DIGESTION
de menthe et do camoaiille, de chaque 60 grammes; mucilage de gommo arabique, 15
grammes. M. S. A. Dose : une cuillerée k ottcbe de deux en deui heures.
Après la cascarille, il place la muscade, et enfin Topium, leplus sûr de tous les moyens, mais aussi le plus dangereux, et oue, par celte raison, on ne doit jamais employer qu*eQ Tassociant aux apéritifs.
Quelque puissants que soient ces moyens, ils ne sauraient suffire dans les diarrhées chroniques, atoniques. Sans doute que dans ce cas le Colombo uni aux poudres calcaires, les narcotiques, et la cascarille, etc., peuvent être utilement employés; mais ils ne seront efficaces que si on leur associe les boissons vineuses bues* froides, le quinquina, les martiaux, les frictions fortifiantes sur Fabdomen, les douches froides sur les mêmes parties, les bains salés, les lavements d'eau froide, en un mol les astrinsents et les toniques, au nombre desquels le diascordium (un gros plusieurs fois par jour dans une cuillerée de vin) doit trouver place.
DIASCORDIUM, s. m. — Si nous mentionnons réiectuaire qui se prépare avec les feuilles de êcordium et plusieurs substances astringentes, toniques, aromatiques, c'est que nous l'avons vu employer et que nous lavons employé nous-même avec succès dans le traitement des diarrhées atoniques chez les vieillards affaiblis par Tftge, chez les nouvelles accouchées qui ont perdu beaucoup de sang pendant Vaccouchement et après la délivrance, et dont les lochies ont été très-abondantes, etc.
On a proposé souvent de bannir de la thérapeutique, soit cet électuaire, soit bien d'autres que Ton conserve tout préparés dans les o(ficines;mais les succès du diascordium sont si marqués, que longtemps encore cette préparation sera usitée. La dose est de un à deux gros.
DIATHÈSE, s. f., diathesis, ou 9MtfTtç, de ImviBnfih je dispose. — Disposition particulière de certains individus à être affectés de telle ou telle maladie : de là les noms de diathèse cancéreuse, dartreuse, etc., que l'on a donnés aux maladies qui se transmettent par hérédité.
DIFFUSIBLES, s. m. et adj., de di/fundere, répandre. — On a donné ce nom à des médicaments qui, se répandant instantanément dans l'économie, sitAt y être introduits, réagissent très-promptement sur le système nerveux qu'ils excitent. Les éthers, Palcool, les huiles essentielles ont cette propriété : aussi les appelle -t- on stimulants dt/fu- »ibles,
DIGESTION, s. f., dige$tio: fonction par laquelle des substances étrangères à notre corps étant introduites dans l'appareil digestif et soumises à l'action successive des organes qui le composent, changent de qualité, ou, en d'autres termes, perdent, par le travail de cet appareil, les combinaisons sous lesquelles elles existent, et, en dernière analyse, prennent une forme spéciale à l'aide de laquelle un fluide particulier^ nommé chyle,
sera pomf.é par les vaisseaux absorbanti, et servira à recomposer le corps en fournissant au sang les matériaux*qui lui sont nécessaires^ Plusieurs actes sont indispensables pour que cette fonction s'exerce d'une manière convenable, et comme bien des accidents peuvent survenir , si ces actes sont imparfaitement ou ma) accomplis, nous allons en faire rénuméralion, afin
au'on puisse les favoriser. Us consistent ans:
1* Vappétation^ qui embrasse la faim et la soif, et est généralement en rapport arec le besoin de réparation des forces : on conçoit que plus est vif ce besoin, plus les mets ou les boissons que nous prenons flattent nos goûts et notre appétit, plus au&si ils seront facilement digérés ;
2" La dégustaiion^ qui, suivant que Taliment nous plaît, fait que nous le gardons plus on moins dans la oouche ;
3* La masticcUion^ qui a pour effet de bien bro^'or les substances alimentaires et de favoriser ainsi leur imprégnation par la salive;
4* Vinsalivation ^ condition essentielle d'une bonne digestion;
5** La ehymification, ou formation du chyme dans l'estomac par l'imprégnation ou/le mélange du Suc gistbiqub (Voy. ce mol), avec la pâte alimentaire;
6" La chylification , ou la formation da chyle dans le duodénum, par la bile et le suc pancréatique, qui, en se mêlant au chyme, complètent de la sorte ainsi l'acte de la digestion.
Indépendamment de ces actes qui doivent nécessairement s'accomplir, il est certaines lois organiques, vitales et morales, qui favorisent ou empêchent plus ou moins Taccomplissement de la digestion proprement dite, lois que nous devons nécessairement connaître pour concourir, s'il le faut, à leur exécution : ainsi, indépendamment de cette règle générale qui veut, pour que la digestion s'opère bien, que les aliments soient appelés^ la répugnance avec laquelle on les
Erend, empêchant seule qu'ils soient bien rovés et Bien insali vés et par suite bien digérés, il y a encore des règles particulières qui s'appliquent à la digestion stomacale,et,parexemple : Pour que festomac fonctionne Bien, il faut A une cùneenîraiiw modérét des forces vitales sur ce viscère ; et ce qui le prouve, c'est que s'il est trop ou pas assez excité, il ne digère pas. L'art de bien digérer consiste donc k rétablir l'équilibre, ce qu'on obtient avec les alcooliques jjour les estomacs paresseux et faibles, avec l'eau froide ou l'eau glacée quand il y a une trop grande excitation. Qui ne sait qu'en birer, alors que le froid concentre les forces sur l'estomac, un verre d'eau fraîche précipite la digestion après un repas copieux, tandis gue, en été, il faut prendre du thé ou une infusion aromatique? .
En outre de cette concentration des lofces, il faut B Vintégrité des nerfs de h nuh tième paire^ du cerveau et de la moelle <p*niêre: Tinfluence nerveuse ayant une aclw«
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bien puissante sur la digestion : c*est pour ceU que les travaux de cabluet immédiatement après le repas, une sensation vive, la eiiière surtout, Tusage des plaisirs sensuels, l'impression du froid, une douleur vive, arrêtent ou suspendent complètement cette fonction, et donnent des indfigestions.
II faut encore C que la quanlité d'aliments ingérée soit relative aui habitudes que Von a contractées : une remarque que nous devons faire h ce sujet, c'est que si une trop grande quantité de nourriture prise à un repas est mal digérée, tout le monde le sait ; au contraire, et ceci peu de personnes le safeiit, c'est que les aliments pris en trop petite quantité ne passent pas mieux, et cela saos doute parce que Testomac n'est pas assez excité. On lit dans Camper qu'il a vu un jeune lion qui digérait cina à six livres de viaude, et qui rendait cet aliment par Tanus Jiitfle môme état qu'il Tavait pris quand OD oe lui en donnait qu'une livre.
Une autre remarque que l'on a faite, c'est qu'il importe de manger toujours aux mé^ mes heures, la répétition de certains actes à des époques régulières faisant contracter aux organes des habitudes qu'on ne saurait rompre sans accidents plus ou moins marqués et plus ou moins durables ou fâcheux. Nous ne saurions donc trop veiller à Taccompl ssement d'une fonction qui, en déflnitive, fournit le chyle, ce fluide éminemment réparateur. Voy. Nutrition.
DIGITALE POURPRÉE, s. f., digitalis purpurea. — Plante de la pentandrie monotonie, L.; de la famille naturelle des scrofulaires, J., qui croit spontanément dans les lieux arides et rocailleux, sur les montagnes et dans les terrains sablonneux; elle est indigène et bisannuelle.
Les propriétés physiques de cette plante sont : feuilles ovales et aiguës, corolle obtuse, odeur vireuse du végétal, goût acre, nauséeux, mais qui est plus ou moins prononcé selon la saison et l'âge de la plante, iVune amertume fort peu agréable. Sa racine n'est pas employéon ses fleurs le sont peu, parce qu'elles n'ont pas une activité assez marquée; il ne reste donc que les feuilles, en oui résident réellement les propriétés médicamenteuses qu'on a reconnues à la digitale. Et comme l'odeur se nerd par la dessiccation , M. Merat et Delens disent de les cueillir au moment de la floraison, de choisir les plus grandes, et plutôt celles du haut de la tige uue celles du bas, et de les faire séciier à 1 ombre. Il ne faut pas les garder plus d'un an» car, après a* laps de temps, elles ont déjà beaucoup perdu de leur vertu.
La digitale applii^uée sur nos tissus produit une action irritante, locale, très-prononcée, qui peut aller même jusqu'à la désorganisation des tissus, Tulcération. C'est pourquoi, quand elle est ingérée à dose toxique dans l'estomac, il survient d'abord les sympt6uies d'une inflammation violente de ce viscère, et en outre, comme phénomènes l'jtisensuels ou sympathiques, aes vertiges,
des nausées, le vomissement, de la titubation, l'altération de la vue, la cécité, la faiblesse musculaire, le délire, des sueurs froides^ le refroidissemeut général ou partiel, la dyspnée, la rareté et l'intermittence du pouls, la syncope, la cardialgie, le hoquet, des mouvements convulsifs et la mort.
Secours à administrer dans ces sortes de cas. On a conseillé les délayants donnés abondamment; cependant quelques médecins préfèrent des petites doses d'opium; et quand les accidents deviennent formidables, tous sont d'avis d'appliquer les vésicatoires et de donner une infusion de menthe ou de tilleul pour boisson; on administre même les amers dans quelques cas.
Nous ne parlerons pas des propriétés physiologiques de la digitale, ce sujet intéressant ayant été traité dans notre préface (yoy. p. 49 à 5^]. Nous nous arrêterons donc a ses propriétés diurétiques, réellement constatées, et dirons dans quelles maladies on doit en user.
D'abord nul ne conteste aujourd'hui que ce médicament ne jouisse d'une eflicacité
marquée dans les dnférentes espèces d'Iiy-
seule ou associée aux préparations de scille, et toujours nous avons eu à nous louer de son emploi.
Convient-elle également dans les maladies scrofuleuses? U semblerait, d'après Haller, que oui, puisqu'il raconte avoir administré,
tendant plusieurs mois, la digitale à un omme scrofuleux par cause héréditaire, et que, sous l'influence de ce médicament, les symptômes s'adoucirent et disparurent presque entièrement. Plus tard, ayant traité un individu atteint d'un ulcère à la cuisse droite, qui avait fait de grands ravages, et
f>our lequel on pensait devoir recourir à 'amputation, Hailer le mit à l'usage d'une petite cuillerée de suc de digitale dans une demi-bouteille de bière chaude. Cette préparation, continuée pendant quatorze jours et aidée par l'action de catasplasmes faits avec les feuilles de digitale qu'on appliquait sur les ulcères, ne tarda pas à détergcr les ulcérations et à animer les chairs ; bientôt l'état général du malade s'améliora et après quelques mois la guérison était complète. Ce grand médecin a cité encore quelques observations qui sembleraient établir incontestablement 1 efScacité de la digitale dans l'aifection scrofuleuse ; mais, soit que nous ayons des médicaments plus puissants, plus constants et moins dangereux, soit que les expériences ultérieures n'aient pas eu les mêmes résultats que ceux qu'il avait obtenus, je ne sache pas que la digitale ail été classée dans la matière médicale parmi les anti-scrofuleux.
Par contre, Rasori a voulu l'y faire rentrer à titre ae contre-stimulant. « Guidé, ditil, parles observations de Wilhcriiig et de
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D»rwin, j'employai la digitale* il jr a dii ans, dans divers cas d'hvdropisie, et \e m'aperçus qae son utilité était bien moins le pitH duit de Faction spéciale qu'on lui attribue communément, soit sur les reins, soit sur le système lymphatique, que de- son action générale sur la diatnëse (c'est l'état sthénique ou par excès de stimulation morbide) ; et comme j'étais convaincu que la méthode débilitante était la seule avantageuse dans ces maladies, je classai la digitale parmi les agents que je nomme contre-stimulanls :
reipérienco m'a prouvé qu'elle est des plus actifs. »
Partantdonc de ce principe, Rasori ordonna la digitale dans toutes les maladies aiguës et chroniques, quelle que fût leur forme; il l'administra dans la pneumonie aiguë inflammatoire, n'y adjoignant la saignée gue lorsqu'elle marchait avec trop de rapidité pour que l'action de la digitale pût suflire, et il enregistra des succès nombreux. Bien* tôt il ne se borna plus à remployer dans la peripneumonie, il l'appliqua ensuite à l'ophthalraie et assure avoir guéri son malade en treize jours, par le seul emploi de la digitale en poudre, à la dose de huit grains par jour, etc.
Il est curieux d'opposer à la méthode des médecins contro - stimulistes italiens (par les médicaments k haute dose), l'action non moins puissante des doses infinitésimales, des médecins homéof)athes, qui eux aussi citent des cas de guérison avec leurs globules homoeopathiques ; mais à côté de leurs succès, dont la nature fait tous les fVais, mettent-ils les insuccès qu'ils ont éprouvés? Ils s*en gardent bien I Reste que ce que nous savons de mieux sur la digitale comme remède, c'est qu'elle agit comme un puissant diurétique, et qu'en dehorsde cette propriété on peut soutenir, avec le même avantage, le pour et le contre de ses effets médica* teurs.
On a essayé plusieurs manières d'administrer la digitale. Withering et Darwin en ont surtout préconisé la décoction qui consiste à faire bouillir légèrement douze grammes de feuilles de digitale dans trois cent quatre-vingts grammes d'eau : sa dose est de deux cuillerées à bouche par heure, et lorsque les malades la supportent bien, on peut augmenter un peu cette quantité. L'infusion doit être préférée, quand on veut des effets plus margués; on la fait en versant dans un vase clos une demi-bouteille <l*eau bouillante sur quatre grammes de feuilles de digitale ; après avoir procédé à la colature, on ajoute trente-deux grammes d*une eau spiritueuse quelconque. Dose : 60 grammes par jour en deux rois, moitié le matin et moitié le soir; et si le sujet est robuste, on peut augmenter de 30 grammes. Pour ma part, j'ai toujours employé l'extrait ou la teinture, le premier àl'intérieur, etla dernière en frictions ou en fomentations à l'extérieur [Foy. Hydropisie). Quand on veut employer 1 uneou l'autre de ces préparations, on |H>ul donner relirait en commençant par la
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dose de deux & trois grains par jour, qu'on augmente graduellement; et quant à la teinture, on en fait entrer de 10 à 30 {gouttes dans une potion, qui se prend juar cuillerées dans les vingt-quatre heures. Chez les enfants, on donne an quart de grains, jusqu'à un et deux grains de la poudre de digitale, dose qu^on élève progressivemen,t mais qu'on est forcé d'interrompre quelquefois pour y revenir plus tard. On doit recommander que la poudre soit verte et d'une forte odeur de foin.
DIPLOPIE, s. f., diplapia^ de diir>Mr, double, et d'u^, œil, vision, défaut d'harmonie dans les fonctions des deux yeux, qui fait qu'on voit les objets doubles. Yoy. Vision.
DIURÉTIQUE, s. f., et adj., diureticus, de dtouofWy qui a pour racine eSpoy, urine. — il se ait en matière médicale des médicamt^nts
aui ont la propriété d'augmenter la sécrétion es urines.
Toutes les boissons rafraîchissantes bues en abondance, surtout guand elles sont nitrées, ont la propriété de pousser fortement aux urines. Je n'en connais pas de plus simple que celle dont nous devons la composition au professeur Gay, habile pharmacien à Montpellier. Sa formule consiste dans :
Pr.: Suc de réglisse en poudre très-Gne et gomme arabique, de chaque quatre onces ;
Sel de nitre, quatre gros.
Mêlez.
On fait dissoudre à froid une once de cette poudre dans une pinte d*cau, qu'on boit dans la journée. Assurément rien n'est plus commode pour les voyageurs.
DOGMATIQUES, adj., pris substantivement de <67fft«, dogme, et de ^««tw, je pense. — C'est le nom que l'on a donné à une secle de médecins, qui avaient adapté le raisonnement ou la logique à la discussion desfdits, et au traitement des maladies. N'ayant aucun égard à la force élémentaire du corps vivant, et ne considérant que la dilatation ouïe resserrement, des atomes qui le constituent, ils ramenèrent tous les états DQorbi- Tiques à trois faits principaux, le resserrement, iirictum^ le relâchement, laxum^ et rétat mixte, mixtum. Thémison, qni fut le chef de cette secte, abusé par la philosophie corpusculaire, voulut diriger les doctrines médicales vers un solidisme exclusif, et eut en outre le tort de se servir des analogies, et des indications communes à plusieurs maladies, sans réfléchir que ces analo^es sont souvent trompeuses. C'était donc faire un mauvais usage de la logique.
DOTHINENTÉRITE. Voy. Typho».
DOUCE-AMÈRE, s. f., $olanum duleamaraf L. ; pentendrie monogynie, L ; famille des solanées, J. — Ce végétal croît abondamment en Europe, dans les prairies aqueuses, dans les bois numides, etc.
11 n'est peut-être pas de médicament dont on ait tant vanté la puissance et tant exalté les propriétés médicales que la douce-aiûère: aussi en est-il bien peu qui, après avoir joui
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DaUCC-AMÈRfi
DOUCE-AHÈRE
AU
<t)n]me elle d'une très-grande rogue, soient tombés dans un discrédit aussi marquant. D'uù cela peut-il provenir ? du danger qn*il j a déjuger des effets d*une substance plus nrec les yeui de la passion qu*avec un es^ (tritcalineet réfléchi, rien ne nuisant à l'objet flont on fiiit l'éloge comme Timpossiblité où il est de soutenir une réputation que TexallatioD seule lui a faite.
Ces réflexions s'anpUquent surtout à la doace-amère qui a où à des hommes trèséminents (Boerhaate, Linné, Sauvages, etc. ) is grande faveur dont elle a joui à la fin du iviit* siècle, et qui, bien certaine^ ment ne mérite pas TouMi dans lequel certaios médecins voudraient la laisser. N'est-ce l>as, en effet, que Culten l'a donnée avec ifaotage dans Id rhumatisme chronique ?
que luncker, Blaîr, de Haen, Font vue réussir diQsle catarrhe et l'asthme humide, et cal* mer Toppression qui accompagne certaines «Sections pulmonaires? Ce dépuratif puissant o'agit-il pas avec elDcacité dans les maladies exanthématiques ? Pourquoi donc tant la dédaigner ?
Le docteur Feltz, pour faire le plaisani, dsDS son compte rendu de la thèse de M. Bertrand Lagrezie (soutenue è Paris en 17M), inlilnlée, Eiêai sur letraiiemeni des dartres , assure qu'on peut raconter, dans une demipage tout le contenu de cet ouvrage, et voici comment il l'analyse : Avez-vous une dartre ou des dartres, prenez de la douce-amère. —Mais c'est une dartre miliaire? Bon ; vous la guérirez avecdeladouce*amère. —Mais pour une dartre vive 7 La douce-amère. — Et si elle était pbagédénique ? Il n'y a pas d'autre moven de vous en débarrasser c[ue l'usage de la douce-amère. — La dartre qui survient au visage, aux mains, à la poitrine, aux parties génitales; celle qui procède du vice des humeurs et des aliments, des suppressions; la dartre communiquée , celle qui est héréditaire ; toutes, en un mot, cèdent comme par enchantement, à l'emploi de la douceamère.... Il existe à la vérité d'autres remèdes, tels que les dépuratifs, les diaphoréliques et les sudorifiques, les eaux thermales, etc; mais, comme la plupart du temps tous ces secours sont inutiles... Enfin tenez-vouseo à la dottce-amère. J'avoue que c'est dire plaisamment quel est le contenu de la thèse de H. Lagrezie; mais j'aurais préféré que M. le docteur Feltz, au lieu de se borner à bire une épigramme sur la passion de La- Krezie à l'endroit de la douce-amère, eût discuté sérieusement de ses propriétés ?
Pour nous, qui avons foi dans les asser^ lions des Carrère, des Starke, des Poupart, desSwediaur, etc., etc., témoiguagesqm permettent d'avoir conOance dans les propriétés médicales de la douce-amère contre les maladies dartreuses, les scrofules, les syphilis constitutionnelles, et toutes ces affections diverses qui assiègent les malades, lorsque des maladies cutanées se sont su|)rM;ifflée8 et que l'économie semble en souffrir profondément ; pour nous, qui savons Que le docteur Chrichion a publié une série
d'observations qui constatent l'efficacité de ce médicament dans le traitement de la lèfire , qui n'ignorons pas, car plus d'un auteur l'a répété, que M. Bretonneau de Tours regarde la douce-amère comme un des agents les plus utiles dans le traitement du pruriso, du psoriasis, de l'ichthyose et de toutêi les maladies chroniques dont nous venons de
INirler, qu'il la considère en un mot comme e dépuratif le moins infidèle; pour nous enfin, qui l'avons employée dans la plupart de ces affections avec des succès assez constants, nous avons vu, dans la critique de M. Feltz, non le désir d*éclairer une question délicate, mais le besoin de faire un trait d*esprit. Estr-il d'à propos ?
Quoi qu'il en soit, essayant, autant qu'il est en notre pouvoir, de restituer à la douceamère le rôle qu'elle doit définitivement occuper dans l'histoire médicale, nous dirons que, donnée brusquement à hautes doses, elle peut produire de la céphalalgie, des nausées, des vomissements, l'ivresse , des spasmes , l'embarras delà langue, le délire, la nymphomanie, un état de stupeur profonde , des sueurs abondantes, la suppression et la rétention des urines, un flux copieux de salive avec un sentiment d'ardeur à la gorge , etc., accidents que l'on combat au début en provo-
9uant des vomissements et en emnioyani es boissons acidulées. Ils cèdent d'autant plus facilement que la douce-amère, au dire d'Alibert, jouit d'une propriété vénéneuse très-faible, comparativement à celle de quelques autres végétaux de la même es()èce qu'elle.
Et, quant à ses propriétés médicales, nous dirons que la douce-amère peut être utilement employée toutes les fois que l'on voudra cofflbiattre une dyscrâsie humorale quelconque ou épurer le sang, comme on le dit vulgairement; et que si quelques médecins n'en ont obtenu que des succès médiocres, c'est qu'ils l'ont employée avec trop de timidité et pas assez de persévérance, certaine règle genéraledansl'emploide quelques substances voulant, on ne saurait trop le redire,, qu'on arrive graduellement à déterminer des effets toxiques légers, preuve certaine que les effets du médicament sont réellement ressentis par tout l'organisme ; ainsi commencer par de petites doses que l'on aug- «^ mente progressivement, jusqu'à ce que la vue se trouble légèrement et qu'il survienne des nausées, des vertiges, etc., voilà comment il faut procéder. Il est bien entendu qu'on reste à cette Quantité, jusqu'à la disparition complète de la maladie pour laquelle on l'administre.
La douce-amère se prescrit en infusion ou en décoction à la dose de seize «rammes de ses tiges (c'est la seule partie de la plante
3ui soit employée) dans un kilofjramme 'eau. On la coupe souvent avec du lait, pour en rendre le goût moins désagréable : la
Quantité de feuilles mises à infuser peut être levée jusqu'à trente grammes dans le mémo véhicule.
La dose de ce médicament, en poudtcou en