‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 107 sur 204 · I.AII · texte numérisé non relu

I.AII

les côtes de Tlle Rodrigue ou de France. Dap* iper parle aussi du I^tnantiu d'Afrique sous le nom de Sirène. Il nous apprend que les :nègres le nomment Ambisiangulo et Pesienaoni^ et les Portugais Pa«j«*-Afou//fr(poisson- Temme). La longueur de ces animaux est de huit pieds; ils sont privés d'oreilles, et leur couleur est d'un gris-brun. Lorsqu'ils sont blessés, ils poussent des cris lugubres. Leur chair, très-grasse, ressemble à celle du porc; on la sale pour la conserver, et il n'est pas toujours sans inconvénient pour les marins de s*en nourrir. Cependant Tabbé Dumanet attribue la rareté de cet animal à la guerre

aue lui font les nègres^ h cause de la bonté e cette chair. B rbot, Atkins, parlent aussi de ce Lamantin, mais sans rien apprendre qui puisse ajouter à sâ véritable histoire.

Nous terminerons cet article par la description très-bonne qu'Adanson nous donne de son Lamantin.

« J*di vu, dit-il, beaucoup de ces ani* maux; les plus grands n'avaient que huit pieds de longueur et pesaient environ huit cents livres; une femelle de cinq pieds trois pouces de long ne pesait que cent quatrevingt-quatorze livres; leur couleur est cendrée noire; les poils sont très-rares sur tout le corps; ils sont en forme de soies longues de neuf lignes ; la tête est conique et d une grosseur médiocre, relativement au volume du corps4 les yeux sont ronds et petits : l'iris est d'un bleu foncé et la f)runelle noire; le museau est presque cvlindrique; les deux jiiAchoires sont h peu près également larges; les lèvres sont charnueset fort épaisses; iln'a que des dents molaires, tant a la mâchoire o'en haut qu'à celle d'en bas; la langue est de forme ovale et attachée presque jusqu'à son extrémité à la mâchoire inférieure... Je n'ai pu trouver d'oreilles dans aucun, pas même un trou assez fin pour pouvoir y introduire un stylet. Il a deux bras ou nageoires placés à l'oiigine de la tête, qui n'est distinguée du tronc par aucune espèce de cou, ni par des épaules sensibles; ses bras sont à peu près cylindricjues, composés de trois articulations principales, dont l'antérieure forme une espèce de main aplatie, dans laquelle les doigts ne se distinguent que par quatre ongles d'un rouge brun et luisant : la queue est horizontale comme celle des Baleines, et elle a la forme d'une pelle à four. Les femelles ont deux mamelles plus elliptiques que rondes» placées près de 1 aisselle des bras; la peau est un cuir épais de six lignes sous le ventre, de neuf lignes sur Je dos et d'un pouce et demi sur la tête. La ,graisse est blanche et épaisse de deux ou irois pouces : la chair est d'un rouge pâle,

£lus pâle et plus délicate que celle du Veau, es nègres Oualofes ou Jalofes appellent cet animal Lereou. Il vit d'herbes, et se trouve à l'embouchure du Heuve Niger, c'est-à-dire da Sénégal. »

Comme nous l'avons vu, ce Lamantin se rancontre sur toutes les côtes orientales de TAfriaue^ du moins depuis le Sénégal jusqu'à la Guinée méridionaloi et quelques

voyn,^eurs en parlent comme en ayant reocontré vers l'embouchoure de la SefaU et sur les cêtes de l'île Rodrigue^ ce qui lef^ rait supposer vers l'embouchure de tous les fleuves de Madagascar.

Lamantin a large museau {Manalut lotirostris). L'existence de cette espèce de Lamantin ne repose encore que sur une comparaison faite par, M. Harlan d'une ié(e altérée, à laquelle manquaient plusieurs os, avec les têtes des deux espèces connues dont nous venons de parler. Ce naturaliste, ayant observé plusieurs différences entre ces lêlt> et celle qu'il en rapprochait, a cru pouvoir en conclure que celle-ci appartenait à uoe espèce très-différente de celle de rAmériquc du Sud, et ne se rapprochait qu'à quelque égards de l'espèce de l'Afrique. Sans prétendre infirmer les conclusions de M. Hariau. nous ferons seulement remaraucr que ie^ restes de têtes de sa nouvelle espèce se trouvaient jetés sur le rivage dans un grard état d'altération; que c'est en réunissant les restes de plusieurs têtes qu'il a recomposé la tête ent ère qui a fa t le sujet de m comparaisons» et que les limites des moditications que peuvent éprouver les têtes dei deux espèces connues sont loin d'avoir él<! appréciées, puisqu^on n'a encore fait représenter, de manière à être comparées Ym avec l'autre, qu'une seule tête de chacune de ces deux espèces. M. Harlan nous dit que le docteur fiurows, qui lui a remis ces restes de tête, a appris des naturels que les animaux desquels ces os provenaient se rencontrent en nombre considérable à TeiBbouchure des rivières et près des caps de la Floride orienlale; que les Indiens les harponnent pendant les mois d'été, et qu'un d'entre eux est parvenu à en prendre dix à douze dans une saison. Ces Lamantins ont de huit et dix pieds (anglais) de looget environ le poids d'un gros Bœuf.

LAMARCK, sa théorie sur l'origine des êtres organisés. Voy. l'Introduction.

LAMPHIS, poisson du grand genre V> mer, famille des Acanthoplérygiens scombéroides. — Le Lampris guUatus d8 Cufier, Chrynotose lune de Lacépède, est un^ai^ et magnifique poisson. Lorsqu'il resplendit auprès de la surface de la mer, il ne reavoie

f)as une lumière argentine comme celle de a lune; il br.lle de l'éclat de l'or: et c'est au disque solaire plutôt qu'à celui de l'astre des nuits, qu'il aurait fallu comparer la surface richement décorée qu'offre chacun de ses côtés. Plusieurs reflets d'azur, d'un rert clair et d'argent, se jouent sur ce fond doré, au milieu d'un grand nombre de tacbes couleur de perle ou de saphir ; les nageoires sont du rouge le plus vif, et c'est ce aui a fait dire à un observateur, que Top evrail regarder ce Chrysotose commy^^' gneur de la cour de Neptune en kabii de m- Lorsque ce poisson lune parvient à des dimensions trè$-étendues, et par eieiupl^ lorsqu'il a soixante-six centimètres de b«^ teur (sans y comprendre les nageoires ^a dos et de l'anus) sur dix ou onze déciœ*"?^

LkU

POISSONS, ETC

sst

longueur toMe, ainsi que Tindividu du Muséum d'histoire naturelle» il pë^e près de TÎngt kilogrammes.

00 ae rencontre que très-rarement les Chrjrsoioses lunes. Les individus que les naturalistes ont observés avaient été pris sur les côtes françaises ou anglaises.de IV C4^an .atlantique. Il parait cependant que le Chrysotose que nous décrivons hobite aessî dans les mers de la Chine.

L.AMPR01E, Petromyzony de n >&•', pierre^ et ^i»C'<«* sucer. Genre de poissons d*^ Tonlre des Chondroptérygiens suceurs» ou Cycloslomes.

C*est une grande et belle considération que celle de toutes les formes sous ios- Quelles la nature s*est plu, pour ainsi dire, à iaire paraître les êtres vivants et sensibles. C*esl un immense et admirable tableau que cet ensemble de modifications successives par lesquelles Tanimalité se dégrade, en descendant de Thomme, et en parcourant toutes les espèces douées de sentiment et de Tie, jusqu*aux polypes, dont les organes se rapprochent le plus de ceux des végétaux, et qtiî semblent être le terme où elle achève de s'affaiblir, se fond et disparaît pour reparaître ensuite dans la sorte de vitalité départie h toutes les plantes. L'étude de ces décroissements gradués de formes et de facultés est le but le plus important des recherches du naturaliste, et le sujet le plus digne des méditations du |ihilosophe. Mais c*est principalement sur les endroits où les intervalles ont pani les plus grands, les transitions les moins nuancées, les caractères les plus contrastés , que lattention doit se [porter avec le plus de constance; et comme c*est au milieu de ces intervalles plus étendus que Ton a placé avec raison les limites des classes des êtres animés , c'est nécessairement autour de ces limites que Ton doit considérer les objets avec le plus de soin. C*est là qu*il faut cberclier de nouveaux anneaux |iour lier les productions naturelles. C'est là que df'S conformations et des propriétés intermédiaires, non encore reconnues, pourront, en jetant une vive lumière sur les qualités et les formes qui les précéderont ou les suivront dans Tordre des dégradations des êtres, indiquer leurs relations, déterminer

1 urs effets et montrer leur étendue.

On dirait que la puissance créatrice, après avoir, en furmant les Reptiles, étendu la matière sur une très-grande longueur , après ravoir contournée en cylindre flexible, l'avoir jetée sur la partie sèche du globe, et l'y avoir condamnée è s'y traîner par des ondulations successives , sans le secours de mains , de pieds ni d'aucun organe semblable, a voulu, en produisant le Pétromyzon, qu'un être des plus ressemblants au serpent peuplât aussi le sein des mers ; qu'allongé de même, qu'arrondi également, qu'aussi souple,

Ju'aussi privé de toole partie correspondante à espieds ou à des mains, il ne se mût au milieu lies eaux qu'en se pliant en arcs plusieurs fois répétés, et. ne pût que ramper au travers des oncles. On croirait que, pour faire

naître cet être si analogue , |K>ur donner la jour au Pétromyzon , le plonger dans les eaux de l'Océan et le placer au milieu des rochers recouverts par les flots , elle n'a eu besoin que d'approprier le serpent à un nouveau fluide, ^ue de modifier celui de ses organes qui avait été façonné pour l'atmo-^ sphère au milieu de laquelle il devait vivre.

Sue de changer la forme de ses poumons, 'en isoler les cellules , d'en multiplier les surfaces, et de lui donner ainsi la faculté d'obtenir de l'eau des mers ou des rivières les f principes de forces qu'il n'aurait dus qu'à 'air atmosphérique. Aussi l'organe de la respiration des Péiromyzons ne se relrouvet-il dans aucun autre genre de poissons ; et,

Eresque autant éloigné par sa forme des ranchies fmrfnitcs que de véritables poumons , il est cependant la principale dilférence qui sépare ce premier genre des Cartilagineux de la classe des Serpents.

Les Lamproies, que l'on nomme aussi Péiromyzons , narce qu'elles ont l'habitude de se fixer par la succion aux pierres et aux autres corps solides, ont été longtemps retranchées de la classe des pioissoos, et placées dans celle des animaux auxquels on a donné le nom de Vers. En efl'et , les Lamproies ressemblent à ces derniers animaux par la forme cylindrique et très-allongée de leur corps, par la flexibilité des difl'érentes

()arlies qui le composent, |>dr la souplesse e^ a viscosité de la peau qui le revêt, et sur laquelle on ne peut apercevoir aucune travo d'écaillés. Quoi qu'il en soit, ce sont de vé* ritables poissons cartilagineux, dont l'anneau maxillaire, n'étant soutenu par aucune partie dure et solide, ne présente pas toujours le même contour; sa conformatiou se |)rê(e aux différents besoins de l'aQimal, mais le plus souvent sa forme est ovale, et c'est un peu au-dessous de l'extrémité du museau qu'il est placé. Les dents, un peu crochues, creuses, et maintenues dans de simples cellules charnues, au lieu d'être attachées à dts ma-» clioires osseuses, sont disposées sur plur sieurs rangs, et s'étendent du centre à la circonférence. Deux autres dents plus grosses sont placées dans la partie antérieure de la bouche ; auprès de chaque œil sooi de petits trous qui paraissent h*s orir ûces des canaux destinés à portée à la surface du corps cette humeur visqueuse si nécessaire à presque tous les poissons pour entretenir la souplesse de leurs mouvements, et particulièrement à ceux qui, comme les Lamproies, ne se meuvent que par des oodulalions rapidement exécutées. Les Lamproies ou Petromyzons manquent de nageoires pectorales et de nageoires ventrales; il y a deux nageoires sur le dos, une nageoire au delà de l'anus, et une quatrième arrondie» à l'extrémité de la queue ; mais ces quatre nageoires sont plutôt une crête i longitudinale qui en tient heu ; et ce n'est i que par la force de leurs muscles, ainsi qii« par la faculté qu'elles ont de se plier promp< tement dans tous les sens et de seri ente» au milieu des eaux, que les Lamproies o«\

ueptii.es,

LAM

genl avec vitesse. Derrière chaque œil, on voit sept onvcrliires d sposées en ligne droite comme celle d'une tlûle ; ce sont les orifices des brnnchies,'oude Torgane do la respiration ; cet organe est composé de sept parties qui n'ont Tune avec l'autre aucune communication immédiate; il consiste, de cliaque côté, dans sept bourses ou petits sacs dont chacun répond à l'extérieur; lorsqu'une certaine quantité d'eau est entrée imr la bouche dans la cavité buccale, elle pénètre dans chaque bourse {»ar les orifices intérieurs de ce petit sac, et elle en sort par l'une des ouvertures extérieures que nous «vous décrites plus haut; il arrive souvent, «lu contraire, que ces animaux font entrer Teau qui leur est nécessaire par Tune des sept ouvertures que nous avons comptée^, (îi la font sortir de la bourse par les orifices intérieurs qui aboutissent à la cavité du palais. L'eau, iine fois parvenue dans cette cavité, peut s'échap[>er par la l)Ouche, ou par lin trou ou évent que les Lamproies ont sur le derrière de la tÔie. Cet évent est analogue i\ celui que présente le dessus de la tête des •cétacés, et par lequel ils font jaillir l'eau à luje grande hauteur. Les Lamproies peuvent également, et d'une manière proportionnée ^\ leur grandeur et h leur force, lancer par leur évent l'eau contenue dans les sacs qui leur tiennent lieu de véritables branchies ; et sans cette issue particulière, qu'elles peuvent ouvrir et fermer à volonté, en écartant ou rapprochant les membranes qui en garnissent la circonférence, elles seraient obligées d'interrompre très-souvent une de leurs habitudes les plus constantes, qui leur a fait donner le nom qu'elles portent, celle de s'attacher par le moyen de leurs lèvres souples et très-mobiles, et de leurs dents fortes et crochues, aux rochers des rivages, aux bas-fonds limoneux, aux bois submergés et à plusieurs autres corps. Au reste, il est aisé de voir que c'est en élargissant ou en comprimant leurs bourses branchiales , ainsi qu'en fermant ou ouvrant les orifices de ces bourses, que les Pétromyzons rejettent l'eau tle leurs organes, ou l'y font pénétrer.

Maintenant, si nous examinons l'organisation interne des Lamproies, nous trouverons que les parties les plus solides de leur corps ne consistent que dans une suite do vertèbres entièrement dénuées de côtes, dans une sorte de longue corde cartilagineuse et flexible, qui renferme la moelleéninière. Les ovaires occunent dans les femelles une grande fiartie de la cavité abdominale, el se terminent par un petit coude cylindriaue et saillant hors du corps de l'animal, à 1 endroit de l'anus. Les œufs que ces organes renferment sont de la grosseur des graines du pavotJeur nombre est très-considérable; c'est pour s'en débarrasser, ou pour les féconder, lorsqu'ils ont été pondus, que les Lamproies remontent de la mer dans les grands fleuves, et des grands fleuves dans les rivières. Le retour du printemps est ordinairement le moment où elles quittent leurs rit! aites marines pour exécuter cette

espèce de voyage périodique ; mais le tenu-s de leur passage des eaux salées dans ù^ eaux douces est plus ou moins relardé ou avancé, suivant les changements qu'éproure la temiK rature des p rages qu'elles habitent. Elles se nourrissent de Vers marins, «le Poissons très-jeunes; dénuées de dents meurtrières, d'aiguillons acérés, n'étant garanties ni par des écailles, ai parides tubercules, ni par une croûte osseuse, elles n'ont point d'armes |>our attaquer, et ne peuvent opposer aux ennemis qui les poursuivent que les ressources du faible, une retraite ignorée, l'agililé des mouvements et la vitesse de la fuite; aussi sont-elles fréquemment la proie des grands poissons, tels que le Brochet et le Silure; de Quadrupèdes, tels oue la Loutre et auires Mammifères, el de l'homme qui les pèche non-seulement avec les instruments connus sous les noms de masse et de louve, mais encore avec- les grands filets. Au dire de plusieurs naturalistes, ce qui conserve l'espèce des Lamproies malgré les ennemis dont elles sont environnées, c'est que les blessures graves, et mortelles môme pour la plupart des poissons, ne sont point dangereuses pour elles; et môme par une conformité remarquable d'organisation et de facultés avec les Serpents, elles peuvent perdre de trèsgrandes portions de leur corps sans être à l'instant privées de la vie, et l'on a vu des Lamproies à qui il no restait plus que U tôte et la partie antérieure du corps, coller encore leur bouche, avec force et pendant plusieurs heures, è des corps qu'on leur présentait. Elles sont d'autant plus recherchées par les pécheurs, qu'elles parviennent h une grandeur assez considérable. On en a pris qui pesaient six livres ; d'ailleurs leur chair, quoique un peu diflicile à digérer dans certaines circonstances, est très-délicate , lorsqu'elles n'ont pas quitté depuis longtemps les eaux salées ; mais elles deviennent dures et de mauvais goût lors- Qu'elles ont fait un long séjour dans l'eau ouce. On poche quelquefois un si grand nombre de Lamproies, qu'elles ne peuvent pas être promptement consommées dans les endroits voisins des rivages auprès desquels elles ont été prises; on les conserve alors pour des saisons plus reculées, ou des pays l)lus éloignés, auxquels on veut les fc parvenir, en les faisant griller, et en ks n-nfermant ensuite dans ûes barils avec du vinaigre et des épiées^ Au reste, presque tous les climats paraissent convenir aux Lamproies ; on les rencontre dans^ la pif''?'" baigne les côtes de rAmérique méridionale aussi bien que dans les eaux de la Méditer ranée, et on les trouve dans l'Océan àn^\ que dans les fleuves qui s'y jettent, à "^* latitudes très-éloignées de l'éaualeur. Po}^^ terminer ce que nous avons à dire sur 1 u'*; toire do ces animaux, il nous reste à lodtquer les espèces qui forment ce genre.

Nous commencerons i énumératloo de ces |)oissons par les esjièces observées k p'^**' anciennement el les mieux connues.

LAM

POISSONS , ETC

Page 1