‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 149 sur 204 · II. DE Zoologie · texte numérisé non relu

II. DE Zoologie

veau rapport qui rapproche les Poissons, non-seulement de la classe des Quadrupèdes, mais encore de celle des biseaux, (m sait en effet maintenant que plusieurs ftinilles de ces derniers animaux ont un odorat trèssensible ; et il est à remarquer que cet odorat plus exquis se trouve principalement dans les oiseaux d'eau et dans ceux de rivage.

Que l'on ne croie pas néanmoins que ie sens de la vue soit tres-faible dans les Poissons. A la vérité, leurs yeux n'ont ni paupières, ni membrane clignotante , et, par con séquent, ces animaux n'ontpas remuée double et grand moyen qui a été départi aux oiseaux et a quelques autres êtres animés, de tempérer l'éclat trop vif de la lumière, d'en diminuer îes rayons comme par un voile, et de préserver à volonté leur oi^ne de ces exercices trop violents ou trop répétés qui ont bientôt affaibli et même détruit le sens le plus actif. Nous devons penser, en effet, et nous tirerons souvent des conséquences assez étendues de ce principe, nous devons penser, disje, que le siège d un sens, quelque

rirfaite que soit sa composition, ne parvient toute ractivité dont son organisation est susceptible, que lorsque , par des alternatives plus ou moins fréquentes , il est vivement ébranlé par un très-grand nombre d'impressions qui développent toute sa force, et préservé ensuite de Faction des corps étran-

fei s, qui le priverait d'un repos nécessaire sa conservation. Ces alternatives, produites dans plusieurs animaux dont les yeux sont très-bons , par une membrane clignotante et des paupières ouvertes ou fermées à volonté, ne peuvent pas être dues à la mê- 'me cause dans les Poissons; et peut-être, '^d'un autre cêté, contestera-t-on qu'au moins, dans toutes les espèces de ces animaux, l'iris puisse se dilater ou se resserrer, et, par conséquent diminuer ou agrandir l'ouver- ^ture dont il est percé, que lx)n nomme pn^ nelle^ et qui introduit la lumière dans l'œil , /quoique Finspection de la contexture de cet "iris puisse le faire considérer comme composé de vaisseaux susceptibles de s'allonger ou de se raccourcir. On n'oubliera pas non plus de 7dire que la vision doit être moins nette dans •Fœil du Poisson que dans celui des animaux ^plus parfaits, parce que Feau étant plus dense que l'air de l'atmosphère, la réfraction, et

Ear conséquent la réunion, que peuvent suir les rayons de la lumière en passant de l'eau dans l'oeil du Poisson , doivent être moins considérables que celles que ces ra vous éprouvent en entrant de l'air dans l'osil des Quadrupèdes ou des oiseaux; car personne n'ignore que la réfraction de la lumière, et la réunion ou l'image qui en dépend , est proportionnée à la différence de densité entre l'ceil et le fluide qui l'environne. Hais voici ce ({ue l'on doit répondre.

Le cristallin des Poissons est beaucoup plus convexe que celui des oiseaux , des Quadrupèdes et de Fhomme; il est pr^ue sphérique : les rayons émanfe des objets et qui tombent sur ce cristallin forment donc

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avec sa surface un angle plus aigu ; ils sont donc, tout égal d'ailleurs, plus détournés de leur route, plus réfractés, plus réunis dans une image; car cette déviation, à laquelle le nom de réfraction a été donné, est d'autant plus grande que l'angle d'incidence est plus petit. D'ailleurs le cristallin des Poissons est, par sa nature , plus dense que celui des animaux plus parfaits; son essence • augmente donc la réfraction. De plus<on sait maintenant que plus une substance transparente est inflammable et plus elle réfracte ta lumière avec force. Le cristallin des Poissons , imprégné d'une matière huileuse, est plus combustible que presque tous les cristallins: il doit donc, par cela seul, accroître la déviation de la lumière.

Ajoutons que, dans plusieurs espèces de Poissons, l'œu peut être retiré à volonté dans le fond de rorbite, caché môme en partie sous le bord de l'ouverture par laquelle on peut l'apercevoir, garanti dans cette circonstance par cette sorte de paupière immobile; etue manouonspas surtout de faire remarquer que les Poissons, pouvant s'enfoncer avec promptitude jusque dans les plus grandes profondeurs des niers et des rivières, vont chercher dans l'épaisseur des eaux un abri contre une lumière trop vive, et se réfugient, quand ils le veulent, jusqu'à cette distance de la surface des fleuves et dô l'Océan où les rayons du soleil ne peuvent pas pénétrer.

Nous deyons avouer néanmoins qu'il est certaines espèces, particulièrement parmi las Poissons serpçntiformes, dont les yeux sopt cop9t(^mment voilés par une membrane immobile, assez épaisse pour que le sens de la vue soit plus faible dans ces anUpauic que celui de Touïe, et même que celui du toucher ; mais, en général, voici dans quel ordre la nature a donné aux Poissons les sources de leur sensibilité : l'odorat, la vue, Touïe, le toucher et le Koût. Quatre de ces so'urcesi et surtout les deux premières, sont ass67 abondantes. Cependant le jeu de l'organe respiratoire des Poissons leur communique trop peu de chaleur ; celle qui leur est propre est trop faible ; leurs muscles l'emportent trop par leur force sur celle de leurs nerfs; plusieurs autres causes, que nous exposerons dans la suite, combattent par une puissance trop grande les effets de leurs sens, pour que leur sensibilité soit aussi vive que l'on pourrait être tenté de le croire d'après la grandeur, la dissémination, la division de leur système nerveux (i). Il en est sans doute de ce système dans les Poissons comme dans les autres animaux : son énergie augmente avec sa division, parce que sa vertu dépend du Ûuide qu'il recèle, et qui, très-voisin du feu électric[ue par sa nature, agit, comme ce dernier fluide, en raison de l'accroissement de surtace que prodoil une plus grande division; mais

(i) Les ibres de la céliae, c'esi-inlire In p(us petits rameaux du oçrC optique, sont, d;uii pkeiaurs iNMons, I,i66,400foiaptus déliés qn un cli«vcu.

cette cause d'activité est assez contrebalancée par les forces dirigées en leos cot^ traire crue nous venons d indiquer, pourow le résultat de toutes les facalt4s det hj» sons, qui constitue fe véritable degré (h leur animalité, les place, sinsi que t)oali^ vons annoncé au cOmmencemeot de w ^ cours, à une distance ft peu nrès égile 4i! deux termes de la sensibilité, c*e«Wè.<ir< de l'homme et du demief deé Aniœiai C'est donc avec Une vivacité moyŒJûeenln celle qui appartient à Tbomme €t cdle qi existe dans l'animal qui en dlJ^ le plu, que s'exécute dans le Poisson ce leu des (fh gaqes des sens qui reçoivent et t AssœeUwi au cerveau des impressions des oHel$«K^ rieurs, et celui dû cerveau qtll, wpisanl m les nerfs sur les muscles, pfoduit tous w mouvements volontaires dont les àlTersH parties du corps peuvent é(re spiccpliMei.

Mais ce corps des peîssorts esl pr«i{M toujours paré (les pliis DeJles couleoR.Now pouvons maintenant exposer coflnneol « produisent ces nuances sr édatanfes. » ritnirablement contrastées, sou vent JistrSiéî avec tant de svméirie et quelquefctf*fe> fives. Ou ces teintes si vives et siipttfe résident dans les téguments plus m wm mous et dans le corps même des tdsm.

indépendamment des écailles qui pcottti recouvrir l'animal ; ou elles sont le preW delà modification que la lumière éproute* passant au Iravcrsaes écailles transpareola; ou il faut les rapporter ufaiquemenf 1 1» écailles transparentes ou opaques, fcunnnops ces trois circonstances.

Le^ parties molles des poissons pecrest nar elles-mêmes présentertouteslescouîcu Suivant que les ramifications arlériellcr serpentent au milieu des muscles e( s'approchent de la siirface extérieure i plus ou moins nombreuses et plus ou m' sensibles, les parties molles de ranimai blanches ou rouges. Les différenlssucsu^ riciers qui circulent dans les vaisseaux J sorbants, ou qui s'insinuent dans le ' cellulaire, peuvent donner ices mêmes ties molles la couleur îauna ou venUtre plusieurs de ces liquides présenleDl le souvent. Les veines disséminées ààris mêmes portions peuvent leur faire prt'se toutes les nuances de bleu, de Tioiel et pourpre; ces nuances de bleu et de v»

mêlées avec celles du jaune, ne doii elles pas faire paraître tous les degrés du r Et dès lors les sept couleurs du spectre laire ne peuvent-elles pas décorer le des poissons, être disséminées en tach bandes, en raies, en petits points, suiv place qu'occupent les matières aui les naitre, montrer toutes les déçradationi elles sont susceptibles, selon llnteosité cause qui les produit, et présenter toute» apparences sansie concours d'aucuoeécu'

bi des lames lrà«-traospareoteS| el j^ ainsi dire sans couleur, $4)nt ^leods^ dessus de ces teintes, elles d eo ^^^ pas la nature; elles ajoutent seulemeA^ me par une sorte df venus légsr, l If^

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poissons, £TC.

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Yacî(é; elles leur donnent Tédat brillant des uiétaai polis, lorsqu'elles sont dorées ou ar^otées;«et si elles ont d'autres nuances qii| leur soient propres, ces nuances se mêlent nécessairement a^ec celles que Ton ai erçoit au trarers de ces plaques diapbanes, et il en résulte de nouYelles couleurs, ou une ¥ÎTaeité nouTelle pour les teintes conser- Té«». C'est par la révnioo de toutes ces causes que sont produites ces couleurs admirat^les que Ton remarque sur le plus ffrand Dombre de Poissons. Aucune dasse d'animaux n'a été aussi faTorisée à cet égard ; aucune n*a reçu une parure plus élégante, plus variée, plus ricbe : et que ceui qui ont vii, par exemple, des Zées, des Gbétodons, iïi:s Spare^ nager près de la surface d'une eau tranquille et réfléchir les rayons d'un soleil brillant, disent si jamais réclat des plumes du Paon et du Colibri, la TÎvaeité du diamaut, la splendeur de l'or, le reflet des pierres précieuses, ont été mêlés à plus de Cbu, et ont reoToyé à l'œil de l'observateur des images plus parfaites de cet arc merreilleusemeut coloré dont l'astre du jour fait sauvent le plus bel ornement des cieux.

Les couleurs cependant qui appartiennent eu propre aux plaques transparentes ou opaques, n'offrent pas toujours une seule nuance sur chaque écaille considérée en pcirliculier : chacune de ces lames peut avoir des bandes, des taches, ou des rayons dispo^s sur un fond très-différent ; et en cherchaut à concevoir la manière dont ces nuaoe«^ sont prodkiites ou aiainlenues sur des écailles dont la substaace s'altère, et e& doQt, par conséquent, la matière se renouvelle à chaque instant, noua rencontrons quelques ditucultés aue nous devons d'aile t/ini plus chercher à lever, qu'en les écartant nous exposerons des vérités utiles aux progrès des sciences physiques.

Les écailles^ soit aue les molécules qui les composent s'étendent en lames minces, se ramassent en plaques épaisses, se groupent en tubercules, s élèvent en aiguillons^ et que, plus ou moins mélangées avec d'autres molécules, elles arrêtent ou laisseèt passer facilement la lumière^ ont to^ionrs les plus grands rapports avee les chevesi de rbomme, les poils, la eome, les ongles des Quadrupèdes, les {ûquants du Hériâ^n et du Porc-épic, et les plumes des oiseaux. La matière qui les produit, apportée à la surface du corps ou par des ramificdtions artérielles, ou par des vaisseaux excréteurs plus ou moins liés avec le système générai des vaisseaux absorbants, est tovgours très-rappraefaée, et par son origine, et par son essence, et par sa oontexiuf e, des poih, des ongles, despiqnMBts et des phuies. D'habiles pbysioloKLstes ont déjà montré les grandes ressemtManoes des cheveux , des ongles , des cornes, des piquants et des [dûmes avec les poils. En comparant avee ces mêmes poils les écailles des Poissons, nous trouverons la même analogie. Retenues par de petits vaisseaux, attadiées aux téguments comme les poils, elles sont de même trè^peu cor-

ruptiles ; exposées au feu, elles répandent également une odeur empyreumatiaue. Si Ton a trouvé quelquefois ilans l'épiploon et dans d'autres parties intérieures de quelques Quadrupèdes, des espèces de touffes, des rudiments de poils, réduis et conglomérés, on voit autour du péritoine, de la Vessie natatoire et des intestins des Argentines, des Esoces et d'autres Poissons, des éléments d'écaillés très-distibcls, une sorte de poussière argentée, un grand nombre de petites lames brillantes et qui ne différent presque que par la grandeur des véritables écailles qu'elles sont destinées à former. Bes fibres, ou des séries de molécules, composent les écailles ainsi que les poils; et enfin, pour ne pas négliger au moins tous les petits traits, de même que, dans Thomme et dans les Quadrupèdes, on ne voit pas de poils sur la paume des mains ni des pieds, on ne rencontre presque jamais d'écaillés sur les nageoires, et on n'en trouve jamais sur celles que l'on a comparées aux mains de l'homme, à ses pieds ou aux pattes des Quadrupèdes.

Lorsdonc que ces lames, si semblables aux poils, sont attachées à la peau par toute leur circonférence, on conçoit aisément comment, appliquées contre le corps de l'animal pnr toute leur surfine inférieure, elles peuvent communiquer dans les divers points de cette surface avec des vaisseaux semblables ou différents par leur diamètre, leur 6gure, leur nature et leur force, recevoir par consé-

Înent dans ces mêmes points des molécules ifférentes ou semblables, et présenter ensuite une seule couleur, ou offrir plusieurs nuances arrangées symétriquement ou disséfflii.ées sans ordre. On conçoit encore comment , lorsque les écailles ne tiennent aux téguments que par une partie de leur contour, elles peuvmt être peintes d'une couleur quelconque, suivant que les molécules qui leur arrivent par nendroit où elles touchent à la peau réfléchissent tel ou tel rayon et absorbent les autres. Mais comme dans la seconde supposition, oh une partie de la circonférence des plaques est hbre , et cpii est réalisée plus souvent que la première, on ne peut plus admettre autant de sources réparatrices que de points dans la suriaee de la lame, on ne voit pas de quelle manière cette écaille peut paraître peinte de plusieurs couleurs répandues presque toujours avee beaucoup d'ordre. On admettra bien, à la vérité, que lorsque ces nuances seront dispersées en rayons, et que ces rayons partiront de Tendroit où Técaille est, pour ainsi dire, collée à la peau, il y aura dans cet endroit plusieurs vaisseaux différents l*un de l'autre; que chaque vaisseau, en quelque sorte,^ fournira les molécules de nature dissemblable, et que la matière jaillissante de chacun de ces tuvaux produira , en s*étendant, un rayon d'une couleur qui contrastera plus ou moins avec celle des rayons voisins. Mais lorsque iecouleurs présenteront une autre {distribution; lorsque, par exemple, on verra sur récaille des taches répandues comme des

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gouttes de pluie,. ou rapprochées de manière è former des portions de cercle dont les ouvertures des vaisseaux seront le centre , comment pourra-t-on comprendre que naissent ces régularités ?•

Nous ne croyons pas avoir J[)esoin de dire que l'explication que nous allons donner peut s'appliquer, avec de légers changements, aux poils, aux cornes, aux plumes. Quoi qu'il en soit cependant, voici ce que la nature parait avoir déterminé.

En montrant la manière dont peuvent paraître des taches , nous exposerons la formation des portions de cercle colorées : en effet, il suffit que ces taches soient toutes à une égale distance des sources des molécules, qu'elles soient placées autour de ces sources, et qu'elles soient si nombreuses qu'elles se touchent l'une l'autre, pour qu'il y ait à l'instant une portion de cercle colorée. Il y aura un second arc, si d'autres taches sont situées d'une manière analogue, plus près ou plus loin des vaisseaux nourriciers ; et l'on peut en supposer plusieurs formés de même. Nous n'avons donc besoin

3 ue desavoircommentun jet de matière, sorti u vaisseau déférent, peut, dans son cours, montrer plusieurs couleurs, offrir plusieurs taches plus ou moins égales en grandeur, plus ou moins semblables en nuance.

Ne considérons donc qu'un de ces rayons que l'on distinsue aisément lorsqu'on regarde une écaille contre le jour , et oui , par le nombre de ses stries transversales, donne celui des accroissements ou des réparations successifs qu'il a éprouvés ; réduisons les différents exemples que l'on pourrait citer à un de ceux où l'on ne trouve que deux nuances placées alternativement : 1 origine de ces deux nuances étant bien entendue, il ne resterait aucun doute sur celle des nuances plus nombreuses que l'on rencontrerait dans le même jet.

Supposons que ces deux nuances soient le vert et le jaune; c'est-à-dire, ayons sous les yeux un rayon vert deux fois taché de jaune, ou, ce qui est la même chose, un rayon d'abord vert, ensuite jaune, de nouveau vert, et enfin jaune à son extrémité. Les vaisseaux nourriciers qui ont produit ce jet ont d'abord fourni une matière iaune par une suite de leur volume, de leur figure, de leur nature, de leur affinité : mais pourraiton croire que, lors de là première formation de l'écaillé, ou à toutes les époques de ses accroissements et de son entretien, le volume, la figure, la nature ou l'affinité des vaisseaux dféférents ont pu changer, de manière à ne donner que des molécules vertes après en avoir laissé jaillir de jaunes ? pourrait-on «jouter que ces vaisseaux éprou* vent ensuite de nouveaux changements {lour ne^laisser échapper que des molécules jaunes? et enfin admettra-t-on de nouvelles altérations semblables aux secondes, et qui ne permettent plus aux vaisseaux de laisser sortir que des molécules modifiées pour réfléchir des rayons verts ? N'ayons pas recours k des métamorphoses si dénuées de preu-

ves et même de vraisemblance. Noos safou que, dans les corps organisés, les couleuis particulières et différentes clu.blanc De peovent naître que par la présence de la lamière, qui se combine avec lespriocipesde ces corps. Nous le voyons dans les pluites, qui blanchissent lorsque la lumière ne lei éclaire pas; nous le voyons dans les Quadrn. pèdes, dans les oiseaux, dans les Reptil«s, dont la partie inférieure du corps, comme la moins directement exposée aux ra/ons do soleil, est toujours distinguée par lesteia. tes les plus pAles; nous le voyons imk Poissons, dont les surfaces les pIasearaoti«s de la lumière sont dénuées des riches colleurs départies à ces animaux ; et dous pouvons le remarquer même, au moios le dIbs souvent, dans chaque écaille en particulier. Lorsqu'en effet les écailles se recouTmit comme les ardoises placées sur les toits, ii portion de la lame inférieure cachée par h supérieure n'est pas peinte des imim dont le reste de la plaque est varié, H oo voit seulement quelquefois, sur lasvAn de cette portion voilée, des agglooéntiaiu informes et brillantes formées par ces lolécules argentées, cette poussière éàMe, ces petites paillettes, ces vrais rtàsa^ des écailles que nous avons vus dans rioié' rieur des Poissons, et qui, portés et reçudus à la surface, peuvent se trourer esm deux lames, gênés, et même faixarrenKOl arrêtés dans leur cours. La nature, k gnih deur et la figure des molécules écùUeases ne suffisent donc pas pour que telle ou leEe couleur soit produite ; il faut encore qu'ella se combinent plus ou moins intimeiMni avec une quantité plus ou moios ^^ede fluide lumineux. Cette combinaison doitrarier à mesure que les molécules s'altèreoi; mais plus ces molécules s'éloignent des nvr seaux déférents, plus elles se rapprocbœi de la circonférence de l'écaillé, plos elles s'écartent du principe de la vie, et ploselte perdent de l'influence de cette force animila et conservatrice sans laquelle elles dolTeDî vent bientôt jse dessécher, se déformer, ^e décomposer, se séparer même du corps d» Poisson. Dans l'exemple que noos itoos choisi, les molécules placées à l'origine da rayon et non encore altérées, ont la nature, le volume, la figure, la masse, la quantité de fluide lumineux convenables pour donner li couleur verte; moins voisines des vaisseaoi réparateurs, elles sont dénaturées au point nécessaire pour réfléchir les rayons iaunes: une décomposition plus avancée introduJ^ dans leur tigure, dans leur pesanteur, diD5 leur grandeur, dans leur combinaisoiif de» rap|>orts tels, que la couleur verte doit p^ raître une seconde fois ; et enfin dw cmgements plus intimes ramènent le jaune « Pextrémitédela série. Quelqu'un ignore^-J'. en effet, que plusieurs autres causes reunies peuvent produire les mômes effets Ojjf plusieurs autres causes agissantes enseffllw et très-différentes, pourvu que dans ces deui groupes la dissemblance des comWuaisj*'^ compense les différences de nature? et, d^""

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aulre côté, oe remarque-t-on pas aiséoient uu'aa lieu d'admettre sans TraisemblaDce des changements rapides dans des vaisseaux uoarriciers, dans des organes essentiels , nous n'en exigeons crae dans des molécules expaisées, et oui, à chaque instant, perdent de leur propriété en étant privées de quelques-unes ae leurs qualités animales ou or : Saniques?

Be quelque manière et dans quelque partie du corps de l'animal que soit élaborée la matière propre à former ou entretenir les ^écailles, nous n'ayons pas besoin de dire que ses principes doivent être modifiés par la nature des aliments que le poisson préfère. On peut remarquer particulièrement que presaue tous les Poissons qui se nourrissent des animaux à coquille présentent des couleurs très-variées et très-éclatantes. Kl comment des 6tres organisés, tels que les Testacés, dont les sucs teignent d'une manière très-vive et très - diversifiée l'enveloppe solide qu'ils forment , ne conserveraient-ils pas assez de leurs propriétés pour colorer d'une manière très-brillante les rudiments écailleux dont leurs produits composent la base ?

L*on conclura aussi très-aisément de tout ce que nous venons d'exposer, que, dans toutes les plages oh une quantité de lumière plus abondante (>ourra pénétrer dans le sein des eaux, les Poissons se montreront parés d'un plus grand nombre de riches nuances. Et en effet , ceux qui resplendissent comme les métaux les plus polis, ou les gemmes les plus précieuses, se trouvent particulièrement dans ces mers renfermées entre les deux tropiques, et dont la surface est si fréquemment inondée des rayons d'un soleil régnant sans nuages au-dessus de ces contrées équatoriales, et pouvant, sans contrainte, y remplir l'atmosphère de sa vive splendeur. On les rencontre aussi, ces Poissons décorés avec tant de magnificence, au milieu de ces mers polaires où des montagnes de glace, et des neiges étemelles durcies par le froid, réfléchissent, multiplient par des milliers de surfaces, et rendent éblouissante la lumière que la lune et les aurores boréales répandent pendant les longues nuits des zones glaciales, et celle qu'y verse le soleil pendant les longs jours de ces plages hyperboréennes.

Si ces Poissons qui habitent au milieu ou au-dessous de masses congelées, mais fréquemment illuminées et resplendissantes, 1 emportent par la variété et la beauté de leurs couleurs sur ceux des zones tempérées, ils cèdent cependant en richesse de parure h ceux qui vivent dans les eaux échauffées de la zone (orride. Dans ce» pays, dont l'atmosphère est brûlante, la chaleur ne doit-elle pas donner une nouvelle activité à la lumière, accroître la force attractive de ce fluide, faciliter ses combinaisons avec la matière des écailles, et donner ainsi naissauce à des nuances bien plus éclatantes et bien plus diversifiées ? Aussi, dans ces climats où tout porte l'empreinte de la puis-

sance «olaire, voit-on quelques espèces de Poissons montrer, jusque sur la portion dé, couverte de la membrane de leurs branchiesdes éléments d'écaillés luisantes, une sorte de poussière argentée.

Mais ce n'est qu'au milieu des ondes douces ou salées que les Poissons peuvent présenter leur décoration élégante ou superbe. Ce n'est qu'au milieu du fluide le plus analogue à leur nature que, jouissant de toutes leurs facultés, ils animent leurs couleurs par tous les mouvements intérieurs ^ue leurs ressorts peuvent produire. Ce n'est

Îu'au milieu de l'eau qu'indépendamment u vernis huileux et transparent élaboré dans leurs organes, leurs nuances sont embellies par un second vernis que forment les couches de liquide au travers desquelles on les aperçoit.

Lorsoue ces animaux sont hors de ce fluide, leurs forces diminuent, leur vie s'affaiblit, leurs mouvements se ralentissent, leurs couleurs se fanent, le suc visqueux se dessèche ; les écailles n'étant plus ramollies par cette substance huileuse, ni humectées

rr l'eau, s'altèrent ; les vaisseaux destinés les réparer s'obstruent, et les nuances dues aux écailles ou au corps même de l'animal changent et souvent disparaissent, sans qu'aucune nouvelle teinte indique la place qu'elles occupaient.

Pendant que le poisson jouit, au milieu du ^uide qu'il préfère, de toute l'activité dont il peut être doué, ses teintes offrent aussi qruelquefois des changements fréquents et rapides, soit dans leurs nuances, soit dans leur ton, soit dans l'espace sur lequel elles sont étendues. Des mouvements violents, des sentiments plus ou moins puis sants, tels que la crainte ou la colère, des sensations soudaines de froid ou de chaud, peuvent faire naître ces altérations de couleur, très-analogues à celle que nous avons remarquées dans le Caméléon , ainsi que dans plusieurs autres animaux ; mais il est aisé de voir que ces changements ne peuvent avoir lieu que dans les teintes produites, en tout ou en partie, par le sang et les autres liquides susceptibles d'être pressés ou ralentis dans leur cours.

Maintenant nous avons exposé les formes extérieures et les organes mtérieures du poisson. U se montre dans toute sa puissance et dans toute sa beauté. U existe devant nous, il respire, il vit, il est sensible. Qu'il obéisse aux impulsions de la nature,

3u'il déploie toutes ses formes, qu'il s'offre ans toutes ses habitudes.

C'est vers le milieu ou la fin du printemps que les ovaires des femelles commencent à se remplir d'œufs encore presque imperceptibles. Ces organes sont au nombre de deux dans le plus grand nombre de poissons, et réduits à un seul dans les autres. Renfermés dans une membrane comme les laites, ils occupent dans l'abdomen une place analogue à celle que les laites remplissent, et en égalent à peu près la longueur. Les œufs qu'ils renferment croissent a mesure * — '^ ^'"'

bUes se tuméfient; et dans la plus gramlo partie des femelles dont nous faisons l'Iiistoiro. leur volume est très-pelil. leur ligure .presque ronde, el leur nombre si immense, qu'il est plusieurs espèces de poissons , el parliculièremenl des Gades, îloni une seule femelle contient plus de neuf millions d'œufs (1).

Ces œufs, en grossissant, compriment

cha(|uc jour davantage les parties intérieures

de la femelle, et la surchargent d'un poids

qui s'accroît Successivement, Cette pression

et ce poids produisent bientAt une gêne,

une sorte de malaise et même de douleur,

qui doivent nScessairement être suivis de

réactions involontaires veuant d'organes in-

t4rieurs froissi^s et resserrés, el d'etToris

spontanés que l'animal doit souvent répé-

) débarrasser d'un Irës-gratldnoni-

Iscorpsquilelbnl souffrir. Lorsque

;ont<isïez gros pour élre presque

'Xercent une action si vire et sont

i lourds, que la femelle est COD-

se soustraire fc letir pesanteur et

de leur volume. Ils soflt alors plus

î des corps, pour ainsi dire, (5tran-

imal ; ils se détachent même faci-

unsdes autres : aussi arrive-t-ll

.,.. ,,je si l'on lient une femelle près

de pondre dans une situation verticale el la lëtc en liiiul, les œufs sont entraînés par leur propje poids, coulent d'eux-mêmes, el du moins on n'a besoin d'aider leur chute que par un léger frottement qu'on fait éprouver au ventre de la femelle, en allant de la tête rerslii queae.

C'est ce frottement dont les Poissons se

firocurenl le secours, lorsque la sortie de eurs œufs n'est pas assez déterminée par leurs efltirts intérieurs. On voit les ffemellus froisser plusieurs fbisleur ventre rentre les bas-fonds, les graviers et les divers corps durs qui i)euvent être à leur portée ( et les mâles ont aussi quelquefois recours h un moyen semblable podr comprimer leur laite, et en faire couler la liqueur qui tient ses organes gonfiés, gêne les pariies voisines, el f^it éprouver au )>oisson des Gensatioiis plus ou moins pénibles ou douloureuse-'.

A celle époque voisine du frai , dans ce ■ temps où les ovaires sont remplis et ks (ailes très-tuméliéps, dans ces momentsd'embarras et de contrainte, Il n'est pas surf^renant que les poissons aient une partie de leurs forces enchaînée, et quelques-unes de leurs facultés émoussées. Voilà pourquoi il est alors plus aisé de les nrendrn, parce qu'ils ne peuveni opposera leuis enm-mis que moins de luse, d'adresse et de courage ;

quand ils lonl arrivé* aii méiae degré de iléveloppomeul, et qu'ils sont ëgalenicnt rapproches tci uns dM aiilres, on peut nn savoir iaclleiuciil U nombre, eu podiiiit la intiliii! li'ua ovuirii, en pesant tiisnite Dnc pL-tiic porliuii de cet orj:aiie, en comptant les œufs renfL-iinés dans rcilc pelilc povliDn, cl en niujtipiiaiil le nonil re iroim: [wr celle demlére opération, aiUant de fnis que le Aolds de In (icllie porlton cul contenu d«» celui de l^onire.

et voil& pourquoi encore ceux qui hiiiilrnl la haute mer s'approchent des rivages, nu remontent les grands fleuves, et ïboi ijni vivent habituellement au milien deeeiui douces s'élèvent ver* les source* Jej rivières et des ruisseftui, ou deicendent a contraire vers les côtes marillmes. Tpui cherchent des abris plus sQrs; tl d'iilleun tous veulent trouver une température plu analogue h leur organtsAlion, aDt nnnirilure plus abondante ou plus roRveniblr, une eau d'une qualité plus idiptiet leur nature et h leur état, des fonds coœinndH contre lesquels ils puissent frotter U f«nii inférieure de leur corps de la iDanlèr» li plus favorable à la sortie des Œufsàlildi liqueur laiteuse, sans trop s'étoigatr de li douce chaleur de ta surface des rtiiîres m des plages voisines des rivages nwHns. rt sans trop se dérober h l'inQucnce di ti inmière, qui leur est si Bouvent sgrMIe el utile.

Sans les résultats de Ions ces besuJBitni agissent presque loi^ours ensemhkif»rail un bieti plus pplit nombre de pmi. Lesœufsde ces animaux ne p6u»eni,Hfifel, se développer que lorsqu'ils sort tv posés h tel ou tel degré de chaleur, kl^ltoi telle quantité de rayons sotafres, que kiv qu'ils peuvent Mre eisément relenQtp)rl>^i aspériiés ou la nature du terrain cDiltf dn flots trop agités ou des courants trop npidei; et d'ailleurs on peut assurer, pour un trèsgrand nombre d'espèces, que si desmaiiéw altérées et trop actives s'attachent tceiffiir^ el n'en sont fias assez prompt^nent Ml** réel par le mouvamenl des eaui.m m^ mes œufs se corrompent ai pourtisseol.

quoique féoofldés depuis plusieurs Jeun

L'on dirait que plusieurs feioeiles, [HfHenlièrement celles du genre des fiilsiODe^ sont conduites par leur instinct i prvs«iec leurâ œufs de cette décomposition, ta otin déposant que dans des endroits oôilijnnt moins exposés. On let voit, en eâel, » Tnilter h plusieurs reprises et en diStrents sens contre le fond de l'eail, y préportr vu place assez grande, en écerter les tubitannt molles, grasses et onctueuses, n'j laisKi que du gravier ou des cailloux lH@aneilo.fH par leurs mouTeoients, el ne faire ioaita leurs œufs que dans cette espèce de mil' Mais, au lieu de noua presser d'idiiHUre dans ces animaux une tendresse auiei'^*' très-vive el très-prévojante. crojooi i|»> leur propre besoin les déterminai l'op^Ti''"' dont nous venons de parier, etqueee uesl que pour se déiiarrasser plus iscilW"' ^ plus complètement du poids qui les ble.'j'i qu'elles passent et repussent plusieurs f»** sur le fond qu'elles préfèrent, el etiiniD^'ijiar leurs divers fyulicruenls, Is »»* f"^' autres matières propres h décompo»' '=* œufs. ,

Ils peuvent cependant, cea ttufs. «*"' plus longtemps que presque louleslea >"' Ires iiarties animales el molles i Isnifr"!*lion el à la pourriture, lin habile i*^"'*' leur a, ea etfet, remarqué qw n**^'* "*

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