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dessus de la patlie supérieure de h tôte ; et une pcoloogaliou îles téguments les plus extérieurs s'étead en forme de membrane audessus des yeux et les couvre d'un ToUe deou-lnuspareoi, comiDe celui que nous avons observé sur lés yeux des iiymnotes, des Opàisures et des Aptéroootes.
t Les lèvres sont garnies d'un grand nomke de petits orifices par lesquels se répand uoe yq^eur onctueuse; une rangée de peti* tes ouvertures analogues compose, de chaque c^ de ranimai, la li^e aue Ton a uummée laiéraU: et c'est ainsi queVAnguilie est {)erpétu«?Ueaient arrosée dîe cette sub* slanee qtii k rend si visqueuse. Sa peau est, sur tous les points de son corps, enduite de oeUt* bameur gluante qui la fait paraître comme veroie. £Ue est pénétrée de cette socle d biûie aui rend ses mouvements très* sonpitt; et Ton voit déjà pourquoi elle glisse si ficileoEient au milieu des mains inexpérimentées qui, la serrant avec trop de ibrce, aasmenteiu le jeu de ses muscles, faeiliteni ses elorts, et, ne pouvant la saisir par aucune aspérité, la sentent couler et s'éehappec comme un Suide. A la vérité, cette même pt^tu est garnie d*écailles dont on se sertuièttie, dan^s plusieurs pays du Nord, pcMir donner une sorte d*éclat argentin au «meoldoKaou eoïkût les édifices : mais ces écailles sont si petilei, que plusieurs physiciens en ool nié /«xistence ; et elles sont atticfaées de numére que le toucher 1# plus délkât ne les iait p^s reconnaître sur ranimai vivaoty et que même un œil perçant ne les découvre que lorsque rAnguille est morte, ei la peau assez desséchée pour que les petites lames écailleuses se séparent £aàmmL
c ÛB aperçoit plusieurs rangs de petites deols, Doo-seuîenient aux deux mâchoires, à ii piirtie antérieure du palais, et sur deux os situés au-dessus du gosier, mais encore wr dam autres os un peu plus longs et placés k Tongine des branchies.
■ LWrerture de ces branchies est petite, trés-roisine de la nageoire pectorale, verticiie, étroilet et un peu en croissant.
«Ooade la peine à distinguer les dix rajoos que contieni communément la membiiDe destinée à fermer cette ouverture ; et les quatre branchies de cha<]ue côté sont gimies de vais^avx sanguins dans leur pvtie convexe^ et dénuées de toute apopbjse et de tout tubercule dans leur paf lie caocive.
• Les nageoires du dos et de Tanus sont il basses, que la première s*éldve à peine Att-dessus du dos d*un soixantième de la longueur totale. Elles sont d'ailleurs réunies à celle de la queue, de manière qu'on a bien <h la peine à déterminer la (In de Tune et le coffloiencement de l'autre ; et on peut les coDsidérer comme une bande très-étroite, qui commence sur le dos à une certaine distance de la léte, s'étend jusqu'au bout de la queue, entoure cette extrémité, y forme une
raiate assez aiguë, revient au-dessous de animal iusqu*à raiius, et présente toujours
assez peu de hauteur pour laisser subsister les plus grands rapports entre le corps du Serpent et celui de rAnguille.
« L'épaisseur de la partie membraneuse de ces trois nageoires réunies , fait qu*on ne compte que. très-difticilement les petits çayoos qu'elles^ renferment, et qui sont ordinairement au nombre de plus de mille, depuis le commencemept de 1.1 nageoire dorsale jusqu'au bout de la queue.
« Les couleurs que 1 Anguille présente sont toujours agréables, mais elles varient assez fréquemment; et il paraît que leurs nuances dé()endent beaucoup de l'âge de l'animal, et de la qualité de l'eau au milieu de laquelle il vit. Lorsque cette eau est limoneuse, le dessus du corps de la Murène que nous décrivons est d'un beau noir, et le dessous d un jaune plus ou moins clair. Mais si Teaucst pure et lirapiiJe, si elle coule sur un fond de sable, les teintes qu'offre l'Anguille sont plus vives et plus riantes : sa partie supérieure est d'un vert nuancé , quelquefois même rayo d'un brun qui le fait ressortir ; et le blanc de lait, ou la couleur de l'argent, brillent sur la partie inférieure du poisson. D'aileurs la nageoire de l'anus est communément lisérée de blanc, et celle du dos, de rouge. Le blanc, le rouge et le vert, ces couleurs que la nature sait marier avec tant de grâce, et fondre les unes dans les autres par des nuances si douces, composent donc 1 une des parures élégantes que l'espèce de l'Anguille a reçues, et celle qu'elle déploie lorsc^u'elle passe sa vie au milieu d'une eau claire, vive et pure.
« Au reste, les couleurs de l'Anguille paraissent quelquefois d'autant plus variées par les différents reflets rapides et successifs de la lumière plus ou moins intense oui parvient jusqu'aux diverses parties de 1 animal, que les mouvem%nts t;*es-prompts et très-multipliés de cette Murène peuvent faire changer à chaque instant l'aspect de ces mêmes portions colorées. Cette agilité est secondée par la nature de la charpente osseuse du corps et de la queue de l'animal. Ses vertèbres un peu comprimées et par conséqueut un peu étroites a proportion de leur longueur* pliantes et petites, peuvent se prêter c^uxdiverses circonvolutions qu'elle a boçoio d*exécuter. A ces vertèbres, qui communément sont au nombre de cent zeize, spnt attachées des côtes très-courtes, retenues par une adhérence très-légère aux apophyses des vertèbres, et très-propres à favoriser les sinuosités nécessaires à la natation de la Murène. De plus, les muscles sont soutenus et fortifiés dans Itur action par une quantité très-considérable de petites os disséminés entre leurs divers faisceaux, et connus sons le nom (ïarétei proprement dites, ou de petites arêtes. Ces os iolermusculaires, quç l'ou ne voit dans aucune a.utre classe d'animaux que dans celle des noissons, et qui n'appartiennent même qu a un certain nombre de poissons osseux, sont d'autant plus grands qu'ils sont placés plus
près de la tête ; et ceux qui occuoent la ^)ar-
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REPTILES
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tie antérieure de ranimai, sont communément divisés en deux petites branches.
« Le cœur est quadrangulaire; Taorte grande; le foie rougeâlre, divisé en deuxlo- Bes, dont le gauche est le plus volumineux; la vésicule du fiel séparée du foie comme dans plusieurs espèces de Serpents ; la rate allongée et trianculaire; la vessie natatoire très-grande, attachée à l'épine et garnie par devant d'un long conduit a gaz; le canal intestinal dénué de ces appendices que 1 on remarque auprès du pylore de plusieurs espèces ae poissons, et presque sans sinuosités, ce qui indique la force des sucs digestifs de r Anguille, et en général l'activité de ses humeurs et l'intensité de son principe vital.
« Les Murènes anguilles parviennent à une grandeur très-considérable : il n'est pas très-rare d'en trouver en Angleterre, ainsi qu'en Italie, du poids de huit à dix kilogrammes. Dans l'Albanie, on en a vu dont on a comparé la grosseur à celle de la cuisse d'un homme ; et des observateurs très-dignes de foi ont assuré que, dans des lacs de la Prusse, on en avait péché qui étaient lon-
fues de trois à quatre mètres. On a même crit que le Gange en avait nourri de plus de dix mètres de longueur ; mais ce ne peut être qu'une erreur, et l'on aura vraisemblablement donné le nom (ï Anguille à quel(|uo grand Serpent, à quelque Boa devin que 1 on aura aperçu de loin, nageant au-iiessus de la surface du grand fleuve de l'Inde.
« Quoi qu'il en soit, la croissance de l'Anguille se fait très-lentement; et nous avons sur la durée de son développement quelques expériences précises et curieuses qui m'ont été communiquées par un très-bon observateur, M. Septfontaines, auquel j'ai eu plusieurs fois, en écrivant cette Histoire naturelle, l'occasion de témoigner ma juste reconnaissance.
« Au mois de juin 1779, ce naturaliste mit soixante Anguilles dans un réservoir ; elles avaient alors environ dix-neuf centimètres. Au mois de septembre 1783, leur longueur n'était que de quarante à quarante-trois centimètres ; au mois d'octobre 1786, cette même longueur n'était que de cinquante-un centimètres; et enfin, en juillet 1788, ces Anguilles n'étaient longues que de cinquante-cinq centimètres au plus. Elles ne s^étaient donc allongées en neuf ans que de vingt-six centimètres.
« Avec de l'agilité, de la souplesse, de la force dans les muscles, de la grandeur dans les dimensions, il est facile à la Murène que nous examinons, de parcourir des espaces étendus, de surmonter plusieurs obstacles, de faire de grands voyages, de remonter contre des courants rapides (1). Aussi va-telle périodiquement, tantôt aes lacs ou des rivages voisins de la source des rivières
(1) Yoyaffe de Spallanzani dans les Denx-Siciles, Iraidiiil par IL Toacao, t. IHl, p. 143.
vers les embouchures des fleaves, et tantôt de la mer vers les sources ou les lacs, liais, dans ces migrations régulières, elle sait quelquefois un ordre différent de celai qu'observent la plupart dés poissons voyageurs. Elle obéit aux mêmes lois ; elle est régie de même par les causes dont nous avons tâché d'indiquer la nature dans notre premier discours : mais tel est l'ensemble de ses organes extérieurs et de ceux que son intérieur renferme, que la température des eaux, la qualité des aliments, la tranquillité ou le tumulte des rivages, la pureté du Quide, exercent, dans certaines circonstances, sur ce poisson vif et sensible, une action trèsdiflférente de celle qu'ils font éprouver au plus grand nombre des autres poissons non sédentaires. Lorsque le printemps commence de régner, ces derniers remontent des embouchures des fleuves vers les points les plus élevés des rivières ; quelques Anguilles, au contraire, s'abandonnant alors au cours des eaux, vont des lacs dans les fleuves qui en sortent, et des fleuves vers les c6tes maritimes
« Dans quelques contrées, et f)articulièrement auprès des lagunes de Venise, les Anguilles remontent, dans le printemps, ou à peu près, de la mer Adriatique vers les lacs et les marais, et notamment vers ceux de Comachio, que la pèche des Anguilles a rendus célèbres. Elles y arrivent par le Pô» quoicfie très-jeunes ; mais elles n'en sortent pendant I automne pour retourner vers les rivages de la mer, que lorsqu'elles ont acquis un assez grand développement, et qu elles sont devenues presque adultes (1). La tendance à l'imitation, cette cause puis* santé de plusieurs actions très-remarquables des animaux, et la sorte de prudence 3ui paraît diriger quelques-unes des habitues des Anguilles, les déterminent à préférer la nuit au jour pour ces migrations de la mer dans les lacs, et pour ces retours des lacs dans la mer. Celles qui vont, vers la fin de la belle saison, des marais de Gomacbio dans la mer de Venise, choisissent même pour leur voyage lesnûitsles plus obscures, et surtout celles dont les ténèbres sont épaissies par la présence de nuages orageux. Une clarté plus ou moins vive, la lumière de la lune, des feux allumés sur le rivage, suflisent souvent pour les arrêter dans leur natation vers les côtes marines. Mais lorsque ces lueurs qu'elles redoutent ne suspendent pas leurs mouvements , elles sont poussées vers la mer par un instinct si fort, ou, pour mieux dire, par une cause si énergique, qu'elles s'engagent entre des rangées de roseaux que les pêcheurs disposent au fond de 1 eau pour les conduire à leur gré, et que, parvenant sans résistance et par le moyen de ces tranchées aux enceintes dans lesquelles on a voulu tes attirer, elles s'entassent dans ces espèces de petits parcs, au point de surmonter la surface de l'eau, au lieu de
(!) Voyage de SpallaDunl dans les Deax-SioUeii traduit par M. Toscaii, U Yl, p. 145, 148, 150l
dnitlier à reTenir daos rhabitation qu'elles rnooeot de quitter (1).
c Fendant cette longue course, ainsi que peBdaot le retour des environs de la mer fers les eaux douées éieTées, les Anguilles le Dourrissent, aussi bien que pendant qo'dles s<int stationnaires» d insectes, de fers, d*œufs et de petites espèces de poissoos. Elles attaquent quelquefois des animiaxun peu plus gros. M. âeptfontaines en t TU une de quatre-vingt-quatre centimètres présenter un nouveau rapport avec les S^peDts, en se jetant sur deux jeunes Canards éclos de la veille, et en les avalant assez bellement pour qu'on pût les retirer presque entiers ue ^^ intestras. Dans certaines circonstaoces, elles se contentent de U chair de presque tous les animaux morts quMles rencontrent au milieu des eaux ; mais elles causent souvent de grands ravages daos les rivières. M. Noël nous écrit que dans la basse Seine elles détruisent beaucoup d'Bperlansy de Clupées feintes et de Brèmes.
« Ce n'est pas cependant sans danger qu*eUes recherchent 1 aliment qui leur contient le mieux : malgré leur souplesse, leur vivacilë, la vitesse de leur fuite, elles ont des ennemis auxquels il leur est très-diffià\e (fMiap^. Les Loutres, plusieurs oiseaux d eau, et les grands oiseaux de rivage, tels que les Grues, les Hérons et les Cigopa» lespécbeût avec habileté et les retienneût arec adresse ; les Hérons surtout ont dans la dentelure d'un de leurs ongles, des espèces de crochets qu'ils enfoncent dans le corps de l'Anguille, et qui rendent inutiles tous les efforts qu'elle fait pour glisser au ffliijeade leurs doigts. Les poissons qui parîienneut à une longueur un peu considéraoit, et, par exemple, le Brochet et l'Acipensére esturgeon, en font aussi leur proie ; et coouDe les Esturgeons l'avalent tout entière et soufent sans la blesser, il arrive que, déli^Tîsqueuse et flexible, elle parcourt toutes les sinuosités de leur canal intestinal, ^ par leur anus, et se dérobe, par une proapte natation, à une nouvelle (}oursuite. Il o'est presque personne qui n*ait vu un Umbric aTalé par des Canards sortir de ii^tee des intestins de cet oiseau, dont il
pendant longtemps, à l'opinion de quelques oteerrateurs très-peu instruits de l'orçanisafion intérieure des animaux, et qui ont dit que TAnguille entrait ainsi volontaireinent dans le corps de TEsturgeon, pour allerychercher des œufs dont elle aimait beaucoup è se nourrir.
«M^is ?oici un trait très -remarquable diQS Thistoire d'un poisson, et qui a été vu trop de fois pour qu'on puisse en douter : rAuguille, pour laquelle les petits Vers des prés, et même quelques végétaux, comme,
(U Tofaae de SpaBânzani dans les Deux-Sîciles, lVl,p.)4ëell50.