COLCHIQUE
de ITorope» et on le rencontre en septeihbre et octobre dans les prés humides et marécageux, où il attire les regards par ses grandes fleurs d'uu bleu pourpre dont le bulbe, haut de sept à huit peuces, sort immédiatement du bulbe charnu enfoncé à une grande profondeur sous la terre : elles s'épanouis-» sent longtemps avant les feuilles qui ne se déreloppent qu'à la fin de Thiver ou au commeocement du printemps. Sa racine est octlfère, aplatie de côté, couverte d*écailles noires et minces ; elles poussent quelques tubes grêles, blanchâtres, qui forment la fleur doDt nous avons déjà parlé.
La partie essentiellement active du colchique c*est la vératrine, matière alcaline organique, sans odeur, et d'uue excessive ^trelé. Son action médicinale est des plus énergiques ; aussi agit-il à la manière des j' «isoos naf cotico-âcres. On y remédie en kïsifA vomir aussitôt qu*on est appelé, si <^()â la substance n*a été rejetée par le vomissement, et en donnant largement de Teau vinaigrée ou de la limonade; plus tard on passe aux mucilagineux.
11 est douteux que l'usage médical du colchique d'automne, le seul employé en médecine, soit très-ancien ; mais que son introduction dans la matière médicale date du v* siècle, comme quelques auteurs semblent le croire, ou du commencement du xviii' seu- 1< ment, épo(|ue à laquelle il passait pour être un préservatif de la peste, toujours est-il qu'il faut arriver jusqu'en 1763, année de la publi- (âtioQ du traité dans lequel Storck a fait con« Dailre le résultat de ses expériences sur luimême et sur les animaux, pour rencontrer les premières notions émises sur sonadministratien et sur les effets qu'il produit lorsqu'il est porté jusqu'à une certaine dose. Us consistent ea etrel clans une activité plus grande de la sécrétion des urines, activité très-marquée iQéme, suivant Storck, puisqu'il la propose comme un puissant succédané de la scille, îDédicamentdont il se servait avec beaucoup de succès contre Thydropisie. Puis il en a étendu l'usage à quelques catarrhes pulmonaires dans lesquels il a cru constater son efficacité. Mais il paraît que les nouveaux essais qui fureot tentés d'après les indications qu'il avait doDoées, eurent des résultats très-variables i't peu satisfaisants, puisque ce médicament tomba dans un oubli tel, qu'il n'en est plus question dans les ouvrages publiés à la un du dernier siècle.
Quoi qu'il en soit, Hudson ayant guéri des goutteux et des rhumatisants arec une eau qui porta son nom et que les médecins an-
Êais croyaient composée d'ellébore d'après s uns, de colchique d'après les autres, ils se décidèrent à tenter de nouvelles expé* rieaces et arrivèrent à cette conclusion, que les préparations de colchique sont isolément un remède très-utile dans le traitement de la soutte et du rhumatisme. Ainsi à l'oxymel colchique, que Storck administrait à la dose de deux gros à demi-once par jour et au delà, les praticiens d'outre-Hanche substituèrent le vin de colchique et la teinture
de colchique, ei ils remarquèrent que nonseulement le vin et cette teinture guérissent les affections arthritiques et rhumatismales, mais encore que ces médicaments agissent en véritable spécifique dans ces sortes de maladies.AinsijSi Ton en croit £verarJ-Home, le vin, qu'il'a pris lui-même pendant dix-sept mois, agirait en diminuant la fréquence du pouls, et le seul inconvénient qu'on puisse lui reprocher, c'est de produire oes nausées. John Want affirme de son côté que la teinture de colchique guérit sans évacuations.
On ne s'en tint pas là'. A peine Williams avaitnl proposé de substituer les grainesaux bulbes, que de nouveaux essais semblèrent encourager cette substitution; elle parut aux expérimentateurs être plus avantageuse encore que toutes les autres préparations dont on avait usé jusque-là. D'où vient cet avantage ?De ce Que la semence est moins irritante, dit Williams, sans avoir pour cela moins d'action, et que d'ailleurs ses effets sont plus constants et plusuniformes. Chose à noter, c'est que d'après cet auteur et Hadcn, son confrère, trente individus atteints de rhumatisme grave, tant aigu que chronique, en ont éprouvé des effets aussi prompts qu'avantageux, souvent merveilleux, disentils, et Cjue chez aucun d'eux le médicament n'a déterminé des symptômes d'irritation à l'estomac ou aux intestins.
Les tentatives expérimentales faites en Angleterre ayant été répétées en Allemagne, les m^mes résultats furent obtenus, c'est-àdire que, d'après Bart, pas un seul des cas d'arthritis qu'il avait traités n'aurait résisté au vin de racine de colchique, à la dose de soixante gouttes. D'autres ont préféré se servir des bulbes et ont également reconnu leur supériorité sur les racines. Dans cette énumération, nous ne devons pas taire le nom du docteur Pitschaff qui, dans le journal de Hufelaiid, fut un des premiers à reporter l'attention des médecins sur les vertus antiartbritiques du colchique d'automne.
Les praticiens suisses et français no sont pas restés étrangers à ce mouvement des esprits vers les expérimentations pratiques à l'aide du colchique, mais ici il n'y a plus cette unanimité de succès, et les effets obtenus ont été si divers, qu'on ne sait guère vraiment ce qu'on doit attendre ou craindre de son emploi ; quoique cependant les résultats heureux obtenus par son administration soient assez nombreux et assez concluants pour lui assurer un ranj[ dans la matière médicale parmi les médicaments énergiques. Voici du reste sous quelles formes on peut s'en servir :
Vin de colchique. Pr. Bulbes secs de colchique, 1 partie; vin d'Espagne, 16 parties, ou bien d'après Locher-Balner : Pr. Bulbes frais, 2^ parties ; vin, 32 parties ; alcool, 2 parties. M. — Les pharmaciens de Paris mêlent 1 partie de bulbes à 2 parties devin de Halaga; cette disproportion avec les autres vins ne donnerait-elle pas la raison des effets variables qu'ils ont obtenus?