‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 130 sur 204 · NAT · texte numérisé non relu

NAT

en Mollusques ; les Sèches , les Poulpes, les Méduses, tous les animaux pélagiensfont sa nourriture. La petitesse de sa bouche, dépourvue de dents, ne lui permettrait d*attaquer que les plus petits Poissons, et la longue et lorte lance dont il est armé ne peut être pour lui qu*un moyen de défense. Les granas animaux qu'il pourrait frapper avec cette arme puissante ne pourraient devenir sa proie. Il parait même que l'usage qu'il en fait lui est souvent funeste, et qu'après l'avoir fait pénétrer dans les corps qu il croit devoir attaquer, il ne peut plus l'en retirer, et qu'il périt bientôt asphyxié, quand, par ses efforts, il ne parvient pas à la briser. On rapporte qu'il frappe quelquefois les bâtimenls de cette défense avec tant de force, qu'elle y pénètre, et que, serrée alors entre les bordages, l'animal ne peut échappera la mort qu en parvenant à la rompre. Ces conjectures sur le peu d'usage que le Narval fait de sa défense, semblent conûrmées par ce qu'Anderson et Scoresby rapportent, que cette défense est ordinairement enveloppée, comme par un fourreau, de toutes sortes de corps 'étrangers.

Au reste, on retire des Narvals une huile qu'on a préférée à celle de la Baleine franche. Les Groenlandais aiment beaucoup la chair de ces cétacés, qu'ils font sécher en l'exposant à la fumée. Ils regardent les intestins de i^es animaux comme un mets délicieux. Les tendons du Narval leur servent à faire de petites cordes Irès-lorles; et Ton a écrit que de plus ils retiraient de son gosier plusieurs vessies utiles pour la pêche; ce qui pourrait faire croire que ce cétacé a sous la gorge, comme la Baleinoptère museau-pointu, le Rorqual et la Jubarte, une grande poche ^ très-souple, un grand réservoir d'air, une vessie natatoire quoiqu'aucun pli de la peau n'annonce l'existence de cet organe.

On emploie la défense, ou, si l'on aime mieux, Yivoire du Narval , aux mômes usages que l'ivoire de l'Eléphant, et même avec plus d'avantage, parce que plus dur et plus compacte, il reçoit un plus beau poli, et ne jaunit pas aussi promplement. Les Groenlandais en font des flèches pour leurs chasses, et des pieux pour leurs cabanes. Les rois de Danemark ont eu, dit-on, et ont peut-être encore, dans le château de Rosenberg, un trône composé de défenses de Narvals. Quant auxprétendues propriétés decet ivoire contre les poisons et les maladies ))esti]entielles, on ne trouvera ((ue trop de détails è ce sujet dans Bartholin, dans Wormius, dans Tulpius, etc. Mais comment n'aurait-on pas attribué des qualités extraordinaires à des défenses rares, d'une forme singulière, d'une substance assez belle, qu'on apportait de très-loin, que l'on n'obtenait ^u*en bravant de grands dangers, et qu'on avait pendant longtemps regardées comme l'arme toute-puissante d'un animal aussi merveilleux que la fameuse Licorne?

NASON LICORNET , Nasus fronticomis, Cuv. ; espèce de poissons de la famille des Th«'utyes( Acanthoplérygieos). — Cette es-

pèce frappe aisément les regards parlasia. gularité de la forme de sa tète; elle atiin l'attention de ceux même qui s occupent Ir moins des sciences naturelles. Aussi amv elle été très-remarquée par los matelots ik l'expédition dont Commerson faisait partie: ils l'avaient examinée assez souvent [kiw lui donner un nom ; et comme ils aiaies facilement saisi un rapport très-marqoé qm présente son museau avec le front des m maux fabuleux auxquels l'amour du mr veilleux a depuis longtemps attaché ki^ nomination de Licorne^ ils l'avaient m>tik la Petite-Licorne^ ou le Licomet, appeiialia que Lacépéde conservée.

En effet, de l'entre - deux des yeai de a poisson, part une protubérance presque ci' lindrique , renflée à son extrémité, diri^ horizontalement vers le bout du mostan, et attachée à la tête proprement dite j«r une base assez large.

Conunerson a vu le Licomet auprès litf rivages de l'Ile de France, et si les éim^ sions que nous venons d'indiquer (Tj^^vb le manuscrit de ce naturaliste, iuJtfJtf que ce Nason présente le pIusuQreiKdaoi les parages que ce voyageur a irfpAês il faut que cette espèce soit bieni^b^krisée, pour son développement, dansliuit Kouge ou mer d'Arabie. En effet, Fwiki qui Ta décrite, et qui a cru devoir la pls^r parmi celles de la famille des Chétodo^À au milieu desquels elle a été laissée pailsavant Gmelin et par M. Bonnaterre, <li4 qu'elle parvient h la longueur de cent du* huit centimètres. Les Licornels todI |« troupes nombreuses dans cette même me d'Arabie ; on en voit depuis deux cest jusqu'à quatre cents ensemble; et rood^ en être d'autant moins surpris, que l assure qu'ils ne se nourrissent qoe plantes qu'ils peuvent rencontrer soi^ li eaux. Quoiqu'ils n'aient le besoin ni ft* tude d'attaquer une proie, ils usent wj courage des avantages que leur donneotla grandeur et la couformalion de leur i^ ils se défendent avec succès contre k ennemis dangereux ; des p(^cbeurs ariU ont même dit avoir vu une troupe de ces Tm racins entourer avec audace un iigi^ % s'était précipité sur ces "poissons comme >« des animaux faciles à vaincre, opposof I nombre à la force, assaillir Foiscau m nassier avec une sorte de concert, et le wj battre avec assez de constance pour lui Jo3 ner la mort.

NATATION. — Quelques animaux s'ahji donnant aux flots, ou exécutant tout au pw quelques obscurs mouvements d'onduh*tJû< semblent n'être, pour ainsi dire, au «« des mers que dans une station variable ^«i se rattache évidemment à la suspens cfl telles sont les longues chaînes desBipM les guirlandes des Stéphanomies, les m natules et autres Polypiers floltaDls.Lacî® paraison est d'autant [^lus exacte, que f<^ lains do ces animaux sont P^^^^^^:";?

ou plusieurs vésicules reraph^^s duflO"'*" aénforme, et qui K-s soutieiuiont i l* '^'

tost

POISSONS, ETC

Wkt

lOSS

face aes eaux dans lesquelles flotteut leur tige el les cirrhes, les appendices, les eipaosioDs qu'ellesupporte {Rhixophyttt, etc.) : de là Tient le nom d'Acalèphes bydrostatiqaes qui leur a été donné par CuTÎer.

Chez un certain nombre, la vésicule constituant la majeure partie de Tanimal apparaît hors de f eau et y naTigue en quelque façon : telles sont les PbysalieSt comparées depuis longtemps à de petites galères; mais ce phénomène commence à rentrer dans un genre de locomotion qui mérite d'être désigné sous un nom spécial. Mentionnons encore pourtant, avant de quitter ce sujet, la Janthine, mollusque gastéropode donl le pied <ist attaché à une grappe de vésicules subcarlilagineases, qui tiennent toujours ranimai suspendu à fa surface de la mer.

1* Supemataiion. On voit souvent, dans les mers équatoriale^, des Diodons boursoufflés par Tair abondamment contenu dans Testomac, nager ou rouler irrégulièrement la sorfece, arec une sécurité que leur garantit le redressement des épines dont ils sont hérissés pour la plupart; mais à peine peuvent-ils diriger celte course capricieuse. 11 en serait tout autrement de certains mollusques, s'il tallait en croire les récits d'observateurs un peu complaisants peut-être :

lliistoire du nautile, sans doute scmvent con- Ibodue avec celle du poulpe de TArgonaute, est bien ancienne, et le merveilleux y touche à la fable. Par un mécanisme peu connu, ces deux animaux s'élèvent, dit-on, avec leur coquille renversée, jusqu'à la surface calme de l'Océan, la retournent, la vident d'eau el la lancent comme une nacelle dont elle offre assez bien la forme ; ils voguent alors en se dirigeant à leur gré au moyen de leurs pieds épanouis à Tentour et plongeant dans 1 onde comme des avirons, tandis que deux bras, plus longs et garnis de membranes, sont redressés en guise de mâts pour tendre leur voile au zéphyr. Un danger vient-il à se manifester, le prudent nocher replie ses voiles et ses rames, et change son navire en bateau plongeur. Malheureusement, tout cela est un peu trop poétique. L'Argonaute a effectivement deux bras longs, repliés, et dans le sinos desquels est étendue une membrane ; mais il ne paraît pas qu'il y ait rien de semblable dans le nautile, d'après la description qu'en ont donnée Owen et bien avant lui Rumphius; et pour l'Argonaute même. Rang oie l'usage qu'on a attribué à ces appendices qui ne s épanouissent que pour s appliquer sur les flancs de la coquille quand 1 animal

rampe. , ^ ,

C est une navigation assurément plus parfaite que nous offre la supematation des oiseaux palmipèdes. L'air emprisonné par leurs plumes, que rend imperméables à l'eau un enduit graisseux, leur donne une légèreté

Îrui les soutient sans effort à la surface, et curs formes sont en parfait rapport avec cette destination. On a depuis longtemps comparé le corps du Cygne à la coque d'un Lavire, ses pieds à des rames et ses ailes à des voiles. Il y reçoit, en effet, volontiers le

vent en les soulevant à demi ; mais c*est surtout à l'aide de ses pattes largement palmées qu'il se pousse en avant, et c*est en n'agissant que d'une seule qu'il tourne du cAté opposé. Les Foulques, dont les doigts sont larisement bordés sans être réunis entre eux, n'ont pas moins de facilité à s'en servir et n'en obtiennent pas de moindres avantages. Enfin, les Manchots se servent même de leurs ailes courtes et presque sans plumes, comme de rames énergiques; mais ce n'est ordinairement que dans la Natation entre deux eaux, à laquelle ils se livrent aussi facilement que les Mammifères amphibies.

3* Natation proprement dite. L immersion n'est pas complète ordinairement pour les Mammifères qui se meuvent dans les eaux; leur tête ou du moins leurs narines restent au dehors pour entretenir la respiration; mais ceci cnange peu de chose au mode de mouvement, et d'ailleurs ces animaux, et bien plus encore les Reptiles, les oiseaux mêmes, peuvent nager dans une submersion complète : c'est ce qu'on nomme plonger et nager entre deux eaux. L'homme et les Reptiles batracieos et cbéloniens, ayant les membres, ou plus latéraux, ou plus susceptibles d'écartement que les autres Mammifères, nagent pareillement en frappant Teau de leurs membres abdominaux simultanément débandés. Chez les Grenouilles, les Sonneurs, les Crapauds mêmes, ces membres longs, forts et terminés par un pied très-grand, souvent très-palme, agissent presque seuls dans la natation; pour les tortues marines, au contraire, c'est le membre antérieur qui constitue le plus puissant instrument de la natation. L'homme fait succéder aussi à l'effort de ses membres abdominaux celui de ses membres thoracîques, ramenés d'avant eu arrière sur les côtés du corps en décrivant un grand arc de cercle (1), La plupart des Mammifères, Chevaux, Bœufs, Chiens, Cabiais, Ours blancs, etc., ayant les membres serrés contre les flancs, ne peuvent nager gu'en s'en servant comme de rames et précipitant les mouvements ordinaires de la marche, de la course, plus rarement du saut. Les palmures incomplètes de leurs doigts aident beaucoup les Chiens dans cette manœuvre; celles plus parfaites du Rat d'eau, du Cabiai, du Chironecte, du Myopotame, de la Loutre, du Castor; celles qui dépassent même les doigts en se divisant en lanières au delà des dernières phalanges chez certains phoques ( Lion el Ours marins), ou sans se diviser, chez beaucoup d'autres et chez rOmithorhynque; enfin, les cils roides qui bordent les doigts de la Musaraigne aquatique, sans rien changer au mécanisme de la Natation, la rendent encore

plus facile. . , ,

Mais la queue aplatie de la Loutre, celle surtout du Castor si plate, si large et revêtue d'écaillés, peuvent leur rendre le service

(I) Noos ne croyons pas devoir décrire ici es hutr^ modes de NauUoo que rhommc a imagiDes, loil par jeu, soit poar qoelfoe oliUié d'un ordre secondaire.

NÀT

reptiles/

Page 1