ÉLECTRIQUES
TORTRIX. Voy. Rouleau.
TORTUE, testudo. — On appelle Tortues les espèces terrestres de Chéloniens , que
3uelques auteurs désignent aussi sous lenom e Chersites ou Chersies (du grec x'/^o^'of terrestre). Elles sont caractérisées par leur carapace très-bombée, leurs membres courts, égaux, leurs pallias en moignons arrondis, calleux, leurs doigts non distincts, onguiculés.
La carapace, sous laquelle peuvent se re- ' tirer la tôle, les pattes et la queue, est, en général , jjtrès-bombée , et quelquefois plus haute qiîe large. Les bonis, dont la hauteur est sujette à varier, s'inclinent plus ou moins pour aller rejoindre et recevoir le plastron. Le pourtour de la carapace est souvent parfaitement uni, d'autres fois il offre des dentelures au-dessus des bras, des cuisses et de la queue; quelquefois même une large échancrure en V se remarque au-dessus du cou. Les pièces osseuses qui constituent le bouclier supérieur sont tellement engrenées par leurs sutures, qu'elles ne sont susceptibles d'auoun mouvement, à l'exception toutefois des deux espèces du genre Cinixys , dans lesquelles la portion postérieure de la carapace n'est unie h l'antérieure que par une lame osseuse et flexible, qui permet au battant postérieur de se mouvoir en s'abais- «aot ou en se soulevant avec force p jur s'ap*
pUquer contre le plastron. Le plastron est rarement aussi long que la carapace; souvent il est échancré antérieurement comme postérieurement. Chez quelques espèces, le plastron est doué de mobilité , soit danslb pièces antérieures, comme cela seremarqœ dans le genre Pyxis, soit dans la région postérieure, comme cela a lieu dans fa Tortof bardée. La boite osseuse des Cbersitei est composée de pièces dont l'éfmisseur et k poids relatifs sont plus considérables (pe chez les autres Chéloniens (1).
Les Tortues de terre ont constammert treize plaaues cornées sur le disque d.^ b carapace; les pièces du pourtour varieiil aa nombre do vingt-trois à vingt-cinq; enûii, on compte au sternum douze plaques , cl quelquefois onze seulement. Les piaqut^ cornées sont polygones, le nombre des cô:« de ces plaques est peu considérable, elar varie qu'entre quatre et sept ; les plaqnes ne sont que Irès-raremeût unies, et seulement lorsqu'elles ont été usées par le frottement; on remarque presque toujours à la superficie de chacune d'elles un espace pins ou moins grand , granuleux ou rugucui , tt de même forme que la plaque elle-même:
c'est à cet espace qu'on a donné le nomdV r.éole. On voit encore souvent à la surfit^ des plaques des stries conceutriquesquis^ blent indiquer le nombre de couches de sobàtance cornée qui ont servi à leur accroissement.
La tête est en général courte, épaisse, à quatre pans, recouverte en dessiif , depuis
(I) La nature a iraité presque tous les anisai avec pins ou moins de faveur ; les uns ont reçi b b.'aute, d'autres la- force; ceux-ci la mmfcur.M des armes meurtrières; ceux-là des allntMils d'indépendance, la faculté de iinger ou celle de s'ékw dans les airs. Mais, exposés en naissant anx IbImperles de Talmosphère, les uns sont obligés de» creuser avec pemc des retraites sou terrains «profondes; les autres n'ont pour asile que les antres l^ nébreux des hautes montagnes ou des vastes foràs: ceux-ci, plus petits, sont réduits à se tapit dai^b creux des arbres et des rochers, ou à aller seréfigRt jusque dans la demeure de leurs plus cruels eflueuùv aux yeux desquels ni leur pelilesse, ni leur ruse k peuvent les dérober longtemps ; ceux-là, plos m**heureux, moins bien conformé, ou moins poiin» d'instinct, sont forcés de passer tristement leur vie sv la terre nue, et n'ont pour tout abri contre les ffw> rigoureux et les tempêtes les plus violentes, qtieqiie^ quos brancbes d'arbres et quelques roches avance© ceux dont la demeure est la plus commode et b|h» sûre, ne jouissent de la douce paix qu'elle leor fncure qu'à force de travaux et de soins ; 1^ TorUKS^ les ont reçu eu naissant une sorte de domicile dnriUe- Cet asile, capable de résiste rade très-grands etfbns, n'est pas même fixé à un certain espace tlorstfoeb nourriture leur manque dans les endroits ifàéfi préfèrent, elles ne soni pas contraintes d'abandow» un toit construit avec peine, de perdre tout kirà de longs travaux, pour aller peut-être avec pte^ peine encore arranger une habitation nooviile <v des bords étrangers; elles portent partout avecdb l'abri que la nature leur a donne ; et c'est avec i«*^ vériié qu'on a dit qu'elles traînent leur m^i^* sous laquelle elles sont d'autant plus à cos^ert qu'elle ne peut pas être déUruite par les eflôrts à leurs ennemis.
TOR
POISSONS, ETC
TOR
obout (lu museaujusqu'en arrière des yeux, le plaques cornées. Les mâchoires sont réouvertes d'étuis de corne très-solides, lanùi tranchants» tantôt plus ou moins dentiuU^s; les mâchoires sont parfaitement emboîtées, et ne peuvent agir que dans le méue sens ; le cou et fa tête peuvent toujours entrer en entier sous la carapace.
Les pattes de Chersites sont à peu près le même longueur ; elles sont courtes et nforraes ; les doigts sont peu distincts, pres- |ue égaux, immobiles, et réunis par une peau épaisse en un moignon arrondi et calleux ; es ongles, qui représentent les phalanges les doigts, sont aistincts ; tantôt ils sont ilongés, tranchants et pointus, tantôt ils oui courts et obtus. Chez toutes les espè- . s,à Texceplion toutefois de celles du genre lomopode, il y a cinq ongles aux pattes de levant; les pattes de derrière n'en préseuent que quatre , le cinquième doigt , qui iVst souvent qu'une sorte de rudiment, resaul caché sous la peau et ne portant pas l'ongles. Les Homopodes n'ont que quatre Joints pourvus d'ongles aux membres antéieurs comme aux postérieurs. Par la «lispoàlioQ de leurs pattes, ce n'est qu'avec difliîullé que les Tortues terrestres peuvent se nouvoir, et qu'elles parviennent à creuser es trous dans lesquels elles déposent leurs fiufs et ceux où elles se réfugient pendant hiver.
Leur queue , qui est armée d'écaillés uberculeuses, placée dans l'épaisseur de la >eau , varie beaucoup pour la longueur et a forme; elle est, en général, grosse à sa 3360, souvent elle est très courte , conique, îl dépasse à peine la carapace ; d'autre fois, ie qui arrive plus rarement, elle est assez ongue. Dans quelques espèces, la queue se ermine par une sorte d'ergot ou d'étui corné, ]ui enveloppe la dernière vertèbre. La Tordue grecque se sert, dit-on, de sa queue ioiuiue d'un cinquième membre sur lequel ?lle s'appuie , surtout lorsqu'elle se débarrasse par des évacuations naturelles.
Les mâles sont, en général, plus petits que les femelles. Ces dernières gardent pendant issez longtemps dans leur oviducte les œufs {ui ont, en général, une forme sphërique ; ceux de quelques espèces, cependant, sont aN loogés et presque cylindriques. Leur coque ^st assez solide, et de nature calcaire. Les femelles déposent leurs œufs dans des trous qu'elles creusent dans des lieux exposés ttux rayons du soleil, et dès lors elles n'eu pretment plus aucun soin. Les petits qui en ^rtent sont loin de présenter la forme qu'ils Jo.vent acquérir un jour; leur carapace est, Bn eiîet, tou^jours unie et de iorme hémisphérique.
Les Chersites vivent dans les bois et dans les lieux bien fournis d'herbes. Elles se ^ creusent peu profondément dans le sol des sortes de terriers où elles s'engourdissent pendant l'hiver. Les Tortues terrestres se pourrissent presque exclusivement de matières végétales; cependant elles mangent aussi quelquefois des matières animales, tel-
les que des Mollusques terrestres, des Insectes, etc. Les espèces qu'on conserve dans les jardins préfèrent, en général, à toute au* tre nourriture les feuilles de salade, et principalement celles de laitue. Les Tortues n'ont besoin que de très-peu de nourriture, et elles peuvent même passer des mois entiers sans manger. Elles vivent fort longtemps ; Cetti en a vu une, en Sardaigne, qui avait soixante ans et qui ne paraissait pas plus vieille que la plupart des mdividus oe môme espèce qu'on prenait dans les campagnes. Elles sont très-vivaces ; en effet, on en a vu se mouvoir sans tête pendant plusieurs semaines.
Los Tortues terrestres se trouvent répandues sur toutes les narties du globe, à l'exception, toutefois, de la Nouvelle-Hollande, où jusqu'ici on n'en a pas encore observé. D'après MM. Duméril et Bibron , TEurope en nourrit trois espèces; l'Afrique et ses îles, principalement celle de Madagascar, en possèdent neuf; on en compte cina pour l'Asie et l'Archipel Indien ; enûn neur espèces se trouvent en Amérique et dans les îles voisines de ce continent.
§ L Genre Tortue (Testudo, Brong.).
Carapace d'une seule pièce ; sternum non mobile antérieurement ; pattes à cinq doigts, les postérieures à quatre ongles seulement.
La Tortue bordée {T. marginiiOf Schœpff. ; Chersus marginatus, Wagler). La carapace est de forme ovale, oblongue, bombée, à bord postérieur très-dilaté et presque horizontal ; le plastron est mobile en arrière; la queue grosse et conique dépasse h peine la cara^ pace. Les plaques du disque sont d'un brun noir et présentent vers leur centre des taches plus ou moins grandes, d'une belle couleur jaune ; les lames marginales offrent le plus souvent deux taches triangulaires, l'une jaune et l'autre noire ; ewfïn^ le dessous du corps est d'un jaune sale, «^vec une large tache triangulaire noire sur six ou huit des lanies sternales.
Cette espèce qui est plus grande que la Tortue grecque, se trouve abondamment en Morée ; on l'a rapportée aussi d'Egypte et des côtes de Barbarie.
La T. moresque {T. mauritanica^ Duméril et Bibron). La carapace est de forme ovale, bombée ; le sternum est mobile derrière ; chaque cuisse présente un gros tubercule conique ; la queue est courte, monguiculée. Le fond de la couleur de cette espèce présente une teinte olivâtre ; les plaques du disque sont marquées de taches noirâtres et quelquefois d'une bande de même couleur, qui couvre leur pourtour en devant et sur les côtés seulement ; les plaques du plastron , dont le fond de la couleur est olivAtre comme celles de la carapace, présentent chacune une large tache noire.
La Tortue moresque se trouve communément aux environs d'Alger, et c'est de là aue sont envoyées toutes celles qui se ?enent depuis quelques années chez les marchands de comestibles. M. Ménétries l'a trou-*
mis
foii
KBnVLES,
ton
li^
vée en grand nombre dans les jardins fruitiers des environs de Bakou, yllle située sur les bords de la raer Carpienne, dams la presqu'île d'Abahéran.
La T. GRECQUE {T. grœca, Linn. ; x'^^ovii , X</»^At«, Aristole; Testudo terrestriê ^ Pline, Gesner, Ray.). On nomme ainsi la Tortue terrestre la plus commune dans la Orèce, et dans plusieurs contrées tempérées de TÉurope. On Ta pendant très-longtemps appelée simplement Tortue ^errw^c ; mais comme cette épithète ne désigne que la nature de son habitation, qui est la môme que celle de
{Plusieurs autres espèces, nouis avons prééré la dénomination adoptée par les naturalistes modernes. On la rencontre dans les bois et sur les terres élevées ; il n'est jjersonne qui ne l'ait vue ou qui ne la connaisse de nom ; depuis les anciens jusqu'à nous, tout le monde a parlé de sa lenteur : le philosophe s'en est servi dans ses raisonnements, le poète dans ses images, le peuple dans ses proverbes. La Tortue grecque neuf, en effet, passer pour un des plus lents des quadrupèdes ovipares. Elle emploie beaucoup de temps pour parcourir le plus petit espace ; mais si elle ne s'avance que lentement, les mouvements des diverses parties de son corps sont quelquefois assez agiles ; nous lui avons vu remuer la lête, les pattes et la queue, avec un peu de vivacité. Et même ne pourraiton pas dire que la pesanteur de son i)0uclier, la lourdeur du poids dont elle est chargée, et la position de ses pattes placées trop h côté du corps, et trop écartées les unes des autres, produisent presque seules la lenteur de sa marche ? Elle a, en effet, le sang aussi chaud que plusieurs quadrupèdes ovipares, qui s'élancent avec promptitude jusqu'au sommet des arbres les plus élevés ; et quoique les doigts ne soient pas séparés, comme ceux des Lézards qui courent a?ec vitesse, ils ne sont cependant pas conformés de manière è lui interdire une marche facile et prompte.
Les Tortues grecques ressemblent, à beaucoup d'égards, aux Tortues d'eau douce; leur taille rarle beaucoup, suivant leur âge et le pays qu'elles habitent*, il paraît que celles qui vivent sur les montagnes sont plus grandes que les Tortues de plaine. « Celle que nous avons décrite vivante, dit Lacépède, et que nous avons mesurée en suivant la courbure de la carapace, avait près de quatorze pouees de longueur totale, sur près de dit de lafgi&ur. La tète avait un pouce dix lignes de long, sur un pouce deux lignes de largeur et un pouce d'épaisseur. Le dessus en était aplati et triangulaire. Les yeux étaient garais d'une membrane clignotante; la paupière inférieure était seule mobile, ainsi que !'a dit Wine, qui a appliqué feussement aux Crocodiles et aux auadruj>èdes ovipares en général , cette coniormalton que nous avons obserrée dans la Tortue grecque. Les mâchoires étaient très-fortes et crérrelées , et llntérieur en était garni d'aspérités ue l'on a prises faussement pour des dents, a peau recouvrait les trous auditifs; la
aoene était très-courte; elle n'avait qte aeuf pouces de longueur. Les pattes (fe de- Tant avaient trois pouces six lignes iusqol l'extrémité des doigts; et celles de kmh. deux pouces six lignes. Une peau gr^noc! et des écailles inégales, dures et d'une pouleur plus ou moins brune, couvraient h l*t«, les pattes et la queue. Quelques-unes de c^ écailles qui garnissaient l'extrémité (te
Sattes étaient assez grandes, assez détdcto e la peau et assez aiguës pour être conkdues au premier coup d'œii avecde$ofïg|*i Les pieci^ étaient ramassés, et coouDe ils étaient réunis et recouverts par une mmbrane, on ne pouvait les distinguer qaepsr les ongles qui les terminaient. »
Les ongles des Tortues grecques m communément plus émoussés que ceuKb Tortues d'eau douce, parce que la çrequ* les u'se par un iVottemeot plus continoefei par une pression plus forte. Lorsquril?
marche, efle frotte les ongles des pieds de devant séparément et l'un après l'autre contre le terrain, en sorte que lorsqu'elle poa un des pieds de devant a terre, elle sppoie d'abord sur l'ongle intérieur, ensuite sr celui qui vient après, et ainsi sur tous soccessivement jusqu'à Tongle extérieur :sm pied fait en quelque sorte par là i'elftt d'une roue, comme si la tortue cherchait ï h élever très-peu ses pattes, et à s'arancff par une suite de petits pas successifs, pour éprouver moins ae résistance de ia prtda poids qu'elle traîne. Treize lauies striée? dans leur contour recouvrent la carapace; les bords sont garnis de vingt-quatre limes, toutes, et surtout celles de derrière, beiD- <îOup plus grandes en proportion qae daw la plupart des autres espèces de Tortttes;ei par la manière dont elles sont placées I» unes relativement aux autres, elles fctrt paraître dentelée la circonférence de la couverture supérieure. Le plastron est ordiioi* rement revêtu de douze ou treize laiMS Les lames qui recouvrent la carapace soul marbrées de deux couleurs, rune pliiJ WJ moins foncée, et l'autre blanchâtre.
La couverture supérieure de la Gfe^^lK est très-bombée ; c'est ce qui feit qae \cr^ qu'elle est renversée sur le dos, elle pe"» reprendre sa première situation, et ne \^' rester en proie h ses ennemis, comffle 1^ Tortues franches. Ce n'est pas seulemeDl i l'aide de ses pattes qu'elle s'efforce it *^ retourner; elle ne peut pas assez les éeartef pour atteindre jusqu'à terre? elle se ^ uniquement de sa tète et de son con, afft lesquels elle s'appuie fortecieol contre k terrain, cherchant pour ainsi dire *^^ lever, et se balançant è droite el à P^ jusqu'à ce qu'elle ait trouvé le côté du W* rain c^ui est le plus inriiné, et qni hli opT^ le moms de résistanee. Alors; *« "^ J faite des efforts dans lesttei^x ^^'^Tl!t cherehe plus qu'à se renverser du ^]^r^ nible, et à se retoaraer assez P^"^ /JJJÎ irer la terre arec ses pattes, et se reaw^ entièrement sut ses pieds. Il P^^^j"?
peut distinguer les mftles d'ave^lesw^
TOR
POISSONS, ETC
toit
les, en ce que celles-ci ont leur nlaslron presque plat» au Heu que les mâles Tout plus ou moias eoneaTe.
L^élémeot dans lequel rifent les Tortues de mer et les Tortues d'eau dmee rend leur cfajurge plus légère, car tout ia moode sait
3u*un earps pionçé dans Teau perd toujours e son poids ; mais celle des Tortues de terre o*est pM ainsi diminuée. Le fardeau que la grecque supporte est dene une f ireure de la KMrredonteile jouit: cette force est, d'ailleurs, confiriBée pur la grande fiicilité aree laquelle elle brise dans sa gueule des eorps trèsdurs ; ses i]MldM>ires sont mues par des muscles si rivaees, que Ton a remarqué dans une petite Tertae,dont la léle arait été coupée use dami-beure auparavant, qu'eties claquaient encore aTee ua bruit assez sensiiile; et, éès le temps d'AristoCe, on regardait la Tortue cenitte i^imal qui arait en propurlîoo le plus rie tore^ dans les ma ehoires.
Mais ee fait u^est pas le seul phénomène recnarquable que les Tortifês ^-ecques présentent reiaAfeiuent k la difficulté que Ton épreuve, lorsqu*on veut 6tor la vie aux quadrupèdes ovipares. François Redi a fait a ce sujet, en Toscane, des expériences dont nous allons rapporter les principaux résultats. Il prit ane Tortue grecque au commencement du mais de aovenbre ; il fit une large ou* veKure dans le crâne et eu enleva ia cervelle, aans en laisser aucune portion dans la eavitéipii la centeadt, et qu'il nettoya pour ainsi dire avec soin. Dès te monem que la cervelle fet enlevée, les feux de la Tortue se fenDèreut pour ne plus se rouvrir ; mais ranimai ayant été mis en Kberlé^ oenlinua de urauvoir et de marcber comme s'il n*a vait reçu aucun mal. A la vérité, il ne s'avançait, en «elque sorte , qu'en tâtonnant , parce qu'il ne veyiit plus. Après treJs jours, une oouvcMe peau couvrit I ouverture du crâne, et la Tortue vécut ainsi, en exécutant tous ses iM>uvements ordinaires,iasqu'au milieu du nais de uiai, e'est-ikdire k peu près pendant six mais* Lorsqu'elle Ait morte, Redi examina la cavité du crâne d'oïl il avait ùté la cervelle, et il n'j trouva qu'un petit grumeau de saag aec et noir; H ré^la cette expérience sur plusieurs Tortues, tant terrestres que d'eau dooee, et même de mer ; et tous ces divers animaux vécurent sans cervelle pendant un nombre de joqrs plus ou ■loins considérable. Redi coupa ensuite la tèle è ane grosse Tortue grecque, et après que tout le saag qui pouvait s*écouler des veines du oau se fut épanché, la Tortue continua de vivre plusieurs jours, ce dont il fut facile de s'apercevoir par les mouvements qu'elfe se donnait et la manière dont elle remuait les pattes de devant et ceties de derrière. Ce grand physicien coupa aussi la tCte è quatre autres Tortues, et les ayant ouvertes douze jours après cette 0[)ération, il trouva que leur co^or palpitait encore ; que le sang qui restait à l'animal y entrait et en sortait, et, fmr conséquent, que la Tortue était encore en vie. Ces eipériences, qui ont été depuis
répétées par plusieurs physiciens, ne prouvent-elles pas ce que nous avons dit de la nature des quadrupèdes ovipares?
La Tortue grecque se nourrit d'herbes, de fruits et même de Vers,de Limaçons et d'insectes ; mais comme elle n'a pas l'habitude d'attaquer des animaux qui ai( nt du sang, et de manger des poissons comme la bourbeuse, que Ton trouve dans les fleuves et dans les marais, où la grecque ne va point, les mœurs de cette Tortue de terre sont assez douces ; elle est aussi paisible que sa (Jémarche est lente ; et la tranquillité de ses habitudes en fait aisément un animal domestioue, qiie Ton pçut nourrir avec du sang et ne la farine, et que l'on voit avec plaisir dans les jardins, où elle détruit les insectes nuisibles.
Comme les autres Tortues et tous les Quadrupèdes ovipares, elle peut se passer de manger pendant très-longtemps. Gérard Blasius garoa chez lui une Tortue de terre, qui, pendant dix mois, ne prit absolument aucune espèce de nourriture ni de boisson. Elle mourut au bout de ce temps ; mais elle ne périt pas faute d'aliments, puisqu'on trouva ses intestins encore remplis d'excréments, les uns noirâtres et les autres verts et jaunes ; elle succomba seulement & la rigueur du froid.
Aux latitudes un peu élevées, les Grecques passent l'hiver dans des trous souterrains , Qu'elles creusent même quelquefois, et où elles sont plus ou moins engourdies, suivant la rigueur de la saison. Elles se cachent aussi, en Sardaigne, vers la fin de novembre.
Elles sortent de leur retraite au printemps ; et elles s'accouplent plus ou moins de temps après ta fin de leur torpeur, suivant la tem- ))érature des pays qu elle.s habitent : on a écrit et répété bien des fablos touchant l'accouplement de ces Tortues, Tardeur des mâles, les craintes des femelles, etc.
Le temps de la ponte des Tortues grecques varie avec la chaleur des contrées ou on les trouve. En Sardaigne, c'est vers la fin de juin qu'elles pondent leurs ceufs ; ils sont au nombre de quatre ou de oinq, et blancs comme ceux de Pigeon. Là femelle les dépose dans un trou qu'elle a creusé avec ses pattes de devant, et elle les recouvre de terre. La chaleur du soleil fait éclore les jeunes Tortues, qui sortent de Tœuf dès le commencement de septembre, n'étant pas encore plus grosses qu^uiie coqtie de noix.
La Tortue grecque ne va presque jamais à l'eau ; cependant elle est conforinée i l'intérieur comme les Tortues de mer. Si elle n'est point amphibie de fait et par s^s mœurs, elle l'est donc jusque un certain point par son organisation.
Ork trouve la Tortue grecque dans presque toutes les régions chaudes et même tempérées de Tancien continent ; dans l*Europe méridionale, en Macédoine, en Grèce, à Amboine. dans Ttle de Ceyiau dans les Indes, au Jajion, dans Ttle d.^ Bourbon, dans celle de FAscension , dans les déserts de
TOR
REPTILES
TOR
l'Afrique. C'est surtout en Libye et dans i.es Indes que la chair de la Tortue est plus délicate et plus saine que celle de plusieurs autres Tortues; et Ton ne voit pas pourquoi il a pu être défendu aux Grecs modernes et aux Turcs de s'en nourrir.
En Amérique, où elles sont très-communes, on les prend avec des Chiens dressés à les chasser. Ils les découvrent à la piste, et lorsqu'ils les ont trouvées, ils aboient jusqu'à ce que les chasseurs soient arrivés. On les emporte en vie ; elles peuvent peser de cinq à six livres et au delà. On les met dans lin jardin, ou dans une espèce de parc ; on les y nourrit avec des herbes et des fruits , et elles y multiplient beaucoup. Leur chair, quoique un peu coriace, est d'assez bon goût: les petites Tortues croissent pendant sept ou huit ans ; les femelles s'accouplent quoiqu'elles n'aient acquis que la moitié de leur grandeur ordinaire, mais les mâles ont atteint presque tout leur développement lorsqu'ils s'unissent à leurs femelles; ce qui paraîtrait prouverque, dans celte espèce, les femelles ont plus de chaleur que les mâles, et ce qui semblerait contraire à l'ardeur que les anciens ont attribuée aux mâles, amsi qu'à l'espèce de retenue qu'ils ont supposée dans les femelles.
A l'égard de l'Amérique septentrionale et des îles qui l'avoisinent, il paraît que les Tortues grecques s'y trouvent avec quelques légères clifférences dépendantes de la diversité du climat.
Leur grandeur, dans les contrées tempérées de l'Europe, est bien au-dessous do celle qu'elles peuvent acquérir dans les régions chaudes de l'Inde. On a apporté de la côte de Coromandel une Tortue grecque
aui était- longue de quatre pieds et demi, epuis l'extrémité du museau jusqu'au bout de la queue , et épaisse de ii pouces. La tête avait sept pouces de long, sur cinq de large ; le cerveau et le cervelet n'avaient en tout que 16 lisnes de longueur sur neuf de largeur ; la Tangue, un pouce de longueur, quatre lignes de largeur, une ligne d'épaisseur; la couverture supérieure, trois pieds de long, sur deux pieds de large. Cette Tortue était mâle, et avait le plastron concave.
La T. Eléphantine IT. Elephantina^ Dum.
et Bib.; T. Indica^ Denay), est une des plus grandes espèces de ce genre ; sa longueur est de plus de trois pieds. Toutes les parties de son corps sont d'un brun-noirâtre, seulement un peu plus foncé au centre des plaques, à l'extrémité des membres et sur les mâchoires. Elle habite les îles du canal Mozambique. M. Julien Desiardins, sociétaire et fondateur de la Société d'histoire naturelle de l'Ile Maurice, a apporté en France, en 1839, deux individus vivants et gigantesques de cette espèce, qu'il a donnés au Muséum royal d'histoire naturelle. Chacune de ces Tortues pèse plus de 500 livres. Elles sont counues a l'Ile Maurice depuis plus de quarante ans pour leur grosseur extraordinaire.
§ IL Genre Homopodb (Homopus, Dut.
et Bib.)
Carapace et sternum d'une seule pèn; quatre doigts seulement et tous ooguicuiés à chaque patte.
L*HoiioPODB Aréole iHomopui Ârtt^atu, Dum. et Bib.; Tesiudo Àreolatû^ S<top(.; b Vbrmillon, Lacépède.)
Au cap de Bonne-Espérance, habite me petite Tortue de terre que Worm a vue Tivante, et qu*il a nourrie pendant auekne temps dans son jardin. Des marchands Ului avaient vendue comme venant des gnodes Indes, où il se peut, en effet, qa*OQ ta trouve. La couverture supérieure de cette petite et jolie Tortue est a peine loo«ie (k quatre doigts ; les lames en sont agréabJ^eol variées de noir, de blanc, de pourpre, de verdâtre et de jaune; et lorsqu'elle? s*eilalient, la carapace présente à leur place du jaune-noirâtre. Le plastron estbUncbâtre,el sur le sommet de la tête, dont onacompiré I la forme à celle de la tète d'un Perroquet I s'élève une protubérance d'une couleur (k vermillon mélangé de jaune. Les pieds dt cette Tortue sont garnis de (quatre ongles et d'écaillés très-dures ; les cuisses sont rerètues d'une peau qui ressemble à du cuir; ii queue est effilée et très-courte. Lanatarci
f)aré cette Tortue avec soin ; elle lui a donae a beauté : mais, en la réduisant à un trèspetit volume, elle lui a 6té presque tout l'avantage du bouclier naturel sous lequel elle f>eut se renfermer; car il paratt qu ou doit ui appliquer ce que rapm)rte Roibe de la Tortue de terre du cap de Bonne*Es|)énnce. Suivant ce voyageur, les grands Aigles de mer, nommés Orfraie, sont très-avides de la chair de la Tortue; malgré toute la force de leur bec et de leurs serres, ils ne pouiraieet briser sa dure enveloppe ; mais ils reotèfeat aisément ; ils l'emportent au plus haut des airs , d'où ils la laissent tomber à pluâeurs reprises surdes rochers très-durs. La hauteur de la chute et la très-grande vitesse qui en résulte produisent un choc violent; et la couverture de la Tortue bientôt brisée, livrt en proie à l'Aigle carnassier ranimai quelle aurait mis à couvert, si un poids plus considérable avait résisté aux efforts de TAigle pour l'élever dans les nues.
De tous les temps, ou a attribué le mèot^ instinct aux Aigles de l'Europe pour pamsuf h dévorer les Tortues grecques; et tout 1« monde sait'que les anciens se sont plaàrtconter la mort singulière du fameux poète Eschyle, qui fut tué, dit-on, par le cboc d'une Tortue qu'un Aigle laissa tomber de très-haut sur sa tél^nue.
S IIL Genre Pvxide (Pyxis, M.).
Carapace d'une seule pièce; sterouoiB^ bile antérieurement; piattes à cinq doigts chacune, les postérieures à quatre ongles seulement.
PvxiDE Arachnoïde [Pyxis Arai^i^* Bell.}. La caranace est ovale, très-couTex^ échancrée en V antérieurement. Les plaqua du disque sont jaune-roussAtre. maraud
lui
TOU
POiSSMS, ETC.
TOU
de taches Iriangulaires noires , disposées en rayons; las plaques mar^pnales, ^lemeot jaanâtres» oflTreDt des raies longitudinales noires; 1e-dessoos da corps est jaone. Cette es^ièce habite l'Inde et les Iles de son ardÉipel*
S iv. Gatre Cmùtys (Cinixys, BelL).
Carapace mobile en arrière; sternum d*une seule pièce ;.pattes à cinq doigts , les postérieures à quatre ongles seulement.
La CnniTS db Uohk {Cimixy$ Homeana^ BelL). La carapace est ovale, oblongtie, à dos plaC, à flancs carénés ; la portion antérieure du pourtour est lirge ; ii nV a point de plaque imchale; la suscaudale est simple ; la queue est longue et inonguiculée .Le test est d*une couleur marron clair ou d*un brun fiiuve uoiA>rme. Cette espèce habite la Guadeloupe.
Deux autres espèces font encore partie de ce genre; ce sont les C. Erosa et C. Éelliana (Grav).
TORTDB FRANCHE. Fay. CutuonÈx.
TORTUES. Voy. Ch6lo!«ie!is.
TORTUES DEAU DOUCE. Foy. Emtdk.
TORTUES GRECQUES. Voy. Tobtcb.
TORTUES MARINES. Voy. CuihonÊE.
TORTUES MOLLES. Foy. Emtdc.
TOUCHER, iaciui. — Il est peu rationnel ^ séparer le tact général du Toucher manuel, et la physiologie cx)m|iarée fait ressortir rinopportooilé de celte division, en raontf«nlque, dansdes animaux différents, leToucber actif et volontaire s*exercepar des points diâérents de la surface cutanée. L'anatomie Tient d'ailleurs prouver Timpossibilité de ces distinctions, puisqu'elle démontre dans la peau une structure identique à peu près fiartout. En effet, Malpighi, Gauthier, et plus récemmeut Rreschet et Roussel de Vauzème, ont été chercher au talon la structure présu roable de la peau des doigts chez l'homme; et les derniers de ces anatomistes se sont «idés beaucoup des observations qu'ils ont pu laire indifféremment sur tous les points de la peau chez la Baleine. Ils ont pu reconnaître ainsi l'eiistence universelle de papilles ou mamelons exhaussés à la surface du derme, enchâssés dans dvs gaînrs épidermiques et recevant, parleur base, des tilaments nerveux ; mais ils ont vu aussi que ces papilles étaient lilus prononcées, plus longues chez certains animaux et dans certaines régions, là surtout où répiderme offre des stries parallèles, indice des rangées de ces «lamelons ordinairement élevés deux à deux et formant ainsi des séries sillonnées sur leur longueur aussi bien qu'en travers.
Celles de la Baleine ont plusieurs lignes de longueur et sont renflées à leur extrémité ; celles de l'homme sont infiniment plus petites et coniques, et les auteurs cités en dernier lieu pensent, sans pouvoir l'affirmer bien positivement, que les filaments nerveux se terminent, dans les unes comme dans les autres, en formant des anses concentriques.
C'est du moins une chose bien connue que la rive sensibilité dont jouissent les papilles;
Dicno?!!!. DE Zoologie. IL
on sait combien la douleur est vive par le contact le plus doux, lorsqu'elles ont été dépouillées de leur coiffe épidermique par l'action d'un vésicatoire. Que si l'on s'étonnait qu'elles pussent conserver une délicatesse tactile assez grande sous cette enveloppe membraneuse et cornée, nous pourrions opposer à ce doute des faits péremptoires et qui trouveront place plus loin : ici seulement nous ferons observer aue les dents, bien que peu nerveuses en elles-mêmes, bien que revêtues d'un enduit épais et dur et certainement dépourvu de vie, cristallisé à leur surface, l'émail enfin, sentent néanmoins avec plus de délicatesse qu'on ne l'imagine communément; on a constaté qu'elles peuvent donner une sensation bien réelle par suite djuoe percussion modérée exercée avec un simple ruban de fil tenu par une de ses extrémité : certes, c'est là pourtant un choc bien léger. Chacun peut également s'assurer que les ongles, jtroductions cornées, servent à reconnaître certaines qualités des corps soumis à l'exploration tactile, leurs rugosités, leur consistance ; les poils, les cheveux sentent, ou mieux transmettent à la peau l'impression d'un contact souvent fort léger, et ce sentiment n'est pas sans volupté quand il est produit par une main familière : il ne faut donc pas trouver surprenant que l'épiderme puisse aussi transmettre, aux papilles qu'il enveloppe, des impressions même très-subtiles. Aussi n'est-ce pas, comme on le répète ridiculement sans examen, là où Tépiderme est le plus fin que le Toucher est le plus délicat ; Vépiderme est très-épais au bout des doigts, et il est facile de le traverser là avec une éninglesans attaquer lecorpspapillaire, ce qu on ne saurait faire assurément sur le dos de la main, à l'avant-bras, etc. Le Toucher est plus délicat là où il y a plusde développement dans les papilles et une plus granoe abondance de neré, avec plus de facilité à s'appliquer aux surlaces qu'il s'agit d'explorer. C'est d'après ces données que nous allons jeter un çoupd'œil sur les principaux modes que nous offrira la série des êtres animés, quant à l'exercice du Toucher volontaire.
« Chez l'homme, dit Dugès, personne n'ignore que c'est à la main, aux doigts que le sens du Toucher offre le plus de perfection, et nous avons ftjt une petite série de recherches qui confirmentce qse l'anatomie, d'une part, et l'observation, de l'autre, avaient déjà appris à cet égard. Nous avons voulu savoir à quelle distance devaient s'opérer, dans les diverses régions du corps, deux impressions simultanées, pour être distinctes et non confondues en une seule (1) : il est clair que plus la peau d'une région recevra de filets nerveux, plus il y avra de rapprochement entre les points isolément sentant, et par suite aussi plus il y aura, pour une égale superficie, de vivacité et de ptÇÊ-
(I) Le professcar Weber a fait des recbercliet da même genre, et probabicmeiit plus éieudiies.
TOU
KEPTILKS,
TOfJ
meni dans la sonsation. Or, la peau du crâne» celle des ioues, des bras, des jambes, pi-
3Ué6 simuttanément arec deux épingles, ne onnait aucune seule sensation de piqûre tant que les deux pointes ne portaient pas au «moins à deux lignes Tune de Tautre : avec cet écartement on sentait deux piqûres . nu front, au dos de là main, la distance voulue, pour deux sensations dis'linctes quoique simultanées, était d'une ligne et demie; h la paume de la main, d*une ligne; au bout des doigts, d'une demi-ligne ; et au bout de la îcingue, d*ua quart de ligne seulement : ce dernier org^me aurait donc l'avantage, mais on sait qu'il est destiné à'd'autres fonctions, et c'est, quant aux diverses régions tie la peau> à l'extrémité des doigts que reste la supériorité. La mobilité des doigts. Top- ()Osition du pouce, la liberté des membres supérieurs en raison de la station bipède, donnent d'ailleurs à la main de l'homme tant d'arantages, que certains pbilo'sophes ont voulu V voir la seule cause ne sa suprématie sur les autres animaux : exagération souverainement ridicule, car la main de la isrenouiHe est beaucoup mieux fournie de muscles et de phalanges; celle du Singe ne le cède guère à celle de l'homme, et l'on ne saurait môme lui refuser plus d'adresse, de précision et d'agilité qu'à nous. La main est plus utile à l'homme comme organe d'industrie que comme instrument du Toucher; mais ce serait tomber daiis le même abus que d'y attacher, sous ce rapport, une importance Irop grande : autant vaudrait dire, avec des penseurs superQciels, que l'Eléphant ne doit qu'à sa trompe sa rapacité intellectuelle, et que le Castor n'est redevable qu*à sa queue do son admirable industrie. L*h<>mme sait suppléer, en cas d'accident, eux mains qui lui manquent ; il sait de même, au besoin^ remplacer par d'autres mojeos de communication le langage vocal, auquel d'autres personnes attachent aussi une importance radicale : c'«st que sa supériorité provient d'une autre source, de la perfection de son intelligence et de la prépondérance des organes consacrés à son exercice. »
Les autrr s Mammifères avant généralement la peau couverte de poils le contact s'exerce et se transmet par le moyen de ces poils jusqu'aux papilles nerveuses même. L'é^ piderme épais et dur des grands animaux obscurcit davantage, sans doute, la sensibilité lactile, mais sans l'annihiler tout à fait, et ii en reste toujours d'ailleurs, pour ainsi dire, trop encore dans les gerçures où se logent les insectes qui tourmentent par^ fois TËlépbant et le Rhinocéros.
On peut mettre au rang des oi^aaes spéciaux du Toucher quelques-unes de ces an* nexes cornées de la peau , les moustaches , auxquelles Cuvier avait déjà assigné cet usage. Andral a fait remarquer, il y a quelques années, que ces grands et gros poils reçoivent des nerfs volumineux dans leur bulbe chez les Uats; il en est de môme chez les carnassiers en général , et surtout chez
les Phoques, où les moustaches acquièrent dr> grandes dimensions et sont mues pv )e muscle constructeur des narines (Hoseotbalt.
, . Chez les autres carnassiers, eUes sont mues aussi par les muscles des lèvres etdu nei, « leur usage, comme organe du Toucher, et confirmé par leur analogie de situation avec les palpes des animaux articulés etiesbùbillons des poissons. Le vuleaire pense que les Chats dont on a brûlé les iBousta(£» perdent leur odorat ; peut-être cette opioioD,
. évidemment erronée, tient -elle à qud-
Sue remarque positive sur une dimiLuiioo 'adresse et de sensibilité dans leurs chasses. Des parties fort voisines des moustacbes peuvent les remplacer efficacement diez la animaux qui en manquent , et ce d'anUix mieux qu'elles sont ordinairement rnoDe^, parfois muqueuses et toujours dépourroe^ de poifs. Je veux parler du nez et des lèrrts. Le premier sert évidemment à l'exploratioa (les objets chez le Chien, qui les |K)usse,b ro^.le, les frotte de son nez humide et no; la chose est plus positive encore chez les animaux à grouin, le Cochon, la Taupe (surtout celle à museau étoile» Condylurui ai- 9latus) et la Musaraigne t auBsi troure-l-oo là, sous un épiderme solide» un derme épais et garni de papilles. Le plus souvent, Tor^r principalement tactile est eo môjuc teai[b un organe do préhension : c'est ce qoii lieu poui' le nez de l'Eléphant prolongé ca trompe et terminé par un dotglcliaraQ;(ies papiHes très-développées garnissent l'eitremité de cette trompe : il en est de mtmti la face inférieure de la queue chez la plupart des Mammifères qui l'ont prébensilf, les Sapajous, les Sarigues, etc.
Lis Tèvres servent au Toucher et à la préhension des objets , principalement chez les Ruminants et les Solipèdes , chez quelques pachydermes aussi ; le Cheval et TAae , le Khinocéros, et plus encore la Cirafe, ea donnent des exemptes; mais Ie« pattes et surtout les pattes antérieures sont encore, (1« même que chez rhomnie» le plus essentiel instrument tactile chez beaucoup de Mauioiifères, comme ou le voit chez les Singes, les Chats, les Ours, les Ëcuieuils, etc. Le |'it^ du Cheval même » tout enveloppé dans ui épais sabot de corne, lui ser i souvent à es*
quu y
pour l'organe et pour la sensation, deçà toucher grossier à Texcessive délicatesse de* sensations que les Chauves-souris ueoTeiit éprouver sur les membranes légères od leurs vastes ailes 1 Ces toiles si minces et si lAfge^* susceptibles de vibrations , d'usciliattons lorsqu'elles sont tendues, peuvent aiséo«>t palper l'air, juger de la liberté des passait de la proximité des obstacles, et expliqi>^ comment ces animaux, privés de la rutf^' s'en conduisais nt |>as moins bien dans ks souterrains , ou à travers le^ troos d'une toilequeSjiallanzam opposait à leur passiff. Les memi)ranes auriculaires et nasales pini* cipent indubitablement , chez les tbmi^
TDU
POISSONS, ETC
TOU
phes , etc., de celte faculté de palper l'air , et Ajoutent ainsi beaucoup aux services que peut leur rendre la finesse de Touïe et de
rodorat.
OUeaux. Chez ces Vertébrés, on no trouve guère de surface libre et dénuée de plumes qu'aux pâlies et au bec; c'est là aue le Umeher s'exerce en effet presque exclusiverneoL Le des^oos^ des doigts surtout paraît garni de fortes pupilles recouvertes d'un épiderme qui oe leur fait pas perdre leur utilité; celle-ci se manifeste principalement chez les animaux qui saisissent avec les pattes les objels qu'ils portent au bec, les Perroquets, ks oiseaux de proie. Quant au bec, son enveloppe cornée ne lui Ole pas non plus la sensibilité ; il suffit de voir, chez le Canard, rénorme volume du faisceau nerveux de la cinquième paire qui s'éi)anouil dans le bec supérieur entre l'os et la corne , pour être convaincu qu'il donne à l'animal des notions tactiles très - minutieuses , lorsqu'il fouille dans la boue des ruisseaux ou des marécages. Assurément il en est ainsi du bec long et flexible des Huppes, des Avoceltes, des Bécasses et Bécassines : qu'on rappelle, à ce sujet, ce que nous avons dit de la sensibilité des dents malgré leur émail. La langue des oiseaux sert aussi au Toucher, et sans parler de celle du Pic, où elle remplit un autre oflice en même temps que celui du Toucher, on observera aisément, chez les Granivores, [{ue la langue jcjuo un f Ole actif dans l'exploration d'une graine nouvelle ou d'un L'orps graniformc que l'animal saisit avec son bec.
Reptiles, Nous ne ferons que rappeler , à leur sujet, ce q«»e nous venons de dire du bec des oiseaui ; le museau des Lézards et les Serpents est tout aussi nerveux et un >eu moins corné, aussi sert-il évidemment le moyen explorateur; c'est du museau que ;es Reptiles frottent tous les recoins des irisons où on les enferme et dont ils cherhent à s'échapper. La langue est ici , bien ilus évidemment encore que chez les oi^ eaux, organe du tact; ce n'est pas ()Our prendre des Insectes que le Lézard ou la Couleuvre dardent si fréquemment leur lan-? ;ueau-dehors: cette lan^iiue, chez la dernière urtout, est sèche, non visqueuse; elle est léanmoins molle et flexible ; c'est un organe le tact très-délicat, qui est sans cesse mis n activité dans la progression comme les htennesdesliisecles. La queue du Caméléon t du Boa, toulle corps même des Serpents» ntourent et touchent les corps où ces ani- 3aux se suspendent; mais est-ce là exercer n véritable Toucher ? Les pieds des Camé- §ons, des Geckos, des Lézards sont papil- ^s en dessous, et peuvent être considérés omme vrais organes tactiles; le ventre des batraciens est généralement grenu , c'est-àire hérissé de petites saillies blanchâtres; ont-ce des papilles ou des glandes sébaées ? 11 y a probablement l'un et l'autre.. 41 paume des mains , la plante des pieds ont, au contraire , couvertes de papilles xcessivemenl liues et courtes, mais assez.
peq serrées ; d'ailleurs, la main en particulier est composée d'osselets nombreux et très-mobiles, de doigts à phalanges plus multipliées que chez l'homme et de muscles bien plus diversifiés, ce qui devrait donner à ce membre une grande perfection ; chez le Pipa, il y a quelque chose de plus : chaçiue doigt est divisé, au bout, en quatre petites lanières molles, etsans doute propres a exercer le Toucher avec plus de finesse.
Chez les Batraciens d'ailleurs la peau est nue, et le tact universel semble devoir être plus délicat que chez les autres Reptiles; Riais cette peau contient beaucoup de phos* phate de chaux et d'autres sels, plus même que la peau écailleusé des Reptiles sauiiens et ophidiens. Néanmoins, la grande sensibilité qu'elle démontre à l'action des irritants, cfoit lui faire supposer des qualités tactiles trèséminentes ; on sait que les substances acres, le tabac, etc., dont on saupoudre un Crapaud ou une Grenouille, leur causent de vives douleurs et finissent même par les faire périr. Toutefois, il ne faudrait pas croire que la dureté et la sécheresse de la peau des Serpents et des Lézards lui ùiM toute sensibilité ; ce qiie mms avons dit de leur museau, du bec, des dents, nous disposera à voir sans élonneinent un Lézard, une Couleuvre, souffrir imfU'itiemment le contact d'une Mouche, e' chasser vivement cet Insecte importun. Il en est de même des Tortues pour leur tête écailleusé, mais non pour leur carapace, qui ne paraît jouir que d'une sensibilité très-obtuse.
Poissons. Leurs habitudes sbnt en gêné-* rai peu connues, et ce n'est guère que par coriieclure que l'on regarde comme organe du Toucher les barbillons,en forme de mouf^* taches, qui avuisinenl la bouche des Cyprins, pi ceux qui se trouvent, au nombre de quatre, rangés transversalement devant la bouche de l'Esturgeon; on voit tous les jours les Carpes heurter avec le museau le pain qu'on leur jette; etCuvierdit que leurs barbillons reçoivent des filets nerveux de la cinquième paire. Les nageoires latérales . auraient-ellesquelque usage relatifau Toucher? Les Carpes semblent s'en servir ainsi sur la vase des eaux peu profondes, où l'on peut les examiner; mais ceci est bien plus probable encore pour les Trigles qui ont, h chaquo nageoire pectorale, do trois h cinq rayors libres et cnarnus, véritables doigts auxquels viennent se rendre de gros nerfs partis de renflements spéciaux de la moelle epinière. Les tiges mobiles et terminées par une petite feuille membraneuse, que porte la Baudroie sur la tête, lui servent-elles à reconnaître l'arrivée d'une viclime imprudente ? Les appendices du Scorpène antenne et de quelques autres poissons leur rendraient-ils le même service ? On ne peut répondre à ces (questions qu'avec doute.
Quant au tact universel, nul doute qu'il ne doive être plus délicat chez les poissons à peau molle comme les Murènes, que chez ceux à larges écailles comme ks Cyprins, ou
1iS7
TRi
HEPTILES,
Tf.l
h peau dure et presque osseuse comme les Roussettes, les Lépisostées, etc.
TOXOTES. Voy. Archer.
TRACHÉE ARTÈRE. Voy. Respiration.
TRACHÉES. Yey. Respiration.
TR ACHINE VIVE. Voy. Vite.
TRACHINOTE. Foy. Cbntronote.
TRANSFORMATION GRADUELLE des espèces. Voy. TIntroduction, l II, 111, IV. TRANSFUSION du sang. Voy. Sang.
TRANSPIRATION INSENSIBLE. Voy. Exhalation.
TRANSPIRATION PULMONAIRE. Voy.
Séc R êtion •
TRICHÎÛRE LEPTtJRE. — Lés Trichiurcs sont de ces poissons apodes qui ne préjsentent aucune nageoire à l'extrémité de la queue. On les sépare cependant très-aisément de ces Osseux qui n'ont pas de véritable nageoire caudale. En effet, leur corps très-allongé et très-comprimé ressemble à une lame d'épée, Ou, si on le veut à un ruban ; et voilà pourquoi le Lepture, qui réu^ nit à cette conforraration la couleur et Téclat de Targent, a' été nommé Ceinture d'argent^ ou ceinture argentée.
A ces traits généraux réunissons les traits particuliers du l.epture, et voyons, si je puis employer cette expression, cette bande ar-
Senline et vivante se dérouler, pour ainsi ire, s'agiter, se plier, s'étendre, se raccourcir, s'avancer en différents sens, décrire avec rapidité mille courbes enlacées les unes dans les autres, monter, descendre, s'élancer, et s'échapper enfin avec la vitesse d'une flèche, ou plutôt, en quelque sorte avec celle de l'éclair.
La queue du Lepture, presque toujours très-déliée et terminée par une sorte de prolongation assez sembidble à un fll ou a un cheveu, a fiHt donner à ce poisson le nom de Lepture^ qui signifie petite queue^ ainsi que celui de TtHckture^ qUi veut dire queue en cheveu , et que Ton a étendu, oomme nom générique, à toute la petite famille dont nous nous occupons. Cependant, comme cette queue très-longue est en même temps assez comprimée pour avoir été comparée à une lance, comme le corps et la tète présentent une conformation semblable, et
Sue tous les musdes de l'animal paraissent oués d'une énergie très-soutenue, on supposera saus peine dans le Lopture une mobilité rare, une natation très-rapide, une grande souplesse dans les mouvements, pour peu que l'on se rappelle ce que nous avons déjà ex|)Osé plus d'une fois sur la cause de là natation célère des poissons. Et en effet, les voyageurs s'accordent à attribuer au Lepture une agilité singulière et une vélocité extraordinaire. S'agitant presque sans cesse par de nombreuses sinuosités, ondulant en différents sens, serpentant aussi facilement que tout autre habitant des eaux, il s'élève, s'abaisse, arrive et disparait avec une promt>titude dont ^ peine on peut se . former une idée. Frappant violemment l'eau par ses deux grandes surfaces latérales, il peut se donnt^r
assez de force pour s'élaor-er au-de^os dêli surface des fleuves et des lacs-; et c9mm il est couvert partout de irès^petilès éciifle» blanches et éclatantes, et, si je puis parier ainsi, d'une sorte de poussière d argent aue relève l'or de ses iris et de ses lignes latémn, il briile^et dans le sein des ondes, et aa milieu de l'air, particulièrement lorsque, cédant à ^a voracité, qui est très-grande, apiiôé par nne affection puissante , ajoutant par l'effet de ses mouvements b lavivaciléde ses couleurs, et déployant sa ri^the panjn; sous un ciel enflammé, il jaillit de dessus les eaux, et, poursuivant sa proie avec plus d'ardeur que de précautions, saute ju-t^ dans les barqueset au milieu des pdâieui^. Cette bande d'argent si dl6ooréc, si élastique, si vive, si agUe^a quelqueftHsplusd'im mètre de longueur.
Le Lepture Yit au «ilieu de renuiotcf.
On le trouve, comme |>lusieurs Gynmoles, dans l'Amérique méridionale, il u'e^t m étranger néanmoins aui coutrées ortomdes de Tancien continent : il se trouve daos b Chine.
Au reste, la beauté et la vivacité du Lepture sont si propres à plaire aut yeux> à parer une retraite, à charmer des loisirs, qu'il fl'ost pas surprenant que les Chinois l'aieot remarqué, observé, dessiné; et vrarsembiablement ce peuple, qui a su tirer un si grand parti des |>oissons pour ses \4mtn, jK)ur son commerce, pour sa nourriiur^ ne se sera pas contenté de multipKer les portraits de celte espèce: il aura voulu ausâ en ré[)andre les individus dans ses noiabreoses eaux, dans ses Ittcès rivières, dans wî lacs enchanteurs.
TRlGLËLYltË ou Perlon, Unn.> Moco»
Cuv. — Genre de |)oissons Acanthaptérjgiens, famille des Joues cuirassées.
Heureux nom que celui qui rappelle etie beau ciel el les L^eaui jours de la Grèee^et sa riante inytbologie, et sa poésie encilaol^ resse, et l'instrument favori du dieu du génie, et cet Homère h oui ie dieu avait remis sa lyre pour chanter la nature ! Non, je ne supr»rimerai pas ce nom magique, qui bit naître tant d idées élevées, qui retrace taûl de doux souvenirs pour le remplacer prufi nom barbare. Le dieu qui inspire lepoeleest aussi celui qui inspire I s amants de la niture ; et son emblème ne |»cut jamais leur être étranger. One ressemblante bien ftibK je le sais, a déterminé les uaturaiisleib'<^
décorer de ce nom l'être que uous a.ioos
décrire ; mais toutes les fois que la sérérite
de l'histoire le permet, ne uous refusoi)Sja5
au charma de leur imagination a^éM'^
fécoiide. Et d'ailleurs le poisson que Bo\iS
voulons continuer d'appeler X.yrf a été^^
vêtu de nuances assez belles pourmérilerdf
paraître à jamais consacré, par sa Jéoofli^
nation, pour ainsi dire mythologique, lu
dispensateur de la lumière, qui colora eo
même temps qu'elle éclaire et vivifie.
' Un rouge assez vif règne en effet sur looi
le corps de la Trigle que nous désirons * faire connaître ; il se diversille dans b i^<'
TRI
POISSONS, ETC
TRI
tie inférieure de i*aDimal, se mêlant è des leinles blanches ou argentées ; la sorte de dorure qui distingue les rayons par lesquels l« oieinbrane des nageoires est soutenue; ajoute h Féclat de ce rouge, que font ressortir d'ailleurs quelques nuances de vert ou de noir répandues sur ces mêmes nageoires; et ainsi les couleurs les plus brillantes, celles dont la poésie a orné le char radieux du dieu des arts et de la lumière^ resplendis* 5ent sur le poisspp que Tingénieuse CSrèce appela da nom de rin^tru.meut qui fut cher à c% dieu.
LaXsigleLyre habite dans Tocéau Atl,aD^ tiuue, aussi bion que dan^ la Méditerranée* liile y parvient quelquefois à la longueur Je six ou sept dépimètres. Sa chair est trop lure et trop maigre uour qu'el.e soil.trè^-reiiercbée. On la pècne cepeudant de temps m temps; et» iorsqu'ello est prise» elle fait ïntendrCf par unmécanisme semblable è celui ^e naus avons exposé en traitant de plu* iieurs poissoMS, une sorte de bruissenient |ue Ton. a comparé à un sifflement propre* Pt;ntdit,elqui.rafail nommerdans plusieurs wys, et particulièrement sur les côtes d'An-, (lelerre*. P4>is$on sif/Uur {f/iepip^r^ l/ie (jihs >iper),
Tbh2ls MiLAFft MoiunuDE. Ofgut de Cuvier. plusieurs Trigles ont reru d^'s noms d*oi« eaux; on les a appelées UirondMe^ Coucou^ /i/an, etc« il était assez naturel de donner des.poissoitô ailés (]ui s^élèveiil dans Tat- ]os|)lière d« s dénominations qui rappelasdrit les rapports de conformation, de fa* tiltés et d'habitudes, qui les lient avec les abitantsde Tair. Aussi ces noms spécifiques nt-ils été imposés par des observateurs et Joptés assez généralement, m^e (iès le ^mps des anciens naturalistes; et voilà pouruoi nous avons cru devoir en conserver &ux^. La Trigle milan a été aussi appelée, i luéme par plusieurs célèbres naturalistes unième ou Fanal ; parco qu'elle offre d'une anière assez revnarquable la pro|)riét^ do lire dans les ténèbres, qui ai)partient nonlulemenlaux poissons morts dont les chairs »mmencent à s'altérer et à se d^comi^sor, ais encore à uii nomtre assez. grand d'Os-, ux et de Cartilagineux vivants. C'est prinpaleraenl la tête du Milan, et particulièreent Tinlérieurdesa bouche, et. surtout son liais, qui brillent, dans rob^curité* de î'éit doux et tranquille que répandent, peunt les belles nuits de Tété des contrées ^rfdiooaleSf tant de substances, [ihospbo* lues ou vivantes ou inanimées. Lorsauc.
us un temus calme, etapr^.le coucher
soleil , plusieurs centaines de Tfigies ilans, exposées au mèn^e danger, saisies.
même effroi , emportées hors de leur ide |)ar la inéme nécessité d'échapper à uo nerai redoutable, s'éUncent aans les ucbes les plij^s basses de Tair et s*y mainnnent pendant quelques instants, en agi- M leurs ailes membraneuses, courtes à la ritét mais mues par des muscles puissants, 5t uo spectacle as^ez curieux que celui ces lumières paisibles qui montant avec
vitesse au-dessus des ondes, s'avaoçant, re-. tombant dans les flols« dessinant dans l'atmosphère des routes de feu qui se croisent,, se séparent et se réunissent, ^joutent une illumination aérienne,mobiIe et perpétuellement variée è celle qui repose, pour ainsi dire sur la surface phosphorique de la mer. Au reste les Milans, volant ou nageant en troupes, offrent, pendant le jour, un CQjup d'QBil moins singulier, mais cependant agréable par la vivacité, la disposition et l'harmoniade leurs couleurs. Le rouge domine fréquemment sur leur partie supérieure; et l'on voit souvent de belles taches noires, bleues ou jaunes, sur leurs grandes nageoires pectorales. Leur ligne latérale est
((arnied'aisuillons, et divisée en deux vers a queue. On les trouve dans l'océan Atlantique aussi bien que dans la Méditerranée. Leur chair est presque toujours dure et sèche.
Triole gcrnau et Trigle grondin, Cuv. — La première, de ces Trigles présente une faculté semblable à celle que nous avons remarquée dans la Lyre : elle peut faire entendre un bruissement très-sensible par le, frôlement de ses opercules, que les gaz de l'intérieur de son corns font, pour ainsi dire, vibrer, en s'écnappant avec violence lorsque l'animal comprime ses organes internes; et voilà d'où lui vient le nom de (rtimou, qu elle porte. Ce Gurnaa a d'ailleurs plusieurs rapports de conformation avec la Lyre, et, de plus, il ressemble beaucoup au Grondin, qui est doué, comme la Lyre, de la faculté de siffler ou de bruire. Mais le Grondin a la tête et l'ouverture de la bouche plus petites que celles du Gurnau : celui-ci peut parvenir à la longueur d'un mètre; celui-là n'atteint ordinairement qu'à celle de trois ou quatre décimètres.
Le Gurnau. et le Grondin ont tous les drux les thoracines Manches; leur chair est très-agitéable au goût : celle du Grondin est QQème quelquefois exauise. Ils habitent dans la Méditerranée; on lés trouve aussi dans l'océan Atlantique, particulièrement auprès de l'Angleterre; et c>st .vers le commencement ou la Qn du printemps que l'un et l'autre s'avancent et se. pressent, pour ainsi dire, près .des rivages, pour y déposer leurs œufs.
TRIGONOCËPHALE , trigonocephalus. — La plufiart des naturalistes, après Oppel, ont désigne sous ce nom un genre d'Opnidiens place pa^ Cuvier dans la famjlle des vrais Serpents, tribu des Serpents venimeux.
Les caractères génériques desTrigonocéphales sont les suivants : occiput très-élargi par l'écartement des mâchoires; des fossettes creusées derrière les narines ; des crodiets à venin ; aueue arrondie, sans grelots, terminée le plus souvent par un petit aiguillon corné; des écailles sur le dos et sur les flancs; des plaques ventrales entières et assez étendues; les écailles sous-caudal^ tantôt simples, tantôt doubles.
Les espèces de Serpents qui constituent, le genre Trisonocéphale étaient placées par Linné avec les Couleuvres, et par Daudm
TRI
REPTILES
TRI
Vfâ
avec les Vij^>ères. On peut aisément distinguer les Tngonocéphales des Couleuvres et des Vipères : ainsi les Triçonocéphales sont pourvus de crochets à venin, et les Couleuvres n'en ont pas; les Vipères n'ont pas de fossettes derrière les narines , tandis qu'on en remarque chez les Trigonocéphales ; enOn , les Trigonocéphales se rapprochent beaucoup des Crotalf^s, tant par leur forme que par la violence de leur venin; mais on les sépare aisément en observant que les Crotales ont la queue terminée par des grelots» et que les Trigonocéphales n'ont pas cet appareil bruj^ant.
G. Cuvier a divisé les espèces de Trigonocéphales en quatre groupes particuliers, oui répondent aux genres Tiaiphone^ Craspeaocephalus et Trigonocephalus de M. Fitzinger, et au genre Lachesis dû Daudin. Nous allons suivre ces divisions et décrire les principales espèces.
Première subdivision. Tisiphonb, Fitz.
Plaques sous-caudales simples: tête garnie de plaques jusque derrière les yeux ; queue terminée par un aiguillon. Parmi les espèces , nous citerons le Coluber Tisiphone , Shaw. Ce Serpent est d'une couleur nrune, marquée de taches nuageuses d'un biun plus foncé. 11 hab te la Caroline.
Deuxième subdivision. Craspedoccpha- LCSs Fitz.; BoTHROPS, Spix. Ecailles souscaudales doubles; tête garnie d^écailles pareilles à celles du dos. Ce groupe comprend de nombreuses espèces , parmi lesquelles nous décrirons :
Le Trigonocéphale jaune, Serpent jaune DÉS Antilles; la Vipère fer-de-lance, Lacép. (Trigonocephalus lanceolatus , Oppel ; Viptra îanceolala, Daudin; Coluber megœray Scnn.). Le Fer-de-lance parvient ordinairement à la longueur de cinq ou six pieds; c'est un des plus grands Serj)ents venimeux, et un de ceux dont le poison est le plus actif. Il n'est encore que très-peu connu des naturalistes, Linné même n'en a point parlé. On ne l'a observé, jusqu'à présent, qu'à la Martinique, Saintç-Lucie et Bécouia; et c'est de la première de ces îles qu'est arrivé l'individu conservé au Muséum, et que nous allons décrire : aussi les voyageurs Tont-ils appelé, jusqu^à présent, Vipère ja^ne de la Martinique.
La Vipère fer-de-lance a la tête plus grosse que le corps, et remarquable par un espace presque triangulaire, dont les trois angles sont occupés par le museau et les deux yeux. Cet espace, relevé par ses bords antérieurs, représente un fer de lance large à sa base et un peu arrondi à son sommet.
Les trous des nari'îcs sont très-près du bout du museau ; les yeux sont gros, ovalesj et placés obliquement. Lorsque le Fer-delance a acquis une certaine grosseur, on remarque de chaque côté de sa tête, entre ses narines et ses yeux, une ouverture qui est très-sçnsible dans les individus conservés au Muséum, et que l'on a regardée comme des trous auditifs de ce Serpent. Chacun de ces trous est, en effet, l'extrémité d'un petit
canal qui pa%$e au-dessous de rcàl,etqQi parait aboutir à l'organe de l'ouïe.
De chaque côté de la noAchoire supArieve on aperçoit un, et quelquefois deui,o« même trois crochets, dont l'animal se sert pour fe^ire les blessures 4ans lesquelles il répand son venin. Ces crQcbels, d'une substance très-dure , de la forme d*im bam^n, et communément de la grosseur d*iiQ« iorto alêne, sont mobiles, creux depuis latwîn jusc|u'à leur bord convexe, qui préseolemB petite fente, et revêtus d'une membrane qii se retire et Içs laisse paraître lorsque TiDimal ouvre la gueule et les redresse poor s^en servir, l^eur racine est couverte par on
{>etit sac d'une membrane très- forte qui reih èrme le venin de l'animal, et qui peut cûdtenir une demi-cu(7/er^ à cafl de liauear. Au reste , ce sac n'a pas paru a Lacépede le vrai réservoir du poison, qu'il a cru Yoif dans dos vésicules placées de cliaque cAté à l'extrémité des mâchoires, comme dans la Vipère commune d'Europe, et qui, par on conduit particulier, parviendrait à la carilé de la dent, pour sortir par la fente sitoé» dans la partie convexe de ce crochet.
Le venin de la Vipère fer-de-lance fsl presque aussi liquide que de l'eau, etjauDâtre comme de l'huile a'olive qui commefic« à s'altérer. La douleur qu'excite ce Yenin dans les personnes blessées par la Vipèw est semblable à celle qui provient d'une chaleur brûlante ; elle est d'ailleurs acoompa* gnée d'un grand accablement. Mais ce palson, qui n'a ni goi^l ni odeur, ne parait «^ que lorsqu'il est un peu abondant ou qn*il se mêle avec le sang, puisqu'on a quelque* f >is sucé impunément les plaies produites le plus récemment pat la morsure du Fe^-d^ Imce ; et il est aisé de voir, en companot ces faits avec ceux que nous rapporterons à l'article de la Vipère commune d'Europe, que les organes relatifs au venin , la nature de ce suc nineste, et la forme des dents sont à peu près les mêmes dans la Vipère européenne et dans celle de la Martinique.
La langue est très-étroite, très-allongée, et se meut avec beaucoup de vitesse; les écailles du dos sont ovales et relerées par une arête ; la couleur générale du corp$ est jaune dans certain» individus, grisâtre dans d'autres ; et ce qui prouve qtfon ne peut pas regarder les individus jaunes et les iodifidos gris comme formant deux espèces distinctes, ni même deux variétés constantes, c'est qu'on trouve souvent dans la même portée autant de Vipereaux gris que de Vipereaux jaunes. Lorsque le Fer-de-lance se jette sur rim* mal qu'il veut mordre, il se replie en spiratei et se servant de sa queue comme d'un p6in| d'appui, il s'élance avec la vitesse d'une % che; mais l'espace qu'il parcourt est ordjnairement peu étendu. Ne jouissaût pas * l'agilité des autres Serpents , presaue (oajours assoupi, surtout lorsque la tempérttuni devient un peu fraîche, il se tient cacûé sons des tas de feuilles dans des troncs d arbre» pourris, et même dans des trous c*^^^ terre. 11 est très-rare qu'il pénètre dan^ h*
TW
POISSONS, ETC
TRI
UM
maisoos de la campagne, et on ne le trouve jamais dans celles des villes ; mais il se retire souvent àans les plantations de cannes à sucre, où il est attiré par les Rats, doqt il se Doarril (1). Il ne blesse ordinairement que lorsqu'^on le touche et qu'on riir-ite; mais il ne mord jamais qn*avec une sorte de rage; On peut être aveiti de son approche par Todeur fétjde quMI répand, et par le cri de certains oiseaux, tels que la Gorge-blanche, qui troublés apparemment par sa ressemblance avec les Serpents qui les. poursuivent sur !es,arbres et, les y dévorent, se rassem-r Ment et voltigent sans cesse autour de lui. |-orsqu*on est surpris par ce Serpent, on peut Tut présenter une branche d'arbre, un paquet de feuilles, ou tout autre ofcget qui captive son attention et donne le temps de s'armer ; un coup suffit quelquefois pour lui donner la niort^ Quand on Iqi a coupe la tète, le cor(» conserve, pendant quelque temps, un mouvement vermiculaire.
C'est dans le mois de mars ou d'avril que ce dangereux Replile s'accoupli; avec sa IV»mellc : ils se serrent dans un si grand nomlire de contours, qu'ils représentent, suivant un observateur, deux grosses cor les tressées ensemble. Ils demetirent ainsi réunis pendant plusieurs jours, et on doit éviter avec un très-^and soin àe 1rs troub erdans ce temps d'amour et de iouissance, où de nouvelles forces rendent leurs mouvements plus prompts et leur venin plus actif. La ibère porte ses petits pendant plus de six mois , et ce temps, beaiicoup plus long que celui de la gestation de la Vipère commune, qui n'est que de deux ou trois mois, serait cependant proportionné à la différence Oe la longueur du corps de ces deux Serpents , le Fer-de-lance parvenant à une longueur double de celle de la yij>ère commune d'Europe. Suivant certains voyageurs, st^s petits sortent tout formés du ventre de leur mère, qui ne cessent de ramper pendant qu'ils vieilnentà la lumière ; maissuivantun autre observateur, ils se débarrassent de leur enveloppe 3u moment même où la femelle les dépose à terre. Chaque portée comprend depuis vingt jusqu'à soixante f^eiits, et il parait que le nombre en et toujours pair. Ils ont en naissant la grosseur d'un ver de terre, et sept ou huit pouces de long; lorsqu'ils sont adultes ils parviennt'nt jusqu'à la longueur de six pieds, ainsi que nous l'avons dit, et ont alors
(1) Ces redoutables Reptiles peuplent les marais» les cultures, les forêts, le l>ord des rivières et le fiommel des montagnes, depuis le niveau de b mer jusqu'à b r^on des nuages; on les voit ramper éoLM la vase, d*où s'élévcut les palétuviers, lutter contre le courant des torrents oui les entraînent à b mer et se balancer aux Lrancnes des arbres, dans les Torèts, ii plus de cent pieds au-dessus du sol. Ils grimpent a^ix arbres avec une étonnante agilité, POiir aller iTêvorer les œufs des oiseaux, ou les petits lorscprifs sont encore au nid. — Ce Serpent est d'une effhiranie r(*c:.ndit* : cb»que femelle porte soixante petite, et au moment ilc leur naissance, ces petits s<)nt totit roriiif*s, prêts à mordre et longs de buit à <iiï poucei».
dans le milieu du corps trois j>ouces de diaroètre ; on en voit de plus gros et de plus longs» mais ces individus sont rares.
Le Fer-de-lance se nourrit de Lézards Améiva, et même de Rats, de volaille, de eibier et de Chats. Sa gueiile peut s'ouvrir d'une manière démesurée, et se dilater si considérablement, qu'on lui a vu avaler un Cochon de Jait; mais un Serpent de cette espèce, ayant un jour dévoré un gros Sarigue, enfla beaucoup et mourut. Lorsque la proie qu'il a saisie lui échappe, il en suit les traces en «^e traînant avee peine; cependant comme il a les yeux et l'odorat excellents» il parvient d'autant plus aisément à l'atteindre, qu'elle est bientôt abattue par la force du poison qu'il a distillé dans sa plaie. Il l'avale toujours en commençant par la tête, et lorsque celte p. oie est considérable, il reste souvent comme tendu et dans un état d'engourdissement qui le rend immobile jusqu'à ce que sa digestion soit avancée.
Il ne digère que lentement, et lorsqu*on a tué un Fer-de-lance quelque temps après qu'il a pris de la nouriture, il s'exhale de son corps une odeur fétide et insupportable. Quelque dégoût que doive inspirer ce Serpent, des nègres et même des blancs ont osé en manger, et ont trouvé que sa chair était un mets agréable. Cependant la mauvaise odeiu» dont elle est imprégnée lorsque l'animal est vivant, doit se conserver après la mort delà Vipère, de manière à rendre cette chair un aliment aussi rebi^laut que le venin du Serpent est dangereux
On a écrit que ce |)oison était si funeste qu'on i:e connaissait personne qui eût été (.uéri de la morsure du Fcr-de-lance, que ceux qui avaient été blessés |)ar ses crochets tnvenim(''S mouraient quelquefois dans l'espace de six heures, et toujours dans des douleuis aiguës; que lo vinindcs jeunes Serpents de cette espèce donnait aussi la mort, mais que la partie mordue par ces jeunes n^ptîles n'enflait ptiirU; que le blessé n'éprouvait que des douleurs légères, ou môme ne souU'rait pas, et qu'il se déclarait souvent une paral^ sie sur des parties différentes de celle qui avait été mordue. Nous avons lu en frémissant qu'un grand nombre de remèdes ont été emûloyés en vain pour sauver les jours des inlbrlunés blessés par le Fer-de-lauce, et que l'on était seulement parvenu à diminuer les douleurs de ceux qui expirent quelques heures après par l'effet funeste de ce poison terrible. Un auteur croit devoir aflirmer au contraire qu'excepté certaines circonstances particulières, où le remède est même toujours efllcace, la guérison est aussi prompte qu'assurée; que les moyens de l'obtenir sont aussi simples que multipliés; que la manière de les employer est connue des nègres et des mulâtres; que nlusieurs traitements ont été suivjs du plus heureux succès, quoiqu'ils n'eussent été commencés que douze ou même quinze heures après l'accident: que la situation du malade n'est point douloureuse, et qu'il périssait sans sortir de î'assoupissement pro-
TRU
REPTILES
TRU