‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 188 sur 204 · YIP · texte numérisé non relu

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titesse de Taniina) qui est mordu; ne doit-il pas aussi être plus ou moins mortel, suivant la chaleur de la saison , la température du climat et Tétat de la Vipère, plus ou moins irritée, plus ou moins animée, plus ou moins pressée par la faim, etc.? Et voilà pourquoi Pline avait peut-être raison de dire que la Vipèro, ainsi que les autres Serpents venimeux , ne renfermait point de poison pendant le temps de son engourdissement. Au reste, Tabbe Fontana pense que le venin de la Vipère tue en détruisant 1 irrilaU)ilité des nerfs, de môme que plusieurs autres poisons tirés du règne animal oii du règne végétal.

On a fait depuis longtemps beaucoup de recherches relativement aux moyens de prévenir les suites funestes de la morsure des Vipères; mais Tabbé Fontana, que nous venons de citer, s'est occupé de cet important objet plus qu'aucun autre physicien. Perspnne n a eu, plus que lui, la patience et le courage nécessaires pour une longue suite d'expériences ; il en a lail plus de six mille; il a essayé l'effet des diverses substances indiquées avant lui comme des remèdes plus ou moins assurés contre le venin de la Vipère.

Pour faire connaître avec plus d'exactitude le résultat que ce physicien croyait devoir tirer lui-même de ses belles et très-nombreuses expériences, nous avons cru devoir rapporter ses propres paroles dans la note suivante (1), d après laquelle on verra aussi

(1) € Le dernier résultat de tant d'expériences sur Fusage de la ligature contre la morsure de la Vipère, ne présente ni celte certitude, ni cette généralité auxquelles on se serait attendu dans le commenceinent. Ce n'est pas que la ligature soit à rejeter eorame absolument inutile, puisque nous ravoira trouvée un remède assuré pour les Pigeons et les Codions d'Inde ; elle peut donc Tètre pour d'autres animaux, et peut-être serait-elle utile pour tous si l'on connaissait mieux les circonstances dans lesquelles il faut la pratiquer. U paraît, en général, qu'on ne doit rien attendre des scarifications plus on moins grandes, plus ou moins simples, puisqu'on a vu mourir, avec cette opération, les animaux mômes qui auraient été le plus facitement guéris avec les seules ligatures.

c /e n'ose pas décider de quelle utilité elle pour<ralt être dans l'homme, parce que je n'ai point d'expériences directes. Mais comme je suis d'avis que la morsure de la Vipère n'est pas naturellement meurtrière pour l'homme, la ligature, dans ce cas, ne pourrait faire autre chose que diminuer la maladie; peut-être une ligature très-légère pourrait-elle suffire; peut-être pourrait-on l'ôter peu de temps après ; mais il fout des expériences pour n«us mettre en état de prononcer, et les expériences sur les hommes sont très-rares.

< Je dois encore avertir ou'une partie de mes expériences sur le venin de la Vipère, ont été faites dans la plus rude saison, en hiver. Il est naturel à concevoir que les Vipères dont je me suis servi, ne ponvaieni être dans toute leur vigueur; qu'elles devaient mordre les animaux avec moins de force et que n'étant patt nourries depuis plusieurs mois, leur venin devait être en moindre quantité. Je n'ai aucune p^ine à croire que dans une autre saison plus favorable, comme dans Tété, dans un climat plus chaud, .es eftels dussent être, en quelque sorte, différents, et, en général, plus grands.

que Tabbé Fontana reconnaît rinflaence da saisons et de diverses autres causes ]Ôu\h ou accidentelles sur la force du ? enia dtf Serpents, et qu'il croit que plusieurs ci^ constances particulières ont pu altérer les résultats de ces différentes expériences.

Plusieurs médecins ont décrit avec soin les symptômes de la maladie produite par la morsure de la Vipère ; nous allons les rapporter ici d'après la description qu*en i donnée M. le docteur Achille Richard. U morsure est souvent peu douloureuse aa moment où elle vient a'èlre faite; mais le plus souvent elle est presque instantanémeni suivie d'une douleur très-aiguë. Tantôt il n'j a qu'un seul crochet qui pénètre dans la chair, tantôt ils y pénètrent tous les deux; les piqûres produites par ces deux crochets sont très-peu apparentes. Une rougeur plus ou moins vive se montre bientôt autour de la piqûre; la douleur augmente; la partie blessée et celles qui l'environnent se gonfleni; elles acquièrent una teinte jaune, livide et rouge terne. Pendant le même lemp^, des symptômes alarmants se développent; le blessé éprouve un malaise général, des nausées, des vomissements bilieux , une céphalalgie très-vive; les yeux deviennent rouges, ils se gonflent et laissent échapper des ia^ mes abondantes. Si la main ou le pied ont été Dlessés, le gonflement, d'abord circoDscnl autour de la plaie, gagne de proche en proche et ne tarde pas à envahir la totalité du membre. Alors les syptômes ont acquis leaie leur intensité; le malade parait sous le poids d'une fièvre adynamique très-violenle;il a des sueurs froides visqueuses ; son haleine devient fétide; les divers sphincters se car»- Ivsent; enfin, si des médicaments actifs oa des etforts puissants de la nature ne viennciil

{>as à son secours, la mort ne tarde pas i erminer ses souffrances.

Le moyen le plus eflîcace à employer poer combattre les funestes effets de la morsure de la Vipère consiste à sucer immédiateaieni la plaie : il n'y a aucun danger à craindre par suite de cette action , car on a déoionlré, lusqu'à l'évidence, que ce venin si terrible, lorsqu'on l'applique sur une partie dénudée. n'agit pas sur les membranes muqueuses qui ne présentent pas de plaies. Un autre mojeû à employer consiste à pratiquer au-dessus de la plaie une ligature convenablement serrée, mais pas assez pour interrompre complètement la circulation : on doit apfjlicpier une ventouse sur la plaie, et lorsqu'on retire cette ventouse, il faut faire des sciriûcations assez profondes aux environs de li plaie.

€ Je puis encore avoir été trompé par ceui m «« Iburnissaient les Vipères. J'étais eo usage, (w^ commencement, de rendre les Vipères mêmes tloot]* m'étais servi pour ftiire mordre les aiiioiaux, et qae je n'avais pas besoin de tuer. J'ai tout lieu da croin (lu'on m'a venëu pour la seconde fois les Vi|>ères qit j'avais ûéjk employées ; mais, dès que je me suisaper^ de cela, je me suis déterminé à tuer toutes le» vi* pères, après m^en être servi dans mes expérieaw*- * Vol. U, p. 59 et suiv.

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L'emploi des ventouses el des scariOcalions,qui réussit presque toujours, lorsqu'il a été pratiqué peu de temps après que la morsure a été faite, peut être également mis en usage lorsque les symptômes se sont déclarés. Beaucoup de médicaments ont été préconisés comme propres h combattre avec avantage les accidents produits par la morsure de la Vipère; nous ne citerons que ceux qui paraissent avoir été employés avec le plus de succès. La thériaque et quelques autres médicaments analogues ont, dit-on, réussi contre la morsure de la Vipère. On assure que Thuile d'olive jouit des mômes avantages; c'est par l'emploi de ce seul moyen que 1b docteur Mortimer s'est guéri d'une morsure de Vipère, à laquelle il s'était volontairement exposé pour pouvoir en étudier les effets. L'ammoniaque liquide et plusieurs lie ses composés, tels que l'eau de Luce 'et lesaTon deSlarkey, sont les meilleurs médicaments à employer contre la morsure de la Vipère, ainsi que le démontrent des faits nombreux recueillis par des médecins célè« bics. Achevons maintenant de décrire cet iViinial funeste (1).

Elle a les ^eux très-vifs et garnis de paupières, ainsi que ceux des quadrupèdes ovipares ; et comme si elle sentait la puissance redoutable du venin qu'elle recèle, son regard parait hardi ; ses yeux brillent surtout lorsqu'on Tirrite ; et alors non-seulement elle les anime,, mais, ouvrant sa gueule, elle darde sa langue, qui est comluiinément grise, fendue en deux, et composée de doux petits cylindres charnus adiiérents l'un à 1 autre jusque vers les deux tiers de leur longueur ; Tanimal l'agite avec tant de vitesse, qu'elle étincelle pour ainsi dire, et que la lumière qu'elle réfléchit la fait paraître comme une sorte de petit phosphore. On a regardé pendant longtemps cette langue comme une sorte de dard dont la Vipère se servait pour percer sa proie ; on a cru que c'était à l'extrémité de cette langue que résidait son venin, et on Tacom-

(f ) La morsure de la Vipère est mortelle pour tous 1m animaux; elle Test rarement pour Thomme, mais elle fait souvem périr les enfants : les gens de la campagne qui font le foin dans les prairies bordant les bois Bontueux en sont fréquemment mordue aux janibes, et même à la poitrlno. c Nous avons eu ptas d*uoe fois en Bretagne, dit un naturaliste, Toceaslon <1 observer ce genre d^empoisonnemeat : le malade arrivait presque toujours à pied, après une longue marche sous le soleil, pâle, couvert d*une sueur froide, la physionomie altérée par la terreur autant que par In souCTrance, ei tenant attaché entre deux b4tf)ns le Serpent qui Tatait mordu. Quand la plaie était k la jambe ou à la cuisse, nous y appliquions après ravoir incisée, une lame de fer rougie k blanc ; si la blessure occupait les mains, la poitrine ou le visage, nous y posions des compresses imbibées d*Nn liiiiment composé avec parties égales d'huile d'olive ei d'alcali volatil. Nous taisions coucher chaudement le malade en lui donnant à boire de temps en temps une tasse d*infusion chaude, dans laquelle nous versions, au moment de Padministrer, quelques gouttes d'alcali volatil. Bientôt des sueurs abondantes se aéi larraient, et l'homme mordu s*en retournait parf •.itemeot guéri au bout de viogt-q[uatre heures. >

parée à une flèche empoisonnée. Celte erreur est fondée sur ce nue, tontes les fois que la Vipère veut mordre, elle tire sa langue et la aarde avec rapidité. Cet organe est enveloppé, d'un bout à l'autre, dans une espèce de fourreau oui ne contient aucun poison ; ce n'est qu avec ses crochets que la Vipère donne la mort, et sa langue ne lui sert cju'à retenir les Insectes dfont elle se nourrit quelquefois.

Non-seulement la Vipère a ses deux mâchoires articulées de telle sorte qu'elle peut beaucoup les écarter l'une de l'autre, ainsi que nous l'avons dit ; mais encore les deux côtés de chaque mâchoire sont attachés ensemble de manière qu'elle peut les mouvoir indépendamment l'un de 1 autre, beaucoup plus librement peut-être que la plupart dos autres Repliles ; et cette faculté lui sert à avaler ses aliments avec plus de facilité : tandis que les deux dents d'un cdté sont immobiles et enfoncées dans la proie qu'elle a saisie, les dents de l'autre cdté s'avancent, accrochent cette même proie, la tirent vers le gosier, l'assujettissent, s'arrêtent à leur tour, et celles du côté opposé se portent en avant pour attirer aussi la proie et rester ensuite immobiles. C'est par ce jeu plusieurs fois répété, et par ce mouvement alternatif des deux côtes de ses mâchoires, que la Vipère parvient à avaler des animaux quelauefois assez considérables, qui, à la vérité, sont pendant longtemps presque tout entiers dans son oesophage ou dans son estomac, mais qut, dissous insensiblement par les sucs digestifs, se résolvent en une pâte liquide, tandis que leurs parties trop grossières sont rejetées par Tanimal. Nonseulement, en effet, la Vipère se nourrit de petits Insectes, qu'elle retient par le moyen de sa langue, ainsi qu'un grand nomore d'autres Serpents et plusieurs Quadrupèdes ovipares ; non-seulement elle dévore des Insectes plus gros, des Buprestes, des Cantharides, et même ceux qui souvent sont trèsdangereux, tels que les Scorpions, mais elle fait sa proie de petits Lézards, de jeunes Grenouilles, et quelquefois de petits Rats, de petites Taupes, d'assez gros Crapauds, dont l'odeur ne la rebute pas, et dont l'espèce de venin ne parait pas lui nuire.

Elle peut passer un très-long temps sans manger, et I on a même écrit qu'elle pouvait vivre un an et plus sans rien prendre ; ce fait est peut-être exa^ré ; mais néanmoins il est sûr qu'elle vit plusieurs mois privée de toute nourriture. M. Pennant en a gardé plusieurs renfermées dans une boite, pendant plus de six mois, sans qu'on leur donnât aucun aliment, et cependant sans qu'elles parussent rien perdre de leur vivacité. Il semble même que, pendant cette longue diète, non-seulement leurs fonctions vitales ne sont ni arrêtées ni suspendues, mais même qu'elles n'éprouvent pas une faim très-pressante, puisqu'on a vu des Vipères renfermées pendant plusieurs jours avec des Souris ou des Lézards, tuer ces

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animaux sans chercher à s'en nourrir.

Les Vipères communes ne fuient pas les animaux de leur espèce ; il parait même que dans certaines saisons de Tannée, elles se recherchent mutuellement. Lorsque les grands froids sont arrivés, on les trouve ordinairement sous des tasdepierresoudansdes trous de vieux murs, réunies plusieurs ensemble et entortillées les unes autour des autres. Elles ne se craignent pas, parce que leur venin n'est point dangereux pour ellesmêmes, ainsi que nous l'avons vu ; et Ton peut présumer qu'elles se rapprochent ainsi les unes des autres pour ajouter à leur chaleur naturelle, contrebalancer les effets du froid, et reculer le temps Qu'elles passent dans l'engourdissement et dans une diète absolue.

Pour peu que leur peau extérieure s'altère, les sucs destinés a l'entretenir cessent de s'y porter, etcommencentà en former une nouvelle au-dessous ; et voilà pourquoi» dans quelque temps qu'on prenne des Vipères , on les trouve presque toujours revêtues d'une double peau : de Tancienne , qui est plus ou moins altérée , et d'une nouvelle, placée au-dessous, et plus ou moins formée. Elles quittent leur vieille peau dans les beaux jours du printemps , et ne conservent plus que la nouvelle, dont les couleurs sont alors bien plus vives que celles de l'ancienne. Souvent cette peau nouvelle, altérée par les divers accidents que Jes Vipères éprouvent pendant les chaleurs , se dessèche , se sépare du corps de l'animal dès la fin de l'automne, est remplacée par la peau qui s'est formée pendant Télé, et , dans la même année, la Vipère se dépouille deux fois.

Les Vipères communes ne parviennent à leur entier accroissement qu'au bout de six ou sept ans; mais après deux ou trois ans , elles sont déjà en élat de se reproduire. C'est au retour du beau temps , et communément au mois de mai , que le mâle et la femelle se recherchent. La femelle porte ses petits trois ou quatre mois ; et si, lorsqu'elle a mis bas, le temps des grandes chaleurs n'est pas encore passé, elle s'accouple de nouveau, et produit deux fois dans la même année.

Les œufs de la Vipère commune sont distribués en deux paquets; celui qui est à droite est communément le plus considérable ; et chacun de ces paguets est renfermé dans une membrane qui sert comme d'ovaire ; le nombre de ces œufs varie beaucoup suivant les individus, depuis douze ou treize jusqu'à vingt ou vingt -cinq, et l'on a comparé leur grosseur à celle des œufs de Merle.

Le Vipereau est replié dans l'œuf; il y prend de la nourriture par une espèce d'arrière-faix attaché à son nombril, et dont il n'est pas encore délivré lorqu'il a percé sa coque ainsi que la tunique qui renferme les œufs , et qu'il est venu à la lumière. Il entraîne avec lui cet arrière-faix, et ce n'est que par les soius de la Vipère-mère qu'il eu est débarrassé.

On a prétendu que les Vipereaux n'étaient abandonnés par leur mère que lorsqu'ils étaient parvenus à une grandeur un pea considérable, et qu'ils avaient acquis assez de force pour se défendre. L'on ne s'est pis contenté d'un fait aussi extraordinaire dans l'histoire des Serpents, on a ajouté que, lorsqu'ils étaient effrayés, ils allaient oier* cher un asile dans l'endroit même où leur mère recelait son arme empoisonnée; que sans craindre ses crochets venimeux, ils entraient dans sa bouche , se réfugiaient jusque dans son ventre , qui s'étendait et se gonflait pour les recevoir, et que lorsque le danger était passé , ils ressortaient par la gueule de leur mère. Nous n'avons pas b^ soin de réfuter ce conte ridicule ; et s'il a jamais pu paraître fondé sur quelque obscfvation, si l'on a jamais vu des Vipereaux^ frayés se précipiter dans la gueule d'ooe Fipère, ils y auront été engloutis comme une proie, et non pas reçus comme dans un endroit de sûreté; l'on aurait eu seulement aoe preuve de plus de la voracité des Vipères, qui, en effet, se nourrissent de petits Lézards, de petites Couleuvres, et quelquefois même de Vipereaux auxquels elles fienoeot de donner le jour. Mais quelles habitudes peuvent être plus éloignées de Tespèeede tendresse et aes soins maternels qu'on a voulu leur attribuer?

La Vipère commune se trouve dans près* que toutes les contrées de l'ancien continent. On la rencontre aux grandes Indes, où elle ne présente que de légères variétés; et non-seulement eue habite dans toutes les contrées chaudes de l'ancien monde, mais elle y supporte assez facilement les tempe* ratures les plus froides, puisqu'elle est asseï commune en Suède, o^ sa morsure est presque aussi dangereuse que dans les aatres pays de l'Europe. Elle habite aussi la RQ^ sie, et plusieurs contrées de la Sibérie ; elle s'y est même d'autant plus multipliée, que, pendant longtemps , la superstition a empêché qu'on ne cherchât à l'y détruire, fi, comme les gnalités vénéneuses s'accroissent ou s'affaiblissent à mesure que la chaleur augmente ou diminue , on peut croire que les humeurs de la Vipère sont bien propres à acquérir cette espèce d'exaltation qui produit ses propriétés funestes, puisque sa mo^ sure est dangereuse même dans les contrées très-septentrionales.

On ignore quel degré de température les Vipères communes peuvent supporter sans s'engourdir; mais tout égal d'ailleurs, elles doivent tomber dans une torpeur plusgrajwe que plusieurs espèces de Serpenis, ces derniers se renfermant, pendant l'hiver, a^^ des trous souterrains, et cherchant, dans ces asiles cachés, une température plus douce, tandis que les Vipères ne se raeltenl communément à l'abri que sous des tas de pief" res et dans des trous de murailles, ou » froid peut pénétrer plus aisément.

Quelque chaleur qu'elles éprouTenl, wf raraf>eat -toujours lenteœeïH ; elles ne se P| tent communément que sur les petits •w

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maux dont elles font leur nourriture; elles D atUqaent point l'homroe ni les gros ani* maui ; mais cependant lorsqu'on les blesset ou seulement lorsqu'on les a^ace et qu'on les irrite, elles deviennent furieuses et fout slors des morsures assez profondes. Leurs rertèbres sont articulées de manière qu'elles ne peuvent pas se relever et s'entortiller lans tous les sens aussi aisément que la )lupart des Serpents, quoiqu'elles renverent et retournent facilement leur tète. Cette onformation les rend plus aisées à prendre ; es uns les saisissent au cou à l'aiae d'une tranche fourchue, et les enlèvent ensuite par a queue pour les faire tomber dans un sac , lans lequel ils les emportent ; d'autres appuient l'extrémité d'un b&ton sur la tète ae 1 Vipère , et la serrent fortement au cou vec la main; l'animal fait des efforts inutids pour se défendre, et tandis qu'il tient sa ;ueule béante, on lui coupe facilement, avec les ciseaux, ses dents venimeuses; ou bien, omme ses dents sont recourbées et tourlées vers le gosier, on les fait tomber avec me lame de canif que l'on passe entre ces rochets et les mâchoires, en allant vers le Quseau : l'animal est alors hors d'état de luire, et on peut le manier impunément. 11

a même des chasseurs de vipères assez lardis pour les saisir brusquement au cou t pour les prendre rapidement par la queue; e quelque force que jouisse 1 animal, il ne eut pas se redresser et se replier assez pour lesser la main avec laquelle on le tient susendu.

On ianore quelle est la durée de la vie es Vipères ; mais comme ces animaux n'ont cqiiis leur entier accroissement qu'après ix ou sept ans, on doit conjecturer qu'ils ivent , en général, d'autant plus de temps, ue leur vie est pour ainsi dire très-tenace, t qu*ils résistent aux blessures et aux coups eaucoup plus peut-être qu'un grand nomre d'autres Serpents. Plusieurs parties de îur corps, tant intérieures qu'extérieures, 3 naeuvent en effet, et, pour ainsi dire, Kercent encore leurs fonctions lorsqu'elles >nl séparées de l'animal. Le cœur des Vibres palpite longtemps après avoir été arrêta, et les muscles de leurs m&choires ont icore la faculté d'ouvrir la sueule et de la fermer lorsque cependant Ta tète ne tient us au corps depuis quelque temps. On prend même que ces muscles peuvent exercer tte faculté avec assez de force pour exprier le venin de la Vipère, serrer fortement

tDain de ceux qui manient la tête, faire ^nétrer jusqu'à leur sang le poison de l'anial ; et comme, lorsqu'on coupe la tête à ?s Vipères pour les employer en médecine, 1 la jette ordinairement dans le feu , on »sure que plusieurs personnes ont été morles par cette tête, perdue dans les cendres, ôme quelques heures après sa séparation j tronc et qu'elles ont énrouvé des accijnts très-graves (1).

(1) Plusieurs |»ersonae8 maDiant imprudemment ts vipères, Umt communes que d'autres espèces,

Il est d'ailleurs assez difDcile d'étouffer la Vipère commune; Quoiqu'elle n'aille pas naturellement dans 1 eau, elle peut y vivre quelques heures sans périr; lors même qu'on la plonge dans l'esprit-de-vin, elle y vit trois ou quatre heures et peut-être davantage , et non-seulement son mouvement vital n*e8t pas alors tout à fait suspendu, mais elle doit jouir encore de la plus grande partie de ses facultés, puisau'on a vu des Vipères que l'on avait renfermées dans un vase plein d espritde-vin, s*y attaquer les unes les autres et s*/ mordre trois ou quatre heures après y avoir été plongées. Mais, malgré cette force avec laquelle elles résistent, pendant plus ou moins de temps, aux effets des fluides dans lesquels on les enfoncp, ainsi qu'aux bles^ sures et aux amputations, il paratt que le tabac et l'huile essentielle de cette plante leur donnent la mort , ainsi qu'à plusieurs autres Serpents. L'huile du laurier- cerise leur est aussi très-funeste, lors même qu'on ne fait que l'appliquer sur leurs muscles, mis è découvert par des blessures.

L'Ammodttb ou Vipèrb a musbau cornu {Vipera AmmodyteSf Lin.). — Les anciens, et surtout les auteurs du moyen Age, ont beaucoup parlé de ce Serpent, très-venimeux, qui habite plusieurs contrées orientales, et que Ton trouve dans plusieurs endroits de 1 Italie, ainsi que de l'illyrie, autrement Bsclavonie. Son nom lui vient de l'habitude qu'il a de se cacher dans le sable, dont la couleur est à peu près celle de son dos ; elle varie, d'ailleurs, par un grand nombre de taches noires, disposées souvent de manière à représenter une bande longitudijaale et dentelée , ce qui donne aux couleurs de l'Ammodyte une très-grande ressemblance avec celle de la Vipère commuue, dont il se rapproche aussi beaucoup par sa conformation; mais sa tête est ordinairement plus large, à proportion du corps, que celle de notre Vipère ; et, d'ailleurs, il est fort aisé de le distinguer de toutes les autres Couleuvres connues, parce qu'il a sur le bout du museau une petite éminence, une sorte de corne, haute communément de deux lignes, mobile en arrière, d'une substance charnue, couverte de très-petites écailles, et de chaque côté de laquelle on voit deux tubercules un

desséchées ou conservées dans resprit-de-vin, se soot blessées à leurs crocbeis, encore remplis de venin, très-longtemps et même plusieurs années après la mort de l*animal ; le venin, dissous par le sang sorti de la blessure, s^est échappé par le trou de la dent, a pénétré dans la plaie et a donné la mort, c Le venin ;de la Vipère, dit Tabbé Fontana, se conserve pendant des années dans la cavité de sa deni, sans perdre de sa couleur ni de sa transparence; si on met alors dans de Peau tiède cette dent, il se dissout très-prompiement, et se trouve encore en étal de tuer les animaux ; car d*ailleurs le venin de la Vipère, séché et mis en poudre, conserve pendant plusieurs mois son activité, ainsi que je Tai éprouvé I^nsieurs fois d*après Redi ; il suffit quil soit porté, comme à l*ordinaire, dans le sang, par quelque blessure; mais il ne faut cependani pas qu'il ait été gardé trop longtemps : je Tai vu souvent sans effet au bout de dix mois, i L*abbé Fontana, vol. 1, p. Si.

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peu saillanls, placés aux orifices des nariues ; aussi a-t-il été nommé dans plusieurs contrées Aspic cornu. Sa morsure est , en effet, aussi dangereuse que celle du Serpent veniineiix nommé Aspic par les anciens ; et Ton a vu des gens mordus par ce Serpent mourir trois heures après; d'autres ont vécu cependant jusqu'au troisième jour , et d'autres même jusqu'au septième. Les remèdes qu'on a indiqués contre le venin de TAmmodyte sont à peu près les mêmes que ceux aux-

auels on a eu recours contre la morsure es autres Serpents venimeux. Ce Reptile est couvert sous le ventre de 1*2 grandes plaques , et , sous la aueue, de 32 paires de petites ; le dessus ue sa télé est garni de petites écailles ovales , unies et presque semblables à celles du dos.

la queue est très-courte, à proportion du corps, qui n'a ordinairement qu'un demipied de long.

L'Ammodyte se nourrit souvent de Lé^ zards et d'autres animaux aussi gros que lui, mais qu'il peut avaler avec facilité, à cause de l'extension dont son corps est susceptible.

11 paraît que c*^est à cette espèce, au développement de laquelle un climat très-chaud peut élre très-nécessaire , qu'il faut rapporter les Serpents cornus de la Côte-d'Or, dont a parlé Bosman, quoique ces derniers soient beaucoup plus grands que TAmmodyte d'Esclavonie. Ce voyageur vit, au fort hollandais d'Axim, la dépouille d'un individu de cette espèce de Serpents cornus ; ce Reptile était de la grosseur du bras, long de cinq pieds, et rayé ou tacheté de noir, de brun, de blanc et de jaune, d'une manière très-agréable à l'œil. Suivant Bosman, ces Serpents ont pour arme offensive une fort petite corne , ou plutôt une dent qui sort de 1.1 m'choire supérieure, auprès du nez; elle est blanche, dure et très-pointue, il arrive souvent aux nègres, qui vont nu-pieds dans les champs, de marcher impunément sur ces animaux, car ces Reptiles avalent leur proie avec tant d'avidité, et tombent ensuite dans un sommeil si profond, qu'il faut un bruit assez fort, et môme un mouvement assez grand, pour les réveiller.

Le Céraste ou Vipère cornue {Vipera cera^tesj Daud.), du grec xe/»af, corne. —On a donné ce nom à un Serpent venimeux d'Arabie, d'Afrique et particulièrement d'Esypte. Il est très-remarquable et très-aisé à distidguer par deux espèces de petites cornes qui s'élèvent au-dessus de ses yeux. C'est apparemment cette conformatioTf qui, jointe à sa auaiité vénéneuse, et peut-être i ses habitues naturelles , l'auront fait observer avec attention par les première Egyptiens, et les auront détermines à faire placer de préférence son image parmi leurs diverses figures hiéroglyphiques. On le trouve gravé sur les monuments de la plus haute antiquité , que le temps laisse encore subsister sur cette fameuse terre d'Egypte. On le voit représenlé sur les obélisques, sur les colonnes des temples, au pied des statues, sur les murs

des palais, et jnsque sur les momies, h double intérêt anime donc la curiosité r^litivement au Céraste ; une coniiaissain* exacte de ses propriétés et de ses mœ'jrs, non-seulement doit être recherchée par l^ naturalistes, mais servirait peul-êlre à découvrir en partie le sens de celte langue religieuse et politique, qui nous transmeltrait les antiques événements et les antiques û[jinions des célèbres et belles contrées derii rient.

Les opinions des naturalistes ancieus d modernes ont fort varié sur la nature ^m que sur le nombre des cornes qui diMifr guent le Céraste ; les uns ont dit au'il en en avait deux, d'autres quatre et d'aulres huit, qu'ils ont comparées aux espèces de petites cornes, ou pour mieux dire, aui r* tacules des Limaçons et d'autres animaux de la classe des Vers. Quelques auteurs les oot regardées comme des dents altachées à la mâchoire supérieure ; quelques autres odI écrit que le Gérasie n'avait point de corues, que celles qu'où avait vues sur la lêle k quelques individus n'étaient point naturelles, mais l'ouvrage des Arabes qui plaçaient avec art des ergots sur le crâne du Rè|»lik. pour le rendre extraordinaire etie faire veadre plus cher, 11 se peut que l'on ail quelquefois attaché à de vrais Cérastes de peliles cornes artificielles; il se peut aussi que, (t^ Serpents ayant été fort recherchés, on ail vendu pour des Cérastes des Reptiles d'une autre espèce, qui leur auront à peu près rassemblé par la couleur, et auxquels on aura applique de fausses cornes. Mais le ?raiiiorpeut céraste a réellement au dessus de chaque œil un petit corps pointu et alloDgé,aoquel le nom de corne parait mieux convetur

Su'aucun autre. Linné a donné le nom de ents molles à ces petits corps placés audessus des yeux du Serpent que oous décrivons ; mais ce nom de dent ne parait pouvoir appartenir qu'à ce qui tient aux œichoires supérieures ou inférieures des animaux; et après avoir examiné les cornes do Cérame, en avoir coupé une en plusieurs parties, et en avoir ainsi suivi la prolouption jusqu'à la tête, Lacrpède s'est assur^ que, bien loin de tenir à la m^lchoire supérieure, ces cornes ne sont attachées à aucun os ; aussi sont-elles mobiles à la roloniéde l'animal.

Chacune de ces cornes est placée prte** ment au-dessus de l'œil, et comme encbijsée parmi les petites écailles quiforineflM' partie supérieure de l'orbite; sa racine e>l entourée d'écaillés nlus petites qae celie? du dos, et elle représente une petite pyramide carrée dont chaque face serait sil > • née nar une rainure longiludioalc et iff?* sensible. Elle est composée de couches p'3* cées au dessus les unes des autres, et ^^ se recouvrent entièrement. « Nous aro-js. dit Lacépède , enlevé facilement la ^^^^ extérieure, qui s'en est séparée en i^^^ d'épiderme, en présentant toujours q'J«'^ côtés et quatre rainures, ainsi que la ^g inférieure, que nous avons mise par II «"^

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ouTert. Cette manière de s'exfolier est seiaj. ble à celles des écailles, dont Tépiderme a ia couche supérieure se sépare également Tee ladite après quelque altération. Aussi egardons*Roas la matière de ces cornes oïDine de même nature que celle des écail- ^ ; et ce qui le conûrme, c'est que nous ^ons TU ces petites éminences teuir à la eau de la môme manière que les écailles y ont attachées. Au reste, ces cornes mobiles ont ao peu courbées, et avaient à peu près lix lignes de longueur dans les indÎTidus pie nous avoos décrits. >

Ut téie des Cérastes est aplatie, le museau .Tos et court, l'iris des yeux d'un vert jauiâire, et la pioinelle, lorsqu'elle est conlracée, foraie une fente perpendiculaire à la Higueur du corps; le derrière de la tète es't çiréci et moins large que la partie du corps t laquelle elle tient; le dessus en est garni fécailles égales en grandeur à celles du dos, )a m6iDe quelquefois plus petites que ces iernières, qui sont ovales et relevées par ua& iréte saillante.

La couleur générale du dos est jaunâtre et relevée par des lâches irrégulières plus ou iBOins foncées, qui représentent de petites bandes transversales; celle du ^dessus du eor(^ est plus claire.

Les individus que Ton a mesurés avaient pios de deux pieds de long; ils présentaient la grandeur ordinaire de cette espèce de Serpenta. La gueue n'avait pas cinq pouces ; fcUe est ordinairement très-courte en proportion du corps» dans le Céraste, ainsi que dans ia Vipère commune.

Le Céraste supporte la faim et la soif pendant beaucoup plus de temps que la plupart <les autres Serpents; mais il est si goulu qu'il &e jette avec avidité sur les petits oiseaux et les autres animaux dont il fait sa proie ; et comme, suivant Delon, sa peau peut se prêter à une lrè«-grando distension, et son volume augmenter par là du double, il n'est pas «orprenant qu'il avale une quantité d'aliueots si considérable que, sa digestion devenant très-difljcile, il tombe dans une sorte de torpeur et dans un sommeil profond, pen*^ àÊDi lequel il est fort aisé de le tuer.

La plupart des auteurs anciens ou du moyen âge ont pensé qu'il était un des Serpents qui peuve^it le plus aisément se retourner en divers sens, et ils ont écrit qu'au lieu tie s'avancer en droite ligue, il n'allait jamais que par des circuits plus ou moins tortueux, ei toujours, ont-ils ajouté, en faisant entendre une sorte de petit bruit et de sifflement par kî cboc de ses dures écailles. Mais de quelque nfanière et avec quelque vitesse qu'il rampe, il lui est difficile d'échapper aux Aigles et aux trands oiseaux do proie qui fondent sur lui *îec rapidité, et que les Égyptiens adoraient, suivant Diodore de Sicile, parce qu'ils les délivraient de plusieurs bêles venimeuses, et • particulièremenl des Cérastes. Ces Serpents ^pendant ont toujours été regardés comme < Irèsnrusés, tant pour échapper à leurs enne- ^ 'ûis que pour se saisir de leur proie. On les ; a môme nommés insidieux, et l'on a prétend^

qu'ils se cachaient dans les trous voisins des grands chemins, et particulièrement dans les ornières, pour se jeter & l'improviste sur les voyageurs.

C'est principalement avec cette espèce de Serpents que les Libyens, connus sous le nom de Psylies, prétendaient avoir le droit déjouer impunément, et dont ils assuraient qu'ils maîtrisaient à leur volonté et la force et le poison.

Les Cérastes, ainsi que tous les Reptiles, peuvent vivre très- longtemps sans manger ;

Elusieurs auteurs Tout écrit, et on a même * aucoup exagéré ce fait, puisqu'on a cru qu'ils pouvaient vivre cinq ans sans prendre aucune nourriture.

Belon assure que les petits Cérastes éclosenl dans le ventre de leur mère, ainsi que ceux de notre Vipère commune. Mais nous croyons devoir citer un fait qui parait contre.Jire cette assertion, et que Gesner rapporte dans son livre df ia Nature des Serpents^ d'après un des correspondants qui en avait ^lé témoin à Venise. Cn noble Vénitien conserva pendant quelque temps, et auprès du feu, trois Serpents qu'on lui avait apportés du pays où l'on trouve les Cérastes : l'un, femelle et trois fois plus grand que les autres, avait trois pieds de long, presque la grosseur du. bras, la tète comprimée et large de deux doigls, l'iris noir, les écailles du dos cendrées et noirâtres dans leur partie supérieure, la queue un peu rousse et terminée en pointe, et une corne de substance écailleuse au-dessus de chaque œil. Gesner le regarde comme de l'espèce des Cérastes, dont il nous paraît, en elfet, avoir eu les principaux caractères. Il pondit dans le sable quatre ou cinq œufs h peu près de la grosseur de ceux de pigeon. Les rapports de conformation, de qualités vénéneuses et d'habitudes qui lient le Céraste avec la Vipère commune, ainsi qu'avec uo grand nombre d'autres Vii)ères dont la manière de venir au jour est bien connue, nous feraient adopter de préférence l'opinion fondée sur l'autorité de Belon, qui a beaucoup vojragé dans le pays habité par les Cérastes; mais comme il pourrait se faire aue les deux manières de venir h la lumière fussent réu^nies dans quelques espèces de Serpents, ainsi qu'elles le sont dansquelques espèces deQuadrupèdes ovipares, et qu'il serait bon de bien déterminer si tous les animaux armés de crochets venimeux éclosent dans le ventre de leur mère, et même sont les seuls qui ne pondent pas, nous invitons les voyageurs qui pourront observer sans danger les Cérastes, a s'assurer de la manière dont naissent leurs petits.

Hérodote a parlé de Serpents consacrés par les habitants de Tbèbes à Jupiter, ou, pour mieux liire, à la divinité égyptienne qui ré|>ondait au Jupiter des Grecs ; on les enterrait, après leur mort, dans le temple de ce dieu : et, suivant le père de l'histoire, ils avaient deux cornes, mais ne faisaient aucun mal à personne. Si Hérodote n'a point été Irt):iii)é, on devrait les regarder commq d'uue espèce différente de celle du Céraste|

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KEPHLES

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mais il est assez vraisemblable ^u*on ravait mieux informé de la conformation c[ue des qualités de ces Serpents, qu'ils étaient venimeux comme le Céraste, qu'ils appartenaient à la même espèce, et que la force de leur poison* qui avait dû paraître aux anciens donner la mort presque aussipromptement que la foudre du raattre des dieux, avait été peut-être un motif de plus pour les consacrer à la divinité que l'on croyait voir lancer le tonnerre.

S IIL Espèces ayant au milieu du dessins de la tête trois plaques plus grandes que les écailles qui les entourent.

La ViP&RB GHERSEA, petite Vipère^ Vipère rouge on nesping {Colubra chersea^ Lin.). — Ce Serpent a d assez grands rapports avec la Vipère commune. 11 habite l'Europe, principalement, dans les contrées septentrionales ; il y est répandu jusqu'en Suède, où il est même très- venimeux ; H. Wuif Ta observé en Prusse. Cette Vipère a communément au-dessous du corps 150 plaques trèslongues, et 3i paires de petites plaques trèslongues, et 34 paires de petites plaques audessous de la'queue. Les écailles dont son dos est garni sont relevées par une petite arête longitudinale ; sa couleur est d'un gris d'acier; on voit une tache noire en forme de cœur sur le sommet de sa tête, qui est blanchâtre ; et sur son dos règne une bande formée par une suite de taches noires et rondes qui se touchent en plusieurs endroits du corps. Elle se tient ordinairement dans les lieux garnis de broussailles ou d'arbres touffus ; on la redoute beaucoup aux environs d*Upsal. Linné ayant rencontré dans un de ses voyages, en diverses parties de la Suède, une femme qui venait d'être mordue par une Chersea, lui fit prendre de l'huile a'olive à la dose prescrite contre la morsure de la Vipère noire ; mais ce remède fut inutile, et la femme mourut.

On l'a rencontrée en France dans les Pyrénées. Sa morsure est souvent mortelle, et ses effets délétères se manifestent toujours avec plus de rapidité que ceux qui sont dus à la Vipère commune.

§ IV. Espèces ayant la tite garnie de plaques semblables à celles des Couleuvres.

LA VipèRE HÂMACHATE (Ftp. hœmochates^ Linn.).— On trouve, dans Seba, deux figures de ce Serpent venimeux que l'on a nommé Hémachate^ à cause du rouge qui domine dans ses couleurs. Le dessus de la tête est garni de neuf grandes écailles disposées sur quatre rangs, comme dans le Naja ; le premier et le second rang sont composés de deux nièces ; le troisième l'est de trois, le quatrième de deux ; et voilà une nouvelle exception dans la forme, la grandeur et l'arrangement des écailles qui revêtent le dessus de la tête des Reptiles venimeux, et qui ordinairement présentent, à très-peu près, la même disposition, la même forme et la même grandeur que celles du dos. La mâ-

choire supérieure est armée de deuieroche^ creux, mobiles et renfermés dans um sotta de gaine. Les écailles du dessus du cor^ sont unies et en losange; la couleur générale du dos est , dans rHémacbate, (fia rouge plus ou moins éclatant, rdevé pv des taches blanches ,' dont la disponboi varie suivant les individus, et qui le foot paraître comme jaspé. Ce rouçe devitit une couleur sombre plus ou moins foooé«, sur les individus conservés dans Tesprit» de-vin, qui altère de même la teinte di dessus du corps, dont la couleur est jasi tre dans l'animal vivant. Seba avait re{iih Japon un Serpent de cette espèce, et ua autre Hémachate lui avait été eoTojédt Perse.

Vipère d'EcYPTE. {Aspis CleopatrŒ, loor.) — Le nom deCléopfttre est trop fameaipoor que l'intérêt qu'il inspire ne se répiode pas sur tous les objets qui peuvent npiieler le souvenir de cette souveraine deVEgypte, et le simple Reptile qui lui donna la atort

fourra paraître digne de aueloue attention ceux mêmes qui ne rechercnent qu'wct peu d'empressement les détails dellûstoin naturelle. C'est Hasselauist qui a &il coenaître cette Vipère, quil a décrite dans s» Voyage en Egypte; elle a la tête relevée eo bosse des deux côtés, derrière les yeui; m longueur est peu considérable; les éeaiiks qui recouvrent le dessus de son corps sont très-petites ; son dos est d'un blaoc linde, et présente des taches rousses; lespinde plaques qui revêtent le dessous de sm corps sont au nombre de 118, etledessoss de la aueùe est garni de 22 paires de petites plaques.

Les anciens ont écrit que son poison, qooique mortel, ne causait aucune douleor,^ les forces de ceux qu'elle avait mordus iàfaiblissaient insensiblement; qu'ils toftbaient dans une douce langueur et daesaflc sorte d'agréable repos, auquel succédait m sommeil tranauille qui se terminait para mort; et voilà pourquoi on a cniqueli reine d'Egypte, ne pouvant plus suRKirttf la vie après la mort d'Antoine et la ndow d'Auguste, avait préféré mourir par j»

fet du venin de cette Vipère. Qm quilH soit des suites plus ou moins doulourettse de sa morsure, il parait que son poisoo est des plus actifs. C'est ce Serpent dool oa emploie diverses préparations en Bpp**»

c'est celui qu'on y vend dan-» les boutiqae, et dont on se sert pour les remèdes worj^ sous les noms de Sel de Vipère^ chair dt Jipère desséchée, etc. Suivant Hasselquist, w envoie tous les ans à Venise une griw^ quantité de Vipères égyptiennes pourlacoj position de la thériaquo, et , dès letefflpft Lucain, on en faisait venir à Rome pouf *J préparation du même remède. C>st^ usage, continué jusqu'à nosjoure.qoi**'' regarder la Vipère d'Egypte comûe eew dont Cléopâtre s'était servie; toaiw»

descriptions sont d'ailleurs très-cooiofln» à celle que nous trouvons de l'^^JJ Cléopâtre dans les anciens aateursi et F

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POISSONS, ETC

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tîculiëreinent dans Lucain ; et voilà pourquoi Lacépède a préféré è ce sujet l*opinion de AI. Laurenti et d'autres naturalistes à celle de Linné, qui a cru que Ie*Serpent dont le poison a donné la mort à la reine d^Eçjpte était celui gu il a nommé rAmmodjte. Tout ceci est fort controversé : voy. Asris et Naja.

Il paraît que c*est aussi à cette Vipère aa*il faut rapporter ce que Pline a dit de J Aspic, et la belle peinture qu'a faite ce grand écrivain de l'attachement de ce Reptile pour sa femelle, du courage avec lequel il la défend lorsqu'elle est attaquée, et de la foreur avec laquelle il poursuit ceux qui Tont mise à mort.

VIPERE FER DE LANCE. Voy. Teigo-

VOCÉFHALE

VITAL (prikcipe) , terme abstrait et trèsrague qui est à peu près pour les êtres virants ce qu'est le mot nature pour l'ensemble des choses créées. Il désigne des idées fort diverses, selon les auteurs qui le prononcent, et, qui plus est, la plupart s'en serrent tour à tour dans des sens différents, ei Barthez lui-même> comme aussi Virey.

TantAt il si^ifie l'ensemble des effets constituant la vie, et tantôt les lois suivant lesquelles ces effets se manifestent avec durée» enchaînement et succession. D'autres fois le même mot spéciGe le principe inconnu qui anime les corps vivants, qui en meut les organes avec concert, qui départit à chacun ses aptitudes, ses attributions, ses usages, et leur communique à tous comme une étincelle de la vie... Ainsi, cause première et impénétrable, ensemble de faits évidents, ou collection de lois la plupart ignorées, le même mot exprime toutes ces choses. Cette dénomination de Principe Vital renferme donc nos ignorances sur la cause première de la vie ; car en6n faut-il nécessairement admettre une impulsion infuse à ces inconcevables machines qu'on voit aller iasqu*à 100 ans sans s'arrêter, qu'il est seulement besoin de remonter tous les jours nar du sommeil et par des aliments, tes oscillations alternatives de la poitrine paraissant être comme le balancier révélateur du ressort caché par qui cette machine est mue. Il est évident que les mots organes agissants, fonctions , vie , Principe Vital, désignent des choses et eipriment des idées fort différentes. On sent bien qu'il y a là une sorte de progression qui des instruments matériels conduit à leurs actes respectifs, qui de ces effets isolés marche aux effets collectifs d'instruments entre eux subor- ' donnés, et de ces effets collectifs à leur cause première; mais, à -mesure au'on avance et qu'on approfondit, on voit s accroître Tobs- ' curité. La chaîne si évidente qui unissait les trois premiers degrés nous échappe totalement du troisième au quatrième ; et cependant , tout intangible qu'elle est , cette chaîne existe : elle remonte invisiblement, comme dit Homère, aux mains dirigeantes * de Jupiter.

VITALISME. — A l'article Forcbs motri-

CBS, nous avons vu comment les physiciens, remontant des faits particuliers à des .faits généraux, et de ceux-ci à un fait-principe

3ui contient tous les autres, avaient, pour ésigner ce fait-principe ou sa cause, inventé des nçms qui sont là comme TX algébriquet aitraetion^ électricité.

Ce qu'avaient fait les physiciens, queluues physiologistes pensèrent qu'ils pourraient légitimement le tenter à leur tour. Ils le fi« rent donc; et comme l'étude des faits particuliers, leur généralisation, ne conduisit point les physiologistes aux mêmes faitsprincipes que les physiciens avaient proclamés, ces physiologistes décidèrent que les forces qui dominent dans les êtres organisés ne sont pas les mêmes que celles qm régissent les corps inorganiques. Alors ils inventèrent un mot pour désigner la source des phénomènes de la vie : ce fut le mot force vitalCf principe vital. Puis quelaues-uns, observant que les phénomènes ae la vie sont trop nomnreux et surtout trop variés pour être rapportés à un seul fait-principe, ils pluralisèrent la force vitale^ et de là naquirent ]es Propriétés vitales. Ecoutons le proiesseur P. Rérard, discutant cette théorie célèbre.

« Il semble , dit-il, que rien ne soit plos raisonnable que cette manière de procéder. Hais il y avait là des chances d'erreur, et tout le monde ne sut pas les éviter. En effet, les physiologistes se flattèrent trop, lorsqu'ils s'imaginèrent qu'ils porteraient l'analyse dans les phénomènes de la vie ^vec autant de rigueur et de facilité qu'en avaient trouvé les physiciens dans la recherche de leurs faits . pnncipes. Les actes de la vie sont bien plus complexés que ceux de la nature inor^ique : de là la difficulté de signaler parmi ces actes ceux qui devaient être considères comme primordiaux.

« On ne pouvait donc guère espérer de voir tous les physiologistes arriver aux mêmes faits-principes et , par conséquent, aux mêmes propriétés vitales. Les dissidences ne portèrent pas seulement sur Vespècêf mais encore sur le nombre des propriétés vitales qu'on avait reconnues dans les êtres organisés. Tel physiologiste n'en admet qu'une, tel autre en reconnaît deux , quelques-uns portent leur nombre à cinq , et d'autres les multiplient encore davantage. Comme exempie frappant de ces divergences d'opinions entre cies hommes d'un mérite incontestable, j'opposerai l'un à l'autre deux de mes collègues, MH. Adelon et Gerdy : le premier, arrivant par un effort de généralisation à une seule propriété fondamentale, la sensibilité: le second, démêlant par une subtile analyse dix-huit actes primordiaux distincts les uns des autres, et par conséquent dix-huit pro-

{)riélés vitales. Et je ne vous donne là qu'une àible idée des démêlés qu'a suscités le Vitalisme. Les physiologistes que je vous ai cités sont dans le même camp , puisqu'ils sont vitalistes; mais entre eux et quelques autres célébrités modernes il y a nien moins de chances d'accommodement. Jugez-en par les deux passages suivants . On a, dit M. MageQ

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die, étabti ou plutôt imaginé des propriétés ^tales^ et je m'étonne que Vesprit puisse se eoni enter d une semblable mystification. D^une autre part, M. Gerd v promet, dans sa préface, de traiter avec lous les développements qu'elle réclame l'histoire des propriétés vitales, si scandaleusement réprouvées aujourd'hui.

« Dans l'appréciation du Vilalisrae, je proeéderai d'une manière qui vous paraîtra peut-être peu logique. 11 est d'usage d'exposer une doctrine avant de la juger :.je ne me conformerai pas à cet usage; je formulerai mon opinion à l'avance, et du point de vue où je me serai placé, j'examinerai les formes diverses sous lesquelles s'est produit le Vita- Msme. Si cette manière de procéder ne témoigne pas d'une modestie parfaite, elle anijonce une conviction bien prononcée : or, il faut être convaincu pour enseigner avec fruit.

« Et d'abord, ie suppose aue ceux de vous y qui ont prêté à la dernière leçon une atten- u tion réfléchie se demandent en quoi le Vitattsme diffère des explications où, dans le corps supf»osé inerte, on fait intervenir un principe animateur; enquoi le principe vital se distingue de l'archée de Van Heiraont, de l'âme deStahl ou delà nature d'Hippocrate; et si on n'a pas reproduit ^e vieilles doctrines sous des expressions nouvelles? Je répondrai que la critique que cette question implique est fondée, si on veut donner au principe vital une existence qui lui soit prof)re, au lieu d'en faire simplement un mode du corps humain. Si , par propriétés vitales^ on entend désigner des êtres surajoutés, pour ainsi dire, à nos organes, si on les considère comme des agents qui donnent l'impulsion à la matière organisée , on tombe dans la même faute que plusieurs de nos devanciers, et j'oserai dire qu'on est animiste sans le savoir. II y aura pourtant cette difl*érence entre le principe vital et quelques-unes des abstractions personnifiées dont je vous ai entretenus, entre le principe vital et l'archée de Van Helmont par exemple, que le premier sera beaucoup plus habile, plus savant que le second , plus sage dans ses opérations, parce que les phénomènes ou les lois que cette abstraction personnifiée représente auront mieux été étudiés par les vilalistes que par les partisans de l'archée. Entre les premiers et les sectateurs de Stahl , il y aura cette nouvelle différence qu'ils auront distingué de l'âme leur principe vital, distinction que Stahl n'avait pas faite, puisqu'il confiait à la direction suprême de l'âme toutes les opérations du corps , y compris môme la formation de ce corps , produit de Vanima structrix.

a Je pense que la doctrine des propriétés vitales, envisagée comme je viens de le dire, ne peut que nuire aux progrès de la physiologie et de la pratique médicale. Je soutiens qu'il y a là plus qu'une dispute de mots, car après avoir personnifié le principe vital, il est tout naturel de croire à ses maladies, comme Van Helmont croyait aux affections morales de son archée, et" Ton oublie ainsi la considération des organes malades. Un

homme est frappé d'hémiplégie; direz-tous: Voilà la sensibilité^ la contractilili^ qui sont affaiblies, malades; occupons-nous de ranimer ces propriétés? Non. Vous dim au contraire : Cet homme est atteint A'm hémorrhagie cérébrale, visons à obtenir li résorption du sang épanché.

« Comment faut-il donc entendre le Tiu> lisme ? Voici ma profession de foi à cti égard.

«I Si on veut se borner à dire qu^tm orra. aement particulier delà matière^ tetqutnum le voyons dans les êtres organisés^ ah pnpriété de donner naissance à des phénomm que ni la chimie^ ni la physique^ ni (i tà^ niquCf ne nous expliquent complètement dm Fétat actuel de nos connaissances, je reconnaîtrai, je proclamerai cette propriété te êlres vivants ; je lui donnerai même, siTon

tient, le nom de propriété fJiïo/e, quoique e nom de propriété organique lui eût mieui convenu, et j'admettrai que la logigueaulûrise à créer autant de ces propriétés qu'il y a dans l'organisme d'actes élémentaires, irréductibles les uns dans les autres»

« Développons ces propositions

« La première a pour base TactiTilédela matière en général et de celle des êtres organisés en particulier.

« En voyant une masse minérale repose immobile sur le sol qui lui sert de su|»port, et ne se déplacer gue sous Tinfluencc a une impulsion mécanique venant de l'exlérieur et appliquée à celte masse, on a pu supposer et professer que la matière est eonipl^ tement inerte. Mais cette doctrine se foode 5ur une notion incomplète des conditions do fait qu'on a pris pour exemple : loin que h matière soit inerte, elle est conslamraenl agissante. Si un bloc minéral reste fii<?sJr le sol, c'est en vertu d'une action consUole qui l'entraîne vers le centre de la terre; si les molécules qui le composent ne se d^grégent pas,c'est qu'elles exercent aussi uiw action continuelle d'attraction et de cohésion à l'égard les unes des autres. Lors^up» mêlant deux dissolutions salines, ou toiI li liqueur se troubler h l'instant et un précipité se déposer au fond du vase, peut-oc méconnaître que la matière ail éléaçssaDie dans la double décomposition qui vient uf se produire? On peut donc considérer les corps comme ajjant dans leur coroposiiioa matérielle la raison suflîsante des phénomcnés auxquels ils donnent naissance.

« Mais, dira-t-on, dans les êtres organisa» les phénomènes sont si différents de ceoi de la matière brute, qu'il faut bien admelt" chez eux l'existence d'un agent spécial. Cejw objection n'est pas embarrassante. 5iJ«| phénomènes offrent un caractère sféc\« dans les êtres organisés, c'est quêteurs»tière composante n'est pas combinée cmd^ dans les corps bruts. Ou voyez-?ousdaosi« règne minéral un pareil mélange d'hnœPiTJ et de solides ? où voyez-vous la matièn;^^^ née h l'état de principes immédiats^ d»^ meurs, de tissus^ d'organes et d'fl/P^*^?. d'organes? Les propriétés changent arec i«ï

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POISSONS , EÏC

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combinaisons, cfest là nne notion Tulgaire en cbimte. Le soufre a certaines propriéi 's, l'oxygène en a d'amres ; ils les perdent tous U-s deux pour en acquérir de nouvelles lorsqu'ils sont combinés ensemble, et ces nouvelles propriétés seront encore différentes suÎTant que la proportion de ces deux éléments aura donné naissance à Tacide sulfu* ou à Tacide suIfurique.Esl-iJ donc déisoDoable d'attendre de oouyelles propriétés et de nouveaux phénomènes lorsque roxj-gène, le soufre, le carbone, Tazote et le phosphore, se seront unis pour donner nais^ saace a de Taibumine ou de la fibrine, qui eotrefx>nt à leur tour dans Tagrégat composé qa*on nomme organisation 7

« Ceci posé, voyons à quels caractères nous reconnaîtrons une propriété vitale ou mieux organique (1), et ce qui pourra légitimer la création de telle ou telle force ou propriété. Lorsque, rapportant les faits parlicoliers des êtres organisés à des faits plus géoéraux, et ceux-ci à des faits plus généraux encore, nous arrivons à un dernier terme de généralisation au delà duquel nous Be pouvons nous élever, lorsque nous constatons que, pour te momerUy ce faii^-principe ne s^explique ni par la chimie, ni par la mécanique, alors nous Tattribuons à une force inhérente à Torganisalion. Nous pouvons créer un mot pour la désigner, mais ce mot ne doit être qu*une formule abréviative propre h faciliter le langage, et ne point impli- Îuer l'idée d'un être, d'un agent spécial, eut-être les mots principe titaly propriété zitale^ ont-ils Tinconvénient, vu Ja disposition de notre esprit, de nous porter è personnifier les facultés ; ils en ont encore un autre, et nous en aurons la preuve : c'est de supposer pour toujours l'irréductibilité du phénomène aux lois de la physique générale.

« La grande difHculté consiste ici dans la jétenuination des propriétés primitives ou faits 1 rimordiaux, car on couf t le risque de trop ffloitiplier les forces ou de trop en réduire le nombre.

€ Si je ne me trompe, je vous ai mis à même d'entendre avec fruit l'énoncé des doctrines du Vilalisme, et d'en faire vousmême l'appréciation. Passons donc à cette partie descriptive et critique.

« Les premiers rudiments du Vitalisme 'entendu comme nous l'avons dit), ne remontent pas au delà du milieu du xvji* tiède ; c'est dans les ouvrages de Glisson, [>rofesseur à l'Université de Cambridge, qu'il faut les rechercher, et il est véritablement remarquable que cet auteur soit entré dans cette voie à une époque où l'on était si engoué de mécanisme et où ou se ruait dans l'application des formules mathématiques aux actes de la vie.

t Le litre de son grand ouvrage, Trmet»- (tu de natura subsîantim energetica^ prouve

(I) < Par lé mm orpniqoe, je n*entend8 pM déslfoer les vropriéiéê de îiuu de Bicbat, ni la (wce «orffdfcttaUor.

qu'il croyait \ l'activité de la odatière. Il constate dans un autre travail que la substance des animaux vivants, irritée, réagit et se contracte. 11 déclare alors que cette propriété, désignée par lui sous le nom d'irntabiliié^ n'a aucun rapport avec les mouvements physiques ou chimiques; il la présente comme un acte priDM>rdiai, auquel il faut rapporter tous les autres actes des fonctions. Il étudie bien les impressions en vertu desquelles les fibres sont excitées à se mouvoir. Oïl a peine à concevoir qu'une doctrine où il y avait tant de vrai ait pu être négligée, à ce point qu'elle était communément tombée dans l'oubli vers le milieu du xvui' siècle. Ondoit reprocher à Glisson d'avoir doué toutes les parties du corps de son irritabi^ lilé^ et d'y avoir même (ait participer les os ei les humeurs.

« Beilini a aJmis une forc^ c^ntruetiU naturelle, en vertu de laquelle la fibre excitée par des matières acres cherche à se lil)érer du malaise qu'elle éprouve. 11 avait déduit de cette création une théorie de rinflammation et de plusieurs autres phénomènes pathologiques. Mais il est arnvé là hy|K)thé(iquement, sans expériences éUrectês, et n'a point distingué sa contractilité des simples

B'opriéiés de tissu auxquelles nous verrons aller donner le nom de forc& morte.

« Gorter tombe dans Je même vice. Sa force vitale, wis vitaliâ^ est commune à toutes les parties du corps.

« Stabl, quoique promoteur do l'animisme^ avait oependaut reconnu que, dans l'exer* cice des fonctions, nos parties étaient lo siège de mouvements obscurs et alternatifa de resserrement et d'expansion. I! avait rapporté ces mouvements à uoepropriéié spéciale de la maiiire citante, qu il avait nommée toniciié; et certes, celte faculté, qu'il ne faut pas confondre avec la contraction musculaire, existe dans nos tissus. Mais StahT eut le tort de la mettre sou$ la dépendance directe de Tàme.

« Jusqu'ici nous ne voyons pas la doctrine du Vitalisme prendre rang dans la science ', mais Haller, qui n'a jamais, que je sache, prononcé le mot de Vitalisme, et (ce qui n'esT guère connu peut-être ), n'avait pas voulu

Îu*on donnât à son irritabilité le nom de ^rce vitale, va cependant par ses travaux jeter les fondements du Vilalisme.

c Au lieu d'une seule propriété, Hailffl* en admet deux, savoir : i'trrt^iTi/^, qu'il n'entendit pas à la manière de Glisson, et la lensibilité. L'immense influence qu'eurent les idées de Haller sur la physiologie et même sur la pratique médicale, le nombre extraordinaire d'expériences dont il l'appuya ( on n'en trouve pas moins de cinq cent soixantesept décrites dans son iournal, et il en a passé sous silence un plus ^rand nombre ), exigent que nous nous arrêtions un instant sur sa doctrine.

« Les expériences à l'aide desquelles Haller étudiait l'irrilabilité et la sensibilité dans les diverses parties du corps consislaieul à dénuder exacleuient ces pariiesi après quoj

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