‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 172 sur 204 · IS8I · texte numérisé non relu

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POISSONS, ETC

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ïlledoooe les genres Leihrinm^ PetUapuê )i Dtnte^ie Guvier.

6' Les DtNTÉs {Denieatf Cuvier). Les Dei^ es comiBenceBt la tribu d es Spares, dont les Dâcboires sont armées de dents ooaigties, e plus souvent sur un seul- rang, paraii lesnielles OA en voit de longues et de croiiues.

Le Dénié a la tête comprtEiée; tes deux oAchoires également avancées» et garnies bacune d*une rangée de dents pointées et dcotfrbées; la langue et le palais lisses; oaverUire de chaaue narine dbuble ; la t&te afiée de (k>ré » d'argent et de vert; des •aiftts Ueus plus ou moins apparents sur les ôlés; la nageoire dorsale et la caudale luses à leur base et bleues à leur extréiiUj; les pectorales rougeâtres; les thoraines et 1 anale d'un jaune foncé; quatre oecums auprès du pylore, la vessie nata- Dire divisée en deux portions.

Ce poisson change de couleur avec Tâge : IdeTieiU pourpre lorsqu'il est vieux; ce ui a dû porter les anciens à donoer à ce •pare, suivant le nombre de ses années, le lom de Sgnagre ou cehii de Synodon. On Itl que ses teintes varient aussi avec les iaisons, et qu'il est blanc ou presque blanc 0 hiver.

Le Denté habite non-seulement ,dans la léditerranée, où il a été observé par les ndeos naturalistes «recs, mais dans la mer Arabie et dans celle de la Jamaïque. 11 ^ tràs>-eommun auprès de l'tle de Sardaine, de la Campagne de Rome, de Venise, 6 la Dalmatie, et des côtes de l'Archipel t de Sjrie, où, du temps da Jove^ on preait une assez grande quantité d-individus e cette espèce pour en faire mariner un ombre oensidérable, aue l'on transportait iHis des contrées très-éloignées du lieu où îles avait pdchés. Il pèse communément de eui à cinq myriagramoes, quelquefois de ma à douze; et Duhamel rapporte qu'un de ^ correspondants en avait vu un du poids e trente-huit Ou le prend à la ligne et vec U>ute sorte de filets. Au printemps, on f (rouve dans les bas fonds voisins des i^ai{es, et il se réfugie dans les profoneurs de la mer, soit pendant Thiver pour chapper è un froid trop rigoureux, soit endant l'été pour se dérober à t'influence loeste des rayons du soleil.

T* Les Pe!«tapodbs (Pmiapuêy Cuvier). Ce ou, que plusieurs auteurs appliquaient à )utes les espèces de la famille, est réservé our celles qui présentent ces caractères : ouche peu fenaue, corps arrondi et couert d'écaillés, deux fortes canines à l'extréûté des mâchoires, entre lesquelles s'en oient d'autres au nonvbre de deux à quatre^ *eaacoap plus petites. Entin, trois écailles vogues et pointues, placées l'une entre les enlrales et les deux autres dans les aisselles le ces mômes nageoires; ce qui a l'air de oruier cinq pieds : de là le nom de Penta- ►ode. Tels sont :

^TATODE ray6 (Ptnlopus viUcUus, Spa- ^ vitlatus^hl.f pi. 275). Espèce qui se le-

connaît à son corps ovale, atlongé; à son museau poiotu ; à son front large ; à sa bouche peu fenaue ; k ses micfaioires égales , daut la supérieure est un peu pfotraottle, et aux trois pores situés un sous la symphyse et \m sous chaque branche de ta mÂcnoire inférieure. Sa eouleur est jaune , avec trais raies bleues dont les deux inflirieures T«nt à la queue.

Pkntapo»! u:«k:oloiib ( F$rUit»pm$ unkùlorf Cuv. ). 11 est long de sept à huit pouces. Sa forme est celle de l'espèce que màsàs venons de décrire, mais ses écaillassent plus petites. Le VUtiUa, l'/m, le Poronm, le Peromi, VAurolifuatui et le SHoêUs a|*|ftftrtiennent à ce sous-genre.

S" Les LÉTHBnfus ( Lethrinuê ). Cuvier a proposé de distinguer génériqueiâeat sous ce nom toutes les espèces de Spapoïdes qm ont la plus grande partie de la tête ùub ' ( c'est-à-dire sans écailles )> leurs opo^eules et sous-opercules sont seuls couverts d'écaillés. £n outre, ils ont quatre ou six incisives pointues, le plus souvent opoohues, et derrière elles une bande étroite de dents en velours ras; mais sur les côtés de la bouche, en arrière, les dents sont tuberculeuses et arrondies, et sur une seule rangée. Tous ces poissons se nourrissent de Molusques testacés quils peuvent fiacilement briser avec leurs dents arrondies* Les espèces de ce groupe sont les Léthrious de l'Atlantique. Elle se trouve dans l'Atlantique ; elle a le oorps h peu près ovale, plus pointu vers la tète que vers la queue. La bouche est peu fendue, les deux mâchoires sont d'égale longueur ; les lèvres sont charnues, épaisses, plissées et hérissées de longues papilles. Sa couleur est verdâtre.

Les suivantes sont : le Burgusj le Nebulo»* suSf le Golhopredij le Farte^a^us, et un grand nombre d'autres que nous ne pouvons citer.

Troisième tribu. — Espèces à dents en velours seulement aux mâchoires. On a les nommées Canlharus.

9^ Les Canthàres (Caniharue). Lea espèces auxquelles on réserve ce nom sont oaractéri» sées par d^es dents toutes en velours> serrées, dont celles du rang antérieur, é^lement très-serrées, sont seulement un^ peu plus longues et un peu plus crochues. ( Vay. eê mot. )

Quatrième tribu.— - Espèces à dents tranchantes sur une seule rangée ; Cuvier a établi dans C(.*tte tribu les genres Boopi^ Oblakif Scathartu et Crmidens.

10* BoeuBs ( Boopê ). Le Bogue, qui s# trouve dans la mer du Japon, Tiabite aussi dans la Méditerranée. Les anciens Greoa l'ont bien connu; ils ont remarqué la gro»* seur de ses yeux, qui sont très-girands relativement aux dimensions générales de ce Spare; ils ont trouvé des rapports entre ces organes et les yeux d'un bœid oud'uu veau^ et ils ont nommé cet 0^seux•;3ô«^, qui veut dire œil de basuL Cette expression grecque, ^ù^^iiéXé bientôt métamorphosée par^rreur, par iuadvei lance, ou par quul4|ue feule de cu|>islf , en celle de ;:w;, ou de pU,. On a cru

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Îue cette dernière dénomination jSôk; venait e /9o9(«i>, je crie; et en conséquence, des poètes se sont empressés d*écrire que le Bogue faisais entendre une sorte de cri, quoi-

au^ucun yéritable poisson ne puisse avoir e voix proprement dite, et que le Spare dont nous parlons ne paraisse même pas jouir de la faculté de produire un bruissement semblable à celui que font naître les opercules vivement froissés de quelques Trigles, d'autres Osseux et de certains Cartilagineux.

L ensemble du Bogue est long, et un peu cylindrique. La couleur générale de son dos varie depuis TolivAtre jusqu'au jaune brillant, selon Taspect sous lequel on le regarde. Son ventre est argenté; ses pectorales sont rougeâtres. Plusieurs coecums sont placés auprès du pjlore. Sa chair est ordinairement succulente et facile à digérer; et la nourriture qu'il préfère consiste en Algues, en très-petits poissons, et en débris de corps organisés qu'il cherche dans la vase.

Il"* Les Obladbs ( Oblata^ Cuvier ). Le genre Oblade comprend maintenant toutes les espèces qui ont une bande de dents en velours ras derrière les incisives aplaties et échancrées qui bordent leurs mâchtiirés.

L'Oblade à la mâchoire inférieure hérissée de dents petites, aiguës et nombreuses. Son dos est d un bleu noirâtre. Plusieurs raies longitudinales brunes s'étendent sur les côtés, qui sont argentés, et sur lesquels on voit aussi quelques taches grandes, le plus souvent très-irrégulièies et d'une nuance obscure. Une de ces taches, placée près de la caudale, y représente une bande transversale.

Ce Spare ne pèse communément que cinq hectogrammes. Mais si les individus de celte espèce sont faibles, leur instinct leur donne les petites manœuvres de la ruse ; il est assez difficile de les f)rendre dans une nasse, au filet, et surtout à l'hameçon; on dirait que rhabitude de n'être poursuivis par les pécheurs que pendant le beau temps leur a donné celle de se tenir tran(]uilles et cachés dans le sable ou dans le limon, lorsque le ciel est serein et aue la mer est cafme. Mais si les ondes sont nouleversées par les vents déchaînés, ils parcourent en grandes troupes de très-grands espaces marins; ils vont au loin chercher l'aliment qu'ils préfèrent, sans être retenus par les flots agités qu'ils sont obligés de traverser, et s'approcnent sans crainte des rochers des rivages, si ces rives battues par la mer courroucée leur présentent une nourriture qui leur convienne. Des pêcheurs industrieux ont souvent choisi ces temps de tempête pour jeter dans l'eau de petites masses de pain et de fromage pétris ensemble, que les Oblades avalaient sans danger, dont ces Spares pouvaieit revoir l'image sans méfiance , et auprès desquelles on plongeait bientôt des hameçons garnis d'une composition semblable; dont les précautions ordinaires de ces Thoracins ne les éloignaient plus. Duhamel nous apprend que

les habitants de la côte voisine d'Alicante eu Espagne attirent ces animaux avec de petites boules de soufre; et nous trouvons da^ Pline , qu'auprès d'Hereulanum et de SÛbU les Oblades s'approchaient assez de la ri?e pour prendre le pain qu'on leur jetait, mais qu'elles avaient assez d*attentioo etd*eipénence pour distin^er l'appât perfide qai tenait à un hameçon.

Spare Dbsfontaines (Ckromis DesfoNlatuî, Cuv.). Cette espèce, déaiée à Desfonlainespir Lacépède, a été trouvée dans les eaux IheN males, pendant le voyage du célèbre boUniste en Barbarie. M. Desfontaines a vu ce poisson dans les eaux chaudes des deux fontaines de la ville de Cassa au royaume de Tunis. Ces eaux firent monter le thermomètre de Réaumur à trente degrés au-dessas de la glace, dans le mois le janvier, sakib où, dans cette pariie de l'Afrique, la temperature de l'atmosphère varie , pendaDl le jour, de dix à quinze degrés. Ces eaux cbaodes sont fumantes, mais elles n ont pas para minérales à M. Desiontaines; lorsqu'ooles a laissées se refroidir , elles sont bomt^ très-limpides, et les seules dont ùssdil usage pour leur boisson les habitants de la ville de Cassa et des environs. Nousroosh gnons ce fait important avec d'autant Dh^dt; soin dans cette histoire» que M. DesJoaU)nés a trouvé la môme espèce de Spindiiis les ruisseaux d'eau froide et saumâtrequi arrosent les plantations de dattiers à Touer.

SPAKUSAUHATA. Voy. Daijrade.

SPHAGÉBRANCUES. Vay. Angcou.

SPUAKGIS. Voy. Luth.

SPHYRÈNë SP£T, poisson dela&iûiitt des Acanthoptérvgiens Percoïdes. - Les Sphjrrènes ont été placées parmi les Esoces; leurs deux nageoires dorsales , et qoel<|iKS autres traits, doivent cependant les eu séparer.

Des sucs digestifs très-puissants, des htsoins impérieux , une faim dévorante \r^ souvent renouvelée , des dents fortes n aiguës, des formes très-déliées, de Tagilitt: dans les mouvements, de la rapidité daD:»l> natation : voilà ce que présentent les Spbtrênes, voilà ce qui leur rend la guerre et n^ cessaire et facile; voilà ce qui, leur, laisau surmonter la crainte mutuelle quelles do vent s'inspirer, les réunit en troupes ooor breuseSy dont tous les individus poursoiTeot simultanément leur proie, s'ils ne ratlaq(H«l pas par des manœuvres concertées , et aoiquelles il ne manque que de grandes dimensions et plus de force pour exercerait domination terrible sur presque tous les habitants des mers.

Une chair blanche et qui platt à l'œilt d^ licate et que le goût recherche, facile à ^ rer et que la prudence ne repousse fà^'voilà ce qui donne aux Spbjrrènes presque autant d'ennemis que de victimes; voilier qui, dans presque toutes les contrées quelle habitent, fait amorcer tant d*iiaiDe{cos» dresser tant de pièges, tendre tant de fil^ contre elles.

La forme ni les habitudes de cette ^y

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rêne Spet n*aTaient point échappé à Tatlenlion d'Aristole, et des aalres anciens auteurs

Soi se sent occupés des poissons de la MéiU^rrànée.

Le Spet se troate en eOèt dans cette mer imériettre, aussi bien que dans Tocéan Atlanliqtie. Il parfient à la longueur de deux pieds et demi, des couleurs sont relevées par l'édat de la ligne latérale, qui est an peu ixRirbée rets le bas. Le palais es4 uni; mais des dents petites et pointues sont distribuées ^r la laneue ef auprès du gosier. Chaque narine a a oii^un orifice: les ^eux sont grùsiÈft rapprocnés; les écailles minces rt petites ; quarante c<Bcam3 placés aoprësda T^lore; le canal intestinal est court et sans sinoosilés; la résicule du fiel très-grande, et la Tessie natatoire située très-près du

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SPINAX. Voy, Aiguillât

SQUALE, Squaha. — Od désigne ainsi une grande tribu de poissons de Tordre des Sélaciens. Le^ poisson le plas reatarquaUe de «eUe tribu eslteKs^uni [Carcharia^.

Les espè^s de Squales ne diffèrent dans leurs foi mes et dans leurs habitudes que par on petit nomt>re de points. Nous indiquerons ces points de séparation dans des articles particuliers ; mais c*est en tious occupaiA do plus redoutable des Squales que nous aHoDs tâcher de présenter en quetuue sorte renseroble des habitudes et ûes U)rmes du genre. Le Requin ?a être, pour ainsi dire, le type de la famille entière^ nous allons le considérer comme le Squale par ex« cellencet comme la mesure générale à laquelle nous ra(>poriefons les antres espèces; et Ton Terra aisément combien cette sorte 4le prééminence due è la supériorité de son volumot de sa force et de sa puissance, est d aiileura fondée sur le grand nombre d'observations dont la curiosité et la terreur qu'il inMiirerontrendudanstous les temps fobjet.

Ce lormidable Squale parvient jusqu^à une longueur de ploa de tO mètres (w pieds ou environ ) ; il pèse quelquefois près de 59 iDjriagrammes (1,000 livres) (1); et il s'en laot de beaucoup que Ton art prouvé «(oe Ion doit- regarder etirome exagérée Tassertîon de ceui qui ont prétendu qu'on avait pêdié un Requin du poids de plus de 190 mjrriagrammes (MOO livres) (2).

. If aïs la grandeur n'est pas son seul attribut : il a reçu aussi la force, et des armes meurtrières ; et, féroce autant que vorace, impétueux dans ses mouvements , avide de sang, et insatiable de proie, il est véritablement le Tigre de la mer. Recherchant sans crainte tout ennemi, poursuivant avec plus d'obstination, attaquant avec plus de rage, cofflbaltant avec plus d'acharnement que les autres habitants des eaux ; plus dangereux que plusieurs cétacés, qui presque toujours sont moins puissants que lui; inspirant même plus d'effroi que les Baleines , qui,

mRcaddel.

(t) GUIms, dam Raj, et d*autres aiileafs.

Diction?!, df Zoologie. II.

faioins bien armées et douées d*appétila bien différents, ne provoquent presque jamais ni rhomme ni les grands animaux; rapide dans sa course, réjpandu sous tous les climats, ayant envabw pour ainsi dire, toutes les mers ; paraissant souvent au milieu des tempêtes ; aperçu facilement par Téclat pbos-

E borique dont fl brille, au milieu des omres des nuits les plus orageuses ; menaçant- de sa gueule énorme et dévorante les infortunés navigateurs exposés aux horreurs du naufrage, leur fermant toute voie de salut, leur montrant en quelque sorte leur tombe ouverte et plaçant sous leurs yeux le signal de la destruction, il n'est pas surprenant qu'il ait reçu le nom sinistre qu'il porte, et qui, réveillant tant dldées lugubres, rap*

Ï&lJe surtout la mort, dont il est le ministre. equin est en effet une corruption de requiem^ qui désigne depuis longtemps, en Europe, la mort et le re|>os étemel, et qui a dû être souvent, pour des passagers etfrajés, l'ex- .pression de leur cooslernation , à la vue d*ufi Squale de (>lus de 30 pieds de longueur, et des victimes déchirées ou englouties par ce tyran des ondes. Terrible encore lorsqu'on a [ui imrvenir à Taccabler de chai* nés, se débattant avec violence au milieu de ses liens, conservant une grande puissance lors même qu'il est dAji tout baigné .dans son sang, et pouvant d*un seul coup.de sa queue répandre le ravage autour de lui, à 1 instant même oh il est pies d*expirer, n'estil pas le plus formidable de tous les animaux auxquels la nature n*a pas dé(>arti des armes empoisonnées ? LeTij^re le plus furieux au milieu des sables brûlants, le Crocodile le [>lus fort sur les rivages équatoriaux, le Serpent le plus démesuré dans les solitudes africaines, doivent-ils inspirer autant d effroi qu'un énorme Requin au milieu des vagues agitées 7

Mais examinons le principe de cette puissance si redoutée, et la source de cetic voracité si funeste.

Le corjis du Requin est très-allongé, et la peau qui le recouvre est garnie de petits tubercules très-serrés les uns contre les autres. Comme cette peau tuberculée est trèsdure, on l'emploie, dans les arts , à polir différents ouvrages de bois et d'ivoire ; on s'en sert aussi pour faire des liens et des courroies, ainsi que peur couvrir des étuis et d*autres meubles : mais il ne but pas la confondre avec la peau de la Raie Sephen (i), dont on fait le galuchat, et oui n'est connue dans le commerce que sous le (aux nom de peau de Requin^ tandis que la véritable peau de Requin porte la dénomination très- vague de peau de Chien de mer, La dureté de cette peau, qui la fait rechercher dans les arts, est aussi très-utile au Requin, et a dû contribuer à augmenter sa hardiesse et sa voracité en le garantissant de la morsure de

Slusieurs animaux assez forts et doués de ents meurtrières.

La couleur de son dos et de ses côtés est

(t) ArUcl« de la RmU Sephen.

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d*un cendré brun, el eelle du dessous de son eorps d*un blanc sale.

La tète est aplatie et terminée par un museau un peu arrondi. Au-dessous ae cette extrémité , et à peu près è une distance égale du bout du museau et du milieu des Tettx, on Yoit les narines» organisées dans leur intérieur presque de la même manière que celles de la Raie Bâtis, et qui, étant le siège d^un odorat très-fin et très-délicat^ donnent au Re({Uin la facilité de reconnaître de loin sa proie et de la distinguer au mi-^ lieu des eaux les plus agitées par les vents, ou des ombres de la nuit la plus noire, ou de Tohscurité des abtmes les plus profonds de rOcéan. Le sens de Todorat étant dan) le Requin, ainsi que dans les Raies et dans près* que tous les poissons , celui qui règle les courses et dirige les attaques, les objets qui répandent Todeur la plus forte doivent être, tout égal d*ai1^eurs, ceux sur lesquels il se jette avec le plus de rapidité. Ils sont pour le Requin ce qu'une substance très-éclatante }>lacée au milieu de corps très-peu éclairés serait pour uti animal qui n'obéirait qu*aû sens de la vue. On ne peut donc guère se refuser à Topinion de plusieurs voyageurs <\\i\ assurent que, lorsque des blancs et des noirs se baignent ensemble dans les eaux de 1*0eéan, les noirs, dont les émanations sont plu^ odorantes que celles des blancs, sont plus ^xposéâ à la féroce avidité du Requin, et qu'imodolés les premiers par cet animal Yorace, ils donnent le temps aux blancs d*écbapper par la fuite à ses deuls acérées.

L ouverture de la bouche est en forme de demi-cercle, et placée transversalement audessous de la tète et derrière les narines. Elle est très-grande; et Ton pourra juger facilement de ses dimensions, en sachant que le contour d*un côté de la m&choire supérieure, mesuré depuis Tangle des deux mâchoires jusau'au sommet de la mâchoire d'en haut, égale à peu près le onzième de la longueur totale de l'animal. Le contour de la mâchoire supérieure d'un Requin de 30 pieds (près de 10 mètres) est donc environ de 6 pieds ou â mètres de longueur. Quelle immense ouverture 1 Quel gouffre pour engloutir la f)roie du Requin! Et comme son gosier est d un diamètre proportionné, on ne doit pas être étonné de lire dans Rondelet et dans d'autreis auteurs, que les grands Requins peuv^snt avaler un homme tout entier, et que, lorsque ces Squales sont morts et gisants sur le rivage, on voit quelquefois des Chiens entrer dans leur gueule, dont uuelque corps étranger retient les mâchoires écartées, et aller chercher jusque dans l'es* tomnc les restes des aliments dévorés par l'énorme poisson.

Lorsque cette gueule est ouverte, on voit au delà des lèvres, qui sont étroites et de la consistance du cuir, des dents plates, triangulaires, dentelées sur leurs bords et blanches comme de l'ivoire. Chacun des bords de cette partie éniaillée, qui sort hors des

Îencives, a communément 5 centimètres irès de 2 pouces) de longueur dans les

Requins de 80 pieds. Le nombre (i« dents augmente avec l'âge deTanimal. Lorsque le Requin est encore très-jeune, il n'en montre qu'un rang dans leouel qq n'aperçoit même quelquefois que ae bieo faibles dentelures ; mais è mesure qu'il s« développe, il en présente on plus grand dodbre de rangées; et lorsqu'il a atteint oa degré plus avancé de son accroissement «

3u'il est devenu adulte, sa gueule est armée, ans le haut comme dans le ba$,de six rangs de ces dents fortes, dentelées, et si propn^ è déchirer ses victimes. Ces dents Desoot

f>as enfoncées dans des ca?itées solides eurs rftcines sont uniquement logées dj des cellules membraneuses qui i)eaTeol prêter aux dififérents mouvements que ï muscles placés autour de la basede iadefl tendent à imprimer. Le Requin, par le mortU de ces différents^ muscles^ couche en arnèri ou redresse à volonté les divers rao^ M dents dont sa bouche est garnie; il peulia mouvoir ainsi ensemble ou séparément; u peut môme, selon les besoins qu'il éprourej relever une portion d*un rang, et en mdiner une autre portion ; et, suivant qu'il lui ai possible de n'emplôjer qu'une iiartiedesa puissance, ou qu'il lui est nécessaire dèrov recours à toutes ses arm.es,il ne monlreçam oudeuxrangsdeSesdentsmeurtrièresiOtLh mettant toutes en action, il menaceeltuéiA sa proie de tous ses dards pointus etrderéi Les rangs intérieurs des dents du Reqma, étant les derniers formés^ sont composesdi dents plus petites que celles que m lori dans les rangées extérieures, lorsque lel^ quin est encore jeune ; mais à mesure (p'il s'éloigne du temps où il a été adullejci dents des différentes rangées que préseotf sa gueule sont à peu près de la mèmeiuQ" gueur, ainsi ciu'on peut le vériiier en es^ minant^ dans les collections d'histoire naturelie, de très^grandesmAcboires^c'est-i-din celles qui ont appartenu à des Requios^és, et surtout en observant les Roquias d une (aille un peu considérable que Too {«rvicul à prendre. Je ne crois pas en coo^uenc^ devoir adopter l'opinion de ceux quioal regardé les dents intérieures comme destinées à remplacer celles de devant, \onf\9s le Requin est privé de ces demiàresp une suite d'efforts violents, de résislaocfs opiniAtres, ou d'autres accidents. Les iefài intérieures sont un supplément de puissiM

f>our le Requin : elles concooreot afecceles de devant, è saisir, à retenir, àdilicérer la proie dont il veut se nourrir; mais eDo ne remplacent pas les extérieurps : ^ Agissent avec ces dents plus éloignées (iu fond de la bouche, et non p^s ooiqueBieiH après la chute de ces dernières; etlor«|i^ celles-ci cèdent leur place à d'autres, elb la laissent à des dents produites tûfàs^ leur base et plus ou moins déreloppôes, < de véritables dents de remplacemealtti^ distinctes de celles que l'on voit dans ies^^ grandes rangées, à des dents qui pani^ uent plus ou moins rapidement aux^lùi^ sions des dents intérieures, et qui cef*»*

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«Jaul très-soQYent sont moins grandes que ees dernières, lorsqu*eUes sont sabslituées aux dents extérieures arrachées de la gueule «iu Requin.

Les dents intérieures tombent aussi, ef abandonnent, cdmme les extérieures, Ten- ^roit qu'elles occupaient, à de Véritables dents de remplacement formées autour de leur racine.

Les dents de la mâchoire inférieure préventent ordinairement des dimensions moins grandes et une dentelure plus fine que cel^ les de la mâchoire supérieure.

La langue est courte, large, épaisse et cartilagineuse, retenue en dessous par un frein, libre dans ses bords, blanche et rude au toucher comme le palais.

Toute la partie antérieure du museau est criblée^ parnjessus et parndessous, d'une grande quantité de pores répandus sans ordre, très-Tisibles, et qui, lorsou'on comprime fortement le devant de la tète, répandent une espèce de gelée épaisse, cristalline, et phosphorique, suivant Commerîson, qui^ dans ses voyages, a très-bien observé et décrit le Requin.

Les yeux sont petits et presque ronds; la camée est très-aure; Tins d*un vert foncé et doré ; la prunelle, qui est bleue, consiste dans une fente traasversale.

Les ouvertures des branchies sont placées de chaque côté plus haut que les nageoires pe<^rales. Ces branchies, semblables à celles des Raies , sont engagées chacune dans une membrane très-mince, et toutes nré- Mntf.nl deux rangs de filaments sur leur parti» cQAfexe, excepté la branchie la plus éloignée du iMieiu, laquelle n'en montre qu'une rangée. Une mucosité visqueuse, sanguinolente, et peut-être pbosphorique, dit Coramerson, arrose ces branchies, et les entretient dans la souplesse nécessaire auK opérations relatives à la respiration.

Toutes les nageoires sont fermes, roides «i caftikgkieuses. Les pectorales, Iriangulatres et plus giaïUff que les autres, s'étendent au loin de ebaoïia cAté, et n'ajoutent pas peu à la rapidité avee laquelle nage le Requin, et dont Ûdoit la plus grande partie à la force et à la mobilité de Sà queue.

La première nageoire dorsale, plus élevée et plus étendue que la seconde, placée au delà du point auquel correspondent les nageoires pectorales, et égalant presque ces dernières en surface, est terminée dans le haut par un bout un peu arrondi. .

Plus près de la queue et au-dessous du corps, on voit les deux nageoires ventrales, qui s'étendent jusqu'aux deux côtés de Tanus, et Tenvironnent comme celles des Raies.

De chague côté de cette ouvertureon aperçoit, ainsi que dans les Raies , un onfiee qu'une valvule ferme exactement, et qui, communiquant avec la cavité du ventre» sert è débarrasser l'animal des eaux qui, filtrées par différentes parties du corps, se ramas* sent dans cet espace vide.

La seconde nageoire du dos et celle de

l'anus ont à peu près la même forme et les mêmes dimensions ; elles sont les plus pe^ tites de toutes, situées presque toujours l'une au-dessus de l'autre, et très-près de celle de la queue.

Au reste, les nageoires pectorales, dorsales, ventrales, et de l'anus, sont terminées en arrière par un côté plus ou moins concave, et ne tiennent point au corps dans toute la longueur de leur base, dont la partit postérieure est détachée et prolongée en pointe plus ou moins déliéd.

La nageoire de la aueue se divise en deut lobes très-inégaux ; le supérieur est deux fois plus long que l'autre, triangulaire, courbé, et augmenté, auprès de sa pointe, d'un petit appendice également triangulaire»

Auprès de cette nageoire se trouve sou* vent , sur la queue , une petite fossette faite en croissant, dont la concavité est tournée vers la tète. Au reste, le Requin a des muscles si puissants dans la partie pos* térieure de son corps» ainsi que dans sa queue proprement dite, qu'un animal da cette espèce, encore très-jeune, et à peine parvenu à la longueur de 2 mètres, ou d'environ 6 pieds, peut^ d'un seul coup de sa queue , casser la jambe de l'homme le plus fort.

Le défaut de vésicule aérienne est bien compensé dans les Squales, et particulièrement dans le Requin, par la vigueur et la vitesse avec lesquelles ils peuvent mouvoir et agiter la queue proprement dite, cet instrument principal de la natation des pois-

. Le canal intestinal ne montre que deux portions distinctes dont l'une représente les intestins grêles, et l'autre les gros intestins de l'homme et desQuadrupèdes. La première portion de ce canal est trèsH^urte, et n'a ordinairement qu'un peu plus de 3 décimètres, ou un pied de long, dans les Requins qui ne sont encore parvenus (|u'à une Ion* gueur de 2 mètres, ou d'enviroi 6 pieds; et comme elle est si étroite aue sa cavité peut à peine, dans les individus dont nous venons de pK&rier, laisser passer «af plume à écrire^ ainsi que le rapporte Commerson, Ton doit penser, avec ce savant naturaliste, que le

F rincipai travail de la digestion s'opère dans estomac» et que Ks aliments doivent être déjà réduits à une substance fluide, pour pouvoir pénétrer par la première partie du canal jusqu'à la seconde*.

Cette seconde portion du tube intestinal, beaucoup plus grosse que Tautre, est trèscourte; mais elle présente une structure très-remarauable, et dont les effets compensent ceux de sa brièveté. Au lieu de former un tuyau continu et de représenter dn simple sac, comme les intestins de presque tous les animaux, elle ne consiste que dans une espèce de toile très-grande, qui s*étend inégalament lorsqu'on la développe, et qui, repnée sur elle-même en spirale, composant ainsi un tubeassezallongé,et maintenuedars cette situation uniquement par la membrane interne du péritoine, présenta un grand

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nombre do sinuosités propres h retenir ou à absorber les produits des aliments. Cette c/jnformation, qui équivaut à de longs intestins, a été très-bien observée et très-bien décrite par Commerson.

. La grandeur du foie et d'antres viscères, l'abondance des liquides qu*ils fournissent, la quantité des sucs gastriques qui inondent Testomac, donnent au Requin une force dif^estive active et rapide : elles sont les causes puissantes de cette voracité qui le rend si terrible, et que les aliments les plus copieux semblent ne pou voir pas apaiser; mais elles ne sont (las les seuls aiguillons de cette faiiA dévorante. CommersOn a fait à ce sujet une observation curieuse que nous allons rap* porter. Ce voyageur a toujours trouvé dans restomac et dans les intestins des Requins un très-gi-and nombre de Tœnlas, qui nonseulement en infestaient les cavités, mais pénétraient et se logeaient dans les tuniques intérieures d^ ces viscères.ll a Vu plus d une fois le fondde leur estomac gonflé et enQammé parles efforts d'une multitude de (letits Vers, de véritables Tœnias, renfermJ'S en partie dans les cellules qu'ils s'étaient prati(jaées entre les membranes internes, et qui, s'y retirant tout entiers lorsqu'on les fjtiijuait, conservaient encore la vie quelque t^mps après la mort du Requin. Noiïs n'avons pas besoin de montrer combien cette quantité de piqûres ajoute de vivacité aux apt>étits du Requin.

Le Requin mâle a entre chaque nageoire anale un appendice douze fois plus long que large, qui sert à saisir le corps de la femelle et la retenir avec force lors de laccouplemeut.

Le temps où le ipâle et la femelle se recherchent et s'unissent varie suivant les climats; mais c*est presque toujours lorsque la saisou chaude de l'année a commencé à se faire sentir, que ce mâle et celte femelle, qui, dans d'autres saisons, seraient si redoutables l'un pour ]\iutre, et ne chercheraient qu'à se dévorer mutuellement s'ils étaient pressés par une faim violente, radoucis maintenant, et cédant à des affections bien différentes d'un sentiment destructeur, mêlent sans crainte leurs armes meurtrières, rap^/rochent leurs gueules énormes et leurs queues terribles, et, bien loin dô se donner ià mort, s'exposeraient h la r^cOvoir plutôt

aoe de se séparer, et ne cesseraient de défenre avec fureur l'objet de leurs vives jouissances.

Dans cette espèce sanguinaire, le mouvement qui entraîne le luâlè vers sa femelle n'a aucune constance ; il passe avec le besoin qui l'a produit ; et le Requin, rendu bientôt à ses affreux appétits, moins sùscejitible encore dé tendresse que le tigre le plus féroce, ne connaissant ni femelle, ni famille, ui semblable, redevenu le dépoputateùr dç9 mers, et véritable image de la tyrannie, ne vit plus. que pour combattre, mettre à mort et anéantir.

Ces accouplements fécondent successive-

ment une assez grande quantité d'oubotl éclosepl à différentes époques dans le t^ tre de la mère; et de ces dévetoppemeuui commencés après des temps inémi, ii résulte que, même encore vers la fin de Télé, la femelle donne le jour h des petits. On i que ëds petits sortent du vf^otre de 1 mère, au nombre de deux ou trois ^ la tui plus fréquemment que les jeunes Raies; a même écrit que ceux de ces Squales Tenaient ensemble à la lumièt^, étaient vent en nombre plus grand que trois quatre; mais la longue durée de II h pendant laquelle s'exécutent ces sorties cessives de jeunes requins, a empêché savoir avec précision quel noBfbn^ de p uneTemellè pouvait tneftre au jour pen^ un printemps ou lio été. Be^obserrai assez multijiliées et fait^ avec eiactii paraissent néarmoàins prouver que ce d< bre est plus considéra&le qu'on ue la pe jusqu'à présent; et l'on n'en sera pas élan si l'on se rappelle ce que nous avons dit la fécondité des gi;andes rsîtècei de poii<f supérieure en général à celle des petii quoiqu'un rap})ort contraire ait éiérect) dans les Quadru|>ède$ à mamelle, el <^ '>lusîeurs srands naturalises aieutétélc^ és de fë généraliser.

Il arrive quelquefois qiie leis ferMHes 5t débarra^éiil de leurs oeuis avant quIkkM assez développés peur éclope; aiai^,c«fiflK cette expulsion prématurée a Keu mu souvent ()Our les Requins et les autres Sqoiles que pour les Raies, on a connu li fowi des œufs des premiers plus diflicilemfoi<}«l celle des œufs des Raies. Ces enveloppes, que l'on a prises pendant longtemps, m que celles des jeunes Raies, non pas pour lie simples coques, mais pour desaBiamiip^ ticuliers, présentent («resque eotièremeulii même substance , la même couleur et li même forme que les œii£s des Raies; mô leurs quatre angles, au lieu de moulrerde courtes prolongations, sont teminés partie filaments extrêmement déliés, et si looe que nous en avons mesuré de W tn^ timètre^ (près de hO pouces) de hwgueBr. dans les coins d'une coque qui n'arait qnr 8 centimètres dans sa plus grande dime»sion.

Lorsque le Requin est sorti de sooœofrt

r'il. a étendu librement tous ses membres, n'a encore que près de i décimètrtf' ou quelques pouces de longueur; et d^ ignorons quel nombre d'années doit s'écouler avant qu'il présente celle de 10 mèiw». ou de plus de 30 pieds. Hais à pçi»

a-t-il atteint quelques de^i^ de cet i^ mense développement, qu'A se monlre artf toute sa voracité. Il n'arrive que lealeffl«i et par des différeuces très - nombreos^ 0 plus haut ^int de sa ^andear et de sa P<J>^ sance ; mats il parvieut pour ainsi dire to» d'un coup ^ la plus grande ioteosilé de ^ appétits véhéments ; il n'a pas eocore b» masse très-étendue à entretenir, ni des J^ mes bien redoutables pour exercer se$ ^^

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POISSONS» ETa

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reurs, et di^à il. est avide de proie : la férol'île est son esseoce et devance sa force.

Quelquefois le défaut d'aliments plus substantiels i'<rfilige de se contenter de Sépies, le Mollusques ou d'autres Versniarins ; mai^ re soatJes plus grands animaui qi4*il re* L*hercbe arec le plus d'ardeur; et, par une &uite de la nerieclion dé son odorat, ainsi [|ue de la préférence «qu'elle, lut donne pour les sabstfin^e^ dont Todenr est la plus ^xalr tée« il, est surtout très-empressé de courir [wirtoul ou J'aUirQOi des corps morts de poi;^s«ais ou de Quadrupèdes, et des cadavres liuroains. Il s*atlâclie» pareiemplet^ux vaisseaux'o^riers. Digne compagnon de tant de L-rueb conducteurs de ces iiiixestes embari^lionsy il les escorte avec constance, il les sjjît arec acharnement jusque dans les ports fies colonies américaines , et, se montrant snns CMse autour^ des bâtiments, s*agitant à la surface de Teau et, pour ainsi dire, sa gueule toujours binrerte, il y attend , pour les englouur» les cadavres des noirs qui succomlMmt sous le iKiids de Fesclavage ou au^ fdtigues'irûne dure traversée. On a vu un de cés^ cadavres de noir pendre au' bout d*une vj^rgue élevée de plus da^ six^ mètres (?ingt i^ieds) aundessus de Vea\i de la mer, et un Requin s'élancer h plusieurs reprises vers cette dépouille, y atteindre enQn, et la dépecer sans crainte membre par membre (I). Ijuelle énergie dans les muscles de la queue et de la partie postérieure du corps ne doiton pas supposer, pogr qu*un animal aussi gros etatissi pesant puisse s*é|eYer comme un trait h une aussi grande baqteurl Quelle preuve dé la force que nous avons cru devoir lui attribuer I Comment être surpris maintenant des autres traits de Thistoire de la vo actté des Requins? Et tous les navigateurs ne savent-ils pas quoi danger court un passager qui tombe dans la mer, auprès des endroits les plus infesti's par ces animaux 7 S*il s'efforce de se sauver à la nage, bientôt il se sent saisi par un de ces Squales, qui Teutralne au fond des omles. Si l'on parvient à ieter jusqu'à lui une corde secourable et à l'élever au-dessus des Uots, le requin s'élance et se retourne avec tant de promptir tude« que, malgré la position de Touverture de sa oûucbe au-dessous de son museau, il arrête le malheureux qui se crqyait près de lui échapper, le déchire en lambeaux et le dévore aux yeux de ses compaj^nons effrayés.

On a vu quekiuefoîs cependant des marins surpris par le Requin au milieu de Teau, .firoitter, pour s*écha|iper, des. effets de cette ^ituatiou de la bouclie de ce Squale dans ia ftartie inférieure de sa tète, et de la. nécessité de se retourner k laquelle cet animal e^t condamné par cette coruormation, lorsqu'il veut saisir Iqs objets qui ne sont pas placés au-dessous de lui.

C'est par une suite de cette même nécessité que, lorsque les Requins s'altaouent

(M Manoscrits de €oaÉroerson«

mutuellement (car comment des élres aussi atroces, comment les Tigres de la mer pourraient-ils conserver la paix entre eux?), ils élèvent au-dessus de I eau. et leur tête et la partie antérieure de leur corps ; et c'est alors que, faisant briller leurs ^eux sanguinirieots et enflammés de colère, i(s se portent des coups si terribles, que, suivant plusieurs voyageurs, la surface des ondes en retentit au loin (1) I

Un seul Requin a sufli, près du oanc de Terre-Neuve, pour déranger toutes les opérations relatives à la pêche de la Morue, soit en se nourrissant d'une grande quantité de Morues que Ton avait prises et en éloignant plusieurs des autres, soit en mordant aux appâts et eo détruisant les lignes disposées par les pêcheurs.

Mais quel est donc le moyen que Ton peut employer pour délivrer les mers d'un Squale aussi dangereux ?

lly a, sur les côtes d*Afriquo, des nègres assez hardis pour s'avancer en nageant ve^s un Requin, le harceler, prendre le moment où^ l'animal se retourne, et lui tendre le ventre avec une arme tranchante. Mais, dans presaue toutes les mers, on a recours à un procédé moins périlleux pour pêcher le Requin. On préfère un temps calme; et fnir quelques rivages, comme, par exemple, sur ceux d'Islande (2), on attend les huits les plus longues et les plus obscures. On prépare un hameçon garni ordinairement d une fu'èce de lard, et attaché à une chatne de fer ongue et forte. Si le Requin n'est pas trèsaffamé, il s'approche de l'appât, tourne autour, l'examine, pour ainsi dire, s^en éloigne, revient, commence de l'e ngloulir, et en détache sa gueule déià ensanglantée. Si alors on feint de retirer I appât hor.c de l'eau, ses appétits se réveillent, son avidité se ranime, il se jette sur 1 appât, l'avale, goulûment et veut se replonger dans les âbimes de l'Océan. Mais comme il se sent retenu par la cliatne, il la lire avec violence pour l'arracher et. l'entraîner : ne pouvant vaincre la résistance qu'il éprouve, il s'élance, il boudit, il<levieut furieux ; et, suivant plusieurs relations (3), il s'efforce de vomir tout ce qu'il a pris et de retourner, en quelque sorte, son estomac. Lorsqu'il s'est débattu pendant longtemps et que ses forces commencent k être épuisées, on tire assez la chaîne de fer vers la côte oïl le vaisseau pêcheur, pour que la tête du Squale paraisse nors de I eau ; on approche^ des cordes avec des nœuds coulants, dans lesquels on engage son corps, que l'on serre étroitement, surtout vers 1 origine dé la queue ; et après l'avoir ainsi entouré de liens, on l'enlève et on le trans

Krte sur le-bâtiment ou sur le rivage, où n n'achève de le mettre à mort qu'en prenant les plus grandes précautions coutre sa

(1) Yoyex parUcoliénaneot Bomaii, dans sa Deê- . cripàom de la Cumée.

(i) Aiiderson, Hi$t. Mi. eu GroemUimi, de Vis* lande» elr.

(5) Labal, Voffage en Afri^e et en Amériéfme. ■

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terrible morsare et les coups que sa queue peut encore donner. Au reste» ce n*est que diflicilement qu'on lui ôte la vie; il résiste sans périr à de larges blessures; et lorsqu'il a expiré, on Toit encore pendant loogtemps les difTérentes parties de son corps donner tous les signes d*une grande irritamié.

La chair du Requin est dure, coriace, de mauvais goût et cTiincilo è digérer. Les nègres de Guinée, et particulièrement ceux de la côte d'Or, s'en nourrissent cependant, et ôtent k cet aliment presque toute sa dureté en le gardant très-longtemps. Oi mange aussi, sur plusieurs côtes de la Méditerranée, les petits Requins que Ton trouve dans le ventre de leur mère, et près de venir à la )upf)ière; et Pon n'y dédaigne pas quelquefois le dessous du ventre des grands Requins, auquel on iait suLiir diverses préparatmns pQur lui dter sa qualité coriace et son goût désagréable. Cette même cbair du basventre est plus recherchée dans plusieurs contrées septentrionales, telles que la Norvège et l'Islande, où on la fait sécher avec &oin, en la tenant suspendue h lair pends^nt plus d*une année. Les Islandais Ibnt d'aiileura uji grand usagei de la graisse du Ae^ quin ; comme elle a la propriété de se conserver longtemps et de se durcir en séchant, ils s'rn servent à la place du lard deCochon, ou la font bouillir pour en tirer de l'huile. Mais c'est surtout le foie du Requin qui leur fournit cette huile qu'ils nomment thran^ et dont i^n seul foie peut donner un grand nombre de litres qu pintes (t).

Malgré les divers usages auxquels les arts emploient la peau du Requin, ce Squale se* rail doue peu recherché dans les contrée^ OÙ UQ climat tempéré, une population nombreusie, et une industrie active, produisent en abondance des aliments sains et agréables, si sa puissance n'était pas très-dangereuse. Lorsqu'on lui tend des pièges, lorsqu'oo s'avance pour le combattre, ce n'est pas uniquement une proie utile que l'on cherche à saisir, mais un ennemi acharné que l'on veut anéantir. Il a le sqrt de tout ce qui inspire un grand effroi : ou Tattaque dès , qu'on pçut espérer de le vaincre; on le poursuis, parce qu'on le redoute; il périt, parce qu'il, peut donner la mort : et telle est en tout la destinée des êtres dont la force paratt an quelque sorte sans égale. De petits Vers, de iaibl0s Ascarides, tourmentent souvent dans 3on Intérieur le plus énorme Requin; ils déchirent aes entrailles sans avoir rien à .craihdre:de;^ ppissance. D'autres animaux preaque autant sans défense relativement à la force, des poissons mal armés, tel que VJichmeh ^en^ra^ peuvent aussi impunément s'attacher à sa surface extérieure, presque toujours, à la vérité, sa peau dure et tuberculeuse l'empôche de s'apercevoir

£(1) ^'^vaat Ponloppidan, anlenr d*ane Hisi. nai. la Norwége^ le foie d*iin Squale de 20 ple«ls de ]|gue^r fournit commanémenl deux tonnes et de-

de la présence de ces aDlmaui ; nuis si quelquefois ils s'accrochent* à quelque partie plus sensible, le Requin fait de Tains efloris pour échapper à la douleur; et le poissoQ qui n'a presque reçu aucun moyen de nuire, est nour lui au milieu des eaux ce qoeTah guillon d'un seul insecte est pour le tigre !« plus fVirieux au milieu des sables anieois de TAfrique.

Squale roussette, Squalu$canicula.''(k a observé, et M. Broussonnet a particulièrement remarqué que , dans les SqwU en général, ainsi que dans plusieurs aalm animaux carnassiers, et surto«ji parmi h oiseaux de proie, la femelle est plus gncd^

3ue le mâle. Nous retrouverons oeUe ta^jo^ iflnérence de grandeur dans plusieurs autres genres ou espèces de noissons; et peut-être celte supériorité de volume qu*» lesfemdlw des poissons ont sur leurs mâles n'a-^-elfe lieu que dans les espèces où les (Bufs pirviennerit, dans le ventre de la mère, àna accroissement très-considérable, ou s j difveloppent en très-grand nombre. Mais, qoQ! qu'il en soit, c'est principalement dans i'ev pèce du Sauale roussette que se montre celip inégalité de dimensions entre lemâleet'i femelle. Elle y est même assez graïuie puer que plusieurs auteurs anciens et f\\mn naturalistes modernes les aient coasidérés comme formant deux espèces distinctes, dûQ\ on a nommé une le grand Chat dksur, oa Chien marin {Canicuia vel Catuius major, ^^ l'autre le petit Chat de mer, ou petit flw marin [Canicuia vel Catuius mmor).

Ces auteurs se sont d'ailleurs déterouio è établir celte séparation, parce queleoù^ et la femelle du Squale roussette ne se rts* semblent pas dans la position de leurs ivh

Î;eoires ventrales, ni dans la dispositiod >j^ eurs couleurs. Mais, lorsqu^on aurapri^!j peine d'examiner un assez grand nombre d^ Roussettes mâles et femelles, de |>eserIfso:servations des navigateurs et de compan^ les descriptions des naturalistes, onadopt^n iiacilemenl l'opinion de M. Rroussonoett q j lie regarde les dilTérences qui séparent \i grand et le petit Chat de mer que comcDe \f signe de deux sexes , et non pas de dejt espèces distinctes. Le grand Chat de mer, «^^ la Canicule marine, est la Roussette feniel^^ et le petit Chat marin est la Roussette a^( La Roussette femelle l'emporte donc sarl^ mAle par l'étendue de ses dimen^ODS-Opeidant, comme les attributs caraetéH$tiquf5d' l'espèce résident toujours par exoelieflf' dans les mfties, nous allons commencer pir décrire le mâle de la Roussette.

La tête est grande, le museau plustni»?^ rent que dans quelques autres Squales, W •blanc et la prumell^ noire. Les narine*»»* recouvertes, à It volonté de raoiifialtF une membrane qui se termine en iaagnftta déliée et venxiiculaire. Les dents sooi dételées et garnies, aux deux boots de la iio^ de la partie émaillée, d'une DoiBte oo (^ appendice dentelé; ce qui ooDoeèchifO^ dent trois pointes principales. Biles fcr«^^ ordinairement quatre rangées, et eéei^

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