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les jours poor donner à leur viande une plus belle appateoee, et c*es( aussi ce qui a été pratique mt quelques bateleurs |X)ur délormer, ee la manière la plus hideuse, le corps de malheureux eofiiits, et eiciter ainsi la curiosité ou la comoiisératiou du public.
Eo voici un exemple. Un chirurgien ce* lébre du xvi* siède, Fabrice de HiMen, fions rapporte qu'en 1593 oo montrait à Paris un eniant de 19 à IS mois, dont la tète était monstrueuse; les parents de ce pr'iit infortuné le promenaient de ville en viile comme un objet de curiosité, et attirai ont un gnmd nombre de spectateurs ; mais un magistrat ayant soupçonné quelque fr<)ude, les fit arrêter et mettre à la question ; ils avouèrent alors avoir fait, sur le sommet de la tète de leur enfant, un trou à la peau, et V avoir soufflé de Tair è Taide d'une ca^ ouïe. Chaque jour ils renouvelaient cette opération, et ils étaient enfin parvenus à donner è la tète de Tenfant un volume prodigieui. De nos jours on a vu cette pratique barbare renouvelée par un bateleur de Brest.
Les autres Tissus organiooes, qui concourent avec les précédents a former les diverses parties du oorps, sont les membranes séreuses et muqueuses, les diverses variétés deTissus fibreux (tendons,aponévroses, etc.), les cartilages, les os, etc.; mais, suivant toute apparence, ce ne sont que des modifications du Tissu cellulaire. Eo effet, nous les voyons se développer souvent d'une manière accidentelle aux dépens du Tissu cellulaire; et, dans fa plupart de ces eas, oo connaît la cause de leur formation : ainsi toutes les fois que le Tissu cellulaire est soëmis è une pression et à un frottement oontinuel, il se transforme en une membrane séreuse ; lorsqu'il est eo contact pendant un certain tem{is avee un liquide qui Tirrite, il revêt tous les f aractères des membranes muqueuses; sous Tinfluence du tiraillement et aune irritation mécanique, il donne naissaoee à des membranes fibreuses ; et il est h remar-
auer que toutes ces menibranes n'exislent 'une manière normale dans réeonomie que précisément là où agissent les causes propres à déterminer ailletirs leur formation. Le Tissu cellulaire primitif, le Tissu musculaire et le Tissu nerveux paraissent com- Eosés, en derOièl^ analyse, de netits gloules visibles seulement à Taide ou microscope, et réunis en ohapelets dont la disposition Varie.
TORPEUO. Fojf. TORPiLLB.
TORPILLH, Raia Torpeàç^ Linn.; Torpédo tnorràoraia et Oo/ront, Riss., Cuv. — l.a forme ^ les habitude^ et une propriété remarquable de ce|>oisson, l'ont rendu depuis longtemps robjet de l'attenlion des physiciens. Le vulgaire Ta admiré, redouté, métaraorpho^ dans un animal dcmé d*un pou-: voir presque surnaturel ; et la réputation de s<*s qualités vraies ou fausses s*est tellement répandue , même parmi les classes les moins i istruites des différentes nations, que son (iom est devenu populaire, et la nature de sa force le sitiet de plusietirs adages. La tète
de la Torpille est beaucoup moins distinguée du corps proprement dit et des nageoires pectorales que celle de ivesqué toutes les autres Raies ; et Fensemble de son corpap si on en retranchait la queue, ressemblerait assez bien à un cercle, ou, pour mieux dire, à un ovale dont od aurait supprimé un segment vers lemiKeudubord antérieur. L'ouverture supérieure de ses évents est ordinairement entourée d'une membrane plisaée, qui fait paraître cet orifice comme dentelé. Autour de la partie supérieure de son corps et auprès de Tépine dorsale, on voit une assez grande quantité de petits trous d'où suinte une liqueur muqueuse, plus ou moins abondante dans tous les poissons, et qui ne sont que les ouvertures des canaux ou vaisseaux particuliers destinés k transmettre ce suc visqueux aux différentes portions de la surface de l'animal. Deux nageoires nommées dorsales sont plaeées sur la queue; et l'eitrémité de cette partie est ^rpie d'une nageoire , et divisée « pour ainsi dire # par cette même extrémité, en deux lobesi, dont le supérieur est le plus grand.
La Torpille est blanche par-dessous; mais la couleur de son côté supérieur varie suivant Tâge, le sexe et le cumat. Quelquefois cette couleur est d'un brun cendré, et quelguefois elle est rougeâtre; quelques individus présentent une seule nuance, et d'autres ont un très-grand nombre de taches (1). Le plus souvent on en voit sur le dos dnq trèsgrandes, rondes, disposées comme aux cinq angles d'un pentagone, ordinairement d'un bleu foncé, entourées tentât d'uo eercle noir, tantôt d'un cercle blanc, tantôt de ces deux cercles placés l'un dans l'autre, ou ne montrant aucun cercle ccrioré (2). Ces grandes taches ont assez de rapports avec celles que l'on pbserve sur le Miralet : on les a comparées è des jeux; elles ont fait donner è l'animal l'épithète û'OSilU: et c'est leur absence, ou des variations dans leurs nuances et dans la disposition de leurs couleurs, qui ont ftit penser à quelques naturalistes que l'on devait compter quatre espèces différentes de Torpille, ou du moins ouatre races constantes dans cette espèce de Haie.
L'odorat de la Torpille seinole être beaucoup moins parfait que celui de la plupart des Raies , et de plusieurs autres poissons cartilagineux ; aussi sa sensibilité parait-elle beaucoup moindre : elle nage avec moins de vitesse; elle s'agite avec moins d'impétuosité; elle fuit plus difficilement ; elle poursuit plus ftiiblement; elle combat avee moins d'ardeur; et, avertie de bien moioa loin de la présence de sa proie ou de celle de son ennemi, on dirait au elle est bien plus exposée à être prise par les pécheurs, ou à
(i) CTesl le lorpoéo aMiiearsM, Rissp.
(i) C est la Torpédo Sarke, Risso, Roinlelet, 35i et 562. Deoz autres espèces sont : i* le Torpédo tdtmuulato^ Risso, pi. 5« lig. 3, fauve, avec ooe tache ocellée aa milien du dos; et d* le Torfedo Go/mm, Tauvot sans taches, mais bordé de bou>, Roodelel, 3tf5, fig. I.
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succomber è 1» faim, ou h [>ér\v sous la dent ineuririè/e de très-gros poissons.
Elle ne parvient pas non plus à une grandeur aussi considérable que la Bâtis et quelques autres Raies ; on n'en trouve que trèsrarement et qu*un bien petit nombre d*un poids supérieur à 25 kilogrammes (50 livres ou environ) (1) ; et sesœusc les paraissent biçn moins forts à proportion que ceux de la Bâtis.
Ses dents sont très-courtes; la surface de son corps ne présente aucun piquant ni aiguillon. Petite, fiiible, indolente, sans armes, elle sérail donc livrée sans défense jmx voraces habitants des mers dont elle Peuple les profondeurs ou dont elle habite les bords : mais, indépendamment du soin qu'elle a de se (eoir presque toujours cachée sous le sable ou sous la vase, soit lorsque la belle saison Tatlire vers les côtes, soit lorsque le froid Téloigne des rivages et la repousse dans les abîmes de la haute mer, elle a reçu de la nature une faculté particulière bien supérieure à la force des dents, des dards et des autres armes dont elle aurait pu être pourvue; elle possède la puissance remarquable et redoutable de lancer, pour ainsi dire, la foudre; elle accumule dans son corps et en fait jaillir le fluide électrique avec la rapidité de Téclair; elle imprime une commotion soudaine et paralysante au bras le plus robuste qui s'avance pour la saisir, à l'animal le plus terrible qui veut la dévorer; elle engourdit pour des instants assez longs les poissons les plus agiles dont elle cherche à $e nourrir; elle frappe quelquefois ses coups invisibles à une distance assez grande; et, par cette action prompte, et qu'elle peut souvent renouveler, annulant les mouvements de ceux qui l'attaquent et de ceux qui se défendent contre ses efforts, on croirait la voir réaliser au fond des eaux une Eartie de ces prodiges que la poésie et la fale ont attribués aux fameuses enchanteresses dont elles avaient placé l'empire au milieu des flots, ou près des rivages.
Mais quel est donc dans la Torpille l'organe dans lequel réside celte électricité particulière ? et comment s'exerce ce pouvoir que nous n'avons encore vu départi k aucun des animaux que l'on trouve sur l'échelle des êtres, lorsqu'on en descend les degrés depuis l'homme jusqu'au genre des Raies ?
De chaque côte du crâne et des branchies est un organe particulier qui s'étend communément depuis le bout du museau jusqu'à ce cartilage demi-circulaire qui fait|)artie du diaphragme , et qui sépare la cavité de la poitrine de celle de l'andomen. Cet organe aboutit d'ailleurs, par son côté extérieur, presque à l'origine de la nageoire pectorale. Il occupe donc un espace d'autant plus grand
(I) M. Walsh, membre du parlement d*Angleterre, et de la Société de Londres, prit, dans la baie de Tor, une Torpille qui avait qualre ple<1s de long, deux pieds et de demi de largje, et quatre pouces el demi dans sa plus grande épaisseur; elle pesait 53 livres. (Of Torpedoê found on ihe coasi of England, p. 4.)
relativement au volume de l'aoimal, qi'ii remplit tout l'intérieur compris entre la pean de la partie supérieure de la Torpille, et celle de la partie inférieure. On doit voir aisément que la plus grande épaisseur de chacun des deux organes est dans le bord
3ui est tourné vers le centre et vers la ligne orsale du poisson, et qui suit dans sodcootour toutes les sinuosités de la tète et des branchies, contre lesquelles il s'applique. Chaque organe est attaché aux parties qui l'environnent par une membrane cellolaire dont le tissu est serré, et par des fibres tendineuses, courtes, fortes et droites, qui font depuis le bord extérieur jusqu'au cartilage demi-circulaire du diaphragme.
Sous la peau qui revêt la partie supérieure de chaque organe électrique , on voit une espèce de bande étendue sur tout l'orgaoet composée de fibres prolongées dans le sens de la longueur du corps, et qui, excepté ses bords, se confond, dans presque toute sa surface supérieure, avec le tissu cellulaire de la peau.
Immédiatement au-dessousdecette baode, on en découvre une seconde de même oiture que la première, et dont le bord intérieur se mêle avec celui de la bande supérieure, mais dont les fibres sont situées dans le sens de la largeur de la Torpille.
Cette bande inférieure se continue dans l'organe proprement dit, par un très-grand nombre de prolongements membraneux qui y forment des prismes Verticaux i plusieurs pans, ou, pour mieux dire, des tubes creui, perpendiculaires à la surfiice du poissou, et dont la hauteur varie et diminue à mmt^ u'ils s'éloignent du centre de l'animal oo e la ligne dorsale. Ordinairement la hauteur des plus longs tuyaux égale six viogtièmes de la longueur totale de Torgaiie; celle des plus petits en égale un vingtième; et leur diamètre, presque le même dans tous, est aussi d'un vingtième, ou à peu près.
Les formes des diflérents tuyaux ne sont pas toutes semblables. Les uns soat beugones, d'autres pentagones, et d'autres carrés; quelques-uns sont régulien, niais le plus grand nonibre est d'une figure inégulière.
Les prolongations membraneuses qui cooposent les pans de ces prismes sont trèsdéliées, assez transparentes, étroiletneot unies l'une à l'autre par un réseau lâche de fibres tendineuses «{ui passent obliquement et transversalement entre les tuyaux; et ces tubes sont d'ailleurs attachés ensemble pt des fibres fortes et non élastioues, qni îont directement d'un prisme à Pautre. Oo i compté, dans chacun des deux orgaotf d'une grande Torpille , jusqu'à pré* * 1 ,200 de ces prismes. Au reste, entre h partie inférieure de l'organe et la peaa (pt revêt le dessous du corps du poi^so^ trouve deux bandes entièrement semblihj à celles qui recouvrent les extrémités supérieures des tubes.
Non-seulement la grandeur de ces tujittf augmente avec l'Age de la Torpille, »»»
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POISSONS, ETC
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ncore leur nombre s'accroît à mesure que animal se dévelo()pe.
Chacun de ces prismes creux est, d'ailleurs, insé dans son iotérieur en plusieurs interailes par des espèces de cloisons horizonries, composées d'une membrane déliée et rès-transparente, paraissant se réunir par 3urs bords, attachées dans l'intérieur des jbespar une membrane cellulaire très-fine, ammuniquanl ensemble par de petits vais- ?aux sanguins, placées 1 une au-dessus de autre à de très-petites distances, et formant un grand nombre de petits interstices ui semblent contenir un fluide.
De plus, chaque organe est traversé par es artères, des veines, et un grand nombre e nerfs qui se divisent dans toutes sortes e directions entre les tubes, et étendent de élites ramifications sur chaque cloison où s disparaissent (1).
Tel est le double instrument que la naire a accordé à la Torpille; tel est le double iége de sa puissance électrique. Nous veons de voir que, lorsque cette Raie est arvenue à un certain degré de développelent, les deux organes réunis renferment rès de deux mille quatre cents tubes : ce rand assemblage de tuyaux représente les ntteries éUciriques^ si bien connues des hysiciens modernes, et que composent des ouleilles fulminantes^ appelées botUeilles de ^eydef disposées dans ces batteries de la 3éme manière que les tubes dans les or- ;anes de la Torpille, beaucoup plus grandes
la vérité, mais aussi bien moins nombreuses.
Voyons maintenant cruels sont les effets le ces instruments fulminants; exposons de juelle manière la Torfiille jouit de son pouoir électrique. Depuis très-longtemps on ivait observé, ainsi que nous l'avons dit, '«tte curieuse faculté; mais elle était encore nconnue dans sa nature et dans plusieurs le ses phénomènes, lorsque Redi chercha I en avoir une idée plus nette que les savants qui l'avaient précédé. 11 voulut éprouver la vertu d'une Torpille que l'on venait 'le pécher. « A peine l'avais-je touchée et serrée avec la main, dit cet habile obser^ dateur (2), que j'éprouvai dans cette partie Jn picotement qui se communiqua dans e bras et dans toute réj)aule, et qui fut mivi d'un tremblement désagréable et d'une iouleur accablante et aiguë dans le coude, sn sorte que je fus obligé de retirer aussilùt la mam. » Cet engourdissement a été lussi décrit par Réaumur , qui a fait plusieurs observations sur la Raie Torpille. « Il 6st très-différent des engourdissements ordinaires , a écrit ce savant naturaliste ; on ressent dans toute l'étendue du bras une espèce d'élannement qu'il n'est pas possi-
(i) Ceux qai désireront des détails plus étendus ^v les organes que nous venons de décrire, pour- ^} ajouter aux résultats de nos observations ceux <|uH^ trouveront dans Texcellent ouvrage de J. Hitn- ^f» iuliuilé Obunalions anatomiques sur la Torfiile.
(ï) Expérimenta eirca re$ divetêas naturalês.
ble de bien peindre, mais lequel (autant que les sentiments peuvent se faire connaître par comparaison) a quelque rapport avec la sensation douloureuse aue l'on éprouve dans le bras lorsqu'on s'est rnppé rudement le coude contre quelque corps dur (1). »
Redi, en continuant de rendre compte de ses expériences sur la Raie dont nous écrivons l'histoire, ajoute : « La même impression se renouvelait toutes les fois que je m'obstinais h toucher de nouveau la Tor-
Eille. Il est vrai que la douleur et le trerolement diminuèrent è mesure que la mort de la Torpille approchait. Souvent même je n'éprouvais plus aucune sensasion semblable aux premières; et lorsque la Torpille fut décidément morte, ce qui arriva dans l'espace de trois heures, je pouvais la manier en sûreté et sans ressentir aucune impressiort fâcheuse. D'après cette observation, je ne suis pas surpris qu'il y ait des gens qui révocruent cet effet en doute, et regardent l'expérience de la Torpille comme fabuleuse, apparemment parce qu'ils ne l'ont jamais faite que sur ime Torpille morte ou près de mourir. »
« Quant à l'opinion de ceux qui préten* dent que la vertu de la Torpille agit de loin, a écrit encore Redi, je ne nuis prononcer ni pour ni contre avec la même confiance. Tous les pêcheurs affirment constamment que cette vertu se communique du corps de la Torpille à la main et au bras de celui qui la pêche, par l'intermède de la corde du filet et du bâton auquel il est suspendu. L'un d'eux m'assura même qu'ayant mis une Torpille dans un çrand vase, et étant sur le point de remplir ce vase avec de l'eau de mer qu'il avait mise dans un second bassin, il s'était senti les mains engourdies, quoique légèrement. Quoi qu'il en soit, je n'oserais nier le fait; je suis même porté à le croire. Tout ce que je puis assurer, c'est qu'en approchant la main de la Torpille sans la toucher, ou en plongeant mes mains dans l'eau où elle était, je n'ai ressenti aucune impression. 11 peut se faire que la TorpiUe, lorsqu'elle est encore pleine de vigueur dans la mer, et que sa vertu n'a éprouvé aucune dissipation, produise tous les effets rapportés par les pêcheurs. »
Redi observa, de plus, que la vertu de la Torpille n'est jamais plus active que lorsque cet animal est serré fortement avec la main» et qu'il fait de grands efforts pour s'échapper.
Indépendamment des phénomènes que nous venons d'exposer, il remaraua les deux organes particuliers situés auprès du crâne et des branchies, et que nous venons de décrire; et il conjectura aue ces organes devaient être le siège de la puissance de la Torpille. Mais, lorsqu'il voulut remontera la ciuse de l'engouraissement produit par cette Raie, il ne trouva pas dans les cou-
(i) Mémaim de lAcad. des Sdenoes, 1714»
tWT TOtl REPI
Daisatnces (>h^siques de son sMcle les secours iiéeessHiros pour la découvrir; et se conlbrinsnl, ainsi que Perrault et d'auires snvants, à la manière dont on expliquail de tes phénomènes, il i de corpuscules qui, , selon lui, du corps ipend^nt plus pborilOnstancDS que dans it les membres dans soil parce qu'ils s'^ inde quantité, soit les routes (jcu assoi^
que soit cette hyno- ., itour peu que i on heopies électriques, îloîgnée de la vérité li eut recours à une que.
tiii^Utiil deui élnts El elle est Iranquiliç, ar un violent Irem- ! la conimotioH que int le poissoii aux iS cette Raie eierce,
-. - „, — „^ — „n j, sur les tenduns et
les lij^aments des articulations.
Kéaiimur vint ensuite; mais, ayant observé la Torjiille avec beaucoup d'attention, et ne l'ayant jamais vue agitée du mouvement dont parle Borelli, même dans l'instant où elle allait déployer sa puissance, il adopta une opinion aifférenle, quoique ripprochée à beaucoup d'égards de ceilede ce dernier savant.
■ La Torpille, dit-H, n'est pas absolument plate; son cios, ou plutôt tout le dessus de wn torps est xm peu convese. Je remarquai que, liondaiiî qu'elle ne produisait ou no voulait produire aucun engourdissement dans cçoi qui la touchaient, son dos gardait la convexité qui lui est nnlurollo. Mais se disposait-elle* agir, insensiblement elle diminuait la convesité des parties de son corps qui sont du côté du dos, vis-S-Tîs de In poitrine; elle aplatissait ces parties ; quelquetbis même, de convexes qu'elles sont, elle les rend<iit concave: alors l'instant était venu où l'engourdisseiuent ifllait s'emparer du bras; le coup était prêt S partir, le bras se trouvait engourdi :les doigts qui pressaient le poisson étaient obligés de Iflcher iirise ; toute la parlie du corps de l'animal qui s'était aplatie redevenait pouvcxe. Mais, au lieu qu'elle s'était aplatie insensiblement, elle devenait convexe si subitement, qu'on n'apercevait pas le passage d'un élat à l'autre... Parlacon> Iractionlente qui est l'elTetdel'aplatisseiitent, ■il Torpille baudo, |iour ainsi dire, tuus ses ressorts ; elle rend plus courts tous ses cylindres; elle augmente en môme temps leurs bases. La conlj action s'est-elie faite jusqu'il un certain point , tous les ressorts se débandent, les LlH-es longitudinales s'alloogent; les transversales, ou celles qui forment les ' cloisons, SB raccourcissent; clinqui^ cloison. Urée par les fibres longituilinali s qui s'alloigenl, pousse «A bftui fa luatière molle qu'elle
cunlieiil, ii quoi aide encore I mouvement d ondulation qui se faitdaûslH libres transversales, lorsqu'elles se contrvtent. Si un doigt louche alors la Torpilla, dans un instant il reçoit un coup, oa àvVA il reçoit plusieurs coups successifs de uuoit des cylindres .sur lesquels il est appliqué... Ces coups réitérés, donnés par une uiatiin molle, ébranlent les nerfs; ils suspendent h changent le c«urs d^s esprits animaux ou lir quelque tluide équivalent; ou, si oa l'tiiie mieux enrare, ces cntips produtsciil daaitci nerfs un mouTemeot d'ondulation qvi ne s'accommude pas aveo celui que nousdetwis leur donner pour mouvuir le bras.Delàntli i l'impuissance où l'on se trouve d'enâi;^ j usage, et le seuliinenl douloureux.*
Après cette explication, qui, uu)gr£ \^ erreurs qu'elle renferme relatif eiaent 1 li cause immédiate de i'cngaurdissemeol, h, pour mieux dire, d'unacomoiQliuuquin'Kt qu'une siecousse électriqqe, montre les bkwvemoiUs de contraction et d'exiemioD qiK la Tariiille imprime à son double or^uù-, lorsqu elle veut paralyser un Atre ii»i]li|ui la touche. Réaumur rapporte une cxDérinKt qui peut donner une idée du degré liH|i»l s'élève te plus souvent la force de l'électricité de la Raie dont nouf traitons. Il uni nue Tortiille et un Canard dans uq vase quicoitenaii de l'eau de mer, et qui était reoouiel d'uH linge, afiq que le Canard ne (iill jus s'envokr. L'oiseau pouvait respirer irMibrement, et néanmoins, au bout du quelque heures, on le trouva mort : il avail SDCtorulil sons les coups électriques que lui aTiil pottés ta Torpille ; il avait ét^, po^r ainsi uin. ioudroyé par elle.
Cependant la science de l'électricité fit dti pro^^rès rapides, et fut cultivée ii«ns leultt iqonde Siàvânt. Chaque jour ou cberdulei émtidre le domaine; on retrouva la puiisauce électrique dans plusieurs phénomèD i dont on n'avait encore pu donner amau raison satisfaisante. Le docteur fiuir^njfl soupçonna l'identité de la vertu de liToipille et de l'action du fluide électrique:'! eulîn M. Walsh, de la société de Londrti. démontra cçlte identité par des eipf^ieiuH très-nombreuses qu'il lit auprès des eolesde j France, danti l'ile (le Ké, et qu'il répétai 11 ; Rochelle, en présence des membres de \'ittdemie de celte ville (1). Voici les priaei|ial(i de ces expériences :
On posa une Torpille vivante sur une ^ viette mouillée ; on suspendit au plaocbrr, tt avec des cordons de soie, deux ûisdultilOD: tout le monde sait que le laiton, ainsi 1"' | tous les méiaux, est un très-bon eonJucH' d'électricité, c'est-à-dire qu'il couJuil ou transmet facilement le fluide électrique, tl que la soie est, au contraire, noncon(luclm& c est-à-dire qu'elle oppose un oUsUcle »" jiassage de ce tluide. Les âls de Uiiea ei>pli>yés par M. Walih furent dooo, |»ru<» ! suite de leur sus|iension avec de )■ soift *"
( I) Of Ihe eUctric proptm of tht torftii- L«i>
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POISSOMS, ETC.
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is^ v>u, ce qui est la même c.iose, séparés de fmte substance perméable à rélectricité ; ar l'air, au moins quand il est sec, est aussi iQ très-mauvaî$ conducteur électrique.
Auprès de la Torpille étaient huit persones disposées ainsi que nous allons le dire, l itoléet par le moyen de tabourets faits de )a(ières non conductrices, et sur lesquels livs étaient montées.
Un bout d'un des filsdebiitop érait appuyé ar la serTÎette mouillée qui soutenait la erpille, et Tantre bout aboutissait dans un rentier bassin plein d*eau (1). La première ersonne avait un doigt d'une main dans le assin où était le Kl de laiton e4 un doigt e Tauire main dans un second bassin éga- Miiont rempli d*cau; la seconde personne ^tiait un doigt d'une main dans le second issin, et un doigt de l'autre maiu dans un uisièipe; la troisième plongeait un doigt uue rnain dans ie troisième bassin, et un L)i^l 4e Tautro main dans un quatrième, et insi de suite, les huit personnes eommuniuaienl Tune avec l'autre par le moyen do • au contenue dans neuf bc\ssins. Un bout u SI cond (il de laiton était plongé dans le euvièiuo bassin; et M. Walsh ayant pris auiro boni iie ce second (il métallique, et avant fait toucher au dos de la Torpille, il %\ évident au'il y eut à l'instant un cercle ouducteur oe plusieurs pieds de contour, et àttùi sans interruption par la surface inféioure de Tanimal, la serviette mouillée, le romier fil ue laiton, le premier bassin, los uil personnes, les huit autres bassins, le l'oond fil de laiton, et le dos de la Torpille. ïusii les huH jiersjonnès ressentirent-ellès '^lidnin nne commotion qui ne différait de f*lle que fait éprouver une batterie éleclri- [!ie nue par $a moindro force : et, de môme luo (I.'iiis les expériences que I on tente avec rUe batterie, M. Walsh, qui ne faisait pas arlie du cercle déférent ou de la chaîne ^inductrice, ne reçut aucun coup, quoique ^aucoup plus près de U Raie que les huit personnes du cercle.
Lorsque la Torpille était isolée, elle fai- ^il éprouver à plusieurs personnes iso- ^w aussi 40 oti îjO secousses succt'ssivcs , '^^'^s Pcspace d*une minute et demie; ces ''i*ou!?3e$ étaient toutes sensiblement égales; jl chaque elïorl que faisait l'animal pour pimer ces commotions était accompagné 'UDe dépression de ses yeux, qui, très- '^tllarUs dans leur étal naturel, rentraioU J'ors dans leurs orbites, tandis que le reste liJ corjis ne présentait aucun mouvement rès-smsible (2).
Si Ton ne louchait que l'un des deux or-
(I) Nous n^avons pas besoin d^ajoutcr que Tcau Mil nn excellent conducteur.
12) Kœnipfer a écrit (Xmœnit,, exot. !72l, p. 514) {lie I on pouvait, en retenant son lialeinc, se J;aranil'' ^^ la commotion que «îonne la Torpille; mais « "lush, et plusieurs auircè physiciens (|ui se son! "<^<*"l)és de réleclriciié de cftte Raie, < ni éprouvé ^!^'e ccue précauiion ne diminuafl en aucune niaiiiere la force de la iccou^se proJuite par ce poisson
ganes de la Torpille, il arrivait quelquefois qu'au lieu d'une secousse forte et soudaine, 00 n'éprouvait qu'une sensati(m plus faible, et pour ainsi dire plus lente; on ressenlût un engourdissement plutôt qu'un coup ; et, quoique les yeux de Tanimal fussent alors aussi déprimés que dans les moments où il allait frapper avec le plus d'énergie et de rapidité, M. Walsh présumait que l'engourdissement causé par cette Raie provientd'une décharge successive iïes tubes très-nombreux qui composent les deux sièges de son pouvoir,* tandis que la secousse subite est due à une décharge simultanée de tous ses tuyaux.
toutes les sul>stauces propres à laisser passer facilement le fluide électrique, et qu'on a nommées conductrices, transmetlaient rapidement la commotion produite par la Torpille ; et tous les corps appelés non conducteurs, parce qu'ils ne peuvent pas livrer un libre passage à ce même Guide, arrêtaient également la secousse donnée parla Raie, et opposaient à sa puissance un obstacle i)surpiontable. En touchant , par exem[ilo, l'animal avec un bâton de vorro ou de cir<* d'Espagne, on ne ressentait aucun etlet; mais on était frappé violemmcTU lorsqu'on mettait h la place do la cire ou du verre une barre métallique ou un corps très-mouillé.
Tels sont les principaux efletsi de l'électricité des Torpilles, très-bien observés et trèsexactement décrits par M. Waîsh, et obtenus d ' puis par un grand nombre de physiciens. Ils sont enlièremept semblables apx [diénomènes analogues produits par l'électricité naturelle des nu(^es, ou parrélectricitc» artificielle des bouteilles de Leyde et des antres instruments fulminants. De môme que 1q foudre des airs, ou la foudre bion moins puissante de nos l«boraloires , l'électricité de laTornille, d'autant plus forte que les deux surfaces des batteries fulminantes sont réunie^ par un contact plus grand et plus immédiat, parcourt un grand cercle, traverse tous les corps conducteurs, s'arrête devant les substances non conductrices , engourdit, ou agite violemment, et met ^ mort les êtres sensibles qui ne peuvent se soustraire k ses coups, que par Visol^meni^ qui les garantit des effets terribles des nuages orageux.
Une différence très-reu^arquabîe parait cependant séparer cette puissance des deux autres : la Torpille, par ses contractions, SCS dilatations, et les frottements qu'elles doivent produire dans les diverses parties cIo son double organe, charge 5 l'instant les milliers de tubes qui composent sef i)atleries; elle y condense subitement le lluide auquel elle doit son pouvoir; tandis que ce n'esl que par des degrés successifs que ci^ Uiême Quide s^accumule dans les plateaux fulminants , ou dans les bat-tenes de Leyde.
D'un autre côté, on u'a pas pu jusqu'à présent faire subir à des corps légers suspendus auprès d'une Torpille les mouvements d'attraction et de répulsion que leur impiime le voisinage d'une bouteille de Lejrde; et le fluide électrique lancé par
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TOR
eette Raie n*a pas pu , en parcourant son cercle conducteur, traverser un intervalle assez grand d*une [lartie de ce cercle à une autre, et être assez condensé dans cet espace pour agir sur le sens de la vue, produire la sensation de la lumière, et paraître sous la forme d*une étincelle. Mais on ne doit pas désespérer de voir de très-grandes Torpilles faire naître dans des temps favorables, et avec le secours d'ingénieuses pr*S cautions, ces derniers phénomènes que Ton a obtenus d'un poisson plus électrique encore que la Torpille, le Gymnote électrique dont nous avons donné l'histoire. On doit s'attendre d'autant plus à voir ces effets produits par un individu de l'espèce que nous examinons, qu'il est aisé de calculer que chacune des deux principales surfaces de l'organe double et électrique d'une des plus larges Torpilles pêchées jusqu'à présent devait présenter une étendue de 300 décimètres (près de 29piedsj carrés; et tous les physiciens savent quelle vertu redoutable l'électricité artificielle peut imprimer à un seul plateau fulminant de quarante décimètres carrés (quatre pieds carrés ou environ) de surface.
Au reste, ce n'est pas seulement dans la Méditerranée et dans la partie de l'Océan qui baigne les côtes de l'Europe que l'on trouve la Torpille, on rencontre aussi cette Raie dans le golfe Persique, dans la mer Pacifique, dans celle des Indes, auprès du cap de Bonne-Espérance, et dans plusieurs autres mers.
Voy. notre Dictionnaire d'Astronomie, de Physique, et de Jlf^f^oro/ojie, article Poissons