ETAIN
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ces circonstances fâcheuses, rien n*est plus urgent que de rappeler Térysipèle, ou du moins de le compenser ; ce qu'on obtient en appliquant un sinapisme sur le point qu'il occupait, et en donnant à Tintérieur les bols camphrés et nitrés (S grains de nitre et igreindecamphre^de deux en deux heures).
Dios les cas graves, on sai^e, on met un Tésicatoire sur le siège primitif de Téruption, et OD donne le camphre uni au nitre comme il rient d'être dit.
EanipiLB phlegmonbux. L'inflammation éry^péiatease ne se borne pas toujours à la peau, souvent elle s'étend et affecte également le tissu cellulaire sous-cutané, ou bieu elle ne se manifeste qu'à la suite d*un («lèiDe, ou infiltration séreuse ; de là les
DMks d'érysipèle phlegmoneux et celui d'é-
rjsipèle oedémateux qu'on leur a donnés.
Dins l'un et l'autre de ces érysipèles, la (oaJadieest grave, vu la facilité avec laquelle |j gangrène s'empare de la partie enflammée. Heureusement qu'il est assez facile de la re- Cfooaitre, le gonflement énorme de la partie lualade uni à cet empâtement œdémateux lie la peau, gui fait qu'en comprimant la lumeur érysipélateuse, le doigt y forme une euiprefnte semblable à celle qu'on obtient en pressant du doigt de la cire molle, ce caractère, dis-je, étant un signe tout à fait pathogDomcmique.
Lorsqu'il en est ainsi, le moyen de guérison le plus sûr, et qui nous a constamment réussi, c'est le vesicatoire apnliqué sur toute la surface de l'érysipèle. Ce moyen, queDelpech, notre maître, a proposé, et qu'il employait toujours, a eu, dans ses mains et dans les nôtres, des succès si constants, que fious n'avons jamais eu la pensée d'en employer un autre. A ce propos nous devons laire observer qu'il ne faudrait pas confondre Térysipèle phlegmoneux avec celui qui accompagne quelquefois les lésions traumatiques (plaies d'armes à feu, d'armes blanches), chaque fois que ce dernier s'est montré (ambulancedu bazarBonne-Nouvelle, où nous étions en juin 18M), nous en avons toujours arrêté lus progrès, circonscrit le siège et amené leur guérison en recouvrant la surface ^nllammée soit avec de l'amidon en poudre, qu'on renouvelait à chaque pansement, soit, dans les cas plus graves, avec la pommade au nitrate d'ai^ent.
Nous ne parlerons pas en ce lieu de Féry- Mpèle qui entoure, sous forme de ceinture, 'a poitnne ou une des régions de Tabdo- <J>en, cet érysipèle devant être l'olget spécial ^'«n article. Foy. Zoni.
ERYTHEHE, s. m., erythema, de l/»ve«/ia, fpugeur. — C'est une inflammation superficielle de la peau qui ressemble beaucoup à i^rjsipèle, mais qui en diffère en ce qu'elle 1'^ jamais vésiculeuse, et qu'elle ne s'ac- ^pÂgne jamais de fièvre. Des bains , un ^^me rafraîchissant, etc., la font disparaître i^cileiDent.
Cahotique, s. m. et adj., tsearoHcus, A ^^ escarre. — C'est le nom qu'on a oonne a toute substance qui, appliquée sur
une partie vivante, l'irrite violemment, la désorganise et la fait tomber en mortification, en £scAERE {Yoy. ce mot). Les alcalis caustiques, les acides minéraux concentrés, plusieurs sels métalliques, etc., ôntcette propriété.
ESCARRE, s. f., escharaj ivx^fm^ croûte. — L'escarre est une espèce de croûte noire ou brunâtre, qui résulte de la mortificatiou et de la désorganisation d'une partie vivante, soit qu'elle survienne spontanément à la suite d'une inflaronuition, soit qu'elle résulte de l'action d'un Caustiqub lYoy. ce mot).
ESQOINANCIE. Voy. Amnz.
ESSENTIEL, a(i|j.— 11 s'applique, en pathologie, aux maladies organiques ou vitales indépendantes de toute autre affection primitive ; c'est par là qu'elles se distinguent des maladies symptomatiques. Voy. Maladie, Classifications.
ESTHIOMÈNE, nom donné à l'ulcère rongeant. Voy, ULcàRB.
ESTOMAC, s. f., ventricutuSf yocor^/i. — C'est un organe ou réservoir musculomembraneux,conoide, allongé, recourbé d'avant en arrière et de haut en bas, suivant sa largeur, légèrement aplati sur les deux faces, situé dans répigastre et une portion de l'hypocondre gauche, au-dessous du diaphragme, audessus de l'arc du colon et du meso-eolon transverse, entre la rate et le foie. Il communique en haut avec l'œsophage, auquel il est uni par son ouverture cardiaque ; et en bas avec le duodénum, au moyen d une ouverture dite pylorique, garnie d'un bourrelet circulaire et aplat), fibreux, perpendiculaire à l'orifice, destiné à favoriser l'occlusion com- Ï>lète de l'estomac lorsqu'il se contracte sur a p&te alimentaire. Ce bourrelet, c'est la valvule pylorique.
Trois tuniques concourent à sa formation. Elles ont pour usages, savoir, la séreuse ou membrane externe, celui de maintenir le viscèredans les conditions nécessaires pour qu'il
(misse remplir ses fonctions sans se rompre; a rnusculeuse ou moyenne, celui depresser,à Taidede ses fibres longitudinales, circulaires et obliques, la pAte alimentaire pour qu'elle s'imprègne des mucosités par lesquelles elle est baignée; et enfin la muqueuse ou membrane interne, celui d'exhalerlesucgastrique.
Les artères de l'estomac viennent de la coronaire stomachique, des deux gastro-épiploïques, de la pylorique et de la spléniquc; ses veines se terminent à la veine-porte : ses nerfs sontfournisparlepneumo-gastrique et les trois divisions du plexus cœliaquc.
L'estomac est l'organe de la chymification. Voy. Digestion.
ETAIN, s. m., stcmnum. — Employé jour-' nettement aux besoins des hommes, Tétain est si connu par ses propriétés physiques,
Su'il serait superflu d'en faire la description, ous dirons cependant que, remarquable par sa blancheur éclatante, léger, mou, ductile, il s'oxyde diversement et peut, en se combinant à d'autres substances minérales, être utilisé à plus d'un titre.
L'étain, considéré en tant qii'il jouit de pro-
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l>riétés Biédicmales, nous constaterons que, couiine anlhelminthique, c'est de tous les métaux» après le mercure, celui qui a joui de la «plus grande réputation. Déjà, vers le milieu du xvu* siècle, la limaille d'étain, à la dose d*uu deroi-^os à un gros, était conseillée contre le ténia eu ver solitaire, et cette dose étaii répétée plusieurs jours de suite. Plus 'tard cette propriété vermifuge a été constatée ^avec des succès trop marquants pour qu*on .puisse douter de son efficacité : entre autres «utorités que nous pourrions citer, se trouvent celles de quelques médecins anglais et italiens, et parmi eux Rudolphe, qui en donnait jusqu'à cinquante grammes aans un sl- Top ou un électuaire.
Il y a plusieurs procédés à suivre pour Vadministration de Pétain. Alston employait ià poudre très^fine de ce métal, à la dose de •trente-deux grammes, après a voir commencé le traitement par un purgatif. Il mêlait cette substance avec cent vin^*huit grammes de mélasse ; le troisième ou le quatrième jour il donnait la moitié de celte dose, et finissait la cure par un purgatif. L'étain, en substance, entre dans Telectuaire vermifuge de Spielmao, qui a joui lui aussi d'une certaine célébrité ; il se compose avec :
Pr. -.^taifi pur et mercure coulant distillé... de chaque une once : Faites un amalgame S. A., et ajoutez : carbonate de chaux purifié et magnésie anglaise... de chaque une once; puis mêlez exactement et incorporez le tout dans : conserve d'absinthe. . . trois onces ; sirop 4ie menthe... S. Q., pour donner au mélange la <;onsistance d'un électuaire. Dose, un gros le matin et autant le soir, tous les jours.
Nous en dirons autant de la poudre de Brugoatelli, qui n'est autre chose que le sulfure d'étain, qu'il administrait pulvérisé, soit seul, soit mélangé avec du sucre ou de la magnésie, à la dose de quatre grammes, quatre fois par jour, aux personnes qui avaient des vers ou le ténia.
ÉTAT, s. m., status^ àxfi«. — C'est le plus haut degré de violence, l'apogée, où peuvent arriver les svmptdmes d'une maladie pendant la période aaugmeni,
ETHER, s. m., œtker^ «£0ù/b, air, de nîlu, je J^rûle, j'enflamme. — Nom générique donné à des liquides très-odorants, incolores, limpides, très-légers et inflammables, doués d'une très-grande volatilité, d'une odeur pénétrante, suave, cordiale, d'une saveur légèrement chaude et caustique, puis tout à coup froide et aromatique, qui proviennent de la distillation des acides par l'alcool. On en fa-
1}fique de plusieurs espèces, distinguées en-
On emploie de préférence en médecine l'éther Sttlfurique ; c est pourquoi nous le prendrons pour type, dans Vénumération que nous allons faire des propriétés physiologiques et thérapeutiques des éthers.
A 1 état sain, quand on prend une certaine quaatité d'éther sulfurique, un gros et demi
en une seule fois, pirr exemple, comme h fait M. Trousseau, rien ne peut rendre la sensation qu'on éprouve lorsque le liquide est dans la bouche et qu'on veut l'avaler. C'est une explosion de suffocation insoliie de chaud et de froid, si pénétrants et si intenses, qu'on ne peut analyser ce chaos d'impressions. Ce qui reste, c'est une chaleur assez vive qui, à mesure que le liquide descend (la déglutition en est fort laborjeuse)« se fait sentir à l'œsophage, puis à l'estomac. Une fois que le goût et l'odorat cessent d'êtro affectés par la saveur spéciale et Todeur subtile et suave de l'éther, les phénomènes consécutifs sont ceux produits par Talcool, avec celte différence que ces derniers sont plus prononcés, s'étendent bien plus aux organes de la circulation, se dissipent moins promptement, et jettent dans une stupeur latigante, une ivresse crapuleuse; tandis que l'action de l'éther se borne à exalter un peu, mais subitement, la susceptibilité sensonale, avec quelques légers vertiges, auxquels succède bientôt une certaine obtusion des sens, comme elle serait produite par l'iolerposition d'une gaze très-fine entre les stimuianLo extérieurs et toutes les surfaces de relatiou, en particulier celles de l'œil, de l'oreille et des instruments du tact et de la vue. Joignez à cela un peu de tumulence à la conjonctive, quelques fourmillements erratiques parcourant assez agréablement la peau des extrémités, tout cela s'évanouissant au bout d'une heure, et faisant place à un grand bienêtre, à une réfocillation fort salutaire et à u» appétit extraordinaire. Le pouls et la chaleur ne sortent guère de leurs limites physiologiques, et la sécrétion urinaire n'augmente pas. L'éther sulfurique a été classé parmi les antispasmodiques diffusibles ou stimulants ; on comprend dès lors qu'il ne convieot guère que dans les névroses par atonie, alors qu'on veut obtenir un effet immédiat C'est
f)Ourquoi, dans les maladies flatuleotes par àiblesse des voies gastriques, dans la syncope, etc., on se sert de quelaues gouttes d'éther versées sur un morceau de sucre, que l'individu croque et avale rapidement, ou delà vapeur d'éther qu'on fait inspirer aux malades : sous ce rapport, nous ferons observer au'il est bon de s assurer, avant de placer un acon sous le nez d*une hystérique tombée en syncope, ou qui se trouve dans un accès d'hystérie ; il fiiut s'assurer dis-je, si elle oe eratndrait pas l'odeur de l'éther, attendu aue, dans ces cas, les inspirations éthérées proton* gent l'accès; nous avons été témoin plusieurs Ibis de ce fait, et c'est pourquoi nous le signalons. Hors ces cas^ les aspirations d'éther |jur, une cuillerée à café d'étner que rbysténqae avale, quand ladéglutition n'est pas empôcnée par le spasme de l'oBSOphage (boule hystérique) ,ideterminent une stimulation orgaiiiay<) et Vitale qui est fort avantageuse. Ou reste, les médecins l'ont si bien senti, qu*il est rare que l'éther n'entre pas dans les potions calaiantes que l'on donne aux personnes nerveuses dun( Testoinac est faible et paresseux.
U y a longtemps que cette vertu cordi^^'
ETHEA
ETHEKiSATION
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Jei'élhera été constatée ; car déjà dès 1768 Smilli en faisait le plus grand éloge, assurant TaToir employé avec succès comme cordial et antispasmodique dans les fièvres nerveuses» malignes et coBtagieuses, et en particalier contre le typhus des prisons. Chose remarquable, ce remède a rendu le pouls moins fréquent, diminué la chaleur, les angoisses et le tremblement, réprimé la trop grande irritabilité de Testomac et provoqué une tmnspiration douce et soutenue, qui, loin d'affaiblir le malade^ le ranimait. 11 l'a donné seul avec succès dans les fièvres pétéctuales, et s'appuie enfin de Tautorité de df'ui grands praticiens qui ont fait la même observation dans les fièvres maliçnes et peslilenlielles des Indes occidentales, savoir : le docteur Chisholm et M. Poissonnier : l'un el l'autre s'accordent à préconiser l'éther coDtne le meilleur remède qu'on puisse empio/er dans ces maladies, pour soutenir les forces, prévenir la putridité et mettre tes malades eu état de supporter le quinquina, LooQlre, Davidson dit avoir administre deux ^os d'éther sulfurique au moment de Tinrasion de l'accès des fièvres intermittentes, et d'avoir prévenu par là le développement de la période de chaleur.
Ce n'est pas tout: Bourdier a proposé \m traitement ou ténia par l'éther; et voici comment il conseille ae procéder. Le malade prendra, le matin à jeun, un gros d'éther Millurique dans un verre d'une forte décoction de fougère mAle ; une heure après, le ver étant supposé assoupi par Faction anodine de ) élher, 1 individu avale deux onces d'huile Je ricin, pour l'expulser des voies digesti- Tes. Si on suppose que l'animal soit dans Imlestin, on te place entre une potion éthérée prise |Kir la bouche et un lavement contenant deux gros du même vermifuge^ puis on donne la purgation. Lorsque le ténia est dans l'estomac, 1 effet est certain.
Si, de l'usage interne de l'éther, nous passons à son upplication à l'extérieur, nous verrons que, mis sur la peau du front, par exemple, il détermine une sensation de froid subite et forte, qui a été utile dans certaines céphalalgies intenses, quelques mi- Kratnes, etc. ; qu'employé en frictions sur les |4irties souffrantes, il peut être mis au rang ^ topiques et des antispasmodiques, trouvés utiles dans les douleurs de goutte et de rhumatisme, surtout quand il s'y joint un abiblissement nerveux; il agit dans ces cas, comme dans ceux de lombago ou de sciatique, en déterminant une douce chaleur à la P^^u et une transpiration avantageuse, sans sugiDenter l'irritation ni Térétisme.
Nous ne devons pas oublier que Charles ^wig Schmatz, médecin à Pirna, rapporte tine observation très-intéressante sur sou ufilité dans les hernies étranglées. Dans deux circonstances, après avoir tenté inutilement 13 réduction, il s*avi$a de verser sur la hernie ^^ certaine quantité d'éther sulfurique : ■bientôt la tumeur se ramollit, diminua de ^^lume, et la réduction s*opéra facilement. Utiest pas jusqu'au dégagement de Téther
en vapeurs qui n'ait aussi son desré d'utilité, en denors de ceux dont il a déjà été question. Ainsi, les uns ont constaté les bons effets de l'éther, dans l'asthme spasmodiqoe (Pinel, Alibert, etc.), dans le croup aigu^ si redoutable aux enfants, et moi, dans les névralgies profondes de Foeil. Four cela^^Ie malade versait une certaine quantitéd'éther dans le creux de la main, et en couvrait l'œil jusqu'à ce que la sensation de froid que le liquide détermine ne se fit plus sentir.
Communément on administre l'éther à l'intérieur à la dose de quinze, Tingt, trente ou quarante gouttes; mais comme ce liquide s'évapore avec une grande facilité, quand on doit en continuer l'usage pendant quelques iours, mieux vaut employer le sirop, en ayant le soin, chaque fois qu'on en avalera une cuillerée à café (c'est la dose), de bien agiter le flacon, l'éther, phis léger que le sirop, montant toujours à la surface ce ce dernier pendant le repos. Chaque once de sirop contient environ un grosaéther; c'est une liqueur fort agréable au goût et sans inconvénient.
L'éther acétique^ quoique moins employé que le précédent, jouit cependant des mêmes propriétés; mais comme son action est moins énergique, il faut en tripler la dose, sans quoi ses effets seraient à peu près nuls.
L'éther nitrique, quoique prôné comme ayant des propriétés calmantes supérieures à celles de l'éther sulfurique, ne s'administre
Sas cependant à moindres doses : on l'emploie ans les mêmes cas.
Quant à l'éther muriatique, on ne s'en sert pas, parce qu'il est si volatil qu'il entre en ébullition dès qu'on le verse sur la main, et s'évaoore.
ÉTHÉRISATION. — Les efi^els de l'éthérisation, à laquejle on a substitué plus tard le chloroforme, sont trop bien constatés aujourd'hui et trop répandus dans le domaine public, pour qu'il soit nécessaire de les constater de nouveau ; il nous sufiira donc d'exposer dans cet article comment on éthérise et comment on chloroformise , de défendre ensuite les inspirations d'éther et de chloroforme contre l'enthousiasme trop exagéré des uns et contre une répulsion trop prononcée des autres, pour que nos lecteurs possèdent toutce qu'il faut savoir sur l'éthérisation. Depuis longtemps les chimistes qui fabri-
auent l'éther avaient reconnu que la vapeur 'éther sulfurique, quand elle est inspirée en grande quantité, produit une sorte d engourdissement général et de stupeur. M. Jackson, de Boston, ayant eu l'idée oe mettre à profit la propriété anesthésique de ce liquide, fit part de sa découverte à M. Norton, dentiste, et celui-ci ayant pratiqué, $anê douleur^ l'avulsion des dents malades sur différents individus à qui il avait fait respirer de l'é-* ther, ces messieurs, en industriels habiles, exploitèrent pendant quelque temps, k leur profit, la merveilleuse découverte qu'ils avaient faite, et pour laquelle ils prirent des brevets d'tiivf nlton.Malheureusement pour ces messieurs, l'éther est si volatile, et son odeur pénétrante si facile à distinguer, que le secret
EIHERISATION
ETHERISÂTION
fut bientôt éveuté et des expériences tentées. <i*où il résulta qu'en 18i6 plusieurs jpra* ticiens de mérite, Bigelow, Warren, Heyrardy etc., pratiquèrent diverses opérations orl graves, et généralement très-douloureuses, sur des sujets engourdis par Téther : ils obtinrent un succès complet.
Aussitôt le bruit s*en répandit en Angleterre, en France, où nos premiers chirurgiens s'empressèrent de mettre à profit la pro* priété anesthésique de Téther sur l'homme, pendant que plusieurs membres de Tlnstitut de France expérimentaient sur des animaux vivants. Le succès ayant répondu aux espérances qu*on en avait conçues, Téthérisation resta donc comme une des grandes ressources de Fart chirurgical.
Comment procède-t-on pour endormir la sensibilité chez l'individu qu'on veut opérer? Bien des appareils ont été proposés, mais comme ils se rapprochent tous plus ou moins les uns des autres, nous n'en indiquerons que les plus simples, désignant chacun d'eux par le nom de leurs inventeurs.
1* Appareil Bigelow. 11 se sert d'un petit vase globulaire do cristal è deux tubulures et à deux goulots, contenant l'éther et des éponges destinées à agrandir le champ de la surface vaporisante. Une des ouvertures laisse pénétrer l'air dans l'intérieur du vase, où il se charse de vapeurs, et il passe dans cet état par 1 autre goulot pour être inspiré par le malade. Une soupape, placée à l'entrée du goulot par lequel le malade inspire, empêche que l'air expiré par le sujet ne rentre dans le flacon et ne vicie la vapeur médicamenteuse.
2' Appareil Charriire. Adoptant le procédé américam de M. Bigelow, il s'est servi d'un ballon de verre très-évasé' par le bas, atin d'offrir une vaste surCace vaporisante, où il a placé également des éponges. Les deux tubes pénètrent par un seul goulot, et celui qui est destiné à porter la vapeur dans les voies respiratoires est long, flexible, comme une canule en caoutchouc, et terminé par une embouchure garnie de cuir, qui s'adapte exactement autour de la bouche du malade. Un système de soupa{)es assez ingénieux
Î>ermet au sujet d'inspirer et d'expirer par e môme tube, avec la même facilité, l'air extérieur étant empêché d'entrer dans les fosses nasales par l'occlusion des narines à l'aide d'im pince-nez qui les maintient comprimées.
De même que M. Hérapath de Bristol avait substitué au vase de verre de Bigelow une
f^ rosse vessie de bœuf, destinée à en faire office, de même M. Morel-Lavallée a substitué au grand matras de M.Charrière, un flacon de la plus petite dimension, afin que l'absence de surface vaporisante fût compensée par la chaleur. Or, comme il suffit de tenir Je flacon dans la main pour que l'éther se volatilise en grande quantité, cet appareil est d'uu effet très-puissant : il a en outre l'avantage d'être très-portatif.
Chlorofortne, 11 n'était bruit dans le monde que des effets surprenants de Téthérisation,
lorsque parut dans un journal de Paris, YV mon médicale^ le compte rendu d'un mémoir
Sue venait de publier le docteur Simson ^Edimbourg, sur les résultats remarquable qu'il avait obtenus avec un nouvel agen anesthésique, avec le chloroforme. Et comm il résulte de ce remarquable travail que le effets du chloroforme sont aussi constant aussi durables, maïs qu'iïs se disêipenl beau coup plus facilement et laissent moins d'eu gourdissement ; les esprits se tournèrea vers ce corps nouveau; on fit de nouvelle expériences , et en définitive le chloro forme a supplanté l'éther. 11 est vrai que d'après les conclusions que le docteur Siiq son a cru pouvoir tirer de ses premières r& cherches, conclusions qui se sont conGrméej dans des expériences ultérieures, il résultei
1' Qu'il faut beaucoup moins de chloro forme que d'éther pour produire de l'insen sibilité : cent à cent vingt gouttes, et quel quefois beaucoup moins, suffisent.
2^ Son action est beaucoup plus rapide cl complète ; elle est généralement plus dura ble. Il suQit souvent de dix à vingt Inrgd aspirations. Le temps de l'opérateur est dont épargné et en outre la période d'eicilalion qui appartient à tous les agents narcoliques^ se trouve abrégée, ou même annulée. Au point de vue pratique, le malade n'offru pas la même tendance à l'hilarité et au ba^ vardage.
3** L'inhalation du chloroforme est beau* coup plus agréable que celle de l'éther.
&* En raison de la petite quantité de chloroforme qui est nécessaire, son emploi sera moins coûteux que celui de l'éther.
5"* Son parfum est loin d'être désagréable, son odeur ne s'attache point aux vêtements, et il ne s'exhaie point d'une manière désagréable de la poitrine qui J a iuspiré, comme cela a lieu si génératemeot pour l'éther,
6** Comme il en faut beaucoup moins, il est beaucoup plus facile à transporter que l'éther.
7" 11 ne réclame l'emploi d'aucun appareil ou instrument. Il suffit, en général, pour obtenir l'effet voulu en une ou deux djinutes, de répandre un peu de ce liquide dans le creux d'une éponge, de forme coucave, ou sur un mouchoir de poche, ou sur uu morceau de papier, qu'on tient sur la bouche ou sur les narines, de manière que Finspiration en soit très-forte.
A l'historique de l'éthérisation et du chloreforme, faisons succéder l'exposé des effels physiologiques que leur inspiration produit; si nous les avons réunis sous un même chef, c'est qu'ils sont identiques, sauf que 1 action du chloroforme est généralement et pfu$ prompte et plus douce que celle de rélbcf-
Abstraction faite des phénomènes individuels ( car tous les sujets ne sont p^$ également impressionnés par les iospiralio"^ éthérées), et quel que soit l'appareil empJOF' lorsque le liquide dont on se sert a été oDtenu dans toute sa pureté, le malade éprou*^^ ordinairement un sentiment de chaleur ei
ETHOIISATION
ETHfiRISATIÔN
<je picotement à la gorge et dans les bronfbes qui provoque souvent la toux. Chez beaucoup de personnes, cet eSet ne dure que quelques instants; chez d'autres, il est |)ltts intense et exige que les sujets le quittent et le reprennent b plusieurs reprises^ iioar que les conduits aériens s'habituent à raction des éthers. On les a bien accusés aussi de produire des nausées et le vomis- «ment» et même Texcoriation des lèvres, quand on appUqiie immédiatement le H-
2uide sur la boucne; mais on a reconnu que iDsles cas où ces accidents sont survenus, c'est que le chloroforme avait été mal préparé :amourd*bui on ne se plaint plus de rien deDareil.
Léducation des organes faite et les inspirations pouvant être continuées, à lachakv, au picotement, h la toux, succède d'abord une sorte d'engourdissement de la tète aree chaleur, comme dans les commencefflfots de l'ivresse par des liqueurs alcooliques. Cet engourdissement se répand insensiblement et proropteroent par tout le corps; dabord, aux extrémités inférieures et puis aui supérieures, puis au tronc, s'accompagnant, dans les organes sensibles, d'une senaation de chaleur agréable, d'une sensation de fourmillement, de tremblement, ou de vibration semblable h celle qu'on éprouve en touchant un corps vibrant, une grosse cloche qui résonne. L'ensemble de ces deux ^nsations, dit M. Gerdy, parvenues à leur tipogée, est une sensation obtuse très-agréable et remnlie de volupté, une impression anatogue à celle de l'ivresse;.... c'est cet engourdissement oui, en émoussant la sensibilité tactile génerale,diminueladouleur pen- Jant les opérations. En dehors de ces phenotnènes, nous le répétons, tout ce qu'on observe est individuel et tient aux idiosjncrasies.
Nous croyons inutile de dire quels sont les avantages que la thérapeutique chirurgicale retire de l'application du chloroforme Hans la pratique aes grandes opérations ; mais ce que nous croyons devoir signaler, c'isique toute découverte, quelle que soit son importance et son utilité, rencontre d'alK)rd, et même dans tous les temps, des détracteurs ardents à en rabaisser le mérite; et des antagonistes toujours prêts à en signaler )es inconvénients et qui les exagèrent; et cela avant de s'être assurés par eux-mêmes, ou par le témoignage authentique des homiDes compétents et désintéressés, si ces inconvénients étaient la conséquence nécessaire, tné?itable,du moyen proposé et mis en usage, ou seulement le résultat possible de l'inexpérience des chirurgiens qui l'ont employé.
Il est vrai aussi que, par compensation, c^Tesprit humain est ainsi fait, que se plaçant complaisamment dans les extrêmes, la plupart des hommes adoptent aveuglément ^Que bien d'autres repoussent sans examen, sitôt nue le chloroforme a été connu, il s'est Ifouvo des médecins qui, sans attendre que
l.^xpérience eût prononcé sur la valeur ftc^ |tyc ou réelle du moyen proposé, s'en sont
lôils à tout jamais les apôtres fervents, les
prôueurs, et y restent attachés quand' même. Heureusement pour la science ef l'humanité, qu'au milieu de ces disciples Gdèles^. fanatiques, et leurs antagonistes non nioin» exaltés, il y a une troisième clax<:se dliommes qui, plus sages, plus raisonnables que les autres, cherchent sans passion aucune h apprécier, par un examen attentif et raisonné de la chose, ce qu'il y a réellement de bon et d'utile, ou de faux et d'exagéré, dans les opinions contraires, et qui posent ensuite les limites dans lesquelles chacun doit rester, s'il veut être complètement dans le vrai. C'est donc h la raison éclairée, à la conscience droite de ceux-ci que nous en appellerons, à propos du chloroforme qui, malgré les avantages réels que nous avons sisnalés, rencontre néanmoins encore aujourd'hui, même Earmi les praticiens, de nombreux opposants son acceptation définitive; oue sera-ce donc parmi les gens du monde? Voici du reste comment nous avons appris leur opposition.
L'an dernier, on causant sciences physiques avec une personne d'esprit et de sens, et que je ne soupçonnais pas avoir de l'antipathie pour les inspirations chloroformienm'S,je lui appris que les journaux de médecine anglais rapportaient un nouveau cas ae mort occasionné par l'emptoi de ce procédé. II s'agissait, selon le journal, d'une
Eauvre petite fille qui, devant subir à Shrawurg l'opération de l'extirpation de l'œil, fut soumise aux inspirations du chloroforroet.^ Quatre grammes de ce liquide suffirent pour déterminer la mort, qui fut presque instan lanée.
A peine avais-je terminé ma narration aua la dame qui m'écoutait s'écria : Uais c e^t affreux, une mort pareille 1 Croyez, docteur, que si i'ai un jour le malheur d'avoir à supporter n importe quelle opération, je préiérerais endurer les douleurs" les plus cruelles plutôt que de me soumettre à ce dangereux anesthésique. N'en soyez pas étonné, ajouta-t-elle, je connais plus d'un médecin qui ne voudrait s^en servir dans aucun cas»
Que le vulgaire repousse obstinément et sans réflexion ce qu'il ne peut comprendre et expliquer, cela ne nous surprend guère r mais que les chirurgiens persistent à exclure systématiquement de leur pratique l'emploi des inspirations de chloroforme, c'est là une faute grave que nous devons nécessairement relever.
Ce n'est pas que j'aie la prétention de faire revenir de leur opinion, fille de l'ignerance et de la vanité, MM. les chirurgiens qui n*en veulent dans aucun cas^ ce serait par trop prétentieux de notre part; mais comme ce n'est pas à eux que ce livre ou cet article est destiné, et aue, dans leur aveuglement, ils s'efforcent d entraîner» avec ou sans intention, les gens faibles et pusillanimes ; il est de notre devoir à nous, défenseur de la vérité, de prémunir nos lecteurs eux-mèoies contre la sottise et l'incapacité, ou centre le langage artificieux de certains médec.'ns» toujours envieux et jaloux de la (gloire d'autruit
ETIOLOGIE
ETIOLOGIE
Pour cela» il nous suffira peut-être de dire avec franchise : Oui, il est vrai, et malheureusenieut trop vrai, que les inspirations de cliloroforoie oat été suivies d'accidents mortels; oui, il est certaines conditions individuelles, idiosyncrasies, que le praticien ne saurait découvrir o priori^ qui semblent s'opposer à ces inspirations; oui, enfin, on a désigné quelques opérations chirurgicales qui excluent le chloroforme : mais nous nous h&terons d'ajouter, car cela est également vrai 9 que ces circonstances sont exceptionnelles, et que, dans bien des cas où la mort est survenue après les inspirations de chloroforme, ce malheur déplorable ne serait pas arrivé si l'opérateur avait mis plus de persistance dans remploi des moyens préconisés pour combattre Tétat aspnyxique, ou s'il n'avait pas trop compté sur leur efficacité. Expliquons notre pensée.
Les praticiens sont généralement d*accord que, pour dissiper l'asphyxie produite par le cnloroforme, il faut exposer le malade à des courants d'air froid, lui asperger de l'eau froide sur la fleure, lui titiller l'intérieur des narines, lui faire inspirer de l'ammoniaque liquide, et lui faire exécuter certains mouvements artificiels de la poitrine. Eh bien ! si Ton s'en était tenu constamment à l'action de ces moyens, tel docteur qui a ranimé son malade par l'insufflation directe de l'air ^oucAe à bouche (on peut se servir également avec avantage d'un soufilet ordinaire, comme cela se pratique pour l'asphyxie par submersion); — et tel autrequi a rappelé des asphyxiés à la vie, en leur introduisant deux doigts profondément dans la gorge, jusqu'à l'odsophaçe, de manière à irriter et à dilater les parties qui donnent passage à l'air, et à faciliter ainsi l'expiration du gaz devenu délétère; ces docteurs, disons-nous, auraient échoué dans {eurs tentatives, et les statisti-
Sues compteraient quelaues faits de plus, e mort occasionnée par le chloroforme. Ce qui est la confirmation de ce que nous disions tout à l'heure que dans quelques cas, toujours trop nombreux, les accidents deviennent mortels par la négligence, l'incapacité ou le manque de patience de la part île l'opérateur.
II importe donc à tout malade qui devra être opéré, de faire un bon choix, la chose est facile, et de s'en remettre à la prudence, au savoir, à l'habileté du praticien, du soin de décider si l'opération doit ou non être précédée par des inspirations de chloroforme. ÉTHIOPS, s. m., ffieto^*, de «70», je brûle, et de w^, visage, visage brûlé ou noir; c'est le nom que les anciens ont donué à des chaux métalliques : les chimistes modernes l'ont remplacé par celui d'oxydes. Par suite de cette substitution, Yéihiops martial est devenu V oxyde defernoirfVoy. Fer), l'éthiops minéral, su/Aire noir de MERCCRB(Foy. cemot], etc. ETIOLOGIE ou ^Stiologie, s. f., œtiotogia^ ou «lrt«4ôyoc, discours sur les causes; partie de la pathologie qui traite des causes dos maladies. — Avant d'établir la distinction <)ue Ton a donnée des causes des maladies,
nous ferons une observation générale qui nous paraît assez importante, c'est qu'on i trop généralisé l'acception de ce mot en a|)i pelant cause prochaine, ce par quoi la mai ladie est constituée, sa nature, or, si nou^ définissons la cause proprement dite : Tou\ ce qui est susceptible d'opérer un changement notable dans Vorganisme animal^ soit que le\ propriétés vitales d'un ou de plusieurs en ganes se trouvent lésées^, soit que la lésion t\ borne à V organe lui-même; on ne peut pai dire que la cause prochaine amène auelqu< chose, un changement , car c'est fa mai ladie elle-même qui consiste dans ce cbaoi gement, dans cette altération organique el vitale. Donc nous préférons substituer ai] mot cause prochaine* celui de Nature do u maladie lYoy, ce mot). !
Les médecins qui se sont occapés de l'é^ tude des causes des maladies {pcuhogénit]^ ont été conduits à les diviser, ces causes :
l"" £n prédisposantes^ ou qui, par leur action constante, disposent le corps, le prépai rent au développement d'une maladie ; eieru^ pie : l'usage des boissons alcooliques, des aliments de haut goût, prédisposant à lioflammation de l'estomac;
3" En occasi<mnelles ou déterminantes^ qui font éclater la maladie. Ici nous ferons remarquer, d'une part, qu'il faut, pour que les causes prédisposantes aient sur les êtres animés la faculté de les prédisposer aux maladies, que ces causes, dont l'action est ideotique ou à peu près, ag^issent de concert el sans antagonisme ; car si des causes opposées agissent en même temps et dans un s^ik% contraire, l'action constante de telle boisson, de tel aliment, sera neutralisée par l'action d'une cause opposée, et la prédisposition ne s'établira pas. Je m'explique : sous rinilueoce climatérique des régions chaudes, Tusage des boissons toniques et des aliments trèsexcitants sera tellement contre-balancé j)ar le mouvement d'expansion qui se fait de 1 intéiieur è l'extérieur, que l'estomac n'en sera pas mal impressionné; au contraire, dans les climats froids, l'usage habituel de ces mêmes aliments et boissons dispose à la gastrite, l'impression du froid déterminant une concentration des forces vitales à l'iatérieur.
Indépendamment de ces deux ordres de causes, on a admis encore :
3* et *• Des causes éloignées et des causes prochaines 9 autres espèces qui se rapportent aux deux premières : les unes (éloignées) uvorisantla prédisposition, et les autres (;>ro- ^haines) hâtant l'invasion de la maladie;
5" et 6* Des causes physiologiques^ ou par réaction organique: et des causes ma//n«/«i c'est-à-dire sans réaction de la part des o^ ganes : expressions nouvelles qui s'appli' quent aux diverses autres espèces de causes et n'expliquent pas davantage leur action» Enfin on a ajouté à ces causes : .
7* Les causes dites traumatiques, ce q« est une assez bonne innovation; et pourlam nous proposons de substituer au mot traqmatiques le mot f/7lcîenr«. Voici pourquoi je
préfère cette dernière dénomination.
ETOUFFEMENTS
EXCRETION
Les corps vivants, possôdeot un niécanisnio ottd les agents externes peuvent facilement dérafiger, soit par nne action mécanique physique et nécessaire (l'action d*un corps contuffiiant qui blesse ou déchire, etc.)t soit par ttue action chimiqne (les altérations organi-
Ses que les agents chimiques très*actifs terminent); or, comme les effets de ces axenls sont infaillibles, nécessaires, et qu'il iiT a pas de traumatisme de la part des ageots cbimiaues, mieux vaut une dénomi* natkm qui emorasse un plus grand ordre de causes.
Somme toute, nous avons des causes qui vMsposmt aux maladies et des causes qui les ùceasifmnmi ou les iétermineni. On a bien Toulu appeler plus particulièrement déimmntiM les causes qui agissent en vertu ta principe spécîGque, le virus syphililiq8^ par exemple, mais en déterminant la rérole, n'est-ce pas qu'elle l'occasionne? Kref, on admettra si l'on veut ces distinctions, mais toujours est-il que, quelle que 5oil l'action des causes que nous avons énuméfées, elles ont sur l'organisme, en général, ou une action sthénique, c'est-à-dire disposant à la pléthore sanguine, ou bien une action astbénique, c'est-à-dire produisant 1 affaiblissement, l'épuisement plus ou moins considérable des forces; que si des causes opposées se neutralisent, il y aura des prédispositions individuelles, intermédiaires, immi la puissance de ces neutralisations réciproques, qui, si elles sont insuffisantes sur uo point , dans un organe, rendront cet organe plus particulièrement disposé à devenir le siège des maladies : ce sera là la portiela plus faible qu'a chacun de nous, et qui fait que, dix individus étant à la chasse, surpris par une forte averse, s'ils sont malades après le refroidissement occasionné par la pluie qui aura trempé leurs vêtements, l'un aura un rhumatisme articulaire, l'autre une angine, celui-ci une tluiion d« jK)ilriae, celui-là la diarrhée, etc.
Nous avons dit que certaines conditions almosphériques, alimentaires, etc., en agis- ^nt sans antagonisme chez les individus <i'un même pays, les prédisposeront aux malailies sthéniques ou aux maladies asthéniques ; a^ant énnméré les causes de la stnénieà l'article Elément iisflammatoire {Voy, ce mot), et celles de Tadynamie à rarticïe KifciioTADYNAMiQCE, (Voy. CCS mots), nous nerpviendrons pas là-dessus.
ÉTISIE ou Hectisie, Étique, fcfc^W^, nec- OfM, — maladie qui dessèche Thabilude du forps, le maigrit, et rend l'individu plus ou moins élique. Voy, Hectique.
ETODPFEMENT , s. m., sufTocatio. — Sans doute l'étouffement n'est autre chose jue la suffocation^ et cependant certains méa^cins emploient plus volontiers la première wpression pour désigner le danger de la *?ffocation, ou l'état de dyspnée et d'oppression qu'on éprouve quand il n'arrive pas une assez grande quantité d'air oxygéné aux iwunoons. (Voy, Dyspnée.) C'est jouer sur les mots, car quand plusieurs personnes sont
rêu:ûes dans un lieu clos où Ton manque d'air et où il fjit très-chaud, elles diront indifféremment je suffoque ou j'étuutfe, pour exprimer les sensations qu'elles éprouvent *
ÉTRANGLEMENT. Voy. Hernie.
EUPHORBE, s. m., eupAorfrta, L. \êCfipÇtiw, Dioscoride, genre de plantes indigènes de Ja dodécandrie dodécagynie, L., famille des eu-^ phorbes. — • Ces plantes sont toutes dangereuses en raison du suc laiteux qu'elles conti<^nnent, suc Acre et caustique, comme le sont du reste toutes les espèces de tithy maies*
Parmi celles dont Loiseleur-Deslougchamps a voulu constater les propriétés à l'aide d'expériences comparatives, on peut citer « Veuphorbia cyparissias^ l'euphorbe cyprès, qui est une des plus Acres; Teu-
{morbia Gerardina^ Teuphorbe de Gérard ; 'euphorbia silvalica , ou euphorbe des bois ; Yeuphorbia helioscopia ou réveillematin, etc., qui sont toutes irritantes à des degrés divers, mais assez énergiques pourtant, Quelle qu'en soit l'espèce, pour solli-* citer aes évacuations alvines , et fort souvent aussi pour faire vomir. Aussi ne s'en sert-on guère aujourd'hui aue comme poudre sternutatoire, mêlée à du tabac.
Si l'on voulait administrer de l'euphorbe li titre do vomi-purgatif, il faudrait la donner sous forme pulvérulente, à la dose de quinze grains à un scrupule, que l'on prend en deux ou trois fois, à un quart d'heure do distance
EXACERBATION, s. f., exacerbatio^ — se dit de toute augmentation prononcée, ou redoublement des symptômes, qui ne commence pas par un frisson, et qui se modère après quelques heures d'existence, comme cela se remarque dans la plupart des fièvres continues (Voy. Fievbe]; il est donc synonyme de paroxysme,
EXANTHÈME, s. m., exanthema^ e f /torescen/ta, de «Çoveiw, je fleuris. — C'est le nom que l'on a donné à toute éruption, quelle que soit sa nature, qui a lieu à la surface du corps. Ainsi, la variole, la rougeole, la gale, etc., sont des maladies exanthématiques.
EXCITANTS, Excitation. — On se sert do cette dernière dénomination pour désigner l'augmentation d'activité des propriétés vitales en général (excitation générale), on seulement dans un point de Torgentsme en particulier (excitation locale), produite par inaction de substances dites exritanies. Les stimulants, les toniques, etc., peuvent être rangés dans cette classe.
EXCRETA, adj. m. plùr. — Ce niot a été transporté du latin en français par le professeur Halle, pour exprimer, parmi les choses qui font partie de la matière de l'hygiène, celles qui ont pour objet utie évacuation naturelle quelconque hors du corps vivant. Ainsi, quand on verse des larmes, les larmes sont excrétées; quand on va k la selle, les matières fécales sont excrétées, etc. Voy. Excrétion.
EXCRETION, 8. f., excrctio.- Cesi Topé-
FAVUS
FER
ratiou par laquelle la force vitale organique fait concourir un appareil d'oreanes à Tex-pulsion, hors du corps vivant^ aune matière normalecnent ou vicieusement sécrétée, or* (linairement inutile ou à charge à Téconomie animale.
EXHALANTS, m. pi. ,«^*«'a»*<«o«— On applique cette dénomination à un ordre de vaisseaux très-Ons, très-nombreux, très-déliés, qui naissent du système capillaire artériel, et se rendent non-seulement à la surface du corps, mais encore qui aboutissent à Tintérieur, aux divers tissus membraneux, où ils versent un liquide particulier. D'après les anatomistes on en admet de trois sortes : 1* d'extérieurs^ pour les systèmes muqueux ou dermoïde; ils portent la matière delà transpi* ration ; 3* d'intérieurs^ ou des tissus cellulaire, médullaire, des surfaces séreuses et synoviales; 3" enfin, de nutritifs^ variables dans chaque tissu.
EXOMPHALE, s. f., exomphalus, d'i? owy«- Xor, hors le nombril, tumeur du nombril, hernie ombilicale. Voy. Hernik.
EXOPHTHALMIE, s. f., exophthalmia, ou Iç-o^Oal/uioO, dehors Tœil, sortie de Tœil de son orbite. — Ce qui produit ce phénomène, ce sont : Texostoso des parois orbitaires dans lesquelles Toeil est logé; un polype des fosses nasales et des sinus sous-maxillaires ; un abcès du corps graisseux ou du tissu cellu* laire sur lequel Tœil repose, au fond de Torbite, ou le simple engorgement de ce corps.
Le traitement doit être approprié à chacune de ces causes, qui nécessitent toutes une opération chirurgicale, moins Tengorgement du tissu cellulaire, aue les purgatifs répétés dissipent quelquefois.
EXOSTOSE, s. f. , exo8t08is^deil-ô(rctw9 hors l'os ; tumeur osseuse qui s'élève plus ou moins à la surface naturelle d*un os. Elle est généralement symptomatique de la cachexie goutteuse, scrofuleuse, syphilitique. Voy. (iouTTE, Scrofule, Syphilis.
ÉXPECTATION, s. f., exspectatio. — Se
dit en médecine clinique, de cette inétUode, appelée médecine expecianie^ qui consiste à suivre attentivement la marcne des maladies, pour connaître les tendance? qu'affecte la force vitale médicatrice, et à ne donner aucun médicament actif tant que la fuUure paraît assez puissante pour opérer la euérison. C'est donc tout l'opposé de la médecine active ou agissante.
EXPECTORANT , antb , adj. , eiptctih ranj, d'expectorare , chasser de la poitrine.
— Se dit des médicaments qui facilitent ou provoquent l'expectoration des crachats. Les
Pastilles d'ipécacuanha, les lochs kermésisés oxymel scillitique, etc.» sont d*excellent$ expectorants.
EXTASE, s. f., exstasis^ d'Içcvrap», t\n hors de ses sens. — Espèce d'état cataleiv tique, ou mieux de contention d'esprit, dats lequel, dominé par une idée flxequi absort^e toutes les autres, l'individu ne prête aucaoe attention à rien, et, étranger au monde au milieu duquel il vit, n'existe que de la vie intellectuelle. Ses sensations sont suspendues, ses mouvements volontaires arrêtés; et les fonctions de la vie organique souvent ralenties.
L'extase, comme toutes les névroses cérébrales, se traite par un régime approprié, ei qui consiste principalement dans la cessation de la vie contemplative, et au contraire par des exercices corporels journaliers, les travaux du jardinage surtout, les arts d'agrément, tout ce qui, enfin, peut distraire agréablement l'esprit. On secondera le régimo par des toniques, si le sujet est faible, par des antispasmodiques, s'il est surexcité, etc.
EXTINCTION DE VOIX. Voy. Aphomb.
EXUTOIRE, s. m., de exua^ je dépouille.
— C*est le nom qu'on a assigné à tout émoncloire établi par l'art pour entretenir une inflammation et une suppuration locales. Les exutoires comprennent donc, le Vési- CATOiRE, le Cautère, le SiTon, le Von {Voy. ces mots.)
^ FACE, s, f., facieêf npiv^nw , partie antérieure de la tété non recouverte de cheveux ; c'est le visase. L'ensemble des traits qui le constitueot forme la physionomie.
FACIAL (Angle). — Il est formé parle concours de deux lignes qui sont censées tirées, l'une, de la bosse nasale, au milieu de la mâchoire supérieure; l'autre, du niveau do conduit auditif au même point. Il est évident qu'il s'éloigne plus ou moins de l'angle droit, suivant le degré d'inclinaison de la tête. On a cru trouver, dans le plus ou moins de grandeur de cet angle, la raison du plus grand développement des facultés intellectuelles, tout comme de leur développement incomplet, l'idiotisme ; la masse du cerveau étant supposée d'autant plus considérable que l'angle facial est plus développé.
FAIBLESSE. Voy. Adtjvamie.
FAVUS. Voy. Teig.ne
FAUSSE COUCHE. Voy. Avortement.
FEU, s. m., ferrum^Mars des alchimistes. — Métal trop répandu , trop connu, trop manié pour qu'il soit nécessaire d'en faire la description: d'ailleurs il n'est cuère employé en médecine h l'état naturel, ^i ce n'est en limaille, et dès lors nous devons nous attacher davantage à parler de ses préparations que de lui*méme.
Elles sont fort nombreuses et on les dis* tiugue entre elles, en pharmacologie, par le^ dénominations suivantes: V oxyde noir à^ fer^ safran de mars astringent, étniops martial ; i° sous'carbonate de fer^ safran de mars apéritif; dr peroxyde de fer ; h' protochlorure de fer ; 5* aeuiochtorure de fer ; 6* iodurt dt fer : T sulfate de fer; 8- acetaie de fer; 9" lartrate de potasse et de fer (tartrate ferricopotassique); 10' citrate de fer; 11* lactalt i( fer; etc.
in
FER
FER
Ces préparations diverses ont toutes les iDiljjies propriétés médicales et sont indiquées toutes les fois qu'on veut enrichir le saog appauvri, augmenter la vitalité de ce liquide, et lui restituer en un mot son cruor^ SI Gbrine, sa coloration normale ; condition eâSBOtielle, si Ton veut qu'il fournisse à tout Torganisme en général, et à chaque système d organes en particulier , les maténaui propres à y entretenir la vie, ou à l'élaboration de telle ou tellede nos humeurs qu'il est destiné à fournir. Or, comme toutes les fois que le corps s'épuise, par des prïTaiions, par des excès, de quelque nature •qu'ils soient, sauf l'intempérance, par des héioûrragies accidentelles, par la maladie, il eu résulte que le sang s'appauvrit plus ou mm : il doit s'ensuivre conséquemroent (jaeradministration du fer sera avantageuse m toutes les maladies dites passives par /csûus, asthéniques par les autres, adynami* (jues par quelques-uns, et que, toutes ces espressioos étant synonymes , le fer, ainsi (lue oous l'avons dit à l'article Chlorosb !%cemot), en restituant au sang les globules routes qu'il a perdus, rend ainsi la sanlé a eeui qui en sont privés. Oui, je l'ai depuis longtemps posé en principe et je le répèle lujourdliui avec Tautorité de l'expérience des ffleilleurs juges en cette matière, les pralicieos, rien dans la nature ne rétablit (l'une manière si prompte et si directe la cDuleur, la chaleur et la force vitale du MQgi que cet agent qu'on ne saurait trop tiimirer, dit Hufeland, qui a tant d'affinité avec l'organisme animal, à l'existence même iluquel il est nécessaire, et qui tient par des l'ens si intimes au magnétisme et aux forces iTéairices les plus mystérieuses de l'univers. Le fer peut être employé sous toutes les (ormes ; cependant quelques auteurs recom* Qiandables donnent la préférence au fer en nature, à la limaille , prétendant qu'il a^it STer bien plus d'énergie qu'à l'état de sulfate, de citrate, de lactate, etc. Une longue suite d'observations sur l'usage médical du ftr etde ses préparations ne nous permet pas ^e |)artager cette opinion, à moins qu'il ne saKisse d'une chlorose commençant, d'une luaiadiedans laquelle l'estomac n'est oas faible, car dans ce dernier cas, et je l'ai observé bien des fois, vu que j'ai prescrit, ittoi aussi, la limaille, le fer ne passe i)as, il f^tiguece viscère, et les malades ont pendant plusieurs heures comme un poids à I épigas* ^^y très-incommode et fatigant. £t si l'on •^pite la dose du fer avant que cette sensa- ^iou soitpassée, ou peu de temps aprèsqu'elle Tient de se dissiper, l'individu éprouve cet ^l^t permanent de malaise que le remède o ^^termioé et qu'il entretient. Le sulfate de [eruni au sous-carbonate de potasse, pilu- '^« <ie H. Blaud, m'ont servi pendant bien ^^ années au traitement de mes chloroti- 4^es; mais j'avais remarqué qu'elles ne pas- ^nt pas également bien, et il s'est rencontré Plusieurs de mes malades qui n'ont jamais '^ en prendre plus de deux par jour, une ■ ûiatm et une le soir ; si elles en prenaient
uno de plus, aussitôt il survenait de )a cardialgie, de la soif, et plusieurs autres symptômes d'irritation gastrique. C'était d'autant S lus fAcheux que le fer n agit jamais plus efcaceroeut que lorsqu'il est porté à haute dose ; alors ses effets deviennent très-sensi<blés presque de jour en jour.
Pareille chose nous est arrivée avec les pilules de Vallet, c'est-à-dire que plusieurs de nos malades, arrivées à quatre, six par jour, n'ont pu dépasser cette dose : elles s en sontsenties siincommodéesqu'ellesont cess^* de prendre du fer, et que plus tard j'ai eu beaucoup de peine à les décider à en user sous une autre forme. Bref, après bien des essais avec d'autres préparations <iui, elles aussi, ont été plus ou moins bien supportées, je me suis décidé à associer au lactate de fer quelques substances végétales, et je puis afQrmer que les mêmes personnes qui n'ont pu prendre , matin et soir , qu'une pilule de Blaud, quatre pilules de Vallet, etc., sont arrivées jusqu'à quinze et plus de mes pilules, et se sont guéries com-
{^létement, alors qu'elles ne l'avaient pu avec es autres préparations.
Toutefois, SI l'on voulait se servir de la limaille de fer , voici la formule que Hufeland a préconisée : Pr. Limaillede fer ... un demiscrupule j —rhubarbe etcannelle.. dechaque, deux crains; ^ sucre blanc... un scrupule.— M. Faites un paquet, à prendre en une fois. On en prend deux par jour, un le matin et l'autre le soir, dans une cuillerée de potage. L'éthiops martial se donne aux mêmes doses et de la même manière. Le sulfate de fer s'administre en commençant par trois
f;rains malin et soir, et on augmente graduelement jusqu'à deux scrupules. Le citrate de fer se prend ordinairement en sirop, à la dose d une demi-once (une cuillerée à soupe) deux fois par jour. L'iodure de fer à la dose de deux à dix grains par jour : il doit être
[^référé chez les personnes écrouelleuses, 'iode ayant une action très-puissante sur le vice scrophuleux (Yoy. Iodb). Le tartrate de potasse et de fer a cet avantage, qu'il peut être donné à l'intérieur en solution ou en pilules à la dose de quatre grains à un demi
Î^ros dans les vingt«quatre heures; et qu'en eu aisant dissoudre un scrupule (vingt-quatre Krains) dans une demi-bouteille d'eau de Seltz factice, on a une excellente eau gùxeu$€ martiale.
J'ai dit ailleurs la manière de se servir de la boule de Mars ou de Nancy pour obtenir de l'eau ferrée. A ce propos, nous apprendrons à ceux qui l'ignorent un moven nien simnle d'avoir continuellement de l'eau ferrée. C'est de mettre une poignée de clous neufs dans un plat, et de les recouvrir de vinaigre ; après qu'ils y ont séiourné une heure ou deux, on les sépare du liquide et on les expose au soleil : bientôt ils sont complètement rouilles. Dans cet état, on les met dans une carafe qu'on remplit d'eau, et on renouvelle cette eau au fur et à mesure qu'elle est consommée.
Nous n'en finirions pas, si nous voulionf
FIEVRE
FIEVRE
parlerdes sirops, chocoIats,paiDsferrugiaeux
3ue Ton a composés ; nous nous bornerons onc à faire observer que, quelle que soit la préparation adoptée, il faut commencer par une faible dose qu'on augmente graduellement, mais avec a'autant plus de rapidité qu'elle est mieut supportée : qu'en outre le médicament doit être continué longtemps après la guérison complète, et que lorsqu'on veut l'abandonner, ce ne doit être que par doses décroissantes , à d'assez longs intervalles pour que Torganisme s'habitue Insensiblement k la privation complète de ce stimulant devenu nécessaire. Sans cette précaution on s'expose à des rechutes*
Enfin il est une chose dont les personnes qui vontfaire usagedufer doivent être prévenues : c*est qu'elles n*en ressentiront sensiblement les effets médicateurs qu'après un temps assez long de son emploi, et alors qu'il est pris à haute dose. Sans cet avertissement le découragement arrive bientôt, et on abandonne le traitemeni juste à la veille d'eu éprouver la salutaire influence.
FIÈVRE, s. f., febriSf de fervor^ chaleur, ou ffv^cTôc, de «ûp, feu. — Nous insisterons Ion-
f;uement dans cet article sur la valeur pathoogique de la fièvre, attendu qu'elle est un des cas morbides dont l'étude a le plus d'im<portance en médecine pratique, et qu'il importe surtout de s'en faire une idée exacte. Nous le ferons d*autaot plus volontiers d'ailleurs que» pour en arriver là, nous aurons è exposer nos idées cliniques sur la fièvre, bien différentes» è tous égards, de celles gé-> néralement reçues.
Selon nous, la /Uore, comme l'entendaient les ancienset commela plupart d*entreles mû-* dernes l'entendent, la fièvre, di»-Je, febris^ irvpf^icqui veutdire chaleur, et par extension chaleur brûlantede la peau (Hippocrate) ; cha* leur coDtre«nature développée dans le cœur, et qui, partant de ce viscère, se répand au moyen aes esprits et du sang, par les artères et les veines, oans tout le corps (Galien) , quoique pouvant naître ailleurs que dans le cœur (Fernel, Avicenne) : la fièvre enfin n'est pas une maladie. Ce sera, si l'on veut, une exagération physiologique de la circulation du sang et de la chaleur à la peau, se manifestant après une course rapide, un repas cofâeux, etc., mais qui cesse avec la cause qui 'a produite, c* est-a-dire par le repos d'une part, ou par la diète d'autre part, lorsque, le travail de la digestion terminé, la fièvre persisterait encore. Et qu*on ne croie pas que cette opinion se limite à lachaleur augmentée et à l'accélération notable du cours ou sang ; car elle s'applique également à la fièvre qui, iDdépeoiamment des phénomènes susdits, est caractérisée par de la soif, de la dyspnée, et la lésion de plusieurs autres fonctions. En veul-on la preuve ? Voyez ce qui se passe chez un eniant, après qu'il ia sauté à la corde pendant quelques minutes ; n'est-ce pas qu'il a tous les pnénomènes caractéristiques de la fièvre? voyez les uersonnes irritables au moment où ratmosphôre est chargée d'électricité : n*est-ce pas qu^elles ont la fièvre ?
L'enfant et la personne sont-ils malades' non, puisque «après quelques minutes d( repos pour Tenfant, et après que Forage aun rafraîchi l'atmosphère pour la personne oer veuse, la fièvre n'existera plus ; ils n'étaien donc pas malades.
Mais,dira-t-on, la fièvre n*est pas toujour: une exagération physiologique, elle est sou vent un trouble pathologique, comuie si
fiermanenoe pendant plusieurs jours sembli 'indiquer. Assurément nous oe contesterons pas la vérité et la force de robjection;ii)ai: nous dirons, sans nous appuyer deTautoriu de Frank, pour qui : « La fièvre est plu(^ Tombre de la maladie que la maladie elle' même ; » de Broussais pour qui : « La ûèm est l'enfant miraculeux de 1 imagination » ; de Demercy-Dellètre, qui avait écrit, longtemps avant eux, que : « La fièvre considérée en général, indépendamment des carac* tères qui en distinguent les genres et les espèces, n'est point un être, réellement eiistant, mais une pure abstraction de notre e^
f)rit, » etc., etc. ; que s'il est incontestable que a fièvre consiste dans une réaction vitale, qui se manifeste à nos sens par des symptômes généraux d'excitation, et qui remplit l'intervalle qui sépare la sanlé de la maladie; il est incontestable dès lors que ce n'est ni la santé, ni la maladie, attendu qu'elle peut naître, nous le répétons, d'une exagération de l'état fonctionnel ou physiologique, sans association d'un état réellement morbide; je dis plus : elle est indispensable quand cette association existe en vertu d'une manifestation ou réaction vitale de la force médicatrice, comme on .e remarque pendant lapériode d*incubation de certaines maladies exanthématiques, et aussi au moment où ia suppuration va se former ou se forme réellement dans les boutons. Or, si cette fièvre est nécessaire, et elle l'est, car sans elle Térup* tion ne se ferait pas, la suppuration ne se formerait pas; donc ce n'est pas une maladie.
Mais quel rôle ferons-nous jouer à la fièvre? car nous ne pouvons nous dispenser de lui en faire jouer un, tous les nosologistes ayant formé une dasse de maladies des fimres propremejat dites. Ce rôle est fort simple, c'est celui d'un état morbide ««onAw^ accompagné des autres élémenls de fl^ladie. Ainsi, lorsqu'ils existent aceompago^^ d*une réaction fébrile, ils prennent dans les auteurs le nom de fièvre bilieuse, muqueuse^ au lieu de celui d'élément bilieux fébnie, élément muqueux pyrétique, etc.; Terreur consiste en ce que les rôles ont été ^J^^^^^S tis. Cela est si vrai que si nous éludions i iv- TAT inflammatoire (Foy. ce mot), nous retrouvons confondus dans le tableau symploniflu»logique qui le constitue, les traits caracl^rK tiques de la fièvre; c'est-è-dire que si les F vrcs inflammatoiru sont à Tétat d^*^»^" bien à celui de sunoque légère ou grave, »o * iûurs la fièvre est proportionnée à 1^^^*^'!^' des autres symptômes, et elle cède à me>ui qu'ils diminuent. ^,^ ^^
Nierez-vous, dira-ton que dans le-* ''^
nKVRE
FIEVRE
inlIaniiiMitoircs il fauK tirer Jii snng pro[K)rtiomiellement à Pacuité, à la force et a la violeeice de la fièvre ? Non : mais on dit aussi qu'il fsat saigner proportionneilement k la f iguear de TAge, à rétat des forces, k la pléthore sangaine, etc.; or ces conditions physiologiques soDi-elles des maladies ? nous ne le croyons pas.
C'est bien pour la fièvre inflammatoire des auteurs, mais pour la fièvre bilieuse ?
La fièvre bUieusef Bile esl pour nous Tas- <;o^iatioo de Télément bilieux gastrique ou tiUe$tiDal,ou gastro-intestinal {Yay. Élémskt HUE»), soit avec Télément inflammatoire, lorsque la réaction vitale est fortement pro« poocée; soit avec un état fébrile symptomati^ qQusealement, quand cette m6me réaction est modérée : voilà pourçjuoi il est rare que, dans «dernier cas, il soit nécessaire de tirer du «Bg,ou, si on le fait, c*e$t parce que les forces du sujet étant en excès, il n'y a pas d*inronTénient à l'affaiblir un peu. Mais dans le ras où les éléments inflammatoire et bilieux soDl unis et au même degré d'intensité, tirer du sang plus ou moins avant d'évacuer, afin de réduire la maladie composée à l'état de maladie simple, telle est la conduite qu'on doit tenir, et c'est colle que nous avons cons* Umment tenue. Nous ajouterons que, dans les cas oh nous voulions agir plus vite, c'est- Àniire bâter la guérison du malade, nous narrions la veine au l>ras, et immédiatement a(irè$ avoir handé la plaie (la quantité vou* lue de sang enlevée), nous donnions le vo* mitif, qui agissait d'autant mieux que les dé> jdéiions sanguines avaient disposé davantage le sujet au vomissement.
Somme toute, dans la fièvre bilieuse légère, la réaction fébrile est symptomatique ; et ce qui le prouve, c'est que la fièvre ne se ntanifeste souvent que quelques jours après l'invasion de l'état bilieux : au contraire, dans les fièvres bilieuses fortes, il y a asso- <^i«tion de deux éléments morbides, ce qui rend la maladie composée. Nous arrivons >ui fièvres muqueuses.
Le$ fhre$ muqueuêts^ à cause des conditions physiques ou physiologiques dans lesquelles se trouvent les individus qui en sont sUeints (Fojf. Élément muqukux), s'accom* liguent trè^rarement d'une réaction fébrile jrès-forte, ou mieux, ne s'associent guère à lélément inflammatoire. Parfois, cependant, "jauuvéritableétatpyrétique.sinoo continu, du moins rémittent, et plus souvent interiuill^tu, Qui se montre à certaines heures de la lourofe, et parait jouer unrôle importantaux )«ui de quelques médecins : c'est un tort. Je tie dis pas qu'il n'existe jamais et n'ait jamais custédesatfections muqueuses dans lesquelles la saignée se soit trouvée avantageuse ; xiais ce sont les cas exceptionnels, et si l'on ^ pu virer du sang, c*est qu'alors les forces l^ieales étaient en excès : remarquez d'ail- "'Urs quo, même dans ces cas, il ne faudrait P>s trop insister sur la pblébotomie , attendu W la chute des forces suit de très-près les évacuations sanguines.
^<*« autre chose qui prouve aussi uue la
fièvre n'est point une réaction qui doive for* tement nous préoccuper, c'est que les praticiens qui ont vu beaucoup de fièvres muqueuses, etPinel lui-même, saignaient excès* sivement peu, faisaient vomir une et même deux fois, à un jour d'intervalle, purgeaient ensuite, et laissaient enfin la maladie s'user insensiblement sous l'influence de la tisane vineuse, des bouillons gras, et du vin d'absintbe donné trois fois par jour, à la dose d'un demi-verre ^ Bordeaux. Peut-on croire que si la fièvre était essentielle, le vin d'absinthe ne la rallumerait pas, ou n'augmenterait pas beaucoup son intensité? Donc, presque toujours la fièvre est symptomatiqpie dans les maladies muqueuses, et, quand elle ne Test point, c'est qu*un état inUammatoire léger est venu s'y associer.
Si l'état inflammatoire s'associe rarement à l'état muqueux, il se combine bien plus ra« rement encore avec l'edynamie ; c'est pourquoi nous avons ciu, dans notre enseignement, et nous le faisons encore, devoir lui refuser le nom de fièvre, que les auteurs lui ont donné; c'est-A-dire que, pour nous, les
Fièvres adgnamiquee doivent être rayées de la liste des maladies pyrexiques,jamais^une réaction fébrile franche n'accompaçnant la prostration des forces qui constitue I'Adtii aiiiE(Koy. ce mot). A ce propos, nous allons relever unefaute grave qu'a commise l'auteur de la Nosologie philosophique, Pinel, qui, dans sa classification des fièvres , fait ady* namie synonyme de puCtidité. Nous avouons que nous ne comprenons pas une erreur si matérielle de la part d'un homme si judicieux et d'un esprit si éminemment obser* vateur ; aussi crovonsiious qu'il aura été conduit à cette méprise en n'étudiant pas la putridité dans ce qui la constitue réellement. S'il l'avait suivie daus ses développements, il aurait vu que la putridité existe avec ex-» ces de forces, et n est souvent que les élé^ ments inflammatoires ou bilieux portés à leur summum d'intensité. £t, par exemplOf par quoi sont caractérisées les
Fièvres putrides des anciens auteurs? Parla sécheresse et l'aridité de la peau, la couleur brune ou noirâtre de la langue, l'oppression des forcesetnon la prostration,des urines rouges, le clignot tement des yeux, le délire, la menace de suffocation, etc., lorsque l'état putride n'est que l'élément inflammatoire arrivé à son plus haut degré d'intensité : aussi voit-on ces symptômes elTrayants se calmer sous l'emploi des antipblogistiques.
La putridité est-eire constituée, au contraire, par l'état bilieux exagéré, une eé<* pbalalgie très-forte , un délire considérable et quelquefois taciturne, l'oppression des forces, la fièvre forto* la soif vive, la teinte
{'aunàtre de la peau, surtout de la liice, du >laoc des yeux et des ailes du nez, la cba* leur ftcre de tout le corps en dénoteront l'existence ; et si l'on saigne le malade et qu'on l'évacué ensuite, comme dans l'association des éléments inflammatoire et bilieux, les symptômes alarmants ne tarderont pas à s'apaiseï . Pourrait - on espérer d'oblenir de i«areils
FIEVRE
FIEVRE
résultats, avec un semblable traitement, dans racljnamie? Non : donc, fièvre putride et fièvre adynamique ne sont poii\t synonymes.
Ce n'est pas que la putridité ne puisse passer elle-même à Tétatd'adynamie, mais aiors les symptômes de réaction inflammatoire ont disparu, la faiblesse a fait des progrès, la nature de la maladie a changé. Enfin quant aux
Fih>rt$ ataxiques ou malignes^ nous pouvons bien leur conserver celte dénomination, mais c'est è la condition qu'on ne verra dans ces maladies que l'élément atavique s'associantàune fièvre symptomatiaue, qui n'a d'autre valeur thérapeutique , aans ces cas comme dans bien d'ainres, que ceux fournis par la jeunesse, par une forte constitution, par une pléthore accidentelle, ou par la suppression d'une hémorragie habituelle; par la négligence qu'on a mise à se faire saigner comme on en avait l'habitude, etc. Reste là
Fièvrt adéno^nerveuêe, Pinel l'ayant considérée lui-même comme constituant la fièvre pestilentielle des anciens ou la peste proprementdite, ce n'est doncqu'une lorme des maladies putrides ouadynamiques,oudes maladiesataxiques; aussi croyons-noussavoir quel est le rôle que la fièvre jouedans ces maladies.
Et maintenant, si nous résumons tout ce qui précède, il en résulte que les états morbides mus particulièrement connus sous le nom de fèwreSf sont très-mal dénommés, la fièvre n'étant pas la maladie principale, mais un symptôme de celle-ci.
Ftènrtê eêietUielles. Ce qui constitue l'essentialité de ces sortes de fièvres, qui se présentent tantôt avec le type continu, mais avec des exacerbations très-marquées, et tantôt avec le type intermittent, c'est-à-dire par accès à intervalles plus ou moins éloignés, pendant lesquels nndividu n'est point malade ou n'en a point les apparences, c'est wijtne sais quoi de spécifique dans leur nature intime, qui les soumet à ces retours périodiques de paroxysme ou d'accès par lesquels elles sont caractérisées. C'est pourquoi elles ne guérissent pas généralement par les saignées et les évacuants, tandis qu'elles cèdent ordinairement au quinquina, qui est le spécifique de la périodicité.
Nous disons généralement^ attendu que ces sortes de fièvres, et principalement les fièvres d'accès à type tierce (è accès revenant tous les deux jours, laissant entre eux un jour d'intervalle sans fièvre ou d'apyrexie complète) ; ou h type quarte (à accès revenant tous les trois jours, laissant entre eux deux jours d'intervalle) , etc., sont fort souvent s^mptomatiques d'un embarras gastrique bilieux, et qu'elles cèdent h l'emploi des évaooants. Je dis plus, il est d'une bonne pratique, sous une constitution bilieuse ou muqueuse, de commencer le traitement des fièvres d'accès par des évacuations convenables, sans quoi on s'expose à des rechutes, le quinquina arrêtant bien les accès, mais ne détruisant pas la cause matérielle ou saburrale dont la présence dans l'estomac influe singulièrement sur leur retour : nous reviendrons sur ce sujet. Mais à quoi donc
reconnaltra-t-on les fièvres rémittentes et le fièvres intermittentes?
Les fièvres rémittentes se reconnaissent Yaugmmtation bien manifeste de la chaleui de la fréquence et de la vitesse du pouls, d la dyspnée, en un mot de tous les syu ptômes fébriles, pour parler le langage géu( ralement admis, pendant laquelle les séch lions cutanée, urinaire, etc., sont suspet dues; ce qui constitue le paroxysme, dont] terminaison a lieu parle rétablissement de 1 perspiration, même par des sueurs plus o moins abondantes qui abattent la fièvre sao la détruire entièrement. En d'autres termes la fièvre rémittente est une lièvre continu durant laquelle le sujet est plus malade lou les jours, à peu près aux mômes Heures. E bien, il suffit que cette rémittence soit biei marquée pour que, dans tous les coi, oi doive administrer le quinquina ou tios pré
Ëiralions,le sulfate de quinine, par exemple t ^uant aux
t lèvres intermittentes^ elles sont marquées par des accès périodiques journaliers (dèvre quotidiennejj ou à type tierce ou quarte, etc., hebdomadaire, mensuel, annuel même, puis-
aue Jacques V\ roi d'Angleterre, eut, f>eo* ant toute sa vie, un accès de fièvre le jour de sa naissance, accès qui marqua le jour de sa mort, qui était aussi un jour d'accès ou d'anniversaire. £t quant à l'accès, il asicomplet ou incomplet^ o'est-è-dire qu'il débute par un frisson suivi d'un froid plus ou moins vif, auquel succède une chaleur plus ou moinsi intense, et qu'il se termine par une sueur plus ou moins abondante. Sitôt qu'il a cessé de suer Je malade est extrêmement valide, il reprend ses occupations, il se sent bien ; voitè l'accès complet.
Lorsqu'il est incomplet^ le frisson et le froid manquent, ou du moins ne sont pas perçus par le sujet. Ils peuvent l'être par le$ assistants, attendu que l'invasion de Taccès étant signalée pardes bâillements, des pandiculalions, etc., si à ce moment on touche les extrémités du nez, des fneds ou des doigts do malade, on les trouve froids, comparativemeot à la chaleur des autres parties du corps, glacés même chez quelques-uns; et si en même temps on oxamine les ongles, on leur trouve une couleur qui n'est pas habituelle : iis sont
violacés. Partant, la période de froid manque. maisauboutdequelquesinstants,uaocbaJeur
forte se déclare avec fièvre, soif, anxiété, etct et à cette seconde période succède la sueur, troisième et dernière période. Ainsi, daiis les accès incomplets, la première des lro|S périodes qui constituent la fièvre, la période i algide manque, et l'accès n'est constitué que par la période de chaleur et la période de sueur ; d'autres lois, au contraire, c'est cette dernière qui ne s'établit pas; et dans quj^>qucs cas plus rares, c'est la période de mleur, dont la durée est ti courte qu'on UP* précîe à peine. Complet ou non, la quin»"J; les guérit sûrement, à moins, comme nous le disions tout à l'heure, qu'il y ait nno ciuj matérielle qu'on n'a pas eu le soie d *J^^!^.* Nous avons peu insisté sur le type des ne-
4tô
FIEVRE
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rreâ» attenda que les distinctions qu'on a étaliljes no servent guère au lit du malade ; m$ il esl deux caractères des fièvces d'accès, qae nous ne devons pas passer sous siletice, c*est lorsqu'ils sont tubinlratUs ou $9u$-eontinuê : je m'eipiigue. Dans la fièvre quotidienne, quand la chaleur de l'accès qui (iDJl se prolonge tellement qu'il ne cesse qu'alors que la période algide de l'accès suiranlse déclare, l'accès revenant tous les jours à la même heure, la fièvre est dite tous-€êntinue : au contraire, quand le frisson fébrile, au lieu de se faire sentir aujourd'hui ï\à même heure qu'hier, devance tellement le moment de son invasion, qu'il n'attend pa3« en quelque sorte,que la période de sueur Mit terminée, la Qëvre est dite êub-intranle ; or.il j a une considération pratique qui déroule de ces circonstances, c'est de donner le ^ifique pendant que le malade sue enrm ; au heu que, quand les accès sont bien fofiacés, on attend que la période de sueur soii eotièrement terminée. Dans tous les cas, et c'est une rèçle générale, Tadminislra* tiun du remède doit être faite le plus loin fiûssible de l'accès à venir, et si l'apyrexie e$l fort courte, on donne la première dose, liosela plus forte, au déclin de la sueur; et h autres ou l'autre, plus ou moins longtemps aprèâ.
Pmsque nous en sommes à l'emploi du spéciGuue, nous ferons observer que les fièvres d accès, celles surtout à type tierce, sont sujettes à des récidives qui ont lieu à buit ou quinze jours d'intervalle ; ce qui a iâit admettre des semaines paroxystiques. Cela (^lant, la prudence veut que, lorsque les fièvres d'accès ont duré quelque temps et résisté aux premières doses du quinquina, on ulministre encore une nouvelle quantité de (liiàdouzegrainsdesulfatedequinine,etcela, f*ar exemple, le septième et le quatorzième jours après la guérison ; c'est le véritable moyen d'empêcher les accès de reparaître.
Les lièvres d'accès ne se traitent-elle jamais <IQo par le quinquina ? Nous avons déjà vu qu'il en était de symptomatiques, et fait seniirl'utililé des évacuants émétiques : eh bien, lutus dirons maintenant que, dans les fièvres sous-continues, avec délire et autres sympii^nies graves, nous nous sommes bien trouvé ^^ pratiquer une petite saignée chez des jeunes Sens bien constitués, pendant la période de chaleur. La déplétion des vaisseaux ayant rpodu plus courte cette période et moins lougue aussi la période de sueur, nous avons <^u plus d'espace pour administrer le sulfate <^ft quinine, qui, dors, a mieux réussi.
De même, dans IdS fièvres rebelles aux ^yens ordinaires, mais à retours périodicités fixes, au eoup de l'horloge, un émétique <tooné comme moyen perturbateur un peu ^vaut l'apparition du frisson, a brusqué < accès qui n'a point paru. C'est probable- ^mi de la uiéiae manière que les émotions l^iulentes agissent, puisqu'on a vu une ^^rte colère provoquée par le médecin , quel- •tues minutes avant 1 invasion de l'accès, Hup^er celui-ci de se reproduire, et qu'il
a suffi d'autres fois d'avancer l'heure à la pendule du malade pour le guérir de ses accès, qui avaient résisté à tous les moyens : la îoic de voir que l'heure avait sonné depuis longtemps, et que l'accès ne paraissait point, fut si grande chez un fébrioitant, que I accès ne revint pas, en effet, à l'heure accoutumée : il ne reparut plus.
Somme toute, il est de règle générale qu'on peut saigner dans les fièvres rémittentes et intermittentes; qu'on doit évacuer dans les unes et les autres, quand il y a des symptômes de saburre ; et qu'on doit enfin employer le sulfate de quinine, qui, aujourd'hui, remplace le quinquina en poudre et toutes ses préparations.
Habituellement, comme nous supposons que le système nerveux n'est pas étranger à la périodicité, nous associons la quinine aux opiacés sous la forme suivante :
Pr. de Sulfate de quinine... dix à douze grains. Faites dissoudre dans: Acide sulfurique ou Eau de Rabel... une ou deux gouttes; ajoutez de Sirop de diacode... une once.
Le malade en prend d'abord une cuillerée à soupe, et puis de quatre en quatre heures, ou à ues heures plus rapprochées, selon les cas, une cuillerée à café.
Nous n'avons trouvé que deux cas rebelles à ce traitement. Il est vrai que les accès étaient très-irréguliers, apparaissant plusieurs fois par jour, et s'entremêlaient tellement qu'on ne pouvait guère saisir le moment d'apyrexie. Puis ce qui augmentait les difficultés, c'est que la période de sueur manquait ou n'avait absolument rien de régulier. Nous triomphâmes enfin de ces accès à l'aide du sulfure d'arsenic administré è la dose d'un 10% d'un 8% et même d'un 6' de grain deux fois par jour, suus forme pilulaire.
Du reste, dans les cas rebelles, ou peut recourir à une foule de remèdes que l'on a considérés comme des succédanés du quinquina. Ainsi on aura à choisir entre la solution arsenicale de Fovler, à la dose de dix gouttes deux fois par jour ; douze à vingt grains de saliciue, à dose fractionnée ; un scrupule de piperiu en douze pilules par jour pendant quelques jours (Mélise servait du poivre ordinaire, huit à douze grains, mA*lés à de la gomme arabique ); les feuilles de houx administrées de la manière suivante.
Pr. de feuilles de houx . . . deux gros; faites-les bouillir dans six onces d'eau jusqu'à réduction d'un sixième du liquide, ajoutez t de sirop simple, une once. A prendre en deux fois dans la journée, etc., etc.
Chez les enfants et chez les personnes Agées, à qui nous ne pouvions faire prendre la quinine par la bouche , nous l'avons donnée en lavement, avec addition de quelques gouttes de laudanum (5 h 10 gouttes], ou bien nous l'avons fait pénétrer a l'intérieur par la voie des absorbants du creux de l'aisselle, mêlée à de l'axonge.
Dans le premier Âge, on se trouve trèsbien dcsfrictionsa vcc la teinture de quinquina simple ou camphrée, }\ la dose d'une once par
riEvae
FIEVRE
friction, sur les dvant-bras ci les cuisses, faites trois fois par jour dans l'apvrexie. Un moyen qui nous a encore réussi chez des enfants de trois k sept ans et au delà, c'est une demi-tasse de café très-fort, dans laquelle on avait ei^ primé le suc d*un citron, bue au moment de l'invasion du frisson fébrile.
Nous n*en finirions pas si nous voulitins parier de tous les succédanés du quinquina» tous les amers avant été essayés avec plus ou moins de succès
Fièvres pemicieusa ou insidieuses. On a ainsi nommé une classe de maladies h type rémittent ou intermittent» s()écifiques, (lui ont un caractère de gravité tel que si on les méconnaît, le malade meurt inévitablement pendant le deuxième ou le troisième paroxysme, ou bien dans le second ou le troisième accès. Et ce qui fait que ces sortes de maladies sont méconnues» c'est qu'elles f^rennent le masque d'une tout autre affection, et qu'alors le médecin qui n'est pas 5ur ses gardes, croyant, par exemptci avoir afiaire à une inflammation viscérale, traite son malade en conséquence, et est tout étonné de le voir mourir si promptement. Nous avons eu bien des fois occasion d'observer des faits de cette nature; ils nous ont paru môme assez curieux pour mériter d'être rendus publics, et l'empressement avec lequel les journaux de Paris (Mevue fnédicale, 1830, t. IV) et de Bordeaux (Bu//ea'ft médical du Midi, 1837) les ont accueillis , nous ont prouvé que nous ne nous étions pas trompé.
Los observations que nous leur avons com* muniquées, et qu'ils ont publiées immédiatement, sont : 1* une fièvre intermittente délirante^ qui aurait pu en imposer pour une maladie cérébrale ; 2" uneGèvrc intermittente cholérique, ou à vomissements périodiques ; 3^ une fièvre rémittente gasiralffique, qui simulait la gastrite ; h' une (ièvre rémittente gasiralgico-céphatique : 5* une fièvre rémittente pneumonique, avec point de côté, expectoration sanguine très-abondante, etc. ; 6* une fièvre intermittente d^/irait^e,avec haltucinalions de la vue pendant Taccès ; 7"* une autre fièvre intermittente cAo/^fue, etc. Dans tous ces cas, le sulfate de quinine, administré pendant la rémission ou l'apyrexie, a comfilétement guéri les individus, et fait cesser comme par enchantement les symptômes alarmants. Aussi avons-nous l'habitude, sitôt que nous remarquons de la rémittence dans la fièvre qui accom|)agne une maladie pneumouique, céphalique ou autre, d*administrer mimédiatement la quinine. Voici comment je raisonne : ou l'inflammation viscérale que les symptômes m'annoncent est vraie ou fausse : clans lo premier cas, le quinquina peut a^^raver l'état du malade , mais il me sera possible d'y remédier ; dans le second cas, la quinine guérira, et si je ne l'emploie pas» le malade mourra inévitablement. Dans les cas douteux, j'aime mieux pécher par excès que par délaut de pru- JiMice : je donne le spécifique,
Fiitre de Itnt^ s. f., (ebris tactea. Elle est
ainsi nommée parce qu'elle consiste dans la réaction vitale qui s'opère chez les nouvelles accouchées, lors de la montée du lait aux mamelles.
Généralement, la sécrétion laiteuse commence à une époque assez variable , mais qu'on peut cependant fixer entre la quarante^ huitième et la soixante - douzième heure après l'accouchement; qiiand elle comment', on voit d'abord se manifester quelques prodromes avant-coureurs, tels qu un frisson fébrile fugace très-léger, une agitation légère» de Tanxiété, de la chaleur à la peau, la coloration du visage, la céphalalgie sus-orbitaire, la diminution des lochies» etc., lesque,*!:
Ehénomènes cessent après quarante -hua eures de durée, à la suite d'une sueur plu< ou moins abondante. Pendant la durée d'' cette sorte d'accès, durant lequel les seins se sont gonflés et la sécrétion laiteuse s*e>( opérée, certaines accouchées éprouvent des tranchées que l'on pourrait très-facilement confondre avec celles qui annoncent Tinvasion d'une métro-péritonite ( Voy, Péritomitb), sans cette circonstance du développ^ ment douloureux des seins et de l'ascension du lait. Enfin, la fièvre dissipée, on voit s'accomplir une foule de phénomènes qui ont pour but de ramener les choses k leur état normal, c'est-à-dire que les mamelles se distendent, deviennent de nouveau giobaleuses et mollos , et la sécrétion du lait s'y opère, sans nouveau gonflement, ni dou« leur.
Soins pendani la fiivrs de lait» Autrefois, quand une femme ne voulait pas nourrir son enfant, on était dans l'usage de la beau* coup couvrir pendant la fièvre laiteuse, afin, disaitK>n« de chasser le lait au moyen dis sueurs, évacuation jugée nécessaire, h cause de l'odeur aigre que la perspiration cutanét* exhale. Aujourd'hui on est revenu sur ces idées, et non-seulement on ne couvre pas davantage la nouvelle accouchée, iors mém qu'elle ne doit pas allaiter son nouvoau-né, mais on se borne à couvrir simplement le» mamelles, quand elles se gonflent, avec du coton en rame; et si elles sont douloureuses, avec un cataplasme de £écule de pomme de terre, moins lourd que ceux de farine de lirn et aussi parce qu'ils n*exhaleat pas d'odeur; en même temps on donne une tisane rafraichissante è la malade* on lui dimiDoe la quantité de nourriture qu'elle était autorisée à prendre, et on abandonne à h naturt, une réaction vitale qu'elle a provoquée et qu'elle saura bien calmer.
Fiinre puerpérale. C'est le nom que Ion a donné à la réaction fébrile qui se manifeste chez les nouvelles accouchées, réaction qui s'accompagne généralement d'accidents graves et mortels, avec suppression des lo* chies, afllaissement et vacuité des s&os^ Comme ou attribue généralement le déreloppement de ces pheaomèiies et les sea* dents qui les suivent à rinOammalioD du péritoine ou de la matrieei suivant en ca» l'exemple des plus habiles panai les acooucheurs» nous traiteit>!is do la fièfre poerpt^'
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