‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 119 sur 204 · UU THON · texte numérisé non relu

UU THON

(2) Hi$t. mundi, lib. xxxi, cap. 8.

l'eau depuis très-peu de temps; et on dans les Transactions philosopniquet dt l dres (ann. 1666, p. 116), qu'un cuisinier, remuant de l'eau dans laquelle il aïait cuire quelques-uns de ces Scombres, rii ces poissons rayonnaient vivement, et l'eau devenait très-lumineuse. On apert ui e lueur phosphonque partout oii on sait tomber des gouttes de celte e8o,a l'avoir agitée. Des enfants s'arausèrei transporter ces gouttes qui ressemblaic autant de petits disaues lumineux. On serva encore le lendemain , que lorsq imprimait à l'eau un mouvement cirru rapide, elle jetait une lumière com[)ara la clarté de la lune : celle lumière é l'éclat de la flamme, lorsque la viles mouvement de l'eau était lrès-accéléré« des jets lumineux irès-brillanis so alors du gosier et de plusieurs autrespa des Maquereaux.

Mais avant de terminer cet article, trons avec précision les formes du poi dont nous venons d'indiquer les prindj habitudes.

En général, le Maquereau a la ttt

Î;ée, l'ouverture de la bouche assat a langue lisse, pointue, et un peulilwt ses mouvements; le palais garai dans son contour de denfs petites, aiguës et blables à celles dont les deux mâchoires hérissées ; la mâchoire inférieure m p« plus longue que la supérieure, M nop large, l'ouverture des branchies étendue, uff opercule composé de trois pièces, /e tfo/ic comprimé ; la ligne latérale roisine du dos, dont elle suit la courbure; l'anus v\us approché de la tète que de la queue; \es nageoires petites, et celle de la queue teot^ chue.

Telles sont les formes principales du S» bre dont nous écrivons l'histoire: ses* leurs ne sont pas tout à fait aussi 0t stantes.

Le plus fréquemment, lorsqu'on toit • poisson nager entre deux eaux, etprésçn» au travers de la couche fluide qui le Tefti* pour ainsi dire , toutes les nuances qjj peut devoir à la rapidité de ses mouTeœei* et à la prompte et entière circulation des"

Juides qu'il recèle, il paraît d'une coul e soufre, ou plutôt on le croirait plus moins doré sur le dos; mais lorsquil hors de l'eau, sa partie supérieure nol qu'une couleur noirâtre ondulée de bleu; grandes taches transversales, et d'une nu* ^ bleuâtre sujette à varier, s'étendent de et* que côté cfu corps et de la queue, doml partie inférieure est argentée, ainsi queUJ et les opercules des branchies : presq^ toutes les nageoires sont grises ou o"*^ châtres.

Plusieurs individus ne présentent pa?* grandes taches latérales; ils forment une i riélé à laquelle on a donné le flora d«^ chais dans plusieurs pêcheries fr*?Ç^^^ qui est communément moins estiinée po«^ la lable que les Maquereaux ordinaires- i Au reste, toutes ces couleurs ou nuance

UQ

pfflsanis, ETC.

lUQ

>nt produites on modifiées par des écailles etites, minces et molles.

Ajoalons aue les rertèbres des Scombres ae nous decriToas , sont greDdes, et an 3iDbre de trente ou trente et une, et qoe 3D compte dans chacun des cdtés de l'épine >rsale onze ou doute cdtes attachées aux srlèbres par des cartilsges.

On peut Toir par les détails dans lesquels ous Tenons d'eatrer, que les formes ni les ■mes des Maquereaux ne les rendent pas lus dangereux que leur taille pour les aues habitants des mers. Cependant, comme !urs appétits sont très- violents, et que leur ombre leur inspire peut-être mie sorte de ODfiince, ils sont voraces et même hardis : s attaquent souvent des poissons plus gros t plus forts qu'eux; et on les a même rus uelqœfois se jeter avec une andace aveale sur des pécheurs qai roulaient les saiir, ou qui se baignaient dans les eaux de la •er.

Mais s'ils cherchent à Jbire beaaeoup de ictimes, ils sont perpétuellement entourés i nombreux ennemis. Les grands habitants es mers les dévorent; et des poissons en VParence assez faibles, tels que les Murènes lies Horéocphis, les combattent arec arao- Lage. Hous oe pouvons donc écrire presque auenoepage de eelte Histoire sans paner d'attaques et de défenses, de proie et de dérastateurs, d'actions et de réactions r^ouables , d'armes, de sang, de carnage et de QOrt. Triste et horrible condition de tant de oilliers d'espèces condamnées h ne subsis- N que par la destruction ; k ne vivre qoe oor être immolées ou prévenir leurs tyans; à n'exister qu'au milieu des angoisses la bible, des aKitations du plus fort ; des mbarras de la luite, des fatigues de la reherche ; du trouble des combats, de la doueur des blessures ; des inquiétudes de la

icioire, des tourments de la défaite 1 C'est au Maquereau que nous croyons de- 'oir rapporter le Scombre qn'Aristote, Atbélée, ÀÎarorande, Gesner et Willughby, ont lésigné par le nom de Coliat, que l'on p6- :he près des edtes de la Sardaigne ; qui est «uvent plus petit que le Maquereau, qui en liffère quelquefois par les nuances qu'il fffre, puisque, suivant le naturaliste Cetti, il présente un vtrt gai mêlé b de l'azur, mais lui, d'ailleurs.a les plus grands rapports arec e pfHSSon que nous venons de décrire. Le >rofessenr Gmelin lui-même, en l'inscrirant I la suite du Maquereau , demande s'il ne laul pas le considérer comme ce dernier Momore encore jeune.

Au reste, quelques auteurs, et particulièrement Rondelet, ont appliqué cette dénonination de Colitu à d'autres Scombres que l'on nomme CoguoiU, auprès de Marseille ; :]ui babîteot dans la Méditerranée , qui s'y plmseot, surtout dans le voisinage des cètes J'Espame ; qui sont plus grands et plus épais que le Maquereau ordinaire , et que néanmoins Rondelet regarde comme n'étant qu'une variété de ce dernier poisson , aree lequel on le confond en effet très-sourent.

ItacnUHN. DB ZOOLOCIB. U.

Peut-être est-ce plulèt aux CoguoiU qu'aux Maquereaux verts et bleus de Cetti qu il faut rapporter les passages des anciens naturalistes , et principalement celui d'Athénée, que nOus renons de citer.

Quoi qu'il en soit, les CoguoiU ont la chair plus gluante et moins agréable que te Ma quereau ordinaire. Ils sont courerts d'écaîlles petites et tendres ; une partie de leur tète est si transparente , qu on distingue, comme au travers d'un verre, les nerfs qui, du cerveau , aboutissent aux deux organes de la vue. Rondelet ajoute que, recs le printemps, ils jettent du sang aussi resplendissant que la liqueur de la pourpre.

■ Ce fait nous rappelle un phénomène analogue, qui nous a été attesté par un voyageur digne a'estime, et sur lequel nous croyons utile d'appeler l'attention des observateurs.

■ M. Charret m'a instruit, par deux lettres, datées de Serrières , département de l'Ardèche, l'une le 11 octobre, l'autre le 7 novembre de l'au 1796, qu'en 1776 il était occupé dans l'Ile de la Guadeloupe, non-seulement à faire une collection de dessins coloriés de plantes, qu'il destinait pour le Jardin et le Cabinet dliistoire naturelle de Paris, et qui furent entièrement détruits par le fameux ouragan de septembre de cette même année 1776, mais encore è terminer arec beaucoup de soin des dessins de différentes espèces de

Eaissons , pour M. Barbotteau , habitant du ort-Louis , connu par uu ourrage intéressant sur les fourmis , et correspondant de Duhamel, qui publia plusieurs de ces dessins icbthyoli^ques oans le Traité géitéral tUi ptchti.

c Les liaisons de M. Charvet arec les Caraïbes, chez lesquels il trouvait de l'ombrage et du repos lorsqu'il était fatigué de parcourir les rochers et les profondeurs des ansest lui procurèrent, de la part de ces insulaires, des poissons assez rares. Ces Caraïbes le dirigèrent, dans une de ses courses, vers une partie des rivages de l'Ile , sauvage , pittoresque et mélancolique, appelée Porte danfer. Ce fut auprès un poisson dont il lorié. Cet animal i peu effrayé des u

S|ui se baignait , q e saisir. A peine placée sur le dos t qu'il en sortit une assez attondante p

naate , en troub^r la transparence, et donner i l'animal la facilité ds s'échapper, au moment où l'étonnement de M. Charvet l'empêcha de retenir le poisson qu'il avait . dans les mains. Cet artiste cependuit prit de nouveau le poisson , qui répandit une seconde fois sa liqueur; mais ce Suide était bien moins coloré et bien moins abondant qu'au premier jet, et cessa de couler, quoique l'animal continuAt d'ouvrir et de fermer la fente dorsale , comme pour obéir à une grande irritation. Le poisson, rendu A la liberté, ne parut pas très-affaibli. Cn second individu de la même espèce, placé prompte

ItEPTILËS,

UkQ

luoDt sur une feuille de papier» la teignît de la même manière qu'une eau fortement colorée avec de la laque; néanmoins, après trois jours, la tache rouge était devenue jauiie. Des affaires imprévues, une maladie grave, les suites funestes du terrible oura-

§an de septembre 1776, et Tobligation souaine de repartir pour l'Europe , empêchèrent M. Charvet de dessiner et môme de décrire, pendant qu'il était à la Guadeloupe, le poisson à liqueur pourprée ; mais sa luémuire, fortement frappée des traits, de Taliure et de la propriété de cet animal, lui a doMné la. facilité défaire en France une description et un dessin colorié de ce poisson, qu'il a eu la bonté de me faire parvenir.

« Les individus vus par ce voyageur avaient un peu plus de deux décimètres de longueur; leurs nageoires pectorales étaient assez grandes ; la nageoire dorsale était composée de deux portions longitudinales, charnues à leur base, terminées dans le haut

f^ar des filaments qui les faisaient paraître rangées, et appliquées Tune contre l'autre de manière à ne former qu'un seul tout, lorsque l'animal voulait tenir fermée la fente propre à laisser échapper la couleur rouge ou violette. Cette fente, située à Torjgine et au milieu de ces deux portions longitudinales de la nageoire dorsale , ne paraissait pas s'étendre vers la queue aussi loin que cette même nageoire; mais le fluide coloré, en sortant par cette ouverture, suivait toute la longueur de la nageoire du dos, et obéissait à ses ondulations.

« La peau était visqueuse, couverte d'é^ cailles petites et fortement adhérentes. La couleur, d'un cris blanc plus ou moins clair, faisait ressortir un grand nombre de petits points jaunes, bleus, bruns, ou d'autres nuances. L'ensemble des formes de ces poissons, et les teintes qu'ils présentaient, étaient agréables è la vue. ils se nourrissaient de petits Mollusques et de Vers marins , qu'ils cherchaient avec beaucoup de soin parmi les pierres du fond de l'eau, sans se détourner ni discontinuer leurs petites manœuvres avant Tinstant où on voulait les saisir; et la contraction qu'ils éprouvaient, lorsqu*iis faisaient jaillir leur liqueur pourprée, était apparente dans toute la longueur de leur corpis, mais principalement vers l'insertion des nageoires pectorales.

« Ces Teinturiers de la Guadeloupe, car c'est ainsi que les nomme M. Charvet, cïierchent un asile lorsque la tempête commence à bouleverser les flots ; sans cette précaution, ils résisteraient d'autant moins aux agitations éè la mer et aux secousses des vagues impétueuses qui les briseraient contre let rochers , que leurs écailles sont fort tendresy leurs muscles très-délicats, et leurs téguments de nature à se rider bientôt après leur mort (1). »

Migrations des Thons et des Maquereaux.

Ces deux espèces d'un môme genre ont à peu près les mêmes habitudes. Elles abon-

(i)Lacépède.

dent, du moins, et séjournent sur les côtes du midi de la France aux mêmes époques où elles sont attirées par les Sardines, dont elfe se nourrissent.

Ces poissons, comme la plupart deceui qui fréquentent le littoral de la Méditemnée, j sont plus abondants au printemps et en été que pendant les autres saisons. C'est toujours au retour des premiers beaux jours ou vers Tété, que la pèche en est la plus fructueuse.

Leurs passages sont si réguliers, qoerofi en fait constamment deux pêches aaos là Méditerranée. La première, dite d'arrifée,! lieu depuis le mois de mars jusçiuenjuiDéi; la seconde, dite de retour, depuis le (Dilies de juillet jusqu'à la fin d'octobre. C'est di moins ce que l'on observe sur les côtes di midi de la France. 11 n'en est pas psrtoii ainsi sur les bords de la Méditerranée. Cette seconde pêche commence, en Afrique, « mois de novembre, et se continue jusque li (in de décembre.

La poche du Thon est favorisée parlotecurité; du moins, c'est pendant lesDQiL<k« plus sombres que l'on en prend les pie

f grandes quantités. Une autre eircoDsUD« àvorise la capture de ce poisson: elle tiol à la peur que leur inspirent les Squales, dont les poursuites ont lieu avec autant de forev que d'acharnement. Efi'rajés par d'aussi terribles ennemis, lesThonsse précipitent dans les filets, et viennent parfois aussi écbooef sur les plages, où la crainte les pousse.

Les Thons et les Maquereaux ont, du reste, leurs passages à la même époque ; ils migent aans la même direction que les Sardines, qu'ils semblent suivre d'une naoière constante. Lors de la seconde pêebe dite de retour, ils prennent également les m^ routes. Comme les autres poissons tohgeurs, ceux-ci naviguent toujours parbanfe plus ou moins nombreuses , distribuées a général par ordre de grandeur, on, si !'« veut, de la même grosseur. La siiigularii^ de ces faits disparaît lorsqu'on faitattentioD à ce que ces [>oissons, ainsi réunis par troupes et d'une taille k peu près égale, sont nés dans les mêmes lieux, peut-être du frai ^ la même mère. Hs cherchent donc tous li même nourriture, proportionnée à leurs besoins. Ils redoutent et fuient les méoies ennemis. Des habitudes semblables les portent ë se réunir ainsi par âge et à voyager eosemble. Il n'est donc pas étonnant que des filets dressés sur leur passage, et préparés avec art, les rassemblent encore et derie»nent leurs tombeaux.

Les Thons paraissent donc vivre, se pwpager et mourir dans la Méditerranée. Low-

3u ils semblent en disparaître. Us s'enfoncent ans les profondeurs de celte mer. C'est aussi au printemps qu'on les voit s'appi^ cher des rivages pour y déposer leurs d^ Ils passent ainsi une partie de Tété rors la surface des eaux. Ce n'est qu'à la fio «• l'été ou au commencement de rauiornoe qu'on les voit retourner dans leur prefflier asile. Ces poissons frayent dans la Méditer-

MàQ

POISSONS, ETC

MAQ

inée ; leurs petits y éclosent en abondance. e*i après Tépoque du frai, ils se dévelopenl et croissent avec une rapidité prooii*?nse.

Ceux qui supposent que le Thon n'est pas le espèce sédentaire et propre à la Médi- •rranée, font remarquer aue, comme les oniteSy il se trouve aussi dans TOcéan ; et ue la directioQ qu'ils suivent lorsqu'ils ari^ent auprès des côtes est totalement difféînte de celle qu'ils tiennent au moment de ;ur départ. Cette circonstance n'est pas ceen îant une preuve que ces poissons arritt-M de rOcéan dans la Méditerranée par le étroit de Gibraltar. S'il en était ainsi, on '- vrait trouver les Thons en colonnes plus ou )oiiis nombreuses dans l'Océan, avant le moleni où ils pénètrent dans la Méditerranée. luoune observation ne prouve qu'il en soit insî. Dès lors il est probable que, puisque fs Thons se montrent sur tous les points de ï Méditerraoée en même temps, sans que *oo puisse dire qu'ils passent d'abord par .ertains parafes pour arriver ensuite dans Tautres, ils doivent quitter les profondeurs les mers où les froids les avaient retenus. Hais, à la belle saison, ils viennent trouver tti&près des rivages des mers une nourriture plus liNmdante et une température olus

Certains faits s'opposent pourtant à l'admission de cette supposition. Ainsi on voit assez constamment les Sardines, les Maquereaux et, h ce qu'il paraît, les Thons voyager du sad à l'est, c'est-a-dire dans la direction du golfe de Lyon au golfe de Gènes. On en a induit que ces trois espèces viennent de l'Océan dans la Méditerranée. Les Maquereaux font la chasse aux Sardines, les Thons aux Maquereaux, tout comme les grosses espèces de dqaales aux Thons. Aussi Irouve-t-on dans les estomacs de ces poissons les espèces souvent à peu près entières dont ils font leur nourriture.

H est loin d'en être ainsi des Maquereaux; ceux-ci se montrent non-seulement dans la Iféditerranée, mais encore dans l'Océan en troupes toujours fort nombreuses, lorsqu'on les observe au moment de leurs passages. S'il feul en croire Anderson {Histoire mil»reite de Thlande, tom. I", pag. 1% et 197], ces poissons passeraient l'hiverdans le Nord. Au printemps, ils se mettraient en marche, et arriveraient successivement en Ecosse et en Irlande, d'où il sejetteraient dans l'Océan Atlantique.

Une de leurs colonnes longerait ensuite les côtes du Portugal et de l'Espagne, et entrerait enfin dans la Méditerranée. L'antre division arriverait d'un autre côté dans la Manche, et paraîtrait en mai sur les côtes de la France et de l'Angleterre. De ces côtes, cette seconde bande passerait en Juin de- Tant celles de la Hollande et de la Prise* Arrivée en juillet sur les côtes du Jutland, elle df^lacherait une nouvelle division qui, faisant le tour de cette presqu'île, pcnétn rait dans la mer Baltique, et, en passant (le-

vant la Norwége, s'en retournerait vers le

Nord.

On peut se demander si ce récit d'Anderson relatif à la marche des Maquereaux est bien réel. II ne le parait pas, du moins d'àpi*ès le dire du plus grand nombre des observateurs et des pêcheurs qui s'adonnent à la recherche de ces poissons.

D'après eux, les Maquereaux passent l'hiver dans ditrérentes baies ou rades des environs de Terre-Neuve. Ils y demeurent enfouis dans la vase jusqu'au printemps, ou jusqu'en mai, où la fonte des glaces leur permet de se répandre en grand nombre le long des côtes (1). Ces poissons voyagent ordinairement

(1) I On n*avait, dit Lacépède, que des idées vagues sur la manière dont les Maquereaux étaient renfermés dans leur asile sons-marin pendant la saison la plus rigoureuse, et particulièrement auprès des contrées polaires. Nous allons remplacer ces conjectures par des notions précises. Nous devons celte connaissance certaine à Tobsenration suivante q«i m*a été communiquée par mon respectable collègoe, le brave et habile marin, le sénateur et viceamiral Pléville-le-Peley. Le fkit qu*il a remarqué est d^autant plus curieui, qu1l peut jeter un grand jour sur Tengourdissement que les poissons peuvent éprouver pendant le froid, et dont nous avons parlé dans notre premier discours. Ce général nous apprend, dans une note mannscrite (]u*il a bien voulu me remettre, qvll a vérifié avec soin les faits qu*elie coDtient, le long des côtes du Groénbind, dans b taie d*Hudson, auprès des rivages de Terre-Neuve, à répoqœ où les mers conomencent à j être navigables, c*esi-à-dire vers le tiers du pnntemps. On voit dans ces contrées boréales, nous écrit le viceamiral PL-ville, (les enfoncements de la mer dans les terres, nommés barachouas, et tellement coupés par de petites pointes qni se croisent, que dans tous les temps les eaux y sont aussi calmes que dans le plus petit bassin. La profondeur de ces asiles diminue h raison de la proximité du rivage, ei le fond eo est généralement de vase molle ei de plantes marines. G*est dans ce fond vaseux que les Maquereaux cherchent à se cacher pendant lliiver, et qu'ils enfoncent leur tête et la partie antérieure de leur corps jusqu*à la tongueur d'un décimètre on environ, tenant leurs queues élevées verticalement an -dessus du limon. On en trouve des milliers enterrés ainsi à demi dans chaque harachama^ hérissant, pour ainsi dire, de leurs queues redressées le fbud de ces bassins, au point que des marins les apercevant pour la première Cms auprès de b côte ont craint d'approcher du rivage dans leur chaloupe, de peur de la briser contre une sorte particulière de banc ou d'écueil. M. Pléville ne doute pas que la surface des eaux de ce barachoua ne soit gelée pendant Thiver, et oue répaisseur de cette croate de glace, ainsi que celle de b couche de neige qui s'arooncèle au-dessus, ne tempèrent beaucoup les effets 8e b rigueur de b saison sur les Maquereaux enfouis à demi audessous de cette double couverture, et ne contribuent à conserver b vie de ces animaux. Ce n'est que vers juillet que ces poissons reprennent une partie de leur activité, sortent de leurs trous, s'ébncent dans les flots, et parcourent les grands rivages. H semble même que b stupeur ou Fengourdissenent dans lequel ib doivent avoir été plongés pendant les Crés-grands froids, ne se dissipe que par degrés : leur sens paraissent trôs-affaîbtis pendant une vingtaine de jours, leur vue es alors si h'bik, qu'on L»s croit a\euglt^s, et qu'on les prend facilement an filet Après ce le .ps de riibles>e, on est souvent forcé de renoncer à celle dernière manière de les pécbcr; le»

MAQ

REPTILES

MAQ

en troapes plus ou moins considérables , et se montrent soit dans rOeéan, soit dans la Méditerranée vers la fin d'avril. Les Maquereaux sont alors assez petits et non laitances. On les nomme en Normandie Sanson* -'nets, et en Picardie Roblots. Us ne sont pleins que vers la fin de mai. Enfin, Tersles derniers jours de septembre et d'octobre, on m pèche encore de fort petits qui paraissent avoir pris naissance dans Tannée. Mais tout cela est fort irrégulier; car il n'est pas rare d'avoir à Paris des Maquereaux prisa Dieppe dans les mois de novembre et de décembre. Si quelques-uns de ces poissons se trouvent à ces époques insolites, cette circonstance paraît tc.ir uniquement aux gros temps ou aux tempêtes qui ont lieu antérieurement à leur apparition réellement extraordinaire.

Il est, du moins, certain que la {)6cbe des Maquereaux sur les côtes du midi de la France a lieu depuis le mois d'avril jusqu'à la tin d'octobre. C'est constamment vers les mois de juin, de juillet et d*août que la pèche de ces poissons est le plus abondante. On s'y livre avec ardeur sur les côtes de la Méditerranée; car ce poisson y est aussi bon que sur celles de l'Océan. Il est, du reste, connu sous le nom de Yeyrat dans tout le midi de la France.

Les faits que nous venons de rapporter et qui sont relatifs aux Maquereaux, prouvent un fait dont personne ne doute, c'est nue ces poissons , avant d'arriver dans la Méditerranée, se montrent en troupes extrêmement nombreuses dans l'Océan. Or, si les Thons venaient dans la Méditerranée par l'Océan, ou devrait les y voir tout comme on y observe les Maquereaux. Cependant il n'est point encore constaté qu'on y en ait jamais aperçu, à part quelques individus isolés qui peuvent s'y être égarés.

Du reste, à toutes les époques, même pendant les temps géologiques, les mers intérieures ont eu leurs espèces particulières et différentes de celles que l'Océan nourrit dans son sein. Dès lors, il n'y a rien d'étonnant

3ue le Thon soif une espèce propre à la Méiterranée, et qu'il ne se trouve que d'une manière tout a fait accidentelle dans l'Océan.

Ce poisson présente une particularité que nous avons vue être fort commune chez les oiseaux. Quoique sédentaire dans la Méditerranée, il n'y lait pas moins de deux voyages périodiques et réguliers sur les côtes du midi de la France, et, à ce qu'il parait , sur celles de l'Eisnagne. Il paratt certain que, sur la partie de la côte de la Méditerranée, depuis San-Tropez jusqu'à Monaco, où les eaux sont rarement froides et peu agitées, on trouve des Thons toute l'année.

Il ne faut pas croire cependant que Ton en prenne beaucoup è d'autres époques qu'à

Maquereaux recouvrant entièrement Tasage de leurs yeux, ne peuvent, plus en quelque sorte, être pris qu*à Tbameçon ; mais comme ils sont encore tréfrmaigres, et qu*il8 se ressentent beaucoup de la longue diète qu*ils ont éprouvée, ils sont très-avides d'app4tt, et on en Tait une pèche très-abondante, i

celles de leurs passages, à raison de les filets destinés à leur pèche oe st. tendus dans d'autres moments. Ces d'un grand prix, et destinés uniques ces poissons, ne sont dressés que lorsqi Thons voyageurs viennent visiter les esi sédentaires. Ce qui confirme cette ob tion, faite depuis bien longtemps part^ pêcheurs, c'est que l'on prend toute T auprès des mêmes côtes, des Maquen un grand nombre de Sardines et d'Ai mêlés avec les autres espèces sédeDUir est même une localité particulière où ei rassemblent; elle est désignée sous le de Croe de cagnetr

Lorsque l'hiver est peu rigoureux, ce I arrive souvent auprès de ces cètes al des vents froids, on j^êche une pnde .

tité de ces divers poisons. Si les m\ froides, ils se retirent au large,etsetie& dans la profondeur des eaux. Tout ai les Thons les suivent, et avec eox raissent les nombreuses troupes de

3ui se tiennent assez coustaromeol es côtes où les premiers se troureolaj dance.

On ne peut pas assimiler oepamli céments aux véritables migrations. C ne sont pas uniquement détermioées, ces transports, par la température et le d'une nourriture appropriée aux espèces s'y livrent.

Quelques commentateurs ont admis gue le mot migration provenait par mMioû de meareagro. Il est cependant |»Iqs oatorel et plus sim|)le de le faire dérif er 4e «iffltioi

3ui signifie changement de ismxt ou 'habitation. Cette expression a pour radM le mot migrare^ employé dans le môiDeM» par les principaux auteurs de la bonow nité. Ce verbe se trouve en effet daiw ron, Horace, Plaute, Térence el Li»

Cette étymologie est donc préférable ïm qui lui donnerait pour origine les ëeuxlA meare agro^ par l'effet d'une contraction arti diflicile à comprendre qu'à supposer.

Le résultat de l'instinct peut être w»

une nécessité, à raison de l'eicessiTe féaj dite des animaux gui les entrepreopenlj force de propagation est, en effet, imnj^ chez les espèces aquatiques, et particuli» ment chez les poissons. Aussi voit-on «JJ tamment chaque année d'immenses car" nés de poissons, réunies dès leurenia parcourir toute l'étendue des mers, el 5i rêter uniquement dans les mêmes lieux ' avaient également séjourné ceux qo» 1* ont donné le jour. Les individus qui coj posent ces innombrables léçions ne se qw tentplus. Ils partagent le bien et le ©ai, * bonnes prises comme les chances el l^*"* gers d'une navigation longue et pénlieiw Les poissons qui entreprennent ces gra^ migrations ont h peu près tous la dh»

Î;rosseur, du moins ceux qui arrifeoi aw es régions tempérées. On les àmi^ provenus du même frai, à en juger par p" dimensions , quoiqu'il soit certain qw«

MAQ

POISSONS, ETC

BiAR

e«s caravanes, il est un assez grand d'iadi?idus tout & fait adultes. circonstance est d'autant plus digne tioD» que les saisons sont a peu près et Qu'aussi les poissons doivent dèpoieur lirai aux mêmes époques. Or, les Dte:s peuplades qui en proviennent se M le plus souvent entre elles, ce qui it pas arriver nour celles dont les mina sont régulières et périodiques ; sans OD ne saurait pas se rendre compte du prodigieux des individus qui les nt.

supposition est d'autant plus admisque les poissons sédentaires attaquent eut les espèces de passage, tandis qu*il tout le contraire de celles-ci. Ce fait il k prouver que les races qui trouleur nourriture dans les lieux qu'ils n'émigrent pas, tandis que celles grent , obligées de la chercher, s'en Dt lorsqu'elle se présente à eux, et iTaataDt plus d'avidité que leur voraest plus grande.

iquelesMaquereaux servent de pAture îbons, comme les Sardines et les Anaux premiers de ces poissons, ces dif- >ese^)èces ne sont pas toujours égalecommunes les mêmes années. Ainsi, ltU^\es Sardines, les Thons et les Squa- ^^ ont été abondants sur les côtes de la Mé- ^Xkmaée, tendis qu'il en a été tout le confrmre (/es Maquereaux. Ces derniers ont été d^s plus mes cette année : il serait diflicile d'ien doflfler la raison, surtout si l'on fait <tC^tioo à la grande quantité de Thons qui on £ parcouru les côtes du midi de la France à ^aAlte époque.

peut se former une idée de la prodi- } qoaDtité de Thons qui existent dans -Méditerranée, en considérant que, sur ki tôles occidentales de la Sardaigne, on bé, dans l'espace de dix années, jusenrifon cent vingt mille quintaux de poiasonsy ce qui donne en terme moyen 9 mille par année. Les mêmes cotes jssent également une grande quantité '.^ines et d'Anchois. La pêche de ces '^ns est une source de richesses pour . ^nois et les Siciliens. C'est également j^^Oes et à Livoume que l'on porte le corjl poché sur les côtes de la Sardaigne.

t^^ prend également dans tous ces para- '* principalement dans ceux où le fond 2^'^itiqae est exempt de vase, une grande n^tité de Murènes, de Soles, de Spares et . ^oups. Le nombre de ces poissons y est '^«sidérable, qu'il donne à la pêche une T.^^ité et un aéveloppemenl tout parti-

^^^.jis doute les Thons arrivent presque en ^<t^e temps dans la Méditerranée que les ^^ uereaux , dont ils semblent suivre les «\ dont ils sont' fort friands. C'est là à \)rès tout ce que ces deux espèces ont commun ; car, sous le rapport de leurs 'rations, elles diffèrent dune manière -ntielle. Le Thon est à peu près parier à la Méditerranée. Il en est tout au-

trement des Maquereaux, qui fréquentent Don-seulement cette mer intérieure, mais encore une grande partie de TOcéan avant de s'enfoncer dans les profondeurs de l'Océan Glacial arctique.

M. Marcel de Serres, qui a publié un ouvrage remarquable sur les migrations des animaux, a tracé sur une carte la route que suivent les Thons et les Maquereaux dans leurs migrations. On trouvera des détails curieux, à cet égard, dans l'explication de cette carte, où l'auteur a indiqué les principaux parages où les tribus des Maquereaux ont été aperçues. Ces faits suppléeront à ceux que nous n'avons pas pu indiquerdans la comparaison que nous avons faite entre ces deux espèces. L'une est la victime de la voracité de l'autre, à peu près comme les Thons le sont eux-mêmes de celle des Squales, ainsi que nous Tavons déjà fait observer.

MARCHE. — La Marche est un mouvement sur un sol fixe, dans lequel le centre de gravité est mu alternativement par une partie des organes locomoteurs et soutenu par les autres, sans que jamais le corps cesse complètement de reposer sur le sol. Cette dernière circonstance la distingue du saut et de la course; mouvements dans lesquels tout le corps quitte momentanément le sol et s'élance en rair.

Progresfion quadrupédale. — Les Quadrupèdes, et notamment le Cheval, n'agissent {)as d'une manière uniforme dans leur diférentes allures, et ces ditférences, comme nous Talions voir, ne sont pas seulement relatives h la vitesse-

1" Le pas est un mode de progression dans lequel le' corps est porté par trois des quatre membres, tandis qu'un seul se jette en avant et que lé corps s'incline dans ce sens par la poussée des trois mepbres appuyés à terre (1). Quant à la succession des mouvements, voici comment elle a lieu : je suppose que, le corps étant incliné, poussé en avant par ses quatre membres à la fois, le postérieur gauche cominence la Marche en se détachant par la flexion, et venant ensuite par l'extension se poser derrière et tout contre lantérieur de son côté ; voilà le premier temps. Le pied antérieur gauche part aussitôt ; deuxième temps : à pejne est-il posé que le postérieur droit s'avance à son tour et semble chasser en avant Tantérjeur droit, ce qui constitue le troisième et le quatrième temps. Les quatre jambes du Cheval peuvent donc être représentées à l'esprit par deux paires latérales agissant l'une après l'autre, et dans chacune desquelles le mouvement du membre antérieur est toujours immédiatement précédé de celui du postérieur. Cette manière de concevoir et de décrire le pas est simple, lucide, et n'embrouille pas la question, comme quand on veut, ainsi que Barthez, prendre dans !• membre antérieur le point de départ : il faut

(i) Et non, comme le croit Borelii, par la poussai du membre aui auilte le sol.

Page 1