‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 177 sur 204 · TAN · texte numérisé non relu

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Syngnathes sont engages en entier. Ces poissons sont, en effet, retétus d'une longue cuirasse qui s'étend depuis la tête jusqu'à reitrémite de la queue. Cette cuirasse est composée d'un très-grand nombre d'anneaux placés à la suite run de l'autre, et dont chacun est articulé avec celui qui le précède et celui qui le suit. Ces anneaux ne sont pas circulaires, mais à plusieurs côtés ; et cx)mme les faces analogues de ces anneaux

se correspondent d*un bout a VattUe d* ranimai, 1 ensemble de la cuirasse, ou, poyr mieux dire, du très-long étui qu'ils fortseiA, ressemble è un prisme à plusieurs pans. Le nombre de ces pans varie suivant les espèce^, ainsi que celui des anneaux qui reooufr^ le corps et la queue proprement dite.

SYSTÈME NERVEUX. Foy. Neifs SYSTÈME PANTHÉISTE sur Torigiaedes êtres organisés. Voy. riRT&oDucTiO!i.

TAMBOUR, Pogoniasj genre de poissons de la famille des Sciénoïdes. — Ces poissons sont faciles à reconnaître à leur corps allongé, comprimé latéralement, revêtu de grandes écailles, et terminé en pointe ; par leur museau obtus, bombé, et les os de leur tête caverneux; par leurs opercules écailleux, mais sans dentelures ; par leur double dor« sale et leur bouche garnie de petites dents en velours. Ajoutez è cela que les Tambours ont de5 pores sous la mâchoire inférieure, et que cette dernière est garnie de nombreux petits barbillons, adhérents à la peau, et rapiirochés sous la symphyse. Ces poissons se l'ont remarquer par leur grande taille (Quelques-uns atteignent jusqu'à sept pieds de long) et surtout par le bruit qu'ils font entendre, et que l'on a compare à celui d'un tambour, ce qui leur a fait donner leur nom vulgaire. Ce genre b été divisé en deux sousgenres ; ce sont les Tambours proprement dits, et les Micropogons.

Les Tambours (Pogonias). Cette division est composée d'espèces au? joignent aux formes des Sciènos, otà tous les caratères des Ombrines, celui d'avoir.denombreux barbillons sous les branches de la mâchoire inférieure.

Exemples : le grand Tambour, Pooonias (CAromtf ,Cuvier), appeléaussi £a6rti5cAromt> par Linné. Sa nuque est bombée et un peu carénée ; .sa tête est grosse et renflée par les cfûtés, plus courte et plus obtuse au museau ; sa bouche est petite, garnie d'un grand nombre de dents serrées, assez grosses, droites, égales entre elles , et mousses ; de petits barbillons grêles et mous, semblables à des vers, au nombre d'une vingtaine, disposés par rangées transversales, pendent des deux côtés de la mâchoire inférieure. Long de trois pieds et demi, il pèse IS, 20 et 30 livres ; d'une couleur d'argent sombre, avec une teinte cuivrée et rougeâtre. 11 se trouve en Amérique. Le Pogomas fascia-tuê, Lacép., autre espèce analogue à la précédente, qu'on reconnaît h sa belle couleur argentée, avec quatre bandes verticales brunes ou noirâtres ; c'est è cette circonstance qu'elle doit son nom spécifique de Fasciatus^ qui signifie à bandes. L'Amérique la possède.

Les MiCR0P0G05s (Micropogon)^ chez lesquels il existe également des barbillons., mais où ce caractère est presque imperceptible, tant leurs barbillons sont exigus. Foy«

TANCHE de mer. Toy. Phtcis.

TANCHE, Tinca^ genre de poissons de la famille des Cynrinoïdes , ordre des Malacoptérygieos abdominaux. — Les Tancbe?

sont aussi sujettes que les GouionsàTarin dans leurs nuances, suivant Tâge, le seie, le climat, les aliments et les qualités d« l'eau. Communément on remarque daj«iiM verdâtre sur leurs joues, du blanc surleut

Î;orge, du vert foncé sur leur front et sut eur dos, du vert clair sur la partie supérieure de leurs côtés, du jaune sur la pirlk inférieure de ces dernières portions, dt blanchâtre sur le ventre, du violet sur 1^ nageoires ; mais plusieurs individus nn»trent un vert plus éclairci, au plustoisi du noir; les mâles particulièrement oDldrs teintes moins obscures. Ils ont aussi les ventrales |)lus grandes, les os plus forts, k chair plus grasse et plus agréable au goâi Dans les femelles comme dans les mAI^, li t^te est grosse, le front large, l'œil peiii la lèvre épaisse, le dos un peu arqué; cbi^ cun des os qui retiennent les pectorales ci les ventrales, très-fort ; la peau noire; toott l8 surface de Tanimal couverte d'une lutière visqueuse assez abondante pour eut

[)écher de distinguer facilement lesécaitb 'épine dorsale composée de 39 fertèbrri et soutenue à droite et à gaucbe par li côtes.

On trouve des Tanches dans presque toutes les parties du globe. Elles habit^^ dans les lacs et dans les marais :leseaai stagnantes et vaseuses sont celles qa'ellf! recherchent. Elles ne craignent pas ^^ rigueurs de l'hiver : on n'a pas mémeocsott dans certaines contrées, do casser en éS^ rents endroits la glace qui se forme au; dessus de leur asile; ce qui prouve qtti n'est pas nécessaire d'y donner une i^sw aux çaz qui peuvent se produire dans leor» retraites, et ce qui paraît indiquer quett» y passent la saison du froid enfoncées daw le limon, et au moins à demi engourdies ainsi que Tont pensé plusieurs naluralisij^- On peut mettre des Tanches dans <»

viviers, dans des mares , môme dans à^ simples abreuvoirs; elles secuntenleul^ peu d'espace. Lorsque 1 été approcha, ««* cherchent des places couvertes d'herbe p*J y déposer leurs œufe, qui sont verdltrts** Irès-petits. On ies pèche à l'hameçon •lo*' qu'avec des filets; mais fréquemment e-i^ rendent vains les efforts des pécûcors. i^

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[ue la rase ou la force des poissons vôraces, n se cachant dans la vase. La crainte, tout omuie le besoin de céder à l'influence des haogements de temps , les porte aussi [uelauefois à s*é)ancer hors de Teau, dont e déiaut ne leur fait pas perdre la vie aussi ite qu'à beaucoup d^autres poissons.

Elles se nourrissent des mêmes substances [ue les Carpes, et peuvent par conséquent luire h leur multiplication. Leur poids peut (re de six à huit livres. Leur chair molle, t quelquefois imprégnée d'une odeur de imon et de boue, est difficile h digérer, lais d'ailleurs, suivant les pays, les temps, es époques de l'année, les altérations ou es modiGcations des individus, et une sorte le mode ou de convention, elles ont été stimées ou dédaignées. On s'est même Bsez occupé de ces Abdominaux, dans beauoup de contrées, pour leur attribuer des proiriélés très-extraordinaires. On a cru que, oupées en morceaux, et mises sous la liante des pieds , elles guérissaient de la icsteet des fièvres brûlantes; qu'appliquées ivanles sur le front, elles apaisaient les aaux de tète; Qu'attachées sur la nuque, illes calmaient l'inflammation des yeux; me placées sur le ventre, elles faisaient llsparaitre la jaunisse; que leur fiel chassait es Vers.

TARSE. Voy. Squelette.

TEINTURIERS, espèce de poissons. Toy.

Aaqubreau.

TÉLESCOPE. Toy. Pomatome et Carpe.

TESTDDO. Voy. Tortue.

TÊTARD. — C'est le nom que portent les batraciens au sortir de l'œuf. Nous allons îxposer brièvement les principaux changenents qui s'opèrent chez le Têtard de la Grelouille, changements qui consistent surtout lans la disparition de la queue, dans le nodede développement des pattes et de leur iddition, et, pour ainsi dire, de leur adjonclion aux autres parties du corps, ainsi que lans la présence d'un bec cartilagineux analogue à celui des poissons.

On a remarque une différence entre le rétard de la Grenouille et celui de la Salamandre, autre Batracien, au moment oii ils Mrtent de l'œuf. Il semblerait que le Têtard de la Grenouille, qui doit devenir un animal plus parfait que la Salamandre, sort de l'œuf trop prématurément ; on dirait, en effet, que ^u organisation est bien plus incomplète que celle du Têtard de la Salamandre ; lors de la sortie de l'œuf, ce dernier a tous les orwnes qu'il doit avoir, et il n'est pas jusqu'à la forrne çénérale et déOnitive du corps qu'il ne possède déjà. 11 ne lui reste à subir, pour Passer à Télat d'animal parfait, que de légères modiQcations ; encore faut-il remarquer |(ue ces modifications consistent, non dans laddition ou le développement, mais bien ^ns l'atropine et la diminution de quelques organes.

Au contraire, le Têtard de la Grenouille se I^esente sous une forme tout autre que celle MU il doit avoir plus tard. Ses membres pelviens et tlioraciques ue sont qu'ébauchés et

non apparents à Textérieur; le train de derrière s'applique, pour ainsi dire, après coup, au reste de l'animal ; le bassin se forme en avant des muscles, qui meuvent une longue échine; un bec cartilagineux se trouve en avant de la mâchoire inférieure incomplètement développée, et remplacée par une bouche en quelque sorte transitoire. Tout ce changement, qui s'opère chez le Têtard de la Salamandre avant la naissance . s'effectue chez le Têtard de la Grenouille lorsque celui-ci est sorti de l'œuf, ce qui ferait croire au premier abord que le Têtard de la Grenouille subit des changements plus nombreux, et que sa composition organique est plus élevée. Du reste, ce n'est point lorsqu'il se forme et se développe que le Têtard de la Grenouille offre le plus d'intérêt, c'est surtout dans la période où il perd ses organes. Ainsi, lorsque le Têtard a pris tout l'accroissement possible, il arrive un moment où tout demeure stationnaire; mais bientôt le jeune Beptile perd la membrane vasculaire qui entoure la partie charnue de la queue, et c'est alors qu'il commence à décroître.

ï>ès que la queue commence à perdre de so longueur, elle semble déjà plus ronde, ce quPest un effet naturel de la disparition de la membrane vasculaire. Tous les jours la queue perd une ligne environ de sa longueur, et en même temps on voit que les pattes de devant exécutent des mouvements et distendent fortement la membrane qui les enveloppe. On aperçoit aussi que la bouche du petit Têtard se fend davantage. C'est au moment où tous ces changements s'opèrent, que le petit Reptile semble prévoir qu'il est destiné à vivre au moyen d'une organisation plus élevée et tout autre que la sienne. Il est dans une agitation continuelle ; il va au fond de l'eau avec rapidité, revient à la surface du liquide avec une vitesse égale; tous ses mouvements paraissent désordonnés, et Ton dirait qu'ils sont déterminés par un mouvement de joie. Tel n'est pas cependant le véritable motif de son agitation; toutes ces allées et venues, tous ces mouvements violents ont pour but de déchirer l'enveloppe des pattes de devant; aussi vo\ons-nous le Têtard rester fort tranquille aussitôt mi'ii est parvenu à déchirer le sac branchial. Il arrive très-souvent qu'une des pattes sort la première, tandis que Tautre reste quelquefois deux ou trois jours avant de se débarrasser de son enveloppe.

Lorsque le Têtard a ainsi délivré ses pattes, il va à la surface du liquide, se place sur le flanc ou sur le dos, et reste là comme mort. Le Têtard alors n'est pas immobile par le seul effet de la fatigue; il l'est surtout par les

Î;rands changements qui s'opèrent du côté de a circulation branchiale et de la respiratioo fmlmonaire, changements qui ont de l'anaogie avec ceux que nous avons observés chez les Têtards des Salamandres.

Aussitôt que les pattes de devant sont sorties, le petit Reptile cherehe les lieux obscurs; on dirait que la lumière l'incommode; ainsi soustrait aux regards del'obser-

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valeur, il se place au borJ de l'eau de manière à ce que sa iéte soit entièrement hors du liquide et sur Therbe. Il reste ainsi sans bouger jusqu'à ce que la queue soit réduite à une longueur de deux à irois lignes. C'est donc en respirant hors de l'eau que le Têtard «e mét/iraorphoso. Il résulte de \h que les branchies ne sont nîus arrosées : que les parois des sacs brancniaux se collent contre le ^rps de ranimai et que les poumons fonctionnent seuls. Mais si, au lieu de laisser le Têtard libre de faire ce qui lui convient, on le force à demeurer dans l'eau après que les pattes sont sorties, on voit qu'il s'efforce de lester sur l'eau, ses narines toujours hors •lu liquide; il s'élance même comme pour

orlir de l'élément qui ne lui est plus neces- «iaire. Chaque fois c[u'il prend une gorgée d'eau, le sac branchial se gontle, et, au bout \\e quelque temps, il laisse échapper une bulle d'air par l'ouverture qui a déterminé la sortie de la paite. On conçoit facilement que, de cette manière, la persistance des ouvertures accidentelles facilite la sortie de •'eau qui pénètre dans la bouche, ce qui devrait continuer à faire vivre le petit Têtard; mais comme le sang est alors détourné xles branchies, il en résulte que la respiration branchiale esc tout à fait incomplète et in-

uffisante. Il faut par conséauent que le poumon vienne concourir à l'oxygéiialion du <:ang : pour cela il est indispensable que le uî»tit être soit hors de l'eau; autrement il meurt au bout de deux jours environ : si on ''e3(amine alors, on le trouve gonflé d'eau, et il paraît avoir succombé à l'asphyxie.

Ce fait a conduit à penser aue l'eau devait être avalée par le Têtard maigre l'existence lies fentes branchiales internés, et c'est en examinant l'intérieur de la bouche que l'on a vu la communication avec l'extérieur ne plus exister que très-incomplétemenl à celte époque. La muqueuse buccale, qui offrait deux grandes ouvertures en se rapprochant de la ligne médiane, les a obstruées, de telle sorte que l'eau ne peut plus sortir par le trou branchial, ni même par les déchirures qu'ont produites l«s pattes en sortant de leurs enveloppes. Il y a évidemment coïncidence entre tous les moyens pris par la nature pour faire changer la condition organique du petit être; cir, en même temps que la queue est obligée de disparaître, nous voyons que les pattes de devant sortent, que 1.1 muqueuse buccale ferme les voies de communication, et que toute la circulation ' branchiale change. Wous allons indiquer de quelle manière la queue dis^iaraît complètement.

De jour en jour la queue se raccourcit; elle perd dans l'espace de vingt-quatre h 'ures une ligne environ de sa longueur. Celle diminution ne laisse voir aucune trace apparente de la chute d'une partie équivalente de la queuo. L'extrémité caudale est arrondie et lissid. Elle est aussi d'un noir [dus ou moins foncé. Celle partie, qui est frappée de mort, se raccourcit et se contourne sur elle-même, ou bien, sans se contourner, reste lisse et

arrondie h l'extrémité. Dans tous les casrteD ne se détache du corps; la partie qui est ainsi comme sphacêlée est entièrement résorbée, et au bout de quelques jours (coq à six), il ne reste plus qu'un petit tubercule noirâtre, situé sur l'anus, au bas de U colon'ie vertébrale. Ce petit tubercule disparaît aussi en peu de temps, et la peau se continue en ce point sans cicatrice, comme s'il n'y avait jamais eu de prolongement.

On a voulu savoir si Ton pourrait reconnaître les parties constituant la gueue, lorsqu'elle est frappée de mortiGcation, et pour Cela, on en a rendu un grand nombre qui avaient une longueur très-différente, et roo a constamment reconnu que le péril canal caudal s'était réduit à une substance molle, mais toujours blanche; que la pousse noire qui entoure le canal est le résidu des musdes de la queue, qu'il n'y a point de vaisseaut, encore moins de filets nerveux ; enOn qdt toute la partie privée de la vie ne donne aucune odeur, et qu'elle est entièremeit résorbée.

TÊTE. Voy. Squelette.

TÉTRAGONDRE, genre de poissons delà famille des Mugiloïdes. — Laseuleespèceooonue est le Courpata ou Corbeau des cOtes de la Méditerranée^ Tetrag. CuvieriU Rissoj. Suivant les observations de M. Risso, u chair de ce poisson, quoique blanche et tendre, est vénéneuse : il l'a éprouvé sur luimême, et plusieurs fois il a ressenti, apr^ en avoir mangé, des douleurs aiguës dans les entrailles, principalement vers la région épigastrique et auprès de l'ombilic; levenire s*est météorisé; une chaleur pénible a échauffé la gorge et l'œsophage ; ces accidents furent accompagnés de nausées fréquentes suivies de vomissements d'une humeur glaireuse; des ténesmes et de la lassitude pendant d 'ux jours terminèrent ces différents symptômes. M. Risso attribue ces effeU pernicieux h la nourriture de ce poisson, qui consiste en Méduses et autres Zoophyles.

L'individu est long d'un pied ou à peu près; il fraie au mois d'août, et ce n'est u'à cette époque seulement qu'il approdîe u rivage.

TETRODON, Téiraodon, genre de poissons d? la famille desGymnodonles. — Les poissons cartilagineux que nous allons examiner ont reçu le nom de Tétrodon, qui signifie quatre dents à cause de la conformation singulière de leurs mâchoires. Elles sont, en elfet, larges, dures, osseuses, saillaDtes,queJquefois arrondies sur le devant, et séparées chacune, dans celte partie antérieure, par une fente verticale, en deux portions auxquelles le nom de dents a été donné. C« quatre dents ou ces quatre portions de oàcnoires osseuses, qui débordent les lèwes, sont ordinairement dentelées, et ont beaucoui) de rapports avec les mâchoires dures et dentelées des tortues. Dans les espèce» où leur partie antérieure se prolonge on jei e i pointe, ces portions de mâchoires resseffl' blenl un peu aux mandibules du bec duB Perroquet ; et de là vient le nom que uott>

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aToos oonsenré au Télrodon que nous allons décrire dans cel article.

Ces mâcboireSy placées hors des lèrres, fortes et crénelées» sont très-propres à écraser les Crustacés et les coquillages « dont les Tétrodons se nourrissent souvent. Ces poissons ont, par la nature de cet apnétit pour les animaui revêtus d'un têt ou d une coquille, un rapport d*habitude avec les Ostracions, auxquels ils ressemblent aussi par des traits de leur conformation. Comme les Ostracions, ils ont une membrane branchiale et un opercule : la membrane est communément dénuée de rayons; et l'opercule plus OQ moins difficile è distinguer, surtout dans l€tf indivi^ius desséchés ou altérés d*une antre manière, consiste ordinairement dans une petite plaque cartilagineuse. Ils n'ont pas reçu de la puissance créatrice cette enveloppe solide dans laquelle la plus grande partie du corps des Ostracions est garantie de la dent de plusieurs poissons assez forts et assez bien armés; la nature ne leur a pas donné les boucliers larges et épais qu'elle a disposés sur le dos des Acipensères ; elle ne les a pas revêtus de la peau épaisse des Batistes ; mais une partie plus ou moins grande de leur surface est hérissée, dans presque toutes les espèces de cette famille, oe petits piquants dont le nombre compense la briè- Yeié. Ces pointes blessent assez la main qui Teut retenir le poisson, ou fanimal qui veut le saisir, pour contraindre souvent à lâcher prise et à cesser de poursuivre le Tétrodon ; et il est à remarquer que la seule espèce de ce çenre que Ton ait vue absolument sans aiguillons a été douée, pour se défendre, de la force et de la grandeur.

Mais indépendamment de ces armes, au moins très-multipliées si elles sont [>eu visibles, les Tétrodons jouissent d'une faculté qui leur est utile dans beaucoup de circonstances, et qu'ils possèdent à un plus haut degré que presque tous les poissons connus.

Nous avons vu les Balistes, et d'autres Cartilagineux, gonfler une partie de leur corps à volonté et d'une manière plus ou moins sensible. Les Tétrodons enûeni ainsi leur partie inférieure, mais ils peuvent donner à cette partie une extension si considérable,

Îu'elle devientcomme unegrosse boulesoufée , dans la portion supérieure de laquelle disparaît, pour ainsi dire, quelquefois, le corps proprementdit, quelque cylindrique ou quelque conique que soit sa forme. Ils usent de cette faculté, et s'arrondissent plus ou moins suivant les différents besoins qu'ils ▼eulent satisfaire ; et de ces gonflements plus ou moins considérables, sont venues les erreurs de plusieurs observateurs qui ont rapportée différentes espèces des individus de fa même, enflés et étendus à des degrés inégaux.

Mais quelle est précisément la partie de leur corps dont les Tétrodons peuvent augmenter le volume, en y introduisant ou de l'air atmosphérique, ou un gaz, ou un fluide quelconque ? C'est une sorte de sae formé

par une membrane située entre les intestins et le péritoine qui les couvre, et celte pellicule très-souple est la membrane interne de ce même péritoine. Au reste, un habile ichthyologiste s'est assuré de la communication de l'intérieur de ce sac avec la cavité qui contient les branchies ; il l'a, en effet, gonflé, en soufflant par louverture branchiale. Quoi qu'il en soit, les parties voisines de cette poche partagent sa souplesse, se prêtent à son gonflement, s'étendent ellesmêmes. La peau de l'animal, ordinairement assez mince et plissée, pouvant recevoir aussi un grand développement, toute la portion inférieure du corps du Télrodon, et même ses côtés, s'enflent et se dilatent au point de représenter un globe plus ou moins parfait, et si grand, à proportion du volume du poisson, que l'on croirait, en le voyant nager dans cet état, n'avoir sous les yeux qu'un ballon flottant entre deux eaux, ou sur la surface des mers.

C'est principalement lorsque les Tétrodons veulent s'élever qu'ils gonflent ainsi leur corps, le remplissent d'un fluide moins pesant gue l'eau, et au^entent leur légèreté spécitique. Ils compriment, au contraire, le sac de leur péritoine, lorsqu'ils veulent descendre avec plus de £icilité dans les profondeurs de l'Océan; et la partie inférieure de leur corps est pour ces Cartilagineux une seconde Tessie natatoire , plus puissante même peut-être que leur véritable vessie aérienne, quoique cette dernière soit assez étendue , relativement è la grandeur de l'animal.

Les Tétrodons s'enflent aussi et s'arrondissent, lorsqu'ils veulent résister è une attaque ; et ils se boursouflient ainsi non-seulement pour opposer à leurs ennemis un volume plus grand et plus embarrassant, mais encore, parce que, dans cet état de tension des téguments, les aiguillons qui garnissent la peau sont aussi saillants et aussi dressés qu'ils peuvent l'être.

Le TÉTBODON HÉBissé (Titraodon kispidus^ Linn., Gmel., Lacép., Cuv.). Ce n'est pas seulement dans les mers de l'Inde qu'habite ce Tétrodon ; il vit aussi dans la Méditerranée, où on le trouve particulièrement auprès des côtes septentrionales de l'Afrique , et oik il se tient quelquefois dans l'embouchure du Nil et des autres rivières dont les eaux descendent- des montagnes plus ou moins voisines de ces rivages africains. Aussi les anciens l'ont-ils connu ; et Pline en a parlé en lui donnant le nom &Orbïs. II mérite, en effet, cette dénomination, qui lui a été conservée par plusieurs auteurs ; il la jus tifîe du moins par sa forme, plus que la plupart des autres Tétrodons, lorsqu'en se gonflant il s'est donné toute l'extension dont il est susceptible. Dans cet état d'enflure , il ressemble d'autant plus à un globe* que la dilatation s*étend au-dessous de la queue, presque jusqu'à l'extrémité de cette partie, et que Ton n'aurais besoin de retrancher de l'animal qu'une très-petite portion de son museau et sa nageoire caudale, pour en fair»5

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une véritable boule. Aussi Pline a-t-il dit que ce poisson était» en quelque sorte, composé d'une tête sans corps ; mais , comme l'ont observé Rondelet et d'autres auteurs, on devrait plutôt le croire formé d'un ventre sans tête, puisque c'est sa partie inférieure qui, en se remplissant d'un fluide quelconque, lui donne son grand volume et son arrondissement.

Le Tétrodon hérissé n'est pas bon à manger ; il renferme trop de parties susceptibles d'extension, et trop peu de portions charnues. Dans plusieurs contrées voisines des bords de la Méditerranée, ou des rivages des autres mers dans lesquelles habite ce Cartilagineux, on l'a souvent fait sécher avec soin dans son état de gonflement ; on l'a rempli de matières légères, pour conserver sa rondeur ; on l'a suspendu autour des temples et d'autres édiûces, à la place des g^irouettes ; et , en effet, la aueuo d'un Hérissé ainsi préparé et rendu trèsHUobile a dû toujours se tourner vers le point de l'horizon opposé à la direction du vent.

Le Tbtrodon ceoissant ( Telraodon ocellotus, Linn., Gmel., Cuv.). Le Croissant vit en Egypte, mais il habite aussi en Asie, et paticulièrement dans les eaux de la Chine et dans celles du Japon. 11 est regardé, dans toutes les contrées où on le pèche, comme une nourriture dangereuse, lorsqu'il n'a pas été vidé avec un très-grand soin. La qualité funeste qu'on lui attribue vient peut-être le plus souvent de la nature des aliments qu'il préfère, et oui, salutaires pour ce poisson, sont très-malfaisants pour d'autres animaux, et surtout pour l'homme ; mais il se pourrait qu'une longue habitude de convertir en sa propre substance des aliments nuisibles fit contracter à la chair même du Croissant, ou aux sucs renfermés dans l'intérieur de son corps, des propriétés vénéneuses. Cette qualité délétère au Croissant est reconnue depuis plusieurs siècles au Japon et eu Egypte, où la superstition a fait croire depuis longtemps que l'espèce entière de ce Tétrodon avait été condamnée à renfermer ainsi un poison actif, parce que des individus de cette même espèce avaient autrefois dévoré le corps d'un Pharaon tombé dans le Nil. Au reste, le venin que renferme le Croissant, à quelque cause qu'il faille le rapporter, est très-puissant, au moins dans le Japon, puisque, suivant Osbeck, cet animal peut y donner la mort dans deux heures a ceux qui s'en nourrissent. Aussi les soldats de cette contrée orientale, et tous ceux de ses habitants sur lesquels on peut exercer une surveillance exacte, ont-ils reçu une défense rigoureuse de manger du Tétrodon Croissant.

Mais si l'on doit redouter de se nourrir de ce Cartilagineux , on doit aimer à le voir, à cause de Ta beauté de ses couleurs. Le dessous de son corps est blanc ; ses nageoires sont jaunâtres ; sa partie supérieure est d'un vert foncé, et sur son dos on voit une tache, et au-devant de la tache une bande transversale, large et en croissant, toutes les deux noires et bordées de jaune.

Le Tétrodon électrique {Tetnod^ dtt- /mu5, Linn., Gmel, Paterson, Lacép., Cut. . Les plus belles couleurs parent ce poissoo. U est, en effet, brun sur le dos, jaone sur les cêtés, vert de mer en dessous; ses nigeoires sont rousses ou vertes ; son iris est rouge , et cet agréable assortiment est releré par des taches rouges, vertes, blanche et quelquefois d'autres nuances très-Tiies. Mais il est encore plus remarquable parli propriété de faire éprouver de fortes commotions à ceux qui veulent le saisir. Cette qualité est une faculté véritablemeat éle^ trique que nous avons déjà vue dans oa Gymnote.

Ce Cartilagineux habite au miliea in bancs de corail creusés par la mer, et qui entourent l'Ue Saint-Jean, près de celle de Comorre, dans l'Océan Indien. Lorsqa^ilji été péché, l'eau était à la température di 16 de^s du thermomètre de Réaumv.

Il parvient au moins à la longueur de seot pouces ; et c'est M. Paterson qui l'a décrit le premier.

Le TÉTRODON Lune {Orihagoriicusmtk Schneid., Cuv., Lacép.). Ce poisson, uo des plus remarquables par sa forme, habite dobseulement dans la Méditerranée, où on le trouve très-fréquemment, mais encore dans l'Océan, où. on le pêche à presque toutes ks latitudes, depuis le cap de Bonne-^pénon jusque vers l'extrémité septentrionale de li mer du Nord. 11 est très-aisé de le distiih guer d'un trèS'grand nombre de poissons et particulièrement de ceux de sou genre, par l'aplatissement de son corps, si comprimé latéralement, et ordinairement si B^ rondi dans le contour vertical qu'aper^ vent ceux qui regardent un de ses câî^ qu'on a comparé son ensemble à un disque; et voilà pourquoi le nom de Soleil lui a été donné, ainsi que celui de Lune^ qui a été ce-

fiendaut plus généralement adopté. 11 a d'aileurs, sur cette grande surface presque ci^ culaire que chaque côté présente, cet éclat blanchâtre qui distingue la lumière de li lune. En effet, si son dos est commuoéiuefll d'une nuance très-foncée et presaue noire, ses côtés et son ventre brillent d une mleur argentine très-resplendissante, surtoot lorsque le Tétrodon est exposé aux rajooj du soleil. Mais ce n'est pas seulement pendant le jour qu*il répand ainsi cet éclat argentin, qu'il ne doit alors qu'à la réfieiioQ d'une clarté étrangère : pendant U nuit ii brille de sa propre lumière; il montre, de même qu'un très-grand nombre de poissoi^ et plus vivement que plusieurs de ces animaux, une splendeur phosphoriçiue qou tient de la matière huileuse dont il est imprégné. Cette splendeur paraît d'autant pios vive que la nuit est plus obscure: et lofr que le poisson Lune est un peu éloigné de la surface de la mer, la lumière qui émaoe de presque toutes les parties de son conv. et qui est doucement modifiée et noà^ ondulante par les couches d'eau qu'elle t»; verse, ressemble beaucoup à cette clarté tremblante dont la lune remplil 1'*^

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