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nature derrière la Hitlande» entre une autre es|)èce de Baleine nommée Iford caper et une grande Scie. Il n'osa pas s'approcher du champ de bataille : mais il les voyait de loin s'agiter» s'élancer, s'éviter, se poursuivre, et se neurter avec tant de force, que l'eau jaillissait autour d'eux, et retooabait en forme de pluie. Le mauvais temps l'empêcha de savoir de quel côté demeura la victoire. Les matelots qui étaient avec ce voyageur, lui dirent qu'ils avaient souvent sous les yeux de ces spectacles imposants; qu'ils se tenaient à l'écart jusqu'au moment où la Baleine était vaincue par la Scie, qui se contentait de lui dévorer la langue, et qui abandonnait en quelque sorte aux marins le reste du cadavre de l'immense cétacé.
Mais ce n'est pas seulement dans l'Océan septentrional que la Scie donne, pour ainsi dire, la chasse aux Baleines; elle habite, en effet dans les deux hémisphères, et on Ty trouve dans presque toutes les mers. On la rencontre particulièrement auprès des côtes d'Afrique, où la forme, la grandeur et la force de ses armes ont frappé l'imagination de plusieurs nations nègres, qui l'ont, pour ainsi dire, divinisée, et conservent les plus petits fragments de son museau dentelé, comme un fétiche précieux.
Quelquefois ce Squale, jeté avec violence par la tempête contre la carène d'un vaisseau, ou précipité par sa rage contre le corps d'une Baleine, y enfonce sa scie qui se brise; et une portion de cette grande lame dentelée reste attachée au doublage du bâtiment ou au corps du cétacé, pendant que ranimai s'éloigne avec son museau tronqué et son arme raccourcie. On conserve, dans les galeries du Muséum d'histoire naturelle, un fragment considérable d'une très-grande lame de Squale-Scie, qui y a été envoyé dans le temps par M. de Capellis, capitaine de vaisseau, et qui a été trouvé implanté dans le côté d'une Baleine.
PROGRESSION. Voy. Marche.
PROPRIETES VITALES. Voy. Vitalisme.
PROTÉE, Proleus, genre de Reptiles. — Ce genre i créé par Laurenti sur une espèce de Reptile batracien de ^a famille des Urodèles, a été depuis adopté par la plupart des naturalistes. Les caractères généri(|ues des Protéessont les suivants : corps cylindrique, allongé, terminé par une aueue en forme de nageoire: quatre pattes d égale grandeur et sans ongles distincts; des branchies et des poumons à Tâge adulte; corps nu.
Dans l'ordre des Batraciens, nous distinguerons les Protées des Crapauds, des Grenouilles et des Rainettes, parce que ces Reptiles n*ont pas de queue; nous tes éloignerons des Salamandres, qui n'ont pas de branchies h Tâge adulte; entin, nous les séparerons des Sirènes , qui n'ont que des pattes antérieures.
On ne connaît qu'une seule espèce deProtée, le Protée anguillard. Laurenti, en 1768, fit nieulion de cet animal dans son Synopsis rcptilîum, Scopoli, en 1772, décrivit de nouveau ce Reptile; mais sa description ne sa-
tisfit pas encore les naturalistes. M. de Schmbers, directeurdii cabinet impérial de Yienoe, a consigné, dans les Transactions philosophie ques de Londres de 1801, des ooserfatioos splanchnologiques sur cet animal. Le baron deZoïs, gentilhomme de Camiole, après avoir procuré le premier le Protée à Ldu. renti et à Scopoli , le fit parvenir Tifant à MM. G. Cuvier et Duméril. En 1807, G.Cuvier fit paraître, dans les Mémoires de ZiXh logie de M. de Humboldt, une di$sertalii>a importante sur lanatomie du Protée anguillard; cette dissertation , qui porte priDdpalement sur le système osseux, prouve qaele Protée est bien un animal complet et ooq une larve de Salamandre , comme Ytnmi pensé Hermann , Schneider et quelques autres naturalistes. Bnfin, MM. Contigliachiet Rusconi ont publié, en 1819, k Pavie, une Monographie du Protée anguillard, quiaftit entièrement connaître' ce singulier Baincien.
Le Paorie AffeDiixAiiD, Protem ofinkir, Laurenti ; Sirena anguina^ Scfaneick fo^ de douze à quatorze pouces , n'a goèrc pins d'un pouce de diamètre. Sa tète ejlinénqiM et allongée est amincie et déprimée; uui^ choire supérieure dépasse l'inférieurt fyù est plane; toutes deux sont garnies de desu; sa langue est peu mobile et libre eaaTiRtt; ses yeux, très-petits, sont couverts par m membrane assez épaisse; ses oreilles, de même que celles des. Salamandres, sont achées par les chairs. Il porte de chaque côté de Tocciput trois branchies en forme de houppes plumeuses , rouge de corail, qu'il conserve toute sa vie ; mais outre ces on ganes respiratoires extérieurs, il i eocore des poumons intérieurs. Son corps rjlindrique est recouvert par une peau lisse et muqueuse, blanche sous le ventre, blaoc légèrement roussâtre sur le dos et la tète, et blanc-violacé sur les côtés. Sa queue, tmpivmée verticalement, se termine en fonne de nageoire. Il a quatre pattes assez courtes, les antérieures présentant trois doigts, et les postérieures n'en ayant que deux.
Ses poumons, semblables à ceux des larves des Salamandres , sont formés de simples tubes terminés par une dilatation; des trous pratiqués entre les branchies arrivent dans 1 arrière-bouche. Il a le foie t^ès-déT^ loppé, tacheté de noir sur un fond gris, divisé en cinq lobes. L'estomac est épais et eoriace; l'intestin grêle ne fait que trois plis avant de se terminer au rectum. Le cœur m présente qu'un ventricule et qu'uoe oreillette.
Le squelette du Protée ressemble à celw des Salamandres ; mais sa tète, qui esl ^ seuse, diffère beaucoup de laieafi ^^^ qu'elle se rapproche de celle des Sirènes, w Protée présente cinquante-sept vertèbres t tandis que la Salamandre n'en a que ^ rante. A partir de la deuxième vertèbre, u y a de chaque côté sept rudiments de côl«, tandis qu'il y en a un plus grand nmbrt dans le squelette des Salamainlres.
On a cru pendant longtemps que le Pro<"
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auguillard ne se trouvait que dans des lacs soulerraios de la basse Caruiole ; mais on Ta trou ré depuis dans la grotte d'Adelberg, |)rès de la route de Trieste à Vienne. Ce Reptile marche mal, mais il nage très-bien. Il fait entendre un petit cH particulier. On a trouvé dans l'estomac d'un Protée un petit coquillage , indice du genre de nourriture de cet animal.
M. J, Green mentionne, dans le Journal de TAcadémie des sciences naturelles de Philadelphie, une seconde espèce de Protée, qu'il noD^me Protée du nouveau Jersey j mats il faut attendre de nouveaux renseignements avant de ranger déflnitivemeot cette espèce parmi les Prolées.
PTERACLI9. Voy. Oligopodb.
PTËROISy genre de poissons, connus au^si sous le nom de Scorpions volants. — Ces poissons ont de très-grands rapports avec ceux aui^quels on peut appliquer la dénominaiioD générale de Scorpènes ', d'après l0ur organisation et leurs mœurs. Cuvier, dans sûM Règne animal, a détaché les Ptérois du genre déjà cité, parce que leurs rayons dorsaux et pectoraux sont eicessivement iilbngés, dépassant do beaucoup les mem- ^s, et de icette singulière prolongation
vient le nam générique de Ptérois^ qui signifie sili.
Ces poissons vivent aux MolUques, dans les eaux douces \ ils ont des couleurs vives et agréablement distribuées, des formes élé*gantes à quelques égards, en même temps que très-singulières.
Nous citerons comme type l'espèce la pins Srandesous le nom de Pteroïs volitansj Cuv., ^^ScarptBHa volUans des auteurs. L'ensemble i^ses formes rappelle assez celles de la Perche; son corps est allongé, comprimé; tt tête comprimée et épineuse; la mAcboire inférieure avance un peu plus que la su- ^rieure ; ses dents en velours occupent une )ande étroite à cbaqu*) mâchoire ; sa dorsale ît ses pectorales sont hautes, les ventrales iun tiers moins longues ; les écailles de son 'Orps sont petites, lisses , presque rondes. Le Ptérois voltigeant porte sur chaque œil Jn lambeau qui égale presque la moitié de â longueur de Ja tôte ; il en a deux petits »ur le bout du museau, deux autres trèsarges au bord du premier sous-orbitaire, i^isunpeu moindres, mais également larges^ 6 long (lu bord du préopercule. La couleur le ce poisson est un brun rouge, traversé fansversalement par des lignes roses disposées par paires. Aux Moluques il porte le îona de Kalkom {poisson dindon); on ne le ï^ange pas dans ces îles. A ( eylan, on Tap- ^jelle Gini-maha (grand feu) , et les pêcheurs Je ce pays assurent que sa chair est blanche, ferme et de bon goût.
PYRAPEDE. Voy. DACTYLoprèRE.
PYTHON. — Russel a donbé le nom de ^J^hon, adopté parDaudin, à un genred'Ophi- Uïens, qui présente les caractères suivants: •^n^s allongé, cylindrique; tête oflTrant de grandes plaques jusqu'au bout du museau ; ^âclioires garnies de dents aiguës et recour-
bées en arrière, mais pas de crochets h venin; dos couvert d'écaillés nombreuses; ventre garni de plaques entières; plaaues souscaadales entières et disposées sur aeux rangs ; queue longue, conique et sans grelots ; anus transversal, armé a chaque extrémité d'un éperon crochu.
Les Pythons ressemblent beaucoup aux Boas et aux Couleuvres i mais tandis quUls se distinguent des Boas par leur double rangée de plaques sous-caudales, par la forme et par la longueur de leur queue, ils diffèrent des Couleuvres dont l'anus est dépourvu d'éperons. L'absence de crochets à venin les éloigne des Crotales, des Vipères et des autres Serpents venimeux.
Ce genre ne renferme qu'un petit nombre d'espèces qui toutes proviennent de l'Inde ; il paraîtrait, d'après l'observation de G. Cuvier, que le genre Python doit contenir tous les prétendus Boas de l'ancien continent. Les Pythons, qui portent dans Tlndoustan le nom de Serpents de rocher, ne sont pas vénéneux ; les deux ergots qu'ils ont à la queue, et qu'ils peuvent à volonté , au moyen de muscles particuliers, retirer sous les éctsilles, leur servent, dit-on, de défense $ iU font entendre, lorsqu'on les excite, un sifflement assez fort.
C'était probablement un Python que cet énorme serpent qui, dans la prei^ière guerre Punique, servit d auxiliaire aux Carthaginois contre les Romains, sur les bords du fleuve Bagrada. « Il fallut, dit Pline, dresser contre lui des balistes et des catapultes, et l'attaquer dans les formes, comme une citadelle ; enûn, après bien des coups inutiles, une énorme
Eierre, lancée avec une raideur extrême, lui risa l'épine du dos et )e coucha par terre ; ou eut bien de la peine à l'achever. » Régulus envoya à Rome sa peau, longue de cent vingt pieds (c'est Pline qui énonce ce chiffre suspect) ; elle fut suspendue dans un temple, où on la voyait encore plus d'un siècle après.
L'Dlar-Sawa, grande couleuvre aes lies de laSonde, couleuvre jaune et bleue, Lacép. et Lat. ; Py(Aon amethystinus, Daudin ;tfoa amethystina^ Schneider; Coluber Javanica^ Sh.— Ce Python, aussi grand qu'aucun Boa, atteint jusqu'à trente pieds de longueur. Tête plate, large, d'un gris bleuâtre, couverte de plaques polygonales; museau jaunâtre ; bouche ample et très-dilatable, armée de dents aiguës, nombreuses; un trait bleu-foncé derrière chaque œil, se réunissant à celui du cùté opposé au cou au-delà de l'occiput, où se trouve une tache cordiforme,jaune, variée de bleu ; cou plus étroit que la tête; dessus du corps divise par des zones bleues; améthystes bordées de jaune ou de fauve, disposées de manière à former des taches réticulées ou carrées, d'un gris obscur, à reflets jaunes, bleus et verts ; flancs d'un gris blanchâtre; ventre présentant 312 plaques; 93 paires de plaques sous-caudales ; menton, gorge et ventre jaune- blanchâtre; queue courte, pointue, jaune avec quelques zones bleues.
Ce Python se trouve dans l'Ile de Java,
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dans .es plantations de riz , auprès des rivières; le nom d'DIar-Sawaqui lui a été donné par.les Javanaisveut dire Serpentdes rivières. Wurmb a décrit dans les Acta societatis In^ dicO'Bataviœnitn individu de cette espèce qui n'avait pas plus de neuf pieds*: on rapporte que les individus qui vivent dans les pays peu élevés, ont une taille bien moins considérable que ceux qui habitent les terrains moiitagneui et boisés. Ce Serpent n'est pas venimeux, mais il est dangereux à cause de sa force extraordinaire. Il se nourrit de Rats, de Souris et d*oiseaux, mais, lorsqu'il a atteint tout son développement, des animaux plus gros deviennent sa proie. Un grand squelette et plusieurs peaux ae ce Serpent se trouvent au Muséum d'histoire naturelle.
Le Python Tigre {Python tigris, Daudin ; Pedda-poda^ Russel ; Boa cinerea et Boa casianea^ Schneider; Céraste de 5tam, Seba). — . Taille variant de 8 à 10 pieds; tête plus large que le cou, gris-rosé; p-aques cépnaliques assez nombreuses ; bouche large, irès-fendue. Ce Python se trouve au Bengale ; les hommes qui, dans rinde, font métier de montrer des Serpents en public, lui ont donné le nom de Serpent de rocher; ils le nourrissent avec des poulets qu*il avale lentement avec toutes les plumes. G. Cuvier dit que le Peddapoda du Bengale est au moins très-voisin de l'DIar-Sawa.
Les P YTHONS ▲ DEUX BANDES {PythonhivittO" tus) , que Ton conserve à la ménagerie du Muséum, ne mangent que cinq à six fois par an; un si long intervalle entre leurs repas s'explique par la quantité d'aliments au'ils avalent, et surtout par la lenteur de 1 acte digestif. Il est probable que, dans l'état de liberté, ces animaux se repaissent plus souvent, sinon plus abondamment, que quand ils sont remermés dans une cage. Il faut que vous alliez assister au déjeuner d'un des Pythons que [l'on conserve au Jardin ; ce sera, pour vous un spectacle intéressant
et pénible tout à la fois ; une poule est placée dans la cage du Serpent, et maintenue solidement en sa présence ; le Reptile |>a5se et repasse un grand nombre de fois devant sa proie, en la frôlant légèrement, comme pour s'assurer qu'elle est bien vivante ; soo œil sans paupière, jaune et vitré, n'exprime aucune malveillance pour la pauvre Poule, qui, avertie par son instinct, et sentant qq corps froid glisser contre le sien, crie, tremble et frémit de toutes ses plumes. Après bien des circuits, le Python relève tout \ coop sa tète, s'élance sur sa proie, la saisit eolre ses mâchoires, comme dans une tenaille, et l'avale peu è peu toute vivante. Quelques Pythons broient leur victime avant de la dévorer, d'autres la placent dans leurs replis formant une sorte d'entonnoir ou de spirale, et la tiennent ainsi Gxée pour l'avaler plas commodément, toujours en commençant par les parties postérieures.
Le BoRA (Python bora^ Daudin ; Boa &riiculatay Schneider; Bora^ Russel). Tail/ede ï à 5 pieds; couleur principale bruoe, présentant sur le dos des taches rouies aun brun plus clair au milieu, et bordées de brun jaunâtre ; côtés variés de gris )k> ch&tre et de brun ; plaques de la tête très-ûo&breuses et assez grandes ; bouche grande.
Ce Serpent habite le Bengale, oùila nça le nom de Bora ; sa morsure n'est pas eoienimée, et l'on doit douter de l'assertion des habitants du Bengale qui prétendent qu'une éruption cutanée sur tout le corps survient au bout de douze à quinze jours, aux personnes qui ont été mordues par ce Serpent. Ce Python a été décrit pour fa première fûi>. par Patrick Russel dans son ouvrage sur ie> Serpents du Coromand^l.
Daudin, dans son Histoire naiurelU des Beptiles donne la descri^Ulon incomplète de deux autres espèces de ce genre, les Pythons ordiné et d jSoutluyn.
PYXIDE. Voy. Toetub.
RADIUS. Voy. Squelette.
RAGE. Sa cause. Voy. Digestion, art. l.
RAIA. Voy. Raie.
RAIE, Raia. — Comparant les Raies aux Pétromyzons dont il vient de parler, Lacépède s'exprime ainsi :
« Les Raies sont, comme les Pétromyzons, des poissons cartilagineux ; elles ont de m(^me leurs branchies dénuées de membrane et d'opercule. Elles offrent encore d'autres
grands rapports avec ces animaux dans leurs abitudes et dans leur conformation ; et cependant quelle différence sépare ces deux genres de poissons 1 quelle distance, surtout, entre le plus petit des Pétromyzons, entre le Lamproyon et les grandes Raies, particulièrement la Raie Batis, dont nous liions nous occuper! Le Lamprovon n'a souvent que quelques centimètres de longueur sur un de
diamètre : les grandes Raies ont guelqudbis plus de cinq mètres ( quinze pieos ou enriron J de longueur, sur deux ou trois (six ou neui pieds ou à peu près) de large. LeLatn-
rroyon pèse tout au plus un hectogramme quelques onces ) : Ton voit, dans les mers chaudes des deux continents, des Raiesdont le poids surpasse dix myriagrammes ( deux cent cinq livres). Le corps du Lamprojon est cylindrique et très- allongé; et si l'on retranchait la queuo des Raies, lear corps, aplati et arrondi dans presque tout son contour, présenterait l'image (l'un disque. Souple, délié, et se pliant facilemepl en divors sens, le Lamproyon peut, en quelque sorte* donner un mouvement isolé et indépenianl à chacun de ses muscles : lecorpsdelaKaie ne so prôtant que difficilement à desp'is^ne permettant en général que de légères inril-
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naisons d*uoe partie sur une aatre, et presque toujours étenSu de la même manière.
De se meut que par une action plus universelle et plus uniformément répartie dans les diverses portions qui le composent. Dans quelque saison de 1 ann^ que Ton observe les Lamprojons et les autres Pétromyzons, on pe les voit jamais former aucune sorte de société : il est au contraire un temps de l^année, celui pendant lequel le plus impérieux des besoins est accru ou provoqué par •a chaleur nouvelle, où les Raies s'appariant, se tenant le mâle auprès de la fomelle pendant un temps plus ou moins long, et se réunissant, peut-être seules entre tous les poissons, d*une maoièreassez intime,forment un cofDmencement d*association de famille, et ne sont oas étrangères, commepresque tous les autres habitants des eaux, aux charmes d*a*ie sorte de tendresse au moins légère et momentanée. Les jeunes Pétromjzons sortent d*(Bufs pondus depuis un nombre de jours plus ou moins grand par leur mère : les jeunes Raies éclosent dans le ventre même de la leur, et naissent toutes formées. Les Pélromyzons sont très-féconds; des milliers d'ceufs sont pondus par les femelles : les Raies ne donnent le jour qu'à un petit à la fois, et n'en produisent, chaque année, qu'un nombre très-peu considérable. Les Pétromjzons se rapprochent des Couleuvres Vipères par leur oi^ne respiratoire; les Raies par leur manière de venir à la lumière. Cne seule espèce de Pétromyzon ne craint pas les eaux salées, mais ne se retire dans le sein des mers que pendant la saison du froid : toutes les espèces de Raies vivent au contraire sous tous les climats et dans toutes les saisons, au milieu des ondes de TOcéan ou des mers méditerranées. Qu'il y a donc loin de nos arrangements artificiels au plan sublime de la toute-puissance créatrice; de celles de nos méthodes dont nous nous sommes le plus efforcés de combiner tous les détails, avec l'immense et admirable ensemble des productions qui composent ou embellissent le globe; de ces moyens nécessaires, mais défectueux, par lesquels nous cherchons à aider la faiblesse de notre vue, Tinconstance de notre mémoire, et l'imperfection des signes de nos pensées, à la véritable eiposition des rapports qui lient tous les êtres ; et de l'ordre que l'état actuel de nos connaissances nous force de regarder comme le plus utile, à ce tout merveilleux où la nature, au lieu de disposer les objets sur une seule ligne, les a groupés, réunis et enchald/«s dans tous les sens par des relations innombrables 1 Retirons cependant nos regards du haut de cette immensité dont la vue a tant d'attraits pour notre imagination ; et, nous servant de tous les moyens que l'art d'otiserver a pu inventer jusqu'à présent, |H3rtons notre attention sur les êtres soumis niaintenant à notre examen, et dont la consitlération réflébhie peut nous conduire à des vérités utiles et élevées. »
C'est toujours au milieu des mers que les Raies font leur séjour; mais suivant les dif-
férentes époques de l'année, elles changent d'habitation au milieu des flots de l'Océan. Lorsque le temps de la fécondation des œufs est encore éloigné, et par conséquent pen* dant que la mauvaise saison règne encore, c'est dans la profondeur des mers qu'elles se cachent, pour ainsi dire. C'est là que, souvent immobiles sur un fond de sable ou de vase, appliquant leur lai^e corps sur le limoa du fond des mers, se tenant en embuscade sous les algues et les autres plantes marines, dans les endroits assez voisins de la surface des eaux pour que la lumière du soleil puisse y parvenir et déveiopper les germes de ces végétaux, elles mériteit, loin des rivages, l'épithète de pélagiennes qui leur a été donnée par plusieurs naturalistes. Elles la méritent encore, cette dénomination de pélagiennes^ lorsque, après avoir attendu inutilement dans leur retraite profonde l'arrivée des animaux dont elles se nourrissent, elles se traînent sur cette même vase qui les a quelquefois recouvertes en partie, sillonnent ce limon des mers, et étendent ainsi autour d'elles leurs embûches et leurs recherches. Elles méritent surtout ce nom d*habitantes de la haute mer, lorsque, pressées de plus en plus par la faim, ou effrayées par des troupes très-nombreuses d'ennemis dangereux, ou agitées par quelque autre cause puissante, elles s'élèvent vers la surface des ondes, s'éloignent souvent de plus en plus des côtes, et, se livrant, au milieu des régious des temnêtes, à une fuite précipitée, mais le plus fréquemment à une poursuite obstinée et à une chasse terrible pou* leur proie, elles affrontent les vents et les vagues en courroux, et, recourbant leur queue, remuant avec force leurs larges nageoires, relevant leur vaste corps aundessus des ondes, et le laissant retoinber de tout son poids, elles font jaillir au loin et avec bruit l'eau salée et écumante. Mais lorsque le temps de donner le jour à leurs petits est .ramené par le printemps oui^ar le commencement de l'été, les mAles ainsi que les femelles se pressent autour des rochers qui bordent les rivages, et elles pourraient alors être comptées passagèrement parmi les poissons littoraux. Soit qu'elles cnerchent ainsi auprès des côtes l'asile, le fond et la nourriture qui leur conviennent le mieux, soit qu'elles voguent loin de ces mêmes bords, elles attirent toujours l'attention des observateurs par la grande nappe d'eau qu'elles compriment et repoussent loin d'elles, et par l'espèce de tremblement qu'elles communiquent aux flots qui les environnent. Presque aucun habitant des mers, si on excepte les Baleines, les autres cétacés et quelques Pleuronectes, ne présente, en effet, un corps aussi long, aussi large et aussi aplati, une surface aussi plane et aussi étendue. Tenant toujours déployées leurs naseoires pectorales, que l'on a comparées à de grandes ailes se dirigeant au milieu des eaux par le moyei d'une queue très-longue, très-déliée et trèsmobile, poursuivant avec promptitude les poissons qu'elles recherchent, et fendant les
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eaux pour tomber à Tituprovisle sur les animaux qu'elles sont près d'atteindre, comme I oiseau de proie se précipite dti haut des airs, il n'est pas surprenant qu'elles aient été assimilées, dans le moment où elles cinglent arec vitesse près de la surface de l'Océan, à un très-grand oiseau, à un Aigle puissant, qui, les ailes étendues, parcourt rapidement les diverses régions de l'atmosphère. Les plus forts et les plus grands de presque tous les poissons, comme l'Aigle est le plus grand et le plus fort des oiseaux ; ne paraissant, en chassant les animaux marins plus faibles qu'elles, que céder à une nécessité impérieuse et au besoin de nourrir un corps volumineux ; n'immolant pas de victimes à une cruauté inutile; douées d'ailleurs d'un instinct supérieur à celui des autres poissons osseux ou cartilagineux, les Haies sont en effetles Aigles de la mer ; l'Océan est leur domaine, comme l'air est celui de l'Aigle ; et de même que l'Aigle, s'élançantdans les profondeurs do l'atmosphère va chercher, sur des rochers déserts et sur des cimes escarpées, le repos après la victoire, et la jouissance non troublée des fruits d'une chasse laborieuse, elles se plongeni, après leurs courses et leurs combats, dans un des abîmes de la mer, et trouvent dans cette retraite écartée un asile sûr et la tranquille possession de leurs conquêtes.
Il n'est donc pas surprenant que, dès le siècle d'Arislote, une esjiècede Raie ait reçu le nom d* Aigle marine. Mais, avant de nous occuper de cette espèce, examinons de près la Ratis, l'une des plus grandes, des plus répandues et des plus connues des Raies.
L'ensemble du corps de la Bâtis, présente un peu la forme d*ui) losange. La pointe du museau est placée ï l'angle antérieur, les rayons les plus longs de chaque nageoire pectorale occupent les deux angles latéraux, et l'origine de la queue se trouve au sommet de l'angle de derrière. Quoique cet ensemble soit très-aplati, on distingue cependant un léger renflement tant dans le côté supérieur que dans le côté inférieur, qui trace, pour ainsi dire, le contour du corps proprement dit, c'est'-ft-dire des trois cavités de la tête, de la poitrine et du ventre. Ces trois cavités réunies n'occupent que le milieu du losange, depuis l'angle antérieur jusqu'à celui de derrière, et laissent de chaque côté une espèce de triangle moins épais, qui compose les nageoires pectorales. La surface de ces deux nageoires pectorales est plus grande que celle du corps proprement dit, ou des trois cavités principales ; et, quoiqu'elles soient recouvertes d'une peau épaisse, on peut cependant distinguer assez facilement, et même com[)ter avec précision, surtout vers l'angle latéral de ces laides parties, un grand nombre de ces rayons cartila* gineux, composés et articulés, dont nous avons expose la contexture. Ces rayons parvient du corps de l'animal, s'étondent, en di- / vergeantun peu, jusqu'au bord des nageoires ; et les dlfiforenles personnes qui ont mangé de la Raie Bâtis, et qui ont dû voir
et manier ces longs rayons, ne serooi jw peu étonnées d'apprendre qu'ils ont échaj>(k< à l'observation de Quelques naturalistes, qm ont pensé, en conséquence, qu'il n j a^it pas de rayons dans les nageoires pectora.u de la Bâtis. Aristote lui-même, qui cefifodant a bien connu et très-bien exposé Its principales habitudes des Raies (1), oe croyant pas que les côtés de la Bâtis renfermassent des rayons, ou ne considéniDl \^ ces rayons comme des caractères dislinclifi des nageoires, a écrit qu'elle n'avait poiDi*; nageoires pectorales, et qu'elle voguai! »« agitant les parties latérales de son corps ;*,
La tête de la Bâtis, terminée par un niin seau un peu pointu, est d'ailleurs enga^»*? par derrière dans la cavité de la poilrinf L'ouverture de la bouche, placée dans la partie inférieure de la tête et même à une distance assez grande de l'extrémitédamu^esD, est allongée et transversale, el sesbyrJs sont cartilagineux et garnis de dmuts rangs de dents très-aiguës et croflio«. U langue est très-courte, large et su» listes.
Les narines, placées au devant de U boache, sont situées également surlapaiwiv férieure de la tête. L'ouverture de cetot^atiî
f>eul être élargie ou réirécie à la Toloofeik 'animal, qui d'ailleurs, après avoir diminiit le diamètre de cette ouverture, peut la fermer en totalité par une membrane particii Hère attachée au côté de l'oriQce, le |b voisin du milieu du museau , el laquelle. s'étendant avec facilité jusqu'au bord ni-
i)Osé, et s'y collant, pour ainsi dire, p»iit aire l'office d'une sorte de soupape, ei etnpêcher que l'eau chargée des émanalioRj odorantes ne parvienne jusqu'à un or^m très-délicat, dans les moments où la to n'a pas besoin d'être avertie de la préseixt des Objets extérieurs et dans ceux oii p^ système nerveux serait douloureusemeil atfecté par une action trop vive et trop constante. Le sens de l'odorat étant, si l'on pent parler ainsi , le sens de la vue des poisson?, et particulièrement de la Bâtis, cette sorte di paupière leur est nécessaire pour souslr^if? un organe très-sensible à la fatigue ains qu'à la destruction, et pour se Ii?rer8ur^ pos et au sommeil , de môme que l'hooMN et les Quadrupèdes ne pourraient, sins Ij véritable paupière qu'ils étendent souT»fli au-devant de leurs yeux, ni éviter de? w"'^ trop longues et trop multipliées, ni m^' ver dans toute sa perfection et sa déliotesse celiri de leurs organes dans lequel supère la vision.
Les yeux sont situés sur la partie sur rieure de la tête et à peu près à la ^^^ tance du museau que l'ouverture de U w«* che. Ils sont à demi saillants et giraotis^
partie par une continuation de la P^"JJ recouvre la tête, et qui, s'étendant aunlessoJ
(t) Arislot., ni$L anim., l. n. c. I5.-I^'j^ 3 èi 5. - L. VI. c. iO d W.^DeGinem^»''*' mal.^ I. m, c. 7 el il.
(%) Arisiol., Uiu. nai., 1. 1, c. 5*
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POiSSMS, BTC.
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•Ju gfohe de rœil, forme comme nne sorte de l^iii toit, et ôterait aux Bâtis la facilité de voir les o^ets placés verticalement au-dessus d'elles, si elle n*était souple et un peu rétraclile vers le milieu du crâne. C'est celte peau, que Tanimal peut déployer ou resserrer, et qui a quelques rapports atec la paupière supérieure de Tbomme et des Quadrupèdes, que quelques auteurs ont appelée paupière^ et que d'autres onl comparée à la meiijbrane clignotante des oiseaux.
Immédiatement derrière les jeux, mais uo peu plus vers les bords de la tète, sont deux troosou érentt qui communiquent avec Tinterieur de la bouche. Et comme ces trous S'>nt assez grands , aue les tuyaux dont ils sont les oriflces sont larges et très-courts, et u'ils correspondent à peu près à l'ouverture e la bouche, il n'est pas surprenant que, lorsqu'on tient une Raie Bâtis dans une certaine position, et par exemple contre le jour, on aperçoive même d'un peu loin et au travers de l'ouverture de la bo.uche et des évents, les objets placés au-delà de l'animal, qui parait alors avoir reçu deux grandes bles- ^ures et avoir été perce d'un bord h l'autre. Ces trous, que ranimai a la faculté d'ouvrir ou de fermer par le moyen d'une membrane très-extensible , que 1 on peut comparer k une paupière, ou, pour mieux dire, à une sorte de soupape, servent à la Bâtis au même usage que l'évent de la Lamproie à ce Pétrorayzon. C'est par ces deux orifices que celle Raie admet ou rejette Peau nécessaire f*\ï surabondante à ses organes respiratoires, lorsqu'elle ne veut pas employer I ouverture de sa bouche pour porter l'^eau de la mer dans ses branchies ou pour l'en retirer. Mais comme la Bâtis» non plus que les autres Raies, n'a pas l'habitude de s'attacher avec la bouche aux rochers, aux bois, ni à d'autres corps durs , il faut chercher pourquoi ces deux évents supérieurs , que l'on retrouve dans les Squales, mais que Ton n'ap*.Tçoit d'ailleurs dans aucun genre de poissons, paraissent nécessaires aux promptes et fréquentes aspirali ^ns et expirations aqueuses sans lesquelles les Raies cesseraient ue vivre.
ifous allons voir que les ouvertures des branchies des Raies sont situées dans le côté inférieur de leur corps. Ne pourrait-on pas, en conséquence, supposer que le séjour assez long que font les Raies dans le fond des mers, où elles tiennent la partie inférieure de leur corps appliquée contre le limon ou le sable, doit les exposer à avoir, pendant une grande partie de leur vie, l'ouverture de leur bouche, ou celles du siège de la respiration, collées en quelaue sorte contre la vase, de manière que Veau de la mer ne puisse y parvenir ou en jaillir qu'avec peine, et que si celles de ces ouvertures qui peuvent être alors obstruées n'étaient pas suppléées par les évonts placés dans le côté supérieur des Raies, ces animaux ne pourraient pas faire arriviT jusqu'à leurs organes respiratoires l'eau dont ces organes doivent être périodiquement abreuvés?
Ce siège de la respiration , auquel les évents servent h apporter ou à ôter Feau de la mer, consiste de chaque côté dans une cavité assez grande qui communique avec celle du palais, ou, pour mieux dire, qui fait partie de cette dernière, et qui s'ouvre à l'extérieur, dans le côté inférieur du corps, par cinq trous ou fentes transversales que l'animal peut fermer et ouvrir en étendant ou retirant les membranes qui revêtent les bords de c^s fentes. Ces cinq ouvertures sont situées au delà de celle de la bouche et disposées sur une ligne un peu courbe, dont la convexité est tournée vers le côté extérieur du corps; de telle sorte que ces deux rangées, dont chacune est de cinq fentes, représentent, avec l'espace qu'elles renferment au-dessous de la tête, du cou et d'une portion de la poitrine de l'animal, une sorte de disque ou de plastron un peu ovale.
Dans chacune de ces cavités latérales de la Bâtis sont les branchies proprement dites, composées de cinq cartilages un peu courbées et garnis de membranes plates , Jrès-minces, très-nombreuses , appliquée* l'une contre l'autre, et que l'on a comparét^s à des feuillets; l'on compte deux rangs de ces feuillets ou membranes très-mirices et très-aplaties , sur le bord convexe des quatre premiers cartilages ou branchies , et un seul rang sur le cinquième ou dernier.
Que ces membranes très-minces contiennent une très-grande quantité de ramifications des vaisseaux sanguins qui aboutissent aux branchies, soit que ces vaisseaux com-
E osent les dernières extrémités de l'artère ranchiale, qui se divise en autant de rameaux qu'il y a de branchies, et apporte dans ces organes de la respiration le sang oui a déjà circulé dans tout le corps, et dont les principes ont besoin d'être purifiés et renouvelés; soit que ces mêmes vaisseaux soient l'origine de ceux qui se répandent dans toutes les parties du fKjisson, et y distribuent un sang dont les éléments ont reçu une nouvelle vie. Ces vaisseaux sanguins, ui ne sont composés dans les membranes es branchies que de parois très-minces et facilement perméables à divers fluides, peuvent exercer une action d'autant plus grande sur le fluide qui les arrose, que la surlace présentée par les feuillets des branchies, et sur laquelle ils sont disséminés , est trèsgrande dans tous les poissons, à proportion de l'étendue de leur corps. Kn effet, les Raies ne sont pas les poissons dans lesquels les membranes brancniales offrent la plus grande division, ni par conséquent le plus grand développement; et cependant un trèshabile anatomiste, le professeur Monro, d'Edimbourg, a trouvé que la surface de ces feuillets, dans une Raie Bâtis de grandeur médiocre, était égale à celle du corps bumain. Au reste, la partie extérieure de ces branchies, ou, pour mieux dire, des feuillets qui lés composent, au lieu d'être isolée relativement à la peau, ou au bord de la cavité ui l'avoisine, comme le sont les branchies u plus grand nombre de poissons et parti-
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RAi
REPTILES
RAI
litt
culièrement des Osseux, est assujettie à cette ipêiue peau ou à ce même bord par une membraue très-mince. Mais cette membrane est trop déliée pour nuire à la respiration et peut tout au plus en modifier les opérations d*une manière analogue aux habitudes de la Bâtis.
Cette Raie a deux nageoires ventrales placées à la suite des nageoires pectorales, auprès et de chaque côté de Tanus, que deux autres nageoires, auxquelles nous donnerons le nom de nageoires de l'anus, touchent de plus près et entourent, pour ainsi dire. Il en est même environné ae manière à paraître situé , en quelque sorte, au milieu d*une seule nageoire qu'il aurait divisée en deux par sa position , et que plusieurs naturalistes ont nommée en effet, au singulier, nageoire de ranus. Mais ces nageoires, tant de Tanus que ventrales, au lieu d'être situées perpendiculairement ou très-obliquement, comme dans la plupart des poissons, ont une situation presque entièrement horizontale, et semblant être, à certains égards, une continuation des nageoires pectorales, servent à terminer la forme de losange très-aplati que présente l'ensemble du corps de la Bâtis.
De plus, la nageoire ventrale et celle de l'anus, que l'on voit de chaque côté du corps, ne sont pas véritablement distinctes l'une de l'autre. On reconnaît, au moins le plus souvent, en les étendant, qu'elles ne sont que deux parties d'une même nageoire, que la même membrane les revêt, et que la grandeur des rayons, plus longs communément dans la portion que l'on a nommée ventrale, peut seule faire connaître où commence une portion et où finit l'autre. On devrait donc, à la rigueur, ne pas suivre l'usage adopté par les naturalistes qui ont écrit sur les Raies, et dire que la Bâtis n'a pas de nageoires de l'anus, mais deux longues nageoires ventrales qui environnent l'anus par leurs extrémités postérieures.
Entre les deux nageoires de l'anus, commence la queue, qui s'étend ordinairement jusqu'à une longueur égale à celle du corps et de la tête. Elle est d'ailleurs presque ronde, très-déliée, très-mobile, et terminée par une pointe qui paraît d'autant plus fine, que la Bâtis n'a point do nageoire caudale comme quelques autres Raies, et n'en présente par conséquent aucune au bout de cette pointe. Mais vers la fin de la queue, et sur sa partie supérieure, on voit deux petites nageoires très-séparées l'une de l'autre, et qui doivent être regardées comme deux véritables nageoires aorsales^ quoiqu'elles ne soient pas situées au-dessus du corps proprement dit.
La Bâtis remue avec force et avec vitesse cette queue longue, souple et menue, qui peut se fléchir et se contourner en différents sens. Elle l'agite comme une sorte de fouet, non-seulement lorsqu'elle se défend contre ses ennemis, mais encore lorsqu'elle attaque sa proie. Elle s'en sert particulièrement lorsque, en embuscade dans le fond de la
mer , cachée presque entièrement dans l« limon, et voyant passer autour d'elle l«i animaux dont elle cherche h se nourrir, dh ne veut ni changer sa position, ni se dâmrasser de la vase ou des algues qui la con« vrent, ni quitter sa retraite et se livrer i des mouvements qui pourraient n'être pas assez prompts, surtout lorsqu'elle veut diriger ses armes contre les poissons les plus agiles. Elle emploie alors sa queue; et, la Agissant avec promptitude, elle atteint sa tktime et la frappe souvent à mort. Elle lui fait du moins des blessures d'autant pla^ dangereuses, que cette queue, mue par d« muscles puissants, présente de c^aqae cît« et auprès de sa racine un piquant droit et fort, et que d'ailleurs elle est garnie dans» partie supérieure d'une rangée d'aigaiJIons crochus. Chacun de ces aiguillons, qai sont assez grands, est attaché à une petite plaque cartilagineuse, arrondie, ordinairemeot mh cave du côté du crochet, et un peuconreie de l'autre, et qui, placée au-dessoos de k peau, est maintenue par ce iégumeat et retient l'aiguillon. Au reste, l'on Toil autour des yeux plusieurs aiguillons 4e laéflie forn^e, mais beaucoup plus petits.
La peau qui revêt et la tête, et leoorv^â la queue, est forte, tenace, et enduite di\ni«i humeur gluante qui en entretient la «^ plesse, et la rend plus propre à résister sacs altération aux attaaues des ennemis drs Baies, et aux effets du fluide au milieu duquel vivent les Bâtis. Ce suc visqueux e^ fourni par des canaux placés assez près desi téguments, et distribués sur chaque cêté Ou corps et surtout de la tête. Ces canaux s'ouvrent à la surface par des trous plus oti moins sensibles, et Ton en peut trouTeruu*^ description très-détaillée et très-bien laite dans le bel ouvrage du professeur Monr^ sur les poissons.
La couleur générale de la Bâtis est, sur le côté supérieur, d'un gris cendré, seméi!t taches noirâtres, sinueuses, irrégulières, le unes grandes, les autres petites, et touU'S d'une teinte plus ou moins faible : le txÀt inférieur est blanc, et présente plusieoi^ rangées de points noirâtres.
Les Bâtis, ainsi que toutes les Raies, oot en général leurs muscles beaucoup ptus puissants que ceux des autres |;oissoDS; cV>i surtout dans la partie antérieure de Irttr corps que l'on peut observer cette su|>ëno rite de forces musculairos, et voilà pourqu.-i elles ont la faculté d'imprimer k leur iluseau différents mouvements exécutés ioavent avec beaucoup de promptitude.
Mais, non-seulement le museau de laBaûs est plus mobile que celui de plusieurs poisons osseux et cartilagineux, il est encore le siège d'un sentiment assez délicat. >oa^ avons vu que, dans les poissons, un rameau de la cinquième paire de nerfs était le véritable nerf acoustique. Une petite branche de ce rameau pénètre de chaque côté dans Tia* térieur de fa narine, et s'étend ensuite jus-
3u'è l'extrémité du museau, qui, dès lors. oué d'une plus grande sensibilité» et pou-
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POISSONS, ETC
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Tant d*ailleurs par sa mobilité s'appliquer, plus lacilement que d*autre$ membres de la Balis, à la surfoce des corps dont elle s'approche, doit être pour cet animai un des f>riiicipaux sièges du sens du toucher. Aussi, orsque les Bâtis veulent reconnaître les objets avec plus de certitude, et s'assurer de leur nature arec plus de précision, en a[>procbent'-elles leur museau, non-seuleluent parce oue sa partie inférieure contient Torgane de 1 odorat, mais encore parce qu'il est ruD des principaux et peut-être le plus actif lies organes du toucher.
Cependant une considération d'une plus baote importance et d'une bien plus grande étendue dans ses conséquences se présente ici à notre réflexion. Ce toucher plus parfait dont la sensation est produite dans la Bâtis par une petite branche de la cinquième paire de nerCs, cinquième paire dont à la vérité un rameau est le nerf acoustique des poissons, maïs qui dans Thoomie et les Quadrupèdes est destiné à s'épanouir dans le siège du goût, ne pourrait-il pas être regardé par ceux qui savent distinguer la véritable nature des objets d'avec leurs accessoires accidentels, ne pourrait-il pas, dis-je, être considéré comme une espèce de supplément au sens du goût de la Bâtis ? Quoi qu'il en soit de cette conjecture, l'on peut voir évidemment que la partie antérieure de la léte de la Bâtis, nonseulement présente l'organe de l'ouïe, celui de fodorat, et un des sièges principaux de celuidutoucher,mais encore nous montre ces trois organes intimement liés par ces rameaux du nerf acoustique, qui parviennent jusque dans les narines, et vont ensuite être un siège de sensations délicates à l'extrémité du museau. !>ie résuUe-t-il pas de cette distribution du nerf acoustique, que, non-seulement les trois sens de Touïe, de l'odorat, et du toucher, très-rapprochés par une sorte de juxtaposition dans la partie antérieure de la tète, [*euvent être facilement ébranlés à la fois par la présence d'un objet extérieur dont ils doivent dès !ors donner à l'animal une sensation générale bien plus étendue, bien plus vive, et bien plus distincte, mais encore que, réunis par les rameaux de la cinquième paire qui vont de l'un à l'autre, et les enchaînent ainsi par des cordes sensibles, ils doivent recevoir souvent un mouvement indirect d'un objet qui sans cette communication nerveuse n*aurait agi que sur un ou deux des trois sens, et tenir de cette commotion intérieure la faculté de transmettre à la Bâtis un sentiment plus fort, et même de céder à des impressions extérieures dont l'effet aurait été nul sans cette es|>èce d'agitation interne due au rameau du nerf acoustique 7 Maintenant, si l'on rappelle les réQexions profondes et philosophiques faites par Bulfon dans l'histoire de r£lépbant, au sujet de la réunion d'un odorat exquis et d'un toucher délicat à l'extrémité de la trompe de ce grand animal, très-digne d'attention par la supériorité de son instinct ; si l'on se souvient des raisons qu'il a exposées pour établir un rapport nécessaire entre rintelligence de
TEléphant et la proximité de ses organes du toucher et de l'odorat, ne devra-t-on pas penser que la Bâtis et les autres Raies, qui présentent assez près l'un de l'autre nonseulement les sièges de l'odorat et du toucher, mais encore celui de l'ouïe, el dont un rameau de nerfs lie et réunit intimement tous ces organes, doivent avoir un instinct Irès-remarquable dans la classe des poissons? De plus, nous venons de voir que l'odorat de la Bâtis, ainsi que des autres Raies, était bien plus actif que celui de la plupart des habitants de la mer ; nous savons, d'un autre côté, que le sens le plus délicat des Poissons, et celui qui doit influer avec le plus de force et de constance sur leurs affections, ainsi que sur leurs habitudes, est celui de l'odorat ; et nous devons conclure de cette dernière vérité, que le poisson dans lequel l'organe de l'odorat est le plus sensible doit, tout égal d'ailleurs , présenter le plus grand nombre de traits d'une sorte d'intelligence. En réunissant toutes ces vues, on croira donc devoir attribuer à la Bâtis, et aux autres Raies conformées de même, une assez grande supériorité d'instinct ; et en effet , toutes les observations prouvent qu'elles l'emportent par les procédés de leur chasse, l'habiJeté dans la luite, la fint-sse dans les embuscades, la vivacité dans plusieurs affections, el une sorte d'adresse dans d'autres habitudes, sur presque toutes les espèces connues de poissons et particulièrement de poissons osseux.
Mais continuons l'examen des différentes portions du corps de la Bâtis.
Les parties solides que l'on trouve dans l'intérieur du corps, et qui en forment comme la charpente, ne sont ni en très-grand nombre, ni très-diversiflées dans leur conformation.
Elles consistent premièrement dans une suite de vertèbres cartilagineuses qui s'étend depuis le derrière de la tête jusqu'à l'extrémité de la queue. Ces vertèbres sont cylindriques, concaves à un bout, convexes à l'autre, emboîtées l'une dans l'autre, et cependant mobiles, et d'ailleurs flexiblesainsi qu'élastiques par leur nature, de telle sorte qu'elles se prêtent avec facilité, surtout dans la queue, aux divers mouvements que l'animal veut exécuter. Ces vertèbres sont garnies d'éminences ou apophyses supérieures et latérales, assez serrées comme les apophyses analogues des vertèbres voisines.
Comme c*est dans l'intérieur àes bases des apophises supérieures qu'est située la moelle épinière, elle est râirantie de beaucoup de blessures dans des eminences cartilagineuses ainsi pressées l'une contre l'autre ; et voilà une des causes qui rendent la vie de la Bâtis plus indé{»endante d'un grand nombre d'accidents que celle de plusieiu-s autres espèces de poissons.
Ses œuis ont une forme singulière, très* différente de celle de pres(me tous les autres oeufs connus, et particulièrement des œufs de presque tous les poissons osseux ou cartiliigineux. Us représentent des espèce» de
bounes ou de poches coœposéfls d'une membraDe forie et demi-traos parente, quadrangulaires, presque carrées, assez semblables k un coMitn, ainsi que l'ont écrit Aristote et plusieurs autres auteurs (1), un peu aplaties, «t terminées, dans chacun de leurs quatre coins, par uo petit appendice assex court que l'on pourrai! comparer aux cordoiis de Is bourse. Ces petits appendices un peu cylindriques et très-déliés sont souvent recourbés l'un vers l'autre ; ceux d'un bout sont plus longs que ceux de l'autre bout ; et la pocbe à laquelle ils sont attachés a communément six ou neuf centimôtres (deux ou trois pouces ou environ) de largeur, sur une longueur à peu près égale.
Ifn'est pas surprenant que ceux qui n'ont observé que superfidelloment des œufs d'une forme aussi extraordinaire, qui ne les ont pas ouverts, et qui n'ont pas vu dans leur intérieur un foetus de Raie, n'aient pas re-
Sardé ces pochesou bourses comme des œufis e poissons, qu'ils les aient considérées comme des productions marines particulières , qu'ils aient cru même devoir les décrire comme une espèce d'animal. Et ce qui prouve que cette opinion assez naturelle a été pendant longtemps très-répandue, c'est que Ion a donné un nom particulier & ces œufs, et que plusieurs auteurs ont apjielé une poche ou coqui de Haie Mut nwirinwf, Rat marin (2).
Ces œu(s ne sont pas en très-erand nombre dans le corps des femelles, et ils ne s'y développent pas tous à la fois. Ceux qui sont placés le plus près de l'ouverture de l'ovaire, sont les premiers formés au point de pouvoir Être fécondés; lorsqu'ils sont devenus, par cette espèce de maturité, assez pesants pour gôoer la mère et l'avertir, pour ainsi dire, que le temps de donner le jour à des petits approche, elle s'avance ordinairement vers les rivages, et y cherche, ou des aliments particuliers, ou des asiles plus convenatdes, ou des eaux d'une température plus analogue à son état.
Lorsque enfin les fœtus renfermés dans
les coques sont parvenus au degré de force
et de grandeur qui leur est nécessaire pour
sortir de leur enveloppe, ils la déchirent
dans le ventre même de leur mère, et par-
i la lumière tout formés, comme
de plusieurs Serpents et de plii-
idrupèdes rampants qui n'en sont
ovipares.
i œufs, devenus maintenant trop pouvoir demeurer dans le fond des tut, pour ainsi dira, chassés par un 'ils compriment ; et, repoussés vers è la plus large de ce même organe, [placent les coques qui viennent
:let, part, i, I. xu, p■î^i■ recs itioileriies, les Turcs, et quelques Dtaux, regarJenl, itil-on, la fuoice qui iifs dd Bans el d'aulres Raies jetés sur IS, et qui parvient, par te moyen de cerlutions, dans la bouche et dans ie net, Lrè»-ban reioéde contre les fièvres ioter-
d'éclore, et dont 1 enveloppe déchirée est rh jetée. Si les Baies ou quelques autres foa. sous nous montrent au milii:u dei eiu l'image d'une sensibilité assez actire, qït nous offrent également au sein des Dais b divers cétacés, les Phoques, les Laminiiiu. les oiseaux aquatiques , plusieurs Quiijn. pëdes ovipares, et particulièrement les Tutues marines, avec lesquelles od doit iV percevoir fréquemment que les Raies uol d'assez grands rapports, nousneverroDsit milieu de la classe des poissons, quelq^i; nombreuse qu'elle soit, presque luCDoe ((r parence de préférence marquée, d'iittcti»ment de choix, d'affection pour ainsi dm désintéressée, et de constance mèoiB d'uu saison.
On n'a pas assez observé le» Riiu Siiit pour savoir dans quelle proponioD tl\a croissent relativement b la durée de lem développement, ni pendant comUieadalenp) elles continuent de urandir : mais il eil lues prouvé, par les relations d'un Irb^ud nombre de voyageurs dignes d6là,p'i>les parviennent ft une grandeur assatoeadérable pour poser plus de dix myntpnui (deux cents livres ou environ] (ri,ai<Ni que leur chair suflise à rassasier pluidtcm personnes (2). Les plus grandes tout cdlts qui s'approclient le moins des rivées Uttés, même dans le leiups où le besoia ii pondre, ou celui de féconder les œuk b entraîne vers les cdtes de la mer-, od &ttà que la dilBculté de cacher leur giiode wface et d'échapper à leurs nombreux eanesii dans des parages trop fréquentés, lu M éloignées de ces plages : mais, quoi qui! » soit, elles satisfont le désir, qui les pre^n dans le printemps, de s'approcbet «s nvages, en s'avançant vers les bords iW» d'Ues très-peu peuplées, ou de portioi» ilt contioenl presque désertes. C'est sur cs côtes, où les navigateurs peuvent êlr» t** traints par la tempête de chercher uo tsit-fi oii tant de secours leur sont refusés pic II nature, qu'ils doivent trouver avec plaisir"* grands animaux , dont un trè:r-peiit noéA sul&l pour réparer, par un aliment lussi^ qu'agréable, les forces de l'équipage d'un w plus crus vaisseaux.
Mais ce n'est pas seulement dans des «iments de détresse que la Bâtis est ^«be^ chée : sa chair blanche et déliule eit regardée, dans toutesJes circonstances, nmi» un mets excellent. A la vérité, lorsque*" Raie vient d'être prise, elle a m"!™'" goût et une odeur qui déplaisent ; Diais.'nfiqu'elle a été conservée pendant quelq»
(1) Ou peut voir dans Labit ei dam d>gu« V^
Segrscequ'ilsdiseiildetUtesdequatte«K'^'*T ouïe pijeils) de longueur; mai* lies obx^'iw*'*^ tes el assez niullipiiées aurlbueiil aiLiBllisuo'j^ Bucur plus étendue. On peut voir ansri *« '° loire namreile de la France éipùnoàilt. Çr"^
rèT», la description du mouvemenl m eauE de la mer par les grandea raieSi « *'' avons parlé au commeDceinenl de od ■^''^ (2) Consultei Willugbi?.
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tKNSSON», ETC.
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iVU
j'^urs, el surtout lorsquVlle a été traDsporlée i: d^assez grandes dislanceSy cette odeur et ce goût se dissi^ient, et sont remplacés par un goût très-agréable. Sa chair est surtout très-booneà mangeraprès son accoupiement ; et si elle deyient dure vers rautuoine , elle reprend pendant Thiver les qualités ^qu'elle araît perdues.
On pèche un très-grand nombre de Bâtis sur plusieurs côtes ; et il est même des rirages où Ton en prend une si grande quantité, qu*on les y |)répape pour les envoyer au loin, comme la Morue et d'autres poissons son! préparés h Terre-Neuve, ou dans d'autres eodroits. Dans plusieurs pays du Nord, et particulièrement dans le Holstein et dans le Schleswig, on les fait sécher à Tair, et on les envoie ainsi dessécfkées dans plusieurs contrées de l'Europe, et particulièrement de 1 AIJetDdgne.
Rais ROifCB, Raia rubuSy Lac, Cuv. — Ce poissoD est bien nommé; de toutes les Raies comprises dans le sous-genre qui nous occupe, la Ronce est en effet celle qui est armée des piquants les plus forts, et qui en préseute le plus grand nombre. ludépendaninaent d*une rangée de gros aiguillons, que Ton a comparés a des clous de fer , et qui s'étendent sur le dos, indépendamment eocore de trois rangées semblables qui régnent le long de la queue, et qui, réunies avec la rangée dorsale, forment le caractère distinctif de cette espèce, on voit ordinairement deux piquants auprès des narines : on en compte six autour des yeux, quatre sur la f*artiesupérieuredu corps, plusieurs rangs de moins forts sur les nageoires pectorales , et dix très-longs sur le coté inférieur de ranimai : tout le reste de la surface de cette Raie est hérissé d'une quantité innombrable de petites pointes; et, comme la plante dont elle porte le nom, elle n'offre aucune partie que Ton j)uisse toucher sans les plus grandes précautions.
Mieux armée que presque toutes les autres Raies, elle attaque avec plus de succès, et se défend avec plus d'avantage : d'ailleurs ses habitudes sont semblables a celles que nous avons exposées en traitant de la Ratis; et 00 la trouve de même dans presque toutes les mers de l'Europe.
Le dessus de son corps est jaunâtre, tacheté de brun; le dessous blanc; l'iris de ses yeux noir; la prunelle bleuâtre. On compte de chaaue côté trois rayons dans la nageoire appelée ventrale, six dans celle à laquelle le nom d'anale a.é(é donné; et c'est dans cette espèce particulièrement que Ton voit avec de très-grandes dimensions ces apj)eDdices ou crochets que nous avons décnts en traitant de la Ralis, et que présentent les mâles de toutes les espèces de Raies. Rau PisTKHAQUE, Rata paslinacaf Linn.
— La forme et les habitudes de celte Raie sont presque en tout semblables à celles de la Raie Aigle que nous avonsdécrite. LaPasteoaqae parait répandue dans un plus grand nombre ae mersque la Raie-Âigle, et ne semble pas craindre le froid des mers du Nord.
Son piquant dentelé est souvent double et même triple, comme celui de la Raie-Aigle; nous croyons en conséquence devoir rapporter à cette espèce toutes les Raies qu'on n'en a séparées jusqu'à présent qfu'à cause (le l'aiguillon triple ou double. D un autre côté, la nuance des couleurs, et même la présence ou l'absence de quelques lèches, ne peuvent être regardées comme des caractères constants dans les fK)issons, et particulièrement dans les Cartilagineux, qu'après un très-srand nombre (Tobservations répétées en différents temps et en divers lieux.
Raie-Sepben. — Cette Raie se trouve dans la mer Rouge. Sa couleur est, sur le corps, d'un cendré brun, et par-dessous d'un blanc rougeâtre. Elle parvient à une grandeur très-considérable, puisqu'on a vu des individus de celte espèce dont les nageoires pectorales et le corps réunis avaient trente-six décimètres (onze pieds ou à peu près) de largeur. L'extrémité postérieure des nageoires pectorales est arrondie, el, davis plusieurs des positions ou des mouvements de l'animal, cache en partie les nageoires ventrales, qui sont très-petites à proj/ortion du volume de la Raie.
Malgré la grande étendue du corps, la queue est deux fois plus longue aue le corps proprement dit, comme celle de"la Raie-Aigle, et est armée de même d'un ou deux aiguillons assez longs, forts, dentelés des deux côtés, et revêtus en partie d'une peau épaisse ; mais, au lieu d être entièrement dénuée de nageoires et de petits piquants, comme la queue de la Raie-Aigle ; au lieu de présenter une nageoire dorsale, comme celle de la Pastenaque, ou de montrer sans aucune petite pointe, une sorte de nageoire particulière composée d'une membrane longue et étroite , elle est garnie, depuis la Elace des deux grands dards jusqu'à son out le plus délié,*d'une rangée longitudinale de très-petits aiguillons ^ui règne sur sa partie postérieure, et d'une membrane longue, étroite et noire, qui s'étend uniquement le long de sa partie inférieure.
L'un de ses caractères véritablement distinctifs est d'avoir le dessus du corps et la partie supérieure de la queue jusqu'à la base des deux noints dentelés , couverts de tubercules plats, au milieu desquels on en distingue trois dIus grands que les autres , d'une forme némisphérique, d'une couleur blanchâtre, et formant au milieu du dos un rang longitudinal.
Presque tout le monde connaît cette peau dure, forte et tuberculée, employée d^ns le commerce sous le nom de Galuchaty que Ion peint communément en vert, et dont on garnit Texlérieur des boîtes et des éjluis les plus recherchés. Celte peau a reçu aussi le nom de Peau de Requin ; et c'est par cette dénomination qu'on a voulu la distinguer d'une peau couverte de tubercules beaucoup plus petits, beaucoup moins estimée, destinée à revêtir des étuis ou des boites moins précieuses, appelée Peau de Chien de mer, eî
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REPTILES
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ui appartient en effet au Squale ou Chiea
e mer désigné par le nom de Roussette. Ceux qui ont observé une dépouille de Requin savent que le Galuchat présente des tubercules plus gros et plus ronds que la peau de ce Squale, et ne peut pas être cette dernière peau i^us ou moins préparée. C'est donc une fausse dénomination que celle de Peau de Requin donnée au Galuchat. « Mais j*ai désiré, dit Lacépède, de savoir à quel animal il fallait rapporter cette production, qui forme une brancne de commerce plus étendue qu*on ne le pense» et qui nous parvient le plus souvent par la voie de l'Angleterre. J'ai examiné les prélendues peaux de Requin déposées dans les magasins où vont se pourvoir les faiseurs d'étuis et de boîtes ; et quoique aucune do ces peaux ne montrât en entier le dessus du corps et des nageoires pectorales, et ne présentât qu'une portion de la partie supérieure de la queue, je me suis assuré sans peine qu'elles étaient les dépouilles des Raies-Sephens. Elles ne consistent que dans la partie supérieure de la tète, du corps, et du commencement de la queue ; mais autour de ces portions tuberculées, et les seules employées par les faiseurs d'étuis, il y a assez de peau molle pour qu'on puisse être convaincu qu'elles ne peuvent provenir que d'un poisson cartilagineux, et même d'une Raie : et d'ailleurs elles offrent la même forme, la même grosseur, la même disposition des tubercules, que la Sephen ; elles présentent également les trois tubercules hémisphériques et blanchâtres du dos. A la vérité, toutes les prétendues Peaux de Requin que j'ai vues, au lieu de montrer une couleur uniforme, comme les Sepbens observées par Forskael, étaient parsemées d'un grand nombre de taches inégales, blanches, et presque rondes , mais on doit savoir déjà que, dans presque toutes les espèces de Raies, la présence d'un nombre plus ou moins grand de taches ne peut constituer tout au plus qu'une variété plus ou moins constante. »
Ces tubercules s'étendent non-seulement au-dessus du corps, mais encore au-dessus d'une grande partie de la tête. Ils s^avaneent presque jusqu'à l'extrémité du museau, et entourent l'endroit des éventset des yeux dont ils sont cependant séparés par un inter^ vaJIe.
On reçoit d'Angleterre de ces dépouilles de Sephens, de presque toutes les grandeurs, jusqu'à la longueur de soixante-cinq centimètres (deux pieds) ou environ. La peau des Sephens parvenue à un développement plus étendu ne pourrait pas être employée comme celle des petites, à cause de la grosseur trop considérable de ses tubercules. Sur une de ces dépouilles, la partie tuberculée qui couvre la tête et le corps avait cinquantequatre centimètres (un pied sept pouces de long), et deux décimètres (sept ()ouces) dans sa plus grande largeur; celle qui revêtait la portion du dessus de la queue la plus voisine du dos, était longue de deux décimètres (sept pouces) ou à peu près.
On apprendra sans doute avec plaisirdaiK quelle mer se trouve le poisson doDl [] peau, recherchée depuis loD^emps par plusieurs artistes, nous a été jusqu'à présent apportée par des étrangers, qui nous oDt laissé ignorer la patrie de ranimai qui li fournit. Il est à présumer que l'on rencontrera la Sephen dans presaue toutes les mt^ E lacées sous le même climat que la mer ouge ; et nous devons espérer que dos navigateurs, en nous procurant direclemeot sa peau tuberculée, nous délivreront bieDli^î d'un des tributs que nous payons à Tiodustrie étrangère.
Raib bouclée, Raia clavata^ Linn., Lacép., Cuv. — Cette Raie, à laauelle on a doiné I» nom de Rouclée ou de Clouée^ à cause des gros aiguillons dont elle est armée, et qu'on a comparés à des clous ou à des crochei.<, habite dans toutes les mers de l'Europe. Ellf y parvient jusqu'à la lonsueur de quatre mètres (plus de douze pieds). Elle est donc ooe des plus grandes; et comme elle e$( eo même temps une des meilleures imm, elle est, ainsi que la Bâtis, très-redierm paries pêcheurs ; l'on ne voit mêmekplBî souvent dans les marchés d'Europe (li'li Bouclée et la Bâtis. Elle ressemble \ al»tis par ses habitudes, excepté le temps <it sa ponte, qui pnratt plus retardé et tim une saison plus chaude ; elle est aassi i beaucoup d'égards conformée de même.
La couleur de la partie supérieure de son corps est ordinairement d'un brunâtre semé de taches blanches, mais quelquefois blanche avec des taches noires.
La tête est un peu allongée, et le masean pointu ; les dents sont petites, plates, en losange, disposées sur plusieurs rangs, et trèsserrées les unes contre les autres.
La queue plus longue que le corps est un peu aplatie par dessous, présente au bout de son extrémité la plus menue, deux petites nageoires dorsales, et une véritable nageoire caudale qui la termine.
Chaque nageoire ventrale, organisée comme celles de la Bâtis, offre égalemenl deux portions plus larges l'une que l'aulr**» et qui paraissent représenter, lune une nageoire ventrale proprement dite et Taotrf une nageoire de I anus. Mais ce n*esl qu uo' fausse apparence ; et ces deux portion? doct la plus large a constamment trois raji^os cartilagineux etl'autresix, ne forment qu'oa^ seule uageoire. .
Presque toute la surface de la Raie boaclée est hérissée d'aiguillons. Le nombre de ces piquants varie cependant suivant lèsent et les parages fréquentés par l'animal; 'I paraît aussi augmenter avec l'âge. Mais toi<^ quelle est en général la disposition d« ^ pointes sur une Raie bouclée qui a aiteiw un degré assez avancé de développement'
Dn rang d'aiguillons, grands, forts et^ courbés, attachés à des cartilages ua P lenticulaires, durs et cachés en P^'^IJJ^ tie sous la peau qui les retient et afl^ les piquants, règne sur le dos, «i.^tJ! jusqu'au bout de la queue. L'on îoit df«^
RAI
POISSONS, ETC
RAI
ii5S
piquants semblables au^lessus et au-dessous du t>out du museau. Deux autres sont placés aunlevant des yeux, et trois derrière ces organes ; quatre autres très-grands sont situés sur le dos, de manière à y représenter les quatre coins d*un carré ; et une rangée d'aiguillons moins forts garnit longiludinalement chaque côlé de la queue. Ce sont ces pointes plus ou moins longues, dures et recourbées, que Ton a comparées à des clous, h des crochets. Mais indépendamment de CCS grands piquants, le dessus du corps, de la tête et des nageoires pectorales, préseute des aiguillons plus petits, de longueurs inégales, et qui, lorsqu'ils tombent, laissent à leur place une tache blanche comme les piquants grands et crochus. £t eoOn on Toit, sur la partie inférieure de la Raie bouclée, quelques autres pointes encore plus petites et plus clair-semées ?
Cette tache blanche qui marque l'endroit que les aiguillons séparés du corps avaient ombragé, recouvert et privé de Tinfluence de la lumière, celte place décolorée n'estelle pas une preuve de ce que nous avons exposé sur lés causes des différentes couleurs (jue les poissons présentent, et des dispositions aue ces nuances affectent ?
Le foie de la Raie bouclée est divisé en trois lobes, dont celui du milieu est le moins grand, et les deux latéraux sont trèslongs : il est très-volumineux ; il fournit une grande quantité d'huile, que les pécheurs de Norwége recueillent particulièrement avec b^ucoup de soin.
Mais pourquoi nous étendre davantage sur uit poisson que l'on a si souvent entre les mains, que Toi^ peut si aisément connaître, et qui a tant de rapports avec la Ratis dont nous avons exammé très en détail et la forme et la manière de vivre 7
Qu*il nous suffise donc d'ajouter que l'on
ÈDhe les Raies bouclées, comme les autres ies, avec des cordes flottantes, des folles, des demi-folles et des seines (1).
<1)U y a trois maoières principales de pécher aTec des cordes. — Premièrement on peut se servir d aae longue corde à laquelle on aUacne de distance ^n distance, des lignée ou emptUs garnies de leurs kmwu. CeUe corde principale porte le nom de mai" treue corde, oo de bouffe, sur les bords de rOcéao, H celui de maître de palangre sur les cétes de la Méditerranée, où b dénomination de palangre remplace celle de corde^ et où les pécheurs qui emploient des cordes et des empiles sont appelés palangriert, au lieu de cordiert. P^r empile ou piU on entend on fil de crin, de chanvre ou de laiton, auquel an haim est attaché, que Ton suspend aux ligues, et qui, variant dans sa grosseur suivant la force des bainis, et l'espèce du poisson que Ton se propose de prendre, est simple, oo double, rond, ou tressé en cadeoelle. Et par kohm^ presaue tout le monde sait qae Ton désigne un crochet d os, de bois dur, oo de ■Ktal, auquel on attache une amorce, et qui, recevairt quelquefois le nom à^katmeçon, le porte surtout lonqa*U est garni de son appât. — Secondement on pèebe avec des eordet par fond^ c'esi-à-dire avec des anltresses cordes charge de plomb ou de caillovu qoi les assojettissent au fond des eaui. — Et Iroisiénieoieot on peut employer une corde fiotlame, Cdie dernière , moins grosse ordinairement que les
DlCTlO?r?l. DB ZoOLpOGIK. II.
Lorsque la Rouclée a été prise, on la conserve pendant quelques jours, ainsi que presque tous les poissons du même genre, afin que sa chair acquière de la délicatesse et perde toute odeur de marécage ou de marine. Sur plusieurs côtes, on recherche beaucoup de jeunes et très-petites Raies bouclées que Ton nomme Bayom^ Râtelons, Rainions, et, dans quelques ports. Papillons : ôénominaiion dont on se sert aussi 3ueIauefois ))Our désigner des morceaux étacnés de grandes Haies desséchées et préparées pour de longs voyages.
Raie Rbi?iobate. — Comme cette Raie est le plus allongé de tous les poissons de son genre, elle se réunit de plus près que les autres Raies, avec les Squales, et surtout avec le Squale-Ange, qui, de son côté, présente plus de rapports que les autres Squales avec la famille des Raies.
Les nageoires pectorales de la Rhinobate sont moins étendues à proportion du volume total de ranimai, que celles des autres espèces de son genre. Cette conformation la lie encore avec TAnge; et en tout, ce Squale et cette Raie offrent assez de parties semblables pour que Ton ait cru, aès le temps d*Arislote, que TAnge s accouplait avec les Raies, que cette union était féconde, et que le produit de ce mélange était un animal moitié Raie et moitié Squale, auquel on avait en conséquence donné le nom composé
cordes par fond, est soutenue par des floues oo cor' cerons de liège, qui la font qudqoefois floUer entièrenient à la surface de Peau. On s'en sert pour prendre les poissons oui nagent trèsHirès de la superficie des mers ou oes rivières. — La folle est un filet à larges mailles, que Ton tend de manière qu*i( fasse des plis, tant dans le sens horizontal que dans le sens vertical, afin que les poissons s*enveloppenl plus facilement dans ses diflërentes parties. La plupart des auteurs qui ont écrit sur les instruments employés dans les pèches, ont dit qoe les mouvements irréguliers et multipliés produits par les plit» de ce filel, lui ont fait donner le nom de folle. Au rcble, il est lesté par le bas, et légèrement floué ou garni de lié£e par le baut; et c*est communément auprès du fond des mers ou de celui des rivières qu'il est tendu. — La demi-folle diflere de la folle, eu ce qu'elle a moins d*étendue, et que les maiPes qui b composent sont plus étroites. — On nomme seine, ou senne, un filet composé d*une nappe simple, et propre à arrêter les poissons qu*on veut prendre. Elle diffère de la folle, en ce qu*eUe est df2>iinée à être traînée par les pécheurs. £Ile est garnie de lest dans sa partie inférieure, et de floites ou morceaux de liège (t;ins sa partie supérieure. — ' La corde qui bonle et termine cette partie supérieure, et à laquelle les Ooilcs sont attachées, se nomme ralingue. Aux e\ inimités de cette ralingne simi des cordes plus ou moins longues qu'on appelle bras, el qui servent à tendre le filet oo à le traîner. Lorsqu'on traîne b seine, elle forme, dans le sens borizontnl, une courbure dont le creux est tourné vers le point auquel on tend ; et comme il est trèârare que les poissons que Ton poursuit avec ce filet soient de grandeur ou de forme k s'embarrasser et se prenure dans ses mailles, on ne relève la seine qu*en rai»prorhanl et réunissant tout à fait les deux bouts de la ruiingue, et en renfermant les poissons dans le contour que Ton produit par cette ma nœuvre.
AAI
REPTflLES ,
RÀl
(Je Rhino'Baiot. Pline a partagé celle opinion; elle a été adoptée par plusieurs auteurs bien postérieurs à Pline, ot elle a servi à faire donner ou conserver h la Rhinobate la dénomination de SqucUina Raia^ le Squale-Ange ayant été appelé Squatine par plusieurs naturalistes.
La Rhinobate est cependant une espèce existante par elle-même, et qui peut se renouveler sans altération, ainsi que toutes les autres espèces d'anfmaux que Ton n'a
Ëas imaginé de regarder comme métisses.
:ile est véritablement une Raie, car son corps est plat par-dessous, et, ce qui forme le véritable caractère distinctif par lequel les Raies sont séparées des Squales, les ouvertures de ses branchies ne sont pas placées sur les côtés, mais sur la partie inférieure du corps.
RAIE-AIGLK. Voy. Mocrime.
Raine verte, CatamUa arboreus, Schneider, Merr . ; Byla viridis^ Latr. ; fiana viridis et arborê€^ Lin.
Il est aisé de distinguer des Grenouilles la Raine verte, ainsi que toutes les autres Raines, par des espèces de petites plaques visqueuses qu'elle a sous ses doigts, et qui lui servent à s'attacher aux branches et aux feuilles des arbrec. Tout ce que nous avons dit de l'instinct, de la souplesse, de Tagilité de la Grenouille commune, appartient encore davantage à la Raine verte; et comme sa taille est toujours beaucoup plus petite que celle de la Grenouille commune, elle joint plus de gentillesse à toutes les qualités de cette dernière. La couleur du dessus de son corps est d'un beau vert ; le dessous, où Fon voit de petits tubercules, est blanc. Une raie jaune, légèrement bordée de violet, s'étend de chaque cùté de la tête et du dos, depuis le museau jusqu'aux pieds de derrière; et une raie semLlable règne depuis la mâchoire supérieure jusqiraux pieds de devant.
La télé est courXe, aussi large que le corps, mais un peu rétrécie par devant ; les mâchoires sont arrondies, les yeux élevés. Le corps est court, presque triangulaire, très-élargi vers la tôle, convexe par-dessus et plat par-dessous. Les pieds de devant, qui n'ont que quatre doigts, sont assez courts et épais ; ceux de derrière, qui en ont cinq, sont au contraire déliés et trèslongs; les ongles sont plats et arrondis.
La Raine verte éaute avec plus d'agilité que les Grenouilles, parce qu'elle a les pâlies de derrière plus longues en proportion de la grandeurdu corps. C'est au milieu des bois, c'est sur les branches des arbres, qu'elle passe presque toute la belle saison ; sa peau est si gluante, et ses peloles visqueuses se collent avec tant de facilité à tous les corps, quelque polis qu'ils soient, que la Raine n'a qu à se poser sur la branche la plus unie, même sur la surface inférieure des feuilles, pour s'y attacher de manière à ne pas tomber. Catesbv dit qu'elle a la faculté de rendre ses pelotes concaves, et de former par \h un petit vide
qui Tatlaehe phis fortement h k surlact qu'elle touche. Ce même auteur ajoule qu'elles franchissent quelqueibis un intervalle de douze pieds. Ce fait est peat-^ exagéré ; mais, quoi qu'il en soit, les Raines sont aussi agiles dans leurs mouTeiBenu que déliées daxis leur forme.
Lorsque les beaux iours sont veaus, on les voit s'élancer sur les Insectes quisott à leur portée; elles les saisissent elles k» tiennent avec leur langue , ainsi que les Grenouilles; et sautant avec vitesse de nmeau en rameau, elles y représeateol, jusqu'à un certain point, les jeux et les petiii vois des oiseaux, ces légers halutamsdes arbres élevés. Toutes les fois qu'aocoo mjugé défavorable n'existera contre elles; qu on examinera leurs couleurs vives m se marient avec le vert des feuillages et ré^ mail des fleurs ; qu'on remarquen leurs ruses et leurs embuscades ; qu'on les ioir/a des yeux dans leurs petites chasses; qu'un les verra s'élancer à plusieurs pieds de à<tance, se tenir avec facilité sur les bâhs dans la situation la plus renversée «fsr
f)lacer d'une manière gui paraîtrai sermleuse si l'on ne connaissait pas r(»tiiiqQi leur a été donné pour s'attacher mov^ les plus unis : n'aura-l-on pas presque utant de plaisir à les observer qu à eoDsdcm le plumage, les mancauvres et le vol diphr sieurs es()èces d'oiseaux ?
L'habitation des Raines au soumet de dos arbres est une preuve de plus de cette tti* logie et de cette ressemblance d'habitude que l'on trouve même eatre les classes d'aoïmaux qui paraissent les plus diffiéreotes )e$ unes des autres. La Dragonne, l'iguaoei le Basilic, le Caméléon et d'autres Lézards irèsr grands, habitent au milieu des iK^is et mémr sur les arbres ; le Lézard ailé s'y <^laB« comme l'Ecureuil avec une foeililé et i(k^^ distances qui ont fait prendre ses Sduls pour une espèce de vol ; nous retrouvons eooK» sur ces mômes arbres les Raines, qui cepeih dant sont [lour le moins aussi aquatique que terrestres, et qui paraissent « forl ^e rapprocher des poissons ; et tandis quf «* Raines, ces habitants s: naturels de l'eau, vivent sur les rameaux de nos forêts, I'oû voit d'un autre côté, de grandes légions d'oiseaux presque entièremeot dépour^'i^ d'ailes, n'avoir (;^ue la mer pour P^^i^»^ attachés, pour ainsi dire , à la surface « l'onde, passer leur vie à la siHoDnef<wis« plonger dans les Ilots.
Il en est des Raines comme dfes Grenooilles, leur entier développement Des'effeitu^ qu'avec lenteur ; et de même qu elles *fe; meure^U longtemps dans leurs %érm\^ œufs, c'est-à-5ire sous leuveloptiC çù y fait porter le nom de Têtards, eltos «e<l» viennent qu*après un tenps assex looiî,^ état de perpétuer leur espèce : ee of» au'àu bout de trois ou quatre aosouP'^ s accouplent. Jusqu'à cette époque, elles -^^ presque muettes.; les mâles même qfiW^ tant d'espèces d'animaux, ont la toii p forte que les feœelks, ue se fout poinifl**
RAI
POKSONS , Elt.
leodre» eomme si leurs cria n'étaient propres qa*à exprimer des désira qu'ils ne resïduteDt pas encore^ et à appeler des compagnes vers lesquelles ils ne sont point en- X)re entraînés.
C'est ordioairemeût vers la On du mois ravril €|ue leurs amours commencent ; mais ^ D'est pas sur les arbres qu'elles en goû- «nt les plaisirs ; on dirait q>;i'elles veulent (e soustraire è tous les regards, et se mettre i Tabri de tous les dangers, pour s'occuper plus pleinement sans distraction et sans [rouble de l'ohiet auquel elles vont s'unir; )a bien il semble que leur première patrie ^tant l'eau, c'est dans cet élément quelles reriennent jpuir dans toute son étendue luue existence qu'eDes ; ont reçue* et G[u'elles sont poussées par une sorte d*instmct h Qe donner le jour à de peti||S êtres semblables à elles, que dans les asiles favorables où ils trouveront en naissant la nourriture el la sûreté oui leur ont été nécessaires à elles-mêmes aans les premiers mois où élites ont vécu ; ou plutôt encore c'est à l'eau qu'elles retournent dans le temps de leurs iUQOurs, parce que ce n'est que dans l'eau quelles peuveat s'unir de la manière qui cuQvieot le mieux à leur organisation.
Les Raines ne vivent dans les bois ^ue piudàùi le temps de leurs chasses, car c est aussi au fond des eaux et dans le limon des lieux marécageux qu'elles se cachent pour passer le temps de rhiveretde leur engourdissement.
On les trouve donc dans les étangs dès la fiû (lu mois d'avril ou au coramencement de nMi;aiais, comme si elles ne pouvaient pas renoncer, mém e pour un temps très-court, aui branches qu'elles ont habitées, peutélre parce qu'elles ont besoin d'y aller chercher TaUment q[ui leur convient le plus lorsqaVtles sont entièrement développées, elr«s choisissent les endroits marécageux entourrés d*arbres : c'est là que les mâles gonflflnl leur gorge, qui devient brune quand ils sont adultes, poussent leurs cris rauques et souvent répétés, avec encore plus de force tjue la Grenouille commune. A peine Fun *i'eux fait-il entendre son coassement ve* ternissant, que tous les autres mêlent leurs 5ons discordants à sa voix ; et leurs daraeurssont si bruyantes qu'on les prendrait Je loin pour une meute de chiens qui aboient, et que, dans des nuits tranquilles, leurs coassements réunis sont quelquefois parvenus jusqu'à plus d'une lieue, surtout 'orsquela pluie était prête à tomber.
La couleur des Raines- varie après leur accouplement; elle est d'abord rousse et devient «risAtre tachetée de roux ; elle est ensuite bleue, et enfiu verte.
^ n*est ordinairement qu'après deux mots ^e les jeunes Raines ont la forme qu'elles Vivent conserver toute leur vie ; mais, dès 4Uclles ont atteint leur déveUifîupement et Mit'olles peuvent sauter et bondir avec fal"''!^^ elles quittent les eaux et gagnent les
On fait vivre aisément la Raine verte dans les maisons, en lui fourniasaol uaie température et UM nourriture convendoles. Coohme sa couleur varie très-sou vent^ suivant l'âge, la saison et le climat, et comme, lorsque l'amimal est oaort, le vert en dessus es son corps se change souvent eft bleu, nous présumons que l'on doit regarder comme une variété de cette Raine ceUe que M. Bod^ daert a décrite sous la nom de Grenouille à deux couleurs. Cette dernière Raine fttissit partie de la collection de M. 'SdUosser, et avait été apportée de Guinée ; ses pieds n'estaient pas palmés. Ses doi^fts étaient garnis de pelotes visqueuses ^ elle en avait quatre aux pieds de devant et cinq aux pieds ée derrière. La couleur du dessus de son corps était bleue, et le jaune régnait sur touX le dessous. Le museau était uu peu avancé ; la tête plus large que le corps, et la lèvre supérieure un peu fendue (1).
On rencontre la Raine verte en Europe, en Afrique et en Anxérique ; mais, indépendamment de celte esoèce > les pays étrangers offrent d'autres Quadrupèdes ovipares sans queue, et avec des plaques visqueuses sous tes doigts.
RAUNGUE, pièctt d'une sorte de Olet.
Yoy- Raie BOUciiiE.
RASCASSE. Koy. ScoMiUv MiMiBi RATE. Voy. DianmoN, ait. IIL
REGALEC GLESNE ou GrUNème^ genfe* de poissons de la famille des ÂosDtfae^rygiens ténioides.
Plus on fait de progrès dans l'étude des corps organisés et plus on est convaincu de cette vérité importante, que toutes les formes compatibles avec la conservation des espèces, non-seulement existent, maisencore sont combinées les unes avec les autres de toutes les manières qui peuvent se concilier avec la durée de ces mêmes espèces. L'histoire des poissons apodes de la première division des Osseux nous fournit un exemple remarquable de cette variété de combinai* sons. Dans les dix-neuf genres de cet ordre, les diverses nageoires du dos, de la poitrine, de l'anus et de la queue, montrent en effet pat* leur présence ou par leur absence, un assez grand nombre de modes différents.
Les Cécilies sont absolument sans nageoires ; les MOnoptères n'en ont qu'une qui est placée au bost de la queue ; on en voit deux sur les Leptocéphaies, dont le dos est garni d'une de ces deux nageoires, pendant que l'autre est située entre leur queue et leur anus ; les Trichiures n'en ont que sur le dt)s et aux deux côtés de la poitrine ; les Gymnotes qui en ont de pectorales et une de l'anus, en sont dénués sur le dos et à l'extrémité de la queue ; les Monoptères et les Ophisures en déploient uniquement sur le dos, au delà de 1 anus et des deux côtés
(1) Des naiuralisies regardent ce RepUle comme une espèce dislinclc : c esl VHyla bicohr. Lair. Dautiin.
REP
«REPTILES
REP
«Je la partie aniérieuro de leur corps ; les Triures ne réunissent aux nageoires du dos, de la poitrine et de l'anus, que des rudiments a'une nageoire de la aueue ; on aperçoit une nageoire caudale, aeux pectorales et une nageoirede l'anus surles Aptéronotes, mais leur dos est sans nageoire ; les qu<itre sortes de nageoires ont été données aux Odontognathes, aux Murènes, aux Ammodytes, aux Opbidies, aux Macrognalhes, aux Xipi)ias, aux Auarhiques, aux Comépliores, aux Stromatées, aux Rhombes ; et enfin les Régalées ont reçu une nageoire de la queue, et deux pectorales, sans aucune apparence de nageoire de l'anus.
Le naturaliste Ascanius est le premier auteur qui ait fait mention du Régalée. On n'a compté jusqu'à présent dans ce genre qu'une espèce que l'on nomme Glesnty et qui habite auprès des côtes de la Norwége.
Comme on le rencontre souvent, ainsi ({ue la Chimère Arctique, au milieu des innombrables légions de Harengs, qu'il est areenté comme ces derniers animaux, qu'il a T'air de les conduire, et qu'il parvient à des dimensions assez considérables, on l'a nommé, ainsi que la Chimère du Nord, Roi des Harengs ; et c'est ce que désigne le nom générique de RégaleCy quilui a été conservé.
REGURGITATION. Voy. DiGESxioN.art.III.
REINE DES CARPES. Voy. Carpe.
REMORA. Voy. Eghénéis.
REPRODUCTION. Foy. Fonction.
REPTATION des Serpents. Voy. Serpents.
REPTILES. — La classe des Reptiles comprend tous les animaux vertébrés à sang rroid , dont la respiration (à l'état parfait, sinon dans le jeune âge). est aérienne et incomplète. Ils ont des poumons comme les Mammifères et les oiseaux ; mais leur appareil circulatoire est toujours disposé de manière à ce qu'une partie du sang veineux se mêle au sang artériel, sans avoir traversé l'organe respiratoire, et en général ce mélange s'opère dans le cœur, qui ne présente qu'un seul ventricule, dans lequel s ouvrent les deux oreillettes.
Par leur forme générale, les Reptiles se rapprochent des Mammifères plus que des oiseaux; mais, du reste ils offrent à cet égard beaucoup de variations. Leur tête est presque toujours petite, et leur corps trèsallongé, quelquefois ils manquent complèr temeut de membres ou n'en ont que des vestiges; mais la plupart de ces animaux ont quatre pattes conformées pour servir à la marche ou à la nage. Du reste ces membres sont d'ordinaire trop courts pour empêcher le tronc de traîner à terre, et au lieu d'être dirigés paraHèlement à l'axe du corps et de se mouvoir dans ce sens , ils se portent en
Sénéral de côté et se meuvent de dehors en edans perpendiculairement à l'axe du corps, disposition très-défavorable à la locomotion; aussi la plupart des Reptiles ont-ils l'air de ramper sur le sol plutôt que de marcher, et c'est de là que leur vient leur nom.
Leur squelette présente dans sa structure des variations bien plus grandes que celui des animaux vertébrés à sang scbaud; toutes les parties dont il se compose peuvent tour è tour manquer, si ce n'est la tète et la colonne vertébrale; mais les os qui s*; trouvent conservent toujours une grande ressemblance avec ceux des MammUèreset des oiseaux, et se reconnaissent facilement (»ur en être les analogues. En faisant Thistoire des différents ordres dont la classe deit Reptiles se compose, nous décrirons les prindpales modifications de la charpente osseuse de ces animaux, et, pour éviter les répétitions, nous nous bornerons à ajouter ici que le crâne est petit et la face alIong<!«. La m^ choire inférieure est toujours composé(^ de plusieurs pièces, comme chez les oiseaui, et s'articufe avec le crâne par ^lnterméJiêI^> d'un os distinct, du temporal (l'os carré ou tympaniquej; la tête est en général feu mobile et s articule avec la colonne renébraleau moyen d'un seul condyleàplusleors facettes; la colonne épinière est ordioli/^ ment très-longue et les côtes nomkressfô; enQn les os de l'épaule ont de l'anak^arfc ceux des oiseaux, sans être cependu&nss) développés, et presque toujours le mniiKt postérieur ressemble en tout au meoibre utérieur.
Les mouvements des Reptiles sont en général moins vifs et moins soutenus oueceui des animaux à sang chaud, comme du reste, on pouvait le prévoir d'après l'étendue plus bornée de leur respiration; car il existeloujours, un rapport intime entre l'énergie de ces deux fonctions. Leurs muscles reçoi^eoi moins de sang et présentent une teinte blaochâtre ; enfin il est également à remarquer que ces organes conservent plus longtem|> leur irritabilité, après qu'on lésa soustraits à l'influence du système nerveux. Chei les animaux à sang chaud , la destruction do cerveau et de la moelle épinière ou la section d'un nerf détermine immédiatement une paralysie complète, soit générale, soil locale, et, peu de temps après que ce phénomène s'est déclaré, il devient iro[)0ssible d'exciter des contractions musculaires, eu piquant ou en stimulant autrement les \^ ties affectées. Chez les Reptiles, au contraire, la faculté d'exécuter des mouvements sous l'influence de ces stimulants, se conserve dans des circonstances analogues pendant fort longtemps; ainsi'la queue d'un Lézard, détachée du corps , continue à se raouroir pendant plusieurs heures, et il arrive souvent de voir une Tortue morte depuis plusieurs jours, agiter ses membres lorsqu'ou stimule les muscles, en les piquant. On Kut en conclure que, chez ces animaux, la è^^ sion du travail physiologique et la localis^ tion des diverses fonctions du système nerveux sont portées moins loin nue chei l^ Mammifères et les oiseaux, dourésulleuii« dépendance moins intime des différentes p«^ ties de l'économie les unes des autres.
L'encéphale des Reptiles est peu ilén-
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