les indiquons ici.
N« Numéro ou nombre.
S\ Livre.
3 Once.
S Gros.
9 Scnipale (24graiiis).
GulL Gouttes.