‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 148 sur 204 · IHN · texte numérisé non relu

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qttelqoes es[>èces,dans les Péliomjrzon^, 'Jans les Raies, et dans plasieursSaoales, l'eau surabondante peut aussi sortir aes deux cavités vi de la gueule par un ou deux pet.ts tuyaux ou évents, qui, du fond de la bouche, D&r- Tiennent è rextéricur du corps rers le derrtère de la tète. D*autres fois, Teau douce ou SAlée est introduite par les ouvertures branchiales, et passe par les é vents ou par la bouche lorsquelle est repoussée en dehors; ou, si elle pénètre par les évents, elle trouve une issas dans Touverture de la gueule ou dans une des branchiales.

L*issue branchiale de chaque côté du corps n*est ouverte ou fermée dans certaines espèces que par la dilatation ou la compression que ranimai peut faire subir aux muscles qui environnent cet orifice; mais communément elle est garnie d*un opercule ou d'une membrane, et le plus souveut de tous les deux h Ja fois.

L'opercule est plus ou moins solide, composé d'une ou de plusieurs pièces, ordinairement garni de petites écailles, quelquefois hérissé de pointes ou armé d'aiguillons ; la membrane, placée en tout ou en partie sous ropercule, est presque toujours soutenue, comme une nageoire, par des rayons simples qui varient en nombre suivant les espèces ou les familles, et, mus par des muscles particuliers, peuvent, en s'écartant ou en se rapprochant les uns des autres, déplorer ou plisser la membrane. Lorsque le Poisson veut fermer son ouverture branchiale, il abat son opercule, il étend au-dessous sa membrane, il applique exactement et fortement contre les bords de Toriûce les portions de la circonférence de la membrane ou de Toperpercute qui ne tiennent pas à son corps; il a, pour ainsi dire, à sa disposition, une porte un peu flexible et un ample rideau pour clore la cavité de ses branchies.

Mais nous avons assez exposé de routes, montré de former, développé d'organisations; Il est temps de f^ire mouvoir les ressorts que nous avons décrits. Que les forces que nous avons indiquées agissent sous nos yeux ; remplaçons la matière inerte par la matière productive, la substance passive par l'être actif, le corps seulement organisé par le corps en mouvement; que le Poisson reçoive le souffle de la vie; qu'il respire.

En quoi consiste cependant cet acte si important, si involontaire, si fréquemment renouvelé, auquel on a donné le nom de respiration?

Dans les Poissons, dans les animaux à branchies, de même que dans ceux qui ont reçu des poumons, il n'est, cet acte, que l'absorption d'une quantité plus ou moins grande de ce gaz oxygène gui fait partie de J'air atmosphérique, et qui se retrouve iusque dans les plus grandes profondeurs cfe la mer. C'est ce gaz oxygène qui, en se combinant dans les branchies avec le sang des

y ea a six dans nne espèce particulière de Sipiale, et fepi dans «ne aalre espèce de la même famille, ainsi q«e dams tous les Pélromyzons.

Poissons, le colore par son union avec les principes que ce fluide lui présente, et lui donne, par la chaleur qui se dégage, le degré de température qui doit appartenir à ce liquide : et comme, ainsi que tout le monde le sait, los corps ne brûlent que par l'absorp- 'tion de ce même oxygène, la respiration des Poissons, semblable à celle des animaux à poumons, n'est donc qu'une combustion plus ou moins lente; et même au milieu des eaux, nous voyons se réaliser cette belle et philosophique fiction de la poésie ancienne, qui« du souffle vital qui anime les êtres, faisait une sorte de flamme secrète plus ou moins fugitive.

L'oxygène, amené par l'eau sur les surfaces si multipliées, et par conséquent si agissantes, que présentent les branchies, peut aisément parvenir jusqu'au sang contenu dans les nombreuses ramifications artérielles et veineuses que nous avons déjà fait connaf* tre. Cet élément de la vie peut, en effet, pénétrer facilement au travers des membranes qui composent ou recouvrent ces petits vaisseaux sanguins; il peut passer au travers de pores trop petits pour les globules du sang. On ne peut plus en douter depuis gue Ton connaît Texpérience par laquelle Priestley a prouvé que du sang renfermé dans une vessie couverte même avec de la graisse, n'en était

Ks moins altéré dans sa couleur par l'air de tmosplière, dont l'oxygène fait partie : et Ton a su de plus, par Monro* que lorsqu'on injecte, avec une force modérée, de l'huile de térébenthine colorée par du vermillon dans l'artère branchiale de plusieurs Poissons, et particulièrement d'une Raie récemment morte, une portion de ThuiLe rougie transsude au travers des membranes qui composent les branchies et ne les déchire pas

Mais cet oxygène qui s'introduit jusque dans les petits vaisseaux des branchies, dans quel fluide les Poissons peuvent-ils le puiser? Est-ce une quantité plus ou moins considérable d*air atmosphérique disséminé dans l'eau, et répandu jusque dans les abîmes les

I)lus profonds de l'Océan, qui contient tout 'oxygène qu'exige le sang des Poissons pour è!re revivifié? ou pourrait-on croire que l'eau, parmi les éléments de laouelle on compte Toxygène, est décomposée par la ffrande force d'affinité que doit exercer sur les principes de ce fluide un sang très-divisé et répanou sur les surfaces multipliées des branchies? Cette question est importante; elle est liée avec les progrès de la physique animale : nous ne terminerons pas sans chercher à jeter quelque jour sur ce suîet. Continuons cependant, quelle que soit la source d'où découle cet ox vgène, d exposer les phénomènes relatifs à la respiration des Poissons!

Pendant l'opération que nous examin<His, le sang de ces animaux non-seulement se combine avec le gaz qui lui donne la couleur et la vie, mais encore se dégage, par une double décomposition, des principes qui l'altèrent. Ces aeux effets paraissant, au pre* mier coup d'œil, pouvoir être produits au

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jnilieu de ralmosphère niissi b'en que dans le soin des eauï, on ne voit pas tout d'un coup pourquoi, en. général, les Poissons ne vivent dans l'air que pendant un temps assez court, quoique ce dernier fluide puisse'arriver plus facilement jusque sur leu-rs bran-^ chies, et leur fournir bien plus d'oxygène* qu'ils n'ont besoin d'en recevoir. On peut cependant donner plusieurs raisons de ce fait remarquable. Premièrement, on peut dire que l'atmosphère, en leur abandonnant de Toxygène avec plus de promptitude ou en plus grande quanlité que l'eati, est pour leurs branchies ce que l'oxygène très-pur est pour les poumons de l'homme, des Quadrupèdes, des oiseaux et des Reptiles; l'action vitale est trop augmentée au milieu de Fair, la corn- 4)ustion trop précipitée, Tanimal, pour ainsi dire, consume. Secondement, les vaisseaux art<'^riels et veineux, disséminés sur les surfaces brancliidles, n'étant pas contenus dans l'atmosphère par la pression d'un fluide aussi pesant que 1 eau, cèdent à l'action du sang d<?venue beaucoup plus vive, se déchirent^ l>roduisent la destruction d'un des organes essentiels des Poissons, causent bientôt leur mort ; et voilà pourquoi, lorsque ces animaux périssent pour avoir été longtemps hors de l'eau des mers ou des rivières, oo voit leurs branchies ensanglantées. Troisièmement enfln, l'air, en desséchant tout le corps des Poissons, et particulièrement le princifwl siège de leur respiration, diminue et môme anéantit cette humidité, cette onctuosité, cette souplesse dont ils jouissent dans l'eau, arrête le jeu de plusieurs ressorts, hâte la rupture de plusieurs vaisseaux, et particulièrement de ceux qui appartiennent aux branchies. Aussi la plupart dés procédés employés pour conserver dans l'air des Poissons en vie se réduisent à les pénétrer d'une humidité abondante, et h préserver surtout de toute dessiccation l'intérieur de la bouche, et par conséquent les branchies; et, d'un autre côté, nous remarquerons que l'on parvient à faire vivre plus longtemps hors de l'eau ceux de ces animaux dont les organes respiratoires sont le plus à Tabri sous un opercule et une membrane qui s'appliquent exactement contre les bords de l'ouverture branchiale, ou ceux qui sont pourvus, et, pour ainsi dire, imbibés d'une plus grande quantité de matière visqueuse.

Cette explication paraîtra avoir un nouveau degré de force, si l'on fait attention à un autre phénomène plus important encore

four le physicien. Les branchies ne sont pas, la rigueur, le seul organe par lequel les Poissons respirent : partout ou leur sang est très-divisé et Irès-rapproché de l'eau, il peut par son aflinité tirer directement de ce fluide, ou de l'air que cette môme eau contient, l'oxygène qui lui est nécessaire. Or, nonseulement les téguments des Poissons sont perpétuellement environnés d'eau, mais ce môme liquide arrose souvent l'intérieur de leur canal intestinal, y séjourne même; et comme ce canal est entouré d'une trèsgrande quantité de vaisseaux sanguins, il

doit s'opérer dans sa longue cavité, iji qu'à la surface extérieure de l'animal, u absorption, plus ou moins fréquente d'oi gène, un dégagement plus ou moins gn de principes corrupteurs du san^.Le Poiss respire donc et par ses branchies, et ))ar

F>eau, et par son tube intestinal; et le ti ié, par une nouvelle ressemblance, iTec animaux plus parfaits.

Au reste, de quelque manière que le obtienne l'oxygène, c'est lorsqu'il a été biné avec ce gaz, qu'avant reçu d'ailleurs vaisseaux absorbants les principes de U trition, il jouit de ses qualités dans toute!

f)lénitude. C'est après cette union que, d ani avec la v.itesse qui lui convient ( toutes les parties du corps, il entretieot, pare, produit, anime, virifle. C'est alors

Enr exemple, les muscles doivent k ce f îur accroissement, leurs principes coo vatcurs ot le maintien de l'irritabilité qui caractérise.

Ces organes intérieurs de mouTenieDt d»

présontent,d'ins les Poissons, au'untrès-pfS! nombre de différences générales et saute avec ceux des autres animaux à sufmf.

Leurs tendons s'insèrent, à la i^iM^ la peau; ce qu'on ne voit ni dans nom. ni dans la plupart des Quadrupèdes; wisl* retrouve la même disposition non-seal«DrtA dans les Serpents qui sont revêtus d'écaiP^, mais encore dans le Porc-Epic et dans leH^ risson qui sont couverts de piquants. On

S eut cependant distinguer les muscles des oissons par la forme des fibres qui les composent, elpar le degré de leur imtabiliié I.,

(1) Nous croyons devoir indiquer dans cetie Mb le iiouitire et la place des principaux masdtâ iâ Poissons.

Premièrement, on voit régner de chaque c6ié A corps un muscle qui s'étend depuis la Itle i"«I*' Texlrémité de la queue, et qui est compflsé de f ti iienrs muscles transversaux, servtJables l«i»$»< autres, parallèles entre eux, et placés obliq«e»rti — Secondemenl, la partie supënciirc du corps*** la queue est recouverte par deux inuides longiw naux, que Ton a nommes dorsaux ^ ei qui oa«w l*iutervalle laissé par les muscles «les côtés. Lofsqai y a une nageoire sur le dos, ces muscles dor>Ji sonl inlerrompus à reudroîl de celle nageoirf,ei pi conséquenl il y en a quatre au lieu de deux; *^ ^ compte six, par une raison semblable, Iothjb'm! deux nageoires sur le dos, et litiit,lor$i|u'on îojitr* nageoires dorsales. — Tr4»isiéiii«iiicnl» les ■«<■ latéraux se réunissent au-dessous du corps pmp nient dit; mais, au-dessous de la queu^ ilswfli* parés par deux muscles longitudinaux oui sooj * lerroinpus et divises en deux paires, lorsq" '' ' ' une seconde nageoire de Tanus. — Quairièine»'*' la lélc présente plusieurs muscles, parmi M""!^ en dislingue quatre plus grands que lesaulrt*,'^ deux sonl placés aii-dessous des yeux, et deM(J» la mâchoire inférieure. On remarque aussi caw^ sert à déployer la membrane branchiale, eiq"«*J^ tache, par un lendon particulier, à chacun des^^ qui soulicnuenl cellemembrane.— Cinquième»*^ fil .'que nageoire |>ecloralc a (kux muscles fw^jj|y placés sur la surface externe des os que fo"*j*^ parôfe aux clavicules cl aux ouioplates, el(j^'||^^" seurs bilués sous ces mêmes os. — ,^*****'"*' L'S ravi>ns des nageoires du dos el de ranas*»*'?'

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Ea effet, ils peuvent se séparer encore plus faciiement que les muscles des animaux plus composés, en fibres Irès-déliées; el comme :f5 fibrilles, quelque (énues qu^Hes soient , baissent toujours aplaties el non cylindrilues, on peut dire qu elles se prêtent moins

I la division que Ton veut leur faire subir lans uQ sens que dans un autre, puisqu'elles lonserveot toujours deux diamètres inégaux; leque Ton n'a pas remarqué dans les musijesde l'homme, des Quadrupèdes, des oiseaux, ni des Reptiles.

De plos, l'irritabilité des muscles dos Poissons paraît plus grande aue celle des autres iQtœaui à sang rouge ; ils cèdent plus aiséuenl h des stimulants égaux. £t que l'on iVosoit pas étonné : les tibres musculaires ^oiitieDDent deux principes : une matière erreuse et une matière glutineuse. L'irrita^ lililé parait dépendre de la quantité de cette leroière substance; elle est d'autant plus ive, que cette matière glutineuse est plus boidaiite, ainsi qu'on peut s'en convaincra

II observant les phénomènes que présenenlles Polypes , d'autres Zoophyles, et en ;éQéral tous les jeunes animaux. Mais, parmi es animaux à sang rouge, en est-il dans lesquels ce j^lulen soit plus répandu que dans \^ Mssans ? Sous quelque l'orme que se iirésenta cette substance, dont la présence A^ftfre les êtres organisés d'avec la matière /tu^soqs quelque modification qu'elle soit, pour ainsi dire, déguisée, elle se montre lians les Poissons en quantité bien plus conddérableque dans les animaux plus parfaits ; H Toiià pourquoi leur tissu cellulaire conient plus de cette graisse huileuse que tout i monde connaît ; et voilà pourquoi encore outes les parties de leur corps sont pénérées d'une huile que l'on retrouve particui^rement dans leur foie » et qui est assez Codante dans certaines espèces de Pois^ ons, pour que l'industrie et le commerce 'l^ploient avec avantage à sati&l'aire pluieurs besoins de l'homme*

€'est aussi de cette huile, dont l'intérieur Mme des Poissons est abreuvé, que dépend t transparence plus ou moins grande que ir^sentent ces animaux dans des portions de Bur corns souvent assez étendues et même ^elqueibis un peu épaisses. Ne sait-on pas, Q effet, que pour donner à une matière ce ^ d'homogénéité qui laisse passer assez

*^lcbacun quatre muscles, dont deui rcleveurs aupeiu la fate anlérieure de Tos qui relient le "yoii et que Ton nomme aileron, el dont deux abais* ^rs 80QI aiiachcs aux côtés de ce même aileron, ei ^l^s'inaërer obliquement derrière la base du rayon ^itssoQi desiinés à coucber le long du corps ou de f Queue, — Sepiièuieiitent, trois muscles appar- ^tienl à chaque nageoire inférieure : celui qui ^^ • l'élendre couvre la surface exlerne de raile- ^f Qui représenie une uariie des os du bassin, et ^ucuxauiresqui Tabaissenl partenl de la surface J^fûe (te cei aileron. — Huilièmemenl enfin, quaiJinu&cless'aiiaclienl à la nageoire de la queue, l^aroii el deux obliques ont reçu le nom de $npé^ ito^ii *' *'*^" nomme inférieur, à cause de sa posi- ^ ^ nuaUiénte de ces muscles puissanu.

de lumière pour produire la transparence, il suffît de parvenir à l'imprégner d'une huile C|uelconque? et ne le voit-on pas tous les jours dans les papiers huilés avec lesquels on est souvent foreé de chercher è remplacer le verre?

Uaautre phénomène très -digne d'attention doit être rapporté à cette huile, que l'art sait si bien et depuis ^si longtemps extraire du corps des Poissons : c'est leur phosphorescence. En effet, non-seulement leurs cadavres peuvent , comme tous les animaux <H tous les végétaux qui se décomposent, répandre, par une suite de leur altération et des diverses combinaisons nue leurs principes éprouvent, une lueur blanchâtre que tout le monde connaît; non-seulement ils peuvent pendant leur vie , et particulièrement dans les contrées lorrides, se pénétrer pendant le jour d'une vive lumière solaire qu'ils laissent échapper pendant la nuit, qui les revêt d'un éclat très*brillant, et en quel-

?ue sorte d'une couche de feu, et qui a té si bien. observée dans le Sénégal par Adauson; mais encore ils tirent de cette matière huileuse, qui s'insinue dans toutes leurs parties et qui est un de leurs éléments, la faculté de paraître revêtus, indépendamment de tel ou tel temps et de telle ou telle température, d'une lumière qui, dans les endroits où ils sont réunis en très-^rand nombre, n'ajoute pas peu au magniGque s()ectacle que présente la mer lorsque les différentes causes qui peuvent en rendre la surface phosphorique agissent ensemble et se déploient avec force (1). Us augmentent d'autant plus la beauté de cette immense illumination que la poésie a métamorphosée en appareil de fête pour les divinités des eaux,. (lue leur clarté parait de très-loin, et qu'on 1 aperçoit très-bten lors môme qu'ils sont à d'assez grandes profondeurs. Des Poissons, naçeant à près de sept mètres au-dessous de la surface d'une mer calme, ont été vus très-phosphoriques.

Cette nulle ne donne pas uniquement un vain éclat aux Poissons; elle les maintient au milieu de l'eau contre l'action altérante de ce fluide. Mais, indépendamment de cette huile conservatrice, unesubstance visqueuse, analogue à cette matière huileuse, mais qui en diffère par plusieurs caractères, et par conséquent par la nature, ou du moins par la proportion des principes qui la composent, est élaborée dans des vaisseaux particuliers, transportée sous les téguments extérieurs, et répandue à la surface du corps par plusieurs ouvertures. Le nombre, la positon, la forme de ces ouvertures, de ces canaux déférents, de ces organes sécréteurs, varient suivant les espèces; mais, dans presque tous les Poissons, cette tumeur gluante suinte particulièrement par des orifices distribués sur différentes parties de la tète, et par d'autres orifices situés le long du corps et de la

(1) Des Poissons qu'on fait bouill r dans de Teaa la rt^ndeut quelquefois ptiosphorique. (0 Js. du docileur Beale, Trans. plitl,^ I00t>.) ,

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queue, placés de chaque cAtét et dont Teiisemble a reçu le nom de ligne talérale. Celle ligne est plus sensible lorsque le Poisson est révolu d écailles facilement visibles, parce qu'elle se compose alors non-seulement d s pores excréteurs que nous venons d'inli* ouer, mais encore d*un canal formé d'autant ae petits tuyaux qu'il y a d'écaiiles sur ces oritices, et creusé dans l'épaisseur de ces roèmes écailles. Elle varie bailleurs avec les espèces, non-seulement par le nombre et depuis un jusqu'à trois de chaque côté, mais encore par sa longueur, sa direction, sa courbure, ses interruptions et les piquants dont elle peut être hérissée.

Cette substance visqueuse, souvent renouvelée, enduit tout l'extérieur du Poisson, empêche l'eau de filtrer au travers des téguments, et donne au eprps, qu'elle rend plus souple, la faculté de gh^jysr plus faciiemeui au milieu des eaux, que ceM^aBÉft.éft ¥tf^ nis repousse pour ainsi dire.

L'huile animale, oui vraisemblablement est le principe élabore |)Our la pcoduction de cette humeur gluante, agit donc directement ou indirectement, et à Textérieur et à l'intérieur des Poissons; leurs parties même les plus compactes et les plus dures portent l'empreinte de sa nature, et on retrouve son influence et même son essence jusque dans la charpente solide sur laquelle s'appuient toutes les parties molles que nous venons d'examiner.

CeUe charpente, plus ou moins compacte, peut être cartilagineuse ou véritablement osseuse. Les pièces qui la composent présentent, dans leur formation et dans leur développement, le même phénomène que celles qui appartiennent au squelette des animaux plus parfaits que les Poissons; leurs couches Hitérieures sont les premières produites, les premières réparées, les premières sur lesquelles agissent les différentes causes d'accroissement. Mais lorsque ces pièces sont cartilagineuses , elles diffèrent beaucoup d'ailleurs des os des Quadrupèdes, des oiseaux et de l'homme. Enduites d'une mucosité qui n'est qu'une manière d'être de l'huile animale si abondante dans les Poissons, elles ont des cellules et n'ont pas de cavité proprement dite: elles ne contiennent pas cette substance particulière que l'on a nommée moelle osseuie dans l'homme, les Quadrupèdes et les oiseaux : elles offrent l'assemblage de différentes lames.

Hâtons cependant la marche de nos pensées.

Dans ce moment, le Poisson respire devant nous ; son sang circule, sa -substance répare ses pertes; il vit. Il ne peut plus être confondu avec les masses inertes de la matière brute: mais rien ne le sépare de l'insensible végétal : il n'a pas encore cette force intérieure, cet attribut puissant et fécond que l'animai seul possède; trop rapproché dun simple automate, il n'est animé' qu*à demi. Complétons ses facultés; éveillons tous ses organes; pénétrons-le de ce fluide subtil, de cet agent merveilleux, dont l'antique mytho-

logie fit une émanation du feu sacré ravi dans le ciel par l'audacieux Prométhée : il o'irecu que la vie; 'donnons-lui le senliiuem.

Vovons doj^c la source et le deeré de cette sensibilité départie aux êtres deveousles objets de notre attention particulière; ou, ca qui est la même chose, otiservcos Teoseiuble de leur système nerveux.

Le cerveau, la première origine des nerfs, et par conséquent des orçanes dusenlimeoi, est très-petit dans les Poissons, relatifemeHi à l'étendue de leur tête : il est diviséenpiosieurs lobes; mais le nombre, la grandeur de ces lobes et leurs séparations diminuent i mesure que Ion s'éloigne des Cartiiaginctti» particulièrement des Raies et des ^les, et qu'en parcourant les espèces d^Osseuidaii le corps très-allonçé ressc^nbUpvaifimB extérieure à eeliu d'mr Serpent, ainsi que celles dosi )a figure est plus ou moins conique, on arrive aux familles de ces uièm Osseux qui, telles que les PleuroDec(es,pft> sentent le plus grand apiatissemenl.

Communément la partie intérieure do m^ veau est un peu brune, pendant qw/'«ii^ Heure ou la corticale est blanche et gusr. La moelle épinière qui part de cet «p. et de laquelle dérivent tous les nertsquiV manent pas directement du cerveau, s M le long do la colonne vertébrale J8squ\ l'extrémité de la queue; mais noosivos»

déjà dit qu'au lieu de pénétrer dais Tinltrieur des vertèbres, elle en parcourt le de^ sus , en traversant la base des énineiK^ pointues, ou apophyses supérieures, que présentent ces mêmes vertèbies. Il u'estd^iic par surprenant que, dans les espèces de Potôsonschezlesqu^lescesapophysessontunfa éloignées les unesdes autres î cause dt-ii longueur des vertèbres, la moelle épinièr^ ne soit mise à l'abri sur plusieurs \muU^ la colon ne dorsale, que |)ar des muselés.)^ peau et des écailles.

JUais l'énergie du système nerveux n'estpn uniquement le produit du cerveau; eliedé^ pend aussi de la moelle épinière; elle résida même dans chaque nerf, et elle en ém'^ d'autant plusque 1 on est plus loin derboœoM et des animaux très-composés, et plus pr^ par conséquent des Insectes et des Vers, dont les différents organes paraissent plus iOii«* pendants les uns des autres dans leur jeu «t dans leur existence.

Les nerfs des Poissons sont aussi grandi à proportion que ceux de^ animaui i ma* melles, quoiqu'ils proviennent d'un cenreiu beaucoup plus petit.

Tâchons cependant d'avancer vers nolf»

but de la manière la plus prompte et lap sûre, et examinons les organes pariicolteff dans lesquels les extrémités de cesDerfssjpanouissent, qui reçoivent l'action desel^* extérieurs, et qui, faisant éprouver au Poisson toutes les sensations analogues à si »• ture, complètent l'exerciee de celle lafu*»» si digne dos recherches du pbilosopw»* laquelle o» a donné le nom de snum^-

Ces organes particuliers sont les seoj^ premier qui se présente à nous esl rodûrt*»

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siège en esl très-étendUt double et situé entre les veux et le bout du museau, à une distance plus oumoinsgraodedecette extrémité. Les nerCs qui y aboutissent partent îminédiatement du cenreau, forment ce qu'on a nommé la première paire de nei&, sont très-épais et se distribuent dans les deux sièges de Todorat en un très-grand nombre de ramifications,qui, multipliant les surCices de la substance sensiti?e, Ja rendent susceptible d*étre ébranlée par de très-faibles impressions. Ces ramîUcations se répandent sur des membranes trèsHiombreuses, placées sur deux rangs dans la plupart des Cartilagioeux, particulièrement dans les Raies, disposées en rayons dans les Osseux, et garnissant rintérieur des deux cavités qui renferment le Yéri table organe de Todorat. C'est dans ces ca?ités que Veau pénètre pour faire paryenir les [^articules odorantes dont elle est chargée, jusqu*i Tépanouissement des uerfs olfactifs; elle y arriTe, selon les espèces« par une ou deux ouvertures longues, rondes ou orales; elle y circule, et en est expulsée pour faire place à une eau nouTelle, par les contractions que l'animal peut faire subir à chacun de ces deux organes.

Nous Tenons de dire que les yeux sont situés au deli, mais assez près des narines. Leur conformation ressemble beaucoup à <:elledes yeux de Hiomme, des Quadrupèdes, des oiseaux et des Reptiles; mais voici les différences qu'ils présentent. Ils ne sont garantis ni par des paupières ni par aucune membrane clignotante; cette humeur que 1*00 nomme aqueuse, et oui remplit Tinter- Talle situé entre la cornée et le cristallin, y est moins abondante que dans les animaux plus parfaits; Thumeur vitrée, qui occupe le fond de Tintérieur de Forgane , est moins épaisse que dans les oiseaux, les Quadrupèdes et rhomme; le cristallin est plus connexe, plus Toisin de la forme entièrement spbérique , plus dense ; pénétré , comme toutes les parties des Poissons, d'une substance huileuse, et par conséquent plus inflammable.

Les vaisseaux sanguins, qui aboutissent à Vorganede la vue, sont d'ailleurs plus nombreux ou d'un plus grand diamètre dans les Poissons que dans la plupart des autres ani- ■lauxàsang rouge: et voilà pourauoi le sang s'y porte avec plus de force lorsque son cours ordinaire est troublé par les diverses agitations que l'animal peut ressentir.

Au reste, les yeux ne présentent pas à l'extérieur la même forme, et ne sont pas situte de même dans toutes les espèces de Poissons. Dans les unes ils sont tres-pelits, et dans les autres assez grands ;dans celles-ci, presque plats ,dans celles-là, très-convexes ; dans le plus grand nombre de ces espèces, presqae ronds ; dans quelques-unes, allongés : tantôt très-rapprochés et placés sur le sonuDet de la tête, tantôt très-écartés et occupaot les fuces latérales de cette môme partie, tantôt encore très-voisins et appartenant au même côté de l'animal ; quelquefois dis-

posés de manière à recevoir tous les deux des rayons de lumière réfléchis par le même objet, et d'autres fois ne pouvant chacun embrasser qu'un champ particulier. De plus, ils sont, dans certains Poissons, recouverts en partie et mis comme en sûreté par une petite saillie que forment les téguments de la tète ; et dans d'autres, la peau s'étend sur la totalité de ces oi^pnes, qui ne peuvent plus être aperçus que comme au travers d'un voile plus ou moins épais. La prunelle enlin n'est pas toujours ronde ou ovale, mais on la voit quelquefois terminée par un angle du côté du museau (1).

A la suite du sens de la vue, celui de Touîe se présente à notre examen. Les sciences naturelles sont maintenant trop avancées pour que nous puissions employer même un moment à réfuter l'opinion de ceux

Îui ont pensé que les Poissons n'entenaient pas. Nous n'annoncerons donc pas comme autant de preuves de la faculté d'entendre dont jouissent ces animaux, les faits (]ue nous indiquerons en parlant de leur instinct ; nous ne dirons pas que, dans tous les temps et dans tous les pays, on a su qu'on ne pouvait employer avec succès certaines manières de pécher qu'en observant le silence le plus profond (2) ; nous n'ajouterons pas, pour réunir des autorités à des raisonnements fondés sur l'observation, que plusieurs auteurs anciens attribuaient cette faculté aux Poissons, et que particulièrement Aristote parait devoir être compté parmi ces arîciens naturalistes (3) ; mais nous allons faire connaître la forme de l'organe de l'ouïe dans 1. s animaux dont nous voulons soumettre toutes les qualités à nos recherches.

Des 1673, Nicx)las Steuon de Copenhague a vu cet organe, et en a indiqué les* principales parties {k) ; ce n'est cependant que depuis les travaux des anatomisles récents, Geoffroy le père, Vicq-d'Azyr, Camper, Ifonro et Scarpa, que nous en connaissons bien la construction.

Dans presaue aucun des animaux qui vivent habituellement dans l'eau, et qui reçoivent les impressions sonores par l'intermédiaire d'un fluide plus dense que celui de l'atmosphère, on ne voit ni ouverture ' extérieure pour l'organe de l'ouie, ni oreille externe, ni canal auditif extérieur, ni membrane du tympan, ni cavité du même nom, ni passage aboutissant à l'intérieur de la bouche, et connu sous le nom de trompe

(1 ).L.e8 yeux du Poissonqne Ton a noomié AtuMepê, ei duqueroo a dit qu*il avait quaue yeux, préseolent une conlormtiofi plus remarquable encore el plus différente de celle que monlretit les yeux des anlmaux plus composés.

(2) Parfoi plusieurs voyageurs que nous pourrions ciler k l'appui de fails dont il n*est personne, ait reste, qnî n*ait pu être lémoin, nous rboisissons Belon, qui dit que lorsque, dans la Propontide, on veut prendre les Poiss4»ns endormis, on évile tous les bruiu par lesquels ils pourraieni être réveillés (I. I, c. 65).

(5) Uiuoire de* Animaux^ I. iv.

\%) Actes de Copenkaifue, an. 1675, obs. 89.

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d'Eustache, ni osselels auditifs correspondant à ceu\ que Ton a nommés enclume^ marteau ou étritr^ ni limaçon, ni communication intérieure, désignée par la dénomination de fenêtre rofid«.Xes parties manquent en effet, nrm-seulement dans les Poissons, mais encore dans les Salamandres aquatiques ou à queue plate, dans un grand nombre de Serpents (1), dans les Crabes, et dans d*autres animaux à sang blanc, tels que les Sépia» qui ont un organe de Pouie et qui habitent u\i milieu des eaux. Mais les Poissons n'en ont pas moins reçu, ainsi que les Serpents dont nous venons de parler, un instrument iHiditif, composé de plusieurs parties trèsremarquables, très-grandes et tres-distinctes. Pour mieux faire connaître ces diverses portions, examinons-lesd'aborddans les Poissons cariilagineux.On voit premièrement dans Toreille de plusieurs de ces derniers animaux, une ouverture formée par une membrane tendue et élastique, ou par une petite nlaquo cartilagineuse et semblabieou très-analogue à celle que Ton nomme fenêtre ovale dans les Quadrupèdes et dans Thomme. On aperçoit ensuite un vestibule qui se trouve dans tous les Cartilagineux, et que remplit une liqueur plus ou moins aqueuse ; et auprès se montrent également, dans tous ces Poissons, trois canaux composés d'une membrane transparente et cependant ferme et épaisse, que Ion a nommés demi-circulaires ^ quoiqu'ils forment presque un cercle, et qui ont les plus grands rapports avec les trois canaux membraneux que Ton découvre dans l'homme et dans les Quadrupèdes (2). Ces tuyauxderai-circulaires, renfermés dans une cavité qui n'est qu'une continuation du vestibule, et qu'ils divisent de manière à produire une sorte de labyrinthe, sont plus grands à proportion que ceux des Quadrupèdes et de l'homme ; contenus souvent en partie dans des canaux cartilagineux, que I on voit surtout dans les Haies, et remplis d'une humeur particulière, ils s'élargissent en espèce d'ampoules, qui reçoivent la pulpe dilatée des ramifications acoustiques, et doivent être comprises parmi les véritables sièges de l'ouïe.

Indépendamment des trois canaux, le vestibule contient trois petits sacs inégaux en volume, composés d'une membrane mince, mais ferme et élastiq'je, remplis d'une sorte de gelée ou de lym])he épaissie, contenant chacun un ou deux petits corps cartilagineux, tapissés de ramifications nerveuses très-déliées, et' pouvant être considérés comme autant de sièges de sensations sonores.

Les Poissons osseux et quelques Cartilagineux, tels que la Lophie baudroie, n'ont point de fenêtre ovale , mais leurs canaux demi-circulaires sont plus étendus , plus larges et plus réunis les uns aux autres. Ils

(1) Les Serpents ont cependanl un os que Ton pourrait comparer à un des osselels auditifs, et qui 6*elend depuis la mâchoire supérieure jusqu'à fouverlure iulérieure appelée fenêtre ovale.

^i) Voy, le Ijel ouvrage de Scarpa sur le sens des aiiiuiaux.

n'ont qu'un sac membraneui, au litni trois ; mais cette espèce de poche, qoi ferme un ou deux corjis durs d'uoe aiati^ osseuse ou crétacée, est plus grande, ) remplie de substance gélatineuse; et (Ta leurs, dans la cavité par laquelle les tr canaux demi-circulaires communiquent semble, on trouve le plus souvent un i corps semblable à ceux que contiennent petits sacs.

Il y a donc dans l'oreille des Poii<!oi ainsi que dans celle de l'homme, des Q^ drupèdes, des oiseaux et des Reptiles, i* sieurs sièges de l'ouie. Ces divers sié. n'étant cependanl que des émanations û) rameau de la cinquième paire de nerfs, (luel, dans les animaux dont nous expo5 1 histoire, est le véritable nerf acoustii^ ils ne doivent produire qu'une sensatioij la fois, lorsqu ils sont ébranlés en temps, au moins s'ils ne sont pas illéi dans leurs proportions, ou dérangés à leur action, par une.cause constante mcâdentelle.

Au reste, l'organe de Vomc'.miiéré dans son ensemble, est double dantMslr^ Poissons, comme celui de la vue. U^ ^\ oreilles sont contenues dans laeaTii^ûi crâne, dont elles occupent de chaque c^ l'angle le plus éloigné au museau ;etcniDiy elles ne sont séparées que par une bh^ brane de la portiou de cette cavité qui m^ ferme le cerveau, les impressions mm ne peuvent -elles (las être commuôiqu'^ très-aisément à ces deux organes par 1^ parties solides de la tète, par les pi>rtioa dures qui les avoisinent, et par le liquitte que l'on trouve dans l'intérieur de ces pa^ ties solides ?

11 nous reste h parler un moment do goi et du toucher des Poissons. La langue I ces animaux étant le plus souvent presn entièrement immobile, et leur palais fé sentant fréquemment, ainsi que leur langue des rangées très-serrées et très-norobreu* de dents, on ne peut pas supposer que iei goût soit très-délicât ; mais il est rerapW par leur odorat, dans lequel on peut le co«i sidérer en quelque sorte comme tracs porté.

11 n'en est pas de même de leur tno-lw Dans presque tous les Poissons, le dessoo du ventre, et surtout l'extrémité du niuswt

Earaissent en être deux sièges assez sen« les. Ces deux organes ne doivent, à Un rite, recevoir des corps extérieurs qae « impressions très-peu complètes, parce qa les Poissons ne peuvent appliquer leur Tr tre ou leur museau qu'à quelques partrt de la surface des corps qu'ils touche?»t xnsis ces mêmes organes font éproutef I animai des sensations très-vives, et l>^ tissent fortement de la présence d'un c^ étranger. D'ailleurs, ceux des Poissons aun le corps allongé ressemble beaucoup p*»" ** forme à celui des Serpents, et dont l«l*'! ne présente aucune écaille facilenient J"^ ble, peuvent, comme les RefUiles, çntoow môme par plusieurs anneaux les objets <^"^

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ils s'approchent; et alors non-seulemeot l'impression commumquée par une plus grande surface est plus fortement ressentie, nais les sensations sont plus distinctes, et peoTent être rapportées a un objet plutôt

K*à un autre. On doit donc dire que les issons (ml reçu un sens du toucher beau* coup moins impariait qu'on n'a pu être testé de le croire ; il faut même qouter qu'il n'est, en quelque sorte, aucune partie de leur corps qui ne paraisse très-sensible à tout attoudiement ; voilé pourquoi ils s'élancent avec tant de rapidité lorsqu'ils rencontrent un corps étranger qui les effraie : et quel est celui qui n'a pas vu ces animaux se aérot>er ainsi, avec la. promptitude de l'éclair, à la main qui commençait à les atteindre?

Mais il ne suffit pas, pour connaître le degré de sensibilité qui a été accordé à un animal, d'examiner chacun de ses sens en particulier : il &ut encore les comparer les uns arec les autres; il faut encore les ranger solvant l'ordre que leur assigne le plus ou le moins de vivacité que chacun de ces sens peut offrir. Plaçons donc les sens des Poissons dans un nouveau point de vue , et que leur rang soit marqué par leur activité.

11 n*est personne qui, d'après ce que nous ▼eoons de dire , ne voie sans peine que l'odorat est le premier des sens des Poissons. Tout le prouve, et la conformation de l'organe de ce sens , et les faits sans nombre consignés en partie dans cette histoire, rapportés par plusieurs voyageurs , et qui ne laissent aucun doute sur les distances immeoses que franchissent les Poissons attirés par les émanations odorantes de la proie . qu'ils recherchent , ou repoussés par celles des ennemis qu'ils redoutent. Le siège de cet odorat est le véritable œil des Poissons ; il les dirige au milieu des ténèbres les plus épaisses, malgré les vagues les plus agitées,' dans le sein des eaux les plus troubles, les moins perméables aux rayons de la lumière.'- Nous savons, il est vrai, que des objets de , quelques pouces de diamètre, placés sur des^ umds blancs, à trente ou trente-cinq brasses de profondeur, peuvent être aperçus facile* * ment dans la mer; mais il faut pour cela que ; l'eau soit très^calme ; et qu'est- ce qu'une trentainede brasses en comparaison desgouf* " lires immenses de l'Océan, de ces vastes abîmes que lei Poissons parcourent, et dans le sein desquels presque aucun rayon solaire ue peut parvenir, surtout lorsque les ondes eddent à l'impétuosité des vents et à toutes les causes puissantes qui peuvent, en les bouleversant , les mêler avec tant de substances OfMques? Si l'odorat des Poissons était donc moins parfait , ce ne serait que dans un petit nombre de circonstances qu'ils pourraient rechercher leurs aliments , échapper auxdançers qui les menacent, parcounr un espace d'eau un «peu étendu: et combien leurs habitudes seraient par conséquent difffaentes de celles que nous allons bientftt faire counattrel Cette supériorité de l'odorat est un nou-

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