‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 123 sur 204 · MI · texte numérisé non relu

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air. Elle fréquente de préférence les îlots ^ pi as éloignés de la terre ferme, où elle pose ses ceofs; d'al^ord en^illet, ensuite ^ottt» quoiqu'elle ait fait sa première ap^ ri îtBn de meilleure heure dans oes parag« comme pour s*j ménager d'avance une icr^ de sCreté. La moyenne de ses œufs est l^os de trois cents.

L/t Tortue gtoêie^êiê {Chetonim cupuuna)

^îte^ les Torliigas en avril. Depuis lors,

sd^'aux derniers jours de juin, elle fait

tn^ Xmnies sueeessires de oenl soixante-

m. %£ufs chaetine ou environ.

La Tortue coffre^ qui est quelquefois énor-

le, a une pocne analogue à eelle du Péli-

to; elle arrive aux Iles plus tard que les

eut autres. L'éeaille et la chair de cette es-

Ice 90Dt si molles, qu'on peut y enfoncer

I doigl comme dans un morceau de beurrç.

iKi la mange rarement , aussi est-elle la

mins estimée sous le rapport de la délica-

fS«« de sa chair. Elle dépose, dana la sai-

ttrv, environ trois cent cinquante œufs, et

{UvHquefois davantage, en deux pontes.

l^es Tortues, ainsi que dous venons de le ^in observer, ont plusieurs pontes; car eWcs ne pourraienl pas autrement déposer \«c^ «enfe qu'elles portent dans une seule coumaison. iB eflfet, il n'est pas rare d'en découvrir jnsou*> trois raille dans lô ventre d'une Tortue au poids de quelques quintaux. Ces œii6, kmt petits, sans coquilles» sont liés les uns aux autres comme des grains de cha« peïM. Les jeunes Tortues à peine écloses, guère pfus larges qu'une pièce de cinq francs, {Erattem leur chemin à travers leur nid satttonoeiilr, et se rendent immédiatement k reau. Elles nagent bientôt avec la même vi<* tvsse que leurs mères. Cette vitesse est si

Kode ehea la Tortue verte et la Tortue à de Faucon, ou le Caret, aue les naviga \^^n Tofit comparée à celle des oiseaux de

D*aprés eux eoeore, ni on enlève une Fortue prise sur sa ponte, pour l'emmener i bord d*un navire, et si on lui rend la li* t)er(é k plusieurs centaines de milles en Der, on la rencontre de nouveau dans le Mme endroit où elle avait été surprise, soit laBs la même saison, soit lors de la saison laiîaote.

8i ee fait est exaet, les Tortues auraient à (et égard le même instinct qiue les oiseaux vojf^eors. Quoi du'il en soit, on a pu juger, par ce qui précède, que les voyages entrepris par ees Reptiles ont des motifs dont il est aisé de deviner toute la portée, et que leurs exeursions, bien différentes de celles qu'exécutent les oiseaux et les poissons, *>nt uniquement déterminées pour satisfaire ^ t>esoia impérieux ^ imposé par la nature ^ toos les animaux, celui de perpétuer leur race. Aussi les passages des Reptiles d'une contrée à une autre n'ont presque rien de (^)rnmun à ceux ou'opèrent d'une manière f^ostante ou accidentelle les plus agiles des Vertébrés. Il n'était pas cependant sans quelque intérêt de axer l'attention des observateurs sur oe phénomène , considéré chez

les êtres qui le présentent dans sa plus grande simplieîlé.

Migratiom des poiuons.

La constance et la régularité des nrigratioDs des poissons n'est pas moins remarquable que celle des oiseaux. On a supposé, relativement aux phemiers, qu'elles étaient autant occasionnées chez certaines espèces par le besoin de déposer leurs oaufs, que par celui de trouver dans d'autres régions une nourriture plus convenable ou une température plus appropriée à leurs conditions d'existence. Il se peut que ces causes agissent à la fois sur les différentes espèces de poissons, et qu'elles cootribueot k rendre leurs voyaçes tout h fait nécessaires ; mais au milieu des phénomènes de cœ passages, aussi bien déterminés que ceux des oiseaux, les migrations qui se rapportent aux poissons de mer sont plus remarquées que celles des poissons des eaux douces. Ceci tient

Eeut^tre à ee que les premiers, plus nomreux, parcourent et rranchissent de plus grandes distances.

Parmi les poissons de mer, certains se distinguent d'une mamère toute particulière par la régularité et la eonstaâce de leurs

Ëassages ; au premier ranff on peut citer les iarengs et les Sardines, dont la pèche oc* cupe tant de bras, et dont la fécondité est prodigieuse. Pour s'en faire une idée, on n'a qu'à se rappeler l'immense consommation que l'on en fait continuellement, soit à l'état frais, soit après avoir été desséchés et salés.

Aussi, chaque année ^ et comme pour fournir à des besoins qui se renouvellent sans cesse, des armées innombrables de poissons émigrants arrivent sur nos côtes* qu'ils avaient quittées l'année précédente. Ils semblent venir y chercher les œufs des petits poissons, des petits Crabes et des Vers dont ils sont fort friands. On suppose que cette nourriture contribue à donner aux poissons, et particulièrement aux Harengs, la bonté de leur goût et la délicatesse de leur chair.

Quoi qu'il en soit, on les voit arriver chaoue printemps dans nos régions, en colonnes épaisses et nombreuses, et aborder ainsi les rivages les plus méridionaux de l'Europe, aussi bien que ceux de l'Amérique. A l'approche de ces bandes innombrables de poissons, la mer est couverte d'une matière épaisse, visqueuse, souvent phosphorique et lumineuse pendant la nuit. Cette matière odorante attire les oiseaux ichthyophages, les Squales et les cétacés, qui déciment cette armée, dont plus tard les pêcheurs vont détruire les rangs. Cette destruction, que l'on pourrait croire totale, tant elle est considérable, semble n'exercer aucune sorte d'influence sur le nombre des Harengs, qui. Tannée suivante, viendront périr dans les mêmes lieux et succomber sous les mêmes ennemis.

En général, ces poissons viennent chaaus année dans les mêmes parages, avec la plus grande régularité, et, pour ainsi dire à point

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nommé. Ils abandonneDt cependant parfois certaines eaui, et n'y reviennent qa'après une absence de plusieurs années.

On les voit rester d'ordinaire en pleine mer pendant les mois de juillet et d août ; du moins ils ne parviennent près des côtes et n'entrent dans les eaux peu profondes qu'après cette époque ; ils y cberchenl un endroit convenable pour y déposer leurs œufs. Les Harengs 1^ plus vieux frayent les premiers, et les jeunes plus tard. Aussi les uns et les autres abandonnent le voisinage des côtes vers le mois de février, la ponte étant pour lors complètement terminée. La température, et d'autres causes, la plupart indéterminées , influent beaucoup sur les circonstances de leurs passages, il paraît pourtant que, dans certaines localités, des Harengs ont des œufs pendant la plus grande partie de Tannée.

Les poissons, et particulièrement les Harengs ainsi que les Sardines et la Morue, nous étonnent par leur extrême fécondité. Le nombre prodigieux que l'on en pêche chaque année peut nous faire comprendre la force de reproduction lie ces espèces. Elle suffit à ces pèches continuelles, qui ont lieu constamment depuis la fin de juin jusqu'au commencement de janvier. Quelque immense que soit la quantité que l'on en recueille, quelque nombreuses que soient les flottes chargées de ce soin, le nombre des Harengs, des Sardines et des Morues n'en parait pas sensiblement altéré. La puissance de la reproduction est supérieure à toute l'activité que Thomme déploie pour en diminuer les effets.

Dans les expé litions dirigées dans le but de s'emparer do ces poissons, l'industrie de l'homme, pour mieux arriver à ses uns, a employé les fusées à la Congrève à la pêche de la Baleine, ce colosse de la nature vivante, relégué au milieu des glaces du pôle. C'est encore son industrie qui a attire sur des plages nouvelles les Harengs qui doivent lui servir d'aliment. L'homme est même parvenu à faire éclore les œufs de ces }>oissons, jusqu'auprès de l'embouchure des fleuves de la Suède et de l'Amérique septentrionale. Par un art non moins étonnant, les peuples decescontréesoniporléles individus sortis de ces œufs à y revenir chaque année avec leurs races nouvelles; ils fournissent ainsi au commerce les matériaux do pêches aussi abondantes que lucratives.

A l'aide des moyens que son intelligence lui a suggérés, il prend à peu près chaque année, dans quelques baies du nord de l'Europe, plus de vingt millions de Harengs. Ce nombre finira même par devenir aussi considérable aue celui que fournit la Baltique. On évalue ce dernier à plus de quatre cents millions; mais ce nombre immense est encore au-dessous de celui que Bloch suppose avoir été pris aux environs de Goîheiibourg. Ce dernier se serait élevé, d'après lui, à plus de sept cents millions.

La pêche de la Sardine, qui a lieu surtout depuis le golfe de Gascogne jusqu'à l'em-

bouchure de la Galice, ne donne pas des résultats moins étonnants que celle du Htreng. Elle peut nous donner une idée do nombre que les migrations en entralnevu chaque année sur nos côtes. 11 en est dr même de l'Anchois (C/upca encrasichoU^ Linné). Les passages de cette espèce sont a consiaérables, particulièrement sur les côtes de l'Espagne, qu'il n'est pas rare d'en prendre plusieurs millions d'un seul coup de filet.

Les migrations périodiques ont queiqiie chose de surprenant, non-seulement h raison de l'immense quantité d'espèces qnî s'y livrent d'une manière constante, mai* surtout à raison des motifs cachés qui I^ y portent. Au milieu de ceux que Ton ptu: supposer, il en est un que Ton a encore pi m apprécié, mais qui n'est pas sans qoelq^ji réalité.

Du moins voit-on, dans les contrées méridionales de la France, le passage des Sardines coïncider constamment avec celw </a* Maquereaux, comme leurs migralioa» «rncelles des Thons et des Squales. Cette cmcidence remarquable se renouvelfevecaii*' si grande régularité, qu'un instinct €tt<péque sorte irrésistible doit régler les voy*^ périodiques de ces animaux. Cet insl»od Va porte bien plus à se livrer à de pareilles eicursions, que la connaissance qu'ils peuveil avoir des moyens qui leur en donneront U facilité. Ainsi les Maquereaux sont attirés dans la Méditerranée par les Sardines, toui comme les Thons par les Maquereaux. Ceux-ci deviennent à leur tour victimes de la voracité des Squales, qui les poorsuiveni avec une sorte de fureur.

Lorsque ces armées de Thons sont attaquées par les Squales, les premiers préfèrtol se laisser échouer sur la côle plutôt que* subir la mort cruelle qui les attend sow fes dents tranchantes des Tigres des naers^^uoi rien n'égale la gloutonnerie; mais la cause qui les porte à se succéder les uns aux autres et à se suivre mutuellement est tout* différenlede celle de leur alimentation, ainsi qu'il est facile d'en juger.

Les pêcheurs profitent avec avantage de cette terreur que les Squales inspirent aui Thons, pour les prendre de jour. Cependant on ne les saisit guère que la nuit, surtout pendant les nuits obscures; alors ils hr peuvent apercevoir les filets destinés à les empêcher d'écha|r>per.

Ces faits sont si connus des pêcheurs de$ côtes de la Méditerranée, que l'apparition des Squales est à leurs yeux un présage favorable pour la pêche du Thon et du Maquereau. D'un autre côté, ils savent que ces poissons arrivent constamment en troupes considérables aux mêmes époques, se poursuivant les uns les autres, les p?us petits servant de pâture aux plus gros.

La périodicité des voyages de ces diffé rentes espèces est aussi régulière que le* migrations des oiseaux. Aussi les rè^^es établies relativement aux excursions des uns peuvent très-bien s'appliquer aux autres* U

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>t parmi les poissons comme parmi les oi- .-aux^ des espèces ^migrantes et erratiques, >\ii aussi bieo qu'il en est qui voyagent onslamment. Ces derniers sont les vérita- » les cosmopolites parmi cet ordre d'animaux. D*autres poissons, ainsi que plusieurs oi- «aux, abandonnent peu les lieux de leur i^issance, du moins ils ne font jamais de I ^ngoes excursions. Ces races, comme les iseaux qui ont les mêmes habitudes, mettent bien le nom de sédentaires, que nous fc^ur avons donné. Nous comprendrons ^us le Dom d'erratiques les différentes es- ^^ces de poissons qui se déplacent à des

- poques irrégulières; nous nommerons émi- =rrantes les races dont les voyages périodiques

— nt une Gxité et une régularitéremarquables.

Ces dénominations suffisent pour se ren- Sre compte des diverses circonstances qui ^oxompagnent les déplacements des poissons, ^l même pour saisir celles qui tiennent cer- ^ aines espèces constamment attachées aux ^ ieux gui les ont vues naître.

La fécondité des poissons est si grande, jue longtemps la Hollande a couvert de ses aliments les mers du Nord, pour la pêche unique du Hareng. Cette nêche parntt même aïoir alors occupé près d un cinquième de la population totale de cetie contrée. Bans ce Dx>ment même, TAngleterre et la France /emploient un grand nombre de matelots.

Plus du tiers de ces matelots s'avancent Justine sur les côtes de Tlslande et de Terre- AôuTe. ils s'y livrent à la poursuite de ces />oissons si recherchés pour nos tables, et si précieux pour le pauvre.

Il en a été de même des peuples de Fantiqoité, particulièrement des Romains. Après la perte de leur liberté, on sait quel luxe les grands de Rome mirent dans le choix et la recherche des poissons dont ils ornaient les tables de leurs ft-stins. Ils ne se boniaient pas à expédier, dans les mers voisines, des vaisseaux destinés è cette recherche ; ils firent des efforts infinis pour conserver vivants les poissons, fruits de leurs pêches et de leurs labeurs. Ils inventèrent donc les barques è réservoir et firent creuser à grands frais d'immenses viviers remplis d*eau salée. Oo j déposait les espèces les plus estimées des mers de la Sicile, ainsi que celles des côtes de la Grèce et de l'Egypte.

Le luxe que déi lojèrent à cet égard Lucien Moréna, qui dut son nom aux soins qu'il prenait des Murènes, et LucuUus, surpasse non-seulement tout ce que les peuples luodernes ont pu faire en ce genre, mais même tout ce que Timagination peut faire présumer. En effet, quel souverain pourrait aujourd'hui, avec tous les progrès de la marine moderne, offrir un repas comme celui donoé par le frère d*Othon à cet empereur, où seraient réunis jusqu'à deux mille plats composés de poissons rares efdélicieux. Un pareil luxe ne pouvait convenir qu'à des peuples efféminés, comme étaient les Romains, déchus de leur ancienne gloire. Les Kraods de Rome, qui n'étaient plus occupés de victoires, mirent à honneur singulier

de se supasser mutuellement dans une somptuosité aussi extravagante que puérile. Une pareille folie précéda de peu la décadence d'un peuple placé si haut naguère,et dont l'avilissement marcha aussi vite que la grandeur. Nous avons déjà fait observer que le soin de leurs oeufs pouvait avoir quelque influence sur les migrations remarquables auxquelles se livrent, d'une manière à peu

f)rès constante, certains poissons. Du moins, e développement spontané d'une quantité considérable d'œufs dans un même lieu porte certaines espèces à s'y réunir en légions nombreuses et serrées ; les pêcheurs appellent avec raison ces légions des bancs de poissons. Ces animaux, ainsi réunis, ne s'aident point entre eux. ils se suivent seulement les uns les autres, soit par une sorte de tendance à imiter les mouvements qu'exécutent les premiers, ou les guides de celle troufjc aveugle, soit parce que les mêmes besoins les attirent dans un même lieu, comme do nouveaux les en éloignent.

Ainsi rassemblés en troupes innombrables, les poissons font souvent de longs vovages , tantôt pour gagner la mer, tantôt pour remonter les rivières ou pour changer de parages, ils s'y livrent presque toujours à l'époque du frai ; mais rarement ils les entreprennent seuls. En général, ces habitants des eaux n'exécutent leurs voyages qu'en grand nombre. Il en est do même des espèces qui remontent fort avant dans les rivières , après avoir quitté le bassin des mers, où elles font ordinairement leur séjour.

11 serait intéressant de savoir si les espèces fluvio-marines, qui de la mer remontent dans les fleuves et les rivières , à des époques à peu près constantes, suivent indifféremment tel fleuve ou tel autre , ou si elles ne sont pas déterminées dans leur choix par la nature, la température, la direction et le cours des eaux. Il doit y avoir, à cet égard, quelques motifs de préférence , car l'on ne voit guère les Saumons remonter de la mer dans les ruisseaux ou les torrents qui s'y rendent, tandis qu'ils suivent constamment le cours des grands fleuves ou des rivières considérables. Sans doute, il est difiicile de démêler toutes les causes de cette préférence, qui ne dépend pas uniouement desdimeosions des poissons, ainsi qu on pourrait le supposer, mais d*une foule de circonstances encore peu étudiées. Aussi fixerons-nous plus tard sur elles Tattention de ceux qui peuvent prendre quelque intérêt à cet ordre de recherches.

Du reste, c'est d'une manière temporaire que plusieurs espèces de Rentil^ et de cétacés ont de pareilles habituaes, et se livrent à des sortes de migrations. On observe quelquefois des Crocodiles, à plus de trente-six lieues des côtes , se jouant au milieu des eaux de la mer; mais ils sont toiûours isolés , jamais en troupes ni en bandes. Il en est de même de certaines espèces de cétacés, particulièrement des Marsouins, qui s'avancent aussi dans l'intérieur des rivières , à des distances fort considérables du bassin des mers. Il y a quelques années^

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des Marsouins, après avoir remonté la Seine jusqu'au Jardin-des-Plantes , vinrent amuser et réjouir les habitants de Paris. Ces cétacés, en fort petit nombre, étaient bornés, à ce gu'il parait, h trois ou quatre inditidus au plus. Ces voyagea individuels n'ont rien de commun avec ceux qu'entreprennent les

f)oissons en bandes toujours considérables, orsque ces voyages sont de long cours- Quelles sont donc les causes qui les poussent à se transporter, à des épogues fixes , dans des climats nouveaux, tandis que tant d'autres, constamment sédentaires, n'abandonnent jamais les lieux qui les ont vus naître? On conçoit aisément pourquoi, à Tépoque où la température s'abaisse ou s'élève d'une manière notable, certaines espèces se rapprochent des côtes , ou remontent dans les rivières, ou font des trajets plus ou moins longs pour parvenir dans des lieux dont la température est plus appropriée à leurs besoins; mais si cette cause était la seule qui portât les poissons à changer de pays , de pareilles migrations n'auraient certainement pas lieu dans la belle saison. Si leurs passages s'opèrent, lorsque de pareils besoins ne peuvent les y déterminer, il faut qu'ils ne dépendent pas toujours de la température. Il semblerait donc que les poissons, comme plusieurs oiseaut, seraient portés à changer de pays, par suite d'un instinct qui les y entraînerait d'une manière irrésistible. Quant aux espèces qui se transportent d'un lieu dans un autre, k raison de là température, leurs voyages sont toujours accidentels, puisque les effets qui les produisent se renouvellent à des époques qui n'ont rien de fixe ni de détermine. Aussi ces espèces se déplacent d'une manière plus ou moins irrégulière, soit du nord vers le sud, soit du sud vers le nord, en suivant une route plus ou moins bien déterminée. Peut-être, lorsqu'elles disparaissent du littoral, elles se retirent dans la profondeur des eaux.

Il n'en est pas ainsi des Maquereaux, quoique le besoin de pourvoir à leur nourriture , et de trouver des litîux convenables pour y déposer leur frai , semble les faire sortir de la profondeur des mers , au printemps , et les porter pour lors à longer les côtes voisines. Cette époque , ou celle de leur |>assage, coïncide avec les besoins nouveaux qui les pressent et les assiègent. Mais si ces légions de poissons venaient toutes, comme on l'a longtemps admisi des mers polaires, elles d(jvraient se montrer aux Orcades avant d'apparaître dans la Manche, et n'entrer 'dans la Méditerranée que beaucoup plus tard Cependant la pèche du Maquereau commence plus tôt dans la Méditerranée que dans la Manche. Elle n'est môme abondante aux Orcades qu'à une époque plus avancée*

H se pourrait que ce fussent des variétés différentes qui parcourussent ces divers parages. Du moins les Maquereaux.de la mer ^ Badique atteignent h peine un pied en lon-> (4ueur. Ceux que Ton prend sur les côtes de ' .'Irlande sont plus petits que les individus

de la Manche et de la Méditerranée. Os der niers, les plus grands, paraissent les sed qui fournissent aux peuples rlTerains rm nourriture abondante.

Ces grandes tribus de MaquereauT n'en trent pas cependant, comme on |K>arrait li présumer, aans le golfe de Gascogne, qwA qu'ils abondent depuis l'extrémité de la Bri tagne jusqu'à la mer du Nord. On ïes voi en grand nombre dans la Méditerranée, d ils pénètrent d'une manière périodique ai mois d'avril; ils y deviennent extrêmeroeff nombreux pendant le mois de juin et mn partie de juillet. Ceux que Ton pèche vers h fin de septembre et d'octobre sont si petits qu'ils semblent avoir pris naissance dans 1 année. Enfin l'on en voit parfois en novembre et même en décembre; mais Tapp»rilion de ceux-ci parait tenir, ainsi que le

t)résumentjes pêcheurs, à l'infhiéncedcsrfoentes temi)êtes.

Une autre espèce du genre Scomhr,!?

Thon, voyage également ; mais ses rorsg^ sont loin d'être bien longs, ainsi qu'en fê gratuitement supposé. On a loqftnofKjdmis que chaque année les Thons «itrwnt dans la Méditerranée par le détroUà* ^ braltar, pours'avancer au delà du Bhs0sï« et revenir ensuite vers l'ouest; il n'en e^ pas tout à fait ainsi. Si ces poissctns $emfakfl\ disparaître une partie de l'année, c'est qu'alors ils habitent la profondeur des mers comme les Maquereaux, avec lesquelj^ ilsont de grandes analogies. Seulement, lorsque l'influeore du printemps se laif sentir^ ib quittent leurs retraites profondes, se rap*

Erochent de la terre et en cAloienl Vs ords : les uns et les autres j deviennes couvent la proie des Requins.

Dans un grand nombre de localités des côtes de la Méditerranée, les Tbons ap^ws» sent au printemps. Ils se dirigent tous m l'Orient, tandis qu'à la fin de l'été ou e& latomne, on les voit suivre une direction ^

Cosée. Ainsi, sur les côtes du Rous^lkMudii anguedoc et de la Provence, on îàix ihv> pèche d'arrivée, depuis le mois de nsn jusqu'en juiUet, et une seconde pèche <liie de retour , dep«iê le milieu de juillet jusqu'à la fin d'oclobre et mèoie de noveobre.

D'un autre côté, dans plusieurs parties de la Méditerranée, la pèche des Thons eommence beaucoup plus tard, c'est-à-dire, en novembre, et se continue josqu'en décembre. La rareté de cette espèce dans l'Océan, mti^ gré son abondance dans la Méditerranée, annonce qu'elle doit peu voyager.

La pêche du Thon était dans les temp< anciens une source de richesses |>our les côtes de TEspagne, et dans les temps actuels, elle est paiement d'une grande utiliic aux habitants des côtes du midi de la Fram r, aussi bien qu'à ceux de la Sicile et de U Sardaigne. Elle est d'autant plus profitable

f)our eux, qu'il est une infinité de lieux <ie a Méditerranée où le Thon ne disparaît qiu' pendant les rigueurs de l'hiver. Toiles fraissent être les côtes des environs de Nie*».

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où l*on pécne du Thon è peu près conslamloent, et où Ton en mange toute Tannée, à l'exception de la saison des frimas.

Cette disparition momentanée des ThoDS,

qui s'enfoncent 1 hiver dans la profondeur

4les eaux , où ils trouvent probablement une

lempéralure plus élevée qu'à la surface, par

«uite des lois particulières à ce liquide, est

' loin d'êtreexclusiveà cepoisson.Elle est com-

' iDiine à d'autres espèces marines et des eaux

- douces, ainsi qu'on le peut voir dans les ta*

^ Ueaux des passages ue ces animaux.

D*autres espèces nous présentent des lois à distribution, qui, quoiqu'en apparence i ^itférentes de celles-ci, sont cependant dé* ^ krminées par des circonstances du môme jeure. Ainsi , Thiver d'Alger , tout chaud fu il est, n*en a pas moins ses jours de r-àuie. L'eau qui tombe forme, par intervalles, des flaques plus ou moins considérables daos lesquelles vivent des Reptiles. En été, ces animaux, privés d*eau ou fatigués par UD soleil brûlant, sont obligés de rentrer dans le sein de la terre, pour échapper aux ardeurs du jour, précisément comme, dans noâ mois de glace, les poissons des eaux t^^mces s'enfoncent dans la vase aQn de ne ^ i&oartr de froid .

L^habUudos des Reptiles de l'Algérie et pfobabJefflenl de beaucoup d'autres animaux de Jfrerses contrées nous font concevoir /pourquoi les poissons des mers^ des pays oiéiDe tempérés, s'enfoncent dans la profondeur des eaux pendant la rude saison. Ainsi, (andis que l'ordre des Reptiles batraciens I st estival dans le nord de la France, comme lf$ Thons elles au très espèces qui ont les iDf}mes habitudes, il est au contrtjire hyémal m Algérie el nrobablement dans les autres contrées de l'ÂiHque* Ces uiœtlt's sont communes à un grand . nombre d'aniitiaux des autres classes : par eieinple, chez les Insectes^ qui se cachent ^ entre les racines des plantes ou dans la terre pendant les grosses chaleurs, et qui hivernent ainsi pendant Tété. Les Chenilles de la pyrale de fa vigne ont aussi cette habitude, nisez ordinaire cheE un grand nombre dlnsectes. Ainsi se lient et se rattachent par un )ien commun les phénomènes en apparence les plus opposés.

Des habitudes non moins particulières sipialeni quelques poissons de ta Nouvelle- Zélande* On assure que certaines espèces du genre des bt^téophtaleon montent sur les arbres pour poursuivre leur proie, à peu près comme le font les petits Lézards, Quant aux FI(!rtognathe8 de la même contrée, leurs es^ pèces sont organisées pour Tivre au milieu des rocailles do la mer. Ces poissons nagent dilfieilement h raison des piquants dars« aigos, qui couvrent leur corps, et qui sont atialogues k ceux du hérisson. Ils beuvent l^s alfunger et les redresser dans Vair ou dans l'eaUt se\on ce qui oeut leur être néces^

saire.

On sait que les Marsupiaux, particulière^ ment les Kanguroos, caractérisent les Mam- Uiilères de la Nouvelle-Hollande, el qu'avec

eux vivent un grand nombre d'espèces des terres sèches et d(^couvertes. Leur organisation annonce que l'on doit rencontrer peu d'eau dans le pays qu'ils habitent. Une influence contraire semble s'être exercée sur les espèces de la Nouvelle-Zélande, qui sont pour la plupart aquatiques. Elles ont même l'instinct de s'enfoncer dans la vase h l'époque des chaleurs, ou lorsque les rivières se dessèchent, et d'y rester engourdies jusqu'à la saison des pluies. Mais, dès qu'elles arrivent, une multitude de Batraciens font entendre leurs voix glapissantes, et un grand nombre d'espèces de Gabioïdes, de Cyprins et d'Apodes, rendus à la vie et au mouvement, animent et remplissent les eaux disséminées sur le sol de la Nouvelle- Zélande.

S'il est des poissons qui se livrent d'une manière constante à des Migrations ou à des voyages plus ou moins étendus, d'autres au contraire semblent tout à Mi sédentaires et fixes dans les lieux qui les ont vus naître.

Cette fixité annonce que ceux-ci déposent leur frai dans les lieux dé leur naissance, parce qu'ils y trouvent les conditions nécessaires à leur existence.

Parmi les espèces sédentaires, on découvre aussi bien des poissons de mer que des eaux douces ; leur genre de station est donc tout à fait indifférent sur leurs habitudes. Il est ce[>endant digne de remarque que les poissons les plus généralement répandus vivent tour à tour dans le bassin des mers, ainsi que dans le sein des fleuves^ des rivières et des torrents. Tels sont les Anguilles et les Saumons, que l'on rencontre dans les contrées les plus diverses et les plus op* posées en température.

Parmi les es|)èces marines sédentaires, nous citerons le Merlan» le Mug(e, le Loup, le Rouget, la Sole et mémo le Turbot. Ces poissons et une foule d'autres n'abandonnent presque jamais les côtes du midi de la France, h rexception de l'hiver, où ils s'enfoncent dans les profondeurs de la mer.

Quoiqu'ils vivent constamment dans les mêmes parages, ils ne s'en rencontrent pas totgours ft portée des eûtes. Ces poissons s'en éloignent plus ou moins^ d'après la qualité des eaux, la marche de la température et les variations des saison).

Kbfm parmi les espèces des eaux douces, que l'en pêche è peu près oonstamment dans les mêmes eatix, on pent citer principalement la Gtrpë, la Tanohe , le Brochet, le Barbeau et la Perche. Il n'est pas cependant toujours possible de saisir ees div^s poissons pendant toutes les saisons, puisque, lorsque la température s'abaisse à un certain terme, plusieurs s'enfoncent dans le sable ou dans la vase. Ces animaux, à peu près engourdis comme les espèces hivernantes, y passent des temps plus ou moine longs sans prendre la moindre nourriture. Ils sont dans un état particulier de torpeur qui mériterait d'attirer l'atteotiDA des physiologistes. Cette sorte d'engourdissement

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périodique est fréquente chez la Carpe, poisson devenu fameux par sa longévité. On on connaît qui paraissent avoir vécu au delà de centcinc^uante ans; du moins Buffon assure en avoir vu de cet âge dans les fossés de Ponlchartrain.

De pareilles habitudes semblent communes à la Morue, à ce poisson des mers du Nord dont la fécondité inépuisable occupe tant de bras, ainsi que des milliers de vaisseaux. Celle espèce se retire pendant Thiver dans la profondeur des eaux. Seulement { endant la belle saison, le besoin de déposer leur frai et de pourvoir à leur subsistance attire les Morues auprès des côtes et (les bas-fonds, où elles espèrent trouverlesCaj)elans, dontelles font leur pâture habituelle.

Là de nouveaux dangers les attendent ; elles y succombent d'autant plus facilement que leur voracité est extrême. Ea effet les Morues se jettent avec avidité sur les lignes. Elles n'attendent même pas qu'elles soient amorcées (1). Aussi un pêcheur un peu habile en prend souvent jusqu'à quatre cents par jour. Ces poissons voyagent peu ; ils sont presque fixes et sédentaires, soit sur les côtes de llslande, soit sur le fameux banc de Terre-Neuve, où leur nombre est réellement prodigieux.

Ces faits et ceux que nous allons rapporter prouvent que les voyages auxquels se livrent certains poissons n'est pas un phénomène simple, puisqu'il est sous l'influence de plusieurs causes. Parmi ces causes on peut signaler la température des eaux, dépendant plus ou moins de celle de l'atmosphère, le besoin d'une nourriture plus appropriée à leurs nouveaux appétits, enuu cet instinct qui pousse certaines esuèces à aller déposer leur frai ailleurs que dans les lieux oîj elles ont pris naissance.

Telles paraissent être du moins les circonstances physiques les plus influentes sur des voyages qui ne «ont pas moins remarquables par leur étendue que par leur constance et leur périodicité. Ces longues Migrations paraissent avoir seulement lieu chez les auimaux qui habitent les éléments les plus mobiles, les oiseaux et les poissons, les êtres les mieux organisés pour la facilité et la rapidité des mouvements. Cette circonstance n'a donc pas été sans influence sur les voyages des habitants des airs et des eaux.

On peut d'autant plus le supposer que de

Sareilles excursions n'ont pas lieu chez les lammifères, et encore moins chez les Reptiles, les plus mal organisés des Vertébrés sous le rapport des appareils du mouvement. Une circonstance importante vient prêter son appui à cette supposition» c*est celle que présentent les Insectes parmi les Invertébrés. Ces animaux ont été admirablement bien organisés sous le rapport de leurs appareils locomoteurs. Ils sont à peu

(I) On ainorce les lignes destinées à prendre la Home avec le Capelan , le Maquereau , le Hareng et le Calmar. On coupe ces poissons et ces Mollusques par morceaux, et on leur donne la forme d'un petit polMon pour charger le lianeçon.

frès les seuls des Inverti'^brés qui se livrent de grands voyages. Toute la d fférence que leurs excursions présentent avec celles des oiseaux et des poissons, c'est qu'elles n'of^ frent jamais chez les Insectes ni lu périodicité ni la constance qui caractérisent les émigrations des premiers. On ne connaît guère chez les Insectes comme chez les oiseaux et les poissons, d'espèces réellement émigrantes,»c'est-à-dire exécutant des voyages à des époques fixes et déterminées. Celles qui s'y livrent le font accideatellement, et sont par cela même ùes espèces erratiques. On ne voit pas non p'us chez ce^ Invertébrés des races cosmopolites. Celft»^ au contraire qui ne quittent jamais les lieux qui les ont Yues naître, et qui sont sédentaires, y sont des plus nombreuses.

Quelques circonstances, dépendant de h température et de la pression des eaux des mers sur les poissons et les autres anioMui marins qui y vivent à des profondeurs iaëgales, sembleraient devoir mettre ob$tède aux migrations de ces animaux.

Sans doute la température des men a'est

Eoint exposée à des changements nssi rusques que celle de l'atmosphère ; mitt\cs yariations des climats, suivant les saisons. n'y sont pas moins sensibles; seulement etie> y sont moins considérables. C'est un fut dont on peut facilement s'assurer, en comparant les tables des températures de la mer sur une côte quelconque avec les températures de l'air dans les mêmes localités. Les animaux marins ne sont donc pas exposés comme les animaux qui respirent lair en nature, à la nécessité d un changement d*habitation, d'après les seuls effets des changements dans la chaleur.

Cependant la température de la mer e^t nécessairement sujette à de plus grandes t9riations dans les eaux peu profondes çse dans le^ hautes mers. 11 doit s'ensuivre qiM les poissons et les autres animaux inana^ qui vivent de préférence sur les bas-fonds cliangent plus souvent de demeureque ceux

3ui vivent dans la haute mer, ou du moi'» ans les plus grande» profondeurs habitées. Il en est cependant tout le contraire; en effet, les races pélagiennes yovagent presque constamment et se livrent à de granoes migrations, dont l'étendue et la constance ont quelque chose de merveilleux.

Les espèces littorales se déplacent aussi comme les pélagiennes ; mais leurs excursions peu considérables paraissent tenir ou à ce qu'elles ne sont pas organisées de manière à supporter tous les changements de température» ou è ce qu'elles sont chassées de leurs demeures par l'agitation et le roulis des vagues. Aussi les voit-on se réfugier dans des mers plus profondes, ou se retirer dans des baies ou des criques tranquilles pendant les ouragans. Quelquefois elles se rendent, après de grandes tempêtes u'une longue durée, dans Tes emboucliures des rivières, où elles ne pénètrent jamais dans les temps de calme.

Les animaux marins qui habitent les bès-

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POISSONS , ETC

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fonds près des côtes, quoique exposés aux diangements dont nous venons d'apprécier les causes, Tiveot cependant à des profondeurs d'eau plus constantes que les espèces pélagieones. Celles-ci, dans leurs longues traTersées, parcourent néanmoins des zones d eau de profondeurs très-inégales et bien différentes de celle où elles sont plongées pendant les moments où elles sont stationnaires. Co fait est d'autant plus extraordinaire que, d'après les obsenrations curieuses de M. Biot sur les çaz contenus dans la vessie Dntatoire des poissons, ces gaz varient suivant les profondeurs auxquelles ces animaux vivent habituellement. En effet, ces vessies ne sont point remplies d'air atmospbérique, mais d'azote presque pur chez les espèces qui stationnent ()rès de la surface. Celles des individus c|ui se tiennent dans des profondeurs de cinq cents à six cents brasses sont remplies d'un mélange de près de neuf parti«^s d'oxygène sur une d'azote. D'après ces faits, ces derniers , qui ne peuvent se procurer de l'azote dans les grandes profondeurs, tandis qu'il abonde près de \a surface, à raison de ce que Tair atmosphérique y est plus abondamment disseuunè que vers le fond de la mer, ne devnmlpis pouvoir l'abandonner sans danger. I) est possible pourtant que, si les poi5sr)Q5 des grandes profondeurs consommerU une petite portion de l'oxygène faisaot partie de l'air atmosphérique, les intervalles entre les absorptions soient si grandes pour ces animaux, et la quantité d*oxygène qui leur est nécessaire si petite, qu un petit vulame d'air puisse leur suflSre pour des temps considérables. S*il en était ainsi on aurait une preuve de l'appropriation des organes des animaux aux conditions dans lesquelles ils se trouvent placés.

CeUe supposition n est pourtant guère admissible relativement aux espèces pelatiennes qui se livrent à de grandes et de Joogues migrations. Tout au plus peut-on supf)oser qu'elles sont organisées de manière à supporter de pareils changements dans la quantité d*air soumis à leur respiration. La diversité des gaz contenus dans les vessies natatoires des poissons indique qu'il existe une grande différence entre les matières gazeuses disséminées dans l'eau de la mer a diverses profondeurs, du moins 60 ce qui regarde tes quantités relatives d'oiygèoe et d'azote.

11 ne faut pas croire que les poissons pourvus de vessies natatoires soient susceptibles de s'élever dans l'eau à la hauteur qui pourrait leur plaire, et qu'ils puissent en conséquence se procurer toute la Quantité dair disséminé dans ce liquide qui leur est iiécessaire. En effet, quoique les poissons paissent monter et descendre à volonté entre certaines hauteurs, leurs habitations sont limitées, suivant les espèces, à des zones d*eau d'une certaine épaisseur.

Ces animaux, ou du moins le plus grand t\on)bre d'entre eux, montent et descendent Uaus l'eau en dilatant ou comprimant les gaz

contenus dans leur vessie natatoire ; lorsque ces gaz ont acquis par la pression une densité égale à celle de l'eau ambiante , ils ne peuvent pas descendre plus bas. Les poissons ne le pourraient qu'en faisant de grands efforts musculaires. Il leur serait également difficile de s'élever au delà d'une certaine hauteur. Aussi M. Pouillet prétend que le gaz contenu dans les vessies natatoires des poissons péchés à la profondeur de mille mètres, c est-è-dire sous une pression égale à peu près à cent atmosphères, augmente tellement de volume en arrivant è la surface, que tout effort musculaire ne pouvant le contenir, il s'échappe en refoulant la vessie, l'estomac et les organes voisins, qui sortent par la gueule, en format) t un ballon fort singulier. Les diverses espèces de poissons ne sont

[)robablement pas les seuls êtres marins dont 'habitation soit limitée à de certaines hauteurs d'eau déterminées. Il en est peut-être ainsi de tous les animaux qui vivent dans l'Océan. La pression et la température cbanffeant avec la profondeur, il n'est pas plus facile à un animal, quel qu'il soit, de vivre tout aussi bien près de la surface de la mer qu'à mille brassas de profondeur, qu'il ne le serait à un homme de respirer aussi aisément à mille mètres d'élévation que dans les plaines.

Lorsqu'on étudie l'ensemble de l'organisation animale, on voit que les espèces paraissent formées pour supporter une oression particulière soit d'air, soit d'eau. Cette

Eression est celle qui se rencontre dans l'haitatiou propre à chacune déciles. Les animaux qui vivent dans l'atmosphère parai>sent, toutes choses égales d'ailleurs, moins souffrir d'un changement vertical d'une hauteur déterminée que ne le feraient des êtres vivant dans l'eau. Ainsi les Ailles et les Vautours, habitués à planer à de grandes élévations, peuvent vivre au niveau de la mer, tandis qu'il est très-douteux qu'un Requin pût se maintenir longtemps à de grandes profondeurs. Il se pourrait pourtant que les poissons carnassiers fussent organisés de manière à supporter plus facilement de tels changements, par la nécessité où ils sont de rechercher leur proie à différentes hauteurs d'eau.

Les poissons ne peuvent donc pas se tenir sans effort à quelque élévation d eau que ce soit, si leur pesanteur spécitiquedu moment n'est pas exactement celle du milieu dans lequel ils se trouvent. Dès lors il est assez diliicile de comprendre comment les espèces éminemment voyageuses , sont cependant celles qui vivent habituellement dans les

t)lus grandes profondeurs. 11 faut donc, et 'on peut dire même, il est nécessaire, que leur organisation soit susceptible de se plier aux conditions diverses qu'entraîne la diversité de leurs habitations aux différentes époques de leur vie.

il doit d'autant plus en être ainsi, qu'outre les changements que les poissons et les autres animaux marins éprouvent par l'effet de leurs Migrations, soit dans la température i

^ tfUff REPTILES,

soit dans la pressioOf ils en ressentent de Qoo moins sensibles dans l'intensité ou la diminution de la lumière. A 1^ vérité, la lu- U)ière parait moins nécessaire ^ux êtres oui vivent dans le sein des mers qu*à ceux des terres élevées au-dessus des eaux ; mais elle ne pwt pas être inutile aux espèces qui ont des yeux. Tout au plus est-elle superflue aux paissons » aux Houusques et aux Zoopby tes, qi^i vivent habituellement dans la vase elles bancs de sable» et qui, de leur propre choix, s'en passent pondant des temps plus ou moins longs.

A part ces exceptions peu nombreuses, les animaux des mers doivent rechercher l'es hauteurs d'eau, auxquelles ils trouvent nonseulement la température et la pression qui leur convient, mais encore le degré de lu-

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fKÎ.

mière aui leur est nécessaire. On pourrait croire aaprès ces faits que les eaux relative^ ment peu profondes doivent être celles où vivent la plupart des poissons, des crustacés, des Zoopbjtes et des Mollusques qui ont des yeux. Il existe cependant de nombreuses exceptions à cette supposition, que Ton serait tente d'admettre à priori; peut-être sont-elles encore beaucoup plus considérables que nous ne le présumons, les plus ((rendes profondeurs auxquelles parviennent es êtres vivants nous étant à peu près inconnues.

On peut toutefois supposer que les espèces qui, par suite de la profondeur où elles se tiennent ordinairement, sont à peu près privées de lumière, présentent dans leurs organes de vision des modiQcations telles, qu'elles sont préservées de l'inconvénient de vivre dans une obscurité relative, qui pour nous nous paraîtrait probablement complète.

Les yeux, remarquables par leur ^andeuTp du Pomatomus telescopiumy qui se tieiU à des profondeurs considérables sur les GÙi^s de Nice, amènent à cette conséquence. Ces yeu^ sont construits de manière à tirer parti des moindres rayons de lumière qui peuvent pénétrer jusqu'aux lieux qu'habite cette espèce. Ils rappellent en quelque sorte sous ce rapport les organes de vision particuliers aux oiseaux nocturnes, qui sont éj2alement impressionnés par la plus petite quantité de lumière.

Mais ce qui n'est pas moins remarquable, les poissons des profondeurs ténébreuses de la haute mer voyagent et font des excursions tout aussi longues que les oiseaux nocturnes. Ce qui est non moins singulier, les uns et les autres voyagent de jour et dans le moment où le soleil répand ses plus vives clartés. Cette circonstance prouve que leurs yeux sont or^nanisés de manière à supporter des impressions de lumière extrêmement dif- ^fi^ntes sans en éprouver aucun fAcbeux elfot.

Les poissons des bas-fonds ont dom; bien des obstacles à sarmon ter, lorsque leur instinct lea porte à se livrer à de longs et de périlleux vovages.ll faut, puisqu'ils en triomj»hent, que leur instinct soit puissant et leur

organisation assez flexible, pour se plier an effets d'influences aussi diverses que cel e< dont ces animaux éprouvent ordiDairefoeot l'impression.

U en est probablement de même des autrei animaux marins, particulièrement des Ûollusques, qui se tiennent de préférence è dé» profondeurs en dehors de Tactian des rague^. Ces profondeurs ne sont peut-être pas tr«fconsiderablçs, car la pression et les aatrei circonstances que nous avons éoiunéréet plus haut peuvent empêcher ces aoiiuiai de descendre très-bas dans le seia dis mers.

Des Caits assez nombreux s'opposeot pourtant à l'admission de cette hypothèse. Les espèces que les sondes jetées dans la iuiiie mer ramènent du fond, et celles quiju- ▼iguent sans cesse, semblent pron?er(|uVjtf est peu fondée. Il faut bien quecesioiatau «puissent se reposer et descendre daes ks eaux les plus basses. Aussi n'est-il^v ut-

Eossible que la profondeur éestmioil abitée par des espèces nombr^wif. es genres entiers peut«6tre, que uo«ie|r Tiendrons jamais à connaître ; c'eslvsia qui retarde le progrès de nos (>otmmA sur les habitudes des êtres des fooéstepltt tms. Enfin, puisque la presstoa, k tanpeir ture, la lumière, la profondeur de Feai et la quantité d'air disséminé ont uoesignode influence surrexislencedes anifflauiDirios, on pourrait présumer que, touteschwes^ les d'ailleurs, les mêmes espèces doiwni« trouver h des hauteurs déteiminées, eisoos des latitudes semblables. Ce n'est point U cependant ce qui se passe dans la nalure^oi nous découvrons, a queloues eiceptioes près, des espèces très-ditferenles dans des conditions qui paraissent identiques. I^w autre côté, par suite de leurs mignû* les animaux des mers traversent des »»e5 d'eau extrêmement diverses sous le n0 de leur température et des autres ciroonsiiûces mentionnées plus haut, dont fiapr* sion a cependant de si grands etfets sur leur bien-être et même sur leur rie.

Le hesoin de voyager est si impérieux, non-seulement pour les poissons, mais foii^ la plupart des animaux, ainsi que uou» 1 1* vous déjà fait pressentir, que, lorsque le moment est venu, rien ne les arrête ei u peut mettre obstacle k rexéculion depro.tis déterminés chez eux par le besoin ija^lj|''*" le plus impérieux. Les circonstances \w^'

avea, pas plus que les dangers qui enviruo* ent leurs mi^aiions lointaines, pepeu^'*' fCt^der ni mô^e dérau^jer leur départ, lor^ ^iM^ie signal en ^t donu^. Tous pff<<^° pour Ip.rs k l'envi, et semblenl diwunesf'^ UU ijïstinct supérieur, qui dirige les uû|' lira vers l'immensité si^ inejos, comme r autre* k travers les vastes plaines de l air. -G^t éabange continuel des espèces du' contrée dans une autre donne au m^V^ la vie une moiHlité et une variétf^» ^^^ priment k la création actuelle upe v^ particulière et un charme ii^i J^' ^

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