‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 156 sur 204 · PRI · texte numérisé non relu

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leur p<}(;)ie. On estime beaucoup sa chair, qui est ferme, tendre et savoureuse.

POUMON. Vov. Respiration.

PRÉHENSION des aliments. Voy. Digestion, art. II.

PRIKA. Voy. Lamproie.

PRISTIS ou Squale-Scie, genre de poissons de Tordre des Sélaciens, famille des Squaloides.

Le nom que les anciens et les modernes ont donné à cet animal, indique Tarme terrible dont sa tête est pourvue, et qui seule le séparerait de toutes les espèces de poissons connues jusqu'à présent. Cette arme forte et redoutable consiste dans une prolongation du museau, qui, au lieu d'être arronJi, ou de finir en pointe, se termine par une extension très-ferme, très-Ionçue, trèsa)>latiede haut en bas, et très-étroite. Cette eilension est composée d'une matière osseuse, ou, pour mieux dire, cartilagineuse et trèsKiure. On peut la comparer à la lame d'une épée; et elle est recouverte d'une peau dont la consistance est semblable à celle du cuir Sa longueur est communément égale au tiers de la longueur totale de l'animal; sa largeur augmente en allant vers la tête, au^ de laquelle elle égale ordinairement le septième de la longueur de cette même Anne, pendant qu'elle n'en est qu'un douliéine à l'autre extrémité. Le bout de cette pmionpyon du museau ne présente cependant pas de pointe aiguë, mais un contour arrondi; et les deux côtés de cette sorte de lame montrent un nombre plus ou moins considérable de dents, ou appendices dentiformes très-forts, très-durs, très-grands et très-allongés. Ils font partie du cartilage très- Midurci qui compose cette même prolongation; ils sont de même nature que ce cartilage, dans lequel ils ne sont pas ench&ssés comme de véritables dents, mais dont ils dérivent comme des branches sortent d'un tronc; et, perçant le cuir qui enveloppe celte «nie, ils paraissent nus à l'extérieur. La longueur de ces sortes de dents, qui sont assez séparées les unes des autres, égale Cuvent la moitié de la largeur de la lame, à laquelle elle donne la forme d'un long pei- P|e garni de pointes des deux côtés, ou, pour DQieux dire, du râteau dont les jardiniers et >^s agriculteurs se servent : aussi plusieurs tialuralistes ont-ils nommé le Squale-Scie, nateau ou PorU-rateau. Pendant que l'ani- [Dtu est encore renfermé dans son œuf, ou orsqu*ii n'en est sorti que depuis peu de *6ttips, la lame cartilagineuse qui doit fornier son arme est molle, ainsi que les dents que produisent les découpures de cette lame, ^qui sont, à cette époque de la vie du ^uale, cachées presque en entier sous le ^uir. Au reste, le nombre des dents de cette oçie varie dans les différents individus, et le plus souvent il y en a de vingt-cinq h trente ue chaque cêté.

Nous allons voir l'usage que le poisson ^^^ fait de cette longue épée ; mais achevons auparavant de faire connaître les parlicula- ^^^ de la conformation de ce Squale.

La couleur de la partie supérieure de ce cartilagineux est grise et presque noire; celle des côtés est plus claire, et la partie inférieure est blanchâtre. On voit sur la peau de très-petits tubercules, dont l'extrémité est tournée vers la queue, et qui par conséquent ne rendent cette même peau rude au toucher que pour la main qui en parcourt la surface en allant de la queue vers le museau.

La tête et la partie antérieure du corps sont aplaties. L'ouverture de la bouche est demi-circulaire, et placée dans la partie inférieure de la tête, à une plus grande distance du bout du museau que les yeux. Les mâchoires sont garnies de dents aplaties de haut en bas, ou, pour mieux dire, un peu convexes, serrées les unes contre les autres, et formant une sorte de pavé.

Les nageoires pectorales présentent une grande étendue ; la première dorsale est située au-dessus des ventrales, et celle de la queue est très-courte.

Les anciens naturalistes et quelques auteurs modernes ont placé la Scie parmi les cétacés, que l'on a si souvent confondus avec les poissons, parce qu'ils habitent les uns et les autres au milieu des eaux. Cette première erreur a fait supposer par ces mêmes auteurs, ainsi que par Pline, que la Scie parvenait à la très-grancle longueur attribuée aux Baleines, et l'on a écrit et répété que, dans des mers éloignées, elle avait quelquefois jusqu'à deux cents coudées de long. Quelle distance entre cette dimension et celles que l'observation a montrées dans les Squales-Scies les plus développés 1 On n'en a guère vu au delà de cinq mètres, ou de quinze pieds de longueur ; mais comme tous les Squales ont des muscles très-forts, et que d'ailleurs une Scie de quinze pieds a une arme longue de près de deux mètres, nous ne devons pais être surpris de voir les grands individus de l'espèce que nous examinons, attaquer sans crainte et combattre avec avantage des habitants de la mer des plus dangereux par leur puissance. La Scie ose même se mesurer avec la Baleine mysticète, ou Baleine franche, ou grande Baleine; et, ce qui prouve quel pouvoir lui donne sa longue et dure épée, son audace va iusqu'à une sorte de haine implacable. Tous les pêcheurs qui fréquentent les mers du Nord, assurent que toutes les fois que ce Squale rencontre une Baleine, il lui livre un combat opini&tre. La Baleine tAche en vain de frapper son ennemi de sa queue, dont un seul coup sufQrait pour le mettre à mort : le Squale, réunissant l'agilité à la force, bondit, s'élance au-dessus de l'eau, échappe au coup, et, retombant sur lecétacé, lui enfonce dans le dos sa lame dentelée. La Baleine, irritée de sa blessure, redouble ses efforts : mais souvent, les dents de la lame du Squale pénétrant très-avant dans son corps, elle perd la vie avec son sang, avant d'avoir pu parvenir à frapper mortellement un ennemi qui se dérobe trop rapidement à sa redoutable queue.

Martens a été témoin d'un combat de cette

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