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s ruses par lesquelles il déconcerte sou- >n( les pécheurs les plus habiles, les diensions qu*il présente, le bon goût de sa lair, Tusage que Ton peut faire de sa déluille, tout, dans les habitudes et les projetés du Saumon, doit être Tobjet d une eotion particulière.
Ce poisson se platt dans presque toutes I mers, dans celles qui se rapprochent le isdu pôle, et dans celles qui sont le plus jsines de Téquateur. On le trouve sur les les occidentales de KËurope ; dans la «nde-Brelagne ; auprès de tous les riva- $ lie la Baltique, particulièrement dans le tre de Riga ; au Spitzberg; au Groenland; lis !e Nord de TAmérique ; dans TAmérie méridionale; dans la Nouvelle-Hollande; fond de la Manche de Tartarie ; au Ramtlatka, etc. Il préfère partout le voisinage s grands fleuves et des rivières, dont les IX douces et rapides lui servent d'habitan pendant une très-grande partie de I anp. Il n'est point étranger aux lacs immen- ;ou aux mers intérieures qui ne paraissent oW aucune communication avec l'Océan.
I le compte parmi les poissons de la Casînne ; et cepend/int on assure qu'on ne l'a •ml vu dans la Méditerranée. Aristote ne i point connu. Pline ne parle que des infuius de cette espèce que l'on avait pris ns les Gaules; et le savant professeur 'tet conjecture qu'on ne l'a jamais observé w le lac dé Genève, parce qu'il n'entre (dans la Méditerranée, ou du moins parce îî y est très-rare (1).
I lient le milieu entre les poissons ma- J et ceux des rivières. S'il croît dans la ', il naît dans l'eau douce ; si pendant rer, il se réfugie dans l'Océan, il passe elle saison dans les fleuves. Il en rerche les eaux les plus pures ; il ne supte qu'avec peine ce qui peut en troublée irapidité; et c'est presque toujours dans eaux claires qui coulent sur un fond gravier, que l'on rencontre les troupes plus nombreuses des Saumons les plus ai.
I parcourt avec facilité toute la longueur
plus grands fleuves. Il parvient jusqu'en
térae par l'Elbe, en Suisse par le Ilhin, et
rès des hautes Cordillères de l'Amérique
idionale par l'immense Maragnon, dont
^urs est de mille lieues. On a môme
t qu'il n'était ni efl'ra^é ni rebuté par
grande étendue de trajet souterrain ; et
i prétendu qu'on avait retrouvé, dans la
Caspienne, des Saumons du golfe Per-
le, qu'on avait reconnus aux anneaux
ou d'argent que de riches habitants des
s de ce golfe s'étaient plu h leur faire
ïher.
ms les contrées tempérées, les Saumons leol la mer vers le commencement du temps; et dans les régions moins éloi- » du cercle polaire, ils entrent dans les fes lorsque les glaces commencent à
iLeUre do urofeseeur PicCei, /. de Cenète, \ 1788-
fondre sur les côtes de l'Océan. Ils partent avec le flux, surtout lorsque les flots de la mer sont poussés contre lô courant des rivières par un vent assez fort que l'on nomme, dans plusieurs pavs, vent du Saumon. Ils
f^réfèrenl se jeter dans celles qu'ils trouvent e plus débarrassées de glaçons, ou dans les^^ quelles ils sont entraînés par la marée la plus haute et la plus favorisée par le vent. Si les chaleurs de I été deviennent trop fortes, ils se réfugient dans les endroits les plus profonds, ou ils peuvent iouir, à une grande distance de la surface de la rivière, de la fraîcheur qu'ils recherchent; et c'est par une suite de ce besoin de la fraîcheur, qu'ils aiment les eaux douces dont les bords sont ombragés par des arbres toufl'us.
Ils redescendent dans la mer vers la fin de Tautomne, pour remonter de nouveriu dans les fleuves à l'approche du printemps. Plusieurs de ces poissons restent cependant, pendant l'hiver, dans les rivières qu'ils ont
1>arcourues. Plusieurs circonstances peuvent es y déterminer , et ils y sont forces quelquefois par les glaces qui se forment à rembouchure, avant qu'ils ne soient arrivés pour la fl*anchir.
Ils s'éloignent de la mer en troupes nombreuses, et présentent souvent, dans l'arrangement de celles qu'ils forment, autant de régularité que les éf)oques de leurs grands voyages. Le plus gros de ces poissons, qui est ordinairement une femelle, s'avance le premier; à sa suite viennent les autres femelles deux à deux, et chacune h la distance de trois à six pieds de celle qui la précède; les m&les les plus grands paraissent ensuite, observent le même ordre que les femelles, et sont suivis des plus jeunes. On peut croire que cette disposition est réglée par l'inégalité de la hardiesse de ces ditférents individus, ou de la force qu'ils peuvent opposer à Faction de l'eau.
S'ils donnent contre un filet, ils le déchirent, ou cherchent à s'échapper par-dessous ou par les côtés de cet obstacle ; et dès qu'un de ces poissons a trouvé une issue, les autres le suivent, et leur premier ordre se rétablit.
Lorsqu'ils nagent, ils se tiennent au milieu du fleuve et près de la surface de l'eau ; et comme ils sont souvent très-nombreux, qu'ils ai^ilent l'eau violemment, et qu'ils iont beaucoup de bruit, on les entend de loin, comme le murmure sourd d'un orage lointain. Lorsque la tempête menace, que le soleil lance des rayons très-ardents, et que l'atmosphère est très-échaufl'ée, ils remontent les fleuves sans s'éloigner du fond de la rivière. Des tonneaux, des bois, et principalement des planches luisantes, flottant sur l'eau, les corps rouges, les couleurs très-vives, des bruits inconnus, peuvent les effrayer au point de les détourner de leur direction, de les arrêter même dans leur voyage, et quelquefois de les obliger à retourner vers la mer.
Si la température de la rivière, la nature de la lumière du soleil, la vitesse et Icsqua-
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REPTILES
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Jilés de l'eau leur conviennent, ils voyagent lentement ; ^^Is ioueat à la surlace du fleuve ; ils s'écartent do leur route; ils reviennent plusieurs fois sur Tespace qu'ils ont déjà parcouru. Mais s'ils veulent se dérober à
auelque sensation incommode, éviter un anger, échapper à un piéee, ils s'élancent avec tant de rapidité, que 1 œil a de la peine à les suivre. On peut d'ailleurs démontrer que ceux de ces poissons qui n'emploient que trois mois à remonter jusque vers les sources d'un fleuve tel que le Maragnon, dont le cours est de mille lieues, et dont le courant est remarquable par sa vitesse, sont obligés de déployer, pendant près de la moitié de chaque jour, une force de natation telle qu'elle leur ferait parcourir, dans un lac tranquille, dix ou douze lieues par heure; et l'on a éprouvé, de plus, que lorsqu'ils ne sont pas contraints a exécuter des mouvements aussi prolongés, ils franchissent par seconde une étendue de vingt-quatre pieds ou environ (1).
On ne sera pas surpris de cette célérité, si Ton se rappelle ce que nous avons dit do la patation aes poissons. Les Saumons ont dans leur queue une rame très-puissante. Les muscles de cette partie de leur corps jouissent môme d'une si grande énergie, que des cataractes élevées ne sont pas pour ces poissons un obstacle insurmontable. Ils s'appuient contre de grosses pierres, rapprochent de leur bouche l'extrémité de leur queue, en serrent le bout avec les dents; en font par là une sorte de ressort fortement tendu, lui donnent avec promptitude sa première position , débanuent avec vivacité l'arc qu'elle forme, frappent avec violence contre l'eau, s'élancent è une hauteur de plus lie douze ou quinze pieds, et Iranchissent la cataracte (2). Ils retombent quelquefois sans avoir pu s'élancer au delà des roches, ou l'emporter sur la chute de l'eau ; mais ils recommencent bientôt leurs manœuvres, ne cessent de redoubler d'efforts qu'après des tentatives très-multipliées ; tt c'est surtout lorsque le plus gros de leur troupe, celui que l'on a nommé leur conducteur, a sauté avec succès, qu'ils s'élancent avec une nouvelle ardeur.
Après toutes ces fatigues, ils ont souvent besoin de se reposer, ils se placent alors sur quelaue corps soli.le. Ils cherchent la position ta plus favorable au délassement
(i) Ces poissons, guides par le même inslincl qui (litige un grand nombre d'oiseaux , revicniienl chaque année dans les parages qu'ils oui choisis. Du inoiiis, d'après Deslandes, douze Saumons, auxquels il avait atlaché un anneau de cuivre à la queue, et «lu'il avait ensuite jetés dans la gro.'te d'Auzon, en liretagne, y revinrent ensuite successivement. Parmi ces douze Saumons, cinq furent repris dans le même lieu Tannée suivante, trois la seconde et trois Tannée d'après. S'il en est ainsi, nul doute que certains poissons ne reviennent les années subscqueulcs dans les lieux qu'ils s'étaient choisis pritnitiveraent, à peu près comme le font un grand nombre d'oiseaux.
(2) Consultez particulièrement le Voyage de Tw'.ss eu Irlande.
de leur queue, celui de leurs orgaoes qoi a le plus agi ; et pour être toujours prèuà continuer leur route, ou. pour recevoir plos facilement les émanations odorantes qâ peuvent les avertir du voisinage des objèii qu*ils désirent oii qu^ils eraigneni, Ils tiennent la tète dirigée contre le couranL
Indépendamment de leur queue longue, agile et vigoureuse, ils ont, pour altaqoH ou pour se défendre, des dents nombrcus«i et très-pointues qui garnissent les deui mâchoires , et le palais » sur chacun 4*1 côtés duquel elles forment une oa dea^ rangées.
On trouve aussi, des deux côtés du gosier, un os hérissé de deuts aiguës et recoor^ bées. Six ou huit dents semblables i ce^ dcr oières sont placées sur la lanJKue; et, uami celtos que montrent les mâchoires, n^H a de petites qui sont mobiles. Les écaxliti
3ui recouvrent le corps et la queue moI 'une grandeur moyenne : la tête et les opercules u*en présentent pas de sembiaiiles. ia côté extérieur de chac[ue ventrale /uAs/iur. appendice triangulaire, aplati, êIJiMgé, pointu, garni de petites écailles, coadfé h long du corps, et dirigé en arrike. Au rts/e, cet appendice n'est pas particutiei ui Saumon.
La ligne latérale est droite; le foieroo^, gros et huileux; Testomac allongé; U anal intestinal garni, auprès du pjlore, de soixante-dix appendices ou coBCiuns riuBU par une membrane; la vessie natilotn:
simple, et située très-près de répine du du?, cette épine composée de trente>six verif, bres, et fortifiée de chaque côté par trenl'trois côtes fl).
Le front, la nuque, les joues et le dos socnoirs; les côtés bleuâtres ou venUtres dia^ leur partie supérieure, et argentés dans i ii^ férieure; la gorge et le ventre d*un roofi jaune ; les membranes branchiales jauûàtrcèj les pectorales jaunes à leur base» et bleuiin^ à leur extrémité ; les ventrales et Tanaledal jaune doré. La première nageoire du <Sn est grise et tachetée; Tadipeuse noire, et !i caudale hleue.
Quelquefois on voit sur la tète, les côlés f le dos, des lâches noires et irrégulières, t^îc: grandes et plus clair-seniées sur la femellf.
Les mâles, que Ton dit beaucoup moin nombreux que les femelles, olfrent d'ailleurs dans quelques rivières, et parlicuUèremei dans celle de Spal en Ecosse, plus de DuaDctJ rouges, moins d'épaisseur dans le corp^ H plus de grosseur dans la tète.
Dans toutes les eaux, leur mâchoire sof rieure non-seulement est plus avam^ »j*>« celle d'en bas, mais encore, lorsau'ils si»t parvenus à leur troisième année, elle iXtve^ plus longue et se recourbe vers I inférieur'; son allongement et sa courbure augsueniosl à mesure cru'ils grandissent; elle a t>iui** la forme d un crochet é moussé qui ^^^
(\) On trouve souvent dans ce canal mlft«iiun T^nia dont la lotigueurest de prêt Je trois pe^^ et dont la tète est dans un de3 appendices*
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ins un enfoncement de la mâchoire d'en is; cl celle conformation, qui leur a fait )nner le nom de Bécard^ ou Becqueta les rail fail regarder, par quolqucs naluralisles, )mme d*une espèce différente de celle que Das décrivons.
Leur laite est entièrement formée, et le mps du frai commence à une époque plus 1 moins avancée de chaaue printem|>s ou B chaque été, suivant quiis habitent dans PS eaux plus ou moins éloignées de la zone, taciale. Les femelles cherchent alors un enml commode pour leur ponte. Quelquefois Iles aiment mieux déposer leurs œufs dans e petits ruisseaux que dans les grandes rijères auxquelles ils se réunissent , et lUs paraissant chercher le plus souvent à énoser leurs œufs dans un courant peu raidi), et sur du sable ou du gravier.
Ou a écrit que, dans plusieurs rivières de
I (Irande-Breta^e, la remeile ne se conteiilit pas de choisir le lieu le plus favorable à la onte; qu'elle travaillait aie rendre pi us corniode encore; qu'elle creusait dans l'endroit référé un trou allongé, et de quinze ou lix-huit pouces de profondeur, qu'elle s'y léchargeait de ses œufs, et qu'avec sa queue iile les recouvrait ensuile de sable. Peut-être peul-OQ douter do cette dernière précaution; m\s les autres opérations ont lieu dans vesque tous les endroits où les Saumons >ni été bien observés. Le docteur tirant lous a|)prend, dans les Mémoires defStockiolm,que, lorsque les femelles travaillent
donner les dimensions néce5saires à la i>sse qu'elles préparent, elles s'agitent à roite et à gauche, au point d'user leurs naeoires inférieures, et en laissant ordinairelent leur tète immobile. On en a vu se nolter si vivement contre le terrain, qu'elles D détachaient avec violence la terre et les etit^'s pierres, et qu'en répétant les mêmes lO'iveiuents de cinq en cinq minutes, ou à eu près, elles parvenaient, au bout de deux rures, à creuser un enfoncement de trois ifds de long, de deux pieds de profondeur, t de six à huit pouces de rebord.
Lorsque la femelle a terminé ce travail, (»nt la principale cause est sans doute le esoin qu'elle a de frotter son ventre contre es corps durs, pour se débarrasser d'un oidsqui la fatigue et la fait souffrir, et lors- 'ie les œufs sont tombés dans le l*o:)d de la nité qu'elie a creusée, et que l'en nomme ayère dans quelques-uns de nos départeicfils, le mâle vient les féconder. Lorsqu'il 'ouve un autre mâle auprès des œufs uéjà ^^sés dans la frayère, ou auprès de la lelelle pondant encore, il l'attaque avec coûtée, et le poursuit avec acharnement, ou no
II cède la place qu'après l'avoir disputée •ec obstination.
Les Saumons ne fréquentent ordinairement frayère que pendant la nuit. Néanmoins, »rsque des brouillards épais sont répandus Ans l'atmosphère, ilsprotitentde l'obscurité uo donnent ces brouillards pour se rendre ans leur fosseï et ils y accourent aussi
lorsqu'ils sont exposés à l'influence d'un vent très-chaud.
Après le frai, les Saumons, devenus mous, maigres et faibles , se laissent entraîner par les eaux, ou vont d'eux-mêmes reprendre dans l'eau salée une force nouvelle. Des taches brunes et do petites excroissances répandues sur leurs écailles soat quelquefois alors la marque de leur épuisement et du malaise qu'ils éprouvent.
Les œufs qu'ils ont pondus ou fécondés, se développent plus ou moins vite, suivant la température du climat, la chaleur de la saison, les qualités de l'eau djns laquelle ils ont été déposés. Le jeune Saumon ne conserve ordinairement que pendant un mois ou environ, la bourse qui pend au-dessous de son estomac, cl qui renferme la substance nécessaire à sa nourriture pendant les premiers jours de son existence. 11 grandit ensuite assez rapidement, et parvient bientôt à la taille de quatre ou cinq pouces. Lorsqu il a acquis une longueur du nuit à dix pouces, il jouit d'assez de force pour quitter le haut des rivières, et pour en suivre le courant qui le conduit vers la mer, mais souvent, avant cette époque, uneinondalion Tentralne vers l'embouchure du fleuve.
Les jeunes Saumons qui ont atteint une longueur de quinze ou dix-huit pouces, quittent la mer pour remonter dans les rivières ; mais ils partent le plus souvent beau* coup plus tard que les gros Saumons; ils attendent communément le commencement de l'été.
On les suppose âgés de deux ans, lorsqu'ils pèsent de six h huit livres. M. Pénières assure que, même dans les contrées tempérées, ils ne fraient que vers leur quatrième ou cinquième année.
Agés de cinq ou six ans, ils pèsent dix ou douze livres, et parviennent bientôt à un développement très-considérable. Ce développement peut être d*autanl plus grand, qu'on pèche fréquemment, en Ecosse el en Suède, des Saumons du poids de quatre-vingts livres, el que les très-grands indivi(his de Tespèce que nous décrivons présentent une longueur de six pieds.
Les Saumons vivent d'Insectes, de Vers et de jeunes poissons. Ils saisissent leur proie avoc beaucoup d'agilité ; et, par exemple, on les voit s'élancer, avec la rapidité de l'écUir, sur les Moucherons, les Papillons, les Sauterelles, et les autres Insectes que les courants charrient, ou qui voltigent a quelques pouces au-dessus de la surface des eaux.
Mais s'ils sont à craindre pour un grand nombre de petits animaux, ils ont à redouter des ennemis bien puissants et bien nombreux. Ils sont poursuivis par les grands habitants des mers et de leurs rivages , par lès Squales, par les Phoques, par les Marsouiivs. Les gros oiseaux d'eau les attaquent aussi ; et les pêcheurs leur fout surtout une guerre cruelle.
£t comment ne seraient-ils pas , en effet , très-recherchés par les pêcheurs? Ils sont en
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très-grand nombre ; leurs dimensions sont très-grandes , et leur chair, surtout celle des mflies, est, h la vérité, un peu difficile à digérer, mais grasse, nourrissante, et trèsagréable au goût. Elle plaît d'ailleurs à l'œil par sa belle couleur rougeAtre. Ses nuances et sa délicatesse ne sont cependant pas les mêmes dans toutes les eaux. En Ecosse, par exemple;, le Saumon de la Dée est, dit-on , plus gras que celui des rivières moins septentrionales du même pays ;. et en Allemagne, on»préfère les Saumons du Rhin et du Wéser à ceux de TElbe, et ceux que l'on prend dans la Warta, la Netze et le Kuddow, a ceux que l'on trouve dans TOder.
Mais dans presque toutes les rivières qu'ils fréquentent, et dans toutes les mers où on les trouve, les Saumons dédommagent amplement des soins et du temps que Ton emploie pour les prendre.
Aussi a-t-on eu recours, dans la recherche de ces poissons, à presque toutes les manières de pêcher.
On les prend avec des filets, des parcs, dos caisses, ae fausses cascades, des nasses, des hameçons, des tridents, des feux, etc.
Les filets sont des trubltt^ des trémaiU semblables à ceux dont on se sert en Norvège, que l'on tend le long du rivage de la mer, qui forment des arcs et des triangles, et dans lesquels on attire les Saumons en couvrant les rochers de manière à leur donner la couleur blanche de l'embouchure d'un fleuve qui se précipite dans l'Océan.
La ficelle dont on fait ces filets doit être aussi grosse aucune plume à écrire. Ils présentent jusqu à cent brasses de longueur, sur quatre de hauteur, et leurs mailles ont communément de quatre à cinq pouces de large.
On place les parcs auprès des bouches des rivières, ainsi qu'au-dessus des chutes d'eau. On leur donne une figure telle , que l'entrée de ces enclos est très-large, et que le fond en est assez étroit pour qu'un Saumon puisse à peine y passer et qu'on l'y saisisse facilement avec un harpon (1).
On se sert de ces parcs pour augmenter la rapidité des rivières en resserrant leur cours, pour en rendre le séjour plus agréable aux Saumons, qui ne s'engagent que rarement dans les eaux trop lentes; et ce moyen a été particulièrement mis en usage auprès de Dessau, dans la Milde, qui se jette dans l'Elbe.
Derrière ces parcs , auprès des moulins, et dans d'autres endroits où le lit des rivières est rétréci par Tart ou par la nature, on forme des caisses à jour, qui ont une gorge comme une louve^ et dans lesquelles se prennent les Saumons qui descendent ou ceux qui montent, suivant la direction que l'on donne à ces caisses. Dans certaines contPées, et particulièrement à Châteaulin, lieu voisin de Brest, et iameux depuis longtemps
(1) Ces enceintes portent le nom de tretr, auprès de Ballysliannon, dans la partie oicidentalc du nord de rirlande. (\oyage de Twh, déjà cité.)
par la pêche du Saumon, on éleva ^des di-
Sues qui déterminent le courant à se jeter ans une caisse composée de grilles, et dont chaque face a quinze ou dix-huit pieds de largeur. Au milieu de cette caisse on yoU, k fleur d'eau, un trou dont le diamètre est d'un pied et demi à deux pieds. Autour de ce trou sont attachées par leur base des l^ mes de fer-blanc , allongées , pointues , m peu recourbées, qui forment dans l'intérieur de la caisse un cône lorsaue leur élasticité les rapproche, et un cylindre lorsqu'elles s'écartent les unes des autiçs. Les Saumons, conduits par le courant, éloignent les unes des autres les extrémités de ces lames, entrent facilement dans la caisse, ne peuvent pas sortir par un passage que ferment lestâmes rapprochées, et s'engagent dans un réservoir d'où on les retire par le moyen d'un filet attaché au bout d'une perche. Go tend cependant d'autres filets le lourdes digues, pour arrêter les Saumons qui pourraient se dérober au courant, et échapper au piège.
Dans Quelques rivières, comme dans h Slolpe et le "wipper, on construit des écluses dont les pieux sont placés très-près les uns des autres. Les Saumons s'élancent pardessus cet obstacle; mais ils trouvent au delà une rangée de pieux plus élevés queles premiers, et ils ne peuvent ni avancer m reculer.
On prend aussi les Saumons dans des nasses de neuf à douze pieds de longueur, et faites de branches de sapin que l'on réunit avec des ficelles, et que l'on tient assez écartées les unes des autres pour qu'elles ne donnent pas une ombre qui effraierait ces poissons.
On ne néglige pas non plus de les pècber à la ligne, dont on garnit les hameçons de poissons très-petits, de Vers, d'Insectes, et particulièrement de Demoiselles.
Pour mieux réussir, on a recourt à une gaule très-longue et très-souple , qui se prête à tous les mouvements du Saumon.
Le pêcheur qui la tient, suit tous les efforts de ranimai qui cherche à s'échapper; et, si la nature du rivage s'y oppose, il lui abandonne la ligne. Le Saumon se débat avec violence et longtemps; il s'élance au-dessus de la surface de l'eau; et après avoir épuisa presque toutes ses forces pour se débarrasser du crochet qu'il a avalé, il vient se reposer près de la rive. Le pêcheur se ressaisit alors de sa ligne, et le tourmente de nouveau pour achever de le lasser, et le tirer facilement à lui.
Lorsqu'on préfère de«harponner les Saumons, on lance ordinairement le trident iw distance de trente-six à quarante-cinq pieds- Les Saumons que le harpoo a blessés s»ns les retenir , quittent l'espèce de bassin ou de canal dans lequel ils ont été attaqués, pour se réfugier dans le canal ou bassin supérieur. Si on les y poursuit, et qu'on les y entoure de filets, ils s'enfoncent sous les roches, ou se collent contre le sable, et itnmobilcs laissent glisser sur eux les p^oini^
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du bas des lilets que traînent les pécheurs. On les a ¥us aussi se précipiter dans un cooraot rapide, et, cachés sous l'écume et les bouillons des eaux, souffrir avec constance, et sans changer de place, la douleur que leur causait une gaule qui frottait avec force et comprimait leur dos (i).
La pèche du Saumon* forme, dans plusieurs contrées, une branche d'industrie et de commerce , dont les produits peuvent servir è la nourriture d'un grand nombre de personnes. A Berghen, par exemple, il n'est pas rare de voir les pêcneurs apporter deux mille Saumons dans un jour. Nous lisons dans le Voyage de l'infortuné la Pérouse, qu'auprès de la baie de Castries, sur la côte crieotale de Tatarie, au fond de la manche du même nom, on prit, dans un seul jour du mois de juillet, plus de deux mille Saumons. 11 est des pays où Ton en pêche plus de deux cent mille par an. En Norvège, ou a pris quelquefois plus de trois cents de ces animaux d'un seul coup de filet. La pèche que l'on fait de ces poissons dans la Tweed, rÎTière de la Grande-Bretagne, est quelquefois si considérable, qu'on a vu un seul coup de filet en amener sept cents. Et, en 1750, OD prit d'un seul coup, dans la Ribble, trois mille cinq cents Saumons déjà parvenus à d'assez grandes dimensions.
Mais, quelque nombreux que soient les individus de l'espèce que nous décrivons, plusieurs gouvernements ont été forcés d'en régler la pèche, pour qu'une avidité imprévoyante ne détruisit pas dans une seule saison Pespérance des années suivantes.
. Au reste, les Saumons meurent bientôt, non-seulement lorsau'on les tient hors de l'eau, mais encore lorsqu'on les met dans une bûche qui n'est pas placée au milieu d'une rivière. Des pécheurs prétendent que, pour empêcher ces poissons de perdre leur goût, il laut se presser de les tuer dès le moment où on les tire de l'eau, et qu'après cette précaution, leur chair, quoique trèsgrasse, peut se conserver pendant plusieurs semaines. Mais lorsqu'après la mort de ces animaux, on veut les transporter à de grandes distances, et par conséquent les garder très-longtemps , ou les vide , on les coupe en morceaux, on les saupoudre de sel, on les renferme dans des tonnes, on les couvre de saumure; ou on les fend depuis la tête,
(I) Les nerds du tact chez ces poissons sont exlréroemeot petits, aussi ce sens est-ii chez eux à peu prés nul. On peut les toucher sa us qu*iis s'en aperçoivent. Mais cooiine ils ont t)esoin d'avoir une vue très^éleodue, Torgane de la vision y est très-développé ; ce sens est doué chez eux d'une grande puissance. U n'en est pas ainsi de l'or^ne de Fouie ; il ne tarait pas disposé pour percevou* les vibrations de l'air. Cependant son oreille est affectée par les ébranlements de Teau ; car si elle est agitée à une grande distance, le Saumon manifeste de suite des craintes par ses mouvements brusjques et précipités.
U se pourrait que cette transmission eût lieu p;ir rintensédiaire de la peau, si cette organe recevait des nerfs nombreux; comme il en est différemment, il faut croire que cette impression leur est plutôt donnée par l'organe de l'ouïe.
DlCTIOX!!. DE ZOOLOOIE. II.
que Ton sépare du corps, jusqu'à la nageoire de la queue; on leur ôte répine du dos, on les laisse dans le sel pendant trois ou quatre jours, et on les expose à la *fumée pendant quinze jours ou trois semaines.
Auprès de la baie de Castries dont nous venons de parler, les Tatares tannent la peau des grands Saumons, et en forment un ba» billement très-souple (!)•
Les gVands avantages que procure la pêcbe du Saumon doivent faire désirer d'acclimater cette espèce dans les pays où elle man* que. Nous pensons, avec BJocb, qu'il serait possible dé la transporter , et de la. faire multiplier dans les lacs dont le fond est de sable, et dont l'eau très-pure est sans cesse renouvelée par des rivières ou des ruisseaux. On j transporterait en même temps un grand riODobre de Goujons , qui aimeut les eaux limpides et courantes, et qui y pulluleraient de manière à fournir aux Saumons une nourriture abondante.
Les Saumons sont sujets à une maladie particulière dont on ignore la cause, et qui leur fait donner le nom de Ladres dans quelques départements méridionaux de France. Leur chair est alors mollasse , sans consistance; et si on les garde après leur mort pendant quelques jours, elle se détache de l'épine dorsale, et glisse sous la peau, comme dans un sac (2).
Il parait que Ton doit compter dans l'espèce du Saumon quelques variétés plus ou moins constantes, et qui doivent dépendre, au moins en très-grande partie, de la nature des eaux dans lesquelles elles séjournent. Par exemple, on a observé en Ecosse, que les Saumons de la Cluden ont la tête et le corps plus gros et plus courts que ceux de la rivière de Nitb. On assure aussi qu'à Tembouchure de l'Orne (3; , on voit des Saumons sans tache, et un peu plus allongés que les Saumons ordinau*es.
SAURIENS, leur circulation. Voy. Cimct-
LATlÔIf.
SADVEGARDE. Voy. Monitor.
SCARE, ou Perroquet de mer, genre de
eûssons de l'ordre des Acanthoptérjgiens, mille des Labroides.
La conformation du museau des Scares est très-remarquable. Elle suffirait seule pour les distinguer des autres poissons {osseux , et elle leur donne de si grands rapports avec les Diodons, les Ovoïdes et les Tétrodons,
Sue l'on peut les considérer comme étant, ans leur sous-classe, les représentants de ces Cartilagineux. Leurs mâchoires sont, en effet, osseuses, très-dures, très-saillantes au delà des lèvres, au moins à leur volonté, convexes à l'extérieur, concaves à l'intérieur, quelquefois lisses sur leurs bords, quelquelois crénelées ou dentelées comme une lame de scie, composées chacune, suivant quWques observateurs, d'une seule pièce dans certaines espèces, formées de deux portions
(i) Voyage de la Pérou$e, t. III, p. 10, 61.
2) Notes manuscrites de M. Noél de Rouen.
3) Idem,
ists scA hephles,
trèS'distinctes dans les autres , et presque toujours dénuées de dents proprement dites, c'est-à-dire de corps particuliers, solides ou flexibleSy pointus ou arrondis, recourbés et enchâssés en partie dans des cavités osseuses ou membraneuses. Ce museau, dont l'ensemble offre souvent Textérieur d'une portion de sphère curieuse, a été comparé non-seulement à celui des Tortues, qui sont, comme les Scares, dépourvues de véritables dents, mais même au bec de quelques oiseaux, et narliculièrement à celui des Perroquets. On a saisi d'autant plus cette analogie, que les mâchoires du Scare sont fortes et propres à couper, trancher et écraser, comme celles des Perroquets ; et que si ces oiseaux^se servent de leur bec pour briser des os ou concasser des graines très-dures, les Scares emploient avec succès leur museau pour réduire en pièces les petits têts et les coquilles des Crustacés et des Mollusques dont ils aiment à se nourrir. Dn long exercice de leurs mâchoires et une pression fréquemment renouvelée de ces instruments de nutrition contre des substances très-compactes et très-difficiles à entamer ou à casser, altèrent les bords de ces os convexes et avancés, et en les usant inégalement, y produisent souvent des saillies et de petits enfoncements irréguliers. Mais il est toujours aisé de distinguer ces effets accidentels que le temps amène, d'avec les formes constantes que présentent ces mômes mâchoires dans certaines espèces, môme au moment où l'individu vient de sortir de l'œuf, et qui, consistant dans des denticules plus ou moins sensibles, ont toujours une disposition symétrique,'signe non équivoque de leur origine naturelle.
Les Scares se nourrissent de Crustacés, d'animaux à coquille ou de plantes marines Qu'ils peuvent couper et brouter, pour ainsi aire, avec autant de facilité qu'ils ont de force pour écraser des enveloppes épaisses. Tous ceux de nos lecteurs qui se rappelleront ce que nous avons dit de l'influence des aliments des poissons sur la richesse de leur parure, s'attendront à voir les Osseux de la lamille que nous examinons parés de couleurs variées ou resplendissants de nuances très-vives. Leur attente ne sera pas trompée: les Scares sont de très-beaux poissons. Le SiDJAN, par exemple, est d'un bleuâtre trèsagréable à la vue, et relevé par des taches noires ainsi que par le jaune clair ou doré de ses raies longitudinales. L'Etoile se montre couvert presque en entier de taches hexagones ou de petites étoiles blanches ou jaunes, ou d'un beau noir, disséminées sur un fond noirâtre qui les fait ressortir, et accomiiagnent d'une manière très-gracieuse le jaunâtre des pectorales, la jaune de la dorsale ainsi que de l'anale, et les raies dorées gue l'on voit sur la caudale de quelques individus. Les raies pourpres et longitudinales du PooRPEÂ se marient, par une sorte de chatoiement très-varié, avec le verdâtre de la partie supérieure de ce poisson le bleu de sa partie inférieure, la tache noire et carrée et la bordure pourprée de chaque opercule,
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le croissant noir que l'on voit sur chaqœ pectorale et sur la dorsale, le verl de ces mômes nageoires, celui de la caudale m d'ailleurs est tachée de pourpre, et le bla de l'anale ainsi que les deux thoracinei.te tons si diversifiés sont, au reste, Tallnbot bien naturel d'animaux qui, en s'approchant de la surface des mers, peuvent fecileioefii, dans le climat qu'ils habitent, èlrefr^eiu. ment imprégnés de rayons solaires nombrttu et éclatants. Le Sidjan, l'Etoile et le Po^l^ pré vivent près des côtes de l'Arabie, où ib ont été observés par Forskaêl.
L'ENNÉACANTHEsetrouvedansunemefTOh sine de celle de l'A rabie.Dn individu de celte espèce a été apporté au Muséum dTiistûirt naturelle, du grand Océan équinoiial, où II avait été poché sous les yeux ae Commerson. Nous ignorons de quelle couleur ce Thoncin a été peint par la nature; mais sesumces doivent être vives, puisque ses écailies sont très-grandes. Comme le Sidjan, PBoiW et le Pourpré, il a des rayons aiguillaonés i la nageoire dorsale. Mais au milieu de ilp^ tite famille que composent ces quafreâsve^, le Sidjan, qui parvient jusqu'à mlon^m de onze ou douze décimètres, etlHoilLqu ordinairement n'a que deux déàiiè^ilfi longueur, forment un groupe partica&r.tis ont l'un et l'autre, au devant de ii ^igm du dos, uo aiguillon communémeiit toorw vers la tète et caché sous la peau, luiooiss en très-grande partie. Les écailles qui revêtent cçs poissons sont petites, et ils parussent préférer pour leur nourriture les planta marines qui croissent au milieu descoraui ou des rochers, auprès des rivages arabiques. Leur chair, au moins celle ou Si(tjaQ,e5t agréable au goût; cependant, coaune des blessures faites par les aiguillons de lears nageoires ont souvent été douloureuses et ont causé des inflammations assez nTes,oa les a regardés comme venimeux.
Une espèce anciennement célèbre est li Scare db Crète ( Scarus Cretkus d'AldrtK vande. Histoire des Poissons^ pi. 8). C«tU espèce a, sur la partie supérieure de scoidii* seau, un grand nombre de pores très-visibles ; on voit deux petits appendices charoos auprès de chacune de ses narines. On doit le compter parmi les poissons dont la oarureest la plus riche et la plus élé^nte. VécUt de l'argent et la vivacité du rouge le phwag"»: ble sont réunis pour former ce qu'on est teow de regarder comme ces assortiments de lueiileur goût. La partie inférieure de ranimai oi argentée. Ce poisson parait être Traiineûl|ii Scare si célèbre des Romains, et que, sou»l« règne de Claude, Eliperlius Oplatus, cofimandant d'une flotte romaine, alla chww en Grèce pour le répandre dans la mer dit*lie. On le mange encore aujoard'huienCrèce» en l'assaisonnant de ses intestins.
SCHAL. Voy. Silure.
SCHILBÉ. Voy. Silurb.
SCIE. Voy. Pristis.
SCIENÂ. Voy. MAieRB. ,
SCIÈNE et SCIÉNOIDES. -Celte faai'îj renferme un grand nombre d'espèces po^
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P01SSM5, KTC.
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la pi apart propres aux edux.doaces de Tlnde, et qui ont élé divisées eD sept sectioas ou soas-geores.
Voici les caractères à l'aide desquels on pourra reccHinaitre ces poissons. Ils ont de très-grands rapports avec les Percoïdes et présentent même à peu près les mômes conabinaisons extérieures; leur tète est bombée, soutenue |»ar des os caverneux ; ils ODt deux dorsales ou une seule profondément échancrée et dont la partie molle est beaucoup plus échancrée que Fépineuse , une anale courte terminée par des pointes; sept rayons aux branchies ; leur tète est entièrement écailleuse et leur museau plus ou moins proéminent au devant des mâchoires; caractères qui, joints à l'absence de dents au palais, les distinguent suJUsamment.
Ce sont des poissonsde taille assez grande, dont quelques-uns atteignent jusqu'à près de sef4 pieds de long et dont la plupart en ont au moins deux ou trois. Leur chair est agréable, et les anciens en faisaient un cas I»articulier.
Les huit divisions qui ont été établies dans les Sciénoîdes sont les Sciè^ES peormEifE?iT DrTES ou Maigres, les Otouthes, les J^^icLTODOTis, les CoEBs, les JoH?iics, les ChiBRi!iEs, les Tamboers et les Léiostomes. La ScièfCE Chromis (Pogonias Chromis , CuT.^. On peut voir dans Schneider combien il est difficile de déterminer à quels [)oissons les anciens auteurs grecs et latins ont donné le nom de Chromis ou Cromis, 11 nous semble qu'ils Tout attribué à plus d*une es]»èce de ces animaux ; mais, quoi qu'il en soit, Linné s*en est servi pour désigner un Tfaoracin auquel nous avons cru devoir le conserver , quoique ce Thoracin soit trèsdiff<^rent des espèces qui vivent dans la Méditerranée, que les anciens ont pu connaître. Cette application que le grand naturaliste de Suède a faite du nom de Chromis à un Osseux de TAmérique, est venue de ce que ce -poisson fait entendre une sorte de bruissement, qui a rappelé un prétendu son produit par le Chromis des Grecs; et c'est ce même bruissement qui a fait nommer Tambour celte Scièue américaine. £lle vil dans les eaux de la Caroline et dans celles du Brésil. Ses mâchoires sont armées de petites dents; et sa couleur générale est argentée.
Le mot Pogonias convient à tous les animaux de la famille des Sciénoîdes qui se font remarquer par la taille à laquelle ils parviennent et surtout par le bruit qu'ils font entendre sous l'eau. A cette occasion nous citerons l'observation. M. White, lieutenant de la marine des Etats-Unis, dans un voyage aux mers de la Chine, publié en 18â^, raconte qu'étant à l'embouchure d'un fleuve» son équipage et lui furent frappés de soos extraordinaires qui se faisaient entendre autour de leur navire ; c'était, dit-il, comme un mélange de basses de l'orgue, du son des cloches, des cris gutturaux d'une grosse Grenouille, et des tous que l'iina^inaiion prêterait à une énorme harpe : on aurait dit
que le vaisseau en tremblait. Ces bruits s'accrurent et formèrent enfin un chorua universel sur toute la longueur du vaisseau et des deux cAtés. A mesure que Ion remonta le fleuve, ils diminuèrent et cessèrent enfin entièrement. L'interprète leur apprit que ces sons étaient produits par une troupe de poissons de forme ovale et aplatie, qui ont la faculté d'adhérer fortement aux divers corps par la bouche.
M. de Humboldt rapporte également qu'il a élé témoin d'un fait analogue dans la mer du Sud. Le 20 février 1803, dit-il, vers les sept heures du soir, tout Téquipage fut effra\é d'un bruit extraordinaire qui ressemblait à celui de tambours que Ion aurait battus dans l'air. On Fattribua d'abord à des brisants ; bientôt on Tentendit dans le vaisseau ; il imitait un bruit de Tair qui s*échappe d*un liquide en ébuUition. On craignit alors qu'il n'y eût Quelques voies d*eaa au bâtiment; il s'étendit successivement à toutes les parties du vaisseau, et enfin, sur les neuf heures, il cessa entièrement.
Les Pogonias, selon les observations de plusieurs naturalistes , nagent en troupes nombreuses dans les baies peu profondes, où les pécheurs se trouvent pendant la belle saison. Ce sont des poissons {>aresseux et stupides.
La SciàHB Umbab a été souvent confondue avec notre Persèque Umbre. U est cependant très-aisé de distinguer ces deux poissons !'un de l'autre. Indépendamment de plusieurs autres dilférences, la Sciène Umbre a les deux mâchoires également avancées, et la Persèque Cmbre a la mâchoire d'en haut plus longue que celle d*en bas. On ne voit aucun barbillon auprès de l'ouverture de la bouche de la première : la mâchoire inférieure de la seconde est garnie d'un barbillon. D'ailleurs, la Sciène Umbr» a des piquants sans dentelure aux oper:oles de ses branchies. LaPersèque Cmbre présenta dans ses opercules comme la Perche et toutes les véritables Persèques une dentelure et des piquants. Elles appartiennent doue nonseulement à deux espèces distinctes, mais même à deux genres différents.
Nous n*avons pas cru cependant qu'il nous suffit de montrer les grandes dissemblances qui séparent ces deux Tboracina; nous avons voulu rapporter è chacun de ces animaux les passages des auteurs qui ont trait à ses formes ou à ses habitudes, et qui ont été cités par les principaux naturalistes modernes; nous avons tâché de rectiiier les erreurs qui se sont glissées dans ces citations, particulièrement dans celles qui ont été Uiies par Artédi et par les naturalistes
Îui l'ont copié. La Sciène Umbre est le oisson CorbmUf le Coraein d s Grecs, des Latins et des naturalistes des derniers siècles. La Persèque Umbre est la véritable Umbre de ces mêmes auteurs. La première est aussi le Corp de Kondelet et de plusieurs autres écrivains; et il aurait élé à désirer que dans des ouvrages dliisioire naturelle très-recommandables, on n eût
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Sas appliqué à la Persèque Umbre celte, éiiominalioa de Corp^ qui n'aurail dû appartenir qu*à la Sciène doul nous écrivons l'histoire.
C'est le beau noir dont TUmbre est. parée,
?ui Ta fait, dit-on, comparer au Corbeau, orax en grec, et Fa fait nommer Coracinus, Le poëte grec Marcellus, de Séideien Pamphylie, lui a donné le nom d'Argiodonte^ a cause de la blancheur des dents de ce poisson, que 1 on avait d'autant plus observée, que la couleur générale de l'animal est noire.
Elle habile dans la Méditerranée, et notamment dans l'Adriatique; elle remonte aussi dans les fleuves. On la trouve particulièrement dans le Nil, et il paraît qu'elle se plaît au milieu des algues ou d'autres plantes aquatiques.
Arislole la regardait comme un des poissons qui croissent le plus vile.
Les individus de celte espèce vivent en troupes. Les femelles portent leurs œufs penctant longtemps ; elles aiment à les dé-
Eoser près des rivages ombragés, et sur les as-fonds tapissés de végétaux, ou garnis d'épongés ; elles s'en débarrassent pendant l'été, ou au commencement de l'automne, suivant le climat dont elles subissent l'influence ; et c'est pendant qu'elles sont encore pleines que leur chair est ordinairement le plus agréable au goût.
Plus l'eau de la mer ou celle des rivières est échauffée par les rayons du soleil, et
glus elle convient aux timbres : aussi ces ciènes, plus sensibles au froid que beaucoup d'autres poissons, s'enfoncent - elles dans les profondeurs de la mer ou des grands fleuves, dès les premières gelées de l'hiver. On ne peut alors les prendre que rarement et difficilement ; et on ne peut môme y parvenir, dans ce temps de leur retraite, que lorsque leur asile n est pas inaccessible à la traîne ou au boulier.
Dans les autres saisons, on les prend avec plusieurs sortes de filets, ou on les pêche avec des lignes que l'on garnit souvent de
forlions de Crustacés. Elles aiment en eflet se nourrir de Cancres , aussi bien que d'animaux à coquille, el d'autres habitants des eaux, faibles et petits.
Dès le temps de Pline, les Umbres du Nil étaient recherchées, comme l'emportant sur les autres par la bonté de leur goût. Toutes celles que Ton trouvait dans les fleuves, les rivières ou les lacs, étaient, en général, préférées à celles que l'on prenait dans la mer ; Qt les jeunes étaient plus estimées que les plus âgées.
Dans tous les pays où Ton en péchait une très-i^rande quantité, on les conservait pour les transporter au loin, en les imprégnant de sel. Celles que l'on avait ainsi préparées en Egypte, recevaient des anciens Grecs, suivant le fameux philosophe Xénocrate, le nom particulier de Coraxidia; et ces mômes Grecs nommaient Tarichion Coraxinidon le aarum miQ l'on faisait avec les Sciènes imbibées de sel. La variété de la Sciène Um-
bre, dont plusieurs auteurs ont parlé, et qui est distinguée par ses nuances blanches, élini moins recherchée que les Umbres or* tlinaires, ou Umbres noires. Aa reste, il e^ bon de remarquer gue l'on a vu dans l'espèce de poisson noir dont nous nous occupons, une variété plus ou moins blanche, de môme que Ton voit des individus blaocs dans les espèci'S des Mammifères el d'oiseam dont le noir est la couleur générale.
Suivant Bloch , on emploie maintenaoi, pour conserver les Umbres que Ton a prises, une autre préparation : on les grille et ou les met dans du vinaigre épicé.
Indépendamment du goût agréable des Sciènes Umbres, les anciens avaient on motif très-puissant pour les pécher : ils s'étaient persuadé que ces poissons jûuL«saient de facultés très-extraordinaires; ils ont écrit aue des frictions faites arec les Se ènes salées étaient un excellent reinède contre la morsure du Scorpion, et iDéoie contre le charbon pestilentiel» elqueiefoif de ces Osseux éclaircissait ou amélionilii vue.
SCINQUE, Scincus. Genre de l#s <ie l'ordre des Sauriens, famille daSctocoh diens. — Le corps des Scinques,fQ9fcnw ou presque cylindrique, est couvert dM\a uniformes, luisantes» imbriquées, très4tiuctes entre elles et disposées à peu {«^ comme des tuiles ; la iéte, petite et tm semblable à celle des Orvets, est ordiimment de forme quadrangulaireeldelamèaie grosseur que le cou ; les michoires sont garnies tout autour de petites dents serrées, et chez certaines espèces, le palais présent* deux rangées de dents ; la langue est cha^ nue, peu extensible et échancréeàsapoinie; le tympan, un peu plus enfoncé quecneite Lézards, est cependant encore apparent el présente une dentelure au bord anlériear chez quelques espèces ; il n'y a pas dereoflemenl à l'occiput, ni de crête; laqueuf, conique, arrondie et uon distincte du corpi varie beaucoup de forme et de grandeur; w pieds jsont courts, amincis, au nonibre w quatre ; les doigts, souvent plus longs m membres postérieurs qu'aux antérieurs, sont ordinairement au nombre de cinq ; ils s^nl libres entre eux et portent de Irès-petitî ongles plus ou moins recourbés sur eaimêmes.
Les Scinques se distinguent particulièrement de tous les autres genres de Saunas par leurs écailles assez •'semblables è^«j que présentent les Carpes. Us se rappfocbeffl des Lézards par les plaques qu'ils porter sur la tôle et par une rangée de pores <|» se trouve sous les cuisses chez quelques «»• pèces. Le genre Seps, avec lequel on p»?^* rait aisément les confondre, en diffère p^ cipalement en ce que les Seps ont le c*r plus allongé et parce que leufs m^"^ postérieurs se trouvent plus éloig^^ antérieurs que chez les Scinques. Par "^ forme et leur organisation lotérieuret ^ Scinques ont de très-grands rapports «J^ les Orvets et ne s'en distingueflt guère <F
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par la présence de lears pieds -.c'est la grande analogie que Ton remarque enlre ces deux genres qui a porté M. de Blainville à les réunir dans une même famille sous le nom de Scioques.
Le type générique des Scinques est le Lactrta Scincus de Linné, qu'il ne faut pas con- Ibodre avec leSeinquedes anciens, qui n*est même pas un Scincoidien et oui se rapporte au genre Tupinambis^ dans ta famille des Lacertiens. Sous le rapport de la distribulion géographique, les Scinques se trouvent répandus dans les climats chauds de Fancien et du nouveau continent; TEurope méridionale en nourrit quelques-uns.
Les espèces du genre Scinque sont nombreuses et assez mal caractérisées dans les auteurs. L'es(»ace ne nous permettant pas de nous étendre ici autant que nous l'aurions désiréy nous nous bornerons à indiquer les espèces les plus importantes et les mieux ooonues.
Le Scinque des phabmacie?is (S. officinalis^ Schn.yLauv.; Lacer la Scincus, Linné; £/adda, chez les Arabes). 11 est long de six à huit pouces, et son corps, couvert d'écaillés arrondies, lisses, plus larges que longues, disposées par rangées longitudinales, est (l*une teinte jaunâtre argentée, avec sept ou huit bandes transversales noires; le bout du museau est pointu et un peu relevé; la queue, grosse à sa base, mince et comprimée» et l'extrémité comme cunéiforme et plus courte que le corps.
Ce Scinque habite la Nubie, l'Abyssinie, l'Egypte et l'Arabie ; mais il parait qu'on le rencontre également sur les côtes de Barbarie, en Sicile, dans certaines lies de l'Archipel et même dans quelques provinces de rinde. 11 est assez difficile à prendre ; car, lorsqu'il est poursuivi, il s'enfonce dans la terre avec une promptitude extraordinaire ; mais à cause des propriétés médicalts qu'on lui attribue, on le recherche avec beaucoup de soin, et les habitants du désert du midi de TEgyple en ramassent en grande quantité. Ils les font dessécher et les envoient au Caire et à Alexandrie, d'où ils sont répandus chez les pharmaciens de l'Europe et sur- Coiit de l'Asie.
Les médecins arabes regardaient autrefois le Scinque comme un remède souverain contre un grand nombre de maladies ; on remployait contre les blessures faites par des flèches empoisonnées, et sa chair, principalement celle des lombes, était regardée comoM un médicament dépuratif, excitant, analeptique, antbelmintique, anlisiphylitique, et elle était surtout préconisée^ comme aphrodisiaque. Aujourd'hui on n'emploie presque plus ce remède en Europe ; mais les médecins orientaux le recommandent encore contre l'éléphantiasis, les maladies cutanées et contre certaines ophthalmies.
Le S. OCELLÉ (S. ocellaiusy Daud. ; S. rariegatuê^ Schn.; Lacerta ocellaiaj Gmel.). Son corps un peu déprimé est en dessus d'un gris verdâlrc, avec des points blancs et comme ocellés de brun ; il est blanc eu des-
sous ; la queue est cylindrique et de même longueur que le corps. Il se trouve en Egypte et dans le midi de 1 Europe, en Sardaigne et en Sicile.
Th. Cocteau, dans ses Etudes sur les Scincoïdes, rapporte, à l'article Scincuê cofi$tratus ou Sphenops de Séba, des détails intéressants qui lui ont été communiqués par M. Al. Lefèvre. Ce Scinque se trouve abondamment en Egypte, et comme il s'enfonce peu dans la terre, le moindre éboulemenl firoduit par le pied des passants met sa retraite à découvert, et il peut alors être pris aisément, comme Tindique M. Al. Lefèvre, qui en a rapporté plus de cent individus (le son voyage en Egypte, et a rencontré plusieurs individus de cette espèce parfaitement conservés depuis des siècles. Th. Cocteau a observé une momie de ce Saurien, parfaitement conservée ; elle était enveloppée dans des linges et des bandelettes, comme les momies humaines, et renfermée dans un cénotaphe en bois travaillé et peint avec soin. Pourquoi ce luiede sépuliureT On ne peut supposer que ce soit pour empêcher la putréfaction ; car, sous le climat et le sol brûlant de l'Egypte, un aussi petit animal est bientôt desséché. Serait-ce quelque objet de culte ? un vœu , une offrande ?
Parmi les espèces américarnes, nous ne citerons que le Brochet de Terre des Frahçiis (Galley-Wasp des Anglais, 5. gailivasp^ Daud.; Lacerta occidua^ Shaw). Sa taille est d'un pied environ, il est de la grosseur du bras ; sa couleur générale est le roux, et il
C résente des bandes Iransverses de taches londes. Il habite la Jamaïque, auprès des lieux marécageux ; sa blessure est regardée Comme très-venimeuse et comme promptement mortelle. Une autre espèce est le S. Mabocta (5. Mahouyay Daud.) ; il habite aussi les Antilles , et est de même réputé venimeux ; il grimpe aux arbres avec adresse, et court avec rapidité sur les cases des nègres; sa tailie n'est que de sept à huit pouces; il est, en dessus, d'un cendré brunâtre avec des taches brunes, et en dessous, ainsi que sur les flancs, il est d'une couleur plus pâle. Les Moluquesde la Nouvelle-Hollande ont des espèces de Scinques remarquables par leur grosseur.
SCO.MBRE [Scomber). — Les Scombres offrent à Ihomme des espèces de poissons précieuses par les qualités de leur chair, par le volume de leur corps, et surtout par leur inépuisable iécondité. Ce sont des poissons voyageurs qui, malgré la destruction qu'on en fait, reviennent chaque année dans les mêmes parages par bandes innombrables, et fournissent aux pécheurs un butin abondant et facile à conserver : ce sont les Thons^ les Bonites et les Maquereaux. Leur corps est en fuseau, leur queue rétrécie, et leur nageoire caudale très-grande : les rayons postérieurs de leur seconde nageoire dorsale, ainsi que l'anale, sont séparés et forment autant de fausses nageoires.
SCOR PÊNE HORRIBLE ou Stharcée horrible, Cuv. —On dirait que c'est dans les for
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mes très- composées, singulières, bizarres en apparence, monstrueuses, horribles, et, pour amsi dire, menaçantes, de la plupart des Scorpènes,que les poètes, les romanciers, les mjtholoçnes et les peintres ont cherché les modèles des êtres fantastiques, des larves, des ombres éroauées et des démons, dont ils ont environne leurs sages enchanteurs, leurs magiciens redoutables et leurs sorciers ridicules ; ce n'est même qu'avec une sorte de peine que l'imagination parait être parvenue à surpasser ces modèles* à placer ces productions mensongères au-dessus de ces réalités, et à s'étonner encore plus des résultats de ses ieux que des combinaisons par lesquelles la nature a donné naissance au genre que nous examinons. Mais si, en façonnant les Scorpènes, la nature a donné un exemple remarquable de l'infinie variété que ses ouvrages peuvent présenter, elle a montré d'une manière bien y>lus frappante combien sa manière de procéder est toujours supérieure à celle de l'art ; elle a imprimé d'une manière éclatante sur ces Scorpènes, comme sur tant d'autres produits de sa puissance créatrice , le sceau de sa prescience sur l'intelligence humaine; et celte considération n'esl-elle pas d'une haute importance pour le philosophe ? Le génie de .'homme rapproche, ou sépare, réunit ou Jivise, anéantit, pour ainsi dire, ou reproduit tout ce qu'il conçoit ; mais de quelque manière qu'il place à côtelés uns des autres ces êtres qu'il transporte à son gré, il ne peut pas les lier complètement par celte série infinie de nuances insensibles, analogues et intermédiaires, qui ne dépendent que de la nature ; le grand art des transitions appartient par excellence à celle nature féconde et merveilleuse, lors môme qu'elle associe les formes que la première vue considère comme les plus disparates, soit qu'elle en revêle ces monstruosités passagères auxquelles elle refuse le droit de se reproduire, soit qu'elle les applique à des sujets constants qui se multiplient et se perpétuent sans manifester de changement sensiole; elle les coordonne, les groupe et les modifie d'une telle manière, qu'elles montrent facilement à une attention nn peu soutenue une sorte d'air général de famille, et que d'habiles dégradations ne laissent que des rapports qui s'attirent, à la place de nombreuses Uisconvenances qui se repousseraient.
La Scorpène horrible offre une preuve de cette manière d'opérer, qui est un des grands secrets de la nature. On s'en convaincra aisément, en examinant la description et la ligure de cet animal remarquable.
Sa tête est très-grande et très-inégale dans sa surface : creusée par de profonds sinus, relevée en d'autres endroits par des protubérances très-saillantes, hérissée d'aiguillons, elle est d'ailleurs parsemée, sur les côtés, de tubercules ou de callosités un peu arrondies et cependant irrégulières et très-inégales en grosseur. Deux des plus grands enfoncements €[u'elle présente sont séparés, par ime cloison très-inclinée, en ^deux creux
inégaux et irréguliers, et sont placés an. dessous des yeux, qui d'ailleurs sont trèipetits, et situés chacun dans une proémi. nence très-relevée et un peu arrondie p«r le haut; sur la nuque s'élèvent deut aûtrei protubérances comprimées dans leur part»
supérieure, anguleuses, et qui raonlmii s» leur côté extérieur une caviléassez profonde; et ces deux éminences, réunies a?ec celte des jeux, forment, sur la grande têteden^o^ rible, quatre sortes de cornes très-irrtj»lières, très-frappantes, et, oour ainsi dire,' hideuses.
Les deux mâchoires sont articula de manière cHie, lorsque la bouche estfenDée, elles s'élèvent presque verticalement, m lieu de s'étendre horizontalement; la inichoire inférieure ne peut clore la boucke qu'en se relevant comme un battant on comme une sorte de pont-levis, el en dépassant même quelquefois en arrrière la ligM verticale, afin de s'appliquer plus eiacteœeot contre la mâchoire supérieure; et quiodelie est dans cette position, et qu'on la rf^rrfe par devant, elle ressemble assez itiaferi cheval : ces deux mâchoires ml im'm d'un grand nombre de très-pelites doits, ainsi (jue le gosier. Le palais elktoig» sont lisses ; cette dernière est, de plos^lw^ arrondie et assez libre. On la décoane aisément, pour peu que la Scorpène ntalte sa mâchoire iurérieure et ouvre sa grande gueule; l'orifice branchial est aussi trWarge.
Les trois ou quatre prexiers rayons de II nageoire du dos, très^-gros, très-ndifforroeN très-séparés l'un de l'autre, irès-ioég^uï, très-irréguliers, très-dénués d'une véritable membrane, ressemblent moins à des piquants de nageoire qu'à des tubérosilés branfe dont le sommet néanmoins laisse dépasserla
Ï)ointe de l'aiguillon ; la ligne latérale suil a courbure du dos.
Le eorps et la queue sont garnis de tubercules calleux, semblables à ceux qui sont répandus sur la têle ; et l'on en voit d'aoïlogues, mais plus petits, non-seulement sur les nageoires pectorales qui sont très-loigués, mais encore sur la membrane qui réonii les rayons de la nageoire dorsale.
La nageoire de la queue est arrondie et fayée; la couleur générale de ranimai est variée de brun et de blanc; et c'est dans les Indes Orientales que l'on rencontre cette espèce, qui se nourrit de Crabes et de )iollusques, sur laquelle, au milieu des rapj«t)chements bizarres en apparence et cepenoait merveilleusement concertés, de formas trèsdisparates au premier coup d'osil, se M par des dégradations intermédiaires et bi« ménagées, montrant des partiessemblaWesoi Ton n avait d'abord soupçonné que des (i<^ ttons très-dififéreotes, paraissent avoir étébiefl plutôt préparées les unes pour les aatres jpw placées de manière à se neurter, pouraios dire, avec violence, mais dont rensemN^i malgré ces sortes de précautions, rtfo^ tellement le premier regard, qu'on n'apas»* h) dégrader en la nommant Horrible, en ïf, pelant de plus Crapaud de nur^ et ao '^
SCY
POISSONS, ETC