‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 187 sur 204 · AS\Z · texte numérisé non relu

AS\Z

VIE

POISSONS, ETC

VIE

prouTée d^aillears pour les œufis de poissons.

Nul doute que les Polypes h polypier, considérés en masse, ne jouissent dune longue existence ; mais il est peu probable que chaque individu* pris en particulier, soil dans le même cas : la formation même des récifs et lies gue leur amas constitue, prouve que la portion vivante est bientôt étouffée par la portion calcaire ; c*est une famille qui se perpétue, mais dont les nouveaux reietons concourent, par leur développement , a faire périr leurs ascendants.

Les énormes dimensions auxquelles par- Tiennent certaines Méduses semblent prou- Ter, chez elles, une assez longue Vie ; Rolando dit qu*il en existe, vers les côtes de Sardaigne, dont la circonféronce est telle que deux hommes pourraient à peine Tembrasser. Quant aux vers intestinaux, la longueur et la ténacité de leur vie ne sont que trop connues par l'incommodité qu'ils occasionnent à ranimai chez lequel ils séjournent. Certains Elminthes (ceux des poissons en particulier) peuvent même survivre auxaiiimaax qui les recèlent dans leurs entrailles, soit qu'ils s'établissent en parasites chez ranimai vorace qui a fait sa proie de leur premier hôte, soit que, flottants dans les eaux, ils s'attachent à une nouvelle victime.

Ce n'est guère que d'après la grandeur à laquelle ils parviennent qu'on peut juger do la durée de fa Vie chez les Mollusques : il faudrait, pas conséquent, accorder une longue existence k ces énormes Poulpes dont parlent divers auteurs, si leurs récits romanesques n'étaient évidemment empreints d'exagération. Les stries d'accroissement que portent les coquillesdela plupart des Mollusques pourraientfoumir, à ce sujet, des données plus positives encore, ens'atiachantaux principales, à celles qui semblent devoir être la marque d'un travail annuel, celles qui reproduisentues mêmes éminences et sinuosités, le même évasement que la bouche d'une coquille de Gastéropode par exemple,' les cloisons d'un Nautile, les trous d'une Haliotide, les franges épineuses d'un Murex, etc., etc. Or, les nombreuses saillies de cette nature et des articulations auxquelles elles répondent, aussi bien que l'énorme dimension de tout le disque de certaines Ammonites, j prouvent la longévité des animaux qu'elles ont renfermés jadis ; on en peut dire autant du Tridacne bénitier, tandis que la ténuité, l'aspect lisse de la coquille des Ambrettes, et le petit nombre de ses tours de spire semblent no leur devoir faire accorder qu'une existence annuelle. Des cultivateurs estiment h trois ou quatre ans la durée de la vie chez les grandes espèces d'Hélix, et c'est, en effet, ce que semble aussi dénoter le nombre des silloDS principaux qu ^s'observent, assez peu distiDCtemenI il est vrai , sur des points à peu près également distants de la spire d'une coquille adulte.

Parmi les animaux articulés, ceux qui cooUnuent à croître h l'état parfait té-

DicnoaH. DK Zoologie. II.

moignent assez de leur Age par la taille è laquelle ils arrivent : tels ces Crabes gigantesques par lesquels un navigateur anglais fut, dit-on, vaincu et dévoré dans une lie de l'Amérique septentrionale. La plupart des collections d'histoire naturelle en montrent qui ont entre un et deux pieds de diamètre transversal : on pêche, plus fréquemment encore, d'énormes Langoustes, des Squilles,des Homards de très-grande taille et certainement assez âgés. Au reste, on assure, d'après des observations peut-être assez vagues, que les Ecrevisses vivent jusqu'à vingt ans : au contraire, les Branchipes, les Apus, etc., ne vivent qu'une saison et meurent dès nue les fossés qu'ils habitent perdent par évaporation les eaux que les pluies y avaient apportées. Des animaux trèspetits sont quelquefois mieux partagés sous ce rapport; beaucoup d'Acarides passent l'hiver sous les pierres ou dans la terre, de même qu'un certain nombre d'Araignées et quelques Insectes; beaucoup aussi des uns et des autres naissent au printemps et meurent à la 6n de l'automne; certains passent l'hiver à l'état de larve ou de chrysalide. Nous n'avons pas besoin de faire ressortir les conséquences à tirer de la grandeur de quelques Néréides qui atteignent plusieurs pieds de longueur; nous ferons seulement remarquer le nombre considérable de leurs anneaux, qui prouve également leur longévité, puisque ce nombre croît avec Tâge.

Indépendamment de ce genre d'argument, très-applicable aux poissons dont laccroissèment parait être perpétuel, on a, f>our quelques-uns de ces animaux, des faits plus positifs et qui ont constaté, pour des Cm-

rs, par exemple, une existence de 150 200 ans. La taille immense de certains Squales, comparée à leur i)etitesse primitive (100 fois, Lacépède), (loit leur l'aire supposer un âge bien plus avancé encore. La même réflexion peut s'appliquer aux Boas, aux Crocodiles, aux Tortues et autres Reptiles h grandes dimensions. On a vu des Serpents à sonnettes (Crotalus horridusj, qui portaient à la queue 40 à 50 de ces grelots cornés dont chacun atteste un an d'existence, puisqu'il s'en forme un nouveau chaque année. Ces animaux avaient de huit à dix pieds de longueur (Bory-Saint- Yincent). Une Tortue bordée (Ouméril et Bibron) vit depuis 53 ans au moins chez des personnes connues; et l'on ignore quel était son Age à l'époque où Ton en fit Tacquisition. Bonaterre parle d'un Lézard vert qui fut vu 20 ans dans le même terrier. Et sans parler de ces Crapauds enfouis, à de grandes profondeurs, enfermés dans la maçonnerie, dans des troncs d'firbres sans ouverture extérieure, ou même dans des roches, faits dont la plupart sont évidemment conlrouvés, on peut citer le Crapaud dont parie Pennant, et qui a familièrement vécu, pendant 37 ans, dans la même maison. C'est aussi d'après des observations semblables qu'on sait que la Vie du Coi beau, celle du erroquet, de la Cigogne, peuvent presque

VK

REPTILES

BH

égaler et dépasser quelquefois la moitié de la Vie humaine. De petits Oiseaux chanteurs vivent en domesticité parfois autant que le Chien (ik à 15 ans) : nous en connaissons assez a'eiemples pour ne pas les croire exceptionnels, comme plusieurs de ceux qu'ont cités BufTon et autres. A Tétat libre, leur Vie doit être fréquemment abrégée par le (langer des voyages pour les émigrants, par la disette et le froid pour les sédentaires, et chez tous, par les pièges et la violence de leurs nombreux ennemis.

De nombreuses variations se font remarquer parmi les Mammifères relativement à la longévité, et quoique, en général, les plus grands vivent plus longtemps que les petits, il n'y a point de proportion exacte à établir sous ce rapport, surtout si on les compare à Thomme chez leq^uel le terme de la Vie peut être approximativement fixé à 80 ans; puisque le Cheval, lo Bœuf, ne vivent que de 20 à 25 ans, le Chameau de M à 50, TEléphant de 120 à 200 tout au plus, tandis que le Chien, le Chat, peuvent aller jusqu'à 15 ans environ; qu'un Ours a vécu, dit-on, VI ans dans les fossés de Berne où il était né. Peut-être la règle serait-elle plus exacte en mettant à part l'homme, sur lequel la civilisation a plus d'influence que sur les autres Mammifères; mais il est impossible de ne pas tenir compte de ce qui a lieu sous celte condition, vu la difficulté d'observer les animaux libres. De là, en effet, Tincertitude où nous sommes sur l'âge auquel parvient la Baleine ; car c'est d'une manière tout à fait conjecturale que Buffon a pensé qu'elle pouvait- parcourir plus de dix siècles; il n'avait même pas ici, pour en juger, le moyen de faire une juste application de la règle, assez vraie du reste, qu'il a établie, pour les Mammifères en général ; savoir, que la durée de leur Vie est proportionnelle au temps qu'ils mettent à prendre leur complet développement.

Outre les phases dont il vient d'être question, la Vie des animaux est soumise encore à des oscillations que nous nommerons périodesy en raison de leurs retours plus ou moins réguliers, àdes reprises plus ou moins nombreuses. Ces périodes oflTrent, d'ailleurs, ceci de particulier, qu'elles sont plutôt subordonnées aux circonstances extérieures qu'à la constitution même de l'être vivant, bien que, à la longue, cette constitution se soit tellement harmonisée avec les influences externes, qu'elle reproduise, même en leur absence, le même ordre de phénomènes. C'est ainsi, par exemple, que, pendant quelque temps du moins, le sommeil reviendrait la nuit et le réveil au jour, chez un animal qu'on soustrairait alternativement à la lumière ou à l'obscurité naturelle, à la chaleur ou à la fraîcheuf de ces deux périodes astronomiques.

Les influences extérieures'peuvent même amener, dans la Vie, des variations tr^s-puissantes , mais irrégulières et accidentelles comme elles-mêmes, et nous en dirons d'abord ici quelques mots, parce que la durée

de la Vie, dont 11 vient d*étre mestion, sy trouve iVéquemment subordonnée. Malpighi observe que la chaleur de la saison abr^eU Vie des Papillons du Ver à soie ; dans te fortes chaleurs, ils ne vivent pas plus de cinq jours à l'état parfait; ils vont josmi'è qd mois au commencement de l'hiver. C est, au contraire, un fait de notoriété vulgaire que la destruction amenée par le froid pour bea'> coup d'insectes et d'animaux sauvages. Bîpd des accidents résultent, d'ailleurs, de leur Viti libre et aventureuse; beaucoup se noient ou se blessent, et périssent malgré la ténacité de leur Vie ; on en trouve d'empalés actidentellement sur une épine , guelques-uw périssent par l'ingestion d'aliments Ténéneux, cas rare toutefois, car ils s'abstiennent, pour la plupart , des substances malfaisantes, et un bon nombre d'aliments délétères pour l'homme ne le sont pas pour d'autres animaux. Les Ruminants, d'après les expériences de Dunal, avalent sans danger d'énormes doses de noix vomique, poumi que l'intérieur de leur estomac ne soit poici excorié; on sait, au contraire, que cette sdN stance tue promptement les animaux carnassiers et agit aussi très-violemment sur l'homme. Les Chiens n'éprouvent queI(ra^ fois qu'une purgation par l'ingestion deiMsenic à haute dose, et les oiseaux insectÎTOres mangent sans inconvénient les Canlharides ; enfin, il n'est presque pas de plante vénéneuse, même la plus acre, qui nenowrisse, comme l'euphorbe, le fiseron, les champignons, quelque Chenille ou quelque Larve ae Coléoptère ou de Diptère. Aussi c'est la faim qui fait, dans la mauvaise saison, la plus grande quantité de victimes; on dit qu'une alimentation insuffisante peut amener, même chez les Invertébrés, de^ affections tuberculeuses , mais c'est le plus souvent le marasme qui en est la suite. U destruction de la majeure partie des animaux sauvages est due encore à la voracité d'animaux plus forts ou mieux armés, ou gralifiés par la nature de quelque industrie meurtrière, de quelque poison énergique. Il en est aussi qui deviennent victimes d'eanemis faibles, mais protégés par leur petitesse même, et caches dans les productions épidermiques qui revêtent les animaui dont ils sucent les humeurs. C'est sous les pla-

?ues, les élytres des gros Insectes, sousJes cailles des Serpents, entre les plumes des oiseaux et les poils des Mammifères que s'abritent ces Acarides, souvent peu nuisibles, mais aussi parfois assez multipliés pour causer un épuisement mortel. D'autres parasites échappent plus souvent encore aui efforts que leur proie pourrait tenter pour s'en défaire; ils l'attaquent à l'iaténeur. Telles sont les Larves dlchneumon, dtKstres, les Vers intestinaux; les premiers, déposés à l'état d'oeuf par leurs parents ^i^ sous la peau ou dans les cavités viscérales des Insectes, des Mammifères même; l«s derniers nés spontanément, ou produits « la réunion sexuelle d'individus déjà eiistants dans le même séjour.

VlÊ

VIE

Quant aux animaux doiTiCStiques, à Thomne, Qioins exposés à ces accidents qui abrogent la Vie des animaux sauvages, ils nn le sont pas moins à Tatlaqùe des parasites; ils le sont d*avantage aux maladies. Celles de Thomme» celles des animaux domestiques font Tobjet de sciences spéciales , en raison de rinlérôt direct dont leur connaissance est pour nous (1), en raison aussi de leur grand nombre et de leur fréquence. Les animaux sauvages éprouvent peut-être plus souvent que nous ne pouvons le savoir des maladies analogues à celles des animaux qui vivent dans notre voisinage; mais nous n'en avons la certitude que dans de grandes épizooties, où Ton voit trappes simultanément, quoique en proportion Bien différente il est vrai, par des circonstances atmosphériques sensibles (chaleur, froid excessifs) ou inconnues, los quadrupèdes domestiques et les sauvages; les oiseaux de nos volières , de nos bassescours et ceux de nos bois ; les poissons de nos étangs avec les Batraciens qui s'y trouvent. On sait aussi, d'une manière générale, que certains moments sont, pour tous les animaux, des moments de crise, quelquefois de vraies maladies, où leur Vie est plus exposée qu'en tout autre temps : telle est l'époque de la naissance, celle des changements de peau chez les larves d'Insectes fVers à soie), les Crustacés; celle de la métamorphose, de la ponte, de la mue, etc. On n'ignore pas, d'ailleurs, que les animaux invertébrés, surtout ceux qui sont le plus distinctement soçmenlés, résistent d'autant mieux à des lésions craves que ces segments jouissent d'une Vie plus isolée ; que, par conséquent, ils doivent être moins disposés à ies maladies dTensemble que les animaux supérieurs les plus centralisés; quelquesjns de ceux-ci jouissent, en outre, d'une susceptibilité toute spéciale; c'est ainsi |u'on assure que les moindres lésions deviennent promptement funestes à la Baleine, lu Phoque à trompe, par suite de TinflamnatioQ gangreneuse qui s'y manifeste, et lont les effets généraux sont promptement essentis par toute l'économie.

Los véritables périodes^ ou périodes réguières de la Vie, sont celles qui la subordonlent aux saisons et à la succession des nuits l des jours.

1* (/est un fait de notoriété vulgaire, que 'activité générale, la vivacité que ranime, S baque printemps, le retour d une tempéralire plus douce dans nos climats tempérés.

(I) Outre ce qui concerne les bestiaux, les Clieaux» les Chiens, etc., et qui constitue Part vélëriaire, on a fait quelques observations sur divers aures animaux : ainsi on sait que les Carpes sont subites à diverses maladies cutanées , plusieurs iseaox à rëpîlepsie. On dic oue le Rossignol est jjel à ta goutte; la Linotte ik n phtbisie, si conv* looe chez les Singes réduits en esclavage dans noi limats froids. Le Kat est aujel à la gravelle ; le Pé^ ore aux anévrismes de l*aoTle, d'après Daubenton; i Loup pretiil spontancinoiit la râ^e comme !• iii*>n, etc. L'Eléphaut, mort à Paris, il y quelques nnéos, avait succombé, dlîiail-on, à une apoplexie.

Muets durant l'hiver, les oiseaux reprennent leurs cbants; ils changent leur plumage sombre et grisAtre contre un vêtement plus éclatant; les Reptiles, à part les Crocodiles et la Tortue, quittent leur vieil épiderme et se montrent revêtus de brillantes couleurs; les Mammifères môme dépouillent une partie de leurs vêtements d'niver, et tous se livrent à Tacte de la propagation et au soin de leur progéniture. A cette même époque, des œufs d'Insectes, d'Arachnides, pondus avant fhiver, éclosent à la favrur d'un soleil plus ardent; des chrysalides qui ont passé la mauvaise saison dans la torpeur, achèvent leur métamorphose. Cette activité dure et les effets se renouvellent pendant toute la saison chaude, h quelques exceptions près; la chaleur excessive engourdit, [mr exemple, les Caïmans et les Boas sous es tropiques, au témoignage de Humboldt ; mais, dans nos climats, c'est l'hiver que Its Reptiles tombent dans la torf'eur, et que certains Mammifères passent à une sorte de sommeil particuher, nommé sommeil hibernal.

2" Ce que nous voulons seulement faire remarquer ici, c'est l'influence des alternatives d'apfiarition et de disparition du soleil sur l'activité des animaux. Le plus grand nombre dort la nuit et s'éveille au jour, c'està-dire qu'il subit l'influence de la lumière, de la chaleur, excitants bien propres à tenir leurs sens, et pjar suite tous leurs organes en action ; mais, de môme que l'été de la zone torride jette dans la stupeur quelques Reptiles, de même les excitants diurnes fatiguent certaines espèces appartenant à des classes et môme à des sous-règnes différents : aussi dorment-elles durant le jour et préfèrent-elles la nuit poui* pourvoir à leursr besoins ou se livrer à leurs ébats, fin effet, le nombre des animaux nocturnes est sî grand, qu'on peut dire qu'au coucher du soleil un nouveau monde apparaît sur l'horizon; une nouvelle activité commence, quoique moins bruyante et moins tumultueuse que la diurne. Ceci n'est pas moins vrai de la vaste surface de d'Océan nue de celle des terres élevées au-dessus de son niveau ; là môme, selon les curieuses remar- (]ues de Dorbigny, c'est véritablement le jour qui est le temps du repos , la nuit celui de l'agitation. Chez beaucoup de ces animaux nocturnes, c'est l'organe de la vue qui est conformé de manière à leur rendre dilRcilement supportable un éclat trop vif, soit en raison de sa sensibilité propre, soit parce

au'il manque des enduits noirs ou colorés eslinés à absorber une lumière superflue ; tels sont beaucoup d'Insectes, d'Arachnides, de Crustacés, les oiseaux de nuit, les Chauve- Souris, les Loris, les Carnassiers du genre Chat, les Crocodiles, les Géekos, plusieurs poissons Qu'on ne ()êche fructueusement que la nuit a l'aide d'un appât. Chez d'autres» on reconnaît surtout la crainte de la ch.deur ef de la sécheresse : aussi paraissent-ils hors de leur rc^traile dans l<»s {vm^s humides, même au milieu du jour ; tels les Lombrics

VIP

les Limaces, la plupart des Batraciens, les Anguilles, lorsqu'elles sortent de l'eau ; beaucoup de petites Arachnides fort molles (Acarides) et même les plus grandes (Scor-

Eions, Lycoses, etc. ] sont dans le même cas. 'autres ne semblent guidés que par l'espérance d'échapper plus facilement à leurs ennemis dans l'obscurité des nuits, comme certaines Chenilles qui, durant le jour, se cachent sous la terre, la Taupe quand elle veut se montrer i l'air libre, le Hérisson, a Souris et une foule d'autres animaui timides. D'autres enfin sont alors. plus sûrs ie trouver leur proie et de la surprendre durant son sommeil : c'est le cas de beaucoupd' animaux parasites (Cousins, Punaises, etc.). C'est en partie celui de la Fouine, du Renard, du Loup, de l'Hyène, etc.

VIEILLE. Yoy. Baliste.

VIELLE, Voy. L&brb.

' VIPÈRE, Yipera (de vivum parto qui met bas des petits vivants] ; genre de Reptiles ophidiens de le famille des vrais Serpents, tribu dus Serpents venimcui.

Les caractères génériques principaux des Vipères sont les suivants ; corps cjrlindrique, écailleux ; tête raccourcie, élargie postérieurement; dents aiguës , crochets à renia ss, placés en devant de la "e ; dessus du crâne garni s ou de plaques ; pas de es narines ; queue courte en dessous d^une double disposées par paires ou aques simples en tout ou en partie ; plaques de l'abdomen entières et en nombre variable; anus transversal, simple et sans ergots cornés.

Les Vipères, qui avaient été confondues avec les Couleuvres, parce qu'en général elles ont comme elles leurs plaques souscaudales doubles, s'en distinguent facilement parce qu'elles présentent des crochets à venin qui manquent entièrement chez les Couleuvres.

Lo genre Vipère est nombreux en espèces ; nous allons en décrire quelques-unes que Doi:s clioisirons dans chacune des quatre subdivisions indiquées par G. Cuvier dans le rè^jne animal.

I 1. Eipicet ayant Ut écaUlet de la télé

imbriquées et carénée» comme eettei du

doi.

La Vipère clotho. — Ce Serpent venimeux habite la Caroline et la Virginie, et se trouve aussi en Asie, et particulièrement au Japon, suivant Séba. li rampe très-lentement, aussi peut-on facilement éviter sa morsure qiii est très-dangereuse. La couleur du dessus du corps est ordinairement d'un roussâlre plus ou moins mêlé de cendré ; c'est sur ce fond qie l'on voit, depuis la tête jusqu'à rexlrentité de la queue, des taches aun jaune clair, bordées de rouge brun, disposées de manière h représenter des caractères hébraïques ; at c'est de là que vient à ce Serpent le nom que Lacépède lui a donné, d'aprèsDaubenton.Quelquefoisoo remarque

ILES , VlP isn

une petite bande cendrée entre les jeai et près des narines. Les grandes plaquHqui revêtent le dessous da ventre, sont d'un jaune très-clair, avec des taches noiiitres la long des cdtés du corps, et ordioairement au nombre de cent soixante-dix; iljtsoui la queue %2 paires de petites plaques.

Parmi les autres espèces de cette subdivision, nous citerons la Hinutb ou Vwfcii t COURTE QUEUE (FiDcra brackf/ura. Cm.] et l'Aspic de Lacépèae. Ce dernier se trouve «B France, particulièrement dans nosproviac»

septentrionales. Plusieurs naturalistes ont écrit qu'il n'était point venimeux ; mais les crochets mobiles, creux et percés, doat sa mâchoire supérieure est garnie, ont fail préférer l'opinion de Linné, qui le [egird« comme contenant un poison très-dangereux.

La mâchoire supérieure de l'Aspic esta^ mée de crochets, ainsi que nous venons di le dire ; les écailles qui revêtent le desiut de la tête sont semblables à celles du dos, ovales et relevées dans le milieu par une arête. On voit s'étendre, sur le dessus du corps, trois rangées longi tudioales de taches rousses, bordées de noir, ce qui fait paraître la peau de l'Aspic tigrée, et a fait donaerl ce Reptile ie nom de Serpent tigré. Les trois rangées de taches se réunissent sur la queue, de manière à représenter une bande dis-

Posée en zigzaK ; et par là les couleurs de Aspic ont quelque rapport avec celles deli Vipère commune, à laquelle il ressemble aussi par les teintes du dessous ds son corps, marbré de foncé et de jaunâtre.

Il parait que les anciens n'ont point cooon l'Aspic de nos contrées, car il ne faut dis le confondre avec une espèce de Vipère connue sous le nom de Vipire d'Eqfflt,<^t les anciens nommaient aussi Aspic, et qui la mort de Cléopâtre a rendue fameuse.

g H. Ecaille» de la tête grattvtéet.

La Vipère coHMDRE(FiprraAentf,DaDd.}7 Parmi les espèces de serpents dont le venis est plus ou moins funeste, une des plustnciennement et des mieux connues est li Vipère commune. Elle est, en effet, très-mnilipliée en Europe; elle habite autour d* nous, elle infeste nos bois et souvent nos demeures : aussi a-t-elle inspiré depuis loogtemps une grande crainte ; et cependant l'M quelle attention n'a-t-elle pas été obseréel Objet d'importantes recherches et de ln"ui multipliés d'un grand nombre de saviols, combien de fois n'a-t-elle pas été dérrile, disséquée et soumise àdiversesépreuvesl

La Vipère commune est aussi petile,ai>^ iaible, aussi innocente, en ai)parence,qDe son venin est dangereux. Paraissant avoir rffi la plus petite part des propriétés brillanlesjiK nous avons reconnues en général dans lot* dre des Serpents; n'ayant ai couleurs igr^ bies, ni proportions très-déliées, ni moiiTements agiles, elle serait presque igDorée,si» le poison funeste qu'elle distille. Sa lûo^ow totale est communément de deux i^i»; celle de la queue, de trois ou quatre poBcM

isa

tip

POISSONS, ETC

VIP

et ordinairemeDt cette partie du corps est

5 lus longue et plus grosse dans le mâle que ans la femelle; sa couleur est d*un gris cendré, et le lonç de son dos, depuis la tête jusqu'à l'extrémité de la queue, s*élend une sorte de clialne composée de taches noirft* très de forme irrégulière, et qui, en se réunissant en plusieurs endroits les unes aux autres, représentent fort bien une bande dentelée et sinuée en zigzag. On voit aussi, de chaque côté du corps, une rangée de petites taches noirâtres, dont chacune correspond à l'angle rentrant de la bande en zigzag.

Toutes les écailles du dessus du corps sont relevées au milieu par une petite arête, excepté la dernière rangée de chaque côté, où les écailles sont unies et un peu plus grandes que les autres. Le dessous du corps est garni de grandes plaques couleur d*acier et aune teinte plus ou moins foncée, ainsi que les deux rangs de petites plaques qui sont au-dessous de la queue.

Le dessus du museau et Tentre-deux des yeux sont noirâtres ; et sur le sommet de la tète, deux taches allongées, placées obliquement, se réunissent par un bout et sous un angle aigu.

La tête va en diminuant de largeur du côté du museau, où elle se termine en s*arrondissant; et les bords des mâchoires sont revêtus d*écailles plus grandes que celles du dos, tachetées de blanchâtre et de noirâtre , et formant un rebord assez saillant.

Le nombre des dents varie suivant les individus; il est souvent de vingt-huit à la mâchoire supérieure , et de vingt-quatre dans ]*inférieure ; mais toutes les Vipères ont, de chaque côté de la mâchoire supérieure, une ou deux, et quelquefois trois ou quatre dents longues d'environ trois lignes , blanches, diaphanes, crochues et très-aiguës ; on les a appelées les dents canines de la Vipère , à cause d'une ressemblance imparfaite qu'elles ont avec les dents canines de plusieurs quadrupèdes. Ces dents, longues et crochues , sont très-mobiles, ainsi que celles des autres Serpents- vipères ; Tanimal les peut incliner ou redresser à volonté : communément elles sont couchées en arrière le long de la mâchoire, et alors leur pointe ne parait point; mais, lorsque la Vipère veut mordre, elle les relève et les enfonce dans la plaie en même temps qu'elle y répand son venin.

Auprès de la base de ces grosses dents, et hors de leurs alvéoles, on voit dans des enfoncements de la gencive, un certain nombre de petites dents crochues , inégales en longueur, conformées comme les dents canines, et qui paraissent destinées à remplacer ces dernières, lorsque la Vipère les perd par

3uelqne accident. On en a trouvé depuis eux jusqu'à huit. L'on peut présumer que le nombre de ces dents de remplacement est limité, et que lorsque la Vipère a réparé plusieurs fois la perte de ses crochets , elle ne peut les remplacer; elle demeure privée de dents canines pendant le reste de sa vie; et peut-être qu'alors oa en serait mordu sans éprouver l'action de son venin, au*elle ne

pourrait plus faire pénétrer dans la blessure.

Ces dents canines de la Vipère sont creuses ; elles renferment une double cavité et comme un double tube , dont l'un est coi^tenu dans la pnrlie convexe de la dont, et l'autre dans la partie concave. Le premier de ces deux conduits s'ouvre à l'extérieur par deux petits trous, dont l'un est situé à la base de la dent, et l'autre vers sa pointe; et le second n'est ouvert que vers la base, où il reçoit les vaisseaux et les nerfs qui attachent la dent à la mâchoire.

Ces mêmes dents canines sont renfermées, jusqu'aux deux tiers de leur longueur, dana une espèce de gaine composée de Tibres trè^ fortes et d'un tissu cellulaire; cette gaine ou tunique est toijyours ouverte vers la pointe de la dent; elle s'y termine par une espèce d'ourlet souvent dentelé , et formé par un repli de deux membranes qui la composent.

Le poison de la Vipère est contenu dans une vésicule placée de chaque côté de la tête, au-dessous du muscle de la mâchoire supérieure; le mouvement du muscle, pressant cette vésicule, en fait sortir le vepint 3ui arrive par un conduit à la base de la ent, traverse la gaine qui l'enveloppe, entre dans la cavité de cette dent par le trou situé près de la base, en sort par celui qui est auprès de la pointe , et pénètre dans la blessure. Ce poison est la seule humeur malfaisante que renferme la Vipère , et c'est en vain qu on a. prétendu que l'espèce de bave

Î|ui couvre ses mâchoires, lorsqu'elle est en ureur, est un venin plus ou moins dangereux ; l'expérience a démontré le contraire. Le suc empoisonné renfermé dans les vésicules (je chaque côté de la tête, est une liqueur jaune dont la nature n'est ni alcaline ni acide, comme on l'a écrit en divers temps; elle ne produit pas non plus les effets d un caustique, ainsi qu'on l'a pensé; et il parait

au'elle^ ne contient aucun sel proprement it, puisque, lorsqu'elle se dessèche, elle ne présente pas un commencement de cristallisation, comme les sels dont l'eau surabondante s'évapore; mais se gerce, se relire, se fend, se divise en très-petites portions, de manière à représenter, par toutes ses fentes très-déliées et très-multipliées, une espèce de réseau que Ton a comparé à une toile d'à* raignée.

Quelque subtil oue soit le poison de la Vipère, il parait qujl n'a point d effet sur les animaux qui n'ont pas de sang; il parait aussi qu'il ne peut pas donner la mort aux Vipères elles-mêmes ; et k Tégard des animaux à sans chaud, la morsure de la Vipère leur est d autant moins funeste que leur grosseur est plus considérable, de telle sorte qu'on peut présumer qu'il n'est pas toujours mortel pour l'homme ni pour les grands quadrupèdes ou oiseaux. L'expérience a prouvé aussi qu'il est d'autant plus dangereux qu'il a été distillé eu plus grande quantité dans les plaies par des morsures répétées. Le poison de la Vipère est donc funeste en raison de sa quantité, de la chaleur du sang et de la pe«

Page 1