‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 74 sur 209 · CRISE · texte numérisé non relu

CRISE

les crachats» dans les maladies des poumons, Hanii d*uu très-grand secours dans le diagnostic de ces maladies, nous consacrerons quelques lignes à Ténuméralion des caractères divers qu'ils présentent. Et d*abord» dans le commencement de toute maladie catarrbale, la période de crudité, les crachats soûl muqueux, c'est-à-dire ne contenant que des mucosités, ou séreux ^ quand cette mucosité est très-délayée ; dans la période de coctiou et de crise, les crachats jaunissent , et sont semblables à une émulsion épaisse, ]iarfois siriés de sang. A cet état ils sont euits et se détachent facilement. Les crachats sont dits «an4;[utno/m^s, quand à la mucosité se trouve jointe une certaine quantité de san^; dans ces circonstances, if faut bien distinguer le cas où ce liquide provient d'une exhalation sanguine de la bouche, du palais, ou des parties supérieures de la trachée-artère,, de ceux où il est fourni par les pouinon3- On le reconnaît à ce que son mélange avec la mucosité est moins intime lorsqu il vijBnt des voies aériennes que de l'organe pulmonaire lui-même.

Parmi les crachats sanguinolents^ oa diS"> tingt^e ceux qui sont sanglanis ( formés par du $ang pur ou presque pur) ; êiriésy ou dont le sang^est rénandu par filets dans les mu-, cosités; rouilles , ou ceux dans lesquels ce liquide, i&)ndu avec ces matières, leur donne une teinte brunAtro qui ressemble à de la rouiUe ordinaire. On rencontre les crachats è ces différents états dans les périodes diverses de l'inflammation du parenchyme p\iU mA>naire , c'est-à-dire qu'ils sont sanglants, dans la période d'acuité , lorsque rinidammation est intense, et seulement striés ou rouilla quand la phlogose n'a pas une bien grande intensité.

Les crachats sont-ils verdàtres? ils indiquent la complication bilieuse , qu'il n'est F as rare, dans les pays chauds et pendant été, do trouver associée à la phlegmasie du poumon. Enfin, sont-iils muqueux, abondants ei continuels? ils sont l'indicé de catarrhe pulmonaire, de phthisie pituiteuse, tout comme les crachats purulenis décèlent la phthisie purulente, et les crachats sucrés, salés^ gris, noirâtres, grumeleux, la présence des tubercules dans le tissu des poumons.

CaÊPlTATION, s. m., crepilatio, de crépitare, bruit d'une fUimme qui pétille, de grains de sel qu'on jette sur des charbons ardents.— C'est le bruitquefont, parleur frottement l'un contre l'autre , les deux bouts d'un os fracturé, et c'est souvent le seul signe qui en annonce la fracture.

CREVASSER. Yoy. Gerçures.

CRISE, s. f., crisis ou »/ji«,-, jugement. — Galien prétend que ce terme a été emprunté au barreau pour exprimer un mouvement subit et accompagné de trouble, qui termine la lutte entre la nature et la maladie, et décide de la mort ou de la guérison ; ou bien encore, un combat subit et violent que la nature livre à la maladie, poui: se débarrasser de ce qui l'incommode : de là les noms de crise heureuse ou malheureuse, de crise

parfaite ou imparisile , de crtse complète ou incomplète. Pour en arriver là, dit le médecia de Pergame, elle réagit avec énersie contro les causes qui tendent à troubler l'exercice des fonctions ou à en limiter la durée, elle fait converger tous ses mouvements (quaod elle n'est pas troublée) vers un but conservateur ; elle agit par une sérmd'efTorts qa'elle {produit et dirige, et lutte avec force contre es agents qui cherchent à anéantir la vie. Fartant , on peut appeler crtse tout changement remarquable survenu durant le cours d'une maladie, suivi d'une évacuation quelconque, ou bien de toute ex^crétion arrivée à la suite d'une coction évidente, ou qu'il est possible de supposer. Lorsque ce changement a lieu promptement, c'est la crise proprement dite; dans le cas contraire, c'est-àdire quand elle a Heu d'une manière graduée et lente, c'est le lysis des anciens^

Les crises se font soil par les parties externes, au moyen des émonctoires naturels (expectoration, larmes, sueurs, urines, selles, lémorragies); soit par les parties internes (épanchements , engorgements glanduleuil Pour élre avantageuses , il est indispensable qu'elles soient subordonnées aux actes do coction, c'est-à-dire, que la crise ne doitarri^ ver qu'alors que celle-ci est bien établie , et qu'ene a été annoncée par les symptômes précurseurs à chacune d'elles ; mais, en général , par de l'a^tation et des inquiétudes 1^ nuit : Ante crùim nox inquiéta ( HippO" crate). Voici, du reste, les signes particuliers qu'on a assignés à chacuue d'elles.

Pour Yépistaxis , la douleur de tète, avec des élancements qu'accompagnent l'ardeurdij^ visage, des visions dans lesquelles le malado OPOit voir des objets colories en rouge, des étincelles, etc. : le battement des artères temporales, une respiration difficile, le prurit des narines , le tintement des oreilles, un pouls dur et diccote {Ma feriens, frappant deux fois)i, le refroidissement des extrémités, l'élévation et le gonf^ment léger des hypocondres, mais sans douleur, le regard vif et brillant.

Pour les règles , pâleur de la face , yeux cernés d'un cercle bleuâtre , lassitudes spou^ tanées , gonflement des mamelles , douleurs gra vatives aux lombes, élancements dans les parties sexueUes ,. pouls inégal, irrégulier cl rebondissant.

Pour le flux hémorrholdal , douleurs gra* vatives et sentiment de tension dans le ào^ et les lombes, des borborygmes, chaleur et prurit au fondement, légers frissons à l'intérieur du corps, pâleur du visage, envies d'uriner et d'aller à la selle, diminution des urines, pouls dur et serré , et, suivant Bordeu, inégal , roide et trerobla-it.

Pour les sueurs, Yoy. Catarrhe.

Pour les urines , la pesanteur des hypocondres,, une tension grava tive à Tépigastre, la constipation, des ardeurs dans les organes urinaires et principalîement à la vessie, en* fin , le pouls myurus , en queue de rat» et quand les urines ont coulé, la présence d un sédiment briqueté, pour les maladies bilieiJses, d'un dépôt blanchâtre au fond du vase,

CIUSE

CROTON-TIGLIUM

Jans les maladies muqueuses, d*un pus bien cooditionoé dans les suppurations interues , etc.

Pour rexpeeioroiion f une gène dans la reifûralion , une toux fréquente suivie de rnclials, rares d'abord» et qui, plus tard, de* Tiennent abondants, épais, une douleur permanente dans la cavité tboracique » qui diminue graduellement.

Pour les vomii8im€ni$ et les seUeSf voy» liUEtx {Elémeni)»

Pour les larmes et pour la solivalton, on o*a{ias indiqué de signes particuliers.

Quant aux crises internes ou celles qui ont lieu par la formation d'abcès purulents oude simples engorgements glanduleux, on peol les prévoir par ]*absence de toute évacoation et de toute faiblesse, par la per* sisUnce de la fièvre, des horripilalions, des fhsscms, du froid Sans cause externe, qui rerienoeDt par intervalles ; des urines clai-» t&f ténues, abondantes, rendues avec faci*^ Ué;des sueurs partielles; etc«i

Si nous avons insisté longuement sur Téoumération des signes propres à chaque éTacuatioQ critique, c*est que, règle génénle, il faut toujours respecter les efforts fflédicaieurs de la nature qui tendeit à aae solution heureuse de la maladie : donc il est bon de connaître les signes qui anooocent cette solution^ pour n'en point troubler rétablissement.

Jours critiques. S*il importe beaucoup au (vraticien d*étudicr les signes précurseurs des crises, il D*est pas moins important pour lui de savoir si elles ont été annoncées dans lef ;oair« indicateurs. Cet avertissement lobligeant à se tenir plus particulièrement sur ses gardes, alors il restera tranquille ipeetateur, se bornant à observer si la crise e^t parfaite. C'est cette sorte d'inactivité du médecin» pendant les jours critiques ou dtftréteurs^ qui a fait donner à ces derniers le uoiQ de eaniemplateurst et celui dHntercal* kires aux jours opposés h ces derniers.

Reste que généralement le i* jour, oui nest qu'imparfaitement critique (quanail lest, ce qui est rare), est rindicateur du 7* jour; que le 11' annonce la crise pour le l^', le 17* pour le 20% le 21* pour le 24-, le fï* pour le 30% etc. ; et que si le 3' jour, qui est Tindicatcur du 6*, s annonce par un sentiment de bien-ôtre chez le malade, qa'on ne sait à quoi attribuer, il est probat'ie que le malaae mourra le 6*, si le pratideo ne met tout en usage pour éviter cette terrible catastrophe.

il en est de même quand une amélioration, sans motif connu, se manifeste le 6' oor ; on doit s*attendre alors à voir mourir a malade au commencement du jour suivant. De même, romme les observateurs aîaient remarqué que, dans les maladies aiguës, le 6* jour était communément mortel el le 7* véritablement décréteur ou critique, avec crise salutaire, ils comparèrent le premier à un tyran qu'on doit redouter, et U second à un roi bienfai^nt qui doit être aimé. — Mais, dira-t-on, comment arriver à

trouver les jours critiques hippocratiques? En suivant les conseils ae Laennec, qui voulait qu'on ne regardât le compte des jours de maladie comme certain, qu'à partir de celui où s'est manifesté le premier mouvement de crise. Ainsi, disait-il, lorsqu'un effort critique a lieu un jour qui serait, au rapport du malade ou des assistants, le cinquième, le sixième, le huitième ou lo neuvième jour de la maladie, on doit regarder ce jour comme étant le septième, et partir de là. On verra alors que les autres crises auront lieu au quatorzième, au vingtième, en un mot, aux jours indiques comme le plus souvent critiques, par Aippocrate et par tons les médecins qui ont admis sa doctrine. C'est cette méthode qui a été constamment suivie pour la détermination de toutes les crises observées pendant plusieurs semestres, à la Charité, dans le service de Laennec, et elle ne l'a jamais induit en erreur.

CHOTON-TIGLIUM (Hiilb de), s. f. - Quoique connue depuis longues années par ses propriétés drastique et même corrosive, l'huile de croton était en quelque sorte oubliée, et on ne la citait plus que comme objet historique; aucun traité de thérapeutique du dernier siècle n'en faisant mention d'une manière spéciale. 11 était donc réservé au docteur Conwell de reporter Tattention des praticiens sur un médicament si énergique, qu'il produirait infailliblement la mort s*il n'était administré avec une excessive prudence.

Le crolon-tiglium, vulgairement graine dé Tillf/y des Moluques^ pignon d'Inde^ appartient au genre des plantes dycotjlédones, de la famille des eupborbiacées, monoecie monadelphie , L. Il croît aux Moluques où on le regarde avec raison comme un puissant drastique ; et c'est dans ses fruits que réside cette propriété qu'il possède à un très-haut degré.

Le commerce abonde de graines de pignon d'Inde, qui nous arrivent du Levant, où l'arbrisseau qui les produit est indigène. En les soumettant à la presse après les avoir préalablement mouhjcs, on en obtient une nuile épaisse, d'un brun rougeâtre, d'une odeur forte et désagréable, et dune saveur excessivement acre : c'est ce qu'on nomme huile de croton-tiglium, huile de Tillv.

Laction physiologique de cette huile quand on la met en contact avec la peau

E rivée do son épiderme, c'est de proauire ientôt une cuisson très-vive, à laquelle succèdent, en très-peu de temps, des symptômes locaux d'une inflammation fort intense ; et si répiderme n'a pas été enlevé, il suffit d'exercer des frictions sur la peau avec l'huile, pour qu'il s'y développe une inflammation vésiculeuse.

En vertu de cette propriété irritante que l'huile de croton possède éminemment, quand on la met en contact avec la pf^au, on a remarqué qu'elle agissait, ^rès-énergiquement sur la muqueuse du canal iule^ti-

CROTOiN-TICLIUM

CKOTON-TIGLIUM

nal, et c*est comme purgative qu'elle est plus généralement employée* Il est fâcheux qu'elle laisse dans la t>oucbe et dans le'pbarynx, sur la langue même, un sentiment d'ardeur et d'ftcreté que rien ne peut calmer, et qui est fort désagréable. Les personnes qui ne connaissent pas cette particularité pourraient croire que c'est parce que l'huile est rancic qu'elle produit cette sensation. Ce serait là une erreur bien grande, puisaue, si Ton mange le pignon d'Inde, on éprouve absolument le même sentiment, je pourrais même ajouter les mêmes effets, car le pignon d'Inde mâché et avalé purge abondamment: c'est une expérience que nous avons faite sur nous-même.

Purgatif énergique, Fhuile de croton-tiglium est indiquée toutes les fois qu'on a une forte révulsion à déterminer, en excitant la contractilité flbrillaire du tube intes^ final. Irritant cutané spéciflque, et, par suite, déterminant surla peau uneérui)tion prompte de boutons vésiculeux, on doit l'employer à rinstar des exutoires, quand on veut produire une dérivation puissante des maladies organiques internes ; mais pouroblenir tous ces résul tats, nous devons savoir corn ment elle s*administre, et c'est ce que nous allons faire, maintenant que nous sommes fixés sur sa valeur thérapeutique. Toutefois il faut être prévenu que son action varie en raison de ridiosyncrasie des individus, et aussi eu égard à la dose è laquelle elle est administrée ; et qu'elle produit communément des coliques vives suivies de déjections plus ou moins répétées et plus ou moins copieuses, avec de fortes cuissons à la marge de l'anus.

Quoiqu'il en soit, il sufSt généralement, pour déterminer une purgation énergique, d'administrer une goutte à une goutte el demie d'huile de croton-tiglium. C'est la dose d'un adulte vigoureux ; elle doit être moindre chez les personnes peu fortes, les femmes, les adolescents, moindre encore chez les enfants. Jamais on ne l'administre seule ou pure, parce qu'une portion d'huile et peul-étre l'huile tout entière restant dans la bouche, les effets n'en seraient pas aussi sûrs, aussi énergiques; et que d'ailleurs

I âcreté qu'elle produit à la gorge et dans la bouche seraient fort désagréables ; puis il n'est pas certain que son action se fit sentir sur les intestins, et par conséquent que lellet purgatif fût produit. C'est pourquoi on est dans l'habitude de la mêler à I eau sucrée, à la tisane, et mieux encore de la donner sous forme pilulaire. On enveloppe donc l'huile de croton avec de la confiture, du miel ou du pain a chanter, qui s'avalent facilement et portent le médicament dans l'estomac, sans que son goût soit perçu.

II ne faudrait pas argenter les pilules, les médecins ayant observé que cette enveloppe retardait l'effet purgatif ou croton. Du reste, sous quelque forme qu'on Tadministrc, indépendamment de sa saveur sur la gor^e, effet en quel((ue sorte spécifique qu'elle j>roduit, il survient quelquefois des nausées et le vopus«emenl. Nous disons le vomi.*-

sement, attendu que le malade no vomi guère qu'une fois avec difficulté, ce an n'empêche pas l'effet purgatif, qui se lai généralement plus ou moins attendre, sui vant, sans doute, le degré d'irritabilité d tube intestinal : ainsi on a remarqué qii l'intervalle qui sépare le moment del'admi nistration du remède et celui où la pre mière selle a lieu, varie entre une demi heure, douze et même vingt-quatre heure» les individus ne commençant à être évacué qu'après ce temps écoulé.

Pour éviter cet inconvénient, car c'en es un, que de rester toute la journée et toute 1 nuit à attendre un effet qui doit se produir en moins d'une heure, quelques praticien se font une règle de prescrire Thune de cm ton-tigtium par doses fractionnées : ils ei donnent une goutte d'abord, et puis ut* demi-goutte d'heure en heure, jusque ceqii* des coliques se manifestant, ils ont la corii tude d'obtenir des évacuations procfaaiDes

On remédie par là aussi à un autre incon- Ténient; celui qui résulte quelquefois di l'administration du médicament, a ladosi de deux gouttes à la fois (dose ordiiiairt chez les gens forts) ; alors qu'on ne peut d culer d'avance, nous l'avons dit, lede^'H d'irritabilité de la muqueuse intestinale h tolérance organique du sujet pour le méJn cament qu'on lui donne. A cette dose uni* que, indépendamment des phénomènes !•> eaux, on rr»marque parfois des nhénomùn«|S généraux, tels que au malaise, de ranxiéits de la céphalalgie, des vertiges, une grande fatigue ; symptômes peu constants et de peu de durée, il est vrai, mais toujours inquiétants quand ils se montrent, ce qu'on évite en la rractionnant.

De même, pour prévenir Tâcrelé à la gorge, les vomissements et les autres phénomènes que nous venons de signaler, ne vaudrait-il pas mieux administrer Thuile de croton par le fondement, en lavements, que par la bouche? Non, puisqu'on a renjarqué qu'injectée dansie rectum, ses effets éiaienl très-incertains. Et par la méthode ialralepiique, c'est-àndire en frictions sur la peau de 1 abdomen ? On avait cru, sur les affirmalion» du professeur Chiesa de Turin, que deux a trois gouttes unies à de l'axonge purgeiiunt convenablement ; mais il est résulté des expériences qui ont été faites à rhêpital de la Pitié, à Pans, que les malades à qui Ton m des frictions sur le bas-ventre même, avi'C l'huile pure de croton, ne sont point (Hirg»'*. Partant, la meilleure manière d'admimsirer ce médicament, c'est de le faire arriver par la bouche sur le tube intestinal; et la meilleure forme pour l'y faire arriver, o" mieux, les meilleures formes sont : '

!• Le Bovon crotonique de M. Cavcnlmi.

( Il se compose d'un mélange de deux paf* ties d'huile et une partie de lessive de savonnier, qui, lorsqu'il commencée s'épais^ir. doit être coulé dans un moule de faïenç« p abandonné à lui-même, jusqu'à cequu a»

fris de la consistance. On emploie ce savon a dose de deux à six grains en pilules ;•

CROLP

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