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sphère lorsqu'elle est un peu voilée par des nuages Xégm- Ceux qui s'approebeut , au milieu de ténèbres épaisses, des rivages de la mer auprès desquels nage le Tétrodon dont nous nous occupons, éprouvent souvent un moment de surprise en jetant les yenx sur ce disque lumineux, et en le prenani^ sans y songer, pour Timage de la lune, qu'ils cherchent cependant en vain dans le ciel. Plusieurs individus de cette espèce très-pbospboriques, voguant assez fftrès les uns des autres, multiplient cette sorte d'image ; et les figures lumineuses, nombreuses et très-mobiles que présentent ces poissons composent un spectacle d'autant plus étendu, que ces Tétrodons peuvent être vus de très-loin. Ils parviennent, en effet « à la longueur de « mètres , ou un peu plus de 12 pieds; et comme leur hauteur est à peu près égale à leur longueur, un peut dire qu'ils peuvent montrer de chaque côté une surface resplendissante de plus de 100 pieds carrés. On assure même qu'en 1735 on prit, sur les côtes d'Irlande , un Tétrodon Lune qui avait 25 pieds anglais de longueur, et qui, par conséquent, paraissait pendant la nuit comme un disque lumineux de plus de 400 pieds carrés de surlace.
Tout le monde sait que les objets 0(>aques et non resplendissants ne oisparaissent pendant le jour, et n'échappent à une bonne vue, qu'à peu près h la distance de 3,600 fois leur diamètre. Le Trétrodon Lune péché sur les côtes d'Irlande aurait donc pu être aperçu , pendant le jour, k la distance au moins de 14,000 toises, s'il avait été placé hors de l'eau, de la manière la plus favorable. Mais, pendant la nuit, dans quel éloignement t>ien plus grand à proportion ne voit-on pas le corps lamineux le plus petit ? Cependant comme l'eau, et surtout les vagues agitées de la mer, interceptent une tiès-grande quantité de rayons lumineux, on ne doit voir de trèsloin les plus grands Tétrodons Lunes, malgré toute leur phosphorescence, que lorsqu'ils sont très-près de la surface des mers, et que l'on est placé sur des côtes ou d'autres points très-élevés, cette double position ne laissant aux rayons de lumière qui nartent de l'animal et aboutissent à l'oeii de Tobservateur, qu'un court trajet à faire au tra? ers des couches d'eau.
Lorsque le Tétrodon Lune est parvenu à de grandes dimensions, lorsqu'il a atteint la loogeur de plusieurs pieds, il pèse quelquefois jusqu'à 500 livres; et on a pris, en effet, auprès de Plymouth, un poisson de cette espèce, dont le pciids était de 500 lifres, ou près de 25 myriagrammes.
Les Tétrodons Lunes peuvent donc, relativement à la grandeur, être placés h côté des Cartilagineux dont les dimensions sont les plus prolongées ; et comme leurs deux surfaces latérales sont très-étendues à proportion de leur masse totale, on peut particulièrement les rapprocher des grandes Raies.dont le corps est également comprimé
de manière k présenter un déploiement trèsconsidérable, quoique dans un sens différent. Mais, s'ils offrent la longueur des grands Squales, s'ils les surpassent même en hau* teur, ils n'en ont reçu ni la force ni la férocité. Leurs muscles sont bien moins puissants que ceux de ces Squales très-allongés ; et leur bouche, quoique garnie de quatre dents fortes et larges, montre une ouverture trop petite pour qu'ils aient jamais pu contracter l'habitude de poursuive un ennemi redoutable, et de livrer des combats hasardeux.
La chair de la Lune n'est pas aussi agréable ad goût que le foie àb cet animal ; elle déplaît non-seulement par sa nature, en quelque soi te trop gluante et visqueuse , mais encore {lar l'odeur assez mauvaise que répand le Tétrodon pendant sa vie, et qu'elle conserve sou vent après a voi r été préparée; elle fournit, par la cuisson, une quantité assez considérable d'huile douce à brûler, mais dont on ne se sert presque pas pour les aliments ; aussi la Lune est-elle peu recherchée. Lorsqu'on veut la saisir, elle £iit en* tendre, de même que la plupart des Tétrodons, et plusieurs autres poissons osseux ou cartilagineux, un bruissement très-marqué; et comme cette sorte de bruit est souvent assez grave dans le Tétrodon Lune, on l'a comparé au grognement du Cochon ; et voilà pourauoi la Lune a été nommée jPorc, même dès le temps des anciens Grecs.
THÉORIE de la vision. Foy. Vus.
THulORlE de la chyliûcation. Toy. Di- GESTION, art. m.
THÉORIE relative h la contraction musculaire. Voy. CoNimACTioii musculaire.
THERMOMÈTRE VIVANT. Foy. CoBm
VOSSILB.
THON, I%yimti«, Linn.,Cuv. Genre de poissons Acantboptérygiens, famille des Scombéroides. — L imagination s'élève à une bien grande hauteur, et les jouissances de l'esprit deviennent bien vives, toutes les fois que l'étude des productions de la nature conduit à une contemplation plus attentive de la vaste étendue des mers. L'antique Océan nous commande l'admiration et une sorte de recueillement religieux, lorsque ses eaux paisibles n'offrent à nos yeux qu'une immense plaine liouide. Le spectacle de ses ondes bouleversées par la tempête, et de ses abtmes entr'ouverts au pied des montagnes écumantes formées par ses flots amoncelés, nous pénètre de ce sentiment profond qu'inspire une grande et terrible catastrophe. Et quel ravissement n'éprouve-t-on pas, lorsque ce même Océan, ne présentant plus ni 1 uniformité du calme, ni les horreurs des orages conjurés, mollement agité par des vents doux et légers, et resplendissant de tous les feux de l'astre du jour, nous montre toutes les scènes variées des courses, des jeux, des combats et des amours des êtres vivants qu'il renferme dans son sein 1 Ce sont principalement les poissons auxquels on a donné le nom de PHagiquHj qui animcut
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ainsi par leurs mouvements rapides et multipliés la mer qui les nourrit. On les distingue par cette dénomination, parce gu'ils se tiennent pendant une grande partie de ]*année à une grande distance des rivages. Et parmi ces habitants des parties de TOcéan les plus éloignées des côtes, on doit surtout remarquer les Thous« dont nous écrivons rbistoire.
Les divers attributs qu^ils ont reçus de la nature leur donnent une grande prééminence sur le plus grand nombre des autres poissons. Cest presque toujours à la surface des eaux qu'ils se livrent au repos, ou qu'ils s'abandonnent à l'action des diverses causes oui peuvent les déterminer à se mouvoir, on les voit, réunis en troupes très-nombreuses, bondir avec agilité, s'élancer avec force, cingler avec la vélocité d'une flèche. La vivacité avec laquelle ils échappent, pour ainsi dire, à l'œil ae l'observateur, est principalement produite par une queue très-Ion- Se, et qui, frappant l'onde salée par une ^e très-étendue, ainsi que par une nageoire très-large, est animée par des muscles vigoureux, et soutenue de chaque côté par un cartilage qui accroît l'énergie de ces muscles puissants.
Lorsque, dans certaines saisons, et particulièrement dans celle de la poule et de la fécondation des œufs, une nécessité im[)érieuse les amène vers quelque plage, ils serrent leurs rangs nombreux, et se pressent les uns contre les autres; et les plus forts ou les plus audacieux précédant leurs compagnons à des distances déterminées par les degrés de leur vigueur et de leur courage , pendant que des nuances différentes composent une sorte d'arrière-garde, plus ou moins prolongée, des individus les plus faibles et les plus timides, on ne doit pas être surpris que la légion forme une sorte de grand parallélogramme animé, que l'on aperçoit naviguant sur la mer, ou qui, nageant au milieu des flots qui le couvrent encore et le dérobent à la vue, s'annonce cependant de loin par le bruit des ondes rapidement refoulées devant ces rapides voyageurs» Des échos ont quelquefois répété cette espèce de bruissement ou de murmure lointain, qui, se propageant alors de rocher en rocher, et multiplié de rivage en rivage, a ressemblé à ce retentissement sourd, mais imposant, qui, au milieu du calme sinistre des journées brûlantes de l'été, annonce l'approche des nuées orageuses.
Malgré leur multitude, leur grandeur, leur force et leur vitesse, ces éléments des succès dans l'attaque ou dans la défense, un bruit soudain a souvent suspendu une trU^u voyageuse de Thons au milieu de sa courte : on les a vus troublés , arrêtés et dispersés par une vive décharge d'artillerie, ou par un coup de tonnerre subit. Le sens de l'ouïe n'est môme pas, dans ces animaux, le seul que des impressions inattendues ou extraordinaires plongent dans une sorte de terreur : un objet d'une forme ou d'une couleur singulière suffit pour ébranler l'organe de leur
vue, de manière h les effrayer et à iDterrotnpre leurs habitudes les plus constantes, câ derniers effets ont été remarqués par pi», sieurs voyageurs modernes, et n'avaient pas échappé aux navigateurs anciens. Pline rapporte, par exemple, que, dans le printemps, les Thons passaient en troupes composées d'un grand nombre d'individus, de la M^ terranée dans le Pont-Euxin ou mer Noire; que, dans le Bosphore de Thrace , qui réonit la Propontide è l'Ëuxin, et dans le détroit même qui sépare l'Europe de l'Asie, un rocher d'une blancheur éblouissante et d^unt grande hauteur s'élevait auprès de Cbalcb doine sur le rivage asiaticfue ; que l'éclat de cette roche, frappant subitement les légions de Thons, les enrayait au point de les codtraindre à se précipiter vers le cap deBjzance, opposé à la rive de Cbalcédoine; que cette direction forcée dans le voyaee de c«5 Scombres en rendait la pèche très-abonJacte auprès de ce caj) de Byzance, et pr^que nulle dans les environs des plages opposées; et que c'est à cause de ce concours de Tboos auprès de ce promontoire, qu'on luiaraù donné le nom de xp^f^^p^ ou de Comt ior, ou de Corne cTabondance (1).
Ces Scombres sont cependant trës-coungeux dans la plupart des circonstances d« leur vie. Un seul phénomène le prooferai, c'est l'étendue et la durée des courses quMi entreprennent. Pour en connaître nettement la nature, il faut rappeler la distinction qoe nous avons faite en traitant des poissons en général, entre leurs voyages périodiques cl réguliers; et ceux qui ne présentent aucaoe régularité, ni dans les circonstancesde temps, ni dans celles de lieu. Les migrations régulières et périodiques des Thons sont celles auxquelles ils s'abandonnent, lorsqu'à rapproche de chaque printemps, ou dans uoe saison plus chaude, suivant le climat qails habitent, ils s'avancent vers la tempéraiere, l'aliment, leau, l'abri, la plage, qai conviennent le mieux au besoin qui les |)re$$?. pour y déposer leurs œufs ou pour les arroser de leur liqueur vivifiante, ou lorsqu'apr^^ s'être débarrassés d'un tluide trop stimulant ou d'un poids trop incommode, e! avoir repris des forces nouvelles dans li* repos et l'abondance, ils quittent les cô(t^ de rOcéan avec les beaux jours, regagnent la haute mer, et rentrent dans les profonds asiles qu'elle leur olTre. kniri voyages irréguliers sont ceux qu'ils enln^ prennent h des époques dénuées de M caractère de périodicité, qui sont déterminés par la nécessité d'échapper à un daof^ apparent ou réel, de fuir un eojneoii.rf* poursuivre une proie, d'apaiser une fti* cruelle, et qui, ne se ressemblant ni parlV*^ pace parcouru, ni par la vitesse emplojfe a le franchir, ni par la direction des iDOtivements, sont aussi variables et aussi Taries que les causes qui les fout naître. Daiis leurs voyages réguliors, ils ne vont |«is coui'u*^
(!) C'esl pour rappeler ce même concours (p*'*^ médailles lit Byzance présentent nma^e (la î^
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néaienl chercher bien loin» oi par de grands détours, la rire (jui leor est nécessaire, ou la retraite pélagienne qui remplace cette rive pendant le règne des hivers. Mais, dans lenrs miçralions irrégulières, ils parviennent souvent a de très-grandes distances ; ils traversent avec iacilifê, dans ces circonstances, Deo-seulement des golfes et des mers intérieures, maisjnéme Tantique Océan. Un intervalle de plusieurs centaines de lieues ne les arrête pas; et, malgré leur mobilité naturelle, fidèles à la cause qui a déterminé leur départ, ils continuent avec constance leur course lointaine. Nous lisons dans Tintéressante relation, rédigée et publiée par le général Hilet-Mureau, du voyage de notre célèbre et infortuné navigateur La Pérouse (1), que des Scombres, à la vérité de Tespèce appelée Boniie^ mais bien moins favorisés que les Thons, relativement à la faculté de nager avec vitesse et avec constance, suivirent les bâtiments commandés par cet illustre voyageur, depuis les environs de rile de Pâques jusqu'à TUe Mowée, l'une des Ues Sandwich. La troupe de ces Scombres, ou le banc de ces poissons, (>our empl<nrer Texpression de nos marins, fit 1,500 lieues à la suite de nos frégates : plusieurs de ces animaux, blessés par les foineê ou iridemii des matelots français, portaient sur le dos une sorte de si- ^paiement qu'il était impossible de ne pas distinguer, et Ton reconnaissait chaque jour les mêmes poissons qu'on avait vos la veille.
Quelque longue que puisse être la durée de celte puissance qui les maîtrise, plusieurs marins allant d'Europe en Amérique, ou revenant d'Améfique en Europe, ont vu des Thons accompagner pendant plus de 40 jours les vais^aux auprès desquels ils trouvaient avec laciiité une partie, de l'aliment qu'ils aiment; et cette avidité pour les dit erses substances nutritives aue l'on peut jeter d'un navire* dans la mer, n est pas le seul lien qui les retienne pendant un trèsgrand nombre de jours auprès des t>âtii%ents. L'attentif Commerson a observé une autre cause de leur assiduité auprès de certains vaisseaux, au milieu des mers chaudes de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique, qu'il a parcourues. 11 a écrit, dans ses manuscrits, que dans ces mers, dont la surface est inondée des rayons d'un soleil brûlant, les Thons, ainsi que plusieurs autres poissons, ne peuvent se livrer, auprès de cette même surface des eaux , aux différents OHHivements qui leur sont nécessaires, sans être éblouis par une lumière trop vive , ou latigaés par une chaleur trop ardente : ils cherchent alors le voisinage des rivages escarpés, des rochers avancés, des promon- .toires élevés, de tout ce qui peut les dérober,
Cndaut leurs jeux et leurs évolutions, aux IX de l'astre du jour. Cne escadre est pour eux comme une forêt flottante qui leur prête sou ombre protectrice : les vaisseaux,
il) Voycfe de U Péromu, i»4% I. il, p. IÎ9. IhcnOSll* M ZOOLOGIB IL
les roâls, les voiles, les antennes, sont un abri d'autant plus heureux pour les Scombres, que, perpétuellement mobile, il lessuit, pour ainsi dire, sur le vaste Océan, s'avance avec une vitesse assez ^le à celle de ces poissons agiles, favorise toutes leurs manoeuvres, ne retarde en quelque sorte aucun de leurs mouvements ; et voilà pourquoi , suivant Commerson, dans la zone torride, et vers le temps des plus grandes chaleurs, les Thons qui accompagnent les bâtiments se rangent, avec une attention facile à remarmarquer, du côté des vaisseaux qui n'est pas exposé aux rayons du soleil.
Au reste, cette habitude de chercher l'ombre des navires peut avoir quelque rapport avec celle de suspendre leurs courses pendant les brumes, qui leur est attribuée par quelques voyageurs. Ils interrompent leurs voyages pour plusieurs mois, aux approches du froid ; et, aès le temns de Pline, on disait qu'ils hivernaient dans l'endroit où la mauvaise saison les surprenait. On prétend que, pendant cette saison rigoureuse, ils préfèrent pour leur habitation les fonds limoneux. Ils s'y nourrissent de poissons ou d'autres animaux de la mer plus iaibles qu'eux ; ils se jettent particulièrement sur le» Exocets et sur les Clupés; les petits Scombres deviennent aussi leur proie ; ils n'épargnent pas même les jennes animaux de leur espèce; et comme ils sont très-goulus, et d'ailleurs tourmentés, dans certaines circonstances, par une faim qui ne leur permet pas d*attendre les aliments les plus analogues à leur organisation, ils avalent souvent avec avidité, dans ces retraites vareuses et d'hiver, aussi bien que dans les autres portions de la mer qu'ils fréquentent, des fragments de diverses espèces d'algues.
Ils ont besoin d'une assez grande quantité de nourriture, parce qu'il.* présentent communément des dimensions considérables.
Pline et les autres auteurs anciens qui ont écrit sur les Thons, les ont rangés parmi les poissons les plus remarquables par leur volume. Le naturaliste romain dit qu'on en avait vu du poids de 15 talents (1), et dont la nageoire de la queue avait de largeur, ou pour mieux dire, de hauteur, deux coudées et un palme. Les observateurs modernes, ont mesuré et pesé des Thons de 325 centimètres de longueur, et du poids de 55 ou 60kilogrammes;et cependant ces poissons, ainsi que tous ceux qui n'édosent pas dans le ventre de leur mère, proviennent d leuCs très-petits : on a comparé la grosseur de ceux du Thon k celle des graines de pavot.
(1) Ce poids de 15 talenU, attribué à on Tboa, nous panll bien sopériear à celui qu*ont dû présenter les cm poUtoos de Tespéce qoe noas decri- TOUS. £n dfel, le talent des Romains, leur eeniuni' famdiwm, était égal, selon Paodon {Méirûtoffie, p. 761) à 68 1^ livres de France, poids de narc; et le petit talent d^Egypte, d^Arabie, etc., égalait AS 1^ OQ -s^ lirres de France. Un Tboo aurait donc pesé au moins 675 lîTres; ce qni ne aoos setiible pas adnif^ible.
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Le corps do ce Scombre est très-alloogé, et semblable à une sorte de fuseau trèsétendu. La tète est petite: Toeil gros, Touvertura de la bouche très-large; la mAcboire inférieure plus avancée que la supérieure, et garnie, comine cette dernière, de dent^ aiguës; la langue courte et lisse; ToriBce branchial très-grand; Topercule composé de deux pièces ; le tronc enais, et couvert, ainsi gue la queue» d*écaiiles petites, minces et faiblement attachées. Les [)e(ites nageoires du dessus et du dessous de la queue sont communément au nombre de huit.
Quelques obserrAleura en ont compté oeuf dans la partie supérieure et dans la partie inférieure de cette portion de TanimaJ ; et, il'après ee dernier nombre » on pourrait être tenté de croire que Ton peut quelquefois confondre l'espèce du Thon avec ceUe du Germon, dont la queue offre aussi par-dessus et par-dessous huit petites nageoires ; mais la proportion des dimeasions dfes pectorales avec la longueur totale du Scombre, suQira pour séparer aveo fiicilité les Germons des poissons que nous târtîhons de bien faire connaître. Dans les Germons, ces |>eotordles s'étendent jusqu'au delà de ToriOce de 1 anus; et, dans les Thons, elles ne sont jamais asses grandes pour y parvenir; elles se terminent à peu près au--dessous de l'endroit du dos où finit la première dorsale. La nageoire de la queue est figurée en croissant ; nous avons fait remarquer sou étendue dès le commencemem de cet article.
Nous avons eu occasion de parler de ces petits os auxquels on a particulièrement donné le nom a'aréttê^ qui , placés entre les muscleSf ajoutent à leur force, que l'en n'aperçoit pas ckns toutes les espèces de poissons, mais que Ton n'a observés jusqu'à présent que dans ces habitants des eaux. Ces arêtes sont simj^es ou fourchues. Nous avons dit de plus que, dans certaines espèces de poissons, elles aboutissaient à l'énine du dos, quoiqu'eltes ne fissent pas véritablement partie de la charpente osseuse proprement dite. Nous a-vous ajouté que, dans d'autres espèees, aen-seolement ces arêtes n'étaient pas liées a^ec la grande charpente osseuse» mais ^'elles en étaient séparées par différents inlervaties. Les Scombres, et par conséquent tes .Thons , doivent être comptés parmi ces dernières espèces.
Telles sont les particularités de Ja conformation extérieure et intérieure du Thon, Îue nous avons cru convenable d'indrquer. es couleurs (}ui le distinguent ne sont pas très-variées, mais agréables et brillantes: les côtés et le dessous de Tanimâl présentent rédat de l'argent ; !e dessus a la nuance de l'acier poli; l'iris est argenté, et sa circonférence dor(5e, toutes les nageoires sont jaunes ou jaunAtres, excepté la première du dos, les thoraçines et la caudale, ck)nt le ton est d*un gris plus ou moins foncé.
Les anciens donnateat différei^ noms aux Scombres qui sont l'objet de cet article, suivant l'âge, et pàv conséquent le degré de
développepient de ces animaux. 9\\nt np-
fiorte qu'on nommait Cordylts les ThoBs rès-jeunes, qui, venant d'éclore dans h mer Noire, repassaient, pendant l'aulorane, dans l'HelIespont et dans la HMiteiranée. à la suite des légions nombreuses des mteurs de leurs jours. Arrivés dans la Méditerranée, ils y portaient le nom de Moïirf. des pendant les premiers mois de leur croissance; et ce n'était qu'après un an que la dénomination de Inon leur était appliquée.
Nous avons cru d'autant plus atile de Caire Baeotion ici de eet antique usage i» Grecs ou Romains , que ces npressioas de Cordyle et de Pélamide ont été laccessivement employées par nlusieun auteurs anciens et inodernes aaDs des leos très-divers.
Des animaux marins très-cnnds et tièspaissants, tels que des Squales et dea liphtas, sont p#ur l^ TItobs des fleseës dangereui, contre les âmes desquek liar nombre et {eut réunion ne fieuvefit pis Idojours les défendre. Mais, îadépendaDBeat de oee adversaires renari|uabies par Inr forée ou par leurs diaensient^ le fteieipire quelquefois victime d'an èlre biea i»tit et bien . faible en ajaparenoev mais ^ par les piqâres au'ii lui rait et tais toomeab qu'il lui cause, l'acte, l'irrite, le read hrieuxy à peu près de la loènM minière Que ie terrible Insecte ailé qui pègne dans h déserts brûlants de l'Afrique, est le Qéiile plus funeste des Panthères, «les Tigns ei desLiaos. Pline savait qu'ian aninaUdODlil eempare le volume à celui dhine Araioêe et la figure à celle àm SeoipiaB* s'attachut •u Thon, se plaçait auprès o^ a«-desseitt de l'une de ses nageoires peolimles, s'y «ta-
1)onnait avee forée, le pi^natl ée son aiftilout et hii causait m»e éMileur ai me, fè» le Seomhr»^ Uvré à une sorte de délitti et ne pouvant, maigre tous tes eSoKs, ai iamoler ni fuir ton enseffii, ni aviser sa sorffrance cruelle, bondiaaeit avee lielemienéesaos de la surfitee des eaux, la pareamt aveo rapiUilé, s'agitail en loua aeitt, al te résistant fkas à son état affreu* ne eoMassant plus d'autre danger ^mB la durée de sou angoisse, eicédé, égaré, ttaayspoHé par aoe sorte de nffd, s'élançait anr le rma » sur le peet d'un vaisseau, oàkieatèt utreavait daaa la mart i^ Sm éd am umliefit (1).
C'est parée qu'en a bien ofcserf^ d«w^* Thons cette nécessité toiesie 4e 99Kom^ sous l^s ennemis que nous v enei» dlwquer, l'habitude du succès contre #Wf^ animaux motus puissants, te besefe *j^ grande quantité ée nourriture, U vwfJI qui les précipite sardes aHœenls ë« diltrente nature, leur emirage Habflueli r»»*^ qu'ils montrent daua eertans daflS^^f ^
(!) Rondelet à fait repréàenler, sur li H^ Thon qu'il a publiée, le «peiit animal don» Pn* ^ parlé.
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firayeur (jue leor inspirent cependant quelques objets, la périodicité d'une partie de leurs courses, l'irrégularité de plusieurs de leurs voyages et pour les temps et pour les lieux, la' durée de leurs migrations et la facilité de traverser d'immenses portions de la mer, qu'on a très-bien choisi les é[)oques, les endroits et les moyens les plus propres è procurer une pêche abondante des Scombres qui nous occupent en ce moment.
En effet, ou peut dire en général qu'on trouve le Thon dans presque toutes les mers chaudes ou tempérées de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique ; mais on ne rencontre pas un égal nombre d'individus de cette espèce dans toutes les saisons ni dans toutes les portions des mers qu'ils fréquentent. Depuis les siècles les plus recules de ceux dont l'histoire nous a transmis le souvenir, on a choisi certaines
f>lages et certaines époques de l'année pour a recherche des Thons. Pline dit qu'on ne péchait ces Scombres dai.s THellespoi t, la Propontide et le Pont-Euxin, que depuis le commencement du printemps jusque vers La fin de l'automne. Du temps de Rondelet, c'est-à-dire vers le milieu du xvi* siècle, c'était au printemps, en automne, et quelquefois pendant Tété, qu'on prenait une grande quantité de Thons près des cdtes d'Espagne, et particulièrement vers le détroit de Gibraltar (1). On s'occupe de la pèche de ces animaux sur plusieurs rivages de France et d'Espagne voisins de Textrémité occidentale de la chaîne des Pyrénées, depuis les premiers jours de juin jusqu'en novembre ; et on regarde comme assez assuré, sur les autres parties du territoire français qui sont baignées par l'Océan, que l'arrivée des Maquereaux annonce celle des Thons qui les poursuivent pour les dévorer. Ces aerniers Scombres montrent en effet une si grande avidité pour les Maquereaux,
Su'il simlt, pour les attirer dans un pièce, 6 leur présenter un leurre qui en imite grossièrement la forme. Us se jettent avec ta même voracité sur plusieurs autres poissons, et particulièrement sut les Sardines ; et voilà pourquoi une image même trèsimparfaite d'un de ces derniers animaux est, entre les mains des marins, un appAt qui entraîne les Thons avec facilité. On s est servi de ce moyen avec beaucoup d'avantage dans plusieurs parages, et principalement auprès de Bayonne, ou un tiateau allant à la voile traînait des lignes dont les haims étaient recouverts d'un morceau de linge, ou d*un petit sac de toile en forme de Sardine, et ramenait ordinairement plus de ISO Thons.
Mais ce n'est pas toujours une vaine apparence que Ton présente à ces Scombres
(f) On a quelquefois pris on assez grand nombre M Tbons anprè^ de Conil, villrlge volsio de Cadix, pour ^*on ait écrit qne la pédie de ces animaux doiinau au doc de Medina-Sidouia un revenu de Mi.O'.-O dacati». Voyez les Lettres sur la Grèce de il. Guys, 1. 1, p. 59^, 3' éd.
pour les prendre à la ligne : de petits poissons réels, ou des portions de poissons assez Î^rands^ sont souvent employés Dour garnir es baims. On pro|)ortionne d ailleurs la grandeur de ces haims, ainsi que la grosseur des cordes ou des lignes, aux dimeusions et à la force des Thons que l'on s'attend à rencontrer ; et de plus, en se servant de ces haims et de ces lignes, on cherche h prendre ces animaux de diverses manières, suivant les différentes circonstances dans lesquelles on se trouve : on les |irend cm doigt ,1), à la canne (2), au libouret (3), au gnmd couple (4).
Mais parlons rapidement de procédés plus compliqués dont se composent les pèches des Scombres Thons faites de concert par un srand nombre de marins, exposons d'abord celle qui a lieu avec des tkommaires ; nous nous occu(»erons ensuite de celle pour laquelle on construit des madragues.
On donne le nom de thomudrê ou ionnaire à une enceinte de filets que l'on forme promptement dans la mer pour arrêter les Thons au moment de leur passage. On ar eu pendant longtemps recours h ce genre d'industrie auprès de Collioure. où on le pratiquait! et où peut-être on le pratique encore, chaque année, depuis le mois de juin jusqu'à la fin de septembre. Pour favoriser la prise des Thons, les habitants de Collioure entretenaient, pendant la belle saison, deux hommes expérimentés qui, du haut de deux |)romontoires, observaient l'arrivée de ces Scombres vers la c6te. Dès qu'ils apercevaient de loin cea poissons qui s'avançaient par t)andes de deux ou4rois mille, ils en avertissaient les pécheurs en déployant un pavillon, par le moyen duquel ils indiquaient de plus l'endroit où ces ani-maux iJlaient aborder. A la vue de ce pa-
(1) On nomme pêche au doigt odle qui se faii avec une ligne simple non suinendue à une nerclie.
(S) On dit que Ton pèche à la canne ^ ou à /a cannette^ lorsqn*on se sert d*une canne ou perche itéliée, au bout de bquelle on a empilé an luijm, c^slà-dire aliacbé b ligne, etc.
(5) Le libouret est on instrument composé d*aiic corde ou ligne principale, à rextrémilé de laquelle est suspendu un poids de plomb. La corde passe an travers d'un morceau de boi? d'une certaine Ion-
Seur, DOmroé awdette. Ce morceau de lois est percé nâ un de ses boots, de manière k pouvoir tonrner llbreinenl autour de la corde. Celte avatette est d*»illeurs maintenue, à une petite distance du plomb, par deux nœuds que Ton fait à la corde. Tau audessous et Fantre ao-«lessu$ de ce morceau de bois. An bout de Tavalelte opposé à cdni que la corde traverse, on attache une ligne gamio de plusieurs empiles ou petites lignes qui portent des haims, et qui sont de différentes longueurs, pour ne point s*em- Inrrasser lesones dans les autres. Cet instrument sert communément pour les pèches sédentaires, le poids de plomb portant toujours sur le fond (fe la mer on des rivières.
(i) Un couple est on ftl de fer un peu courbé, dont chaque bout porte une pieou empile, ov petite ligne garnie de harnis, et qui ( ^' su>pen lu par le milieu à une ligne principale a^s z longue, et tenue par âc» pécheurs dont la barque va a la voile.
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Villon, de grands cris de ioie se faisaient entendre, et annonçaient rapproche d'une pèche dont les résultats importants étaient toujours attendus avec une grande impatience. Les habitants couraient alors vers le port, où les patrons des bâtiments pêcheurs s'empressaient de prendre les filets nécessaires, et de faire entrer dans leurs bateaux autant de personnes que ces embarcaUons pouvaient en contenir, afin de ne pas manquer d'aides dans les grandes manœuvres qu'ils allaient entreprendre. -Quand tous les bateaux étaient arrivés à Tendroit où les Thons étaient réunis, on jetait à l'eau des pièces de filets lestées et floUéesj et où en formait une enceinte demi-circulaire, dont la concavité était tournée vers le rivage, et dont l'intérieur était appelé jardin. Les Thons renfermés dans ce jardin s'agitaient entre la rive et les filets, et étaient si efl'rayés par la vue seule des barrières qui les avaient subitement environnés , ({u'ils osaient à peine s'en approcher à la distance de six ou sept mètres.
Cependant, à mesure que ces Scombres s'avançaient vers la plage, on resserrait l'enceinte, ou plutôt on en formait une nouvelle intérieure et concentrique à la première, avec des filets qu'on avait tenus en réserve. On laissait une ouverture à cette seconde enceinte jusqu'à ce que tous les Thons eussent passé (fans l'espace qu'elle embrassait , et eu continuant de diminuer ainsi , par des clôtures successives, et toujours d'un plus petit diamètre, l'étendue dans laquelle les poissons étaient renfermés, on parvenait à les retenir sur un fond recouvert uniquement par quatre brasses d'eau : alors on jetait dans ce parc maritime un grand boulier (1), espèce de seine^ dont le milieu est garni d'une manche. Les Thons, après avoir tourné autour de ce filet, dont Jes ailes sont courbes, s'enfonçaient dans la poche ou manche : on amenait, à force de bras, le boulier sur le rivage; on prenait les petits poissons avec la main , les gros avec des crochets; on les chargeait sur les bateaux pêcheurs, et on les transportait au port de Collioure. Une seule pô-
(1) On appelle boulier, sur la côie voisine de Narbonne et sur plusieurs autres côles de la Méditerranée, un filet semblable à Vaissaugue (a), et formé de deux bras qui aboutissent à une manche. Son ensemble est composé de plusieurs pièces dont les mailles sont de différentes grandeurs. Pour faire les bras, on assemble : 1° douze pièces, dites allas, dont les mailles sont de cinq centimètres en carré ; !2» quatorze pièces, dites de deux doigts, doni les mailles ont 37 millimètres en carre ; .et 3» dix pièces de pousal, pousatix, pouceaux, dont les mailles ont près de deux centimètres d'ouveriure. Tout cet assemblage a depuis 120 jusqu'à 18u brasses de longueur. Quant au corps de la manche, qu'on nomme aussi bourse ou coup, il est composé de six pièces, dites de quatre-vingts , dont chaque maille a 12 millimètres d^ouveriure , et secondement, de huit pièces appelées de brassade, dont les ntailles sont à peu près de huit millimètres.
(a) Aissaugub ou Essaugue, sorte de seine ou de filet eu nappe, eu utage dans la Médiierratmée, et qui a, au milieu de M largeur, nue espèce de sac ou de pocbe.
che produisait Quelquefois plus de 15,000 rayriagrammes de Thons; et pendant un printemps dont on a conservé avec soio k souvenir, on prit "dans une seule journée 16,000 Thons, dont chacun pesait de 10 à U kilogrammes.
II est des parages dans la Méditerranée où Ton se sert, pour prendre des Thons, don filet auuuel on a donné le nom de scombrièrt, de combrière^ de couranliUe , qu*on abaiw donne aux courants, et qui va pour ainsi dire au-devant de ces Scombres, lesquels s*eih gagent et s'embarrassent dans ses mailles. Mais hâtons-nous de parler du moyen le plus puissant do s'emparer d'une grande quantité de ces animaux si recherchés; occuponsnous d^une des pêches les plus importantes de celles qui ont lieu dans la mer; jetons les yeux sur la pôoiie pour laquelle on emploie la madrague. Nous en avons déjà dit un moi en traitant de la Raie mobular; tâchons de la mieux décrire.
On a donné le nom de madrague [l] h m grand parc qui reste construit dans la mer, au lieu d'être établi pour chaque pécbe» comme les thonnaires. Ce parc forme un^* vaste enceinte distribuée en plusieurs chaiLbres, dont les noms varient suivant les pays; les cloisons qui forment ces chambres sôol soutenues par des flottes de liège, élenduts par un lest de pierres, et maintenues pardes cordes dont une extrémité est attachée à h tête du filet, et l'autre amarrée à une ancre.
Comme les madragues sont destinées à arrêter les grandes troupes de Thons, an moment où elles abandonnent les rivages pour voKuer en pleine mer, on établit entre la riîe et Ta grande enceinte une de ces longues allées que l'on appelle chasses : les Thons suivent cette allée, arrivent à la madraguet passent de chambre en chambre, parcoun*ul quelquefois, de compartiment en comi'artjment, une longueur de plus de 1,000 brasses, et parviennent enfin à la dernière chambre, que l'on nomme chambre de la mor^ ou ewporiy ou corpou. Pour forcer ces Scombres à se rassembler dans ce corpou qui doit leur être si funeste, on les pousse et les presse, pour ainsi dire, par un filet long de plus de 20 brasses (2), que Ton tient tendu derrière ces poissons par le moyen de deoi bateaux, dont chacun soutient un des angles supérieurs du filet , et que Ton fait a?aucer vers la chambre de la mort. Lorsque les poissons sont ramassés dans ce corpou, plu sieurs barques chargées de pécheurs s'en approchent ; on soulève les filets qui composent cette enceinte particulière, on fait mouler les Scombres très- près de la surface de leau, on les saisit avec la main, ou on les enlève avec des crocs.
La curiosité attire souvent un grand nombre de spectateurs autour de la madrague: on y accourt comme à. une fête; on rassefl»-
(1) Le mot de madrague ou de maudragUf^^ avoir élé employé par des Marseillais descendi» «* Phocéens, à cause du mol grec focvioa, mandn, f^ signifie parCj enclos, enceinte.
(i) On nomme ce filet engarrt*
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POISSONS, ETC
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lile aulour de soi tout ce qui peut augmenter la vivacité du plaisir; on s'entoure d'instruments de musique : et quelles sensations fortes et variées ne font pas en effet éprouver rimmensité de la iner^ la pureté de Tair, la douceur de la température , Téclat d'un soleil vivifiant que les flots mollement agités réfléchissent et multiplient, la Iraîcheur des zéphirSy le concours des bâtiments légers, Tagilité des marins, l'adresse des pêcheurs, le courage de ceux qui combattent contre d'énormes animaux rendus plus dangereux par leur rage désespérée, les élans rapides de l'impatience, les cris delà joie, les acclamations de la surprise, le son harmonieux des cors, le retentissement des rivages, le triomphe des vainqueurs, les applaudissements de la multitude ravie.
Mais nous, qui écrivons dans le calme d'une retraite silencieuse l'histoire de la Nature, n'abandonnons point notre raison au charme d'un Spectacle enchanteur; osons, au milieu des transports de la joie,- faire entendre la voix sévère de la philosophie , et si les lois conservatrices de l'espèce humaine nous commandent ces sacrifices sans cesse renouvelés de milliers de victimes, n'oublions jamais que ces victimes sont des êtres sensibles; ne cédons à la dure nécessité que ce qu'il nous est impossible de lui ravir; n'augmentons pas, par des séductions que des jouissances plus douces peuvent si facilement remplacer, le penchant encore trop dangereux qui nous entraine vers une des passions les plus hideuses, vers une cruelle insensibilité; effaçons, s'il est possible, du C(Bur de lliomme cette empreinte encore trop [)rofoQde de la féroce barbarie dont il a eu tant de peine à secouer le joug; enchai- Hons cet instinct sauvage qui le porte encore à ne voir la' conservation de son existence que dans la destruction; que les lumières de la civilisation l'éclairent sur sa véritable félicité ; que ses regards avides ne cherchent jamais les horreurs de la guerre au milieu de la paix des plaisirs, les agitations de la souffrance à côté du calme du bonheur, la rage de la douleur auprès du délire de la joie; qu'il cesse d'avoir besoin de ces contrastes horribles ; cl que la tendre pitié ne soit jamais contrainte de s'éloigner, eu gémissant, de la pompe de ces fêtes.
Au reste, il n'est pas surprenant que, depuis un grand nombre de siècles, on ait cherché et employé un grand nombre de procédés pour la pêche des Thons : ces Scom- "res, en procurant un aliment très-abondant, donnent une nourriture très-agréable. On a comparé le goût de la chair de ces poissons à celui des Acipensères esturgeons, cl par conséquent à celui du Veau. Ils engraissent avec facilité; et l'on a écrit (1) qu'il se ramassait quelquefois une si grande quanlité de substance adipeuse dans la partie inférieure de leur corps, que les téguments
0) Voyez Pline, liv. ix, cap. 15. Plusieurs auteurs n>oderiies, h parliculièrement Rondelei, ont rapporté le même f;iii.
de leur ventre en étaient tendus au point d'être aisément déchirés par de légers frottements. Ces poissons avaient une grande valeur chez les Grecs et chez les autres anciens habitants des rives de la Méditerranée, de la Propontide, de la mer Noire ; et voilà pourquoi, dès une époque très-reculée, ils avaient été observés avec assez de soin pour que leurs habitudes fussent bien connues. Les Romains ont attaché particulièrement un grand prix à ces Scombres, surtout lorsque, asservis sous leurs empereurs, ils ont voulu remplacer par les jouissances du luxe les plaisirs de la gloire et de la liberté; et, comme nous ne croyons pas inutile aux progrès de la morale et de l'économie publique d'indiquer «^ ceux qui cultivent ces sciences si importantes toutes les particularités de ce goût si marqué que nous avons observé dans les anciens pour les aliments lires des
froissons, nous ne passerons pas sous sience les petits détails que Pline nous a trans^ mis sur la préférence que les Romains de son temps donnaient à telle ou telle portiou des Scombres auxquels cet article est consacré. Ils estimaient beaucoup la tête et le dessous du ventre; ils recherchaient aussi le dessous de la poitrine, qu'ils regardaient cependant comme difficile à digérer, surtout quand il n'était pas très-frais; ils ne faisaient presque aucun cas des morceaux voisins de la nageoire caudale, parce qu'ils ne les trouvaient pas assez gras; et ce qu'ils préféraient à plusieurs autres aliments était la portion la [dus proche du gosier ou de l'œsophage. Ces mêmes Romains savaient fort bien conserver les Thons, en les coupant par morceaux et en les renfermant dans des vases remplis de sel , et ils donnaient à celte préparation le nom de mélandrye (melandrya)^ à cause de sa ressemblance avec des copeaux un peu noircis de chêne ou d'autres arbres. Les modernes ont employé le môme procédé. Rondelet dit que ses contemporains coupaient les Thons qu'ils voulaient garder par tranches ou darnp*. et qu'on donnait à ces darnes imbibées de sel le nom de thonnine ou de tarenUlluy parce qu'on en apportait beaucoup de Tarente.
Très-souvent, au lieu de se contenter de saler les Thons par des moyens à peu près semblables à ceux que nous avons exposés en traitant du Gade morue, on les marine après les avoir coupés par tronçons, et en les pré-
fmrant avec de l'huile et tfu sel. On renferme es Thons marines dans des barils, et on distingue avec beaucoup de soin ceux qui contiennent la chair du ventre, préférée aujourd'hui par les Européens comme autrefois.par les Romains, et nommés fOMe de Thon, de ceux dans lesquels on a mis la chair du dos, que l'on appelle dosdeThofiy ou simplement thonnine (1).
(1) Leâ anciens faisaient saler les intestins du Thon, ainsi que les oeufs de ce Scombre, qui serveni encore de nos jours, sur plusieurs cétes, ei parlicidièremcut sur celles de la Grèce, à faire unis sorte de poutargue. Consultez principalemi^nt, à CQ sujet, Aulu-CtfUe, 1. x, c. 20.