‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 175 sur 204 · ST · texte numérisé non relu

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meil e( rhiberaa(ioD), par les oagies parallèleoient réunis de tous les doigts des memt>res abdominaai; aux Paresseux, qui s*accrocbeDt, aTec les grandes griffes (alciformes de leurs quatre membres* aux arbres dont ils dévorent la feuille. Chez d autres, c'est la queue qui remplit cet office en s'enroulaot autour des branches* ainsi que nous le ▼oyons pour le Caméléon, le Boa parmi les Reptiles, les Sarigues et autres Marsupiaux, les Sapajous parmi les Mammifères. Dans ces derniers, surtout, on dit que cette attitude est si naturelle qu'ils la conservent même après avoir reçu du chasseur le coup mortel, s'ils n*ont pas été pris à l'improviste.

Nous venons de le voir, un grand nombre de ces animaux, qui peuvent et aiment à se suspendre, sont armés, è cet effet, de crochets grands et pointus; on peut très-bien les observer chez la plupart des Insectes, ordinairement au nombre de deux à chaque patte; mais nous avons vu aussi qu'il y a d'autres organes propres à produire le même effet, comme les cotyles des Douves, des Mollusques céphalopodes, la ventouse du Rémora. 11 faut considérer, comme adhérant aussi en raison de leur application intime sur les sucfaces, les élargissements qu*on trouve aux doigts des Geckos, et cjue garnissent les plis transversaux et imbriqués d'une peau souple et lisse; ils sont aidés par des griffes aiguës et recourbées qui ajoutent è leur force, et permettent à ces animaux de se suspendre et de marcher même au plafond des appartements. Nous en donnerons un autre exemple dans le disque charnu et vis-

3ueux qui élargit le bout de chac^ue doigt es Rainettes, et leur permet de grimper et de s'attacher sur les feuilles les plus lisses» sur le verre même.

Ce sont aussi des disques pulpeux en dessous et susceptibles oc s'appliquer assez étroitement aux surfaces lisses sans y adhérer beaucoup, à cause de leur sécheresse, que les Criquets et Truxales portent entre les ongles terminaux du tarse et sous les articles élargis de ces mêmes tarses; il en est de même, sans doute, des tarses d*un certain nombre d'autres Insectes, des Locustes, etc.; c*est assurément . le cas des ventouses, dont le dytisquemâle est pourvu aux tarses de ses pattes antérieures, et qui semblent servir à le fixer sur les élytres de la femelle, striées seulement en avant de manière que les griffes terminales puissent également les saisir; de même encore pour les corps singuliers en forme de coquille, qu'on trouve sur les hanches des Galéodes : cela n'est pas douteux non plus pour les caroncules ou les membranes qui empâtent l'origine des crochets terminaux de cnaque patte chez les Ixodes, les Acares, les Gamases ; pour les godets microscopiques qui se trouvent seuls au bout du tarse des Sarcoptes, de celui de la gale humaine, au moins, etc. ; de même aussi pour la houppe singulière qui sort du dernier anneau de la larve des Lampyres, et qui s'applique si fortement sur les objets. Les digitations qui la

composent ont présenté des parois membraneuses et lisses, susceptibles de s'allonger, de se dérouler et de se reployer intérieurement en doigt de gant. Les Grosses remarquables qui se voient sous les derniers articles du tarse dans beaucoup d'Âraigné^ Drasses, Dvsdères, Saltiques, Micrommales, et surtout les grandes Myeaies d'Amérique, ne sont pas composées de poils, mais de lanières spatulées ou en massue, et que je crois susceptiles de contraction, de succion, car elles paraissent, au microscope, être molles d'un côté au moins, et peuvent adhérer même à la surface du cristal le mieux poli.

STAUROTYPR Voy. Ehtde.

STELLÈRE, Rtftina, de p<nU , ride , genre de Cétacés herbivores. — Oi ne connaît encore dans ce genre qu'une seule espèce , et cette espèce n'est connue que par la description qu'on en doit à Steller , qui la découvrit pendant son triste séjour dans Ttle Bering. On n'a donné aucune figure de l'animal, et on n'a que celle de ses dents. Son organisation est cependant décrite avec assez de détails pour qu'on ait pu reconnaître que ces animaux appartenaient è une espèce inconnue, et même formaient un genre-qu'oo a rangé dans la famille des céta^ heroivores. Ces rapports toutefois n'ont pas d'abord été appréciés. On a longtemps placé cette espèce, comme Steller l'avait lait lui-même, avec les Lamantins, sous le nom de Tridu^ chus borealia. C*est G. Curier qui a reconnu les caractères génériques qui appartiennent exclusivement à ces animaux, et il a publié ses observations sur ce sujet en 1809, mais sans désigner par un nom do ^enre l'animal de Steller. C'est Illiger qui a pris oe soin en 18ii, et lui a donné celui deÀyiùuu Depuis, G. Cuvier a donné comme nom français aux ity/ina le nom de Stellcres. Voici les caractères proores è ces animaux, tels Qu'ils les a tirés de la description aue l'on ooit à Steller lui-même. Ils sont présentés comparativement avec ceux des Lamantins. Ainsi : c Au lieu d'épiderme, le Stellère porte une espèce d'écorce ou de croûte , épaisse d'un pouce, composée de fibres ou de tubes serrés perpendiculaires sur la peau. Cette écorce singulière est si dure , que l'acier peut k

r^ine l'entamer, et , quand on est parvenu la couper, elle ressemble à Tébène par son tissu comj^acte, aussi bien que par sà couleur. Ces fibres s'implantent dans la véritable peau par autant de petits bulbes; en sorte que, lorsau on arrache Técorce, la surface qui tenait ^ la peau est toute chagrinée, et celle de la peau elle-même est réticulée par autant de fossettes que l'écorce oflire de tubercules. La surface extérieure de l'écorce est inégale, raboteuse, fendillée, et ne porte aucun poil.

« La lèvre supérieure est double , aussi bien que l'inférieure, et se divise en externe et en interne.

« Les mAchoires n'ont pas des dents sim(des, nombreuses, pourvues de racines, comme dans le rrai Lamantin ; mais elles portent

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ehaeune, de chaaue côté, une plaque ou dent composée, que l'on peut comparer au palais de la Raie-Aigle, qui ne s'enionce point par des racines , mais s'applique et s'unit par une infinité de vaisseau i et de nerfs , lesquels pénètrent de la mâchoire dans cette plaque dentaire par une quantité de petits trous, qui en font fwiraîlre la' surface contigué Â l^s maxillaire toute poreuse ou spongieuse. Leur face triturante est inégale et creusée de sillons tortueux destinés à faciliterla mastication, et con>parables aux rubans qu'on voit sur les molaires des éléphants , mais qui représentent principalement des espèces de chevrons.

« La queue va en diminuant depuis Tanus jusqu'à la nageoire qui la termine, et les apophyses de ses vertèbres la rendent presque quadrangulaire.

« La nageoire est large de 78 pouces, et longue seulement de sept, ce qui est tout le contraire de celle du vrai Lamantin : aussi dans l'animal de Steller représente-t-elle un croissant^ et se termine-t-elle de chaque côté par une longue corne. »

Le point le plus curieux, par lequel cet animal^difTère de tous les autres animaux, tant terrestres qu'amphibies, ce sont ses deux bras ou, si l'on veut, ses pieds de devant. Aux épaules se joignent, près du cou, deux bras, longs de vingt -six pouees et demi, et qui présentent deux articulations. L'os supérieur ou l'humérus s'articule à l'omoplate par artiirodie.

11 s'articule aussi, comme dans l'homme, avec le cubitus et le radius. L'avant-bras est terminé par un tarse et un métatarse; mais il n'y a aucun vestige de doigts , non plus que d'ongle ou de sabot; le tarse et le métatarse sont enveloppés d'une graisse solide , de beaucou{) de tendons et de ligaments, de

Eeau et d'épiderme, de manière à ressembler eaucoup au moignon d*un membre amputé.

D'ailleurs la peau , et l'épiderme surtout , sont ici beaucoup plus épais, plus durs, et plus secs, de sorte que l'extrémité des bras offre une ressemblance grossière avec le sabot d'un cheval ; mais le sabot du cheval est phis aigu, plus tranchant, et par conséquent phis propre pour creuser la terre. En dessus, ces sortes de sabots sont lisses et con< vexes ; en dessous ils sont plats , un peu concaves, et hérissés d'innombrables soies, longues d'un demi-pouce el fortement serrées.

On retrouve donc ici l'homme de Platon, comme Ray l'a dit en plaisantant, car ces bras servent à des fonctions diverses : avec eux l'animal nage comme avec des nageoires branchiales; avec eux il marche sur le rivage limoneux comme avec des pieds; avec eux il s affermit et se maintient au milieu des rochers glissants ; avec eux il détache les fucus et les plantes marines; avec eux, comme le Cheval avec ses pieds de devant, il résiste énergiquemenl, lorsque, saisi par le harpon, on cherche h l'attirer sur le rivage : on voit alors l'épiderme qui envi-

ronne ces bras se fendre et se détacher pir fragments.

Les mamelles, situées, au nombre dedetn, sur la poitrine, sont, contrairement à ce oui s'observe d'ordinaire chez les animaux, placées au même endroit, sous les bras, et oo( la même forme que dans l'homme. Chaque mamelle est longue d'un pied et demi, convexe, présentant des replis en spirale, glanduleuse, plus dure qu'une mamelle deVacbe, et non péiiétréede graisse. Toutefois le pénicule graisseux qui enveloppe tout le corpi passe également sur elle en y conservant toute son épaisseur. Mais l'épiderme y e^t

Ï>lus mince, plus mou, nlus ridé ; le marneon est également enveloppé d*un épiderroe noir plissé en rond, mais mou ; il peod de chaque cdté au-dessous du bras ou de Taiv selle ; et dans les individus qui allaiteot il est long de quatre pouces, épais d'un pouce et demi ; dans les femelles qui n*al)ai(eQi plus ou qui n'ont pas encore produit, le mamelon est tellement rétracté et court, qu'il ressemble à de petites verrues, et les mamelles sont peu gonflées. Le lait est gras et doux, semblable pour la consistance et pour la saveur à celui de la Brebis; et il m'est souvent arrivé, dit Steller, de le traire abondamment sur des individus morts, de la même manière qu'on te trait dans lesViches. Il y a autour des mamelles une aréoie rugueuse un peu plus élevée que celles-ci; les glandes mammaires incisées laissent suinter un lait semblable à celui qu'on obtient par le mamelon. Les conduits lactés s'ouvrent au nombre de dix ou douze dans chaque mamelon. Les mamelles soumise à l'ébullition sont un peu plus dures que celles de Vache, et elles répandent une légère odeur animale.

u Un cruel hasard, dit le même voyageur, m'a fourni pendant dix mois Toccasion d'observer, de ta porte de ma cabane, les mœurs et les habituues de ces animaux, et je vais iire en peu de mots et eu toute vérité ks faits que j'ai observés.

« Ces animaux aiment les parties basses c: sablonneuses du rivage, et principaleoitut les embouchures des rivières, où ils soni attirés par la douceur de l'eau courante, lis sont toujours en troupes ; ils conduisent devant eux les petits et les individus non adultes ; mais ifs les environnent eo arrière et sur les côtés, et les laissent toujours daus le milieu du troupeau ; à la marée haute ils s'approchent tellement du rivage, qu'il m'est arrivé souvent, non-seulement de les frap-

[)er du bâton et de la lance, mais même de eur toucher le dos avec la main. Lorsquoo les attaque violemment, ils ne foot autre chose que de s'éloigner du rivage, puis bientôt après ils se rappprochent de nouveau.

« Communément on voit vivre ensemble une fam ille entière composée du mâle,deta f^ melle, d'un. individu adulte, et d'un aulre plus petit. Ils me paraissent monosai»^ ils mettent bas en tout temps, mais plusfréquemment en automne, comme je lai ccû-

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du du nombre de petits récemment nés que je remarquais à cette époque. De plus, comme c*est au printemps que je les ai vus priocipalement engendrer, je pense qu'ils portent le fœtus pendant plus d une année.

« Ces animaux sont sans cesse occupés à manger; leur avidité fait qu'ils ont toujours la tête sous Teau, et le soin de leur vie et de leursûreté les occupe si peu^que vous pouvez» sur up bateau ou & la nage, aller au milieu d'eux, choisir en toute sûreté, et frapper du grappin au milieu du troupeau celui qui vous conviendra. Lorsqu'ils paissent, toutes les quatre ou cinq minutes ils softentles narines hors de Peau, et en chassent Tair et un peu d'eau avec un bruit semblable au hennissement du Cheval; tantôt ils nagent tranquillemeut, tantôt ils marchent, en quelque sorte,^t placent lentement un pied devant l'autre, comme le font, en paissant, les Bœufs et les Brebis.

« La moitié du corps, c'est^-dire le dos et les flancs sont toujours au-dessus de Teau, et les Mouettes ont coutume de s'y reposer pour se nourrir des Insectes parasites qui se trouvent dans l'épiderme, comme on voit les Corneilles se repaître des parasites du Porc et de la Brebis. Les Lamantins ne mnii" Sent|)as indistinctement tous les fucus, mais principalement : l** un fucus ridé et crépu «)mmeune feuille de chou de Savoie ; ^ un fucus en forme de massue; 3* un autre en forme de fouet romain antique ; 4* un autre très-long, à bords ondulés. D»ns les lieux 3ù ces animaux ont passé un seul jour, la Mer rejette sur le rivage d'énormes amas de liges et de racines. Lorsque leur ventre est plein, on les voit quelquefois nager couchés sur le dos, et lorsque la marée baisse, Is s'écartent du rivage, pour n'y pas demeurer à sec. Souvent en hiver ils sont sulfoqués :'ar les glaces qui flottent près des côtes, et Is sont rejelés raorts sur le rivage, ce qui irrivu aussi lorsque, étant surpris par les œnls, les flots agités les jettent et les froissent contre les rochers. En hiver ces animaux sont maigres au point qu'on leur voit 'épine du dos et toutes les cotes.

« La capture de ces animaux se faisait au noycn d un grand crochet de fer, dont la K)inte représentait la branche d'un ancre, ?t dont l'autre extrémité, percée d'un anneau, était attachée à un .on^ et fort câble, lu homme vigoureux s'armait du grappin, t, aidé de quatre ou cinq autres» montait a cbaloupe ; l'un tenant le gouvernail,. trois ^u quatre ramant, on s'approchait du troupeau. Le harponneur se tenait sur la proue. e grappin à la main, et, lèrsqu'il était assez >rès [)our pouvoir frapper de la chaloupe, I lançait son arme, et aussitôt trente hommes sur le rivage, saisissant l'autre exlrénilé du câble , retenaient Tonimal etl'attiaiont péniblement vers lo rivage, malgré es violents efforts pour résister. Ceux qui (aient dans la chaloupe s'amarraient avec in autre câble, et accablaient Tanimal avec les coups redoublés, jusqu'à ce qu'enfin, eue de coups de poignard, do couteau, ou

d'autres armes, il fût amené mort sur le rivage. Quelquefois on enlevait à ranimai d'énormes lambeaux. Tout ce qu'il faisait alors était d'agiter violemment la qiieue et de résister de ses pieds de devant, au point que souvent il se détachait de graqds fragments d'épiderme. De plus, l'animal respirait fortement et comme en gémissant, et lo sang s'élevait en iaillissant de son dos blesse^ ; tant qu'il avait fa tête cachée sous l'eau, le sang ne coulait plus; mais dès qu'il élevait la tête pour respirer, le sang sortait de nouveau : cela tenait à ce que les poumons, placés dans le dos, avaient été blessés, et que l'air dont ils se remplissaient ajoutait à l'impulsion du sang. De ce phénomène j'avais peine à ne pas conclure que la circulation se faisait dans cet animal , comme dans le Phoque, de deux façons : à l'air libre, par les poumons, sous l'eau, par le trou ovale et le conduit artériely quoique je n'4iie trouvé ni l'un ni l'autre.

« Les individus adultes et les très-grands sont plus faciles à capturer que les- petits,

Earce que ces derniers ont des mouvements eaucoup plus impétueux, et que leur peau en se déchirant leur ()ermet d'échapper au grappin, ce que i'ai vu plusieurs tois*

« Lorsqu'un de ces animaux, saisi par Je harpon , commence à s'agiter violemment, ses proches et les troupeaux voisins se dis^ posent h porter secours au prisonnier :. les uns cherchent à renverser la cbaloupe aveo leur dos , d'autres s'attachent au- câble et cherchent aie briser, ou essaient, par les secousses de leur queue,. d*arcacber le fer du dos du blessé ; et leurs efl'oris sont quelquefois heureuXb J'ai vu un exemple curieux d'affection conjugale dans un mâle : après avoir fait de vains efforts pour délivrer sa femelle saisie par le harpon, sans paraître sensible aux coups qu'il avait reçus, il continua de la suivre» jusqu'au rivage, et» h plusieurs reprises, au moyen d'efforts violents, il s'approcha d'elle. Le lendemain^ lorsque nous vînmes pour couper la chair et la porter dans nos demeures, nous retrouvâmes de nouveau le mâle auprès de s» femelle, et je fus témoin du même lait le troisième jour, m'étant dirigé seul vers ce point pour examiner les intestins.

« Cet animal est muet, il ne fait entendre aucune voix; il soufQe seulement fortement, et pousse, lorsqu'il est blessé, une espèce do soupir.

« le ne saurais aflirmer jusqu'oik s'étendent chez ces animaux les facultés de la. vue et de l'ouïe : peul-ÔIro voient-ils et entendent-ils peu, parce qu'ils ont toiyours la tôte sous l'eau ; d'ailleurs il semble qu'ils fassent peu d'usage et peu de c-as de ces organes.

a Parmi tous ceux qui ont écrit, sur le^ Lamantin, personne n'en a parlé d'une manière plus complète et plus exacte que le capitaine Dampier, dans son Voj'age publié en anglais, Londres, 1702. Je n'y trouve rien à reprendre, sauf quelques, faits qui ne se rapportent pas exactement à notre animal ;

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car il dit qu il y a deux espèces de Lamantins, dont rune à la vue plus fine que rouïe, et Tautre l'ouïe plus fine que la vue. Pour ce qu'il raconte de la chasse de cet animal , que les Américains s'approchent sans bruit et sans parler, de peur de le faire fuir, cela vient, sans aucun uoute, de ce que, dans les lieux où on les chasse le plus fréquemment, i4s ont appris par une longue expérience que l'homme leur était ennemi. La même chose a eu lieu pour les Loutres, les Phoques, les Isatis, qui jamais n'avaient rencontré d'homme dans celte île déserte, et n'avaient jamais été inquiétés dans leur repos. Lorsque nous arrivâmes dans l'Ile de Behring, nous les tuions sans peine ; mais bienl6t ils devinrent aussi sauvages qu'au Kamtschatka, et reconnaissant leur ennemi, non-seulement par la vue, mais à sa trace, ils lui échappaient par la fuite.

« 11 arrive quelquefois que les Lamantins sont rejetés morts par les flots vers le promontoire appelé Kronoskoi, et dans le golfe d'Awatscha. Ils sont appelés par les habitants du Kamtschatka, à cause de la nourriture qu'ils en tirent, Kapustnik^ ce que j'ai appris après mon retour en 1782. Enfin, pour ce qui regarde les usages de cet anintfl, les Américains, au rapport d'Hernandez, en emploient la peau, épaisse et résistante, pour aes semelles et des ceintures. On m'assure que les Tschuktschis se servent de la peau pour foire des nacelles, en l'étendant au moyen de bâtons et en la façonnant de la même manière que le font les Coréens

Gur les peaux des grands Phoques, appelés cbtak.

« La graisse sous-cutanée, qui forme autour du corps une enveloppe de huit pouces, et en quelques endroits de neuf pouces d'épaisseur t est glanduleuse, consistante, blanche ; exposée au soleil, elle jaunit un peu comme du beurre, elle a une odeur et une saveur très-agréables; elle ne ressemble à la graisse d'aucun autre animal marin, et elle est bien supérieure à la graisse des Quadrupèdes ; car, outre qu'on peut la conserver longtemps et par les jours les plus chauds, sans qu'elle rancisse ou prenne une mauvaise odeur, elle devient, quand on la fait cuire» si douce et si sapidé, qu'elle nous a été tout désir de posséder du beurre; elle se rapproche de la saveur de l'huile d'amandes douces, et peut être employée aux mêmes usages que le beurre. Elle brûle en donnant une lumière brillante, sans fumée et sans odeur. Peut-être son usage en médecine n'est- t-il pas à dédaigner, car elle relâche doucement le ventre, ne cause ni nausées ni perte d'appétit, et serait, je crois, plus utile aux calculeux que les os masticateurs ou ce qu'on nomme les pierres de Lamantins. La graisse de la queue est plus ferme, plus consistante, et plus délicate à la cuisson. La chair consiste en fibres un peu plus fortes et plus épaisses que dans la chair de Bœuf ; elle est plus rouge que ceiledes animaux terrestres, et, ce qui est bieu remarquable, elle se conserve fort long-

temps sans odeur à l'air utre, et par l» jours les plus chauds, bien Qu'elle soit de toutes parts rongée par les Vers.

« La chair, quoique elle ait besoin (Tooe cuisson prolongée, a une saveur très-igré». ble, et est difiicile à distinguer de celte ài Bœuf. La graisse des jeunes ressemble t^ lement au lard frais du Cochon, qu on Veo distingue à ueine : leur chair ne diO^ pas de celle au Veau ; elle se ramollit rapidement par la cuisson, et elle s'y gonfle à ti) point, qu'elle occupe un espace double de celui qu'elle occupait avant.

a L'animal adulte pesait environ 8,00011vresSO centièmes, ou 200 couds de Russie.

« La multitude de ces animaux autour dt cette seule Ile est si grande , qu'elle suffit constamment k nourrir les habitants dj Kamtschatka. n

Les Lamantins sont attaqués par un losecte parasite particulier , qui occupe eo grand nombre les bras , les mamelles, le mamelon, les parties génitales, l'anus et les rugosités de l'épiderme; et lorsau'ils percent l'épiderme et la peau, la lympne ens'épanchant produit ces tumeurs qu'on distingue quelquefois en dilTérents endroits. La présence de ces Insectes attire les Mouettes, qui viennent, sur le dos de Lamaolins. saisir de leurs becs pointus cette Dourrilcrt qu'ils aiment, et rendent par là à ces animaux, que ces Insectes fatiguent, uns^vice important.

STELLION, steliio, genre de Reptiles sauriens de la famille des Iguaniens , section d^ Agarniens, établi par Daudin pour des espèces placées par Linné dans le genre Lézard. — Les Stellions se distinguent parles caractères suivants : lé corps est un peu épais, couvert d'une peau lâche et garnie d'écaillés nombreuses; la lôte est allongée, légèrement aplatie en dessus; il n'y a pas de dents [»litines ; la langue est charnue, élargie, épaisset non extensible et seulement échancrée à si ointe ; le cou est distinct, les pieds sont ilongés, à doigts amincis, séparés, non opposables et onguiculés; la queue, cylindrique ou comprimée, est verticillée ; les verlicilles assez larges et recouverts d'écaillés carénte et souvent épineuses.

G. Cuviera établi parmi les Stallions.H quatre divisions suivantes :

5 L Les CoRDTLES (Cordyluf).foy,cem^i

S IL Les Stellions ordinaires (Stelî» .

Le corps est presque entièrement recouTert de très-petites écailles; mais on remarque çà et là, sur le dos et les cuisses, des écaij'^ plus grandes que Jes autres et auelquefois épineuses ; de petits groupes d épines entourent les oreilles; les épines de la quf'J* sont médiocres; la tête est renflée en arrière par les muscles des mâchoires; la queue est longue et finit en pointe.

La seule espèce de ce groupe qui s^^^ nue est le Stellion du Levant {SteUi9 wwgaris). Il a un pied environ du bout du mûseau à l'extrémité de la queue, qui fomJ^* peu près les trois cinquièmes de la lougwfjj| totale; il est généralement d'un brun on»}-

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