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autour des plus frêles embarcations, et qui scmbJent ne raccompagner que pour le protéger contre les poissons qui pourraient l'attaquer. A la térité, c'est Ofafsen qui rapporte celte histoire. Ce qui est certain, c'est que ces cétacés ne sont point des animaui de proie comme le Requin, par exemple, et qu*ils ne sont point hostiles envers ceux-qui De leur sont point ennemis.
Cette grande espèce de Baleine consomme naturellement une immense quantité de nourriture. On ne parait pas en avoir ouvert sans ou'on ait remarqué dans leur estomac d es débris de toute espècede poissons. Eggède nous dit qu'on a trouvé des Nord-Caper dont l'estomac contenait plus d'une tonne de harengs, et Hnnter rapporte que son jeune Rorqual avait dans le sien des restes de Reguins. Au surplus, on pourra se faire une idée de la masse d'aliments que ces animaux peuvent engloutir quand ils ouvrent la bouche au milieu d'un banc de harengs, lorsqu'on saura, à en croire Sibbald, qu'une chaloupe avec son équipage entra tout entière, et sans s'en apercevoir, dans la bouche béante d*un de ces animaux échoué près du rivage.
Ces cétacés vivent associes les uns aux autres, soit en troupes, soit par paires. Anderson raconte qu'un Rorqual mâle ayant été harponné, sa femelle ne le quitta point, et se laissa harponner après lui, plutôt que de l'abandonner et de fuir.
Les mers du pôle arctique forment l'habitation de cette espèce de Rorqual ; on la rencontredans les parages de l'Amérique comme dans ceux du Groenland et du Spitzberg, de llslande et du cap Nord ; et l'on ne voit pas comment elle ne se serait pas portée à l'est et ne se rencontrerait pas aussi dans les parages de la Nouvelle-Zemble et des lies Liaikhof. Ce sont les tempêtes qui vraisemblablement les poussent de temps à autres sur nos côtes.
ROBQCAL DE LA HéDITERRAÎléE [R, MuSCU^
lus). Cette espèce a été connue des^ncfens : c'est d'elle très-probablement doni Aristote a parlé sous le nom de Mysticetus, cétacé dont la bouche était remplie de poils, au lieu d'être armée de dents. Ce nom désigne incontestablement une Baleine : or il est
f»lus Traisemblable de penser que cette Racine appartenait à l'espèce qui se trouve encore aujourd'hui dans la Méditerranée, qu'aux autres «espèces de la môme Camille qui n'y ont peut-être jamais vécu.
Pline, eu rappelant les paroles d'Aristote, parait donner au Mysticelus le nom de Mtis^' culus; et, dans ce cas, il serait plus grand que la Baleine , ce qui confirmerait l'idée que ce cétacé est en effet un Rorqual; car il parait certain que la taille des Rorquals surpasse celle des autres Baleines.
Quelques marins, dans les temps modernes, ont aussi parlé des Baleines de la Méditerranée. Martens, entre autres, rapporte avoir vu des Baleines à nageoire dorsale dans cette mer.
. ROBQCAL DU Cap {R, anlarciicus). Les sources auxquelles on piMit puiser lés élé-
DiCTioNN. DE Zoologie. II.
ments de l'histoire de cette espèce sont encore en bien petit nombre; ce sont elles cependant qui, aujourd'hui, pourraient être les glus abondantes, depuis aue la pêche de la aleine s'est portée dans les mers méridionales, si des nommes éclairés, marchant sur les traces de Scoresbj, s'attachaient à l'observation des célacés qu'ils rencontrent, et communiquaient au f)ublic les faits dont ils aiiraient été les témoins.
Tout ce qu'on en sait de positif repose sur le squelette d'un individu qui vint échouer, le 30 juin, entre la pointe du cap de Bonne- Espérance et Hout-Baie , à l'embouchure de la rivière de Slangtrop, et près duquel le hasard conduisit Lalande , lorsqu'en 1819 il se livrait, dans cette contrée, à ses recherches si fructueuses d'histoire naturelle. M. Lessou a rapporté ensuite à cette espèce ce que nous apprennent MM. Quoy et Gaimard, d un Rorqual qui fut tué près des Malouines, et qui Tint échouer sur les rochers de la baie française où ils se trouvaient avec la corvette VUranit; mais ces voyageurs regardaient ce Rorqual comme appartenant à l'espèce qu'on désigne par le nom de Museau pointu. Eu regardant comme yrai que le domaine des espèces des cétacés est plus circonscrit qu'on n'est également porté à le croire, quand on considère la mer comme une route toujours ouverte à leur pérégrination, le rapprochement dont M. Lesson a eu la pensée peut à quelques égards paraître fondé, et c'est comme probable seulement que nous l'ad* mettons.
Lalande n'a pu donner une description ni des parties intérieures ni des parties extérieures de son Rorqual, qui se trouvait entièrement couché sur le dos; tout ce 'qu'on, en sait, c'est que cet animal était noir en* dessus et blanc en dessous, avec des sillons è la gorçe et à la poitrine d'un rouge vif. On dit aussi que la nageoire dorsale était assez rapprochée de la queue.
Cette espèce, comme toutes les autres, appelle l'attention des navigateurs qui seront à portée de l'observer. C'est à eux seuls que l'histoire naturelle peut devoir la connaissance d'animaux qui n'habitent que les plus profondes mers, ou qui ne sont jetés aux nvages que privés de vie, et même à moitié dénaturés par la décomposition qui s'empare d*eux immédiatement après leur mort.
ROTULE. Yoy. Squelette.
ROUGET. Voy. Mulle.
ROULEAU, Tortrix, —Genre de Reptiles ophidiens de la famille des vrais Serpents non venimeux, formé par Oppel aux dépens du genre Anguis de Linné. Les Rouleaux ont
Sour caractères un corps allongé, cjlinrique, presque également obtus aux deux extrémités ; peau couverte d'écaillés semblables entre elles, hexagonales en dessus et présentant le long du ventre et sous la queue, une ligne d'écaillés plus grandes que les autres; bouche petite; mAchoires peu dilatables ; queue extrêmement courte. ^ Nous citerons pnrmi les espèces le RtDA?i
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REPTILES
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(Torlrix scytaU^ Oppol; Anguis scytcle^ Linné; le Rouleac, Daubenion). Long de deux pieds environ; teinte générale liianc jaunfttre, avec des bandes noires transversaleSy disposées en anneaux irréguHers ; tète petite, déprimée, ovale, arrondie en devant; dents petites, assez nombreuses, aiguës, simples ; yeux petits et placés comme les narines au milieu d*une plaque ; corps et queue cylindriques, d'égale grosseur partout ; écailles lisses , réticulées, non imbriquées. Ce Rouleau habite Cavenue et Surinam ; il se nourrit de Chenilles, d'Insectes et de Vers.
Le Sbrpent corail (T. corallinuSf Oppel),
Îui est d*une belle couleur rouge-corail en essus et rouge plus clair en dessous, et qui 'habite les mêmes pays que le Scytale, n en est peut-être qu'une variété d'aprèsG. Cuvier. Le Rouleau maculé {T. maculaius, Oppel ; Anguis maculatus^ Linné ; Anguis tesselatus^ Laurenti). Taille d'un pied environ ; dessus du corps jaune, avec une ligne longitudinale brune et quarante-cinq lignes transversales un peu plus larges et formant quarante-cinq
paires de tacnes jaunes. Ce Serpent habite le Paraguay où on le nomme Miguel
Le Rouleau de Botta (T. Boike, BlainîA Longueur deux pieds environ ; sy^ème do coloration uniforme, Isabelle, plus foncé snr le dos et ta queue ; tête petite, peu oupolut distincte ; bouche petite, fiarines latérales, placées entre deux scutelles nasales ;ycui médiocres ; scutelles céphaiiques, coœpr^ nant des écailles de diverses grandeurs; scutelles dorsales formées d*écaitles petites, égales, lisses, en forme de losange ; scotelles ventrales transverses, assez étroites, sur oo seul rang sous le ventre et la queue ; anns transverse fort reculé. Cette espèce de Rouleau, rapportée de Californie par M. Botta, a été fiernièrement décrite et figurée par H. de Blainville dans les nouvelles Anniles du Muséum.
ROUSSEAU. Voy. Pagou
ROUSSETTE. Voy. Squale.
RUBAN. Voy. Houalosomes.
RUFISME. Voy. Couleurs, elc
RUMINATION. Voy. Digestios, art. lU.
RYTINA. Voy. Stell^e.
SAGRË. Voy. Aiguillât.
SALAMANDRE TERRESTRE, lacerta 5otamandrOf Linn. -> Genre de Reptiles de la famille des Batraciens urodèles.
Il semble que plus les obiets de la curiosité de rhomme sont éloignes de lui, et plus il se plaît à leur attribuer des qualités merveilleuses, ou du moins à supposer à des degrés trop élevés, celles dont ces êtres, rarement bien connus , jouissent réellemont. L'imagination a besoin, pour ainsi dire, d'être de temps en temps secouée par «les merveilles; rnomme veut exercer sa croyance dans toute sa plénitude; il Jui semble qu'il n'en jouit pas d'une manière assez libre, quand il la soumet aux lois de la raison ; ce n'est que par les excès qu*il croit en user, et il ne s'en regarde comme véritablement le maître, que lorsqu'il la refuse capricieusement à la réalité, ou qu'il l'accorde aux êtres les plus chimériques. Mais il ne peut exercer cet empire de sa fantaisie, que lorsque la lumière de la vérité ne tombe que de loin en loin sur les objets de cette croyance arbitraire ; que lorsque l'espace, le temps, ou leur nature, les séparent de nous ; et voilà pourquoi, parmi tous les ordres d'animaux, il n'en est peut-être aucun qui n'ait donné lieu à tant de fables que celui des Lézards. Nous avons déjà vu des propriétés aussi absurdes qu'imaginaires accordées à plusieurs espècesdeces Quadrupèdes ovi|)ares ; mais nous voici maintenant à l'histoire d'un Lézard pour lequel l'imagination humaine s'est surpassée ; on lui a attribué la plus merveilleuse de toutes les propriétés. Tandis que les corps les plus durs ne peuvent échapper à la force de l'élément du feu, on a voulu qu'un oetit Lézard
non-seulement ne fût pas consumé pu la flammes, mais parvint même à leséteiadK. Et comme les fables agréables s'accrédiUAt aisément, l'on s'est empressé d'aeeoeiliir celte d'un petit animal si privilégié, si supérieur à l'agent le plus actif de la nature, et qui devait fournir tant d'objets decompraison à la poésie, tant d'emblèmes galants, tant de brillantes devises à l'amoar. Les anciens ont cru à cette propriété de U Salamandre ; désirant que son origine fât aussi surprenante aue sa puissance, et voolant réaliser les notions ingénieuses des poëtes, ils ont écrit qu'elle devait son eiiitence au plus pur des éléments, oui oe pouvait la consumer, et ils l'ont dite fille du feu, en lui donnant cependant un corys éô gliice. Les modernes ont adopté les ubles ridicules des anciens; et, comme on ne peut jamais s'arrêter quand on a dépassé les bornes de la vraisemblance, on est ailé jusqu'à penser que le feu le plus violCiTt pouvait être éteint par la Salamandre te restre. Des charlatans vendaient ce pefil Lézard, qui, jeté dans le plus grand ioctadie, devait, disaient-ils, en arrêter les progrès. Il a fallu gue les physiciens, que les philosophes, prissent la peine de i ronver par le rait ce que la raison seule aurait (tû démontrer; et ce n'est que lorsque les lumières de la science ont été très-répandups qu'on a cessé de croire à la propriété ée U Salamandre.
Ce Lézard, qui se trouve dans tant àe
Eays de l'ancien monde, et même à de irèsautes latitudes, a été cependant lrès-p«i observé, parce qu'on le voit rarement bon de son trou, et parce qu'il a, leodant ïooftemps, inspiré une assez grande frayeur:
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POISSOSS , ETC.
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Aristote môme ne paraJ en parler que comme d'an anima) quil ne connaissait jiresque (>oinL
Il est aisé à distinguer de tous ceux dont nous nous sommes occupés, par ia conformaUoo particulière de ses pieds de devant, où il n^a que quatre doigts, tandis qu'il en a cio(] à ceui de derrière. Codes plus grands individus de cette espèce, conservé au Muséum d^bistoire naturelle, a sept pouces cinq lignes de longueur depuis le bout du museau jusau'à Torigine de la queue, qui est longue cie trois pouces huit lignes. La
Eeau n*est revêtue d'aucune écaille sensile ; mais elle est garnie d'une grande quantité de mamelons et percée d*un grand nombre de petits trous, dont plusieurs sont très-sensibles à la vue simple, et par lesquels découle une sorte de lait, qui se ré- (»and ordinairement de manière à former un Ternis transparent au-dessus de la peau naturellement sèche de ce Quadrupède ovipare.
Les jeux de la Salamandre sont placés à la partie supérieure de la tète, qui est un peu aplatie; leur orbite est saillante dans Tintérieur du palais, et elle y est presque entourée d*un rang de très-petites dents, semblables à celles qui ^missent les mâchoires. Ces dents établissent un nouveau rapport entre les. Lézards et les poissons, dont plusieurs espèces ont de même plusieurs dents placées dans le fond de la gueule.
La couleur de ce Lézard est très-foncée ; elle prend une teinte bleuâtre sur le ventre, et présente des taches jaunes assez grandes, irrégulières, et qui s'étendent sur tout le corps, même sur les pieds et sur les paupières. Quelques-unes de ces taches sont parsemées de petits points noirs, et celles qui sont sur le dos se touchent souvent sans interruption, et forment deux longues bandes jaunes. La figure de ces taches a fait donner le nom de Siellion à la Salamandre, ainsi c^u'au Lézard vert , au rentable Stellion et au Geekot. Au reste, la couleur des Salamandres terrestres doit être sujette à varier, et il parait qu'on en trouve dans les bois humides d'Allemagne, qui sont toutes noires par-dessus et jaunes par-dessous.
La queue, presque cylindrique, paraît divisée en anneaux par les renflements d*une substance très-molle.
La Salamandre terrestre n'a point de cdtes, non plus que les Grenouilles auxquelles elle ressemble d*ailleiirs par la forme générale de la partie antérieure du corps. Lorsqu'on la touche, elle se couvre promptement de cette espèce d'enduit dont nousavons parlé, et elle peut égalementfaire passer très-rapidement sa peau de cet état humide à celui de sécheresse. Le lait, qui sort par les petits trous que Ton voit sur sa surface, est très-âcre ; lorsqu'on en a mis sur la langue, on croit sentir une sorte de cicatrice à l'endroit où il a touché. Ce lait, qui est regardé comme un excellent dépilatoire, ressemble un peu k celui qui découle des plantes appelées Ti-
thymales et des Euphorbes. Quand on écrase ou seulement quand on presse ia Salamandre, elle répand d'ailleurs une mauvaise odeur qui lui est particulière.
Les Salamandres terrestres aimentleslieux humides et froids, les ombres épaisses, les bois touffus des hautes montagnes, les bords des fontaines qui coulent dans les prés; elles se retirent quelquefois en grand nombre dans les creux des arbres, dans les haies, au-dessous des vieilles souches pourries; et elles passent Thiver des contrées trop élevées en latitude dans des espèces de terriers, où on les trouve rassemblées et entortillées plusieurs ensemble.
La Salamandre étant dépourvue d'ongles, n'ayant que quatre doigts aux pieds de devant, et aucun avantage de conformation ne remplaçant ce qui lui manque, ses mœurs doivent être et sont en effet très-différentes de celles de la plupart des Lézards. Elle est très-lente dans sa marche; bien loin de pouvoir grimper avec vitesse sur les arbres, elle rirait le plus souvent se traîner avec peine la surface de la terre. Elle ne s*éloigne que peu des abris qu'elle a choisis. Elle passe sa vie sous terre, souvent au pied des vieilles murailles ; pendant l'éti^, elle craint l'ardeur du soleil, qui la dessécherait ; et ce n'est ordinairement que lorsque la pluie est prête à toml)er, qu'elle sort de son asile secret, comme par une sorte de besoin de se baigner et de s'imbiber d'un élément qui lui est analogue. Peut-être aussi trouve-t-elle alors avec plus de facilité les Insectes dont elle se nourrit. Elle vit de Mouches, de Scarabées, de Limaçons et de Vers de terre. Lorsqu'elle est en repos, elle se replie sou« vent sur elle-même comme les Serpents.
Elle peut rester quelane temps dans l'eau sans y périr ; elle s'v dépouille d'une pellicule mince d'un cendré verdâtre. On a même conservédes Salamandres pendant plusde six mois dans de l'eau de puits; on ne leur donnait aucune nourriture ; on avait seulement le soin de changer souvent l'eau.
On observe que toutes les fois qu'on plonge une Salamandre terrestre dans l'eau, elle s'efforce d'élever ses narines au-dessus delà surface,comme si elle cherchait Tairde l'atmosphère, ce qui est une nouvelle preuve du besoin qu*ont tous les Quadrupèdes ovipares de respirer pendant tout le temps où ils ne sont point engourdis. I^ Salamandre terrestre n a point d^oreilles apparentes ; et en ceci elle ressemble aux Serpents. On a prétendu qu'elle n'entendait point, et c'est ce qui lui a fait donner le nom de Sourd dans certaines provinces de France : on pourrait le présumer, parce qu'on ne lui a jamais entendu jeter aucun cri, et qu*en général le silence est lié avec la surdilé.
Ayant donc peut-être un sens de moins, et privée de la faculté de communiquer ses sensations aux animaux de son espèce, même par des sons imparfaits, elle doit être réduite à un bien moindre degré d'instinct ; aussi est-elle stupide, et non pas courageuso comme on l'a écrit; elle ne brave pas le dan-
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REPTILES
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ger, ainsi qu'on Ta prélcndu, maî« elle ne Tapcrçoit point; Quelques gestes qu'on fasse pour reffrayer, elle s avance toujours sans se détourner do sa roule; cependant, comme aucun animal n*est privé du sentiment nécessaire à sa conservation, elle comprime, dit-on, rapidement sa peau îorsquon la tourmente, et fait rejaillir conlre ceux qui rallaqucnl le lait acre que celle peau recouvre. Si on la frappe, elle commence par dresser sa queue; elle devient ensuite immobile, comme si elle était saisie par une sorte de paralysie ; car il ne faut pas, ^ec quel<|uos naturalistes, attribuer à un animal si dénué d'instinct assez de finesse et de r.nse pour contrefaire la morte, ainsi qu'ils l'ont écril. Au reste, il est difficile de la tuer, elle est très-vivace; mais, trempée dans du vinaigre ou enlouréie de sel en poudre, elle périt bientôt dans des convulsions, ainsi que plusieurs aiftres Lézards et les Vers.
Il semble que l'on ne peut accorder h un être une qualité chimérique sans lui refuser en même temps une propriété réelle. On a rcjj;ardé la froide Salamandre comme un animal" doué du pouvoir miraculeux de résister aux flammes, et même de les éteindre; mais en môme temps on Ta rabaissée Butant
âu'on l'avait élevée par ce privilège unique, n en a fait le plus funeste des animaux; les aneiens, et même Pline, l'ont dévouée à une sorte d'anathème, en la considérant comme celui dont le poison était le plus dangereux. Ils ont écrit qu'en infectant de son venin presque tous les végétaux d'une vaste contrée, elle pourrait donner la mort à des na^ lions entitres. Les' modernes ont aussi cru pendant longtemps au poison de la Salamandre ; on a dit que sa morsure était mortelle, comme celle de la Vipère; on a cherché et prescrit des remèdes contre son venin ; mais enfin on a eu recours aux observations par lesquelles on aurait dû commencer. Le fameux Bacon avait voulu engager les physiciens à s'assurer de l'existence du venm de la Salamandre; Gesner prouva par l'expérience qu'elle ne mordait point, cle quelque manière qu'on cherchât à 1 irriter ; et Wurfbainus fit voir qu'on pouvait impunément la toucher, ainsi que boire de l'eau des fon^ laines qu'elle habite. Maupertuis s'est aussi occupé de ce Lézard : en recherchant ce que pouvait être son prétendu poison, il a «Jémonlré , parr Texperience, l'action des Qammes sur la Salamandre, comme sur les autres animaux. Il a reroarqaé qu'à peine elle est sur le feu, qu'elle paraît couverte do gouttes de son lait qili, raréfré par la chaleur, s'échappe par tous les pores de la penu, sort en plus grande quanlié sur la tête ainsi ipie sur les mamelons , et se durcit sur-lechamp; mais on n'a certainement pas besoin de dire que ce lait n'est jamais assez abondant pour éteindre le moindre feu.
Maupertuis, dans le cours de ses expériences, irrita en vain plusieurs Salamandres : jamais aucune n'ouvrit L^ bouche ; il fallut la leur ouvrir par force.
Comme les dents de ces Lézards sont Irès-
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petites, on ouf beaucoup de peine a trouver un animal dont la peau fût assez flne pont être entamée par ces dents. Il essaya inuiilement de les faire pénétrer dans h chaT d'un Poulet déplume; il pressa en Tainlès dents contre la peau : elles se dérangèrent plutôt que do Fentamer; if parvint enfin à faire mordre, par une Salamandre, la cuisse d'un Poulet dont il avait enlevé la peau. H fit mordre aussi, par des Salamandres réce©. ment prises, la langue et les lèvres d'an Chien, ainsi que la langue d'un Coq dinde; aucun de ces animaux n'éprouva le moindre accident. Maupertuis fit avaler ensuite des Salamandres entières ou eoupé»;s par morceaux à un Coq d'indo et à un Chien, qui ne parurent pas en souffrir.
M. Laurenti a fait der»uis des expériences dans les mêmes vues; il a forcé des Lézarda gris à mordre des Salamandres, et il leurea a fait avaler du lait : les Lézards sont morts très-promptcmcRt. Le lait de la Salamandre, pris intérieurement, pourrait donc èlrelrèsfuneste et même mortel à certains anioiiox, surtout aux pius petits ; mais il mpmîl pas nuisible aux grands animaui(/].
(1) Des cxpérienees récentes pantîssatcMlfiir celles lie M. Laiirenli. Voici fan.nlysc d'ooc vk adressée s\ ce sujet à rAcadéinîe des sciencfi
M. Ghevrcul a présenlc, au nom de MM. Graliobl ci Gloéz, une note sur les propriclës véuéDessdée rbumenr lactescente que sécrclciil ies.pnsUllescat^ nées de la Salaniaiulre terrestre et du Cnfxà eonHinin.
C*cst une opinion fort anclemie et |[éficra!eiaal répandue ddiis le vulgaire que la Salamandre lefresirc (Laeerla Saiamtindra, Lin.), possciie un xtm sublil. Cette opiificm a élc de nos jotirs rdé^ parmi les fahles. On allribne cependant vne gruMJe âereté à la liqueur visqueuse et lactescente que sécrètent les pustules cutanées de ^e ^atnden. Lis auteurs de la note ayant remarque que Dlosicvn Grenouilles, placées dans un tonneau avec des Salamandres, avaient élé irouvces mortes mi bout de boit jours, eurent Tidée de faire les expériences qui vort ôire relatées.
Le liquide que sécrètent les pustules colanécs de la Salamandre est d'un beau blam*., il a nne odeor vireuse très-forte ; au moment oii on r^xtrait ilt la pustule, il coule comme un lai; épais, mab se coagule promptemeiit. l\ a une réaction acide irès^wrquce. UM. G. et G. ont inociflé ce liquide sous b peau de raile ou de la cuisse de différents oiseaiq ; tous ont éprouvé des convulsions épilepliformes. l« TouriereHe blessée légèrement à lailc est Dioncca 20 minutes, après des convulsions terribles cl d» paralysies alternatives, qui ont tournicnu; FaniiMl dès la 8» minute. — De petits Mammifères, tek «f* des Goclions dinde, des Souris, n'ont rprooTC q«« des convulsions passagères, qui n'ont jamais été s«vies de mort. Des expériences scinWal»les ool » faites avec le liquide lactescent que cimticflnctilH pustules dorsales et parolidicunes du Crapaud co» mun (rana bufo). Ce liquide est épais, visqiicuij* nàtre; il a une amertume nauséabonde in«ippj[: table. L'un des deux auteurs de la note l'ayani foW malgré lui plus qu'il n'aurait voulu, a pu cmi^^ qu'il ne détermine sur la nHiqucuse ©''l'^JîJlJÎ impression douloureuse. Ge liquide a été ^'^^^^^ cinq oiseaux ( Verdicrs ou Pinsons ) ; tous i» ^ sont morts en cinq ou six minutes, mais saas cor vulsions! ils ouvraient le bec, cbancelaieol cfl"»^ dans l'ivresse, et au bout de quelqiics iosuntf '*'
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POISSONS, ETC
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Oo a cru peodaiil longtemps que les Sabmandres n*avaicu( point de sexe» et que chaque individu <itaU en état d'engendrer seat son semblable, comme dans plusieurs es|ièces de Vers. Ce n*est pas la fable la plus absurde qu^on ait ioinginée au sujet des Salamandres; mais si la manière Uont elles Tiennent à la lumière n'est pas aussi merreilleuse qu'on Ta écrit, elle est remarquable cQ ce qu'elle diffère de celle dont naissent presque tous les au'res Lézards, et en ce Qu'elle est analogue à celles dont voiofU le jour les Seps ou Chalcides, ainsi que les Vipères et plusieurs es|>èces de Serpents. La Salamandre mérite par là l'attention des naturalistes, bien plus que la fausse et ])riilanle répulatioa dont elle a joui si loDg-t'*mps. Maupertuis ayant ouvert quelques Salamandres, y trouva des œufs, et eu même tomps des petits tout formés; les ceufs étaient divisés en deux grappes allon* Kées; et les petits étaient renfeimés dans dpui esj^ècts de tuyaux transparents; ils étaient aussi bien conformés, et bien plus agiles que les Salamandres adultes. La Salaïuaudre met donc bas des petits venus dun œuf éclos dans son ventre, ainsi que cftnides Vipères.
Nous plaçons ici Texlrail d'une lettre iûressée à Lacépède par dom Saint-Julien, Bi'uéilielin de la congrégniion de Cluni. On y Irouvera des observations intéressantes relativement à la manière dont les Salamandres terrestres viennent au jour.
« Je trouvai, à la Gn du printemps de l'année dernière 1787, une superbe Salamandre teneslre (de l'espèce appelée Scorpion dans Ij basse Guienne, et qu'on v confond même
quelquefois avec cet Insecte) Elle avait
in peu plus de liuit pouces depuis le bout iu museau jusqu'à l'extrémité de la queue. U grosseur de son ventre me fit espérer de rouver qyeique éclaircissement sur la généationdo ce Reptile; en conséquence jo procédai h sa dissection, c)ue je commençai |>ar awjs. Dès que j'eusfait une ouverture d'ennron un demi-pouce, je vis sortir une os- >èce de sac, que je pris d'abord pour un ^yau, mais j'aperçus bientôt un mouvement rts-sensible dans l'intérieur; je vis môme, à ravers la membrane fort mince,' de petits orps mouvants ; je ne doutai point alors que e ne fût des êtres anim(^s, en un mot les pei^ de l'animal. Je continuai à faire sortir ctle noche, jusqu'à ce que je trouvai un Irangiement ; alors j'ouvris la membrane lans le sens de sa longueur; je la trouvai oléine d'une espèce de sanio dans laquelle es petits étaient plies en double, precisé- Eieiit dans la forme que M. l'abbé SpaHan- ^ni attribue aux petits de la Salamandre quatijiue, lorsqu'ils sont encore renfermés lans l'amnios. Bientôt cette sanie 8<; ré|>an-
•aieiii les yeux comme pour dormir cl lumbaienl •oris. MM. G. cl C. ont constaté encore que ce li- «Hle tae les oiseaux même après avoir été desséché : • inillignimmes de ce venin desséché oni fail mourir '" VenHer en îtf minutes. Ce suc agit également f rês qu'on a salure son acide à Taide de la |H>iast>e.
dit, les petits s'allon^èren , sautèrent sur la table, et parurent animés d'un mouvement très-vif. ris étaient au nombre de sept ou huit. Je les examinai à la vue simple, et un avec le secours do la loupe ; et je leur reconnus très-bien la forme de petits poissons avec deux sortes de nageoires assez longues du côté de la tète, qui était grosse par rapport au corps, et dont les yeux, qui paraissaient très-vifs, étaient très-saillants ; il n'y avait rien à la place des pieds de derrière. Comme la mère avait été prise dans l'eau et paraissait irès-proclie de son terme, je pensai que l'eau était Télément qui convenait à ces nouveau-nés, ce qui d'ailleurs se trouvait confirmé par leur état pisciforme; c'est pourquoi je me pressai de les faire tomber dans une jatte pleine d'eau, où ils nagèrent très-bien. J'agrandis encore l'ouverture de la mère, et je Os sortir une seconde et puis une troisième poches, semblables à la première, et séparées par des étranglements. Ces poches ouvertes me donnèrent des êtres semblables aux premiers et à peu près aussi bien formés; ils s'y trouvaient renfermés par huit ou dix en pelotons, sans aucune se*
Baration ou diaphragme, au moins sensible, ne quatrième poche pareille me donna des êtres de la tnême nature, mais moins for^ mes; ils étaient presque tous chargés sur le côté droit, vers le milieu du corps, d*ujie espèce de tumeur ou protubérance d'Hin jaune foncé paraissant un peu sanguinolent; ils avaient néanmoins leurs mouvements li* bres, pas assez pour sauter d'eux-mêmqs^ il fallut les retirer de leurs bourses avec des pinces. Enfin une cinquième poche- pareille me fournit des ôlrcs semblables, dent il ne paraissait que la moitié du corps depuis le milieu jusqu'au bout de la queue; l'autre
Snrtie consistait seulement en. un sçgmen^ e cette matière jaune dont je viens.de parler : la partie formée avait un mouvement sensible. Je retirai ainsi vingt-huit outrente petits tout forinés, qui nagèrent dans l'eau, et qui y vécurent dans mon appartement pondant vingt-auatre heures. Les avortons informes se précipitèrent au fond, etne donnèrent plus aucun signe de vie. La mère vi* vait encore après que j'en eus tiré tous ses petits, formés ou informes. J'achevai de l'ouvrir, et à la suite de celte espèce de matrice, --ui paraissait n'être qu'un boyau étranglé e distance en distance, je trouvai deux grappes d'œufs de forme sensiblement sphérique, d'environ une ligne de diamètre, et d'une matière semblable à celle que j'avais vue adhérente aux deux différentes espèces ^'avortons. Je ne comptai pas le nombre de ces œufs, mais j'appelle leurs collections 9rapj9««, parce que réellement elles représentaient une grappe de raisin. Leur tige était attachée à l'épine dorsale, derrière une bourse flottante située un peu au-dessous du bras, de couleur brune foncée : je reconnus cette bourse pour l'estomac du Reptile, parce que l'ayant ouverte, j y trouvai de petits Limaçons, quelques Scarabées, et du sible noirôtrc». »
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SaLAUANDRB ▲ QUEUB PLATE OU TrITO!!,
Genus Triton^ Laur. : JUolge^ Merr. Ce Lézard, ainsi que la Salamandre terrestre
{)eul vivre également sur )a terre et dans 'eau ; mais préfère ce dernier élément pour son habitation, au lieu qu'on rencontre presque toujours la Salamandre terrestre dansdes trous de murailles, ou dans de petites cavités souterraines ; et de là vient au'on a donné à la Salamandre à queue plate le nom de Salamandre aquatique, et que Linné l'a appelée Lézard des marais. Elle ressemble à la Salamandre dont.nous venons de parler, en ce qu'elle a le corps dépourvu d'écaillés sensibles, ainsi que les doigts dégarnis d'on-
fies, et qu'on ne compte que quatre doigts ses pieds de devant; mais elle en diffère surtout par la forme de sa queue. Elle varie beaucoup par ses couleurs, suivant l'âge et le sexe. 11 parait d'ailleurs qu'on doit admettre dans cette espèce de Salamandre à queue plate plusieurs variétés plus ou moins constantes, qui ne sont distinguées que par la grandeur et par les couleurs, et qui doi- Tent dépendre de la différence des pays, ou même seulement de la nourriture.
Les plus grandes Salamandres à queue plate n'excèdent guère la longueur de six à sept pouces. La tète est aplatie, la langue large et courte ; la peau est dure, et répand une espèce de lait quand on la blesse. Le corps est couvert de très-petites verrues saillantes et blanchâtres; la couleur générale, plus ou moins brune sur le dos, s'éclaircit sous le ventre, et y devient d'un jaune tirant sur le blanc. Elle présente de petites taches, souvent rondes, foncées, ordinairement plus brunes dans le mâle, bleuâtres et diversement placées dans certaines variétés.
Ce qui distingue principalement le mâle, c'est une sorte de crête membraneuse et découpée,(|[ui s'étend le long du dos, depuis le milieu de la tète iusqu'à l'extrémité de la queue, sur laquelle ordinairement les découpures s'effacent, ou deviennent moins sensibles. Le dessous de la queue est aussi garni dans toute sa longueur d une membrane en forme de bande, placée verticalement, qui a une blancheur éclatante, et qui fait paraître plate la queue de la Salamandre.
La femelle n'a pas de crête sur le dos, où l'on voit au contraire un enfoncement qui 5*élend depuis la* tête jusqu'à l'origine delà qiieue. Cependant, lorsqu'elle est maigre, 1 é{)ine du dos forme quelquefois une petite éminence ; elle a, sur le bord supérieur de la queue, une sorte de crête membraneuse et entière, et le bord inférieur de cette même queue est garni de la bande très« blanche qu'on remarque dans le mâle. En
fénéral les couleurs sont plus pâles et plus gales dans la femelle; elles sont aussi moins foncées dans les jeunes Salamandres.
La Salamandre à queue plate aime les eaux limoneuses, oil elle se platt à se cacher sous les pierres ; on la trouve dans les vieux fossés, (fans les marais, dans les étangs; eu
ne la rencontre presque jamais dais h eaux courantes ; l'hiver elle se retire qotl. quefojs dans les souterrains humides.
Lorsqu'elle va à terre, elle ne mardie qu'avec peine et très-lentement. Quelquefois, lorsqu'elle vient respirer au bcrd deTew, elle fait entendre un petit sifilemcntElle perd difficilement la vie, et comme elle n'est ni aussi sourde, ni aussi silencieuse que la Salamandre terrestre, elle doit, à eertàoâ égards, avoir l'inslinct moins boraé.
Le conte ridicule qu'on a répété pendnt tant de temps sur la Salamandre terrestre n'a pas été étendu jusqu'à la Salamandre i queue plate. Mais, au lieu de lui attritaKr le pouvoir fabuleux de vivre au milieu des flammes, on a reconnu dans cette Salamaodre une propriété réelte et opposée. £tie peut vivre assez longtemps, non-seulemenl ûitQS une eau très-froide, mais au milieu ik la glace. Elle est quelquefois saisie parles glaçons qui se forment dans les fossés, daos les étangs qu'elle habite; lorsque cesgbçads se fondent, elle sort de son engourdtawdof en même temps que sa prison se diaoat,e( elle reprend tous ses mouvemeDls m, »
liberté.
On a même trouvé, pendant Télé, des Salamandres aquatiques renfermées daos des morceaux de glace tirés des glacières, el où elles devaient avoir été, sans mouTenieit el sans nourriture, depuis le momeot où eu avait ramassé Teau gelée dans les mms pour en remplir ces mêmes glacières. Ce phénomène, en apparence très-surpreuani, n'est qu'une suite des propriétés que nous avons reconnues dans tous les Lézards et dans tous les Quadrupèdes ovipares.
La Salamandre ne mord point, ï moins
Î|u'on no lui fasse ourrir la bouche par orce , et ses dents sont presqqe impercep* tibles ; elle se nourrit de Mouches, de diTers Insectes qu'elle peut trouver à la surface da l'eau, du frai des Grenouilles, etc. Blie est aussi herbivore ; car elle mange des lenticules, ou lentilles d'eau, qui flottent sur la surface des étangs qu'elle nabile.
Un des faits qui méritent leplasdêlre rapportés dans Thistoire de^la Salamandre i queue plate, est la manière dont ses petits sedéveloppent; elle n'est pas vivipare,comnie la terrestre ; elle pond, dans les mois dV vril ou de mai, des œufs qui, daos cerlaioes variétés, sont ordinairement au oombre de vingt, forment deux cordons, et sont joints ensemble par une matière visqueuse, dont ils sont également revêtus lorsqu'ils sont détachés les uns des autres. Ils se chargeot de cette matière gluante dans deux caraw b!ancs et tiès-plissés,qui s'étendent depuis 1*5 pattes de devant jusque vers Torigine de w queue, un dechaaue côté de Tépinedados»
et dans lesquels us entrent en sortaiitdei deux ovaires. Ou aperçoit, attachés wu ?" rois de ces ovaires» une multitude detrfepetits œufs jaunâtres ; ils grossissent itw«osibleraent à l'approche du pfiDlcinpJ, ^ ceux qui sont parvenus à leur maturité d«» la saison des amours, descendent daK'f
SAL
POISSONS, ETC
SAL
:ijaux blancs et plissés, dont nous venons e parler, et où ils doivent être fécondés.
Lorsqulls sont pondus, ils tombent au nddc reau,d'où ils se relèrent quelquefois isqu*à la surface des marais ; parce qu'il se >rffle, dans la matière visqueuse qui les ntoure, dos bulles d*air qui les rendent trèsfgers ; mais ces bulles se dissipent, et ils Plombent sur la vase.
A mesure qu'ils grossissent, Ton dislinue au travers de la matière visqueuse, et de i membrane transparente qui en est enduite, I petite Salamandre replicM) dans la liqueur ae contient cette membrane. Cet embryon ydérelopoe insensiblement; bientôt il s'y leui, et s y retourne avec une très-grande ^lité; et enfin au bout de huit ou dii jours, tiirant la chaleur ihi climat et celle de la lison, il déchire, par de petits coups réitéh, la membrane qui est, pour ainsi dire, la 9que de son œuf.
Lorsque la jeune Salamandre aquatique ientd'éclore, elle a, ainsi que les Grenouilles, an peu de conformité avec les poissons, 'ondant que ses pattes sont encore trèsourtes, on voit de cliaque côté, un peu aukss\i$ de ses pieds de devant, de petites bouppes frangées, qui se tiennent droites iso.s {fc Teau, qu'on a comparées à de petites '^g^oires , et qui ressemblent assez à une Iiime Karnie ae t>arbes. Ces houppes tien- >eni k des espèces de demi-anneaux cartiigincux et denirclés, au nombre de aualre c chaque côté^ et qui sont analogues a Torane des poissons, que l'on a appelé ouies. s coinmunique-nt tous à la même cavité; i sont sépares Tes uns des autres, et recouerts de chaque côté par un panneau qui lisse passer les nouppes frangées. A meire que l'animal grandit, ces espèces d'airelles diminuent et disparaissent; les pan- ^ui s'attachent à iû peau sans laisser d'oùerture; les demi-anneaux se réunissent par ne membrane cartilagineuse, et la Salaiâodreperd Torgane particulier qu'elle avait tant jeune. Il parait qu'elle s'en sert, comme s poissons des ouiet, pour Qltrer l'air que ?au peut contenir, puisque, quand elle en il privée, elle vient plus souvent respirer à surface des étangs.
Nous avons vu que les Lézards changent * peau une ou deux fois dans l'année ; la ilamandre aquatique éprouve dans sa peau -S clianj^ements bien plusfiréquents; et en 'H elle a un nouveau rapport avec les Gre- )uilles, qui se dépouillent très-souvent, Dsi nue nous l'avons vu. Etant douée de Qs (Tactiviié dans l'été, et même dans le •inlemps, elle doit consommer et réparer ) même temps une plus grande quantité î forces et de substance; elle quitte alors 'peau tous les quatre ou cinqiours, sui- Jnt certains auteurs, et lous>les quinze 'urs ou trois semaines , suivant d'autres aturalistes, dont l'observation doitélre aussi lacte que celle des premiers, la fréquence l^s dépouillements de la Salamandre h queue '*le devant tenir à la température, è la na-
ture des aliments, et à plusieurs autres causes accidentelles.
Un ou deux jours avant que l'animal change de peau , il est plus paresseux qu'à l'ordinaire, il ne parait faire aucune attention aux Vers et aux Insectes qui peuvent être à sa portée, ol qu'il avale avec avidité dans tout autre temps. Sa peau est comme détachée du corps en plusieurs endroits, et sa couleur se ternit. L animal se sert de se» pieds de devant pour faire une ouverture à sa peau, autour do ses mâchoires; il la repousse ensuite successivement au-dessus do sa tétc, jusqu'à ce qu'il puisse dégager ses deux pattes, qu'il retire l'une après 1 autre. Il continue de la rejeter en arrière, aussi loin que ses pattes de devant peuvent atteindre; mais il est obligé de se frotter contre les piorres et les graviers, pour sortir à demi de-sa vieille enveloppe^» qui bientôt est retournée, et couvre le derrière du corps et la queue. La Salamandre aquatique saisissant alors sa peau avec sa gueule, et en dé- ^gcant l'une après l'autre les pattes de- derrière, achève de se dépouiller.
Si l'on examinela vieille peau, on la trouve tournée à Tenvers, mais elle n'est déchirée en aucun endroit. La partie qui revêtait les pattes de derrière paraît comme un gant retourné, dont les doigts sont entiers et bien marqués; celle qui couvrait les pattes de devant est renfermée dans l'espèce de sac que forme la dépouille; maison ne retrouve pas la partie de la peau qui recouvrait les yeux, comme dans la vieille enveloppe de plusieurs espèces de Serpents; on voit deux trous à la place, ce qui prouve que les yeux de la Salamandre ne se dépouillent pas. Après cette opération, qui dure ordinairement une heure et demie, la Salamandre aquatique parait pleine de vigueur, et sa peau est lisse et tres-colorée. Au reste, il est facile d'observer toutes les circonstances du .dépouillement des Salamandres aouatiques, qui a été très-bien décrit par M. Baker, on regardant ces Lézards dans des vases de verre remplis d'eau.
M. Dufay a vu sortir par Fanus de queN
3ues Salamandres une espèce de tube rond, 'environ une ligne dediamètre, et longà peu près comme lecorps de l'animal. La Salamandre était un jour entier à s'en délivrer, quoiqu'elle le tirât souvent avec les pattes et avec la gueule.Cettemembranevueau microscope, paraissait parsemée do petits trous ronds, disposés très-régulièrement ; l'un des bouts contenait un petit os pointu, assez dur, que la membrane entourait, et auquel elle était attachée ; l'autre bout présentait deux petits bouquets de poils, qui paraissaient au microscope revêtus do petites franges, tl qui sortaient par deux trous voisins l'un de I autre. M. Dufay a conjecturé, avec raison,
3ue cette membrane pouvaitêtre la dépouille e quelque viscère qui avait éprouvé, aitisi que l'a pensé l'historien de l'Académie, une altération semblable à celle que l'on olw serve tous les ans dans l'estomac des Crustacés.
SÂL
REPTILES
SAN
On troure souvent la légère dépouille de la Salamandre aquatique flottante sur la surface des marais ; l'hiver, sa peau éprouve, dans nos contrées, des altérations moins fréguentes ; et ce n'est guère que tous les quinze jours que cette Salamandre quitte son enveloppe pouF en reprendre une nouvelle.
Ayant moins de force pendant la saison du froid, il n'est pas surprenant que les changements qu'elle subit soient moins prompts, et |iar conséquent moins souvent répétés ; mais il sumt qu'elle guitte sa peau plus d*une fois pendant l'hiver, à des latitudes assez hautes, et par conséquent qu'elle y en refasse une nouvelle pendant cette saison rigoureuse, pour qu'on doive dire que la plupart des Salamandres à queue plate ne s'engourdissent pas toujours pendant les grands froids de nos climats, et que, par une suite de la température un peu plus 4ouce qu'elles peuvent trouver auprès des fontaines, et dans les différents abris qu'elles choisissent, il leur reste assez de mouvement intérieur, et de chaleur dans le sang, J)Our réparer par des nouvelles productions, a perte drs anciennes.
L'on ne doit pas être étonné que cette reproduction de la peau des Salamandres à queue plate ait Heu si fréquemment. L'élément qu'elles habitent ne doit-il pas en effet ramollir leur peau et contribuer à l'altérer?
M. Dufay dit, dans le mémoire dont nous avons déjà parlé, que quelquefois les Salamandres aquatiques, ne pouvant pas dépouiller entièrement une de leurs pattes, la portion de peau qui y reste se corrompt et pourrit la patte, qui tombe en entier sans ({ue l'animal en meure. Elles sont très-sujettes, suivant lui, à perdre ainsi quelquesuns de leurs doigts ; et ces accidents arrivent plus souvent aux pattes de devant qu'à celles de derrière.
Mathiole dit que, de son temps, on employait dans les pharmacies les Salamandres aquatiques à la place des Scinques d'Egypte, mais qu'elles ne devaient pas produire les mèotôs effets.
Les Salamandres aquatiques jetées sur du sel en poudre y périssent comme les Salamandres terrestres. Elles expriment de toutes les parties de leur corps le suc laiteux dont nous avons parlé. Elles tombent dans des convulsions, se roulent, et expirent au bout de trois minutes. 11 parait, d'après les expériences de M. Laurenti, qu'elles ne sont point venimeuses comme l'ont dit les anciens, et qu'elles ne sont dangereuses, ainsi que la Salamandre terrestre, que pour les petits Lézards.
Les viscères de la Salamandre aquatique ont été fort bien décrits par M. Dufay.
Elle habite dans presque toutes les contrées non-seulement de l'Asie et de l'Afrique, mais encore du nouveau continent. Elle De craint même pas la température des pays septentrionaux, puisqu'on la rencontre en Suède, où son séjour au .milieu des eaux doit ïa garantir des effets d'un froid exces-
sif. On aurait donc pu lui donner le nom de Lézard commun, ainsi qu'on Ta donné u Lézard gris, et à un autre Lézard désigné sous le nom de Lézard vulgaire par Linné, et qui ne nous paraît être tout au ploi qu'une variété de la Salamandre à queue plate.
Plusieurs espèces distinctes sont décrites dans cet article, sous le nom coonnuo de Salamandre à queue plate. Six d'entre elle$ habitent les eaux des contrées tefflf)érée$ de l'Europe ; parmi elles nous reflQarqQ^ rons:
La Salamandre biahdrér, S. wmrmmlt, Latr. ; Molge aipestris^ Merr., è peau chagrinée, vert-pâle en dessus, à grandes lâches irrégulières brunes; brune pointillée de blanc en dessous. Peu aquatique.
La Salamandre grêtée, 5. eriilata, Lalr. Molge palustriSf Merr. (qu'on croit élre le mâle de la précédente), à peau cbagrioée, brune en dessus avec des taches rondes noirâtres ; fauve en dessous et tachée de oéffie; les côtés pointillés de blanc, el la crite découpée en dentelures aiguës.
La Salamandre ponctuée, 5. fotid^ Molge punctala^ Merr., à peau lisse ;dts3as brun clair ; dessous pâle ou rôuge,iwtl«» taches noires et rondes partout ; des ma noires sur la tète ; la crête du mâle festonnée ; ses doigts un peu élargis.
La Salamandre palmipède, 5, folmU, Latr. ; Molge palmaia^ Merr., à dos brun; avec le dessus de la tète vermicolé de bnn et de noirâtre ; les flancs plus clairs, id^n qués de taches rondes noiràtres, et le feotre blanc sans taches. Le mâle a trois [tetites crêtes sur le dos, ei les doigts palmée tl dilatés.
Plusieurs auteurs, et notamment MM. Daodin et Latreille, ont ajouté d autres espèces à celles dont nous venons d'exposer les ciraclères ; mais ces espèces étant en g<^ assez peu distinctes des autres, nous dow alxstiendrons d'en faire ici menliou.
SALIVATION. Foy •DiGEsnox, art. n.
SALIVE. Yoy. Digestion, art. il.
SALMO. Voy. Saumon.
SALMO TRUTTA. Voy. Tboite sicw-
SÂLMO FARIO. Yoy. Truite.
SANDAT. Vou. Centropome
SANG. — Fluide vital el nourricier que ^ cœur fait circuler dans tous les vaisseaui» vers tous les organes. Il est à lafoisluwque source d'où tout émane, el le récepU» universel. .
Dans les animaux dont la structure esi» plus uniforme, tous les liquides de l'cc^ une sont semblables entre eux; ils n^f^ raissent être que de Teau plus ou nj^^'^J^*^^ géede particules organiques; mai^d^J^ êtres qui occupent un rang plus élevé u»^ la série zoologique , les humeurs cei>t« d'être toutes de même nature ; el " J?" *7 un qui est destiné d'une manière spéctfij subvenir aux besoins de la nutrilioD:f«'' quide est le Sang, .
Chez la plupart des animaui infer^:"^''
\^as
POISSONS» ETC