GENTIANE
e$l pendue joins ici robscrvnhon sus-dite, riena'inslruisanl et ne formant davantage à la pratique, qu*un fait bien circonstan-
ciét
La femme Laurent, âgée de trente-sii ans eoriron, d*un tempérament sanguin, ayaot ressenti de légers frissons alternant arec des bouifées de chaleur, des pesanteurs au bas des reins, des anxiétés précordiales, desdoaleurs abdominales, etc., me fit appeler. Je me rendis auprès d'elle, et voici dans quel état je la trouvai :
Face animée, conjonctives injectées et impressionnables à la clarté du jour; température du corps très-élevée, pouls petit et bible, appétit nul, langue rouge à la pointe et sur les bords, blanche au milieu, peu de soif, douleur à Tépigastre augmentant par Impression, douleur vive sur le sommet de lalète et à la racine du nez, ventre souple iulgré la constipation, urines rares et rouges, en un mot, tous les symptômes d'une jistrile modérée. Prescription : bouillons oaieres, très-légers, crème de riz, eau de poulet nitrée.
Le lendemain (23 août), la malade était absolument dans le même état ; mais, vers les trois heures de Taprès-midi, tous les symptômes augmentèrent d'intensité. La douleur àPépigastre devint tellement vive que le poids du drap de lit ne pouvait être supporté; la cépnalaigie était également beaucoup plus forte, intolérable, la figure rouge et aDimee, la soif intense, etc., bref, elle olTrait tous les signes d'une gastrite aiguë intense. Douze sangsues furent appliquées à Téuigastre, on laissa couler abondamment les piqûres, sur lesquelles des fomentations émoUientes forent faites ; coptinuation des iQèmes boissons, mais moins chargées. Sur ie soir, les symptômes s'amendèrent, et la Duit fut assez bonne.
Le 24, la femme Laurent parait être un peu mieux que la veille, néanmoins elle éprouve quelques borborygmes légers, sans coliques; son estomac est moins sensible, mais la tête reste toujours le siège dune douleur vive, la face est toi^ours rouge et animée, les yeux très-sensibles à Timpression des rayons lumineux. Des lavements sont administrés, mais ils sont rejetés sans entraîner aucune matière ; on les suspend, et on administre une potion huileuse; des épi- Ihèmes froids sont appliqués sur le front, le régime de la veille est continué.
L'effet de la potion huileuse fut de provoquer trois selles dans lesquelles des matières dures et noirâtres furent expulsées d'abord, puis elles devinrent jaunâtres et extrêmement fétides. Dès ce moment le mouvement fluxiunnaire sanguin qui se faisait <iu cêté de la tête fut moindre ; mais, vers ttidi, il y eut une nouvelle exacerbation de tous les symptômes. Le redoublement fut si Ion que la malade poussait des cris déchii^ots, se plaignant en même temps de Testomac et de la tête, dans laquelle el'.e disait tpruuver des élancements très-vifs.
Sur le boir, les symptômes s'amendèrent
de nouveau, ce qui nous détermina, malgré la continuité de la fièvre et la persistance de tous les autres symptômes d*irritation stomacale, à prescrire dix grains de sulfate de quinine dans une once de sirop de gomme à prendre le jour suivant en deux fois, de jraod matin.
Ce jour-là, le redoublement n'eut pas lieu, mais la fièvre et les autres symptômes restèrent les mêmes. Continuation du même régime.
Le 28, lesrèçlesparurent, elles coulèrent comme les mois précédents, et cependant la maladie ne fut pas entièrement jugée par rbémorragie naturelle, car, quelques jours après, la femme Laurent ressentit de nouveaux frissons suivis du retour des accidents, mais très-léeers, à peine appréciables ; ce qui nous décida à administrer une nouvelle dose de sulfate de quinine. Dès lors la guérison fut assurée. Nous devons ajouter pourtant que pendant huit à dix jours encore, la malade n'a pu satisfaire son appétit, les aliments les plus légers ne passant pas bien. Elle se priva donc de manger quoiqu'elle en senttt le besoin, prit quelques la- Yements, et bientôt tout rentra dans l'ordre.
Réflexions. Ce qu'il y a de remarquable dans cette observation, c'est l'inefficacité des sangsues et le peu d'avantage que la malade a retiré de leur application; le peu d'influence que les règles ont eu sur les symptômes morbides, et les avantages qu'a procurés l'administration du sulfate de quinine, qui non-seulement n'a pas augmenté les svmptômes d'irritation gastrite, mais qui, do plus, en empêchant le retour des exacerbations, a favorisé la guérison.
GASTROTOMIE, s. f., gastrotomia , de
ÎfUffvhp et TOfui , incision ventrale. — Ouverture ' aite au tMS^ventre, pour en extraire quelque corps étranger, ou pour y faire rentrer une partie qui s en serait échappée. L'opé* ration césarienne est une espèce de gasiro- Itomie.
GENTIANE , s. f., gentianaf ^enre de plantes de la pentendrie monogynie, L.; famille desgentianées, J.— Son étymologie lui vient, dit-on, de Gentius, roi d Illyrie, qui, selon Pline, se servit le premier de la grande gentiane , à laquelle ce genre emprunte son nom.
La gentiana rubra^ celle dont nous nous occupons, est indigène, et croit sur les montagnes des Alpes et des Vosges. Sa racine, qui est la partie de la plante employée on médecine, est à peu prés d'une longueur de trente -deux centimètres, cylindrique, et marquée par des anneaux très-rapprochés les uns des autres ; son écorce est aun brun obscur; sa substance intérieure est jaunAtre, sa saveur est très-amère, mais son odeur est presque nulle. Son amertume lui vient d'un principe particulier désigné par MM. Henri et Caventou sous le nom de gentianin.
l t('S propriétés toniques de la gentiane "u it été considérées par quelques auteurs commA pouvant égaler celles du quinuui'^a;
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CENTlANfi
GERyANDRÉE
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tourent m(>rac, dit AliberUil est nrfï^é aa^ cette subslance a produit des effets phis certains que lui, ce qui doit elfe aHribué à ce que la racine de gentiane est i^afeHient altérée ; car toutes les ibis qu*on emploie du quinquina d*un bon choii, on peut être assuré qu*il décèlera une énergie bien supérieure à cet(e de la gentiane. Quoiqu'il en soit, on accorde la préférence à cet^e dernière dans le traitemei>t des fièvres printa*nières, intermittentes, qui se manifestent avec peu d'intensité, et dans lesquelles l'atonie du tube digestif est le caractère prédo^ mifradt. Les paysans des Alpes remploient habituelleiâent arec un succès remarquable; notons que de nVst pas à titre d'anti-^pério^ diqae qu'elle agit, cor sous ce rapport ses effets sont nul^.
Iddéj^ndamment de l'eflicacité de (a gen^ liane dans le traitement des fièrres idtermitlerttes, cette plante est encore utilement eniptoyée, k cause de ^es tertûs toniques bien évidentes et trèi^-'^rctive^, dand la faiblesse dei organe^ digestifs qdi accompagne les maladies nerteuse^, dans les convalescences longues et pénibles, t^hez les personnes aifaihHes^ par des hé^morragies abondantes , toutes les fois eh un mot qu'il faut tonifle^ fortifier Testomac et les intestins et consécutivetàeiyt l'organisme tout entier. Voilà qui eiplique comment elle a pu guérir cet individu dont parle Wh} tl, qui, après avoir beaucoup souffert pendant quinze ans d'une douleur à Te^* tomac (probablement d'une névralgie ato^ nique), fut guéri en prenant tous les jours deux gros de racine de gentiane. Ce médicament, dit^il, lui tenait le ventre libre et augmentait son appétit. Le malade commença, au bout de quelques jeur3 , k se trouver mieuX( et quand la douleur revenait, çarce «lu'il n'avait pas fail usage de la gentiane, il était star de la dissiper, en ayant recours à §00 spécifique.
La propriété todiqiie dé ce médicament explique encore comment il peut être elHeaee dân^ 14 goutte, ôotle' ifialadie s'actnimpagnaAt fort souvent d'une fiiiibiesse très*-
i)roDoncée de^ orgaftes digestifs, qui se maniiaate à 1» suite des accès de goutte inflammatoire^ ou aaarche de compagnie avec les gouttes atoniques ; et comment aussi il est avantageux dans les maladies scrofuleuse^, la débilité étant assez généralement la compagne de rétat écrouelleut. Ueste que, do nos jours» ou se sert encore Volontiers de la gentiane» et que chacun se loue de son eflioacité.
La poudre de gentiane se donne à la dose d*un scrupule à un gros, en infusion ou en décoction, dans une livre d'eau ; mais son extrême amertume fait qu'on lui préfère l'extrait pris en pilules à la même dose, et plus encore le vin qui s'administre à la dose de
Juatro à huit onces. Entin, on se sert aussi e la teinture, qui se prépare en mettant soixante-quatre gramnôes de racine de gentiane pulvérisée, et trente-deux graibmes d'écorce d'orancce en poudre dans sept cent cin-
8 gros.
2 gros.
1 gros.
4 onces.
2 livres.
quante grammes d'alcool k 20* (eau-de-vie) Après une macération de cinq ou sii joun an soleil ou au bain de sable, on décante l< liquide, et on verse encore autres sept ceu cinquante grammes d'alcool surlessubstancei macérées. Puis, après qu'il s'est écoulé cinc à six autres jours, on décante encore et oi mêle tes deux liqueurs qui, après avoir ét( filtrées, constituent une teinture amère, doni la dose peut être portée de quarante i soixante gouttes.
Dubois a proposé une formule bien plu:
simple, pour avoir un éiixir amer à la geutiane.: il est connu sous le nom de Vh amer ou Eiixir de Dubois. Pour l'obtenir, on mêle dans un vase, une once et demie de gentiane à un gros de carbonate de potasse, et on verse dessus une pinte d'eande-vie. Après quinze jours de digestiot), on filtre la liqueur; la dose en est d'une, deux, trois, quatre cuillerées à café ou k bouche, et plus selon l'Age.
A propos de r in amer^ nous dirons que celui qui, dans les fortmilaires porte ce nom, a pour base la gentiane. En voici la recette :
Pr. : Racine de gentiane.
Quinquina et écorce d'oranges, de chaque.
Ecorce de Winlher.
Alcool.
Vin d'Espacne.
Mettez h macérer pendant boit à dix jours et filtrez. Dose r une ou deux onces le matin h jeun, le l'ai prescrit avec avantage immédiatement avant le repas, pour faciiiut la digestion des estomacs paresseux et faibles.
Là gentiane entre encore dans bien d autres préparations: il serait trop long de les indiquer.
GERMANDRËE, s. f., ieucttum, L., genre de plantes de la didynamie gjmnosperoiie, L.; de la famille des labiées, J. —Le mot ieucrium vient, selon Pline, de Telceb, prince troyen qui le premier fit usage d'une plante appartenant à ce genre.
Les botanistes admettent plusieurs espèces de germandrée : la variété dont nous nous occupons dans cet article est celle qu'on désigne sous le nom de Teucrium chamœdrys ; ses feuilles sont cunéifonues i ovales, incisées, pétioiées, etc., d'une saveur amère, et d'une odeur légèreuienl arumatiaue
A 1 instar des autres amers, la germandrée est administrée dans les atonie.- gas(ro-inlestinales et les obstructions viscérales froides.
aui s*accompagnent communément d'une ébilité constitutionnelle. C'est pourquoi on la trouve préconisée par Dioscoride dans les duretés de la rate, les hydropisies commençantes, etc., et c'est ce qui eipli<J«^ aussi un passage de Fernel que je traduis: « Elle déâorge les viscères, et priflCiF^" ment le foie, guérit les obstructions, <^^^ salutaire aux ictériques, etc. » ,.
Il paraîtrait qu'en outre, elle jouit de quf"' tés anti-fébriles assex prononcées^ puisq" ^"
CUOCOME
k daignait ancie-vneoient en kalîe sous uA nom qui signifie herbe aua fièvres ; qu'en iogieterre, elle jouit encore d*une grande réputation fébrifuge, et qu*on trouve dans Lazare Rivière, que des paysans des environs de Montpellier se sont très-bien guéris de fièvresquartesavee la poudi^e germandrée.
MaiSfSans remonter eues temps si reculés»» nous (Urons ^ue Berthez la mêlait quelquefois à ses prescriptions dans les roala-dies goutteuses ; que M. Chomel administre assez volontiers 1 infusion de cette plante dans la convalescence des fièvres graves qui AQt la forme adynamiqiiey de même qu'à la Oo de toutes les maladies aiguës qui sont suivies d'un état de langueur ou d'épuisement des forces vitales, et conséquemment te fonctions organiques, etc.
La chamœdrys s'administre en infusion, à ladosededeui à quatre gros dans une pinte (le liquide.
GESTA, s. m. — Cette expression qui sî-
SiGe aciiani a été adoptée par Halle, pour signer, parmi les choses faisant partie de la matière de rhygiè ne, les fonctions qui s'exécutent au moyen du mouvement volontaire des muscles et des organes. Et par exemple: i'ia veille, 2* le sommeil, 3' le mouvement et les locomotions, k* le repos.
GLANDS DE CHÊNE, s. m., balani, ^avâr.
-Fruit du chêne vert, c'esl-à-dire du onercut iltx ou du queTcus robur^ L., car l'une et l'autre espèce donnent des fruits, (^ui, après avoir été torréfiés comme le café, s emploient avantageusement en méde* cinc.
Les glands, qui sont le produit du quercui' TéuTy arbre que la nature a répandu avec profusion dans la plupart des forêts de l'Europe et de l'Amériaue, crue Linné a classé dans la monœcie poiyanarie, et qui aippar- (rent à la famille des amentacées J.; les glands de chêne, dis-je, consistent dans une seroemlS ovale à deux lobes couverte d'une écorce lisse, coriace, d'une seule pièce. Ils ont un eoût acerbe, et contiennent à peu près un dixième de tannin , ce qui explique leurs propriétés tonique et astringente.
Aprèsqu'ilsontété torréfiés convenablement, on les moud finement, et cette poudre sert à préparer une infusion, qui se fait comme lecaféonlinaire, et en a exactement la couleur. Le goût même en est assez agréable quand on le mêle avec du lait.
Celte infusion, qu'on peut appeler caféilorme est très-utile aux enfants d'un tempei^nient lymphatique ou scrofuleux, à ceux surtout qui, à l'époque du sevrage, sont sujets à lies dévoiements chroniques* apyrétiqucs.si difliciles à arrêter. Plus tard, ils contiennent encore daus les obstructions des glan'les du mésentère [carreau) et dans les sulres symptômes de l'état scrofuleux; en uu mot, on le donne toutes les fois qu'on veut tonifier l'organisme, et en particulier le tulie dijçestif.
GLAUCOitfE, s. ï., glaucoma.— Nom qu'on donnait jadis à la CATâRACTs {Voy.ce mol), et W i:e siti^nifie plus aojourd hui que : opa-
GOITRE VfS
cité du corps vitré, avec codeur veréae mer, dtf fond de l'œil.
GLOSSIÏE, s. f., glossiiis, de yl&trfra, langue : inflammation de la langue. — La langue, quoioue très-rarement atteinte d'inflammation, n en est pas cependant absolument à l'abri, comme le prouvent la rougeur, la chaleur et le gonflement, quelquefois trèseonsidérable, dont elle est le siège , turaéfaclion qui rend la difficulté d'avaler plus ou moins considérable, suivant l'augmentation du volume de l'organe, et gêne parfois la respiration à ce point, que 1 individu est en danger de suffoquer. Nous l'avons vue dans an cas si gonflée que le malade était forcé de tenir les mâchoires écartées de cinq centimètres Tune de l'autre, pour ne pas la comprimer.
La glossite a quelques causes qui lui sont particulières, c est-a-dire qu'en outre de celles de l'inflammation en général, il en est qui agissent localement et directement sur la langue , tels sont des matières Acres, des chicots pointus, etc. Elle accompagne surtout l'angine tonsilaire intense, rinflammation gagnant de la gorge à la langue.
Les émissions sanguines générales et locales, les scarifications en long de la langue, Siuand la tuméfaction est considérable; les notions avec l'onsuent mercuriel, et tout le cortège des antiphlogistiques énumérés article iNFLAUMATioir .* voila en quoi consiste fe traitement de la glossite.
GOITRE, s. m. — Ou l'appelle encore ftronchocête, parce qu'il est formé par le gonflement de la glande thyroïde et du tissu cellulaire voisin, sans inflammation, ni changement de couleur à la peau ; ce gonflement prend souvent des proportions énormes.
L'oi^igine scrofuleusc du goître, dans la pluralité des cas, fait qu'il est endémique dans les contrées froides et humides, et en
SarticuNer dans les vallées des Alpes, du as-Valais , etc.; aussi suQit-il souvent d'un changement de climat, de l'émigration dans lin pays plat, sec et chaud, pour le faire disparaître. Mais attendu que Témigrâtion n'est pas toujours permise , et que d'ailleurs le goitre peut se développer dans d'autres conditions , il faut lui opposer lo traitement antiscrofuleux ( Voy. Scrofule ) qui, à lui. seul, peut produire la résolution de la tumeur. Disons, toutefois, que l'iode et ses préparations jouissent d'une grande vogue, et au'on les oonsidère comme un spécifique u goitre.
Nous nous sommes servi très-volontiers de sa teinture à l'intérieur, à la dose de
Suinze à vingt gouttes, trois fois par jour, ans une tasse d'eau de riz, et des frictions sur la tumeur avec la pommade iodurée (4 grammes d'iodure de potassium pour IS grammes d'axonge).
Quelques praticiens préfèrent à ce médicament l'éponge, brûlée elle-même (corns d'où l'iode est extrait), dont Taction, cfisent-ils, est encore plus énergique que celle de l'iode ; ce qui serait en opposition avec l'opinion de ceux qui croient que IV-
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