‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 106 sur 204 · LA-M · texte numérisé non relu

LA-M

REPTILES,-

LAM

ongU'S ;lècorps aUail en diniinunnt cnarrii^re et se lorminait par une large queue. Sa couleur élail d*nn brun ccidré,*et sa peau avait une grande épaisseur. Tout ce qu'il du de pins n'a pour objet que de comiléler l'histoire de celle espèce yar les récils d'Oviedo cl de Gomara.

Kochefort est le premier qui désigne le Manali par le nom de Lamantin. Après avoir dit que cet animal a jusqu'à dix-huit pieds de long et sept de circonlérence, que sa tête ressemble à celle d'une Vache, il ajoute qu'il a la peau de couleur brune, qu'il est privé de nageoires, mais qu'à leur place il a sous le ventre deux petits pieds qui ont chacun quatre doigts, faibles proportionnellement à la grosseur du corps ; que les femelles font deux petits à chaque portée, dont elles ont le plus grand soin; quon trouve surtoutces animaux à 1 embouchure des fleuves ; qu'ils se nourrissent d'herbes, et que leur chair est Irès-bonne à manger.

Biet, qui écrivait à Cayenne, dit qu'à dix ou douze lieues de cette île les Lamantins sont si nombreux, qu'e:i un jour on [»eut en remplir une barque.

Dulerlre rappelle à peu près les mêmes faits que Rochefort; mais il dit de plus que le Manati, auquel il donne aussi le nom de Lamantin, a l'ouïe très-délicate, que sa nageoire caudale a un pied et demi de large, qu'il est couleur d'ardoise ; qu'il dori le mufle à demi hors de l'eau, que lorsqu'on prend une femelle allaitant, -ses petits se font prendre après elle; et il entre dans de grands détails sur la pêche de cet animal, qui est fort recherché à cause de la bouté de sa chair et do sa graisse. Dulertre j(»int à sadescrip- 4ion la figure du Lamantin donnée par Clusius.

Jusqu'à présent les auteurs qui ont eu occasion de parler du Lamantin d Amériiiuo, se circonscrivant dans le même cercle d'idées, n'ont guère fait que se répéter, et il faut ^convenir que ces idées sont peu propres à faire connaître cet animal comme il serait nécessaire qu'il le fût, pour qu'on pût établir «es véritables rapports avec les autres mammifères marins ; maison nedevait pas s'attendre que ce serait à un flibustier qu'on devrait d'entrer sur cette espèce dans un ordre de faits nouveaux, plus propres que ceux qui l'avaient précédé, à conduire au but que le naturaliste doit se proposer.

En effet, QExmélin, qui pendant dix ans avaitfait le métier de pirate,est le premier qui parle des parties osseuses du I.amantin. A ce »ujel il dit que ces animaux de la merdes Antilles ont cinquante-deux vertèbres; du cou jusqu'à l'extrémité de la queue, qu'ils n'ont point d'incisives, mais à leur place une, callosité tiès-dure, et qu'ils sont pourvusse trente-deux dents molaires. Il ajoute par erreur que leurs yeux n'ont point d'iris, et xiu'^ls sont privés de langue. Il assure que leur lait est d'un très bon goût, que les femelles ne produisent qu'un petit à chaque IH)rtéc, et qu'elles le soutiennent en le pressant contre leur corps avec une do leurs

nagroircs, ce que Rochefort avait d^jàre' ï)résenlé ; qu'elles allaitaient ce petit pf^adai^ une année et jusqu'à ce qu'il pût pattre-

Depuis OExmélin, cinquante et quelque années paraissent s'être écoulées sans qu'on ail- reparlé de celle espèce de Lamaritn pour en donner une nouvelle descripiion; car, si Dampier en parle dans son Voyage, c'est simplement pour dire qu'elle se rencontre sur toutes les côtes de la merdt-s Antilles ; c'est Labat qui app^ellede nou?eau l'atlention sur cet animal. L'individu feoielle qu'il eut occasion de voir à la M«rlinique, au moment où cet animal venait d'être hàtponné, avait quatorze pieds neuf pouces de longueur et huit pieds 'de circonférence; sa tête était grosse, sa gueule large, avec de grandes lèvres garnies dequelques poils longs et rudes; ses yeux étaient petits, et ses oreilles n'avaient d'extérieur qu'un Irès-pelil oriflce ; le cou était si court, due sans un pli on n'aurait pu distinguer la tête du reste do corps; les membres antérieurs, les seuls qu'ait cet animal, consistent en deux nageoires semblables à celle de la Tortue; il ne s'en sert point, comme ou l'a cru, pour se traîner à terre : le seul usage qu'en fait b femelle autrement que pour nager est de soutenir un de ses petits contre sa poitrine lorsqu'il tette. Les mamelles, à l'époque delà lactation ont sept pouces de diamètre, et ou^ tre d'élévation, avec un mamelon long d'un pouce et gros à proportion; la queue ressemble à une large palette de dix-neuf pouces de longueur sur quinze de largeur; la peau est beaucoup plus épaisse sur le dos que sous le verïlre, de couleur d'ardoise brune chagrinée et revêlue dequelques poils gros cl longs. Un jeune, pris avec cette femelle, avait Irois pieds de longueur.

La Condamine avait rencontré le Lanaanlin d'Amérique dans la rivière des Amazones ; la femelle qu'il eut occasion de décrire avait sept pieds et demi de longueur, et sa plus grande largeur était de deux pieds ; ses nageoires avaient de quinze à seize pouces de long. 11 dit qu'on trouve aussi cet animal dans plusieurs rivières des côtes de la Guyane et dans celles qui se jettent dans l'Amazone, à plus de mille lieues au-dessus de ' Tembouchure de ce fleuve, et qu'il pall l'herbe qui croît sur leurs bords en avançant la tête hors de l'eau.

Butfon, api es avoir discuté les divers récils qui ont eu le Lamantin pour objel, finif par en faire cinq espèces ; et c'est à celle qui nous occupe que se rapporte vraisemblablement ce qu'il dit du grand et du petit Lamantin des Antilles.

Jusqu'à présent nous n'avons puparlenle l'espèce de Lamantin d'Amérique qu'en rapportant les observations de quelques vo)ageurs curieux, qui n'avaient guère été à portée de l'observer qu'à l'extérieur et uu peu superficiellement, et qui, pour son nalur^' et ses mœurs, avaient dû s'en tenir à ce que leur en avaient raconté les pêcheurs elles naturels ; nous voyons que ces observalio;^ se renferment dans un cercle as.sez d'iroil»

f* I.AM POISSONS, ETC.

ÉÇ^Ct\{\ss qui suivoiil ne sonl guère que j^^^iïiiou de celles qui pri^cèdent. 11 de- L^«<^tt donc im[)ortant de faire une étude approfondie d'un animal aussi remar- Y<:3l^ que le Lamantin, pI la lâche on était ^ aux Ddturalistes, qui cependant sont enbien loin d'avoir pu satisfaire h cet les besoins <ie la science, posé que nous venons de faire des ^^paux éléments que possède la science tracer Thisloire du Lamantin de TAe du sud montre tout ce qui manque que cette histoire puisse être complète, naissance que nous en tirons pour nés n'a de rapports qu'au squelette quelques parties du canal intestinal, ncs de la respiration et de ceux de liOTî ; quant aux fonctions, h l'exde ce qui concerne en général les ents, nous n'en avons aucune noc, et il en est à peu près de même rs, des penchants, du naturel. Le que nouf avons à faire pour traoire de cette espèce se renfermera des limites fort bornées, de Lamantin parait être un corniftTarlicle la et au mot manat, ma^ vmutx contracté, qui fut le premier dt cette espèce. Quant h ce nom de en supposant qu'il ne soit pas pri-»

0Diui4donné pour étymologie le nô fui, en espagnol signifie main, m'mstïi o'ayant que des membres anqut ne se montrent guère au dehors /mr leurs doigts.

liîl/ede ce Lamantin de l'Amérique du

tsi de dix-huit à vingt pieds de lon-

; eî 5a largeur la plus grande, vers la

postérieure des bras, est de cinq à six

ff a )a forme générale des cétacés ;

de cou distinct, point de membres

eurs ; mais il diffère sensiblement de

iaoaux par les détails : ainsi quatre

doigts sont terminés par des ongles ;

ne n*est point en forme de croissant

en deux parties par une échancrure

ûe, elle est simple et à peu près

narines sont au bout du museau,

ent point évent ; ses mamelles sont

, etc., etc.

Lamantin est herbivore, son estomac

aïs paru contenir que des débris de

Son système dentaire et l'articulation

ehoîres entre elles annoncent en ef-

geiire de vie; mais, dépourvu d'inci-

n arrache sans doute ces plantes ma-

%voc ses lèvres, et les poils épineux

elles sont revêtues lui sont pour cela

utilité manifeste.

te espèce parait avoir un caractère fort

et, si l'on en croit quelques rapports,

rait capable de s'apprivoiser, et ne se

raie pas à une certaine éducation; eih^

j troapes plus ou moins nombreuses;

melles veillent avec une grande solli-

^ sur leurs petits, et ceux-ci conirac-

txmr leur mère un grand attachement;

^e portée est d'un ou deux petits, qui

xl'atord nourris comme les autres Mauï-

LAM

mifères, par le lait qu'ils tirent des mamelles, lait qui, dit-on, est doux et f.»rt agréable au goût.

Ce Lamantin se rencontre h remboochurè des fleuves que reçoivent les mers des Antilles et celles qui baignent les côtes occidentales de l'Amérique du Sud; il remonte ces fleuves, et s'avancerait môme jusqu'aux lacs qu'ils forment, où on les rencontrerait en nombre considérable, si le rapport de (jumilla ne devait pas ins()irer quelque défiance.

La chair et la graisse de cet animal sonl fort recliercliées : lune ressemble, d t-on, h celle du Veau, et l'autre joint h une douceur très-agréable an goiU l'avantage de se conserver longtemps sans altération.

En terminant ce que nous avions l\ dire de cette espèce de Lauiantin, nous devons exprimer le vœu q^ue bientôt un naturaliste éclairé se trouve a portée d'observer de non* veau col animal curieux, pour en compléter la description et en éiudier les mœurs.

Le Lamantin du Sénégal {Manatus senegniensis). Cette espèce i^'est guère connue que par la description sommaire qu'Adanson en a donnée, et dont on doit la première publication h Bufi*)n, et par une léte q\ie cê voyageur rap;.orta h son retour du Sénégal, et que Dauhenlon décrivit. Mais h l'éfiorpie de cette publication, Bulfon et Daubenton ne distinguaient pas le Lauiantin du Sônégai de celui des Antillos; et si Buffon, par la suite, en fit deux espèces distinctes, ce fut par des raisons si faibles ou si fausses, (^ne son opinion fut généralement rejetée, (/est Pennant, et après lui Schaw, qui clierchèrcnl à fonder celte espèce sur de bons caractères, Tun d'après la forme de la queue, l'autre d'après le f»elage, mais en exagérant l'un et l'autre, ces traits prétendus caractéristiques, (jue tous <leux tiraient d'une peau bourrée du cabinet de Lever, dont ils ont donné une grossière figure. Tout annonce en effet qu'extérieurement le Lamantin du Sénégal ne diffère que par des détails assez légers de celui de l'Amérique du Sud, et que ses véritables caractères spécifiques, ceux du moins que, dans l'état actuel des choses il est possible d'apprécier, résident dans les formes et les rapports des différents os de 1» tète.

Tout ce qu'on sait d'exact concernant cotte espèce repose donc encore principalement sur ce que nous en avons appris par les soiuj^ d'Adanson; non pas qu'on ne troî»ve dan«5 les voyages en Afrique des récils qui s'y ra^>portent; mais tout ce qu'on peut en tirer, c'est que les côtes occidentales de l'Afrique, h l'embouchure des fleuves, les fleuves et même les lacs nourrissent des animaux lnî<«grands et très-gros, qui vivent d'herbes, qui ont du très-petiis veux, une queue fort large, des mains dont les doigts sont lAches, qui î-ont privés d'oreilles, dont les femelles ont deux mamelles, et dont la chair est savoureuse et nourrissante. On en tronverail aussi sur les côtes orientales vers Sofala, etc., et m^me, à en croire Léguât et Lacaille, ver*

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