‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 129 sur 204 · NAR · texte numérisé non relu

NAR

POISSOxNS, ETC.

SJA

irieov Uammifère. Wormias nous apprend i plus, que le nom islandais de Narrai ou arnu^l Teut dire Baleine, et gue cet animal i ooarrit de cadarres, nar signifiant cadare, et kual ou uhal Baleine ; et cette idée B mangeur de cadavre, particulièrement itacbée à ce oétacé, est sans doute cause e la disposition d*un des plus anciens coes islandais qui défendait expressément de langer du Narval.

Rochefort, dans son Histoire naturelle des ntiiles, après afoir décrit et donné la fi^re 'uo animal imaginaire, auquel il applique î nom de Licorne de mer, parle avec plus de érité, sous le même nom du Narrai des lers du Nord, dont il donne une figure ros&ière, copiée de Tulpius. Ce au'il dit de H animal n ajoute rien à ce qu on dotait Wormius ; on n'v trouve de remarquable u*ooe idée systématique qui a été rerodoite de nos jours, mais en recevant une itension qu*il ne pouvait entrer dans les ues de Bocbefort de lui donner, et qui en éirait tout le fondement.

Ceux qui sont de ce s^timent, dit-il (qui roi^H que la défense de la Licorne de mer si une dent), ajoutent qu'il ne se faut pas ionoer si ces poissons n'ont qu'une de ces oogues dents, vu que la matière, laquelle ai pouvait produire d'autres, s'est entièrement épuisée pour former celle-ci, qui est i*une longueur et d'une grosseur si prodipenses, qu'elle suffirait bien pour en faire loe centaine.

Renfermée dans ces étroites limites, cette dée n'a rien qui répugne à la raison ; il est laturel que deux organes contigus, comme es bulbes producteurs de deux dents voisines, nourris par les mêmes vaisseaux, aniués par les mêmes nerfs, aient l'un sur l'autre une action mutuelle, et qu'un grand dérelopp^nent de force dans l'un affaiblisse la force deTautre; ainsi il n'y aurait rien d'inrraisemb!able à supposer que, si l'une des [feux dents du Narval ne parait pas une extension exagérée, l'autre ne resterait pas rudimentaire. Mais c'est sortir de la limite des analogies que d*appliquer, comme on l'a lait, le même raisonnement a des organes qui sont sans aucune dépendance essentielle 1 un de l'autre.

Le Narval est on cétacé de forme et de proportions très-favorables aux mouvements, et qui rappellent celles du Béluga et du Marsouin globiceps. Sa longueur, de quinze à dix-huit et vingt pieds, a été portée par quelques auteurs à quarante et même à soixante c<ar une exagération qu'on ne peut comprenure. Sa partie la plus large, qui se trouve un peu en arrière des nageoires pectorales, n'est que d'environ trois pieds. Depuis ce point jusqu'à la queue son corps va s*effilant, de manière à n'avoir plus qu'environ neuf pouces de diamètre près de la na- Î;eoire caudale. Du même point, vers la tête, e corps va aussi en diminuant ; mais celle-ci se termine brusquement en s'arrondissant.

Le Narval vit en troupes quelquefois assez nombreuses ; c'est un animal dojpt tous les

DicTio^iH. DE Zoologie. II.

mouvements ont de la vivacité, et qui nago avec une incroyable vitesse; ce qui est bien contraire à ce qu'on croyait du tempsd'Albert le Grand (1). Sa principale nourriture consiste

(i) c Ce cétacé nage eo eflet avec une si grande vitesse, que le plos souvent il échappe à loaie poapsuite ; et voilà pourquoi il esi si rare de prendre nn individu de cette espèce, quoiqu*dle soit assex nombreuse. Celte rapidité extraordinaire n^a pas été toujours reconnue, puisque Albert, et d^autres auteurs de son temps ou plus anciens, ont au contraire fut ane mention es presse de la lenteur qu*on attribuait an narval. On la retrouve néamioias Don-seiilement dans la fuite de ce cétacé, mais encore dans ses mouvements particuliers et dans ses diverses évolutions; et quoique ses nageoires pectorales soient courtes et étroites, il s'en sert avec tant d^agilité, qull se tourne et retourne avec une célénlé surprenante. D n*est qu'un petit nombre de circonstances où les narvals n*usent pas de cette faculté remarquable. On ne les voit ordinairement s'avancer avec on pea de lenteor, que lorsqu'ils forment nne grande troupe ; dans prÔMiae tous les antres moments, leur vélocité est d'autant plus effirayanie, qu'elle anime nne grande masse. Os ont depuis quatorze jusqu'à vingt métrés de longueur, et une épaisseur de plus de quatre mètres dans l'endroit le plus gros de leur corps : aussi a-t-on écrit depuis longtemps qu'ils pouvaient se précipiter, par exemple, contre une chaloupe, Fécarter, h briser, la faire voler en édats, percer le bord des navires avec leur défense, les detndre ou les couler à fond. On a trouvé de lears longues dents enfoncées très-avant dans la cailène d'im vaisseau par la violence du choc, qui les avait ensuite cassées plus ou moins près de leur base. Ces mêmes armes ont été également vues

Îkrofondément pbntées dans le corps de Baleines rancbes. Ce n'est pas ooe nous pensions, avec quelques naturalistes, que les narvals aient une sorte de haine naturelie contre ces Baleines : mais on a écrit qu'ils étaient très-afides de la langue de ces cétacés, comme les dauphins gladiateurs; nu'ils la dévoraient avec avidité, lorsque b mort ou la faiblesse de ces Baleines leur permettaient de l'arracber sans danger.

f Et d'ailleurs, tant de causes peuvent allumer une ardeur passagère, et une fureur aveugle contre toute espèce d'obstacles, même contre le plus irré^ible et contre Tanimal le plus dangereux, dans un être moins grand, moins fort sans doute que la Baleine franche, mais très-vif, très-aeile, et armé d'une pique meurtrière! Comment cette lance si pointue, si longue, si droite, si dure, n'entrerait-elle pas assez avant dans le corps de la Baleine pour y rester fortement attachée?

c El dès lors quel habitant des mers pourrait ne pas craindre le Nanral? Non-seulement avec ses dents il fait des blessures mortelles, mais il atteint son ennemi d'assez loin pour n'avoir point à redouter ses armes. U fait pénétrer l'extrémité de sa défense jusqu'au cœur de cet ennenu, pendant que sa tète en est encore éloignée de trois ou quatre mètres. U redouble ses coups, il le perce, il le déchire, il lui arrache la vie, toujours hors de portée, toujours préservé de toute atteinte, toujours aaranti par la dis* tance. D'ailleurs, au lieu d'être réduit à frapper ses victimes, il en est qu'il écarte, soulève, enlève, lance avec ses dents, comme le Boeuf avec ses cornes , le Cerf avec ses bois, l'Eléphant avec ses défenses.

f Mais ordinairement, au lieu d'assouvir sa raga ou sa vengeance, au lieu de défendre sa vie contre les requins, les autres grands souaks et les divers tyrans des mers, le Narra, ne cédant qu'au besoin éè la faim, ne cherche qu'une proie facile : il aime parmi les mollusques ceux que l'on a nommés pUfMrèe$ ; il parait préférer, parmi les poissons, les pleuromec» iet Me$. i LàcÉPtaE.

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