‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 139 sur 204 · OTO · texte numérisé non relu

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les différences de température que les eaux

()euvent présenter à différents degrés de atitude étant moins grandes que celles que l'on observe dans Talmosphère. D'un autre côté, on sait avec qu'elle facilité on peut ha* biluer à vivre, au milieu de l'eau douce, les poissons que l'on n'avait cependant jamais trouvés que dans les eaux salées. Le goût exquis et la nature très-salubre de la chair (lu Triangulaire devraient engager à faire avec constance des tentatives bien dirigées h ce sujet ; on pourrait tendre à cette acclimatation, qui serait utile à plus d'un égard, par des degrés bien ordonnés ; on n'exposerait que successivement l'espèce à une température moins chaude; on attendrait peut-être plusieurs générations de cet animal pour l'abandonner entièrement, sans secours étranger, au climat dans lequel on Voudrait le naturaliser. On pourrait faire l)0ur le Triangulaire ce que Von fait pour plusieurs végétaux : on apporterait des individus de cette espèce, et on les soignerait pendant quelque temps dans de Tenu que Von conserverait à une température presque semblable è celle des mers équatoriales auprès de leur surface. On diminuerait la chaleur artificielle dos petits bassins dans lesquels seraient les Triangulaires, par degrés presque insensibles, et Ï>ardes variations extrêmement lentes. Dans es endroits de l'Europe, ou d'autres parties du globe, éloignés des tropiques et ou coulent des eaux thermales, on pourrait du moins ÎtroGter de ces eaux naturellement chaufées, pour donner aux Triangulaires la quantité de chaleur qui leur serait absolument nécessaire, ou les amener insensiblement à supporter la température ordinaire des eaux douces ou des eaux salées de ces divers pays.

OTOLITHË, genre de poissons de la famille des Sciénoïdes, pour la plupart originaires de l'Amérique et de 1 Inde. — Le corps des Otolithes est recouvert de grandes écailles; il est allongé, déprimé latéralement, et rétréci en arrière; leur tête est bombée, les os du crâne caverneux, et la seconde dorsale beaucoup plus longue que la première. Ces animaux ressemblent aux Maigres (voir ce mot) par tous les détails de leur structure, et surtout par l'extrême petitesse de leurs épines anales; mais, outre les caractères cjue nous venons de présenter, is se distinguent de tous les animaux do Jour famille par deux fortes canines qu'ils ont à la mAchoire supérieure.

Les naturels de Pondicnéry donnent la dénomination de Pêche-pierre à ces espèces, parce qu'elles ont , disent-ils, de crosses pierres dans la tête, qui ne sont simplement que les pierres de leurs oreilles. Bien que ce nom n indique qu'une circonstance d'organisation commune à toute la famille des Sciéioides, il a servi au célèbre auteur du Règne animal à former celui d'Otolithe, c'est-à-dire pierre dans les oreilles.

Ce senre ne renferme que treize espèces, pour la plupart de la taille de deux ou trois

pieds, et leur chair, quoique géoénlement agréable , est néanmoios uo pe« dure.

OUÏE. — Le mouvement des masses dans les corps qui nous entourent est ordinairement accompagné d'un mouvemeat molé^ culaire désigné par le mot de Yit>ratioQ, mouvement plus susceptible encore que le premier de se transmettre d'un corps à on autre, susceptible surtout de se propagera travers des corps de nature fort diverse, et d'arriver ainsi jusqu'à nous, de maniè^e iî nous donner connaissance de ce qui se passe au loin. Le sens qui reçoit ces ïibntions, c'est l'Ouïe. Si ces vibrations sont irrégulières, confuses, il en résulte du M; le son proprement dit ne peut se rapporter qu'à des vibrations rhylhmiques, c'est4-dira régulières. Attribuer le son à uq fluide s;)écial (Lamarck), à une polarisation de IW (Geoffroy Saint-Hilaire), c'est oublier oull peut se produire et se transmettre sans ruitervention de ce fluide, comme le proureoi les expériences faitessous ïemt^eoBm on en acquiert facilement la cer(J(K^ fù appuyant sur un piano le front, rMcipoi ou les dents, et fermant exacteniAles oreilles.

Pour que le son se propage d'unwps^ un autre, -une condition nécessaire est li contiguité immédiate ou médiate; uo tiffibm placé sous le récipient de la machine pneumatique vibre sans transmettre le son u dehors quand on a fait le vide; le son devient au contraire perceptible, quoique le timbre reste enfermé sous la cloche, dès qu'on y a laissé rentrer l'air. Au sujet des résultats de cette dernière expérience, bous ferons deux remarques essentielles : la pr^ mière, c'est que le son se propage du corp» solide où il a pris naissance à un corps ja* zeux ; de celui-ci à un autre corps solide, li paroi de verre du récipient; et enfin deceitt

Earoià l'air extérieur qui l'a nporte à l'oreillt 'autre remarque a trait à la propagalioû du son h travers ces corps différents atee ses qualités fondamentales^ savoir : la forte. le ton et le timbre, qualités qui peuteflt néanmoins trouver, à leur consertation et à leur transmission, des facilités ou des obstacles plus ou moins puissants, selon la oiture des corps conducteurs.

En ce qui concerne la première remarquei il est important d'observer qu'uue para membraneuse, même quand elle n est qw peu tendue, de même qu'une paroi so»

une muraille par exemple, pourvu quf'^ soit peu épaisse et composée d^élémeoii élastiques , n'emnôche |)as l'air de meltit ses vibrations à I unisson des deuxcM^*'' faut noter encore qu'un liquide, l'eau [«r exemple, peut également recevoir les «brations sonores par son contact avec n^ corps solide ou avec l'air animés de « mouvement moléculaire ; qu'elle peut aijs« transmettre ses vibrations à uo corps solide ou gazeux; et quVnfin des cofj»

mous, des chairs peuvent être, jusqu'à uû certain point, soumises aux mêmes iotf»

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POISSONS. ETC

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surtout 51 une contraction spontanée ou une compressioa étransère les rapprochent de b consistance et de l'élasticité des corps solides propreoQent dits. Mais c'est toujours par ces derniers que la propagation se fait iTec plus de force et de rapidité, comme le prouve Texpérience de la poutre qui transmet, d'un bout à l'autre, jusqu'à l'oreille, le bruit du frottement d'une épingle, etc.

Nous devons encore rappeler ici une des lois principales de la transmission du son, c'est qu'il se propage en tous sens, en sui- Taotdes règles fort semblables h celles de l'équilibre des fluides : aussi e$t>ce surtout dansTair qu*il se transmet ainsi selon des directions très-variées, puisqu'on peut trèsbien se parler sans se voir, quelr]ue épaisseur qu'ait la cloison de séparation si elle est incomplète; néanmoins, l'impulsion vibratoire est certainement plus forte en liçne droite qu'en ligne brisée, et la propagation dus complète dans un sens parallèle aux frottements ou è la percussion qui ont fait résonner le corps d'où part le son, que dans loiit autre sens, môme dans les corps les plus solides. De là, ce que, dans l'air principalement, on nomme en physique rayons sonores, lignes idéales qui du point choqué parlent comme d'un centre commun pour ^ pttdre en divergeant dans l'espace, à iQoinsqae quelque obstacle ne les arrête. Oflia/rqae, dans ce dernier cas, ils ne se toraent pas toujours è communiquer leur ffiourement oscillatoire à l'objet qu'ils rencontrent, mais Qu'ils sont réfléchis sous un Mg'? égal à celui d'incidence, et peuvent «iDsi revenir tout près de leur point de déport, en produisant le phénomène connu wus le nom d'écho.

Cl mol encore relativement à la deuxième les remarques que nous avons énoncées »los haut, savoir : que le ton et, ce qui est >lus étonnant, le timbre se propagent, en ^néral, à travers un corps quelconque, "est un fait aujourd'hui bien connu en bvsique pour ce qui concerne la propafllion du son par l'air; mais %n à cru long- 5m|)s que les vibrations transmises par ce iilieu ne se répétaient, dans un corps so- ^e, que quand celui-ci était tendu à l'unis- Dn ou de manière à pouvoir reproduire es tons harmoniques du son primitif; et on s'expliquait la chose en voyant, dans ce smier cas, une corde, ainsi animée, se ïrtager en plusieurs ventres par des nœuds )ontanés : or, la raison dit que, si ce parge peut se faire en deux, trois, cinq porons,rien ne doit le rendre impossible pour is nombres bien plus variés encore, et pour nsi dire inGnis. De môme, en ce qui con- 'me les masses, il est évident qu'elles îuvenl recevoir tous les genres d'oscillaons moléculaires, et se sous-diviser en )rlions et portioncules proportionnelles IX tons à reproduire ; c'est aussi ce que >bservalion a prouvé {Savart ).

Passer en revue les ditférentes parties de appareil auditif, et en apprécier le mode action probable, cv sera faire l'histoire de

la fonction entière autant qu'il est possible de la tracer, et nous aurons ainsi toute facilité pour discuter les problèmes dont elle se compose.

1" Constamment double ; situé sur les

{)arties latérales et inférieures du crâne, et àisant partie de la troisième vertèbre céphalique, cet appareil tire de cette situation, plusieurs avantages en ce qui concerne )a réception des ondes sonores. Communément il les reçoit et les concentre au moyen d'un pavillon pl,is ou moins évasé, eltlonl le fonii ou conclue proprement dite ofl^re l'embouchure d un tube, partie cartilagineux , partie osseux , dit conduit auditif: c'est là ce qui constitue Voreilie externe. Voreille moyenne ou caisse du tympan est une cavité séparée du conduit par une membrane sèche et élastique, contenant de Tair qui lui vient de Tarrière-bouche le long d'un autre canal nommée trompe d'Eustache^ et agrandie par des cellules ailes mastoïdiennes, creusées dans l'os temporal et quehniofois dans plusieurs autres os du crâne. Dans celte cavité est suspondue une chaîne de quatre osselets articulés ensemble, marteau^ enclumcy lenticulaire et étrier^ que m^wy^wi quatre muscles^ l'antérieur, rinlerne et l'externe du marteau et le postérieur de l'étricr. Voreille interne ou labyrinthe est un assemblage de cavités sinueuses, savoir : le vestibule^ qui communique avec le tympan parla fenêtre ovale quand on a enlevé l'étrier qui la bouche; les canaux demi-circulaires ; le limaçon qui d'ordinaire communique aussi avec le tympan par l'intermédiaire d'une ouverture dite {enétre ronde, et fermée par une membrane. )ans le labyrinthe est contenu un appareil membraneux renfermant une lymphe particulière et recevant les exi)ansions du nerl auditif. Telle est sommairement la disposition de l'appareil de l'Ouïe le plus complet, de celui, par exemple, de la plupart des Mammifères, Passons aux détails.

2" Surface extérieure de la tête. — Ce qui étonne le plus en physiologie, c'est de reconnaître que la vision existe chez des êtres dont la rétine semble voilée par un enduit noir et opaque, et une l'audition n'est pas moins réelle chez des animaux privés de toute communication apparente entre l'air extérieur et les organes internes de l'Ouïe. Nous examinerons ailleurs le premier de ces deux problèmes; quant au second, nous en allons trouver sur-le-champ la solution, d'après l'observation de l'homme même.

Fermez exactement les conduits auditifs externes; évitez seulement de comprimer, par une forte pression, l'air contenu dans ces conduits, et de violenter ainsi la membrane du tympan, et il vous sera facile de vous convaincre que les sons peuvent eucore arriver au nerf auditif avec toutes leurs qualités, pourvu qu'ils aient une force suffisante. La parole humaine, proférée è voix haute, est ainsi parfaitement entendue, surtout quand on la dirige vers la région latérale de la tête du sujet qui se met en expérieuce. Donc, conformément à l'une des lois sigua-

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lées plus haut, Tair Irausmet ses vibrations au crâne, même couvert ide chairs et de i)eau, et celui-ci les reporte à Torgane auditif. On entend alors moins bien si Ton ferme la bouche et les narines, moins bien aussi quand on tient le pavillon de Toreille entre les doigts au lieu de le laisser libre; mais la sensation n'est qu'affaiblie et non annihilée. C'est ainsiqu'entendait un homme présenté par Larrey à l'Académie des sciences, et qui, disait-on, exerçait l'audition par des cicatrices au crâne, accidentellement privé d'une partie de ses parois osseuses. C'est évidemment de cette manière qu'entendent la Baleine, le Cachalot, dont le conduit auditif n'est point ouvert à la surface de la peau; de môme pour les Tortues, les Serpents, TOphisaure, l'Orvet, le Caméléon, chez lesquels il n'y a point de conduit auditif ni de membrane tyrapanicjue libre; les sons ne pouvant être transmis, en conséquence, au nerf acoustique que par l'intermédiaire des parois crâniennes et de l'osselet en forme de trompette, fixé par son manche dans les chairs sous-cutanées, et par son évasement sur la fenêtre ovale. Ce dernier ûiode de transmission ne saurait môme avoir lieu chez les Batraciens urodèles, Salamandre, Prolée, Sirène, Amphiurae, Cécilie , et les Batriciens anoures du genre Bombinaior, l'osselet étant réduit chez eux à une calotte cartilagineuse collée sur l'ouverture vestibulaire et masquée par les chairs de la peau. Peut-être, pour les Tortues, le Caméléon, l'Orvet, pourrait-on croire que l'air, véhicule du son, passe par les narmes et les trompes d'Eustache, pour aller frapper l'intérieur de la cavité tympanique et la membrane de la fenêtre ronoé ; cela ne serait plus admissible chez les Serpents, les Batraciens urodèles et les Sonneurs, qui n'ont pas plus de fenêtre ronde, de cavité tympaniqué, de trompe d'Eustache, que de conduit auditif externe.

Il en est de même des poissons , auxquels l'eau transmet, il est vrai, des vibrations plus puissantes, et dont le crâne est généralement plus nu que chez les Mammifères , les oiseaux et même les Reptiles. Les poissons cartilagineux ont, de plus, une portion de leur labyrinthe bien rapprochéedel extérieur, un des angles du vestioule venant se placer immédiatement sous la peau. Chez les Mammifères et les oiseaux, ce mode de réception des sons n'est, au contraire, qu'accessoire; mais il est favorisé par une augmentation d'élasticité, de sonoréité dans les os du crâne, surtout au voisinage de l'oreille : je veux parler de l'homogénéité, de la compacité du rocher, entièrement dépourvu do moelle, et surtout du développement des cellules dites Miasloidiennes qui, dans les oiseaux de nuit en particulier, envahissent toute la périphérie

4u crâne.

. 9"" Oreille ea;terne et conduit auditif. — Ces j^rties extérieures de l'appareil acoustiquis ii^nquent, non-seulement dans les animaux ji/ut il a été question ci-dessus, mais encore dans plusieurs autres où la membrane du

tympan effleure la peau, dont elle prend plus ou moins l'aspect et l'épaisseur; tels sool les Batraciens anoures, et en particulier lesCn^

S)auds. Les Lézards, les Seps n'ont qu'une bssette peu profonde, où Ton voit aisémeot la membrane du tympan mince, sèche, noirâtre. Les Crocodiles ont cette fosse recouverte par un opercule cutané, mais point de conque ou cornet auriculaire. Les oiseaux ont .un véritable conduit, mais cutané, court et large, et ressemblant assez à la fossette des Lézards avec plus de profondeur; il est généralement grillagé par de petites plumes qui n'empêchent pas le passage des sons, mais ne sauraient le favoriser; celles qui se disposent en rayons au pourtour de l'ail, chez les oiseaux de proie nocturnes, ne peuvent servir à la concentration des rayons sonores; et les aigrettes en forme d'oreillts, qu'on voit dans plusieurs genres (6uio,5coi«), ne peuvent pas avoir, sous ce rapport, des avantages plus réels ; au contraire même, un large tragus, situé au-devant de l'oreille, semble être, chez l'Effraie, destiné à fermer au besoin les abords d'un organe trop sensible. Enûn les Monotrèmes, et parmi les Mammifères, les cétacés, lés Phoques, manquent d'oreille externe et ne possèdent que le conduit. Ace conduit s'adjoint , chez la Taupe, un évasement cartilagineux, rudiment de conque caché par les poils. Voilà bien des animaux qui pourtant jouissent d'une Ouïe non douteuse et chez plusieurs même trèsdélicale : la conclusion à tirer de là, c'est que les organes du dehors ne sont pas indispensables à l'audition, et Texpérience a prouvé, pour l'homme même, qu'effectivement l'ablation du pavillon de l'oreille était médiocrement nuisible à la perfection de ce sens. Q\ie aeviennent, d'après cela, ces subtils calculs où l'on a cru trouver la démonstration mathématique d'une utilité positive de chaque i^elief de ce pavillon, pour diriger dans le conduit les rayons sonores? A-t-on remarqué, chez les Chiens, que ceux à oreilles pendantes ou écourtées fussent plus soufds que les autres. L'Ane erîtend-il beaucoup mieux que le Cheval, le Lapin que le Chat?

Cependant, en réduisant les prérogaliTes attribuées à l'oreille externe, nous ne prétendons pas en nier totalement l'utilité. Déjà plus haut nous avons reconnu qu'elle augmente l'intensité du son en vibrant et propageant à rintérieur ses vibrations ; les petits muscles qu'on découvre à la surfacç de sou cartilage ont sans doute pour objet d'eu augmenter la tension et l'élasticité ; mais il n'y a guère que la conque ou cavité centrale du pavillon qui puisse, chez l'homme, faire converger les sons ; le tragus et Tanti-tragus nuiraient plutôt à cet effet qu'ils ne lui ^^ raient avantageux. L'anti-tragus même peut fermer presque complètement l'orifice da méat auditif chez le$ Chauves-souris, chei tes* Chats , lor^qu^lsf couchent l'oreille efl arrière et de coté ; il en est de même du Galago, qui , selon Geoffroy Saint-Hilairei fronce et efface ses amples cornets durant'^ sommeil; lai Musaraigne, selon le même sa-

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