‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 168 sur 204 · SEP · texte numérisé non relu

SEP

les lèvres, les pîedst les bras, tout le corps enfia peuvent recevoir? Ne jugerez-vous pas, d'une manière au moins approximative, et de la température, et de la clureté, et du volume, et de la forme en supprimant l'usage des mains? Dire, avec certains physiologistes, que le tact est passif, et le toucher actif, c'est uniquement vouloir employer deux mots pour les mêmes Sf^nsations, selon que l'aUention et la volonté les accompagnent ou non, et tous les sens devraient aèslors réclamer une division pareille; mais, du reste, elle existe du moins dans le langage : regarder et voir sont deux choses sans doute, mais on n'a pas pensé, en admettant ces deux acceptions de mots comme distinctes, devoir pour cela scinder en deux le sens de la vue.

SEPHEN. Voy. Raie.

SEPS, genre de Reptiles de la famille des Scincoïdiens. — Le Seps doit être considéré de près, pour n'être pas confondu avec les Serpents. Ce qui en effet distingue principalement ces derniers d'avec les Lézards, c'est le défaut de pattes et d'ouvertures pour les oreilles; mais on ne peut remarouer que difficilement l'ouverture des oreilles du Seps; et ses pattes sont presque invisibles par leur extrême petitesse. Lorsqu'on le regarde, on croirait voir un Serpent qui, par une espèce de monstruosité, serait ne avec deux petites pattes auprès de la tête, et deux autres trèseloignées, situées auprès de l'origine de la queue. On le croirait d'autant plus, que le Seps a le corps très-long et très-menu, et qu'il a l'habitude de se rouler sur lui même comdie les Serpents. A. une certaine distance, on serait même tenté de ne prendre ses pieds que pour des appendices informes. Le Seps fait aonc une des nuances qui lient d'assez

Krès les Quadrupèdes ovipares avec les vrais eptiies. Sa forme peu prononcée, son caractère ambigu, doivent contribuer à le faire reconnaître. Ses yeux sont très-petits, les ouvertures des oreilles bien moins sensibles que dans la plupart des Lézards ; la queue tmit par une pointe très-aiguë ; elle est communément très-courte : cependant elle était aussi longue que le corps dans l'individu dé- ' crit par Linné, et qui faisait partie de la collection du prince Adolphe. Le Seps est couvert d'écaillés quadrangulaires, qui forment en tous sens des espèces de stries.

La couleur de ce Lézard est en général moins foncée sous le ventre que sur le dos, le long duquel s'étendent deux bandes, dont la teinte est plus ou moins claire, et qui sont bordées de chaque côté d'une petite raienoire.

La grandeur des Seps, ainsi que celle des autres Lézards, varie suivant la température qu'ils éprouvent, la nourriture qu'ils trouvent, et la tranquillité dont ils jouissent. C'est donc avec raison que la plupart des naturalistes ont cru ne devoir pas assigner une grandeur déterminée, comme un caractère rigoureux et distinctif de chaque espèce ; mais il n'en est pas moins intéressant d'indiquer les limites, qui, dans les diverses espèces, circonscrivent la grandeur, et surtout a'çn marquer les rapports, autant qu'il est

Possible , avec les différentes contrées, i«| abitudes, la chaleur, etc. Les Seps^quim parviennent quelquefois en Provence, i dans les autres provinces méridionales d» France, qu'à la longueur de cinq ou six ^ ces, sont longs de douze ou qumzedaDsdff pays plus conformes à leur nature.

Les pattes du Seps sont si courteStqnVDci n'ont quelquefois que deux lignes de Iodl quoique le corps ait plus de douze pouces^ . longueur. A peine paraissenl-el'es pouToit toucher à t< rre, et cependant le Seps lesrf mue avec vitesse, et semble s'en servir a beaucoup d'avantage lorsqu'il marche, pieds sont «iivisés en trois doigts à peine sibles, et garnis d'ongles, comme ceux de plupart des autres Lézards. Linné a comptij cinq doigts dans le Seps qui faisait partie di la collection du prince Aaolphe de Suède.

C'est au Seps que l'on doit rapporter le Lé» zard indiqué par Rai, sous le nom de% ou de Lézard chcUcide. Linné nous panil s'être trompé en appelant ce dernier liant Chalcide^ et en le séparant du Se(^.Li</â$cription que l'on trouve dans Rii coonenf très-bien a ce dernier animal ; les rjie! noires le long du dos, et la forme rtobûble des écailles, que Rai attribue à so&limd, sont en effet des caractèresdislindifedaSepi. Le Lézard désigné narColumDa,soQsleDr« de Seps ou de Chalcide, séparé du Seps ^ Linné, et appelé Chalcide par ce grand ^ turaliste, est aussi une simple rariélé k Seps, assez voisine de celle que l'on IroQW aux environs de Rome, ainsi qu'en ProTeuw. Le Lézard de Columna avait, à larérilé, deux pieds de long, tandis que le Seps desenviro^is de Rome, que l'on peut voir au Cabinet d'histoire naturelle, n'a que sept pouces huii lignes de longueur; mais il présentait lesoractères qui distinguent les véritables Sepî. L'animal que Linné a rangé parmi lesSe^ pents, qu'il a appelé Anguis qmdru^àt,^ qu'il dit habiter dans l'île de lara, est de même un véritable Seps; tous lescaradèr» rapportés par Linné conviennent à ce dernier Lézard, excepté le défaut d'ouvertures pour les oreilles, et les cinq doigts de chaque pied: mais, Linné ajoutant que ces doigts sonlsi petits qu'on a bien de la peine à les apercevoir, on peut croire que l'on en aura lis^ ment compté deux de trop. D'ailleurs, ItJ ouvertures des oreilles du Seps sont quelqiiefois si petites, qu'il paratt en manquer aosolument.

C'est également au Seps qu'il but rapporter les Lézards nommés Vers serpentifonn« tf Afrique, et dont Linné a fait une e$p^ particulière sous le nom d'iiitguma. U $'ï"^^

[)Our s'en convaincre, de jeter les jeuisur a planche de Séba, citée par le naturtli^ suédois; la forme de la tête, la longueur dn corps, la disposition des écailles, la positioo et la brièveté des quatre pattes, se retroavent dans ces prétendus Vers comme (bfls le Seps ; et ce n'est que parce qu'on dc ^ a pas regardés d'assez près, qu'on aatlribw dos pieds non divisés à ces aniroaui, ^ Linné s'est cru obligé par là de séparer des

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HNSSOMS, ETC.

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autres Lézards. Suivant Séba, les Grecs ont connu ces Qoadnipèiles ; ils ont njéioe cru t :re informés de leurs habitudes en certaines contrées y puisqu'ils les ont uooiQiés d*UD i.oin qui désigne leur séjour au milieu des eûux troubles et bourt>euses. Ou les reocontre au cap de Boune-Espérance, rers la baie de la Table, parmi les rochers qui bor* d ut la rivière: Suivant la figure de Séba, ces Seps du cap de Bonne-Espérance ont la queue beaucoup plus longue que le corps.

Columna, en disséquant un Seps femelle, eu tira quinze iœtus vivants, dont les uns étaient déjà sortis de leurs membranes, et l».s autres étaient encore enveloppés dans une pellicule diaphane, et renfermés dans leurs œu& comme les petits des Vipères. Nous remarquerons une manière semblable de Tenir au jour dans les petits de la Salamandre terrestre; et ainsi, non-seulement les diverses espèces de Lézards ont entre elles de nouvelles analogies, mais l'ordre entier des Quadrupè Jes ovipares se lie de nou- Teau avec les Serpents, avec les poissons carâlagineux et d autres poissons de différents genres, parmi lesquels les petits de plusieurs espèces sortent aussi de leurs œufs dans le ventre même de leur mère.

Plusieurs naturalistes ont cru aue le Seps était une espèce de Salamandre. On a accusé la Salamandre d'être venimeuse ; on a dit que le Seps Tétait aussi. Il y a même longtemps que Ton a regardé ce Lézard comme unanunal malfaisant, le nom de Seps

Se les anciens lui ont appliqué, ainsi qu'au alcide, ajant été aussi attribué par ces mêmes anciens àdes Serpents très-venimetix, à des Mille-pieds et h d'autres bêles dangereuses. Ce mot SepSf dérivé de oéir^, je cor^ roMpf, peut être regardé comme un nom génénque que les anciens donnaient i la plupart des animaux dont ils redoutaient les poisons, à quelque ordre d'ailleurs qu'ils les rapportassent. On peut croire aussi qu'ils ont très-souvent confondu, ainsi que le plus grand nombre des naturalistes venus après eux, le Chalcide et le Seps, qu'ils ont appe^ lés tous deux non-seulement du nom générique de Seos, mais encore du nom particulier de Chalcide.

Quoi qu'il en soit, les observations de M. Sauvage paraissent prouver que le Seps n'est point venimeux dans les provinces méridionales de France. Suivant ce naturaliste, la morsure des Seps n'a jamais été suirie d'aucun accident : il rapporte en avoir vu manger par une Poule, sans qu'elle en ait été incommodée. Il ajoute que la Poule ayant avalé un petit Seps parla tête sans fécraser, il vit ce Lézard s'échapper du corps de la Poule, comme les Vers de terre de celui des Canards. La Poule le saisit de nouveau, il s'éebappa de même, mais h la troisième fois elle le coupa en deux. M. Sauvage conclut même, de la facilité avec laquelle ce petit Lézard se glisse dans ks intesiius,qu*il produirait un meilleur effet, dans certaines maladies, que le plomb et le vil-argent. M. François Celti dit aussi que, dans toute la

Sardaigne, il n'a jamais entendu parler d'aucun accident causé |>arla morsure du Sef»s, que tout le monde v regarde comme im animal innocent. Seulement, ajoute-t-il, lorsque les Bœufs ou les Chevaux en ont avalé avec l'herbe qu'ils naissent, leur ventre s'enfle, et ils sont en danger de mourir si on ne leur lait pas prendre une boisson préparée avec de l'nuiie, du vinaigre et du soufre.

Le Seps parait craindre le froid plus que les Tortues terrestres, et que plusieivs autres Quadrupèdes ovipares ; il se cache plutôt dans la terre aux approches de l'hiver. U disparait, en Sardaigne, dès le commencement d'octobre, et on ne le trouve plus que dans des creux souterrains ; il en sort au printemps pour aller dans les endroits garnis d'herbe, oii il se tient encore pendant l'été, quoique l'ardeur du soleil l'ait desséchée.

SERPENTS. — On réunit d'ordinaire dans le groupe des Serpents ou Ophidiens tous les Reptiles dont le corps, cjhndriqueet allongé, n'est pas pourvu de membres ; ordre remarquable en ce qu'au premier coup d'œil les anunaux qui le composent paraissent privés de tout moyen de se mouvoir, et uniquement destinés è Tivre sur la place où le hasard les ùdi naître. Peu d'animaux cependant, ont les mouvements aussi prompts et se transportent avec autant de vitesse que le Serpent : il égaje presque, par sa rapidité, une flèche lif ée par un bras vigoureux, lorsqu'il s'élance sur sa proie ou qu'il luit devant son ennemi : chacune de ses parties devient alors comme un ressort qui se débande avec violence, il semble ne toucher à la terre que pour en rejaillir; et, pour ainsi dire, sans cesse repoussé par les corps sur lesquels il s'appuie, on dirait qu'il nage au milieu de l'air en rasant la surface du terrain qu'il parcourt. S'il veut s'élever encore davantage, il le dispute è plusieurs espèces d'oiseaux, par la facilité avec laauelie il parvient jusqu au plus haut des arbres, autour desquels il roule et déroule son corps avec tant de promptitude, que l'œil a de la peine à le suivre : souvent même, lorsqu'il ne change pas encore de place, mais qu'il est prêt à s'élancer, et qu il est agité par quelque affection vive, comme l'amour, la coleie ou la crainte, il n appuie contre terre que sa queue qu'il replie en contours sinueux, il redresse avec fierté sa tête, il relève avec vitesse le devant de son corps, et le retenant dans une attitude droite et f>erpendiculaire, bien loin de paraître uniauement destiné è ramper, il offre l'image de la force, du courage et d'une sorte d'empire.

Placé par la nature à la suite des Quadrupèdes ovipares, ressemblant à un Lézard qui serait privé de pattes, et pouvant siulout être quelquefois confondu avec les 5fpt et CluUcidtSj ainsi qu'avec les Reptiles bipèdes, le Serpent réunit cet ordre des Quaarupèdes ovipares à celui des poissons, avec plusieurs espèces desquels il a un grand nombre de rapports extérieurs, et dans lesquels il parait, en quelque sorte, se dégrader par des nuances successives offertes oar

REPTILES

les AnguilUiy les Murènes proprement dites, les GvmnoteSf etc.

Malgré la grande vitesse avec laquelle le Serpent échappe, pour ainsi dire, à la surface sur laquelle il avance, plusieurs points de son corps portent sur la terre, même dans le temps où il parait le moins y toucher, et il est entièrement privé de membres qui puissent le tenir élevé au-dessus du terrain, ainsi que les Quadrupèdes. Aussi le nom de Reptile nous a-t-il paru lui appartenir principalement, et celui de Serpent vientil de Serpere qui désigne l'action de ramper. Cette forme extérieure, ce défaut absolu de bras, de pieds et de tout membre propre à se mouvoir, le caractérise essentiellement, eL empêche qu'on ne le confonde, même à l'extérieur, avec aucun des animaux qui ont du sang, et particulièrement avec les Murènes proprement dites, les Anguilles et les autres poissons, oui ont tous des nageoires plus ou moins étendues et plus ou moins nombreuses.

Les limites qui circonscrivent l'ordre des Serpentssont donc tracées d'une manière pré* cise, malgré les grands rapports qui les lient «ivec les ordres voisins.

Leurs espèces sont en grand nombre ; Lacépède en décrit plus de cent quarante dans son ouvrage : quelques-unes parviennent à une grandeur très-considérable, elles ont plus de trente pieds, et souvent môme de quarante pieds de longueur. Toutes sont couvertes d'écaillés ou de tubercules écailleux, comme les Lézards et les poissons , qu'elles lient les uns avec les autres ; mais ces écailles varient beaucoupparleurformeetpar leur grandeur : les unes, que l'on nomme plaques, sont hexagones, étroites et très-allongées ; les autres presque rondes ou ovales, ou rbomboïdales ou carrées; celles-ci entièrement plates ; celles-là relevées par une arête saillante, etc. Toutes ces diverses sortes d'écaillés sont différemment combinées dans les espèces particulières de Serpents ; les uns en ont de quatre sortes, les autres de trois, les autres de deux, les autres n'en ont que d'une seule sorte ; et c'est principalement en réunissant les caractères tirés de la forme, du nombre et de la position de ses écailles, qu'on a pu parvenir à distinguer non-seulement Jes genres, mais encore les espèces des Serpents.

Si, avant d'examiner les habitudes naturelles de ces Reptiles, nous voulons jeter un coup d'œil sur leur organisation interne, et si nous commençons par considérer leur tête, nous trouverons que la boîte osseuse en est à peu près conformée comme celle des Quadrupèdes ovipares : cependant la partie de cette boîte qui représente l'os occipital, et qui est faite en forme de triangle dont le sommet est tourné vers la queue, ne paraît pas en général avancer autant vers le dos (^uedans ces Quadrupèdes; elle garantit peu 1 origine de la moelle épinière,et voilà pourquoi les Serpents peuvent être attaqués avec avantage et recevoir aisément la mort par cel endroit ma} défendu.

Le reste de leur charpente osseuse wésente de grands rap|>orts avec celle de pla. sieurs esi^èces de poissons, mais elle dn cependant une conformation qui leur mi particulière, et d'après laquelle il est prèsque aussi aisé de les <iislinguer que d après leur forme extérieure. Elle est la plus simple de toutes celles des animaux qui ont du sanselle ne se divise pas en direrses brancte pour donner naissance aux branches, comiue dans les Quadrupèdes; aux ailes comme dans les oiseaux, etc.; elle n'est composé? que d'une longue suite de vertèbres qiî s'étend jusqu'au bout de la queue. Les «mphyses ou éminences de ces vertèbres sodI placée^, dans la plu|art des Serpents, de manière que l'animal puisse selouraerduis tous les sens, et même se replier plusieurs fois sur lui-même ; et d'ailleurs, dans presque tous ces Reptiles, ces vertèbres ml très-mobiles les unes relativement aui autres; l'extrémité postérieure de cbacoDe étant terminée par une sorte de globe gui entre dans une cavité de la vertèbre sn/vw/e et y joue librement comme dans œw genouillère. De chaque côté de ces rertéfcw sont attachées des côtes ordinairemeal datant plus longues, qu'elles sont pins î/k du milieu du corps, et qui, pouvant se moft" voir en différents sens, se prêtent ain divers mouvements que le Serpent veul exécuter. Vers l'extrémité de la queue, ta vertèbres ne présentent plus que des éminences, et sont dépourvues de côles(l).

Ces vertèbres et ces côtes composeot toute la partie solide du corps des Serpeal«: aussi leurs organes intérieurs ne soul-ils défendus, dans la partie de leur corfis ijui touche h terre, que par les plaques oa grandes écailles qui les revêtent par-dessous, et par une matière graisseuse considérable que l'on trouve souvent entre la peau de leur ventre et ces mômes orranes. Cette graisse doit aussi contribuer a entretenir leur chaleur intérieure, à préserver lear sang des effets du froid, et à les soustraire pendant quelque temps à rengourdissemeûl auquel ils sont sujets, dans certaines cûdtrées, h l'approche de l'hiver; elle leure^t d'autant plus utile, que la chaleur naturelle de leur sang est peu considérable ; ce fluide ne circule dans les Serpents qu'avec lenleur, relativement à la vitesse avec laquelle il coule dans les Quadrupèdes vivipares ri dans les oiseaux. Et comment serait-il poussé avec autant de force dans les Reptiles que dans les oiseaux et les Vivipare^i puisque le cœur des Serpents n'est cofflt'O^ que d'un ventricule, et puisque la commufli* cation entre le sang qui y arrive et le sauj qui en sort, peut être indépendante des oscillations des poumons et de la respiratiofli dont la fréquence échauffe et anime lesa^i des Vivipares et des oiseaux ?

(1) Le nombre des vertèbres est irès-coosM^' dans la Vipère on en coinpie ccnl quaire fiogwï* huit; dans le Boa, ii*ois ceiil quatre; daBsbC*' leuvre à collier, ux>is cent seize.

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poissa», etl.

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Le jeu du cœur el la circulation ne sevaieDt donc point arrêtés dans les Serpents g>ar un très-long séjour sous l'eau, ei cts jSDimaux pourraient rester habituellement <iaiis cet élément, connue les poissons, si Tair ne leur était pas nécessaire de uiôme qu'aux Quadrupèdes ovipares pour entretenir dans leur sang les qualités nécessaires à son mouvement et à la vie, |>our dégager ce fluide des princif)es surabondants qui en engourdiraient la masse, ou y fX)rler ceux de liquidité qui doivent Tanimer. Les Ser- |K.'Ut$ ne peuvent donc vivre dans Teau sans Venir souvent à la surface ; et la respiration leur est presque aus2>i nécessaire que si leur coeur était conlormé couiaie celui de l'homme et des Quadrupèdes vivipares, el que la circulation de leur sang ne pQl avoir lieu qu'autant (jue leurs poumons aspireraient Tair de l'atmosphère. Mais leur res- •iidlion n est pùs ôu.;.^» frrijue-ir..* que celle les Quadrupè'ies vivipues et de» oî^eaux ; au lieu de resserrer cl i!e dilater leurs poumons par des oscillations promptes el régulières, ils laissent échapper avec lenteur la portion d'air atmosphérique qu*ils ont aspirée avec assez de rapidilé ; el ils peuvent d'aulaul plusse passer de respirer Iréquenimenl, que leurs i>oumons sont très-grands en comparaison du volume de leur corps, ainsi que ceux des Tortues, des Crocodiles, des Salamandres, des Grenouilles, etc. ; et que , dans certaines espèces, telles que celle du Boiquira, la longueur de ces viscères «r-;alant à peu près les trois quarts de celle *-a corps, ils peuvent aspirer à la fois une ires-grande quantité d'air.

ils sont pourvus de presque autant de Tbcères que les animaux les mieux organisés ; ils ont un œsophage ordinairement icès-long el susceptible d'une très-grande dilatation, un estomac, un foie avec son conduit, une vésicule du ûel, une sorte de pancréas, etde longs intestins qui, par leurs ciicuits, leurs divers diamètres, el les espèces de séparations transversales qu'ils cotjiieaoenl , forment plusieurs portions distinctes analogues aux intestins grêles el a ;x gros intestins des Vivipares, el après i'iusieurs sinuosités, se terminent par une [H>rtion droite, pav une sorte de rectum, comme dans les Quadrupèdes. Us ont aussi deux reins, dont les conduits n'aboutissent (»<i> à une vessie proprement dite, ainsi que ddu^ les Quadrupèdes vivipares, mais se déchargent dans un réservoir commun, semblable au cloaque des oiseaux, el où se mêlent de môme les excréments, tant solides que liquides. Ce réservoir commun n'a qu'une seule ouverture à Texlérieur ; il renierme dans les mâles, les parties qui leur sont nécessaires pour perpCtuer leur espèce, el qui y demeurent cachées jusqu'au moment de leur accouplement ; c'est aussi dans l'intérieur de ce réservoir que sont placés, dans les femelles, les orilices des deux ovaires ; et voilà pourquoi dans la piu{>art des Serpents, et excepté certaiiies circonstances rares, voisines de Taccouple*

ment de ces animaux, on ne peut s'assurer de leur sexe d'après la seule considération de leur conformation extérieure.

Les Serpents font leurs ondulations dans le sens horizontal (i), et ce qu'on a dit de Tutihlé de leurs écailles ventrales considérées comme des fausses pattes, est tout à fait imaginaire; leur reptation reproduit exactement leurs natations ; leurs anses latérales aller-natives s'appuient contre les inégalités du sol ; les unes se forment en tirant en avant les parties postérieures, tandis que d'autres se déploient, poussant en avant les antérieures : c'est là ce qu'on nomme serpenter. Aussi les Couleuvres,lesOrvets, marchent-ils avec beaucoup de peine sur une surface plane, et ne glissent-ils nulle part avec autant de prestesse que dans les herbes, les buissons, qui leur fournissent des points d'appui efficaces el sans nombre. Les Anguilles voyagent la nuit de la môme manière, à travers les roseaux, les herbes des fossés et ti^*^ prairies voisines de leurs viviers. Bans ces circonstances favorables, les Chalcides, le Seps, ne se servent point du tout de leurs quatre pelits piedSi et les Lézards mômes, surtout les plus allongés [L, rirtdisj, marchent alors plus à la manière des Serpents que des Quadrupèdes.

Lorsque certains Serpents, au lieu de se mouvoir progressivement pendant un temps plus ou moins considérable, et par une suite d'elforts plusieurs fois répétés, ne cherchent qu'à s'élancer tout d'un coup d'un endroit à un autre, ou à se jeter sur une proie par un seul bond, ils se roulent en spirale au lieu de former des arcs de cercle successifs ; ils n'élèvent presque que la tète au-dessus de leur corps ainsi replié et contourné ; ils tendent, pour ainsi dire, toutes leurs parties élastiques, et, réunissant par là toutes les forces particulières qu'ils emploient l'une après l'autre dans leurs courses ordinaires, allongeant tout d'un coup toute leur masse, et leurs res:>orts se débandant tous à la fois, ils se déroulent el s'élancent vers l'objet qu'ils veulent atteindre, avec la rapidité d'une flèche fortement vibrée, et en franchissant sou vent un espace de plusieurs pieds.

Les Serpents qui grimpent sur les arbres s'y retiennent en entourant les tiges et les rameaux par les divers contours de leur corps; ils en parcourent lesJjrancbes de la même manière qu'ils s'avancent sur la sur* face de la terre ; ils s'élancent d'un arbre à un autre, ou d'un rameau à un rameau, en appuyant contre l'arbre une portion de leur corps, el en la pliant de manière qu'elle fasse une sorte de ressort et qu'elle se débande avec force ; ou bien ils se suspendent par U queue, et, balançant à plusieurs reprises leur corps qu'ils allongent avec effort , ils atteignent la branche à laquelle ils veulent parvenir, s'y attachent en l'embrassant par pi usieurs contours de leur partie antérieure, se res-

(1) Et Don de haut en bas, couine le représentent les peiiilres; il faut en excepter la Cuuléuvre d'Elscolape.

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Reptiles

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\VSi

serrent alors, se raccourcissent, ramassent,

f>our ainsi dire, leur corps, et retirent à eux a queue qui leur avait servi à se suspendre. Les très-grands Serpents l'emportent en longueur sur tous les animaux, en y comprenant même les Crocodiles, dont la grandeur est la çlus démesurée, et qui ont depuis vingt-cinq jusqu'à trente pieds de long, et en n'en exceptant que les Baleines et les autres grands cétacés. A l'autre extrémité cependant de l'échelle qui comprend tous ces Reptiles arrangés par ordre de grandeur, on en voit qui ne sont guère plus gros qu'un tuyau de piume, et dont la longueur, qui n'est que de quelques pouces, surpasse à peine celle des plus petits Quadrupèdes, tant ovipares que vivipares. L'ordre des Serpents est donc celui où les plus grandes et les plus petites espèces diffèrent le plus les unes des autres par la longueur. Mais si, au lieu de mesurer une seule de leurs dimensions, on pèse leur masse, on trouvera que la quantité de matière que renferment les Serpents les plus gigantesques, est à peu près dans le même rapport avec la matière des plus petits Reptiles, que la masse des grands Éléphants, des Hippopotames, etc., avec celle des Rats, des Musaraignes, des plus petits Quadrupèdes vivipares.

Ne pourrait-on pas penser que, dans tous les ordres d'animaux, la même proportion se trouve entie la quantité de matière modelée dans les grandes espèces, et celle qui est employée dans les petites ? Mais dans l'ordre des Serpents, tous les développements ont dû se faire en longueur plutôt qu'en grosseur ; sans cela, ces Re|)tiles, et surtout ceux qui sont énormes, privés de pattes et de bras, auraient à peine exécuté quelques mouvements très-lents : la vitesse de leur course ne doit-elle pas, en effet, être proportionnée à la grandeur de l'arc que leur corps peut former pour se débander ensuite? Auraient-ils pu se plier avec facilité, et chercher, sur la surface du terrain, des [)oints d'appui qui remplaçassent les pieds qui leur manquent? Ne pouvant ni atteindre leur proie, ni échapper à leurs ennemis, n'auraient-ils pas été comme des masses inertes, exposées a tous les dangers et bientôt détruites? La matière a donc dû être façonnée dans une dimension beaucoup plus que dans une autre, pour que le produit de ce travail pût subsister, et que Tordre des Serpents ne fût pas anéanti, ou du moins très-diminué ; et voilà pourquoi la même proportion de masse se trouve entre les grands et les petits Reptiles d'un côté, et les grands et les petits Quadrupèdes de l'autre ; quoique les énormes Serpents l'emportent beaucoup plus parleur longueur sur les plus petits de ceux que l'on connaît, que les Eléphants ne surpassent les Musaraignes et les Rats par leur dimension la plus étendue.

Entre les limites assignées par la nature à la longueur des Serpents, c'est-à-dire, depuis celle de quarante ou même de cinquante pieds jusqu'à celle de quelques pouces, on tfouvepresque tous lesdegrés intermédiaires

occupés par quelque espèce ou quelque m. riété de ces reptiles, au moins à compter depuis les plus courts jusqu'à ceux qui odi vingt ou vingt -cinq pieds de longuenr.

Les espèces supérieures paraissent ensoiiè comme isolées ; ceci prouve que dans ti nature les grands objets sont moins li^qoe les petits par des nuances intermédiaires; mais voilà donc* depuis la petite étendue de quelques pouces jusqu'à celle de yingl-cinq pieds, presque toutes les grandeurs inttiniié. diaires représentées par autant d'espèces,oa du moins de races plus ou moins constames; et cela ne sulBrait-il pas pour montrer li variété qui se trouve dans l'ordre des Serpents? il semble à la vérité, au premier coup d'œil, que des espèces très-multipliées doivent se ressembler presque entièrement dus un ordre d'animaux dont le corps, toujours formé sur le même modèle, ne présente aacun membre extérieur et saillant qui, par» forme et le nombre de ses parties, pai^ offrir des différences sensibles. Mais si Toq ajoute à la variété des longueurs des Serpents celle des couleurs éclatantes doa/iis sont peints, depuis le blanc et le rof^ le plus vif, jusqu'au violet le plusfoiKé,e< même jusqu'au noir; si l'on obsemipfice grand nombre de couleurs sont menéSI«h sement fondues les unes dans lesantr^^ie manière à ne présenter que très-raremeoih même teinte lorsqu'elles sont diverseiseiâ éclairées par les rayons du soleil ; slToase retrace tout à la fois ce nombre de Serpents dont les uns n'offrent qu'une seule mm^ tandis que les autres brilleut de plusieurs couleurs plus ou moins contrastées, encbainées, pour ainsi dire, en réseaux, distribuées en lignes, s'étendaut en raies, disposées e& bandes, répandues par taches, semées ei étoiles, représentant quelquefois les figures les plus régulières et souvent les plus bizarres ; et si l'on réunit encore à toutes ces différences, celles que l'on doit tirer de ia position, de la grandeur et de la forme de> écailles, ne v6rra-t-on pas que Tordre da Serpents est un des plus variés de ceux qui peuplent et embellissent la surface du globe î

Toutes les espèces de ces animaux babH tent de préférence .les contrées chaudes oc tempérées; t)n en trouve dans les deui mondes, où ils paraissent à peu près égifr ment répandus en raison de la chaleur,» l'humidité et de l'espace libre. Plusieurs de ces espèces sont communes aux deuxcoolinents ; mais il parait qu'en général ce sm les plus grandes qui appartiennent à ud m grand nombre de contrées différentes^ t<* grandes espèces, ayant plus de force et o^^ armes plus meurtrières, peuvent eiécul^ leurs mouvements avec plus de prompR* tude, soutenir pendant plus de temps \^ course plus rapide, se défendre arec pli» d'avantage contre leurs ennemis, chercher^* vaincre plus facilement une proie, $«^

f)andre bien plus au loin, se trouver au ^ ieu des eaux avec moins de crainte, nap avec plus de constance, lutter contre i^

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POISSON

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flots, TOguer avec ritesse au milieu des ondes citées, et trarerser même des bras de mer étendus. D'ailleurs, ne pourrait-on pas dire gne le moule des grandes espèces est plus urme, moins soumis aux influences de la nourriture et du climat? Les petites espèces ont pu être aisément altérées dans leurs proportions, dans la forme ou le nombre de leurs écailles, dans la teinte ou la distributioD de leurs couleurs, de manière à ne plus présenter aucune image de leur origine; les changements qu'elles auront éprouvés n'auront point porté uniquement sur la surface; ils auront pénétré, pour ainsi dire, dans uu intérieur peu susceptible de résistance; toutes ces variations auront influé sur leurs habitudes, et ne pouvant pas opposer de grandes forces aux accidents de toute espèce, non plus qu'aux vicissitudes de l'atmosphère, leurs mcBurs auront changé de plus en plus, et tout aura si fort varié dans ces petits animaui, que bientôt ces diverses races sorties d'une souche commune, n'auront pas présenté assez de ressemblances pour constituer une même espèce. Les grands Serpents, au contraire, peuvent bien offrir, sous les divers climats, quelques différences de couleurs ou d'habitudes qui marquent l'influence de la terre et de l'air, à laquelle aucun animal ne peut se soustraire; mais, plus indépendants des circonstances de lieux et de temps, plus constants dans leurs habitudes, plus inaltérables dans }eurs proportions, ils doivent présenter plus souvent, dans les pays les plus éloignés, le nombre et la nature de rapports qui constituent l'idf'ntité de l'espèce. Ce seront quelques-uns de ces grands Serpents, nageant à la surface de la mer, fuyant sur les eaux un ennemi trop à craindre pour eux, ou jetés au loin par les vagues agitées, élevant avec fierté leur tête au-dessus des flots, et se recourbant avec agilité en replis tortueux, qui auront fait dire du temps de Pline, ainsi que le rapporte ce grand naturaliste, qu*on avait TU des migrations par mer de Dragons ou grands Serpents partis d'Ethiopie, et ayant près de vingt coudées de longueur, et qui auront donné lieu aux divers récits semblables de plusieurs voyageurs modernes.

Mais il n'en est pas des Serpents comme des Quadrupèdes vivipares : moins parfaits que ces animaux, moins pourvus de sans, moins doués de chaleur et d'activité intérieure, plus rapprochés des Insectes, des Vers, des animaux les moins bien organisés, ils ne craignent point l'humidité lorsqu'elle est combinée avec la chaleur : elle semble même leur être alors très^vorable; et voilà pourquoi aucune espèce de Serpent ne parait avoir dégénéré en Amérique : on doit penser, d'après les récits des voyageurs, qu'elles n'ont rien perdu, dans ces i ays nouveaux, de leur grandeur ni de leur force; et même dans les terres i^s plus inondées de ce continent, les grands Serpents présentent une longueur peut-être plus considérable mie ihus les autres parties du Nouveau-Monde. Si l'humidité ne nuit pas aux diverses es-

DicnoNM. Di Zoologie. U.

pèces de Serpents, le défaut de chaleur leur est funeste; ce n'est qu'aux environs des contrées équatoriales, qu'on reocontre ces énormes reptiles, l'effroi des voyageurs; et lorsqu'on s avance vers les régions tempérées, et surtout vers les contrées froides, on ne trouve que de très-petites espèces de Serpents.

Tous les Serpents viennent d'un oeuf, ainsi que les Quadrupèdes ovipares, les oiseaux et les poissons ; mais, dans certaines espèces de ces Reptiles, les œufs éclosent dans le ventre de la mère ; et ce sont celles auxquelles on doit donner le nom de Vif)ire au lieu de celui de Ftvtpare, pour les distinguer des animaux vivipares proprements dits.

. Le nombre des œufs doit varier suivant les espèces. Nous ignorons s'il diminue en proportion de la grandeur des animaux, ainsi que dans les Oiseaux, et de même que le nombre des petits dans les QuadrupèJes vivipares. On a jusqu'à présent trop peu observé les mœurs des Reptiles pour qu'on puisse rien dire à ce suiet. L'on sait seulement qu'il y a des espèces de Vipères qui donnent le jour à plus de trente Vipereaux ; et l'on sait aussi que le nombre des œufs, dans certaines espèces de Serpents ovipares des contrées tempérées, va quelquefois jusqu'à treize.

Les (Bufs dans quelques espèces ne sortent pas Tun après l'autre immédiatement : la femelle parait avoir besoin de se reposer après la sortie de chaque œuf. U est même des espèces où cette sortie est assez difficile pour être lrès*douloureuse. Cne Couleuvre lemelle qu'un observateur avait trouvée, pondant ses œufe avec lenteur et beaucoup d'efforts, et qu'il aida à se débarrasser de son fardeau, paraissait recevoir ce secours, non-seulement sans peine, mais même avec un plaisir assez vif; et en frottant mollement le dessus de sa tête contre la main de lobservateur, elle semblait vouloir lui rendre de douces caresses pour son bienfait.

L'on ignore encore combien de jours s'écoulent, dans les diverses espèces, entre la ponte des œufs et le moment où le Serpenteau vient à la lumière. Ce temps doit être très-relatif à la chaleur du climat.

Les femelles ne couvent point leurs œufs; elles les abandonnent après la ponte ; elles les laissent quelquefois sur la terre nue, surtout dans les contrées très-chaudes; mais le plus souvent elles les couvrent cvec plus ou moins de soin, suivant que l'ardeur du soleil et celle de l'atmosphère sont plus ou moins vives ; certaines espèces qui habitent les contrées tempérées, les déposent dans des endroits remplis de végétaux en putréfaction et dont la lermentation produit une chaleur active.

Si l'on casse ces œufs avant que les petits soient éclos, on trouve le Serpenteau roulé en spirale. Il parait pendant Quelque temps immobile ; mais si le terme de sa sortie de l'œuf n'était pas bien éloigné, il ouvre la

Keule et aspire à plusieurs reprises l'air de Imosphère ; ses poumons se remplissent ;

iVX SER REPTILES, SER iS|

•t le jeu aUeraalif des inspirations et des embrasser étroitement ces inéfBes ot^; expiratioDs est pour lui aQ nouveau moteur

assez puissani pour qa'it s'agite, se déroule et comci^QQe à rMipe?.

I^oraque les petits Serpents soni éelos ou qu'ils s&m sortis tout fonnés du ventre de leur mère, ils traînent seuls leur frôle existence ; ila n'appreimeat de leur mère dout ils sont séparés, ui à distiugaier leur proie, ni à trouva «n abri ; ils sont réduits a Laur seul instia«4 ; aussi doit-il on périr beau- COUD avani qu'ils soient asso^ développés et qu'us aient acquis assez d'expérience pour se garantir des dangers. Et si nous voulons recnercher quelle peut être la force de cet iusiiaot; si nous examinons pour cela les s^)S dont les Serpents ont été pourvus, nous trouverons que celui de Tooie doit ôtre très-obtus dans ces animaux. Non-seuleluent ils sont privés d'une conque extérieure qui ramasse les rayona sonores, mais ils sont encore dépourvus d'une ouverture qui laisse parvenir librement ces mômes rayons jusqu'au tympan auquel ils ne peuvent aboutir quau travers d'écaillés assez fortes et serrées l'une contre l'autre. Leur odorat ne doit pas ôtre très-Sn, car l'ouverture de leurs narines est petite et environnée d'écaillés ; mais leurs yeux garnis, dans la plupart des espèces, d'une membrane clignotstfite oui les préserve de plusieurs accidents et des effets d'une lumière presque toujours trop vive dans les climats qu'ils habitent, sont ordinairement brillants et animés, trèsmobiles, très-saillants, placés de manière à recevoir l'image d'un espace étendu ; et la prunelle, pouvant aisément se dilater et se contracter, admet un grand nombre de rayons lumineux, ou arrête ceux qui nuiraient a ces organes. Leur vue doit doncôlre et est en effet très-perçante. Leur goût peut d'ailleurs ôtre assez actif, leur langue étint déliée et fendue de manière à se coller aisément contre les corps savoureux (1) ; leur toucher môme doit ôtre assez fort; ils ne peuvent pas, à là vérité, appliquer immédiatement aux différentt's surfdCts la partie sensible de leur corps; ils ne peuvent recevoir parle tact 'impression des objets qui les environnent, qu'au travers des dures écailles qui les revotent; ils n'ont point démembres divisés en plusieurs parties, des mains, des pieds, des doigts séparés les uns des autres, pour

(I) Elle est ordinairemeot étroite, mince, déliée, et compesée de deax corps longs et ronds, réunis ensemble dan» les deui tiers de leur longueur. PHne a écrit qu^leéuit feudue en trois; elle peut le paraître lorsaoe le Serpent Taglie vivement, mais diie ne Test réeUeinent qu'en deux. (Pline, liv. «. chap. 65.) Dans la plupart des espèces, elle est renfermée presque en entier dans un fourreau, d'où fauimal peut la faire sortir en rallongeant; il peut même la darder hors de sa gueule sans remuer ses mâchoires et •an» les séparer Tone de Taotre. la mâchoire supérievre ayant; au-dessous du mnseau, une petite éehracrure par où la langue peut passer, et pur où, eu effet , oa voit souvent, déborder les deux pointes de cei organe, même dans l'étal de repot» tUi Serpeiît.

mais comme ils peuvent former bcilenîtai plusieurs replii autour de ceux <}u*il8 saj. sissont ; qu'ils les touchent, pour ainsi en, par une sorte de main coDMosie d'ttMaBi de parties qu'il y a d'écaillés oafis la dassoas de leur corps» et qu« |>af \h ihisis^mt un toucher plus parfisil que celui de beaicoup d'animaux , et particuliàreneBl éa Quadrupèdes ovipares, nous peosoofl ftUi sont plus sensibles que ces denuarset quîs ne le cèdent en activité intérieu/e guW Quadrupèdes vivipares et aux oi06a]n.ft'a^ leurs riiabitude a'exécuter avee beiiîléès mouvements agiles ei de s'élanoer im »

pidité à d'assez grandes distances, oe doielle pas leur faire éprouver daas un teaps très-court un. grand nombre de seosiiioM

3ui remontent, pour ainsi (tire, I«6 ressans e leur machine, qoulent à bar chaleur uh térietu^e, augmentent leur sensifaitiié 8t ^ conséa lient leur instinct? La patieooerw laquelle il& savent attendre paid«( li^ longtemps, dans une immobilité prfifuca^ solube, le moment Vie se jetep sur hr proie, la colère qu'ils paraissent éprovt W»qu'on les attaque, leur fietté lenqulbie redressent vers ceux qui s*oppoieot ï \m passage, la hardiesse avec laquelle à lib cent môme contre les ennemis «li leur «t supérieurs» teur £ureur lorsqu'ils se pnapitent sur ceux qai les troublant dans leio combats ou dans leurs amours, leor ae&vnement lorsqu'ils défendent leur femelle, )i vivacité du sentiment qui semble les aaiQtf dans teur uniou avec elle, ae proutenHis

f»as, en effet, la supériorité de bar seBoiitité sur celie de tous les animaai^ excellé les oiseaux, et les Quadrupèdes fiTipiresî Non- seulement plusieurs espèces de Se^

Eents vivent tranquillement auprès des hiitations de l'homme, entrent Cuniiiènaeoi dans ses demeures, s y établissent mèoe quelquefois et les délivrent d animaux msibles et {lartiouLièrcment d'Insectes m\ixr sants; mais Ton a vu des Serpents rédoilsl une vraie domesticité, donner à leurs autres des ^nes d'attachement sopériwrs i tous ceirx qu'on a remarquai dans plasiears espèces d'oiseaux et même de Quadrupè<)^ et ne le oéder en quelque sorte, par leur idéiité, qu'à l'animal mémo qui ea «srk synbole.

il en est des Serpents oonune deplusairt autres ordres d'animaux : ceux quisoottrègrands sont rarement plusieurs emsoittleill leur faut tro[> de place pour se moaToir. trop d'espace pour chasser; doués de plo^ de force et d'armes plus puissantes, \\s^ vent s inspirer mutueilenieatphisdeerssl^ Mais ceux qui ne uanrieflneflt pas i «J longueur très-considérable, et qui n*«^ dent pas sept ou huit pieds de loof, ^ tent souvent en très^^rand nombi^i ^ seulement sur le même rivage ou Mj^ même forôt, suivant qu'ils se uuanisfit" d'aniittaux aquatiques, ou de oaut du l^!^ mais dans le même asile soutevram; (^ dans des cavernes [nroibndus (]uuul^^

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POISSONS, ETC

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e ijnetqitefbis énlnssés, poursinsi dire, Ds contrff l'ps autres", répli<Ss, et entre-

« uDs'cont

jr*s de telle sorW qu'on' Croirait voir des ¥r]ients i' plusieurs fftles, Lorsqfu'on parient dans ces antres létii'bpeuT, on' n en- Mid (Talioi'rfque' le petit bru^t qu'ils peu- ■pnt ftire atf (iiiliou aes feuilles sèches, ou ur le grsYi^r en se [bumniiret en seretourlanl, piict qUë Atiturellenïertr paisibles ursqu'on ne les attaque point, iW rte cher^ heol alors ^ifi se cacher davantage, oii oQtinuenf Sans Créinle leurs mouvements ccontumés; maïs si ort' les effraye ou Ibs rritepar un séjour tt-op long dans leiips re- «im, oà enleiid «Atouf de soî' Murï sHReaenlï aigus; et si Ton peut dptircevoir les bJEls i raide de laf fliible cïérti (faX- parient Ans la, cayeTne; on voit un grntirt lofflbpe (fc' têtes su dt-esser au-dessiis de lusieurs coi'ps écailleu'x enlOrtillés et pre?fe les Uns contre les autres, et tous Ites rrpeots ftire briller leurs yeux' et agiter tpc ïiresse teil^* langue' iéme.

Jeffe est l'espèce *j société dont ces aninaot sont susceptibles; mais, dépourvus de nains et de pieds, ne pouvant rien porter in'^edlourgucule.il^ sont* plusieurs ensemble»ns(]ue leur uniopproduiscjatunis aucun mmge combiné, sms que leurs efforts papicaliers Icndétil & un résultat commun, sans in'ils therciiéul à rendre hur retraite plus omajodcjet peut-être est-ce par utje suite Ifw iléfflUt de concert dans leurs mouveuenls, qu'on no les voit point se réunir contre Mi'iiricQiis qui les attaquent, ni chiisser en unimun une proie dont ils viendraient plus isémeni'à bout par le nouibi'c.

Us iiprouvent, (Pendant l'Itiver'des lalUudbs \tih>s, un engourdissement' plus on illoius rofoud et plus ou moins long, sUix-ïiot la biieuretladurtîcdufVoid :cene sont guéfe 'le les petites espèces qui tombent ilnUs •Ile loi^îeur, parce que lus très-p-ands Serrais ment' dans la zone torridc où' les lisuns ne sont jamais assoz fh)ides pour iminuer leur mouvement vital, au poinf de s engourdir.

Ils sortent de leur sommeil ahritlel, loi^iië s preuiiers jours chauds du printemps se mt ressentir ; mais ce qui peut paraître sinilipr, c'est, qu'ainsi que les Quadrupèdes 'ipares, et presque tous les aniiiiaui qui issenl le temps du ft-oid dans un état de 'peur, ils se réveillent de leur sommeil hiver lorsque la température est ertfcorc oins chaudfe que celle qui n'a pas suffi, '■n la' fin dé 1 automne, pour les teOth en 'livitg. On a observé que ces divers ani- ■ux se retiraient sou venfpendant rautom'io "is tenrs asiles d'hiver et s'y engourdrsl'L'nt i une lemnéralUre éi;alc h celle qui ï ranimait au printfmpSL D'où vient di.nc !lie dilTéi'ence d effets de la chnieur du jirin- 'iiips et de cellt; do l'automne? Pourquoi, îfs la fip de l'hiver, le mémo degrO de cliaur jiroduit-il un plus haut dc^ré d'activité ins les anioiifuxT C'est que la chaleur ju ■i'item|is n'est pouit le seul at;eiil qui raliue alui'S cl luetle -n mouvemeni lesani-

miiix engourdis. Dans cette saison , nonseulement l'atmosphère commence il ôtre pénétrée dy chaleur, iliais encore elle se remplit d'une graïide quantité de fluide électrique qui se dissipe arec les orages de l'été; et voilà pourqùt)i on n'âniend jamais, pendant l'automne, ue'aUs^i grand nombre d'ora^s ni des eoups de tonnerre aussi violents, quoique quelquefois la chaleur de ces deux saisons soit égale. <'e feu électrique est uti de.s gt-ands agents dont se sert fa Qaturo pour animer les êtres vivants r il n'est donc pas surprenant q«è toi'squ'il abonde dans l^tmosphère, les animaux, déj!t mus par celte cause puissante, n'aient besoin, pour reprendre tous leurs mouvements, que d'une chaleur égale & celle qui les laisserait dans leur état de torpeur si elle agissait seule. La ptupiul des animaux qui ont assez de chaleur intérieure pour ne pas s'engourdir, et l'homme même, éprouvent cette différence d'action de la chaleur du printemps et de celle de l'automne ; it^ ont, tout égal d'ailleurs, bien plus de force vitale et d'activité intérieure dans le comiiienceiiienl du printemps, qu'i rajtprorhé do l'hiver, parce qu'ils sont également susceptibles d'être plus ou moins animés par le fluide électrioue dont l'action est bien moins forte danS l'automne qu'au pribttîmps.

Quelque temps après que les Serpents sorti sortis di' leur lorj)eur, ils se d^ouiilenl, comme les Quadrupèdes ovijiares, et revêlbrit une peau nouvelle ; ils se tiennent' de méitie plus ou moittscachfïs pendant que cette nouvelle peau n'est pa.s encore endurcie; mais le temps de' leur dépouillement doit Varier suivant les espèces^ )a température du climat et celle i!e la saison. C'est' même dans Ifes Serpents que les'ancicns Ont princi|ialemcr)t observé le dépoilillement annuel, et comme leur imaginatioirrianle et fécor^e se plbisait à tout embellir, ils oiit regniilé eetie opération comme une sorte de rajeunissement, comme le sigoe d'une nouvelle existence, comme un dépouillémeni de la vieillesse, et une réparation de tous les effets de l'ôgej'ils ont consacré cette idée par ptusieUi"S prO* verbes, et supposant que le Serpent repreiSait,chaqueaniiée,des forces nouvelles évec sa nluvcile narui c. qu'il jouissait d'uiic jeunesse Ljui s'elbndait autant que sa vie, et que cette vie elle-même était très-loDgûb, il* se sont déterminés d'autant plus ais'émeHl' a lé regarder comme le symbole de TéterniIP, uiie plusieurs de leurs idées astrohomUjlies et religieuses se liaient avec ces idées physiques.

Oh' ignore, dans le 1 gueur de la vie des S' qu'elle varie suivant I c^t li'aijtant jilus con; vicnn! ut à deplusn;rn!

on n'a point à ce sujel ses et suivies. Et eom avoir? La cofiformati Ri jttiles est trop sim| pour qu'oii ail pu s'a;

.-ieuis fois le même ii __

ou dans les autres endroits où ils viveni en

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REPTILES'

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liberté ; et d'au eurs , les grands Serpents ont toujours inspiré trop de crainte pour qu'on ait osé essayer de 'les observer avec assiduité ; les moins grands ont été aussi Fobjet d'une grande frayeur, ou leur petitesse , ainsi que la nature de leurs retraites , les ont dérobés aux regards de ceux qui auraient voulu étudier leurs habitudes. Mais si nous manquons de faits positifs et de preuves directes à ce sujet, nous pouvons présumer , par analogie, au'eu général , leur vie comprend un grand nombre d'années. Les Quadrupèdes ovipares, avec lesquels ils ont de très-grands rapports, tant par leur conformation intérieure, la température de leur sang, le peu de solidité de leurs os, leurs écailles, etc., que par leurs habitudes, leur enf;ourdi8semenl périodique, et leur dépouilement annuel, jouissent en général d'une vie assez longue. Les très-grandes espèces de Serpent doivent donc vivre très-longtemps. Si nous les comparons en effet avec les Crocodiles, qui ne parviennent de la longueur de quelques pouces à celle de vingtcinq ou trente pieds qu'au bout de trente ans, nous trouverons que les Serpents, dont la grandeur excède quelquefois quarante pieds, ne doivent y parvenir au*au bout d'un temps pour le moins aussi long. Ces énormes Serpents sortent en effet d'un œuf, comme les Crocodiles; leurs œufs sont à peu Srès. de la même grosseur que ceux de ces erniers animaux, et le fœtus ne doit guère avoir plus de deux pieds de long lorsqu'il éclot, a quelque espèce démesurée qu'il appartienne. Lacépède a vu et mesuré de jeunes Serpents, évidemment de la môme espèce que ceux qui parviennent à trente ou Quarante pieds de long, et leur longueur n'était Sp'environ de trois pieds, quoique leur conormation et la position de leurs diverses écailles annonçassent qu'ils étaient sortis de leur œuf depuis quelque temps lorsqu'ils avaient été tués. Mais si ces grands Serpents ont besoin au moins du même temps que les Crocodiles pour atteindre à leur entier développement, ne doit-on pas supposer que leur vie est aussi longue f

Sa durée serait bien plus considérable , ainsi que celle de presque tous les animaux qui vivent .dans 1 état sauvage , et qui ne reçoivent de l'homme ni abri, ni nourriture, s'ils pouvaient passer par un véritable état de Tieillesse, et si le commencement de leur dépérissement n'était pas presque toujours le terme de leur vie. Presque aucun des animaux oui sont dans le pur état de nature , ne prolonge son existence au delà du moment où ses forces commencent à s'affaiblir. Cette époque, qui, dans l'homme placé au milieu de la société, n'indique tout au plus

3ue les deux tiers de sa vie, marque la fin e celle de l'animal sauvaee. Dès le moment que sa vigueur diminue, il ne peut ni atteinare à la course les animaux do:it il se nourrit, ni supporter la fatigue d'une longue recherche pour se procurer les aliments qui lui conviennent, ni échapper par la fuite Mit ennemis qui le poursuivent, ni atta-

quer ou se défendre avec des armes supérieures ou égales. Dès lors ajant moins de ressources, lorsqu'il aurait besoin depjm de secours ; exposé à plus de dangers, lorsqu'il a moins de puissance et de l^èmé pour s'en garantir ; manquant plus scafeot d'aliments, lorsqu'il lui est plus nécessaire de réparer des lorces qui s'épuisent plus vite, sa faiblesse va toujours en augmeolant; la vieillesse n'est pour lui qu'un insUot très -court, auquel succède une décrépita.4 dont tous les degrés se suivent avec rapidité; bientôt, retiré dans son asile, oùmèaie auelquefois il a bien de la peine à se Iraioer, meurt de dépérissement et de faim, ooest dévoré par des animaux plus vigoureux qae lui. Et voilà pourquoi l'on ne rencoolre presque jamais d'animal saovaçe arec h signes de la caducité ; il en serait de mkx de l'homme qui vivrait seul dans ieiérh table état de nature ; sa vie se tenDioeraK toujours au moment où elle commeocerait à s'affaiblir ; la société seule, en lui fournissant les secours, les abris, les ëm aliments, a prolongé des jours qiuD^peo' vent se soutenir que par ces f oites élraDgères; l'intelligence humaine a doublé^poor ainsi dire, la vie que la nature ii»Ikcordée à l'homme; et si les prodaiui« cette intelligence, si les résultats de la société, si les arts de toute espèce ont aiDeoe les excès qui diminuent les sources àt l'existence, ils ont créé ces secours poissants qui empêchent qu'elles ne tansseol presque au moment où elles commeDceQU

par tous les oiens qu us lui procureot, ne lui en ont ôté, par les maux qu*lis eotraînent. Les animaux élevés en domesticité, jouissant des mêmes abris, et trouvaitt toujours à leur portée la nourriture qui lear convient , parviendraient presque Ions, comme Thomme, à une longue lieillesse; ils recevraient ce bienfait de nos arts, eo dédommagement de la liberté qui leur esi ravie, si l'intérêt qui les élève ne les abandonnait dès que leurs forces affaibli^ et leurs qualités diminuées les rendent iflotiles à nos jouissances.

Lorsque de très-grands Serpents sool encore éloignés de leur courte vieillesse, lorsqu'ils jouissent de toute leur activité et de toutes leurs forces, ils doivent les entretenir par une grande quantité de uourriluf^ substantielle ; aussi ne se contenteot-ils pss de brouter Therbe, ou de mangor desgraioeJ et des fruits, ils dévorent les animaui qu us peuvent saisir ; et comme, dans la plop^ des Serpenta, la digestion esttrèsJouguetei

3 ue leurs alimentsdfemeureottrès-lonçteDjps ans leur corps, les substances mm^ qu'ils avalent, et qui sont trè^ susceptihtede putréfaction, s'y décomposent et s'/ cc^ rompent au point de répandre l'odeur »

plus fétide. Il est arrivé à plusieurs WJ»geurs, et particulièrement à M, de La Borde,

Îui avaient ouvert le corps d'un Serpeflj 'être comme suffoqués par l'odeur foft«^

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puante qui sVxhalait des restes d aliments que Tanimal araît encore dans les intestins. <IetC6 odeur vive pénètre le corps du Serpent, et, se faisant sentir de très^oin, aniHMice à une assez grande distance rapproche da Reptile. Fortidiée dans plusieurs espèces, par celle qu'eihalent des glandes particulières, elle sort, pour ainsi dire, par tous les pores, Diais.se répand surtout parla gueule de ranimai ; elle est produite par un grand yohune de miasmes corrupteurs et de Tapeurs méphitiques, qui, s'étendant jusqu'à la Tic-^ UiAe que le Serpent Teut dévorer, Tinvestit,' la sufiToque, ou, ajoutant à la frayeur au*inspire la présence du Reptile, Tenirre, lui ôte l'usage de ses membres, suspend ses mou- Tements. anéantit ses forces, la plonge dans une sorte d'abattement, et la livre sans défense à l'animal vorace et carnassier.

Cette vapeur putride, qui produit des effets si funestes sur les animaux qui y sont exposés, et qui a donné lieu à tant de contes bigarres et absurdes, forme une sorte d'atmosphère empestée au tour de presque tous les grands Reptiles, soit qu'ils aient du venin, ou qu'ils n'en soient pas infectés ; et elle ne doit être presque jamais rapportée à la nature de ce poison, qui, malgré son activité, ne répand pas souvent une odeur sensible, même lorson'il est mortel.

Pline rapporte , d après Métrodore , qne c'est au moyen d'une vapeur nauséabonde exhalée par ces Reptiles qu'ils frappent leur proie d'une sorte d'asphyxie. Cette opinion semble se confirmer par la facilité avec laquelle les sauvages reconnaissent par l'odorat setil la présence de Serpents dans les savanes. Pierre Kalm nous assure que, regardés fixement par un Serpent qui sifBe en dardant sa langje fourchue hors de sa gueule béante , des Ecureuils sont comme contraints de tomber du haut d'un arbre dans la goi^e du Reptile qui les engloutit. Plusieurs voyageurs rapportent des récits semblables ; ils prétendent qu'à l'aspect des Serpents , des Lièvres , des Rats ^ des Grenouilles, etc., semblent pétrifiés de terretir, et, loin de chercher à fuir, se précipitent au contraire au-devant du sort qui les attend , et entrent d'eux-mêmes dans la gueule du Reptile. Des exemples de ce pouvoir stupéfiant du Serpent sur lui-même sont rapportés par le major Alexandre Garden, qui attribue une grande influence à la terreur qu'inspirent ces Reptiles et aux émanations narcotiques qui s'échappent de leur corps , sinon constamment , du moins à certaines époques. Beaucoup de naturalistes se sont occupés de cette propriété de fascination attribuée aux Serpents : malgré les coniectures émises sur cette matière par HansSIoane, malgré les nombreuses observations de Pierre Kalm, de Lewsau, de Catesbv , de Brickel , de Colden , de Berwerley , de Bancroft , de Bartram, de Smith Barton, d'Alexandre Gardeo, etc., ce sujet dans la discussion duquel Stedmann , Vosmaër, Pennant , etc., se sont déclarés pour La négative , a été l'occasion de nombreuses contestations, et il est encore

assez obscur. Du reste, tous les animaux ne sont pas soumis au pouvoir fasdnateur des Serpents; les Cochons, bien loin de fuir les Serpents h sonnettes , les recherchent au contraire pour s'en nourrir : quelques faibles oiseaux livrent quelquefois bataille aux redoutables Crotales.

Lorsque les Serpents se sont précipités sur les animaux dont ils se noumssent , ils les retiennent en se roulant plusieurs fois autour d'eux, et en les serrant dans leurs nombreuX'replis ; ils lés dévorent alors, et ce qui sert à expliquer comment ils avalent des Tolumes très-considérables, c'est que leurs deux mâchoires sont articulées ensemble de manière à pouvoir se séparer l'une de l'autre, et s'écarter autant que la peau de la tête peut le permettre ; cette peau obéissant avec facilité aux eCTorts de l'animal , et les deux os oui forment les deux côtés de chaque mâcQoire n'étant réunis vers le museau que par des ligaments qui se prêtent plus ou moins à leur séparation, il n'est pas surprenant que la gueule des Serpents devienne une large ouverture par laquelle ils peuvent engloutir des corps très-gros. D'ailleurs, comme ils commencent par briser au milieu de leurs contours les os des animaux, et les autres substances très-dures, qu'ils veulent avaler; comme ils s'aident, pour y parvenir plus facilement, des arbres, des grosses pierres et de tous les corps très-résistants oui peuvent être à leur portée ; comme ils les enveloppent dans les mêmes replis que leurs victimes, et qu'ils s'en servent comme d'autant de leviers pour les écraser, il est encore moins étonnant que les aliments, étant broyés de manière à oéder aux différentes pressions, et étant enduits de leur bave et d'une liqueur qui les rend plus souples et plus gluants , puissent entrer en grande masse dans leur gueule très-élargie ; ils serrent même souvent leur proie avec tant de force et de promptitude, que non-seulement ils la compriment, la brisent et la concassent, mais la coupent comme le fer le plus tranchant.

Les anciens connaissaient cette manière d'attaquer qu'emploient presque tous les Ser>

tents , et surtout les très-grandes espèces, line a écrit même oue lorsque ces énormes Reptiles avaient avalé quelque grand animal, et, par exemple, une brebis, ils s'efforçaient de le briser en se roulant en plusieurs sens et en comprimant ainsi avec force les os et les différentes parties de l'animal qu'ils avaient dévoré.

Leurs aliments étant triturés et préparés, avant de parvenir dans leur estomac, il est facile de voir qu'ils doivent être aisément digérés, d'autant plus que leurs sucs digestifs Paraissent très-abondants, leur vésicule du el, par exemple, étant en général très-grande en proportiof^ des autres parties de leur corps.

La masse des aliments qu'ils avalent^ est quelquefois si grosse, relativement h l'ouverture de leur gosier, aue , malgré tous leurs efforts, l'écartement de leurs mâchoi-

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res et l'extension de leur peau, leur proie ne peut entrex qu'à deim dans leur estomac. Etendus alors dan^ Jeur retraite, Us sonjl obligés d'attéûdre que la partie qu'ils ont de^à avalée soLt digérée , of, qu'iU puissent de nouveau écrajser , tro} er, euduir.e et préparer les portions tjap grosses ^ et ou o^ doit pas être étonné qu'jJs ,0,6 çoieOit cependant pas étou^és par catte niasse d'aliments (jul remnlit J^ir gosier et y interdit toui ns^ssaue | Tair; leur trachée-artère par où l'air de J'atmo^^^re parvient à leurs poumons (^ s'èlen^ jusqu'au-dessus du fourreau qui eûv.eloppe leur l^o^oe ; eJje s'avance daps leur bouclie de manière qijie son ou^ vértiire fl,e soU pas obstruée par un volunje d'aliments suflisaat néanmoins pour remplir toute la capacité du gosier, et y^r ne cesse é^ péiiétrer plus ou moins ^ibre^eat dans leurs poumons jusqu'à ce que presque toulos7es portioi)sdes animaux qu ils ont saisis soient ramp/ljes, mêlées avec les sucs digestjjs, triturées, etc. Quelques pÇorts qu'ils fasseUjt cependant pour briser e^ concasser les os, ainsi que pour ramollir les chairs et les ep4uire (Jle leur bave, il y a ci^naines parties, telles, par exemple, q^e les plumes des oiseaux, qu ils no peuvent poinl oi^ presque poiul digérer, et qu'ils rejettent presque toujours.

Lpr^ue le^r digestion est achevée, ils reprennent une activité d'autant plus grande, que leurs forces ont été plus renouvelées, et pQur peu surtout qu*i)s ressentent alors de nouveau l'aiguillon de la faim, ils redeviennent très-dangereux pour lesanjraauj pjus Ij^ibies qu^eu§h ou ^loins bien armés, lis préludent pfésqi^e toujàurs aux icon^^ts qu'ils livrent, par des siiOemenfs plus ou moins forts, i^eùr langue f^tan^ très-dCHée et4rèsfendiie, et ce§ animaux )a )ançaQi en d«^prs lorsqu'ils veulent faire entendre qa^lque^ sons, leurs cris doivent toujours ^tre ingditiés en sifflements ; ei il est à remarquer que ces sifflements plus ou moins aigus ne paraissent pas être, comme les cris de plusieurs Q iadrupedes ou le chant de plusieurs oiseaux, une sorle de langage qui exprime les sensations douces aussi bien que les afl'cclion'^ terribles; ils n'annoncent dans les Krands 8(îrpenls que le besoin exlrôipe, ou celui (Je l'amour ou celui de la faim. On dirait qu'aucune alTection paisible ne les émeut assez vivement pour qu'ils |a manifestent par lorganede la voix ; presque tous les animaux de proie, tant 4© Tajr que de la terre, les Aigles, les Vautours, les Tigres, les Léopards, îes Panthères, ne font également entendre leurs cris ou leurs hurlements que lorsque leurs chasses commencent ou q.i'ils se livrent des combats à mort pour Ja libre possession de leurs femelles. Jamais on ne les a entendus, comme plusieurs de nos ani-

(i) U n'y a point d'ëpiglotte pour fermer l'ouverture de la trachée; celle ouverture ne consiste comluiinomenl que dans une £enle très-ëiroifa, et voilà poin(j»oi les Serpents ne peuvent faire entendre que (les silQements.

maux domestiques, et la plupart desoiseam chanteurs, radoucir, en Quelque sortMts sons qu'ils peuvent proférer , et exprimer par une sui^ d'accenls j^ns ou iomè imquilles, une joie paisÀbJe, uoe jouissance douce, eX, pour ainsi dire, \m ^ sir innocent ; leur langage ne ^ipifie ^ maijS que colère ei fureur ;\Q\xn (Am^ut sont que des bruits de guerre ; -elb nW noucent que le désir (ie siùsii* u^e proie, d d'immoler un ennemi, ou ne «pt que impression terrible de 1^ doulûi»r aiguë qui éprouvent, Jorsaue jlour force jtra^pée o'i jm Jes garantir 4e blessures ci^elles,oileor conserver la femelle verslaq^lleii^éUieot entraînés par une puissance irrésislible.

Si les siiilemeats des très-grands Seiî)ei}ts étaient entendus de loin, comme les cnsdë Tigres, des aigles, des Vautours, etc., ils serviraient à garanJJx de l'approche (bj^^ reuse de ces énornies Mej^tiles ; mais ilssoci bien moins forts quie Jes rugi&s^MU 4es grands Quadri^ièdes carnassiers elde^dittvii de proie, ^a masse ^ule 4e ce$ ^9éf i^ pents les jfSkhit el \j^ e^npédie è ck^ leur pou^&uite ; on s aperçoit fadiw&cfil fc leur approche, dans les endroUs qùatMOl

{)as couverts 4e bois, par le aiouveiD«oi4(â lautes herbes qui s'agitenit et le cmM sous leur poids ; ei> oa les v<Ht ^p^iquel^ quefois de jbin repliés sur eu(-a)^.ei p^ésentaAt aios^ on cercle assez viste d assez élevé.

Soit qu'Us reGherchent najturelleifieBllltQmidilé ou que J'expérience leur ait appris qaie le hprd des eauf, dans les «OHlrée^ lurri^&pj éjtait jtoiû^iirs A^équenté par les lomaux don.t il^ fy^i leur proie* et qâ% pesyent y trouyei* ^ abondance, et saBsli

freine de la recjiiere^ , raliment quils préérept, a'e^ aupriès 4e^ mares, des footilDW, Q^ ^ bPÎ*4s iq/es fleuves qu'ils choisisseot lei^r repa^^e. lu'esjt là que, sous le soleil ar* dep^ 4es coflitréei équatoriajes, et, pares»pje , au pii^ea des déserts sabloaneui de l'Afrique , ils a^^^deiU que la chalear du mi4i amènç i^n bord des eaux les Gazelles. les Antilopes, les Chevro^, qui,cûosufliés par la soijf; çicédés de âttigue et souvent de disette, a4 ^ujieu de ces terres desséchées et dépouillées de verdure, Tîeaoeni leur livrer un.e proie lacjle h riilDore. Les Tigres et l^ dujlres aoimaux, taràisaliM d'eau qi^B 4^ sang, viennent aussi nr ^ rives, plutôi pour y saisir leufs victimes q» pour y é.t^cher leur soit Aitaoués soareot par les énormes Serpents, ils les attaqofflt eux-mêmes. iCes} surtout au moaienl oùii phaieur (Je pij^ c^n4rées est wndcte iJos ét^ vorante par J'approche 4*un onge qn\ wl briller les^udresjeienten<i|recesaifreuif^ lements, e( où l'action du Ouide éleclrnjaf répandu dans | atmosphère, doone, en qtjNque sorte^une nouvelle vie aux Reptiks»*!"'*' tourmentes par une faim «xtréiutsaoi|D^'''^f toute l'arcjeur d'un sabla brûlant et d'un -^^fj <|ui parait ^'allumer, environnés de feu f^** lançant, pour ainsi dire, eux-ifléwe* I* leurs yeux étincelants, le Serpent et teTif*

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se disputent ^vec plus d'acharDement Temmt (te ee$ bords si sonvent ensanglanlr^s. bfs Tomeurs disent aroîr to ce spectacle terrible ; «s ont vu un Tigre furieux, el dont les rugissements posaient au loin Tépoutante, saisir avec ses griffes, déchirer avec »e^ dents, Taire couler le sang d*un Serpent démesuré, qui, roulant son corps gigantes- (|uc, et sifflant de douleur et de rage, serrait le Tigre daiàs ses contours multipliés , le couvrait de son ècutne rongie, IMtouffait sous son poids, et feisait craquer ses os au milieu Je tous ses ressorts tendus avec force; les efforts du Tigre furent vains , ses armes fbrent impuissantes , et il expira au milieu des replis de Ténorme Reptile qui le tenait enchalâé.

El que Ton ne soit pas étonné de la grande puissance des Serpents. Si les animaux carnassiers ont tant de force dans leurs mâchoires, oïioique la longueur de ces mâchoires nVxcè«!e gnère un pied , et qu'ils a'agissent que paf ce levier unique , quels effets ne doivent pas produire, dans les Serpents, un très-grand nombre de leviers composés des os, des vertèbres el des côtes , el qui , par Tarliculation de ces mêmes V(»rtèbres, peuvent s^appliquer avec facilité aux corps que les Sfeirpenls veulent saisir et émet.

Après avoir parîé de l'action que les Serpents exercent sur les animaux, disons maintenant qaelques mots de Tiiiâuence de rbomme sur ces Rei>tile5. Pline et Ëlien nous rapportent que, dès les temps lesplusanciens, esMarses, les Psylles, les Ophioïdes , et [uelques autres peuplades de l'Arabie, savaient charmer les Serpents, s'en faire obéir, it les manier sans être exposés à. s'en faire nonire. Boempser» ainsi qu'une foule d'aures Tojrageurs, nous racontent que les Inliées dressent certaines espèces de Seroents I une daftse particulière, et quils les nabiuent è se mouvoir suivant le rhythme d'une hanson. Les voyageurs disent que les bâteeursquî inanient les Serpents se munissent l'une racine qu'ils assurent être un préseratif du venin : ou a préconisé plusieurs ra* iees comme pouvant guérir des qaorsures ; elles sont les racines du Polygaia imega^ ^VOpkifxhita munfoêy et la Livèche, Limtticnm /m^rttfum. Il paratt que la musique îierce une grande influence sur les Serments; ainsi , M. de Chateaubriand rapporte voir vu au bord de la rivière de Génésie, (aas le t^aut Canada, un indigène apaiser la olèred'un Serpent à sonnettes, à Taide des onsquMI tirait de sa flûte, et même de se aire suivre par lui, aans avoir recours à lUcun autre moyen, (^'oy. article Crotale.)

M. Isidore GeolïVoy Saint-Hilaire a consi- ;né, dans la partie erpétologique du Voyage 'D Egypte , quelques faits sur le smet oui lous occupe, el nous en extrayons les aéails suivants : Les bateleurs du Caire se itTvenl, dans leurs exercices, de plusieurs >er()ents qu'ils savent bien apprivoiser; tels 'Ont les Scylales, et surtout une espèce plus etioulée encore, le fameux Aspic de l'anti-

auité, aujourd'hui connu sous le nom d'Bajé. Après avoir arraché les crochets venimeux de riajé, les Psylles modernes savent le dresser à un grand nombre de tours plus ou moins singuliers : ils peuvent , comme ils le disent, changer VHajé en bâton, et VohUger à contrefaire te mort. Pour produire cet effet, ils lui crachent dans là gueule, le contraignent îi la fermer, le couchent par terre , puis, comme pour lui donner un dernier avis, lui appuient la main sur la tête, et aussitôt te Sernent tombe dans une sorte de catalepsie. M. Etienne Geoflroy-Saint-Hilaire, plusieurs fois témoin de celle expérience remarquable, crut s'apercevoir que, de toutes les actions qui composent la pratique des bateleurs égyptiens, une seule était efUcace pour la production du sommeil, el il en acquit bientôt la conviction; car, ayant luimême appuyé un peu fortement le doigt sur la tête de TÉajé, if vit aussitôt se manifester tous les phénomènes, suite ordinaire de la pratique mystérieuse des Psylles modernes. A la force et à l'adresse, les Serpents réunissent un nouvel avantage; on ne peut leur ôler la vie que diflicilement, ainsi qu'aux Quadrupèdes ovipares, et ils peuvent, sans en périr, perdre me portion oe leuraueue,

2ui repousse presaue toujours loî*squelle a té coupée. Mais ce n'est pas seulement par des blessures qu'il est diflScile de les faire mourir; on ne peut y parvenir qu'avec peine par une privation absolue de nourriture, puisqu'ils vivent plusieurs mois sans kuanger; et même il leur reste encore quelque sensibilité lorsqu'ils ont été privés penaant longtemps et presque entièrement de Tair qui leur est nécessaire poui^ respirer. Redi a fait des expériences è ce sujet; il a placé des Serpents dans le récipient d'une machine pneumatique, et après en avoir pompé presque tout l'air, il les è vus donner encore quelques lignes de vie au bout de près de vinçt-qualre heures. Cette ^expérience montre comment ils peuvent pai'venir à toul leur accroissement, jouir de toute leur force, et même choisir de préférence leur demeure au milieu des marais fangeux dont les exhalaisons empestées corrompent l'air, le rendent moins propre à la respiration, et produisent dans l'atmosphère Tenet d'un commencement de vide.

Quoique de tous les temps les Serpents , et surlout les très-grandes espèces, ainsi que celles qui sont venimeuses, aient dû inspirer une frayeur très-vive, leur forme remarquable et leurs habitudes singulières ont attiré sur eux assez d'attention |)Our qu'on ait reconnu leurs qualités principales. 11 paratt que les anciens connaissaient même, clés les temps les plus reculés, toutes les propriétés que nous venons d'exposer. Il faut qu'elles aient été observées dans ces temps antiques, dont il nous reste à peine quelques monuments imparfaits, et qui ont précédé les siècles nommés héroïques, où la plupart des idées religieuses des Egyplieus et des Grecs ont commencé à prendre ces formes brillantes qui ont fourni tant d'images à la poé*

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sie. Si nous ouvrons en effet les livres des premiers poëtes dont les ouvrages sont parvenus jusqu'à nous; si nous consultons les fastes de la Mythologie grecque; si nous rétinissons, sous un môme point de vue, les différentes parties de ces anciennes traditions, où le serpent est emplové comme emblème, nous trouverons que les anciens lui ont attribué, ainsi que nous, une grandeur très-considérable, qu'ils semblaient regarder comme dépendante du séjour de ce Reptile au milieu des endroits marécageux et humides, puisqu'ils ont supposé qu'à la suite du déluge de Deucalion, le limon de la terre engendra un énorme Serpent qu'Apollon tua de ses flèches, c'est-à-dire que le soleil fit

férir et dessécha par la chaleur de ses rayons. Is lui ont aussi donné la force, car en parlant du combat d'Achélous contre Hercule , ils ont supposé que le premier de ces deux demi-dieux avait revêtu la forme du Serpent pour vaincre plus aisément son redoutable adversaire. C'est son agilité et la promptitude de tous ses mouvements qui Vont fait choisir par les auteurs de la Mythologie égyptienne et grecque pour symbole de la vitesse du temps et de la rapidité avec la-

auelle les siècles roulent à la suite les uns es autres ; et voilà pourquoi ils l'ont donné pour emblème à Saturne, qui désigne ce temps; et voilà pourquoi encore ils l'ont représenté se mordant la queue, et formant ainsi un cercle parfait, pour peindre la succession infinie des siècles de siècles, pour exprimer cette durée éternelle dont chaque instant fuit avec tant de vitesse, et dont l'ensemble n'a ni commencement ni fin. C'est ainsi qu'il était figuré en argent, dans un des temples de Memphis, comme l'attestent les monuments échappés au ravage de ce même temps dont il était le symbole; et c'est encore ainsi qu'il était représenté autour de ces tableaux chronologiques oik divers hiéroglyphes retraçaient aux yeux des Mexicains, de ce premier peuple du Nouveau-Monde, ses années, ses mois et les divers événements qui en remplissaient le cours.

' Les anciens ne lui ont-ils pas aussi attribué l'instinct étendu que les voyageurs s'accordent à reconnaître dans cet être remarauable? ils ont ennobli, exast^ré cet instinct ; s l'ont décoré du nom d intelligence, de prévoyance, de divination (1) ; et voilà pour-

(i) Les habitants d'Argos vénéraient les Serpents. Les Athéniens disaient, suivant Hérodote, qu'on avait vu, dans le temple, un grand Serpent gardien et prolecteur de la citadelle; et même Jupiter était adoré sous la forme d'un Serpent dans plusieurs endroits de la Grèce.

Mais, pour a voir une idée plus précise des opinions des anciens touchant rintelligence, la vivacité et les autres qualités des Serpents, on peut consulter Plutarque, Eusébe, Shaw, et M. Savary. Les Egyptiens remployaient, dans leur langue symbolique, pour désigner le soleil; il représentait aussi, pour ce peu-

{de,le bon génie, la bonté suprême et infinie, dont e nom Cneph lui fut donné, suivant Eusébe ; et les Phéniciens le nommaient de même agathodaimon , bon génie. PluUrque , traité d7m ei d'Oiim. — Eusébe, Préparation évangélique^ Ut. iu, — Shaw,

Îuoi, placé autour do'miroir de la déesse deh rudence, il fut consacré à celle de la Santé, ainsi qu'à Esculape, adoré à Epidaure soos la forme d'un Serpent. N'ont-ils pas recouna sa longue vie lorsqu'ils ont feint que Cadmus et plusieurs autres héros avaient ëé métamorphosés en Serpents, comme pour désigner la durée de leur gloire ; et que, le choisissant |>our représenter les mânes de ce qui leur était cher, ils l'ont placé panoi les tombeaux? N'ont-ils pas fait allusion à Teffroi qu'il inspire, et principalement au poison mortel qu'il recèle quelquefois, lorsqu'ils l'ont donné aux Euménides,dont il entoure et hérisse la télé ; à l'Envie, dont il

t>ercele cœur; à la Discorde, dont il anoe es mains sanglantes l Et cef>endant, par uo certain contraste d'idées que loi) reoconlre presque toujours lorsgue les objets ont été examinés plusieurs fois et par divers jeai, n'ont-ils pas vu, dans le Serpent, cette bêdoté de couleur et ces proportions déliées quf* nous y ferons plus d'une fois remarguef? Ne lui ont-ils pas accordé la beauté, pais-

Zu'ils ont dit que Jupiter, qui, pour/)(ilrei éda, avait pris la forme élégante diCj^f, avait choisi celle du Serpent pour ém les faveurs d'une autre divinité ? Tonte^câ idées, répandues des contrées de l'Asie so^ ciennement peuplées (1), s'étendaot parai

ObiervaiioM géographiques iurUi Syrie, CE^upu^f^ tom. II. chap. 5. — M. Savary, LeitreênrCEfitu, tom. Il, pag. 112.

(1) Un roi de Galécut avait ordonné que cdii qn tuerait un Serpent sérail puni aussi ngoareuseneu que s*il avait tué un homme ; il regardait les Serpents comme descendus du ciel, comme dooés^TiiK puissance divine, et même comme des divinites puisqu'ils pouvaient donner la mort en ua insoot-

Des les temps les plus reculés, le Serpent i ^ aussi regardé par les Indiens comme le symbole de la sagesse; et leur reii{;îon ayait consacré cette i^-

€ Les Egyptiens peignaient un Serpeoii coi^^t dVcaiUes de diflérenies couleurs, roulé surlat-D^' Nous savons par Tinterprétation qu'Honis ApoUodooM des hiéroglyphes égypiiens, que, dans ce ^'^«J? écailles du Serpent désignaient les élotles da cieL On apprend encore par Clément Alexandrin qoe m peuples représentaient la marche oblique des istrct

{)ar les repUs tortueux d'un Serpent. Les Ep?***» es Perses, peignaient un homme no entoruHe 6u Serpent : sur les contours du Serpent <Miieiil àesêt nés les signes du zodiaque. (Test ce qu*oii veii t0 différents monuments antiques, et en particab^Hif une représentation de Mithras, expliquée par rabv fiannier, et sur un tronçon de statue trouvé à Arb en 1698. Il n'est pas douteux qu'on a voulBlt|lr^ senter, par cet emblème, la route du soleil é^^ douze signes, et son double mouvement an»» ci diurne, qui, en se combinant, font qu'il sesMe^ vancer d'un tropiaoe à l'autre par des lignes spiw' On retrouve cet biéroglyphe jusque cbei ks '^ cains. Ils ont leur cyck de cinquante-deox att^ ^ présenté par une roue ; cette roue est eonr»J* d'un Serpent qui se mord la queue, et, parses Qaa»> marque les quatre divisions du cycle. . . .. U c^^** dent qne les figures des constelbuons, les caraciei« qui désignent les signes du zodiaque, et wA^ qu'on peut appeler la notation astrooooùqM» ^ les restes des anciens hiéroglyphes. Il estrcB»'^ ble que les Chinois appellent m nœuds de la ha^ la tète et la queue du ciel, comme les Ârttes v^

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