‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 14 sur 204 · POISSONS, J:TG. AM · texte numérisé non relu

POISSONS, J:TG. AM

par exemple, les pois nouvellement semés, sont un aliment peut-être plus agréable en« core que des oeufs ou des i oissons, sort de l'eau pour se procurer ce genre de nourriture. Elle rampe sur le rivage par un mécanisme semblable è celui qui la (ait nager au milieu des fleuves ; elle s'éloigne de Peau à des distances assez considérables, exécutant avec son corps serpentiforme tous les mouvements qui donnent aux Couleuvres Ja faculté de s*avancer ou de reculer; et après avoir fouillé dans la terre avec son museau pointu, pour se saisir des pois ou des petits Vers, elle regasne en serpentant le lac ou la rivière dont elle était sortie, et vers lequel elle tend avec assez de vitesse, lorsque le terrain ne lui oppose pas trop d'obstacles, c'est-à-dire do trof) grandies inégalités.

c Au reste, pendant que la conformation de son corps et de sa queue lui permet de se mouvoir sur la terre sèche, l'organisation de ses branchies lui donne la faculté d'être pendant un temps assez long hors de l'eau douce ou salée sans en périr. En effet, nous avons vu qu'une des grandes causes de la mort des poissons que Ton retient dans l'atmosphère, est le grand dessèchement qu'éprouvent leurs branchies, et qui produit la rupture des artères et des veines branchiales, dont le sang, qui n'est plus alors contre-balancé par un fluide aqueux environnant, tend d'ailleurs sans contrainte à rompre les membranes qui le contiennent. Mais TAnguille peut conserver plus facilement que beaucoup d'autres poissons 1 humidité, et par conséquent la ductilité et la ténacité des vaisseaux sanguins de ses branchies ; elle peut clore exactement l'ouverture de sa bouche ; l'orifice branchial, par lequel un air desséchant paraîtrait devoir s'introduire en abondance, edt très-étroit et peu allongé ; l'opercule et la membrane sont placés et conformés de manière à fermer parfaitement cet orifice ; et de plus, la liqueur gluante et copieuse dont ranimai est imprégné, entretient la mollesse de toutes les portions des branchies. Nous devons encore ajouter que» soit pour être moins exposée aux attaques des animaux qui cherchent à la dévorer, et à la poursuite des pécheurs qui veulent en

faire leur proie, soit pour obéir à quelque o..i^^ ««.,«« — i> :. trouver sans

cemo- Anguille ne va à terre, au moins le plus fréquemment, que pendant la nuit.'Une vapeur humide est très-souvent alors répandue dans l'atmosphère ; le dessèchement de ses branchies ne peut avoir lieu que plus difficilement ; et l'on doit voir maintenant pourquoi, dès le temps de Pline (1), on avait observé en Ita-

lie que rAnguilIe peut vivre hors de l'eau jusqu'à six jours, lorsqu'il ne souffle pas utt vent mériuional, dont l'effet le plus ordinaire, dans cette partie de l'Europe, est éè faire évaporer l'humidité avec beaucoup de vitesse.

(1) Pline, I, IX, c, i.

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REFTlLESt

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<( Pendant le jour, la Murèneanguille, moins occupée de se procurer l'aliment qu'elle désire, se tient presque toujours dans un repos réparateur, et dérobée aux yeux de ses ennemis par un asile qu'elle prépare avec soin. £lle se creuse avec son museau une retraite plus ou moins grande dans la terre molle du fond des lacs et des rivières; et, par une attention particulière, résultat remarquable d'une expérience dont l'effet se maintient de généralioa en génération, c(tt6 espèce de terrier a deux ouvertures, de telle sorte que si elle est attaquée d'un côté, elle peut s échapper de l'autre. Cette inikislrie, pareille à celle des animaui les plus précautionnés, est une nouvelle preuve de cette sufXTiorité d'instinct que nous avons dé attribuer à TAnguillp dès le moment où nous avons considéré dans ce poisson le volume et la forme du cerveau, l'organisation plus soiî^née des sièges de l'odorat, cl enGn la flexibilité et la longueur du corps et de le queue, qui, souples et continuellement humectés, s'appliquent dans toute leur étendue à presque toutes les surfaces, en reçoivent des impressions que des écailles pres(pie insensibles ne peuvent ni arrêter, ni en quelque sorte diminuer, et doivent donner à ranimai un toucher assez vif et assez délicat. « Il est à remarquer que les Anguilles

aui, par une suite de la longueur et de la exibilité de leur corps, peuvent, dans tous les sens, agir sur 1 eau presque avec la même facilité et par conséquent reculer presque aussi vite qu'elles avancent, pénètrent souvent la queue la première dans les trous qu'elles forment dans la vase , et qu'elles creusent quelquefois cette cavité avec cette même queue, aussi bien qu'avec leur tète (1).

« Lorsqu'il fait très-chaud, ou dans quelques autres circonstances , l'Anguille quitte cependant quelquefois, même vers le milieu du jour, cet asile qu'elle sait se donner. On la voit très-souvent alors s'approcher de la surface de l'eau, se placer au-dessous d'un amas de mousse flottante ou de plantes aquatiques, y demeurer immobile, et paraître se plaire i&ns cette sorte d'inaction et sous cet abri passager (2). On serait même tenté de croire qu'elle se livre quelquefois à une espèce de demi-sommeil sous ce toit de feuilles et de mousse. M. Septfontaines nous a écrit, en efl'et, dans le temps, qu'il avait vu plusieurs fois une Anguille dans la situation dont nous venons de parler, qu'il était parvenu à s'en approcher, à élever progressivement la voix, à faire tinter plusieurs clefs l'une contre l'autre, à faire sonner très-près de la tête du poisson plus de quarante coups

- d'une montre à répétition , sans produire dans l'animal aucun mouvement de crainte, et que la Murène ne s'était plongée au fond de l'eau que lorsqu'il s'était avancé brusquement vers elle, ou qu'il avait ébranlé la

^ (1) Voyage de Spallanzani, l. VI, p. 154.

(2) Lettre de M. SepifoiUMines datée d'Ardres» le 15 juillei 1788

de Lacépéde ,

plante touffue sous laquelle elle gc^taH le

repos.

« De tous les poissons osseux, Tangtiille n'est cependant pas celui dont Touïe est le moins sensible. On sait depuis longtemps qu'elle peut devenir familière au point d'accourir vers la voix ou l'instrument qui l'appelle et qui lui annonce la nourriture qu'elle préfère.

« Les Murènes anguilles sont en trèsgrand nombre partout où elles trouvent l'eau, la température-, l'aliment qui leur conviennent, et où elles ne sont pas privées de toute sûreté. VoHà pourquoi, dans |ilusieurs des endroits où l'on s'est occupé de la pèche de ces poissons, on en a pris une immense quantité. Pline a écrit que dans le lac Benaco des environs de Vérone, les tempêtes qui, vers la fin de l'automne, en bouleversaient les tkots, agitaient, entraînaient et roulaient, pour ainsi dire, un nombre si considérable d'Anguilles, qu'on les prenait par milliers à l'endroit où le fleuve venait de sortir du lac. Martini rapporte dans son Dictionnaire 9 qu'afitrefois on en péchait jusqu'è soixante mille dans un seul jour, et avec un seul fllet. On lit dans l'ouvrage de Redi sur les Animaux vivants dans les animaux vivants, que lors du second passage des Anguilles dans KArno, c'est-à-dire lors-

3u'elles remontent de la mer vers les sources e ce fleuve de Toscane, plus de deux cent mille peuvent tomber dans les filets, quoique dans un très-court espace de temps. Il y en a une si grande abondance dans les marais de Comachio, qu'en 1782 on en pécha 990,000 kilogrammes (1). Dans le Jutland, il est des rivages vers lesquels, dans certaines saisons , on prend quelauefois d'un seul coup de filet plus de neui mille Anguilles, dont quelques-unes pèsent de quatre à cinq kilogrammes. Et nous savons, par M. Noël,

3u'a Cléon, près d'Elbeuf, et même auprès e presque toutes les rives de la basse Seine, il passe des troupes ou plutôt des légions si considérables de petites Anguilles, qu'on on remplit des seaux et des baquets.

« Cette abondance n'a pas empêché le

Î;oût le plus difficile en bonne chère, et le uxe même le plus somptueux, de re'chercher l'Anguille, et de la servir dans leurs banquets. Cependant sa viscosité, le suc huileux dont elle est imprégnée, la difficulté avec laquelle les estomacs délicats en digèrent la chair, sa ressemblance avec un serpent, l'ont fait regarder, dans certains pav s, comme un aliment un peu malsain parles médecins, et comme un être impur par les esprits superstitieux. Elle est comprise parmi les poissons en apparence dénués d'écaillés, que les lois religieuses des Juifs interdisaient à ce peuple (2); et les règlent) Yi^age de Spallanzani, t. Vl, p. 151. (t) Voici la traduction du texte de la Yulgate : t Voici ceux des animaux aquatiques qd'il vona c est permis de manger : tout ce qui étant dans les c eaux à des nageoires et des écailles, ^Jans la mer, c dans les rivières et dans les étangs. i Mais ce qui se remue et qui vit dans les eaux

m A3» POISSOre, BTC.

MBtade Nunu ne uermettaienl pas de les tenir dans le$ sacrifices, sur les tables des àeuidV Hais les défenses de queluues lépsbivurs, et iea recommsadatioiis cU, ceux qui ool écrit sur l'tijrgiène, OQt été peu sui- Tirsel peu imitées; [a saveur agréablç du la. ihaîr<ie l'ajuguille, et le peu de rareté de rdle espèce, l'out emporté suj* ces «rdres OD ces cunseils : on s'est rassuré par l'exemjiled'Di gr-fud nombre d'hoixuues, à la vérité Uborieiix, qui, vivant au otilieu des mareis, et oeseDourrissant qued'AngoillfS, (onune les itécheurs des lacs de Comscliio, auprès de Venise, ont ci'pendaqt joui d'une siuit^ assez forte, présenté un lempérament robuste, atteint uoe vieillesse avaQci^e(2); lU'iiD a, dans tous les temps et dans presque tousks pays, consacré d'aulant plus d'instants i la pèche assez facile de cette Murèoe, que sa peau peut servir à beaucoup il'nsi^ que dans plusieurs coutn^es on en bit des liens assez forts, et que dans d'au- 1res, comme, ]>ar eieinple, dans quelques parties de la Tartarie, et particulièrement •■ans celles qui avoisiaenl la Cbine, cette même peau remplace, sans trop de désaintta^es, les vitres des fenêtres.

» Dans plusieurs pajs de l'Europe, et no- \amm«al aui eniiroDS de l'emboiucliure de U ^ue, ou prend les Anguilles avec des Aaiou ou kamtçont. Les plus petites sont atlinies par des J!,âmiirics ou Vers de terre, ]<lus que par loate autre amorce, : on eœj'toi'e contre tes plus grandes, des haims parnis liv Mouies, d'autres animaux & cocoilles, ou de jeunes Eperlans. (.orqu'oo l'^cbe les Anguilles pendant la nuit, oa se sfrt (t'uT filet nommé ttine drue, el pour la 'Icsmplwn duquel nous renvoyons le lec- '«■"f .1 l'article de la Mait bouclée. On subsiilue quelquefois à cette artne uo autre filet ■MfW, ilaiis la rivière de Seine, dranguel, "" ^<"!guft dru, dont les mailles sont en- |"r«iilu5 serrées que celles de la seine drue; 'ill.>fi<-l nous fait observer, dans une note 1» il DODS a adre<sée, que c'est par une suite «''fdc substitution, v.l parce qu'en général ""'tfrole m»I les lois relatives à la police '« fèches, que les pôcbeurs de la Seine ^■Iniisenl une grande quanlilé d'Anguilles •JU l'femier flge, el qui n'ont encore atteint in'uoe longufur d'un ou dt'Ui décimètres,

l^nJaniqulls prennent, peut-être plus inii- *^ui encore , dacs ce même dranguet, ^Dcoup de frai de Barbeau, de Vaudoise, ■^Bfème, et d'autres poissons recherchés, «is l'usage do ce filet à mailles très-serf^'su'esi pas la seule cause contraire à l'a- ^î'iaaeuse reproduction, nu, pour mieux ''"%■ a l'accroissement convenable des An-

' «w ïfuir de naiieoires et d'écaillés vous sera alx»- ■nmahle. i LMlique, xi, 9 el tO. — L'anguille '"■ellciiomprise parmi ces dt>riiiei's uniniaut? Il •M certain qu'elle n des nageoires el des ëcailies fxqWfni apparentes. L. F. iéhau.

H| Mme, L nxji, c. *.

(1) Spallaauni, Vofige <Kiï dié, l. VI, p.

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guilles dans la Seine : M. Noël nous en fait remarquer deux autres daas la note que nous venons de citer. Premièrement, les pécheurs de cettei rivière ont recours quelquefois, pour la pèche de ces Murènes , a la vermillei sorte de corde garnie de Vers, à laauelle les très-jeutes individus de cçtle espèce viennent s attacher très-fortement, el par le paoyen de laquelle on enlève des milliers de ces petits animaux. Sccondemenl, les fisses qui communiquent avec la basse Seine, ont as*ez peu de pente pour que les pcliles A-iguUles, poussées par le llui dans ces fossés, y restent h sec lorsque la m,irée se retire, et y |)érissent en nombre exlréiuement considérable, patj l'elTet de la grande chaleur du soleil de jum.

« Au reste, c'est le plus souvent depuis le commeucement du printemps jusque vers la fin de l'autoaioe, qu'on pôclic les Murènes anguilles avec facilité. On a communémctit assQz de peine à les prendre au milieu do rbivêr, au moins à des latitudes un peu élevées: elles se cachent, pendant celle saison, ou dans les terriers qu elles se sont creusés, ou dans queluues autres asiles i^. peu près semblables. Elles se réunissent même eu assez grand nombre, se serrent dé trèsprès, et s'amoncellent d il paraît qu'elles s'engoi froid est rigQurcux. Oi trouvé cent qualre-vin^ quarante décimèlres cub mande qu'à Aisiey, prè:

en prend souvent, pend grandes quantités, on fi Ble, entre les pierres du laquelle elles se (rouvei si par ce peu d'épaisse fluide elles sont moins à couvert des impressions funestes du froid, elles périssent dans leur tenicr, malgré iouIrs leurs précautions (1), et le savant Spallanzani rajv porte qu'un hiver ((t périr, dans les «inrais deComacbio, une si grande quanlité d'Anguilles , qu'elles pesaient 1,800,000 kilogrammes (2).

« Dans toute autre circonslanrc , une grande quantité d'eau n'est pas aussi nécessaire aax Murènes dont nous nous occupous, que plusieurs auteurs l'ont prétendu. M. SeplfoDtaines a pris dans une fosse, qui coiUciiait à peine quatre cents décimètres cubes de ce fluide, une Anguille d'une grosscuç très-cçnsidérable; et Ta dislance de la fosse h toutes )es eaux de I arrondissement, ainsi que le déCnut de toute communication entre eus mômes eaux et la petite more, ne lui ont pas permis de douter que cet animal iieat vécu très-longtemps dans cet étroit espace, ^es effets duquel l'état de sa chair prouvai! qu'il n'avait pas souffert (3),

" Noys devons ajouter iiëngmoins que si la cbaleur est assez vive pour produire une trè.s-grande évaporalion et altérer les plantes

1) Pline, 1.11, c.2i.

Voyage de Spatlaiizani, I. VI, p. 15i.

Lettre de H. SepiToDlaincs, du iS

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