CROUP
3* Voleosaccharo'crotonim^ qui se pré- {lare en mélangeant une goutte d^huile de croton et autant d'huile de cannelle avec un gros de sucre.
3* Le mélange intime de une ou deux goatfes de croton à un demi-jaune d'œuf» au*oa étend ensuite avec une once de sirop de sucre etdeux onces d'eau de menthe, pour F. S. A. une émulsion.
Reste enfin le mode usité par Hufeland : il consiste à mélanger une goutte d*huile de croton-tiglium avec une once d'huile d'amande douce qu'on donne en une fois, répétant cette dose une heure après s'il ne s*est déjà manifesté des évacuations.
Huile de croton employée extérieurement, Nous avons dit précédemment, que par des {fictions faites sur la peau avec l'huile de croloo-tiçHura, on détermine très-rapideoent le développement d'une inflammation vésiciileuse ; nous ajouterons que ce résultat s'obtient à l'aide des frictions avec l'huile pure, dont la dose varie nécessairement suivant rétendue de la surface que l'on veut irriter. Quand on ne tient pas à ce que l'éruption soit très-rapide, on y mêle quatre, dix et même vingt fois son poids d'huile d'amande douce. La personne qui pratiquera la friction doit avoir le soin de mettre un gant de peau, si elle veut éviter l'inflammation à la peau de la main dont elle se sera servi,
CROUP, s. m., mot d'origine écossaise, adopté pour désigner une espèce d'AifoiNB, ( Voy. ce mot ), qui affecte presque exclusivement les enfants, quoiqu'on puisse la rencontrer chez l'adulte, et qui est caractérisée par la raucité de la voix, une respiration courte et pénible avec bruissement, sifflement ou stertoration ; toux faisant entendre un bruit rauque, sifilant, analogue au cri d'un jeune coq, d'une poule irritée, à l'aboiement d'un chien, au bruit clair et retentissant d'un tuyau d'airain, etc.
Cette maladie, qui s'annonce ordinairement par les symptômes d'un catarrhe pulmonaire simple, se développe, vers le cinquième jour de l'invasion de cette dernière maladie, par un resserrement extraordinaire à la gorge qui réveille Tenfant en sursaut ;
f»ar un sentiment de douleur au larynx qui 'empêche de respirer, quoiqu'il porte le cou en haut et en arrière en l'allongeant, et non en le pliant et le raccourcissant, comme dans les inflammations du poumon ; par une fièvre plus ou moins forte, un sentiment d'angoisse, durant lesquels il rend, par les efforts de la toux, du vomissement, et au milieu d'une suffocation imminente, des mucosités * plus ou moins consistantes, accompagnées quelquefois de lambeaux membraniformes étendus, rompus ou tubulés. Bientôt, par les progrès de la maladie, l'assoupissement est remplacé par un état soporeux; la toux est presque continuelle, des symptômes d'adyiiamie se manifestent et la mort arrive dans un accès de suffocation^ ou par apoplexie ; t)u bien, les symptômes dioiiûuenlla toux c^t
moins fréquente, la respiration devient plus libre et l'enfant guérit.
Le croup, qu'on a encore appelé andne trachéale, membraneuse, polypeuse {diphté^ rite)^ se manifeste dans les mêmes conditions atmosphériques et autres qui ont pour effet de produire les maladies que nous venons de dénommer. Mais attendu qu'elle attaque généralement les sujets les plus vigoureux, TU l'imminence du danger qu'il fait courir et la rapidité avec laquelle la mort arrive, il faut non-seulement s'empresser d'établir le diagnostic différentiel , mais encore d'employer les moyens de guérison les plus actifs. Or comme le croup ne peut être confondu qu'avec l'asthme aigu de Millar, ou avec le catai rhe suffocant, il nous suffira do dire avec Jurine : « L'asthme aigu n'est pas épidémigue; la toux est rare pendant l'accès, et, quand elle existe, plutôt sèche que rauque; la respiration est stertoreuse plutôt que sifflante, les malades ne se plaignent pas de douleurs au cou, les intermissions sont fortement prononcées, les urines sont limpides pendant l'accès, etc. ; » pour qu'il ne soil guère possible de le confondre avec le croup. Le diagnostic différentiel est plus facile encore à établir avec le catarrhe suffocant, puisque, dans celui-ci, la toux est moins rauque, l'oppression est plutôt stertoreuse que sifflante, l'oppression est plus constante et les rémissions beaucoup moins sensibles.
Traitement. Combattre l'inflammation spécifique et la fièvre si elle existe, ompêcher la formation de la fausse membranes l'expulser, soutenir les forces, et s'opposer au res'serrement spasmodique des voies aériennes, telles sont les indications qu'on doit se hâter de remplir. Dans ce but, quelques sangsues à la partie antérieure du cou et sur les côtés, q^a'on réitère au besoin; tes Tomitifs très-actifs qu'on administre tous les jours et quelquefois jusqu'à deux fois par jour; les insufQationsalumineuses, le calomel par petites doses dans du miel (demi-grain toutes les deux heures chez les petits enfants, et jusqu'à deux grains chez ceux qui sont plus âgés], inspiration de vapeurs chaudes, lavements salins, ou contenant une cuillerée à café de vinaigre, tout cela est indispensable les premiers jours.
Si l'état du malade ne s'améliore pas dans les premières vingt-quatre heures, on redonne le Tomitif le matin ; puis dans l'aprèsmidi, toutes les deux heures, un quart de grain de sulfate de cuivre mêlé à quelques
§rains de sucre (c'est la dose d'un enfant de eux ans). Quelques praticiens conseillent de donner ce médicament à dose vomitive d'abord, et puis, pendant le reste de la journée, à titre d'antispasmodique.
A ce titre, le musc est un excellent moyen , ainsi que les vapeurs éthérées et camphrées dirigées vers le larynx : si les menaces de suffocation continuent, on fait des frictions mercuri elles à la partie antérieure du cou, on applique les sinapismes et même un large vésicatoire; el, si l'état sopormix fait des progrès, les affusions d'eau froide ou
OjlMiR
(;vA^osfi
les caUplasmes froids sur ia tôle peuTcnt joair de quelque eflicacUé. Nous ne |)ai*lerous pas de la trachéotomie tant vantée par certains chirurgiens» parce que nous n*avons jamais co^istaté ses succès. Sans doute on prolonge les jours de Tenfant; mais s*iL ne meurt pas du croup« il meurt de pneumonie, et on a la douleur de Tavoir rait souffrir inutilement. D*ailleurs on trouve une contreindication dans remploi de ce moyen extrême, dans rignorance oh Ton est du siège de Texhudation membraneuse* et surtoiit, dans cette circonstance majeure, que Topération n'agit en aucune fa^on sur la cause spéciQque du croup.
CDIVRE* s. m., cuprum^ métal qui appartient à la section des métaux ductiles et facilement oxydables de Fourcroy. — On compte plusieurs espèces de cuivre, c*est-à* dire que ce métal se trouve à Tétat de cuivre no/iA en Suède, en Hongrie, en Sibérie ; à Tétat de cuivre pyriteux ou cuivre jaune; h l'état de cuivre argentifère ; à l'état de cuivre êulfuré : k Tétat de cuivre oxydé rouge ; à l'état de cuivre muriaté ; à l'état de cuivre carbonate bUu^ on rappelle bleu de monta*
Î(ne ; à Tétat de cuivre carbonate «erf , maachite ou vert de montagne ; et enflnà l'état de cuivre eulfati.
Les propriétés physiques du cuivre sont trop connues pour que je m'arrôte à les décrire. Il en sera de môme de ses effets to* xiques, vu que presque tout le monde sait que ce n'est point le cuivre métallique en nature qui agit comme un poison, puisqu'on peut avaler impunément de la limaille de cuivre ou des pièces de monnaie ; aussi n'infiisterai-je pas davantage là-dessus. Mais ce sur
a uoi j'insisterai, c'eet sur ce fait, qu'en s'oxyant ou en se dissolvant, le cuivre donne lieu à la formation de produits nouveaux qui, introduits dans l'intérieur du corps, déterminent tous les symptômes de l'empoisonnement. Voici en quoi ils consistent :
^ Tiraillements et douleurs déchirantes de ]*estomac ; symptômes qui sont bientôt sutvis de nausées, de tranchées accompagnées de déjections séreuses ; de soif ardente , de dyspnée, d'anxiétés à la région épigastrique, de la tuméfaction douleureuse du basventre, de spasmes, de convulsions ; d'un pouls petit, irré^lier, et quelquefois d'une isueur froide et visqueuse* etc.
11 convient donc, quand le poison cuivreux .fk été avalé depuis peu, d'en provoquer le vomissement par d'abondantes boissons li albumine (blanc d'œuf) délayé dans l'eau, qui ont le double avantage d'affaiblir Taciion du poison en le délayant, de la neutraliser môme (M. Orfiia), et d'en faciliter l'expulsion. Mais si déjà plusieurs heures se sont écoulées, il faut alors employer les boissons muciiagineuses et les lavements émol« lients. U est fies cas où il est nécessaire de recourir aux bains tièdes, à la saignée, mais e'est le médecin qui est le seul juge compétent pour décider s'il y a nécessité d'oùrrir la veine.
En flphors de ses effets toxiques, les. mé-
decins troufl^t dans le cuivre trois préparations qui peuvent être prescrites à différents titres, par exemple : 1** Uammoniure de cuivre ou cuivre ammoniacal^ qui forme la base de l'eau céleste, si vantée dans le traitement de t'ophthalmiecbrouiaue. Dans ce cas, elles'emploie k ladosede quelques gouttes par once d'eau distillée, en en augmentant progre$$ivemenila doseàmesurequela muqueuse enflammée s'habitua à l'actioD du médicament. Ainsi on trouve dans Robert Thomas qu'il a guéri en très-peu de temps une taie qui couvrait toute la cornée transparente, par suite d'une lésion locale, en introduisant chaque jour dans l'œil quelques gouttes de cuivre ammoniacal. On l'emploie avec le môme avantage dans le traitement de la blennorrhagie, de la leucorrhée, des ulcères chroniques. M. Cullerier faisait un mélange de sept gros d'ammoniure de cuivre sur un gros de nitrate de mercure, pour toucher les ulcères syphilitiques qui résistent aux mercuriaux.
Les propriétés physiques de la dissolution de deutoxyde de cuivre hydraté dans un excès d'ammoniaque (ammoniure de cuivm)»
ne sont autres que sa couleur d'un beau bleu : de là le nom de teinttu*e de Vénus, teinture de cuivre, etc., qu'où lui avait donné.
En outre de l'ammoniure de cuivre» nous avons encore ; 2* le deutacétate de cuivre^ verciet cristallisé, cristaux de Vénus, dont nousavons parié art. AcBTATBs(Foy.cemot) ; et 3* le sulfate de cuivre, vitriol bleu, vitriul de Chypre, couperose bleue, qui se trouve dans lecommercê sous forme de gros cristaut d'une belle couleur bleue, très-solubles» d'une saveur métallique, styptique, trèsdésagréable.
Poison irritatit et très-énergique, le sulfale de cuivre est néanmoins employé en Angleterre et aux Etats-Unis comme vomitif, a la dose de deux à quinze grains. C'est à ce titre seul qu'il a rendu quelques services au début des affections croupales. Nous devons faire observer toutefois que certains médecins assurent l'avoir trouvé utile dans l'épilepsie, l'hystérie, pris è doses fractionnées, et de manière à ne pas dépasser celle de deux à huit grains par jour ; mais est-ce réellement au cuivre que les malades ont dû leur guérison ? Le doute est permis ; c'est pourquoi, vu les propriétés toxiques irritantes des préparations de cuivre, mieux vaut recourir à des moyens qui ont les méot^s propriétés, mais oui sont moins dangereux, et nous en possédons.
CYANOSE (maladie bleue), s. f, — On a donné le nem de cyanose ou maladie bleue à un accident grave qui survient immédiatement après la naissance, ou plus tard, cl qui a pour traits caractéristiques la colora-; tion bleuâtre, souvent aussi uun bleu fonce (surtout après les mouvements), des extrémités, notamment des doig»s, des orteils et du visnjçe, parfois aussi du corps tout entior. Elle s'accompagne de dyspnée, principolcmciil après les mouvements, de p«'r*
CYSTITE
€YSTrFB
talions de cœur, de refroidissement el d'une faiblesse générale.
Ou lui a assigné pour cause prochaine une lésioB grave dans la circulation el la respiraliuu»qui s'oppose à la conversion du sang veineux eu sang artériel ; et, par exemple, du cùtédusjsièmecirculatoire sanguin, la persistauceda trou deBotal, Timplantation de Vaorté sur le ventricule droit, Tanévrisme du cœur, etc., etc.«et4ueôtédu système respiratoire» le défaut de développement des poumons; daus ce dernier cas, la mort a lieu communément, immédiatement après la naissance.
La durée de la cyanose n*a rien de détermioé : tantôt elte n*est que de quelques mois, tantôt elle se prolonge plusieurs années ; ooTa vue môme, dans des casft>rt rares, il i\ est, vrai, s'étendre jusqu'à vingt-cinq ans. Mais courte ou non, elle tue parla décom- ^lion progressive du sang, par l'appari- (ioo d'hémorragies asthéniques ou passives.
Sir la formation d'une collection séreuse jdropîsie), ou par l'asphyxie.
L'énoncé des causes oue nous avons assignées à la cyanose suiBt pour indiquer la marche à suivre pour le traitement. Or, CDinuie il est impossible de remédier à la lésiou organique qui la détermine, tous les efforts du praticien doivent tendre à décarboniser le sang en l'oxydant, c'est-à-dire en frisant respirer au malade un air pur, riche en oxigène. On emploie» dans le même but, les acides tant muriatique que sulfurique à Imtérieur, en bains , en lotions.
Du reste, si le nouveau-né présente l'état cjanique, on conseille de le faire fortement crier, ce moyen pouvant favoriser l'obi itération du trou ovale, tandis que si la maladie bleue n'éclate que plus tard, après de Tiolents efforts, une congestion de sang vers le cœur, le développement d'un anévrisme, Tétat tuberculeux des poumons, leur incperméabilité, l'état scorbutique, etc. ; il faut conseiller au malade les divers moyens que Ton trouve appropriés à ces différentes maladies. Voy. Amêvrismb i>u coeur, Scrofules, Scorbut, etc.
CTST1T£, s. f., cystitii de xvvric, vessie ; in Bammation de la vessie. — Cette maladie gui, outre les causes générales aux inflammations reconnaît en particulier un état hémorroïdal, Tengorgement prostatique, les métastases arthritique, rhumatismale,' ou syphilitique, la présence d'un calcul vésical, certaines lésions extérieures, etc., est caractérisée par une tuméfaction ou tension douloureuse dans riiypogastre, augmentantpar la pression, avec le sentiment d'une douleur brûlante à la vessie et éjection d'urines chaudes, rendues avec plus ou moins de dilHcuIlé (dysurie, strangurie), ténesme et constipation, fièvre plus où moins forte, fréguence et dureté du pouls. A un haut degré les urines sont entièrement retenues, le délire se manifeste, et la douleur est si violente que dés vomissements sympathiques et le hoquet se manifestent.
Comme toute inflammation orsanique, la cvsiile peut se terminer par résolution, avec des uriucs épaisses ; par suppuration, le pus
sortant mêlé avec les 'urines ou produisant des abcès ; par des fistules udnaires au pé^ rinée, au scrotum, au rectum ; enfin par mduration ou par gangrène \ aussi ne faut-il pas perdre un moment, quand elle se déclare» pour en obtenir la résolution.
Le traitement de la cystite est le mémo que celui que nous savons être approprié aux autres inflammations, sauf quelques règles, générales particulières à la rétention d'urine. C'est-à-dire que s'il y a ischurie, il ne faut jamais user de violence pour faire arriver la sonde dans la vessie, et en difl'érer l'introduction jusqu'à ce que ladouleur, occasionnée par son passage dans l'urètre, soit assez supportable et assez facile : alors on choisit une sonde flexible qu'on laisse à dlemeure tant qu'on le juge nécessaire. Mais avant d'en venir là, nous le répétons, il est bon que l'inflammation et le spasme aient été calmes par les aiitiphlogistiques extra et inius^ par le calomel, les opiacés, etc.
Rarement la cystite se déclare avec acuité ou reste à l'état aigu : le plus ordinairement elle prend la forme chronique et constitue alors ce qu'on nomme catarrhe vésical^ maladie très-commune dans la vieillesse. Dans ce cas, les urines, rehdues avec difficulté, sont glaireuses, filandreuses et déposent au fond du vase ; bien plus, la glande prostate peut s'enflammer à son tour et s'engorger; d'oùunedifficultéplusgrandepourl'introduction de la sonde, qu'il faut remplacer par des bougiesconiqiiesd un très-petit diamètre d'abord, et dont on au^ente graduellement la grosseur ; d'où aussi la sortie d'urines sanguinolentes et purulentes, quand les abcès prostatiques s'ouvrent dans la vessie,
A l'état de catarrhe vésical, la cystite, quanc^ elle est sans fièvre, réclame l'emploi des toniques locaux, etquelquefoismèmegénéraux.
Ainsi l'usage de la sonde pour viderla vessie» et des injections faites à l'inférieur de cet organe, tantôt avec l'eau d'orge mêlée à un huitième, à un quart, à un tiers de vin ; tantôt avec de l'eau de Baréges , et mieux encore l'eau de Balarue, s'il y a paralysie ; les vésicatoires aux cuisses, les douches au périnée et à l'hyposastre, les frictions sèches et aro^ matiques, les ventouses sèches, etc., unis 2^ un régime restaurant, au quinquina, etc.,^ peuvent produire d'excellenis efl'ets. Si pourtant la maladie passe à l'état de suppuration,, alors , indépendamment du chlorure do chaux employé en injection , on prescrit l'eau de chaux, à la dose d'une demi-chopino^
Ï)ar jour, coupée avec du lait, et l'on donne e quinquina : si la dégénérescence squirrhcusc de la vessie et de la prostate a 1ieu„ une potion composée avec :
Pr. : de racines de guimauve et de chiendent, de chaque trois gros. F. bouillii pendant une demi-heure dans 6 onces d'eau; ajoutez d'hydrochlornted'aininoniamie, trois gros ; de gomme arabique liquide , une once. M. — Administrée par cuillerée à bouche d'heure en heure, cette potion produit par-, fois d'excellents cU\ ts.
MS
DiRTRE
DARTRE
est
DANSE DE SAINT -GIIY. Voy. Chorée.
DARTRE, herpès, impétigo ^ serpigo, de )«^r(c« écorché, ou îpiricv, raraper, les dartres ayant pour caractère de s^élendre comme en rampant sur diffi^rentes parties de la surface du corps,— Alibert, qui, avec un esprit éminemment observateur, a éludié, sous^ leurs aspects différents, les variétés sans nombre que les affections herpétiques présentent, les a divisées en sept espèces, h chacune desquelles se rapportent un grand nombre de variétés, à savoir :
!• La dartre furfuracée, qui se manifeste sur une seule ou sur plusieurs parties des téguments par de légères exfoliations de répiderme, semblables à de la farine ou à du son, qui adhèrent fortement ou se détachent avec une extrême facilité de la peau, et à laquelle se rallient, soit la dartre rurfùracée volante ou ambulante^ oui attaque plus
Earticulièrement les indiviaus à cheveux lohds ou roux, à la peau blanche et fine ; soit la dartre furfuracee arrondie ou à plaqua circulaires, dont les bords sont plus relevés que le milieu : espèce plus commune ebez les gens forts et robustes» sanguins et bilieux. On la remarque aux extrémités et plus particulièrement au voisinage du coude ou du genou.
2* La dartre squamineuse, dont les écailles sont plus grandes que dans la précédente variété» et se détachent de la peau avec une grande facilité. Elle embrasse la dartre squammeuseAumtde, qui exhale continuellement une humeur ichoreuse plus ou moins abondante ressemblant à des gouttes de rosée (on la voit communément auxorcilles, au nez, a la bouche , aux parties génitales, etc.) ; la dartre squammeuse orbicmaire, remarquable par sa sécheresse et parce qu^elle a Taspci^t de plusieurs couches concentriques : elle occupe ordinairement les joues ; la dartre squammeuse centrifuge, qu*on aperçoit dans le creux des mains sous forme de points ou cercJes orbiculaires résultant du dessèchement de répiderme qui blanchit; et la dartre squammeuse lichénoide, qui est formée par des écailles dures, coriaces, blanchâtres, exactement analogues k des lichens par leur couleur et leur consistance.
3* La dartre crustacés ^ qui apparaît sur «jne ou plusieurs parties» en croûtes jaunes, grises, blanchâtres ou verdâtres, de formes variées. Elle comprend la dartre crustacée floresctfUe, résultant d*un suintement croûteux, assez semblable, par la couleur, à du miel desséché, qui occupe ordinairement le milieu d'une seule joue ou des deux, avec léger gonflement du tissu cellulaire; la dartre crustacée stalactiforme, ainsi nommée, parce que la croûte qui la constitue pend communément à la manière des stalactites : elle attaque toujours les ailes du nez; la dartre crustacée musciformis ou en forme lie mousse» qui se mO.itre sur les mains, au-
dessus du genou, sur le visage, avec lérir^ tuméfaction de la peau, et formée de croûtes d*un gris verdâtre, qu'une auréole rouge en* châsse pour ainsi dire dans le tissu cutané.
k" La dartre rongeante^ formée par des boutons pustuleux ou des ulcères rongeants, fournissant un pus ichoreux et letide : ils attaquent, en les corrodant sur un oa plusieurs points, les muscles et les cartilages, et s'étendent ainsi quelquefois jusqu'aux os. La dartre rongeante a trois variétés : la dartre rongeante idiopathique, ou sans cause ap[)arente , chez des individus qui paraissent sains; la dartre rongeante serofuleute, et la dartre rongeante syphilitique, dont les noms indiquent la nature,
5* hei dartre pustuleuse, consislmi en pustules plus ou moins volumineuses et plus ou moins rapprochées, visibles sur un oa plusieurs points, et contenant une matière
3ui, en se desséchant, forme des écailles et es croûtes légères» qui tombent et sont remplacées communément par des taches rougeâtres. Les quatre variétés de cette espàii sont : la dartre pustuleuse mentagn, ou occupant le menton : espèce très-opiniâtre, à cause de l'irritation entrenue par le rasoir; la dartre pustuleuse couperose, qui se fixe sur le nez, le haut des joues, les pommettes et surtout le front ; elle est commune chez les buveurs; la dartre pustuleuse miliaire^ attaquant le front des jeunes filles aui approcnes de la puberté; elle est formée de petits grains blanchâtres et luisants absolument semblables à des grains de millet; et la dartre pustuleuse disséminée, composée de boutons rougeâtres, dispersés çà et là sur la peau , boulons plus gros que ceux (it^ variétés précédentes et très-opiniâtres, la ssant» quand ils viennent à s^éteiiulre, des taches d'un rouge sale : on les voit sur la poitrine, derrière les épaules, et plus rarement sur le visage. >
6* La dartre phlycténoide : elle est constituée par des phlyctènes de forme et de grandeur variées, qui se forment sur une ou plusieurs parties» sont remplies d*une sérosité ichoreuse, et laissent après leurdesiccation,dcs écailles rougeâtres analogues à celles qui suivent la terminaison des érysipèles. Alibert n'y rapporte que deux variétés, la dartre phljctenoîde confiuente, on dont les vésicules sont si rapprocnées et ea
si grand nombre partout, qu'elles ne sont séparées entreellesque par des espècesd'écliau-
crurcs; et la dartre phlycténoide a;omr/ormis, ou le Zona proprement dit {Voy. ce mol).
7- La dartre érythémoide, se maniie.'-tani en un ou plusieurs points par des élevures routes et enflammées, produites parlegoï^j flemenl du tissu cutané. Elles se lermiueni à la longue par des exfoliations légères ae répiderme, analogues à colles de rérylnôi»'^'
Telle est la classification qu'Aliberl m^ a laissée de latrection dartrcusc; on iw*
va
DARTRE
DARTRE
reproché, ainsi qu*aux autres iiosologjstes ijui, comme lui, ont admis une multitude irespècps d'une même maladie, d'avoir surchtr^ sans nécessité les cadres nosologiqoes, les variétés qu'on a remarquées dé- ^lendant uniquement de Tindividualité. Quoi i]u*il en soit, sans nier que les dartres, sous quelque forme qu'elles apparaissent, sont toujours une seule et même affection ; sans nier que le traitement demeure toujours le môme, cependant, comme les maladies de la |ieau sont très-nombreuses, très-variées, difiWiles parfois à diagnostiquer, pourquoi s'absteoir de donner le signalement particulier de chacune d'elles, et par conséquent de chaque espèce ou variété de la dartre? n'est-ce ;>as s'exposer à des erreurs de jugement et a compromettre la santé des malades? Pour nous, nous l'avons si bien senti, que nous n*arofts rien négligé pour donner les signa particuliers de chacune d'elles.
L affection dartreuse, en général, reconnaît plusieurs causes, en tôte desquelles nous placerons l'hérédité , un régime alimentaire trop stimulant (aliments Acres, gras, salés), l'abus des boissons alcooliques, la sécheresse ou une irritation locale de la ]ieau déterminée par la chaleur ou des vètements grossiers, le chagrin, la colère chez les bilieux, la terreur, les veilles prolongées, lonanisme , la supression d'une oémorragie (ce qui rend Tapparition des dartres si commune chez les femmes à l'Age du retour), la malpropreté : aussi se montrent-elles chez les vieillards qui négligent les soins de la propreté, tout comme chez les individus qui, par leurs professions, sont exposés soit à une excessive chaleur, soit à la poussière des fours ou des grands chemins, etc.; enfin, une congestion homorroïdale, les dérangements menstruels, la gestation, etc., y prédisposent.
L*direction dartreuse constitue une maladie si désagréable, si opiniâtre, qu'il importe beaucoup de ne point la négliger; d'ailleurs elle peut devenir dangereuse par l'étendue de ses progrès et plus encore par sa répercussion a Pintérieur sur l'un de nos principaux organes; mais, attendu qu'on ne i«rvieodra jamais à la guérir si on oe commence par attaquer cet état cachectique ou général de la constitution, qui imprime son cachet à l'affection herpétique, il faut nécessairement, après avoir ordonné un air sec et pur, un régime doux, modéré, peu abondant, quelques boissons adoucissantes ; après avoir défendu sévèrement les aliments salés et épicés, gras, les boissons irritantes ; après avoir rétabli les hémorragies supprimées, remédié aux dérangements hémorro'idaux ; il faut, dis-je, combattre les vices scrofuleux, sypbihtique ou autres par des moyens appropriés; c'est-à-dire qu'on attaque directement la cachexie herpétique par des remèdes généraux, et l'exanthème dartreux par des lotions ou des onctions locales. On prescrit donc le soufre, la douce -amère, soit en décoction (2 k <t gros par jour), soit eu extrait (2 scrupules); l'antimome cru, la magués!e (4 à 5 grammes et plus par jour de
Tun et de Tatitre). Oh a beaucoup vanté aus^i soit le mélange de ces deux médicaments sous forme pihihure, à la dose de 5 à 10 pilules de 2 grains chacune, trois fois par jour; soit la résine de gaïac, la salsepareille, le soufre doré d'antimoine, la scabieuse, la pensée sauvage en décoction, coupée avec du lait. Pour ma part, j'ai tiré un très-grand parti de l'électuaire antî-dartreux de Fages. Pr. extrait de douce-amère 45 grammes, tar^ trateantimoniéde potasse porphvrisé k grammes; M. exactement. Dose : 10 grains par jour jusqu'à 8 grammes en deux ou trois prises dans la journée.
fiota. Le professeur Fages est parvenu h faire prendre k onces d'extrait et ^ grains d'émétique, par jour et en deux fois, sans provoquer de vomissement.
Les pilules d'aconit mercurielles de Double* àladose d'une pilule matin etsoir, augmentées tous les dix jours d'une pilule, et associées au petit-lait clarifié , aux sucs d'herbes et aux bains savonneux, m'ont paru très-avantageuses aux lymphatiques. Certains praticiens recommandent l'usage continu de ces bains, ou de ceux composés avec une livre d'écorce d'orme, ou de soufre : l'efBcacité des eaux sulfureuses froides est trop connue pour que nous insistions sur leur emploi.
Nous en dirons autant du soufre en nature ; véritable spécifique des affections dartreuses, nous le recommandons toujours, soit en pastilles soufrées » soit en le mélangeant à de la mélasse pour en former des bols. A ces moyens généraux, il est bon d'unir l'emploi de certaines lotions ou applications locales, en évitant toujours avec soin tout topique répercussif, à cause des métastases fâcheuses qu'il pourrait déterminer. Ainsi, en général, pour les dartres sèches et superficielles, on se sert du cérat soufré, et pour celles du visage en particulier, d'un cosmétique composé avec :
Pr. : de mercure précipité blanc, h grammes; de pommade à la rose, 30 grammes.
M.— Ce cosmétique nous a très-bien réussi.
On peut se servir éâ;alement des frictions faites avec les noix écrasées ou avec do l'huile de noix fraîche, avec le savon d'huile de coco, l'eau de chaux, etc. Quand les dartres sont humides, douloureuses, on les couvre do pommade calcaire, ou, comme nous l'avons pratiqué dans un cas de dartre croûteuse iuvétérée, le malade applique, le soir en se couchant, un cataplasme émollient sur la dartre, et le lendemain matin, quand la croûte est enlevée, on lotionne l'ulcère avec :
Pr. : de solution alcoolique d'acide prussîque, i grammes; d'eau de rose, 180 grammes. M.
A l'aide de ces moyens, l'exhudation ichoreuse a tari peu à peu, les vaisseaux qui la fournissaient se sont fermés; la guérison a été complète.
Nous ne devons pas oublier que si les dartres causent de la douleur, ce qui ar^ rive surtout lorsqu'elles ont leur sicçe à la face, on calme les sojiffrances h l'aide de compresses imbibées d*eau froide, qu'on re-
387 DATt] RA-STR AMOMl] M
nouvelle souvent ; ou bien, quand la datil<)iir est très-vive, en les recouvrant avec «es feuilles de poiréeou de plantain pilées, Hufeland assure avoir guéri par ces espèces de cataplasmes les plus affreuses dartres sujvpurantes et rongeantes à la face (s.y;cosis). H préconise également les frictions faites, trois fois par jour, avec mie pommade dans la^ quelle il entre une tasse de goudron, deux îaunes d*œufs et une tasse de crôme.
Enfin les vésicatoires et les purgatifs répétés doivent trouver place dans un traite* raent bien ordonné.
Une remarque importanto par laquelle tjous terminerons, c'est qu'il n'est pas rare, •chez les jeunes enfants, de voir se manifester, à l^époque de la première dentition, des érup« tionscrustacéesQui paraisscntappartenirà un vice darlreux ; loia do chercher à répercuter ces éruptions , on doit chercher à en favoriser la sortie par une décoction de pe]> sée sauvage, de scabieuse ou de douce-amère, ei appliquer un vésicaloire au bras. N'ou- Dlions pas que la dentition, en fluiionnant le cerveau, favorise par là les métastases humorales sur cet organe, et que tout topique répercussif déterminerait cet accident ficheui.
DATURA-SÏRAMONIDM, pomme épineuse; genre de plante, de la pentendrie monogynie, L., famille des solanées, J. Elle est très-commune en France et dans loufe l'Europe. — Il est assez facile de reconnattre le datura ii son fruit rond, hérissé (le fortes épines, à sa tige divisée en plusieurs branches droites et cylindriques, a sa racine blanche, rameuse, à ses semences réniformes,à l'odeur vireuse, fortement narcotique, qu'elle exhale, h son extrême amertume ; et pourtant il est des cas assez nombreux d^^cmpoisonnement par lestramonium.
Voici les symptômes qu Alibert a observés sur trois petites ûlies qui mangèrent des racines de cette plante.
« Pendant la nuil, état d'agitation et de délire, loquacité, pouU très-fébrile, visage rouge et animé, yeux vifs et brillants, pupille f jrt dilatée, sentiment de prurit au nez. Les trois malades éprouvaient des mouvements convulsifs et parfois automatiques des extrémités supérieures et inférieures, qui s'étendaient à tout le corps. L'une d'entre elles dansait, chantait, et ses lèvres exécutaient un mouvement continuel de succion. Daqs toutes, le ventre était ballonné, et il y avait une douleur vive à l'épigastre. » Ces symptômes , ajoute-t-il, deviennent beaucoup plus graves lorsqu'une quantité trèsconsidérable de stramoine a été avalée : c'est-à-dire qu'il se manifeste un état d'ivresse et de sommeil. iT
A ce tableau très-incomplet des symptômes de l'empoisonnement par le stramonium , nous ajouterons : la diminution de la sensibilité et de la contractilité musculaire ; un léger trouUe de la vue, la fréquence du pouls, l'élévation de la température du corps, un sentiment d'ardeur à la gorge avec soif, des urines abondantes, et patfois des sueurs; et si enfin le datura a été pris à tr^s-hauli*
BATIRA-St UAMOMUDl
dose, on reuKirque alors des vertiges, ui sentiment de faiUesse et d'affaissement ce- Itérai, un état de stupeur légère, le trouLh de la V4ie plus profond, la dilatation dei pupilles plus prononcée, de l'agitation , dei spasmes> un délire variable, des hallucina tions , une insomnie opinifltrev de la fièvre de la sécheresse à la peau, sur laquelle ï apparaît parfois une éruption scarlatinif(}f me; bref, l'augmentation do tous les synif)* tomes précités avec cardialgie, vomisso ments et quelquefois diarrhée ^ besoin fré quent d'uriner, avec dyssurie ou stra%ni rie ; enfin, état de collapsus général , refix)! dissement et mort.
On conçoit que, dans les cas de cette m< ture, il faut se hâter de faire rejeter, pa^ le vomissement, la substance toxique, H d'en neutraliser les effets par l'eau vinai* grée bue abondamment.
Le datura-stramonium , avonsHious di(« a toijyours pour effet, quand il est pris à doses toxiques, de produire des hallucimtiens siogulières, des visions fantastiques: eh bien, nous ferons remarquer, en passant. que c'est la constance de ces phénonèues qui lui a valu, ainsi qu'à la belladone, le nom d'Aerbe aux sorciers^ herbe au diahU^ que le vulgaire lui avait donné; les prétendus sorciers, qui exerçaient leui industrie dans ces siècles d'ignorance, syanl le pouvoir de feire assistei au sabbat des gens superstitieux qu'ils avaient enivrés avec ces plantes.
Il est une autre espèce d'industriels qui savaient tirer parti de cette propriété soporifique qu'a le datura-stramonium : ces individus, qui formaient une compagnie do voleurs connus sous le nom i!t9iiormtwt^ mêlaient de la stramoine è dutabacà priser; et puis, dans les lieux publies^ ils otrraient fréquemment une prise a leurs voisins qu'ils dévalisaient sitôt qu'ils les voyaient délirants et étourdis.
Néanmoins y Storck a tenté de cooveriir cette subtance en remède, et s'est loué de Vavoir employée dans la manie et l'épi/epsie; depuis on l'a beaucoup vantée dans la d^nse de Saint-Guy et plusieurs autres névroses; niais malheureusement, à oftlé d*uu ras de réussite , on en place plusieurs de véritables insuccès. En est-il de même du datura employé en vapeurs contre Tasthme?
On sait que dans les Indes Orientales, les asthmatiques sont dans rusa|e de fumer une espèce de datura [metel fait^^'^U prétendant que ce remède les soulage e< \^ guérit ; on sait aussi que bien des praticiens rapportent des faits de guérison par c« moyen, et que Laennec et Cayol se sont avantageusement servi de ce remède dans les asthmes spasraodiques ; or, dn ^^ nient où rasjdration de la fumée du datura est sans danger, pourquoi se refuserait-on à remployer î Pour ma part je n'bésiie jamais à le faire, et jusqu'à ce jour je n*| pas eu une seule fois è regretter de la^^" conseillé. Yoy. Asthme. ^
Mais c'est surtout dans les névralgies qu-
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DATURA-STKAtfOXlUtf
DELlRtr
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le daiiim-sframoniuro se montre elUcace; dans ces cm il faut Fadministrer à Fintérieur sous forme de teinture ou d'extrait, et en donner quatre ou cinq gouttas de l'une» comme le faisait Lentin , ou d'un quart de grain jusqu'à deux Krains de l'autre, toutes les trois ou quatre neures, comme l'a pran({ué J. Beçbie. On peut imiter également Kirchoff, qui employait la teinture en frictions sur le trajet du nerf douloureux» fric-lioDs qu'il faisait répéter de douze k quinze fais par jour» toujours sur la partie doulounuse» faisant observer que ce» frictions doi- Teut être continuées quelque temps encore après la guérison; ou^nfin MMr Tfmisseau elPidoux, qui appliqnentextérieurement» sur le lieu où I9 oouleur se fait sentir» tantôt «îesemplAtres composés d'un demi-gros d'ex' iml alcoolique de datura» auquel il font ajou-^ ter qaelquelois cinq ou six grains d'bydro^ ebinte de morphine ; tantôt des compresses iffibibées d'une décoction chargée par une once de feuilles pour une livre (feau ; el tantôt enfin avec une pommade composée avec parties égales de cérat et d'extrait a^ roolique. Ils ont remaraué que ce n'étaîl ipi^ ^e dans les névralgies superfieieUes et peu invétérées que ces ditfiTentes sortes de DKHiications peuvent être réellement cur»lives» leurs effets ne se fusant presque pas ressentir dans les névralgies anciennes et profondément situées. Ils ont bien tenté de traiter celles-ci par la méthode sous^ender* Miique, mais l'application de l'extrait alcoolique appliqué sur la partie de la peau déuud^G p.ir le vésicatoke est si douloureuse» ({ne malgré les avantages qu'ils retiraient de cette application» il a fallu y renoncer.
L^eflicacité de la belladone, dans certains rtiumatismes, devait nécessairement engager les praticiens h faire des expériences avec h datura dans ces sortes de maladies. C'est ce que Ton a fait, et si l'on a échoué dans quelques cas, on a réussi dans d'autres, contre les rhumatismes nerveux surtout. Il est hors de doute pour nous que les frictions avec la pommade, pratiquées sur la partie douloureuse , font beaucoup de bien.
Bref, puissant anti-spasmodique, le datura mivient parfaitement toutes les fois qu'il y a réellement k agir sur la sensibilité ou la ( oiitractilité nerveuse ; mais, comme le conseille Hufeland» pour un grand nombre de méiiieaoïents» il faut» si l'on veut on obtenir des cîTits certains et durables, continuer longtemps le remette» enaugmeuter graduellement la dose jusqu'à ce que quelques - uns des >yniptômes toxiques apparaissent, et puis e 1 lester là pendant plusieurs mois s'il le faut.
Do$€$. £n poudre le datura se donne à la dose de un à six grains dans les vingt-auv trc heures; en extrait, à celle d'un nuitsèOM^ lie grain à trois ou c|uatre grains ; en décoction ou en simple iniusioo» pour l'use^e externe» il ne serait pas sans dangei<' ile dépasser vingt ou trente grains pour huit onces d'eau : la teinture s'administre à la (liise de deux à vingt gouttes ; et, quant AUX cigarettes» on les prépare avec quinze à
vingt grafns de feuilles sèches. On peul bourrer une pipe avec cette dose et la fumer.
DÉCOCTION , s. f^» deeoetiOf de coqueref faire cuire.— C'est une opération qui consiste à faire cuire, pendant un temps plus ou moins long, certaines substances médicamenteuses dans l'eau. Parmi les plus remarquables qui sont restées dans le domaine de la pharmacologie, nous signalerons la déeociion 5/aiicAedeSydenbam, médicament très-avan-' tageux dans les diarrhées rebelles et la dyssenterie ; en voici la formule :
Pr : Corne de cerf calcinée et porphy risée (six gros}>
Mie de pain blano (deux onces) ;;
Sucre iij (trois id.) ;
Eau bouillante (1 kilog.) ;
Eau de cannelle (k Kro&h
F. bouillir une heure et coulez. — On la l9«rit par petites tasses, d'heure en heure.
Dans les campagnes, j'ai toujours conseillé ht formule suivante : Faire bouillir [>endant trois quarts d'heure, dans un litre d'eau, 30 grammes de corne de cerf râpée ; ajoutez ensuite un morceau de mie de pairt blanc, gros comme une pomme de rainette ; uti tout petit morceau ae cannelle, cf laissez bouillir pendant un quart d'heure : cela fait, coules au clair et igoutez S. Q. de sucre. On peut l'aromatiser aussi avec de Feau de fieurs d'oranger.
DËFAILLANCE. Yoy. Syncope.
DÉGODT, s. m.» etôt fastidium^ aversion pour les aliments. — On aurait tort de confondre le dégoût avec Tinappétence» celle-ci n'étant qu'un défaut d'appétit» mais sans répugnance des aliments. Chose remarquable dans l'état de maladie, les malades éprou* vent du dégoût pour ce qu'ils appâtent quelquefois (e plus^ l'ivroRue pour le vin, le fumeur pour la pipe» et le retour de ces goûts est un signe de convalescence.
Le dégoût est quelquefois un signe de grossesse, et peut s'étendre à tous les ali* ' ments ; quelquefois il est un signe de Tatenie de Festomac » etc. C'est pourquoi les eaux et les pastilles de Vichy, de Seltz» les amers, etc., conviennent parfaitement.
DÉLAYANTS» adj. plur. pris substantivement» rfî/tieiUîa.— En pharmacologie on donne ce nom aux boissons aqueuses çenéralemeni acidulés ou aromatisées, qui» prises en abondance» absorbées et portées dans le torrent de la circulation» vont augmenter la masse du sang. Tels sont l'eau pure et sucrée, aromatisée avec l'eau de tfeurs d'oranger ; les sirops d'orgeat» de groseilles, etc., étendus de boaucoup d'eau, etc.
DÉLIRE, s. m., ddiriumf aberration de l'esprit caractérisée par l'association d'idées incompatibles» que le malade prend pour des réalités.— Généralement symptomatique des autres maladies» le délire doit peu nous oo* cuper au lit du malade; quant au traitement qui lui convient; mais comme» dans bien des cas» il peut nous éclairer sur la gravité de la maladie concomitante , il importe d'étudier cette aberratipn de Tintelligence au point de
DÉLIRE
DÉLIRE
vue du diagnostic. Et d*abord, nous devons snvoip qu'il est des individus, qui pour la plus légère indisposition, pour un simple rhumo de cerveau, délirent la nuit pendant leur sommeil; il en est même qui délirent habituellement en dormant, môme en pleine santé : nous avons ouï parler d'un franc buveur qui, ayant une fracture, délirait si on lui supprimait totalement le vin, et cessait de délirer sitôt qu'on lui en accordait un litre par jour ; on conçoit que, dans des circonstances pareilles, la présence du délire doit peu nous inquiéter. Il en est de môme soit au délire qui accompagne les fièvres muqueuses , car ici c'est constamment Tombre qui suit le corps, soit de celui qui se montre durant les fièvres bilieuses, ou pendant la période d^éruplion des maladies eianthématiq[ues, etc. Mais quand il se mêle à une irritation interne du cerveau, c'est un symptôme grave (Voy. Encêphalie), el bien plus çrave encore si c est une inflammation de poitrine : dans ce cas le délire est généralement un signe mortel. Voy. Pnbumonib.
A propos du délire, il est une chose qu'il faut soigneusement éviter, à savoir, de le confondre avec la folie. On sait, par exemple, que le^ hystériques, les hypocondriaques, etc., ont une idée fixe, délirante, qui les domine et ne les quitte pas de longtemps; eh bien, chez eux, on aurait tort d'appeler du nom de délire une semblable vésanie. Reste que le délire symptomatique ne doit servir, nous le répétons, que pour faire juger du de^ré de gravité de la maladie pendant laquelle il se montre ; (]uecette maladie peut être considérée comme grave, lorsque le malade délire sur des objets qui ne lui sont pas familiers ; au lieu qu'elle l'est moins quand, dans son délire, 1 individu parle de cnoses qui lui sont habituelles. On pourrait croire, dans ce cas, que ce ne sont que de simples rêvasseries, dans lesquelles la mémoire se ressouvient.
Une connaissance que nous devons au délire, connaissance que* d'autres faits confirment, c'est la distinction et la séparation aue les anciens établissaient entre le côté roit et le côté gauche de l'homme, qu'ils appelaient l'homme droit et l'homme gauche. Ainsi nous avons entendu raconter au professeur Broussonnet, dans ses leçons de clinique, que les militaires venant d'Espagne, qu'il avait soignés de la fièvre putride, se plaignaient, dans leur délire, quand l'hmnme droit était atfecté, que l'individu, l'homme gauche, qu'ils croyaient placé à côté d'eux, dans le môme lit , était leur ennemi, un méchant qui buvait le vin et les bouillons qu'on leur donnait, leur laissant les remèdes qu'ils étaient obligés de prendre. Un prisonnier esf>agnol ulfrit quel* que chose de plus curieux : a la fin de la maladie, il demanda qu'on fft enterrer l'homme qui était là à sa droite, couché près de lui, parce qu'il l'incommodait beaucoup par sa puanteur. Ainsi, nous disait notre nutlre, ce soldat demandait à ôtre enterré comme homme droit, et en même temps il demandait à manger comme homme gauche.
Cette espèce do délire aurait pu servir à indiquer le côté malade.
On a pu remarquer que le délire, dans les cas dont il s'agit, était un symptôme dV taxie ; il peut être quelquefois aussi le ca* ractère dominant des fièvres pernicieuse*!, et alors, quelle que soit son intensité et IVs» peçt extérieur du sujet, hésiter à donner le quinquina serait une faute grave. Etablis* sons par des exemples Tutilité de cet amipériodique, les faits parlant haut et se gra* vaut profondément dans la mémoire.
La femme Sauier, née Jeanjean, âgée d'environ quarante ans, d'un tempérament lym* phatique, était affectée d'une ulcération cutanée à laface dorsale de la main droite, ayant à peu près deux pouces de diamètre et offrant dans son milieu un point fistuleux qui fouN nissait une très-petite quantité de suppura** tion. L'individu qui lui «donnait des soins avait voulu plusieurs fois sonder celte ou* verture, mais la malade s'y était constamment refusée, lorsque le 3 mai 1827, il insista beau* coup et l'effraya tellemeut qu^elle s'y soumit.
11 introduisit donc dans le point fistuleux un stylet, qu'il dirigea dans toutes les directions, occasionnant par cette manœuvre des douleurs très-vives, et il ordonna ensuite de recouvrir la partie d'un cataplasme émollient. Nous devons faire observer que la femme Sanier venait de terminer son repas lorsque cette petite opération lui a été pratiquée.
La nuit suivante fut très-agitee; la malade ne put coûter les douceurs du repos; elle se plaignait de pesanteurs d'estomac ; la main était très-douloureuse et tuméfiée.
La journée du 4 mai et la nuit qui suivit furent assez paisibles et la douleur supportable ; mais le 5 la scène changea : la malade, après un léger frisson qui eut lieu vers les SIX heures du soir, éprouva une chaleur brûlante dans la partie affecrée; un délire frénétique survint : elle voulait quitter son lit et s'emportait contre les mauvaUei langtm qui la calomniaient. La température de la
[>eau et les battements du pouls étaient dans 'état naturel ainsi que les autres fondions. Cet état se dissi|>a dans la matinée du 6, sans qu'il eût été employé aucun médicament. C'est pourquoi, croyant trouver dans les symptômes que j'avais observés, tous les caractères d'une fièvre intermittente ()eruicieuse, je n'hésitai pas àprescriredixgrainsde sulfate de quinine, à prendre dans une potion antispasmodique, avant le retour de 1 accès. La plaie, qui offrait une escarre gangreneuse l'occupant en en lier, fut cou verte de quinquina pulvérisé. Le régime se composa de bouillons gras, et de la tisanne d'orge pour boissoo.
Le soir l'accès reparut, il fut plus long que celui de la veille; la plaie avait toijyoursle même aspect, et pourtant il n'était survenu aucun changement notable dans la température du corps, c'est-à-dire, dans l'état normal de la peau; nulle accélération, nul ra* lentissement ne s'étaient manifestés dans les battements de la radial^. Prescription : iS grains de sulfate de quinine k prendre |)eO' dant l'apyrexie; môme régime.
Vïô DÉLIRE
Le 7 au malin, cessation complète de l'accès : la journée fut calme, mais vers les tujze heures du soir le délire reparut avec ))ius de violence que jamais, et s accompagna d'accidents graves. Ainsi, au délire succéda un assoupissement profond, auquel se joignit le refroidissement de toutes les parties du corps, le tronc conservant seul quelaues restes de chaleur; en même temps la malade Hàii da!is un état d'insensibilité tel, qu'on ptjuvait lui pincer fortement la peau, la tordre même, sans que la femme Sanier parût eu être affectée. Les yeux étaient fermés , temes et larmoyants ; les lèvres et la face [kibs, le pouls intermittent et à peine sensible : les cris, le bruit le plus fort, ne purent la réveiller. Nous fîmes appliquer les sinapismes aux mollets, et recommandâmes aux p&renls de venir nous prévenir si elle sortait de cet état d'assoupissement et d'insensibiiirJ générale.
Quelques heures après avoir fait cette recommandation, vers les trois heures du matJD, nous fûmes appelé. La malade nous reconnut, mais ne conservait aucun souvenir, n'avait aucune connaissance de ce qui s'était passé. Les sinapismes n'avaient pas rougi la peau, néanmoins une légère moiteur couvrait la poitrine et le ventre, les autres parties conservaient encore leur température froide : 15 grains de sulfate de quinine furent prescrits.
La femme Sanier en prit sur-le-ebauip six crains, et puis trois grains de deux en deux heures. La soirée de ce iour-là, l'accès ne parut point et la plaie présenta, tout à l'entour, uu cercle inflammatoire indiquant que la gangrène était bornée, et que la force médical rice tendait à détacher l'escarre.
Les 9, 10 et 11 mai, tout sembla s'améliorer, et Tescarre se détacha : même régime ; cataplasmes émoUients sur la plaie.
Le 12, sans que la malade eût fait aucun écart de régime, les symptômes d'un embarras gastrique se manifestèrent : les pesanteurs d*estomac, l'inappétence, reparurent; la bouche devint pâteuse, la langue humide el recouverte d'un enduit jaunâtre, etc.Quinze grains d'ipécacuanba, unis à un grain d'émétjque. Turent administrés en trois prises é^les, à un quart d'heure de distance l'une de l'autre; ils provoquèrent des vômisser ments abondants de matières jaunâtres, et plusieurs selles très-fétides. Mieux sensible, suppuration abondante : même régime.
Le li, les symptômes de saburre persistant, un purgatif ordiuaire fui administré; il détermina plusieurs évacuations par le bas. A dater oe ce jour, à laide d'un régime rigoureusement observé, et des applications émollientes sur la plaie, l'état de notre malade s'est amélioré avec une rapidité telle Muselle a pu reprendre ses occu()ations le 20 <iu luème mois, sans que, depuis cette époque jusqu'au iour de la publication de celte observation (Revtte médicale^ 20 mai 1830), il fût survenu aucune altération nouvelle <laus sa santé. Ses travaux étaient pourtant assez pénibles, puisqu'elle passait ses jour-
Diction ."«. de Médecine.
DELIIIE
nées h couper du bois dans les garrigues Jo la commune.
Plusieurs choses fort importantes se sont passées dans cette observation, et nous croyons devoir les faire remarquer à nos lecteurs. D abord, l"* elle offre un cas de Gèvre intermittente, pernicieuse, délirante, qui prouve que le délire ne tient pas toujours h une maladie du cerveau; 2* nous n'avons ^ eu recours à aucune évacuation sanguine et nous nous sommes borné à la seule administration du sulfate dequiuine quid*abord a paru aggraver les accidents, et qui, pns.à des doses plus élevées, s'est alors montré eilicace; 3* un embarras gastrique s'est déclaré immédiatement après la cessation des accès, et il a cédé à son tour aux évacuants; k" enfin, elle confirme ce qu'on a dit généralement du daiv ger d'irriter une plaie quelconque, d y déterminer de la douleur pendant que la digestion s'opère, la douleur ayant été la cause déterminante des accès délirants que nous avons eus à combattre.
A ce fait très-important, à cause des conséquences pratiques que nous enavons déduites, mais dans lequel le diagnostic était assez facile, vu l'absence de la fièvre, nous en ferons succéder un autre plus curieux, plus singulier encore, et non moins utile, cliniquement parlant, puisqu'une méprise devenait excessivement facile, vula nature du mal et l'ensemble des symptômes que le malade nous offrait. En agissant ainsi, nous voulons prémunir nos lecteurs contre toutes les formes insidieuses que des fièvres dites pernicieuses peuvent prendre, et leur éviter la douleur de voir mourir le malade au troisième accès.
Olivier, âcé de vingt-neuf ans, fort et vi{joureux, n avait eu que les maladies ordinaires à l'enfance, plus, à dix ans, une fièvre maligne dont il fut délivré, on n'a su nous dire comment, et enfin, en avril 1835, une ophthalmie inflammatoire, dont nous le guérîmes par une saignée, quelques sangsues, des collyres résolutifs et un régime approprié.
Le dimanches mai delà même année, Olivier fut toute la journée, par un temps pluvieux, ramasser des escai%ots,et ne rentra chez lui qu'à huit heures du soir, ayant ses chausseset sa casquette trempéeset ses habits mouillés; l'humidité n'avait pourtant pas
J)énétré jusqu'à la chemise. Aussitôt sa émme lui chercha querelle sur son imprudence et une petite altercation s'établit entre eux.
Les lundi et mardi, Olivier fut travailler comme de coutume sans se sentir incommodé; seulement, le soir du mardi, il fut bnisque et satirique envers sa femme, ce qui n avait pas encore eu lieu depuis leur mariage.
Entin, le mercredi 6, après avoir travaillé de très-grand matin chez lui, notre individu alla à sept heures à son atelier. Là ses camarades lui firent remarquerqo'il avait les paupières enflées, et lui demandèrent malignement s'il venait dequittor le lit : il répondit
DÉLIRE
DÉURE
que non, «l continua son ouyrage. Rentré diez lui à neuf heures pour déjeuner, il chercha de nouveau querelle à sa femme ({ui, étant très-sensible et très-irritable, eut îme attaque de nerfs. Olivier appelle sa mère et quitte la maison : il ignore luimême où il a été et ce qu'il a fait.
Revenu à deui heures de l'après-midi, il était dans un délire vague et léger, se plaignant d'un violent mal de tête. Sa physionomie était animée, ses yeux hagards et d'une mobilité extraordinaire. C'est à ce moment que nous le vîmes pour la première fois, et c'est alors qu'on nous fit part de tout ce que je viens de raconter. Après un bain de jambes pris très-chaud, vmgt sangsues furent appliquées aux malléoles, et les pieds remis à feau sitôt ces insectes détachés de la peau. On laissa saigner les piqûres jusqu'à ce que le liquide eût été fortement rougi.
A huit heures du soir , le malade était assez calme : il dormit bien la nuit suivante ; mais le lendemain, à neuf heures du matin, le délire reparut avec des idées assez bizarres, c'est-à-dire qu'alors que toutes les fonctions étaient à leur état normal, Olivier, en véritable halluciné, croyait voir des diables qui s'avançaient vers lui pour l'assassiner. Ils étaient par milliers, disait-il ; il y en avait de grands et gros comme des éléphants, et des petits comme des fourmis. Mais il n'en avait pas peur, pourvu qu'il fût armé d'un couteau pour se défendre; il était sûr en le leur montrant de les mettre en fuite ; aussi voulait-il toujours l'avoir à la main. 11 reconnaissait parfaitement tout le monde, nous désignait les lieux où se trouvaient les démons, et prétendait qu'on lui avait tiré des coups dfe canon dans les jambes, montrant les piqûres des sangsues comme étant le résultat des décharges des pièces d'artillerie qu'on avait pointées sur fuL Puis, le délire changeant de nature, Olivier se trouvait à Mayorque avec un camarade, où, ayant acheté une çrandequanlilê d'oranges, il proposait à sa femme d'en faire une salade ; un moment après il était transporté dans l'Ile de Calypso, où, nouveau Télémaque ^ il voyait les njrmphes danser autour de lui. Une autre fois il se trouvait au Pérou, et il racontait aux personnes qui l'entouraient la manière dont oa extrait l'or des mines. Vingt nouvelles sanssues furent appliquées, cette fois, au cou, et elles donnèrent abondamment.
A quatre heures de l'après-midi, le malade avait recouvré sa tranquillité, ne se rappelait pas ce qui s'était passé dans la matinée; il iglior^it ce qu'il avait dit, vu et entendu.
Ce calme, qui succédait à un état d'exaltaiion si violente, nous faisant soupçonner le caractère pernicieux de la maladie, douze grains de sulfate de quinine; furent admiuistrés dans deux onces de sirop simple, que le .malade prit par cuillerées à bouche d*Ueure en heure, pendant la nuit.
Le 8 au matin état normal de toutes les fonctions : le soir, Olivier mange une petite
soupe et tout se passe bien. Tontefois, sa femme étant dans la rue, elle Ait accostée par un passant qui lui reprocha d'avoir, par ses provocations, occasionné les accès que son mari avait éprouvés. Cette dame monte chez elle, fait nart à Olivier du cancan qu'oa vient de lui faire : celai-d s'en émeut, le délire reparaît, et la nuit suivante se passe presque sans sommeil : il ne dormit que quelques heures.
Nous le vîmes le 9, à huit beuresda matin; il était calme, mais il avait les conjonctives rouges et imi)ressionnables à la clarté du jour; les paupières étaient très-enflées. Noos prescrivîmes de nouveau dix grains de sulfate de quinine, dans la même quantité do véhicule et administrés dé la même manière ; dix sangsues, cinq à chaque tempe» furent appliquées à un pouce de oislance des
8aupières,comme préservatif de l'ophthalmie. ^èsle soir même la rougeur des conjonctiTes disparut, le gonflement des paupières fut dissipé : le délire ne reparut pas.
Le 10, tout se passa au gré de nos désirs, et le 11, Olivier put reprendre ses habitudes et ses travaux.
Ce fait, si je ne me trompe, est un cas unique de fièvre intermittente pernicieuse avec hallucination du sens de la vue pendant l'accès. Dire ce qui a pu amener ces visioas fantastiques, serait chose assez facile, mais pour éviter les répétitions» voy. HALLiciivi- TiON. Reste que, malgré le délire, la céphalalgie, la rougeur des yeux, symplônies qu on rencontre habituellement dans les maladies de l'encéphale nous avons reconnu le caractère pernicietix de cette maladie et
—■ ' '""'ant les dépléti»""'' eoncminac Ift-
élaê physique c
..^^*, 'indiquait pas, - -
au sulfate de quinine, nous avons cmt les accès délirants et prévenu l'inflammation de l'œil.
Bbliiuijm trbmbns. s. m. — Sous lenom de délire tremblant (delirium tremen»), délire nerveux, folie des ivrognes {delirium [ebm potaiorum) etc., les pathologistes décrivent une maladie survenant chez les buveurs de
[profession, et qui est 04iractérisée par un déire, souvent avec violence extrême, sans le moindre signe d'une congestion sanguine vers la tète; pouls fébrile mais petit, s accompagnant de tremblements, d'insomnie ei d'autres symptômes de spasme. .
On conçoit qu'une maladie qui reconnaii pour cause déterminante l'abus des boissons alcooliques, doit réclamer avant toutes choses la cessation, si ce n'est absolue, complète, ou moins relative de toute boisson excitante, w attendu que la sensibilité de l'esUHnac e des intestins est vicieusement exaltée,"»"» chercher à la calmer par un narcotique assw puissant. L'opium jouit de celte propn^^» surtout lorsqu^il est administré a haute do e. On ne doit donc pas craindre de donner ao un à deux gros de laudanum liquide ae^) deuham dans les vingt-quatre heures, et aw sister sur son emploi jusqu'à ce qu u r"^
DÉUVRAiNCE
DÉMANGEAISbiN
duise le sommeil ; car on a vu alors, dans quelque-^ cas, malheureusement trop rares, les malades s'éveiller guéris.
Indiquas la marche du delirium Cremens atiu que, 8*il s'établissait d'une manière graduelle, on pût par des conseils éclairés en prévenir rentier développement.
Dans ce cas IHvrogne éprouve peu à peu, au débat, de l'inappétence; son sommeil est léger et troublé par des rêves fantastiques, effrayants; les facultés intellectuelles, la mémoire surtout, s'affaiblissent; un léger tremblement musculaire se fait bientôt remarquer et la maladie acquiert toute son intensité. Od observe donc un délire furieux avec hallucination, qui cesse et se reproduit alternativement à (Tassez courts intervalles; ou bien va délire calme et tranquille, dans lequel V'uidivida s'occupe exclusivement de ce qui a /anport à ses nabitudes : il s'y joint par* ^ le tremblement ou chevrottement de la vdix, l'insomnie, et rarement des secousses tétaniques. Après quinze ou vingt jours de durée, ou le malade guérit, ou il expire cmfiorté par une attaque d'apoplexie , ou il devient fou.
Ces dernières terminaisons sembleraient indiquer l'emploi des évacuations sanguines; cependant elles n occupent guère qu'un rang secondaire dans le traitement, et ce n'est que chez les sujets pléthoriques qu'on peut les utiliser.
Voilà à quoi s'exposent les buveurs (les ivrognes), qui se laissent entraîner par leur fuDf ste penchant : ils ruinent leur constitution obysique, et dégradent leurs facultés monues. Voy. l'article Ivrogivbrie de mon Dictionnaire des Passions.
DÉLITESCENCE, s. f., delUe$eentia, de de- /î/eacere, sa cacher, disparaître. —Disparition brusque, subite, sans accidents consécutifs, d'une tumeur ou d'une éruption quelconque, avant qu'elle ait parcouru ses périodes. On dit alors que la maladie s'est terminée par d éJ i t escen ce
DÉLIVRANCE, s. f., liberaiio. — Dans la science des accouchements cette expression sert à désigner la sortie spontanée, ou provoquée par l'art, du placenta et des envelopf les du fœtus, hors des cavités de la ma- Ince et du vagin.
Les accoucheurs n'ont pas arrêté d'époque fixe à laquelle on doive nécessairement procédera la délivrance de la femme qui vient d'accoucher; cependant c'est une chose qu'il importait beaucoup de régler, attendu que généralement, surtout à uu premier accouchement, la famille de l'accouchée et celle-ci elle-même ne sont tranquilles qu'après que le délivre est sorti naturellement ou a été extrait. Or, que faire en pareille circonstance ? Attendre d'abord qu'une heure et même une heure et demie se soit écoulée après la sortie de Tenfant avant de procéder à son extraction par l'introduction de la main dans l'utérus. Ce n'est pas qu'on ne puisse examiner plus têt dans quelles conditions se trouve le placenta, et exercer sur le cordon des tractions légères pour l'at-
tirer au dehors ; mais on ne doit se permettre celte manœuvre qu'alors qu'un quart d'heure ou une demi-heure s'est écoulée depuis l'expulsion du fœtus, c'est-à-dire après que les douleurs de reins et les coliques, qui annoncent de nouvelles contractions de la matrice et le décollement complet du placenta, se sont manifestées; à ce moment, en saisissant le cordon et en le suivant, on trouve une portion du corps placentaire engagée dans l'orifice utérin, d'oit il tend h descendre dans le vagin. Alors, si l'art n'intervient pas, l'arrière-faix poussé petit h petit arrivera dans le conduit vaginal, et sera même expulsé à l'extérieur.
Toutefois, attendu que, dans la délivrance naturelle, ce n'est guère qu'après deux ou trois heures que rexpulsiou complète du placenta a lieu; qu'il pourrait s'écouler même des jours entiers avant qu'elle s'opérât, si l'art n'intervenait, l'opinion généralement admise parmi les accoucheurs est que, si après un quart d'heure ou une demiheure d'attente après la sortie de Tenfant, l'arrière-faix n'est pas expulsé, mais seulement engagé, on doit l'extraire. S'il n'est pas engagé, on attendra davantage.
Le manuel d'extraction placentaire est fort simple, et nous ne l'exposerons pas : nous ne dirons pas non plus comment on se comporte dans les cas plus difllciles^ ces manoeuvres exigeant la présence d'une personne expérimentée; mais ce que nous poserons comme règle générale, c'est que, dans l'immense majorité des cas, l'homme de l'art doit intervenir et délivrer la femme par les procédés ordinaires, lorsque une heure et plus s'est écoulée depuis que l'enfant est sorti.
Si par hasard le resserrement du col de la matnce ou des adhérences très-fortes ne permettaient pas que l'arrière-faix fût extrait, il ne faudrait point pour cela désespérer des jours de la malade, l'expérience ayant prouvé que le placenta pouvait' être expulsé petit à petit, même après plusieurs mois de séjour dans l'utérus depuis l'accouchement. Dans ces circonstances, il faut faire des injections fréquentes et répétées avec l'infusion de camomille pour éviter les effets de la putréfaction.
Dans le cas de grossesse de deux jumeau i, faut-il opérer la délivrance du premier-né avant la sortie du second enfant? Non, à moins que le délivre ne se présente de luimême à la vulve. Hors cette présentat'on naturelle, il faut toujours attendre; mais sitôt après la sortie du second jumeau, la femme doit être immédiatement délivrée pour éviter l'hémorragie utérine à laquelle toute grossesse gémillaire expose l'accouchée.
DÉMANGEAISON, s. f. (prurit^, pruritus, — Elle consiste dans une sensation pénible que bien peu de gens n'ont pas ressentie, et qui a spécialement son si^ek la peau, où chacun est excité à se gratter sitôt que cette sensation se manifeste éii uu point quelconque.
La démangeaison est un symptôme de
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