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lôculaires d'absorption, do sécrétion, de nuniliop, dérivent de la smnibilUi organiaue et (Jo U coHfractiliié organique in$ensible. Chaque petit tube excréteur, chaque vaisseau sbsorbant, a sa sensibilité en rapport avec tel liquide, et non avec tel autre: roilè pourquoi i) admat le premier et repousse lo second. Que si ces propriétés sont eialtées, dioiinuées ou perv^rlles, on verra naître rinflamt^ationt lâS diverses espèces d'altérations organiques , les hydro-
j»i$ies, sic*
« h vous lavoiierai » lorsque, è Page de viugi an6| m)urri de la lecture des ouvrages de fiicbai, qui étaient presque les seuls que j'eusse en ma possession, ja vis attaquer ru(^e (lûctrina si séduisante des propriétés t'i/tf<eiJ'é|)rouvai le désappointement qui doit cuivre la perte des croyances les plus cbèrd#. Is jugement que j'en vais porter aujourd'hui vous prouvera que le temps a bien modifié mes opinions à cet égard«
« Plusieurs passagi^s de pe( auteur at la première phrase que je lui ii empruntée lustilient le reproche qui lui a éié tait, depuis sa morti d'avoir en quelque sorte per- •ùimifié les propriétés vitales , bien que j*die de I9 répugnance à croire qu*il en ait Uni de véritables êtres. S'il eût vécu, il eût été obligé de s'en expliquer. Mais je lui reprocherai surtout d'avoir créé une ^emibi- Ufi organique et une contractiliié organique inseu^lùU, pour désijjner des phénomènes []ui oe sont rieu moins que démontrés. Où Biol^at fli'l-i' fourni la preuve que l'absorp- ;jou, îa séoréliou, U nutrition, sont le résultai d^ celte sensibilité, et s'opèrent plu- 61 de cette façon que de tout autre? A-trii iouné la moindre démonstration à Tappui le sa conirgctilUé organiquf insen§ilfle qui te tombe pas sous le j^ens?
a \)ais jpne reprocherai pas seulement à tichat d*avojr créé des propriétés pour lésigner des jaits problématiques, j'ohjecteai encore à sa doctrine de ne comprendre [u'uue partie des phénomènes élémentaires esétres vivants.ll y arerlainementdes9rtps riuiitifs qui ne rentrent ni da^$ la eenfibi- Uéni dans ta contraciilité organique in^pnible. Que la première fasse seuiir le ^0ict Mu Mquide nutritif^ que la seconda le lette en mouvement, tou( cela n'expliuera pas la formation organique, I4 nutri- 011, la création des tissus.
« (Jri de mes collègues, M. le professeur erdy, a porté beaucoup plus loin que ses rédecesseurs l'analyse des phénomènes L' i;^ vie. et il n'admet pas moins de 18 rpi>riéiés vitales, c'est-i^-dire 18 genres î phénomènes irréductibles aux lois de
physique et irréductibles les uns dans s autres. M. Gerdy s*est borné à les énuér^r dans sa physiologie, et il n'eu a éiue nommé nue dii-^ept. En transcriint cette liste, j y ajouterai \xu petit comexitairt^ explicatif lorsque C8I4 me paraîtra JcessaKC* ^a n*est poin( pour satisfaire une exigenpe en queluue sorte scolas- 4UQ gue j'énumère ici les 17 propriétés
vitales admises par M. fierdy; j'y vois ua moyen de vous initier de |uus eu plus à la détermination des actes élémentaires de l'organisme.
« Les propriétés dont il s'agit sont i
« l"* La faeuHi bu propriété de sentir,
n ^ La faculté de transmission sensoriale. Ici, vous voyez U. Gerdy décomposer la sensation, et prendre à part, et comme phénomène simple, l'action du nerf oui transmet l'impression.
9i ^ La faculté de perception. Par suite de la décomposition de la sensation, l'auteur Hait encore un aota spécial de la peroeption, êi la rattache en conséqueoee à une propriété vitale.
<c 4* La faculté d'éprouver tes émotions de rame. Ceci touche à l'action des centres perveux en ce qui concerne rinlelligence et ta volonté.
« 5* La faculté ou propriété d'innervatiofi» Quand la volonté a décidé un mouvement, le nerf interposé au cerveau et au musi-le transmet une excitation qui fait contracter celui-ci. C'est là un acte d'innervation. Les nerfs transmettent encore d'autres excitalions.
«6* La eontractilité
« 1* Lexpansibilité active des organes. Si, en eifet, le sang n'est pas retenu dans les corps éreetiles par une cause mécanique, comme serait, par exemple, une pression exercée sur les veines des tissus éreetiles par les muscles voisins, l'érection sera un fdiénomène simple et qu'on ne pourra rapporter à aucune autre proj^riété. Déjà nous avons vu Barlhez admettre Télongation ou expansibilité iÏQS parties; mais Veaspansibilitéy envisagée comme propriété vitale, a été surtout l'obj ^1 des recherches de Hod^e, de Philadelphie, qui a publié h ce sujet un long mémoire dans l'ancien Journal du progrès des sciences médicales^ et ce mot s'applique, d'at^ès lui, à des ptiénomènes d'un autre ordre que ceux qui or^t fixé l'atieiition de Barfhez et de IL Gerdy : le premier ayant surtout pensé à Télongation des muscles, de l'iris ou des tissus érecHies: le second, h l'expansion des tissus éreetiles s ulemenl. M. Uodge cite l'expansion de l'uti^rus rempli du produit de la oonception, lexpansion des seins quand va venir la lactation, et celle de tout organe qui devient un centre d'ac tivité. L'afllux du sang est à ses yeux une conséquence et non une cause de l'expansion.
a S"* La faculté d'absorption. C'est vous dire que Si. Gerdy ne se C4»ntente pas de Tendosmose et de Timbibition pour expliquer les absorptions.
a 9* La faculté de sécrétion.
« 10* La faculté d^ assimilation. Déjà Dumas avait étudié, sous ce nom, la faculté qu'out^os parties d'asso: ier tout à la fuis à leur matière composante e| à leur vie une portion des sucs nourriciers que la circulation leur apporte incessamment.
« 11* La faculté de décomposition nutri* tive. On pense généralement que dans la nutrition il y a deux raouvemenu, l'un de
iS51
VIT
REPTILES
VIT
la
composition , Tautre de décompositioa. Ce dernier se rattacherait aussi à une propriété vitale.
« 12* Faculté de calorificcUion. Déjà Chaussier avait créé la faculté de calorictté.
« 13^ Faculté de fécondation.
« ik* Faculté d'animation. Cette propriété serait départie au germe, qui donnerait la vie aux sucs qui servent à sou développement.
<c 15* Faculté de l'accroissement.
« Parmi les propriétés vitales dont l'admission a été proposée à diverses époques, j'en trouve deux qui ont plus ou moins de rapport avec les facultés de féconda- /ton, (ïanimation et d'accroissement. Lorsque W^olff, le célèbre antagoniste de Haller, essaya de faire prévaloir l'épigenèse sur l'évolution, il attribua la formation du corps et de chacune de ses parties à une force qu'il nomma force essentielle, m essentialis; cette force remplaçait Yanima structrix de Stahl. Plus récemment, Blumenbacb attribua toutes les actions formatrices à une force qu'il désigna sous le nom de nisus formativus.
n 16* Faculté de résistance vitale à la putréfaction. La force de résistance vitale est une des quatre propriétés vitales admises par Dumas (de Montpellier). Cette force em-
Eècherait la décomposition chimique de nos umeurs et de nos tissus, qui naturellement sont très-altérables, et, d'après les idées de Dumas, elle protégerait aussi contre la rupture les muscles contractés.
« 17* Faculté d'étectrificalion^ c'est-à-dire de produire de l'électricité.
« Où est d'abord un peu surpris de cette longue énumération de propriétés vitales ; mais M. Gerdy la justifie ainsi : « Les an- « ciens, dit-il, n'avaient que quatre éléments, « la terre, TeaUyl'air et le feu ; aujourd'hui les <( chimistes en ont cinquante-quatre (il fau- « drait actuellement dire soixante et un). Leur « en ferez-vous un reproche? et pourquoi me <c reprocherait-on d'avoir montré qu'il y a plus « dé propriétés vitales que n'en ont vu ceux < qui n'admettent que la sensibilité et la con- « tractilité? )» Cela est certainement très-lo-
E'que; mais voyez où conduit cette inflexible Çique. Si nous voulons créer une pro- Snété vitale pour chaque acte simple bien iiférent de tout autre, le nombre de ces propriétés ne sera plus de dix-sept, il sera presque infini. Sentir la lumière et sentir un son, sentir une saveur et sentir le chaud ou le froid, sont choses différentes. Sécréter la bile diffère de sécréter le lait; la nutrition du muscle diffère de la nutrition de l'os, etc. Ainsi, les propriétés admises par M. Gerdy seraient, comme il en fait l'aveu lui-même, des genres qui comprendraient chacun plusieurs espèces. N'est-ce pas se créer ^plaisir des diificullés que de vouloir instituer autant de propriétés vitales qu'il y a dans l'organisme d'actes différents les uns des autres et que les lois de la matière brute n'expliquent pas?
« On sera plus effrayé encore, si Ion con-
sidère que la nomenclature dont ou Tient de faire l'exposé ne comprend pas tuotes te propriétés vitales reconnues jmsnm parÂtférents auteurs. Déjk j'en ai intercalé plu. sieurs, et il y en a d'autres encore : par exemple, Vincttabilitét qui avait déjà joué m si grand rôle dans la doctrine de Brown, et que l'on désigne aujourd'hui comme la propriété en vertu de laquelle nos parties subissent toutes l'influence des agents proreoint du monde extérieur ; les changements moléculaires qui constituent le mouvement d« la vie. Tiedemann formule d'ooe manière plus large et plus claire la compréhensioa du mot excitabilité, qu'il substitue à Ptintabilitéde Brov^n : «C'est, dit-il, la propriété « ou faculté dévolue à tous les corps viraots, c( animaux et végétaux, à toutes leurs parties, « et même déjà à leurs germes, de sernootrer (c impressionables par les agents ou inflneDces <c du dehors, ainsi que par les eidlatloos « au'eux-mômes produisent, et de se laisser « déterminer par ces influences et ces eidUc( tions à des manifestations d'action et da « changements continuas. » Tiedemann ne fait cependant point une propriété foodimentale de son excitabilité, et, comme s'il avait voulu nous prouver que les meiileofs esprits peuvent s'entortiller dans ces distinctions de propriétés vitales, il regarde » propriété d'excitabilité Qomxn^ un effet de la propriété de plasticité. Ne serait-il pas |4ds simple de dire que quand nos organes oe sont pas réparés par les aliments, ils perdent de leur aptitude à agir ou à réagir!
<c Quelques physiologistes ont proposé de reconnaître aux globules du sang une fnpriété de mouvement spontané.
« Blumenbach a inventé une propriété
au'il nomme vita propria, et avec iaqueite explique sans embarras les particularités d'action de certaines parties du corps, le mouvement de l'iris, par exem()le!
« Plus j'y pense et plus je suis convaincu
aue le langage de la science ne perdrait rien e sa clarté, ni l'analyse des phénomènes de la vie de sa rigueur, si on supprimait la plupart des dénominations que le Vitalisme i introduites en physioloçe. Sans doute il faut conserver les expressions qui résumenl certains faits très-genéralement reproduits dans l'économie, il faut les conserver à titre de formule abréviative et comme expriajiot le dernier effort de généralisation relatirement à cet ordre de foits; mais il nefaui pas multiplier sans besoin ces dénomin^ tions, et en créer, pour ainsi dire, autant qu'il y a de faits spéciaux dans rorganism^ « Je dois vous prémunir contre ime ûfl^ que plusieurs médecins ont commise et qu* M. Gerdy leur a très -judicieusement re-
Î)rochée. 11 ne faut pas que vous confondiei a propriété avec \a fonction, hfaeuUédùifr avec V action; la sensibilité, qm n'est que» propriété d'éprouver des .sensations, ajj^ l'action de sentir, qui est la sensation mmôme ; la contracttlité avec la conlroc^^ Un muscle vivant et sain jouit toujoursde« contractilité, mais il n'est pas touyours ^
VIT
POISSONS, ETC
VIT
contraction. Dire que la sensibilité est une foDclion du système nerveux, c'est tenir un langage peu sévère. La sensibilité est une propriété et non une fonction du système nerveux.
«Comment donc analyserons-nous Iesphé« nomènes de la vie? Le voici :
« En faisant Tétude d'une fonction, nous la décomposerons en ses actes simples ou élémentaires. Or, dans cette décomposition, nous trouverons deux ordres de pnénomènés :
« 1* Ceux qui sont réductibles aux lois de la physique générale : alors nous les expliquons, suivant les cas, par nos connaissances en physique, en mécanique, en chimie, en hydraulique, etc. ;
« T Ceux qui , dans Vétai actuel de la icience^ sont irréductibles aux lois de la physique générale. Pour ceux-K^i, nous constatons le fait, nous recherchons, autant que possible, la condition organique h laquelle il est lié, puisque nous le considérons comme un produit de Torganisation, et nous ne nous croyons pas ooligés de placer ici le nom d'une proprW^ vitale; car nousy voyons Jeux inconvénients : le premier, de donner h penser que cette propriété appartient à l'abstraction vte, qu'elle dépend de quelque chose qui n'est pas l'organisation et qu ou nommerait principe vital; le second, de préjuger pour toujours l'irréductibilité du pbé- [lumène aux lois de la physique ou de la ^himie. Or, je suis convaincu que dans cette ongue liste de propriétés vitales, il en est ]ui s'appliquent à des actes parfaitement éductibles aux lois qui régissent la matière )rute.
a Par exemple, je ne puis consentir à faire le la caloriQcation ou caloricité une propriété vitale. Le calorique ne peut être en- :endré dans le corps, comme partout ail- Hurs, que par un procédé physique ou chilique; et quand on considère qu il y a bien videmment combustion de carbone et même /hydrogène dans les espèces qui fontle plus e chaleur, comment recourir à une proriété vitale? J'aimerais autant mettre une ropriété vitale pour le dégagement de l'aide carbonique; car c'est un phénomène ussi constant, aussi réglé, que le dégagelent de chaleur auquel il est lié. La ealori'' 'té ou calorijication et la sensibilité ne peusnt être rangées dans le même groupe de ropriétés ; car, tous les jours, la matière ru te engendre ou dégage du calorique, indis que nulle part elle ne fait acte de senhUité.
m La même objection critique s'applique à 1 propriété délectrifLcationj et je l'opposelis aussi à la propriété d'être phosphoresmtj si on en avait fait une propriété vile.
« Je n'accepte pas non plus la propriété de isistance vitale à la putréfaction. Ce n'est ss là un phénomène primitif; c'est une >nséquence d'autres phénomènes, une con- Kjuence du mouvement nutritif et de la étanoorphose organique.
ce La propriété vitale d'absorption me pa it aussi fortement compromise par loi cherches sur l'imbibition et suri endos-
rait recherches
mose.
« Une considération fort judicieuse de M. Ghevreul sur le sujet qui nous occupe se placera ici fort à propos.
« Après avoir constaté que le bleu de Prusse se décolore à la lumière, et qu'il reprend sa teinte foncée dans l'obscurité, s'il y a le contact de l'oxygène, il dit :
« Supposons qu'un être organisé contienne « du bleu de Prusse dans un liquide faisant « fonction de sève ou de sanç : que ce li- « quide passe dans un tissu où il soit exposé « a la lumière, il se décolorera; puis passant « ailleurs, loin de la lumière, mais exposé <c à l'oxygène, il se colorera de nouTeau. Un <c ignorant en chimie pourra appeler cela un « phénomène vitale et cependant c'est purece ment chimique. »
« Je reviens à l'analyse des phénomènes de la vie. J'ai dit que nous les rapporterions à deux classes : ceux que la physique générale explique, ceux qu'elle n'expaque pas. Je vais donner des exemples des uns et des autres.
«( 1** Plusieurs de nos tissus coopèrent aux fonctions qui leur sont départies par la propriété toute physique quon nomme ^£i#^tcité. Des phénomènes curieux sont liés à l'élasticité des voies aériennes; les li^ments iaunes, la membrane moyenne des vaisseaux, le ligament cervical postérieur des animaux, celui qui se fixe à l'ongle rétractile des animaux du genre /e/t5, jouissent k un haut degré de l'élasticité. Dans la décomposition d'une fonction en ses phénomènes élémentaires, il nous arrivera donc de rencontrer des phénomènes d'élasticité; vous comprenez qu'ils seront examinés alors avec plus de détails.
ft 2° Nous rencontrerons aussi des phénomènes de pesanteur. A la vérité, la station, la projection du sang vers les parties supérieures, l'ascension de la sève, nous montrent que les êtres organisés luttent avec avantage contre les effets de la pesanteur. Mais on ne peut méconnaître l'influence de cette force physique dans la stase accidentelle du sang aux veines des membres inférieurs, dans la disparition complète du relief de cet ordre de vaisseaux sur une main 3ue l'on tient élevée, dans l'affaissement es fibro-cartilages intervertébraux à la fin de la journée, dans la rouseur et la turgescence de la face lorsque la tète est tenue plus basse que le tronc, dans la tuméfaction qui survient à la membrane pituitaire du côté sur lequel le décubitus a été prolongé, dans la' syncope qui frappe une personne faible tenue sur son séant, et qui cesse par le retour à la position horizontale, etc. Le physiologiste ne devra donc pas méconnaître que la force de la pesanteur tantôt s'additionnera, tantôt, au contraire, fera obstacle è la force impulsive que les liquides ont reçue de nos organes.
« 3" Quoique on soit tombé dans des exa
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ftErtltÈS,
Vit
Î;érilioos Kdicules en applitJtlSnt Thydrauiqufe à la circulation, à Taide dU calfcal, cette partie de ta physique ribufe dlfte cependant plusieurs lois applicables à nos vaisseaux, r*t enire entres celle-ci, ctUë quand un liquide coule à plein tuyriuj Sort cdu^s sera ralenti dans les parties élargies de t^ tUyauj puisqu'une môttie quantité de fcè ltt|uidë tratersë en un temps donné les diverses sections du tube diins lequel il circule. Ainsl^ nous trouveh)tls des phénomènes d'hydraulique.
« 4* Je n'ai pas besoin dé vous dire qufe les milieu! de l'œil modifient la marche de la lumière» en raison de leu^ figure, leur densité, leur combuslibililé. Nous trouve^ rons donc des phénomènes de diofilHque.
« ô* Nous trouverons aussi, dans Tappareil de Touïe, des parties propres à transmettre, à réfléchir, h étendre ou à renforcer le son, suivant les circonstances.
« 6" Les expériences des modernes ne permettent plus de douter que le corps de 1 homme ne soit susceptible de se refroidir par les mêmes causes qui empêcheraient l'élévation de température dans un corps inorganique ou un cadavre, c'est-à-dire par Kévdporation des liquides par le [loumon et la peau.
« 7* 8i j'ai rejeté la théorie chimique comme explication générale, je n'ai point eu en vue de nier que, dans notre économiej beaucotip d'opérations ne se fissent suivant les lois des afiTuiités ordinaires. La digestion, la resfiiration, nous en fourniront (ies exemples remarquables;
« 8" L'action tonte physique d'imbibition, Tendosioose et Telosmose, nous expliqueroUl toutes les absorptions éventuelles, la pénétration des boissods et des jioisohâ dans l'économie.
« Ces exemples sufiiront pour vou$ faire fmprécier la part des forces physiques et chimiques dans la production des actes des êtres vivants ; ceUe part est si large^ aue plusieurs savants en ont fait l'objet d un enseignenïent ou de traités spéciaux.
« Citons oiaintertattl Quelques phénomènes primitifs, que ni la physique ni la shimie ne peuvent nous expliquer (Jtujour' iVhui,
« 1" L'action puissante par laquelle la fibre musculaire se resserre et devient ainsi l'agent de presque tous nos mouvements apf)réciables ne me parait pas réductible aux ois de la matière inorganique. Je combattrai, en tertips convenable, l'explication qu'on a voulli donner de cette contraction
t^ar des courants électriques parallèles dans es nerfs qui animent les muscles. Quant à la prétention de rapporter celte contraction à [étasticUét elle est encore moins soûlenable.
« 2' Je n'attribue pas même h l'élasticité ( elte contraction moins évidente, mais réelle, I ar laquelle un vaisseau acconunode son calibre' au volume de la petite colonne de sang qui le parcourt, surtout chez un animal qui a épreuve une hémorrhagie ; à cette contrac-
tion tonique de presque tous nos tissus srjs rihfluence du froid et des styptl^ues, ctintraction (Jd on ne j)eUt conipat^er au resç^rrotneht des corps pdr la sousthcliott du calorique, car elle ne se montre pas sur lecâdavré. Je la regc1^dë en conséquence cnmrae un acte organique élémentaire, distinct de la cdnirdctiori musculaire.
« 9* Les tissUs et les bdrtlèUft de? êtres viVàtltâ sont le résultât d'urië adtlbi formatficë Spéciale dont la chirnie n'est [idint parvenue à reproduire les résultais.
« >* Je regardé surtout comme irréJuclible (aujourd'hui au moins) àhx lois de la physique, de la chimie et de la tnétatiictue, l'action nerveuse, soit que,s'exerçantde la périphérie au cc^ntre, elle mette parla sensation r«lnimal eh rapport avec ce qui l'entolire ; soit que, s'eterçant du celllre ii la périphérie , elle shscite les hiouteriieals niusculaihes et présidé aux divéri^s élab»rations hutritives; soit, enfin, ubc le etrveau prête soh assistance à ce^ actes intrrmédiairës;aux sensîitioris et aux mouroiBents mufeculalrt;^, actes les plus élevé:? de Ite nisme, actes dont la portée Chez l'homniea placé cet être à la tête de la fcréation:je Veiix parler des actes intellectuels et raoraui, dont je ne puis encore reconnaître Jii rau«e prochaine dans les courants électriques, bien (ju'Un auteur moderne ait affirme que les choses ne se passent point atitremeni.
ff Une dernière remarque sur l'aaah^e des phénomènes et des propriétés des êlm titrants. Une personne étrangère à l'étude de l'organisation, maisqul sait cependant qu'elle respire, qu'elle digère, qu'elle marche, quVUe parle, etc., serait vraisemblablement éioinée de ne pbint voir figurer, sur celte longue liste dés propriétés deà anioiauî, la propriété de rpâpirèr, 1.1 propriété o\i f^nlté dt! digérer^ la faculté de marcher, la /lir»W déparier. Je dis à dessein que ce\é ponm étortnerune personne étrangère à l'étude de l'oiganisalioti ; car je suis convairiea que des étudiants en raédecitïe ti'ont j^as besoin qu'on leur explique que ¥eipirtr, éiiértr, marcher et parler j sont des actions coœpl^^^^ ou composées^ et non des actes simples, el qu'elles tiennent à des facultés compleie5 ou composées. Dans la seule actltin de parler* il y a, par exemple, dne intertènlioB «m cerveau qhl Aie la valeur des n)CHS;«fl ^^ d'innervation qui fait contracter les muscles du larynx et quelques muscles expiraieurs, des phénomènes physiques d'élasticité qw déterminent la vibration sonore de r.iireï puisé, ePc. Cette distinction entre les pn^ nomènes simples et les phénomènes eoniplexes de la vie a très-blert été établie daitf i/issai d'analtfêe des phénomêneidelarif.r blié en 1821, par M. GerdjT, dmshhum^ complémentaire du Dictionnaire des ^cicitr^ médicales,
« Conclusion relativement aux forces mctii'^' envisagées dans les êtres vivants tt U^ ^'^f* bruts,
« Nous ne connaissons les causes pr^w*"
iSSt
vit
POISSON* , Étt.
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rel de riert ; les i;ause$ p^emiè^es sont placées è (Otlt jamais au delà lie notre Intelli^ getice. Oti*êst-ce qu'une cftusfe pour nous ? CVst nn fait qui en préfcède un autfe et qui l»araliràTcrir occasionné. Supposez que noua sovons f)arTenu^ h décoUyHf uti fait précuN seîir des faits d'attracliort, ce ser'a pour nous h catise de l'attraction. Mais nous demanderons alors la cause de ce fait précUrseuf, la cause de la lèHUse, et tlouâ remontèhotis ainsi indéflnimeht satf^ jl<mals rien saisir. Telle est la tdU^tlU^ë irrésistible de notre es^ prit. Or, coitittient Oht procédé les génies qui ont flté la philosophie des'sciencesT l ne fois part enus au dernier fait expérimental pour un ordre de phénomènes, ils ont placé Ift un nom synon^tne de cause ou de force; mais ils n'ont f)Oint remonté ad delA, ft moîhs que Inexpérience ne les y autorisât. Et; par eiemple, ils n*onl point prononcé l'identité des fluides électrique, galrauique et n)aghélique, a?ant d'avoir obtenu a démonstratioh expérimentale de cette idenii('*. Np soyons pas plus audacioux qu'ils ne 'ont été, imitons plutôt leur circonspection. \ quels faits-principes arrivons-nous pouf <'S ôlres vivants? A des faits de sensibilité, le ronlractilité, de foroiation organique. >s faits ressemblent-ils à ceux d'attraction, le calorique, d'électricité; d'affinité chimime, tels que nous les connaissons? Non. ir, comme nous ne jugeons des forces que lar les effets, nous sommes autoHsés à dife, (isqu'à plus ample informé, que les forces c sont pas les mômes dans les deux rênes*
« Go qui existe au fond, je n'en sais rien: eut-être « s'il était possible de remonter 9né la filiation des causes, en partant de ntiraction, ou de l'électricité, d'un côté, de t coDtracti4ité et de la sensibilité, de l'autre, '« terrait-on converger vers une cause niqu^t crllë de l'univers? Mais cette cause uiqtie, il n'est donné sans doute qu'à une fule intelligence de la comprendre, et ce est f>as h une intelligence humaine. )» Dugës rejette aussi le Vitalisme et y subsue un agent nerveux analogue à l'agent ectro-tnagnétique. « Il est clair, dit-il, que Vilalisrae est plus scientifique, qu'il prénte la physiologie en un corps de science us régulier^ plus compacte que ne peut re Forganicistne ou solidisme de Biehat
autres } il oiTre également cet avantage, t'il empêche de se livrer au grossier ménismey au chimicisme tout hypothétique, i ont, à diverses reprises, envahi la phylloçie ; il force d'étudier Thomme et non
l'inventer, comme Descartes et autres jcJateura de systèmes a priori ; mais il a ilheureusemeht aUssi de |;rands désavan-
K Le premier, c'est d'être hors de la portée 9 intelligences communes, si l'on veut le iir dans des limites judicieuses; en effet, IIS l'arons dit plus haut, ne précisant aujeroent la nature, ni même 1 existence du iicipe vital, le vitaliste vrai ne le donne s comme une abstraction, une inconnue,
rx algébrique; or, il est peu commode de raisonUêt sur une base aussi tnétaphysique, et il rirrivê même souvent que ceux qui ont commencé par définir ainsi leur principe de vlê, finissent par le matérialiser (1), le traiter en êl^e distinct et fcneft réel ; ce sera métaphoriquement si l'on reut, mais dans les sciences on ddft êtfe sobre de métaphores, le figuré s'y confond trop aisémedl avec le propre. Vu second désavantage, qui n'est en partie que la conséquence du précédent » c'est que ce prihcipe tagne et sans attributs déterttiinés^ si une fois Fe^prit l'a personnifié, sert à l'explication de tous les nbénomènes vrais ou supposés, clairs ou obscurs, parce qu'on le doue, à voloUté, de toutes les qualités, qu'on le munit arbitrairement de tous les pouvoirs nécessaires ; mais, par cela même, on ne rend raison de rien d'une manière satisfaisante; tout dès lors dans Téconoraie s'opère cmnine par miracle, et sous l'influence d'un démon mystérieux. Dès lors aussi l'esprit s'arrête aux plus superficielles apparences, admet ^ans examen tous les fiiits, et n'approfondit aucun mécanisme, puisque tout ooit se dénouer par l'intervention d'une puissance eu quelque sorte surnaturelle, ou du moins au-dessus de notre intelligence. "^
« On évite à la fois et ces écarts et cette paresse de l'espHt en admettant, comme cause de la vie, un principe unique, mais détinif restreint et (ioiit les attriouts sont connus, sinon son essence. On n'en conserve pas moins les avantagés susdits, et l'ou donne de plus à l'intelligenue un substraiumf à la mémoire un point de repère* en même temps qU'orI empêche l'Imagination de s'égarer dans des créations tout arbitraires et sans circonscription positive. Telle est la doctrine qui rapporte à Vùgmi nerveux et à son influence, c'est-à-dire à Vinnervaiiont les lois de la vie, aussi bien que toutes les propriétés qui ne s'expliquent point par le seul fait d'un mode spécial d'organisation. Cet agent vital est l'équivalent des esprits, animaux, conception un peu trop matérielle de nos aïeux, du fluide nerveux de CuUen, de l'esprit d'animation de Darwin, et l'on peut donner aux partisans de cette doctrine le nom de nervi$te$. Cet agent n'est pas toutefois envisagé de la même manière par tous ceux qui l'admettent et le confondent avec Vagent nerveux; tous y voient un agent impondérable, mais idenliqtê€i pour les uns, analogue seulement, pourles autres, à l'agent électro-magnétique, tel que le manifestent les corps inorganiques : de là deux opinions qui peuvent constituer chacune une doctrine à part.
(1) c Cest ce qu'a fort bien reconou Tun des parlisans les plus zélés du Viialisiiie,le professeur Lordai, noire collègue à Mont^llier. IJnc pareille difficulté n*arrète point sans doiiie un esprit aussi exercé et d*une portée aussi haute que le sien, mais les sciences sont bien Assez vastes et assez diflSciles pour qu'on en rende les abords plus aisés aux néophytes, et qu'on épargne le travad, surtout le danger de Terreur, au& capacités ordiiiainM. i
YIT
REPTILES
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« En admettant ViderUité^ on a l'avantage, comme dans la théorie de la yie universeUe, de rattacher facilement l'un à Tautre tous les corps naturels, de n'en faire qu'une série et d'en réduire l'étude presque à une seule science ; c'est à peu près ainsi qu'un illustre zoologiste, Geoffroy Saint-Hilaire, a conçu l'ensemble de la nature, et en a formulé le principe et la loi générale sous les noms d'unité de composition organiqtie et d'attraction de soi pour soi» Telle est bien évidemment aussi la manière de voir de Prochaska et autres ; telle est la doctrine de la polarité très-ré|:)andue en Allemagne, etc., etc.
« Voici les arguments sur lesquels on peut appuyer cette opinion.
« l*" Le galvanisme établit, dans le mercure, des mouvements de translation ou courants circulaires ( SerrulasJ, ou des palpitations (Nobili), courants rort analogues a ceux que paraissent suivre les molécules constituantes et les globules du sang, lors de la formation du poulet et de l'établissement de la circulation (Delpech et Cosle), falpitations qui rappellent celles du cœur Geoffroy Saint-Hilaire ). 2* L'électricité de nos machines hAte singulièrement la germination et même la végétation; donc elle augmente l'activité vitale en augmentant la dose de l'agent qui la produit. 3* La rapidité de la transmission est la même pour les phénomènes électriques, et les phénomènes nerveux et vitaux. 4* Les causes d'excitation sont fort ressemblantes, les frictions, les percussions, les combinaisons chimiques, les contacts de matières hétérogènes, la chaleur, etc., mettent enjeu également l'électricité et l'agent vital. S** Plusieurs {)hénomènes directs se produisent égaleèment sous l'influence de l'un et l'autre agent, comme l'élévation de température, l'expansion, la décomposition de certains produits, la recomposition de certains autres. 6' L'électricité, appliquée au corps vivant, produit plusieurs effets qui semblent exclusivement sous la dépendance du système nerveux, les commotions, les contractions musculaires même des membres paralysés. 7" Sur le cadavre, l'électricité semble suppléer l'agent nerveux, soit en augmentant l'endosmose et l'exosmose (Dutrochet, Fodéré ), soit en faisant contracter les muscles (Galvani, etc. ). 8" Dutrochet a formé, sous l'influence d un courant galvanique, une sorte de fibre musculaire onduleusement contractée, dans line émulsion de jaune d'œuf ; et Wilson Philip a fait digérer des aliments dans l'estomac d'un animal dont on avait coupé les nerfs pneumo-gastriques, en remplaçant l'action de ces nerfs par celle d'un courant galvanique. 9** Ce qui est plus
I variant encore, c'est ce qu'on observe chez es poissons électriques, dont un organe Sarticulier produit une partie des plus évients effets de la machine électrique ou de la pile galvanique, et se trouve toutefois si 0\en sous la dépendance de l'innervation, (iue Ja section des nerfs qui s'y rendent, ou 1 ablation du cerveau, détruisent toute sa
fmlssance électrique. 10* Vassali-Eandi et Bol. ingeri ont constaté dans le sans, l'oriDe, b bile de divers animaux vertébrés, de Véleotricité libre, de manière à pouvoir déterminer, à l'aide de conducteurs, des GontractioQs dans une cuisse de Grenouille, il' Enfin, ï l'aide du galvanomètre, Donné a pu constiter, dans Te corps vivant (et Matteoci s'est assuré qu'il n'en était point ainsi pour le cadavre ), des courants électriques dlaot de la peau aux membranes muqueuses, du foie à 1 estomac; et déjà l'on avait expliqué Tefficacité de l'acupuncture par de semblables courants, mutuellement neutralisés, comme l'électricité atmosphérique par le paratoonerre.
a Aucun de ces arguments n'est susceptible de rester sans réponse ; les quatre premiers ne prouvent que de la ressemblance entre l'agent vital et l'électrique, et déiDOotrent, dans ce dernier, un puissant eicitafll du premier. Les commotions et les coqtractions musculaires prouvent aussi que Télectricité est un vigoureux slimulaotqai pénètre aisément, et traverse les ramificitions nerveuses et le système muscttiaire^ et qui peut y mettre en ieu une sensibiliti. une contractilité diminuées, mais non absolument éteintes ; car d'autres excitants ^ duisentdes effets seinblables dans les m^ circonstances. Volta, puis MarianniDÎ, ont observé que» quand une portion de Grenouille a cessé de contracter ses mascies par l'action d'un courant galvanique, elle exécute de vifs mouvements quand on éUblit le courant en sens inverse en changeant les deux pôles. En serait-il ainsi, dans le cas où l'électricité serait le véritable agent de ces mouvements n^usculaires 7 Qui ne voit, au contraire, qu'il n'y a là qu'un changemegl d'excitant ? Épuisés par un stimulant, les nerfs sont encore susceptibles de répondre à un excitant de nature différente, quelquil soit, chimique, mécanique ou pnjrsique.
L'endosmose est un phénomène presque tout physique, et où l^lectricité peutsup pléer, en effet, l'agent nerveux sans être nécessairement le même que lui. Inexpérience de Dutrochet ne parait pas être autre chose qu'une simple coagulation; celle de Wilson Philip a été répétée avec des modifications qui ont prouvé que la siowle im* tation mécanique du bout inférieur des nef6 coupés produisait le mdme effet que ^^e^ Iricilé appliquée à ces nerfs ( Breschet, lEIw Edwards et Vavasseur). Les expériences d« Vassali-Eandi, celles de Bellingeri, celles de Donné, ne prouvent point l'ideotité deFélectricité qu'ils ont découverte avec l'ageB' vital ; et il est à remarquer qu'en effet les courants observés par le dermer ne suireot nullement le trajet des nerfs. Les secooss^ que donne, dans les articulations, une décharge électrique, prouvent bien aussi (j«« c'est plutôt le long des os (conducteui^io* terrorapus par des surfaces arrondies) q» le fluide circule; et Person a constaté, 5»^ des Grenouilles, que le courant gal^f^iipj* suivait le trajet des chairs muscuitircs «e
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POISSONS, ETC
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E référence aux nerfs, quand celles-là lui of- -aient un plus court trajet que ceux-^ci. On a d'ailleurs vainement chercijé à constater Inexistence d'un courant électrique è travers les nerfs dans l'état de vie, bien qu'on l'ait reconnu (Nobili, contesté par Pouillet) dans les expériences galvaniques faites sur le «cadavre récent. Remarquez que, même dans le cadavre, l'aptitude des muscles à se contracter s'épuise et a besoin de quelque repos pour se réparer, ce qui ne devrait pas être, si le courant galvanique, qu'on établit et renoavelle à volonté, était la vraie cause effiri ente des contractions. Quant à l'état de vie, c'est vainement, nous venons de le dire, q u'on a cherché des signes d'électricité entre les deux bouts d'un nerf coupé et ensuite excité d'une manière quelconque. Person u'a obtenu de tentatives semblables, faites è l'aide du galvanomètre, que des résultats négatifs; Matteuci, qui crovait d'abord avoir, au contraire, obtenu des résultats afiirmatifs, a pias tard reconnu son erreur. Folchi avait cru observer des courants galvanicrues entre les substances grise et blanche de la moelle épiuière ; ces mêmes expériences, répétées el variées à l'aide du galvanomètre, par Esquirol et Leuret, ont prouvé que ces courants étaient tout à fait indépendants de l'action nerveuse, et du même genre que ceux dont il a été question plus haut (Donné). Knfin, si la singulière faculté des poissons électriques était uniquement un lait d'innervatiofi, elle devrait être bien plus générale qu'elle ne Test, et c'est dans le volumineux encéphale des Mammifères qu'on en devrait surtout observer les phénomènes : les premiers sont pourvus, au contraire, d'un organe spécial dont les fonctions sont en conséquence aussi toutes spéciales. Concluons de tout cela ou'il n y a pas identité, mais seulement analogie prochaine entre les deux agents qui viennent de nous occuper.
«c La conclusion qui termine le précédent paragraphe, savoir que l'agent vital ou nerveux est analoguty et non identiaue à l'électricité, est conforme à l'opinion de plusieurs savants distingués (1). Peut-être est-il vrai de dire, avec certains d'entre eux, qu'il n'en
(1^ < Il V a loin de cette analogie, admise par nous, h celle qu\int imaginée les parlisans du magnéti$me animal pour expliquer certains faits dont plusieurs ne sont que des effets de Timagination, analogues à la fascination des animaux faibles par les Serpents, les Chiens d'arrêt, etc., ou bien d éblouissement et de fatigue; le plus grand nombre el les plus miraculeux sans doute de ces faits doivent être mis au rans des fables, ou attribués au charlatanisme et à la fraude. L*ageni vital coercé, et nécessairement coercé, dans le système nerveux. Test, à plus forte raison, dans Tindivldu, et ne peut, comme Félectncité, passer de l'un à Tautre. En le supposant trans* missible .au contact, il ne pourrait transporter avec lui des sensations, des idées toutes faites, des notions complexes. Dans le même individu, il ne saurait ex-
f cliquer la transposition des sens, car ce n*est pas *ageut Vital qui sent, qui apprécie; il ne sert évidemment que de moyen d*action aux organes senfioriaux. »
est qu'une modification ( Lamarck, Cabanis, Sprengel), comme le galvanisme, le magnétisme, l'électricité du verre et de la résine^ ne sont que des modifications d'un même agent ; mais s'il faut en venir à reconnaître ici une modification toute spéciale, des lois toutes particulières, autant vaut considérer l'agent vital comme sui generis et seulement ressemblant à l'électrique, et ne se servir des notions que la science possède sur ce dernier, que pour éclairer analogiquement la manière d'agir du premier. Au reste, on ne doit attacher d'importance à cette théorie aue parce qu'elle se montre d'accord avec 1 interprétation la plus directe et la plus rationnelle des faits physiologiques, et Ton doit se tenir prêt à l'abandonner pour une meilleure, si quelque bon esprit en présente une plus claire à la fois et plus complètement applicable aux faits observables. Une rapide exposition, dans le ^enre de celle dont Cuvier a fait un des chapitres préliminaires de son règne animal, prouverait aisément aue du moins la doctrine à laquelle nous donnons la préférence peut rendre raison des principaux actes vitaux, en même temps qu'elle fait mieux comprendre l'unité de la vie et la coordination de ses' nombreux phénomènes chez les animaux supérieurs. »
VITELLDS. Yoy. Fonctions
VIVE, ou Tràghinb vive, Trachinus draco^ Lin. ; Trachinus vividus^ Lacép. — Genre de poisssons de l'ordre des Acanthoptérygiens, famille des Percoïdes.
Cet animal a été nommé Dragon marin dès le temps d'Aristote. Et comment n'aurait-il pas, en effet, réveillé l'idée du Dragon? Ses couleurs sont souvent brillantes et agréables à la vue ; il les anime par la viva* cité de ses mouvements ; il a, de plus, reçu le pouvoir terrible de causer des blessures cruelles par des armes pour ainsi dire inévitables. Une beauté peu commune et une puissance dangereuse n'ont-elles pas toujours été les caractères distinctifs des enchanteresses créées par l'antique mythologie, ainsi que des fées, auxquelles une poésie plus moderne a voulu donner le jour? Ne doivent-elles pas, lorsqu'elles se trouvent réunies, rappeler le sinistre pouvoir de ces êtres extraordinaires, retracer l'image de leurs ministres^, présenter surtout à l'imagination amie du merveilleux ce composé fantastique, mais imposant, de formes, de couleurs, d'armes, de qualités effrayantes, et douées cependant d'un attrait invincible, qui servant, sous le nom de Dragon ^ les complots ténébreux des magiciennes de tous les âges, au char desquelles on l'a attaché, ne répand l'épouvante qu'avec l'admiration, séduit avant de donner la mort, éblouit avant de consumer, enchante avant de détruire?
Et afin que cette même imagination Mt plus facilement entraînée au deik de l'intervalle qui sépare le Dragon de la fable de la Vive de la nature, n'a-t-on pas attribué à ce poisson un venin redoutable? ne s'est-ou pas plu à faire remarquer les brillantes cimi-
REPTILES
tit
leurs de sel yeux, dans lesquels on a voulu voi^ ^espleIldir, comme dans ceux du Dragon poélic|ue, tbtls lés fteui dès pierres les plus précieuses?
Il eh e§t cependant du Dragon inarirt corànle dU Dragon terrestre. Sort nom ft- Edeui se lie h dUmmortels souvenirs; mais è pëirtë TM-dn riperçli, quë toute idée de grandedi* s'évartouit; il ne lui reste nlus que quelques Mpports vagues avec la orillante chimère dont on lui a appliqué la fastueuse dénominalldn; et du volume gigahlesque qu'on étftit borté à lui attribuer, il se trouve tout d un coup réduit à de très-petites dimensions. Ce Dragon des diers, ou, pour taieut dire et pour éviter toute cause d'erreur, la Trachine vive, ne parvient, en etî'et, très-souvent, (ju*à la longueur de trois ou quatre décimètres.
Sa télé est comprimée et garnie dans plusieurs endroits de petites aspérités. Les yeux, rapprochés Tun de Tautre, ont la couleur et la vivacité de l'émeraude, avec Tiris jaune tacheté de noir. L'ouverture de la bouche est assez grande, la langue pointue ; et la mâchoire intérieure, qui est plus avancée que la supérieure, est armée, ainsi que cette dernière, de dents très-aiguës. La peau qui revêt Tanimal est couverte d'écailles arrondies, petites et faiblement attachées ; mais elle est si dure, qu'on peut écorcher une Trachine vive presque aussi facilement qu'une Murène Anguille. Il en est de même de l'Uranoscope Hat; et c'est une nouvelle Ressemblance entre la Vive et cet Uranoscope.
La ViVe habite non-seulement dans la Méditerrauée^ mais encore dans l'Océan. Elle se tient iresque toujours dans le sable, ne laissant larâitre qu'une partie de sa tète ; et elle a tant de facilité à creuser son petit asile dans le limon*, que lorsqu'on la prend et qu'on la laisse échapper, elle disparait eti un clin d'œil , et s'enfonce dans la vase. Lorsque la Vive est ainsi retirée dans le sable humide, elle n'en conserve pas raoihs la faculté de frapper autour d'elle avec force et promptitude par le moyen de ses aiguillon» et particulièrement de ceux qui composent sa première nageoire dorsale. Aussi doit-on se garder de marcher nu-^ieds sur le sable ou le limon au-dessous duquel on
{)eut Supposer des Vives : leurs piquants ont des blessures très-douloureuses. Mais, malgré le danger de beaucoup soutfrir auquel on s'e&pose lorsqu'on veut prendre ces Trachines, leui chair est d'un goût si délicat, que l'on va très-fréquemment h la pêche de ces poissons, et qu'on emploie plusieurs moyens pour s'en procurer un grand nombre. t
Pendant la, fin du printemps et le commencement de l'été, temps où les Vives s'approchent du rivage poixr déposer leurs œufs, ou pour féconder ceux dont les femelles se sont débarrasséi'S, on en trouve quelquefois dans les manets ou tilels à nappes simples, dont on se sert pour la pêche des Maquereaux. On emploie aussi pour les
prenare, orsque la nature du fond le permet, des drèges ou espèces de filets qui reposent légèrement sur ce même fond, et peuvent dériver flVee la mafée.
On s'eflbrce d'autant plus de pêcher une grande quantité de Vites, que ces animaux non-sëul^ment dotinedt des signes très-marqués d'irritabilité après qu'ils ont été Vidés ou qu'on leur a coupé la tête, miis encore peuvent vivre assez longtemps iiorsde l'eau, et par conséquent être transportés encore en vie à d'assez grandes distincts. D'ailleurs, par un rapport reraar(|aable enire rirrit.^bilitô des muscles et leur résistance à la pulriditéi la chair des Trachines vItcs ne se Corrompt pas aisément, et peut être conservée pendant plusieurs jours, sans cesser d'être très-bonne h manger ; et c'est è cause de ces trois propriétés qu'elles ont reçu le nom spécifique que j ai cru devoir lear laisser.
Cependant, si plusieurs marins vont »ds cesse à la recherche de ces Trachines, la crainte fondée d'être cruellement blessés par les piquants de ces animaux, et surtout par les aiguillons de la première nageoire dorsale, leur fait prendre de grandes précautions ; et les accidents occasionnés par ces dards ont été regardés comme assez mm pour que, dans le temps, l'autorité puWiqae ait cru, en France, devoir donner, i ce sujet, des ordres très-sévères. Les pêcheurs s'attachent surtout à briser ou arracher les aiguillons des Vives qu'ils tirent de l'eau. Lorsque, malgré toute leur attention, ils ne peuvent pas parvenir à éviter la blessure qu'ils redoutent, ceux de leurs membresqui sont piqués présentent une tumeur accompagnée de douleurs très-cuisantes et quelquefois de fièvre. La violence de ces STtnptômes dure ordinairement pendant douze heures; et comme cet intervalle de temps est celui qui sépare une haute marée de celle qui la suit, les pêcheurs de l'Océan n'ont pas manqué de dire aue la durée des accidents occasionnés par les piquants dfô Vives avait un rapport très-marqué avec les phénomène^ du fiux et reQux, auxquels ils sont forcés de faire une attention continuelle, à cause de l'influence des mouvements de la mer sûr toutes leurs opérations. Au reste, les moyens dont les marins de l'Océan onde la Méditerranée se servent pour calmer leurs souffrances, lorsqu'ils ont été piqués nardes Trachines Vives, ne sont pas peu nombreux , et plusieurs de ces remèdes sont très-anciennement connus. Les uns se contentent d'appliquer sur les parties malades le foie ou le cerveau encore frais du poisson ; te autres, après avoir lavé la plaie avec beaucoup de soin, emploient une décoction de ientisqun, ou les feuilles de ce véçétal, oa des fèves de marais. Sur quelques cotes septentrionales, on a recours quelquefois i dî l'urine chaude ; le plus souvent on j subsiitde du sable mouillé dont on enveloppa i| tumeur, en tâchant d'empêcher tout contact de l'air avec les membres blessés par la Iracnine.
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poissons, ETC.
VOL
L'enflure coiisiilérabie et lesdouleors longues et àigUf^s qui suivent la piqûre de la Vire ont fait penser que cette Trachîne était véritablement venimeuse ; et voilà poarqtidi; san$ dotite, on lui a donné le nom de TAraigûée, dëns laquelle on croyait devoir supposer un poison assez actif. Mais là Vive tie Innée dans la plaie qu*elle fait atec ses piquants aucune liqueur particulière : elle n*a aucun instrument propre à déffoser une humeur vénéneuse dans un corps élràngeh aucun réservoir pour la contenir dans ridtérieur de son corps, ni aucun organe pour la filtrer ou la produire. Tons les effets douloureux de ses aiguillons noirent élre attribuc^s h la force avec laquelle elle se tlébat lorsqu'on la saisit, à la rapidité de ses mouvements, à l'adresse avec laquelle elle se sert de ses îtrmes, à la promptitude avec laquelle elle redresse et enfonce ses petits dards dans la main , par pat exemple, qui s'efforce de la retenir, à h profondeur à l.iquelle elle les fait parvenir, et à ta dureté ainsi qu'à la forme très-pointue de ces piquanis.
La Vive «'emploie pas seuletnent contre les marins qui la pèchent et les grands fioiss'^tns qui l'attaquent,- l'énerj^ie, l'a^liié et Ips armes dangereuses que nous venons de décrire; elle s'en sert aus«4 pour se procurer plus facilement sa nourriture, lorsque, ne se contentant pas d'animaux à coq ulle, iï^ Mollusques ou de Crabes, elle cherche à dévorer des poissons d'une taille presque c^ile à la sienne.
Tels sont les faits certains dont on peut tomiKj>er la véritable histoire de la Tracnine Vive. Elle a eu aussi son histoire fabuleuse, comme toutes les espèces d'animaux qui ont présenté quelque phénomène remarquable.
Nous ne ni rapporterons pas, cette histoire fabuleuse. Nous ne parlerons pas des opinions contraires aux lois de la physique mtintenant les plus connues, ni des contes ridicules que Ton trouve, au s» jet de la Vive, dans plusieurs auteurs anciens, particulièrement dans Elien, ainsi que dans quelques écrivains modernes, et qui doivent principalement leur origine au nom de Dragan que porte celte Trachine, et à toutes les tictioiis vers lesquelles ce nom ramène l'imagination; nous ne dirons rien du pouvoir merveilleux de la main droite ou de la main gauche lorsqu'on touche une Vive, ni d'autres observations presque du môme genre:
en tâchant de découvrir les propriétés des ouvrages de la nature et les diveis effets de ST puissance, nous n'avons qu'un trop grand nombre d'occasions d'ajouter à l'énuméralion des erreurs de l'esprit humain.
VOILIER. Voy. Istiophobe.
VOL. — Le Vol proprement dit n'est qu'une sorte de natation dans un milieu trèspeu consistant. Mais combien , | ar cela même, cet act»» n'cxige~t-»il pas de vigueur dans les efforts 1 combien ne réclame-t-il pas d'étendue dans les surfaces qui doivent s'appuyer sur an fluide aussi fugitif que l'air I Aussi l'homme n'est-il encore parvenu qu'à
j retarder sa chute en se suspendant h des instruments très--étendus en surlaee et trèslégers à la fois; ou bien il a pu s'élever dans Tespace^ mais seulement en s*attacbant h de grands volumes d'un gaz plus léger que l'air^ |K)ur diminuer la pesanteur spécifique da tout en augmentant la superficie:
Quelques animaui jotiissent^ gréée h leur conformation naturelle , du premier de ces avantages; les larges membranes qui les garnissent ralentissent leur chute et allongent leurs sauts : tels sont , parmi leS Mammifères le Galéopithèque , le Polalouche, le Phalanger volant, et, parmi les Reptiles, certains Geckos largement bordés^ et surtout le Dragon. Celui-ci est remarcpiable en ce que la membrane qu'il étale en parachute est soutenue par le prolongement des côtes, tandis que les autres Quadrupèdes précédemment cités n'étendent leurs expansions cutanées que par Técartement de leurs pattes et de leur queue , dont les inti^rvalles sont lenifdis par une dunlicature des téguments.
Des Reptiles et des Mammifères, les premiers appartenant ft un genre qui n'existe plus qu'à l'état fossile (Ptérodactyles) , les seconds constituant au contraire une nombreuse famille (ChauveS'Souri<), ont joui ou jouissent encore d'une locomotion at'rienne plus parfaite, d'un Vol véritable. Leurs membres thoraciqoes constituent des ailes étendues, doitt les rayons, destinés à soutenir des membranes très minces, sont formés |>ar tous les doigts, sauf le pouce (Chauves-Souris), ou par le cinquième doigt à lui seul ( Ptérodactyles ) ^ cotijointement avec les membres postérieurs , et souvent aussi la queue. De rapides battements de ces vastes aftpendices sont nécessaires pour soutenir le corps petite mais massif, des Chauves-Souris : elles ont, à cet effet, des muscles pectoraux to&s-puissants, qui servent) comme chez les oiseaux, de lest a la partie inférieure de leur corps; tandis que leur racliis fortement bossu, leur cou cambré de même , logent entre eux de robustes épaules et ramènent le museau dans la direction de l'axe du corps, qui est aussi celle du Vol. 11 faul aussi dé rapides baitemenls, fiour que des nageoires peeioralest eti forme de longs éventails, puissent servir à certains poissons (dactvlo^v tères ou Trigles. volants. Exocets ou Mu^es volants, Plérois ou Scorpèues volants), à s'élaiicr T hors ûes flots et a traverser un trajet peu étendu dans les airs, où leurs membranes se dessèchent et perdent bientôt la souplesse nécessaire à ces agitations pins rapides encore que celles des Chéiroptères. Ce n'esl effectivement que chez les oiseaux et les Insectes qu'on trouve réunies les conditions les plus favorables au Vol.
Théorie eu toi ckes les oiseaux d'après Levaillanti — Le Vol des o^s aux comprend deux conditions distinctes: 1* la faculté de se soutenir dans l'iitmosphère ; 2* la faculté d'y progresser. Ce double effet est obtenu au moyen du seul appareil constitué par Ta. le Cette étude de notre savaiit est d*autant plus iiitéressanla Qu'elle sera d'une grande utilité
VOL
VOL
k ceux qui cherchent à diriger les ballons dans Tatmosphàre.
Aux membres antérieurs de l'oiseau adhèrent sur le bord postérieur une série de rames ou pennes qui unissent au plus haut point la résistance a la légèreté. D*une arête centrale partent une série de filaments (bar-* bes) qui adhèrent entre eux par les aspérités de leur bord antérieur et postérieur; mais, en dessus et en dessous , les barbes d'une plumo sont parfaitement lisses et polies; elles sont plus longues vers le côté interne et postérieur de l^réte centrale; de telle sorte que, Taiie étant étendue, elles reposent sur la plume voisine et slmbriquent les unes les autres de manière à offrir à l'air une résistance invincible, lorsque l'aile s*abaisse et frappe l'atmosphère de naut en bas. Hais il n'en est pas ne même lorsque l'aile se relève : les barbes du bord externe des grandes plumes ne sont pas assez longues pour s'appuyer sur l'arête voisine ; elles fléchissent sous la pression de l'air et le laissent passer. Il en résulte que l'aile trouve un point d'appui sur l'atmosphère en frappant de haut en bas, mais nullement en agissant de bas en haut. Levaillant Tit Texpérience curieuse qui suit : il prit une hirondelle, changea d'abord la disposition des plumes de ses ailes, et, au moven de quelques fils, les maintint imbriquées en sens contraire, il lAcha ensuite I oiseau qui , selon ses prévisions , ne put s'envoler, et à chaque tentative fut violemment projeté contre terre.
Rapprochons de cette étude la forme que la structure du bec, de la tête, du tronc et de la queue donne au corps de l'oiseau. 11 représente un ovoïde, ou plutôt un ellipsoïde, dont toutes les inégalités capables d'offrir quelque résistance à l'air sont effacées par la plume, qui unit au plus haut point le poli à la légèreté. GrÂce à cette disposition, qui s'étend au bord antérieur des ailes, l'oiseau offre à Tair la moindre somme de résistance comptabile avec son volume.
Il nous reste à examiner un appareil trèsimportant, c'est la queue de l'oiseau. L'imbrication de ses plumes fait qu'elle presse l'air de haut en bas comme les ailes , mais nullement de bas en haut. Ceci bien établi, commençons l'étude du Vol :
Il s'exerce de deux manières différentes : l*" par un mécanisme analogue à celui du cerf-volant chez les grands oiseaux désignés sous le nom de voiliers par Levaillant; 2* par un mécanisme analogue à celui de la rame, chez les oiseaux désignés pour ce fait sous le nom de rameurs.
Un Aigle, un Condor, un Gypaëte est perché sur la cime d'un rocher ; il étend obli- S[uement ses vastes ailes contre le vent qui rappe en dessous; cet obstacle tend évidemment à le faire monter. Voilà bien exactement le mécanisme du cerf-volant ; mais ce dernier appareil est maintenu par une ficelle: si elle vient à rompre, le cerf-volant perd son point d'appui , obéit à la pesanteur, et est précipité contre terre. Comment donc alors un Gypaëte i que nulle ficelle ne main*
tient, peut-il s'élever et progresser contre le vent sans un seul battement d'aile ? Ici notre naturaliste nous donne une grande preun de sa sagacité.
II trouva près de Constantine , au milieu d'un immense ravin rempli de çrands oiseaux rapaces , une cachette dont il masqua l'entrée avec une toile couleur de pierre, et, s'étant ménagé des ouvertures , il y appliqua ses yeux et étudia le vol de ces Gypaètes. Dans ce réduit, il a passé bien des semaines et des mois. Souvent, ces grands oiseaui effleuraient sa figure de l'extrémité de leurs vastes ailes ; et il se détectait à voir leurs savantes manœuvres , surtout quand ils passaient d'un milieu tranquille dans un couraot très-rapide, se dirigeant à travers an remous, ou même domptant la tempête. Parfois ou pouvait croire l'oiseau tremblant, embarrassé ; il n'en était rien : au moyen d*uo6 longue vue , Levaillant distinguait par&itement le Gypaëte, les ailes étendues, imiaobiles , se grattant le cou avec sa patte, sans interrompre ses évolutions. Il progressait sans cesse, et cependant il ne donnait pas un coup d'aile. Ce fait , qui semble extraordinaire , est très-clairement expliqué par notre savant. La force motrice contre le leat est tirée du vent lui-même. Quand iJ frappe le dessous des ailes, il rencontre une série de petites cannelures formées par les barbes des plumes. Ces cannelures sont alors dirigées de dehors en dedans et tendent avec la forme excavée des ailes à diriger tout le oo«rant d'air vers la queue, où il prend assez de rapidité pour produire même en temps calme un bruit très-prononcé chez les voiliers. Le courant d'air, libéré subitement de la pression du corps à l'arrière , produit un violent remous qui, rencontrant le plan incliné de bas en haut et d'avant en arrière que lui présente la queue, prend un point d'appui très-puissant et opère une propulsion à laquelle le léger frottement produit par la courant d'air à l'avant ne saurait faire équilibre : de là naît la progression.
C'est ainsi quhin Gypaëte s'élève et progresse contre le vent sans un seul battemeot d'aile. Mais ce privilège entraîne le désavan* tase suivant, c'est que les voiliers ne peuvent voler que contre le vent. Faute de pouvoir ramer, ils ne sauraient acquérir une vitesse un peu grande avec le vent arrière et seraient précipités à terre dans cette position dangereuse. Ces notions ont servi à Levaillant dans ses chasses, et quand il voyait uo Aigle ou un Vautour perché sur une ruine ou une roche par un grand vent, il était sûr ai l'atteindre en prenant le dessus du a^urunt de l'air, et se dirigeant alors rapidement sur l'oiseau.
Un chasseur pourvu de ces notions sait toujours, en vovant une colonne4 de Taatours s'élevant a des hauteurs différentes, les divers courants d'air qui régnent daas l'atmosphère. Il suffit de regarder de qu«i c6té est dirigé le bec des oiseaux. Quand tous sont tournés du même côté , le même vent règne partout. Mais si à quelques eeott
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VOL
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mètres de distance les uns sont tournés à droite et les autres à gauche, on est certain alors que le Tent souffle de deux côtés Oftposés. Ce fait, connu des anciens, eipli-^ que les augures tirés du Vol des oiseaux.
Oiseaux rameurs. — Leurs ailes , beaucoup plus petites, proportion gardée, que celles des voiliers , ne leur permettent de se soutenir dans l'air qu'à la condition de ramer presque constamment; mais le coup (Taile ne sert pas seulement à leur ascension : en frappant l'atmosphère de haut en bas , il frappe aussi d'avant en arrrère , et donne une propulsion dont la vitesse peut égaler vingt-cinq mètres par seconde et au delà. 11 en résulte que l'oiseau rameur n'est pas tenu de faire constamment tête au vent comme les voiliers. 11 peut voler dans toutes les directions, même en tournant l'arrière au courant, dont il peut toujours dépasser Ja vitesse. Plus les rameurs ont les ailes aiguës et plus leur Vol est rapide : les Canaîrds siffleurs , les Martinets , les Bécassines et beaucoup d'autres espèces analogues sont des tjpes en ce genre. Certains Rapaces, au contraire , tels que les Faucons , sont à la fois voiliers et rameurs. Quand ils étendent leurs vastes ailes , ils planent dans les airs avec une vitesse de neuf à dix mètres par seconde ; puis, quand ils veulent fondre sur la proie, on les voit diminuer leur voilure, abaisser la queue, dont le frottement SUr l'air a pour effet de faire basculer la tête en bas , se précipiter vers la terre de tout leur poids, accéléré d'un mouvement de l'extrémité des ailes^; puis, arrivés à portée de la proie, la saisir de leurs serres , et, relevant la queue , remonter dans les airs par le seul fait de l'impulsion acquise. Tous les voiliers peuvent chasser de la sorte ; mais ils sont incapables d'une chasse à tire d'ailes. Ils ne sauraient atteindre de plein droit une vitesse de plus de dix mètres par seconde , et l'oiseau le moins agile leur échappe facilement.
Voilà pourquoi l'Aigle n'est redouté des animaux et ne tente même de les chasser
au'au moment où il domine l'oiseau , et où peut acquérir une grande vitesse en se précipitant des hauteurs de l'atmosphère. S'il est à terre ou sur un tertre peu élevé , aucun oiseau ne le redoute. Levaillant a vu alors des Tourterelles se poser à côté de lui, et trouver dans la crainte qu'il inspire aux autres Rapaces une sécurité contre leurs attaques (1).
(i) Boflbo estime que l'Aigle peot parcourir m espace de vingt lieues dans uoe heure, ei le Cheval de course n^eo ferait que dis dans le méine temps, eo supposant qu*il pût souteoir la même allure que «bas ii^ six premières minutes ; mais il n'en pas ainsi, et, selon le même auteur, les meilleurs Chevaux ne peuvent pas faire quatre lieues dans une heure. D*aatres porient la vitesse du Cheval de course à 2,000 toises en quatre minutes, et estiment cette célérité aux trois quarU de celle de THiroiideUe. Le CeK, 1 EUn, le Renne, le Chameau, le Loup, le Chiea des Kamtchadales surtout, peuvent sotiienir plus longtemps cet exercice forcé, mais non en surpasser la vitasse, tandis que Foiseau soutien i la
Mais le Faueon , tout en offirant la structure d'un voilier, peut cependant poursuivre à tire d'ailes et acquérir une vitesse qiû dépasse celle des meilleurs rameurs; il diminue alors l'étendue de sa voilure , ramène ses coudes contre son corps et imprime à ses avant-bras un mouvement d'une rapidité et d'une puissance extrêmes ; on entend siffler ses pennes, il passe comme im projectile.
Cette double aptitude du voilier et du rameur, résumée chez le Faucon , a fait de cet oiseau le chasseur i)ar excellence. Levaillant en a tracé admirablement l'histoire. Tantôt il. le représente se précipitant des hauteurs de l'atmosphère sur une troupe de Sarcelles qu'il traverse comme une balle; aucune ne parait touchée : mais le Faucon ne manque guère sa proie, une Sarcelle a reçu un coup de griffe sur le crâne et tombe morte après deux secondes, suivie du Faucon qui s'en empare. Tantôt, au contraire, le Rapace s'élance d'un arbre à la poursuite d'une Alouette ; il la suit, la joint, la domine, l'étreint dîans ses serres, qui lui percent cœur et poumons , et quand il ne la sent plus palpiter, il la transporte sur un rocher pour en faire curée.
f. VOMISSEMENT, Yau. Digbstioii, art. UI.
VUE. — La Vue est le sens par le moyen duquel la lumière donne aux animaux la connaissance des objets dont ils sont entourés ; la vision est l'exercice de ce sens, Vail en est l'organe : c'est un appareil généralement composé d'un nerf pour sentir la lumière , de lentilles pour la concentrer , la régulariser, et de matière opaque pour en absorber le superflu.
Lescorpsdont il peut apprécier la situation, la forme, la grandeur, doivent donc de toute nécessité être ou lumineux ou éclairés. Les corps lumineux émettent des rayons, c'està-dire des séries de molécules lumineuses marchant avec une excessive rapidité en ligne
Earfaitement droite, ou bien (dans une autre ypothèse) des oscillations , des vibrations en ligne droite à travers un fluide lumineux universellement répandu. Les corps éclairés, s'ils sont opaques et dépolis, réfléchissent les rayons qu'ils ont reçus ; et chaque point des uns et des autres peut être considéré comme un centre d'où émanent, par scintillation dans tous les sens, des rayons divergents, et qu'on peut idéalement séparer en autant deptnceaux ou de cônes qu'on supposera d'écrans disposés aux alentours pour les recevoir ; de même, on peut idéalement
sienne pendant des journées entières, faisant ainsi chaque jour quatre à cinq fols plus de chemin que le Quadrupède le plus agile (Bulfon). La naUtion des animaux aquaiiques rare des exeai|tte8 d*uiie véiociié presque aussi grande et aussi soutenue. On a vu, dit Mihie Edwards, des Saunons parcourir vingtquatre pieds par seconde, et huit à dix lieues dans une heure. Desmoulins, d*après le dire des marins, rapporte que Ton voit des iMuphins lutter de vitesse pendant plusieurs jours avec un navire filant de quatre à cinq lieues à l'heure, et quadrupler, quintupler la route par leurs norohreux arctiits en zigiag autour du bMiment.
vm
minm.
vu?
diviser en finêetaum la massp des rayons lies limites très- restreintes et peq ufilicr
parallèles qui émaoept des divers polaU blus au( pbéDomèDes de la vision.
d;mie surfeoe luœineiUB ou éclairée. Les Ce petit noiabta de lois aoiu suïïnmv
pinceau^ lumiBeij» vont en s élargissant e rintelligenoe des faits phvsiologiqiMt 4»
en a-affaiblissant i mesure qa ils s éloignent ,,(,^5 ,||^ns n,^ occuper.
de leur source. Les faisceaux et les rayons ■ . j - u. -1 .
ieolémenlûODsidérés.qusIquesoitlBurpûint I-adrairable ai^pareil destiué ïdoimt
da départ, sont soumis égsJemenl, dans des "«mme 'a connaissance des corps qo, r».
drcooVtancwa partiauliàmT à des lois 4e iJé- f.'î"5?"' ^A' Ç'^™P''s* ^e deui ofgjow ««. vistioii, dont dous devons rappeler les i^lus essentielles.
labiés, en ferme de petits globe*, t .
les geux et renfermés en grtnû» ptrliediit des cavités osseuses appelées atiifM,^ chacun d'eus se meut en tout Maspulf moyen de sii muscles, dont quatre drniu «
1* A la reneootre d'une surfece réguliàre bI transparente, tout faisceau lumineux y eslra en totalité s'il est perpendiculaire, an partie dêui'oblïqtîês" s'il est oblique. Dans eu derniercas, la par- . ■ -. , , ,, .
tie pénétrante se dévie, se r^/Vacie en s"é^ . L œil est composé extérieurerami(e plucariant d'une ligne perpendiculaire k celta *"'"" meinbranes placées les uoes sur U surftice si le milieu nouveau est moins dense ^"'C«* ' 9"! semblent tirer leur orife-ine ii que le milieu précédent , en s'en rappro^ "^^i^ <!"' viijniient de la base du cenau d 2banl dans le cas contraire , et faisant ainsi *!" ^^ "ppelle les nerf» opitquti. un angle de réfraction, plus grand dans le Ces dsui nerfs, qui sont très-voImcuRnii, premier cas, plus petit aans le second, que sortent des tubercules quadrijumeiui.Auil'angle d'incidence, avec la même lii^na par- sitôt après laur origine ils se pendiculaire. L'elfet des suH'aces courbes sur les faisceaux lumineux s'eiplii^ue aisément d'après ce qui vient d'être dit, en sq rappelant que chacun de leurs points a [)ouf perpendiculaire le rayon du cercle dont la courbe ferait partie.
2° Si la surface de rencontre est polie (miroirs), te faisceau obliuue est en nnrtie refléchi, ot la quantité réfléchie est d'autant plus grande que l'angle d'incidence est plus grand, si on le qjesuie entre la ligne de direction du faisceim et le perpendiculaire à la surface réfléchissante. L'anale de réllexion
là celui d incide-ice, par
e la surface où la réflexion
lyons réfléchis par un mi-
avec toutes leurs qualilé:^,
n, disposition mutuelle.
de rencontre est inégale,
m lumineux , soit diroci,
:ontr^n| pne foule de sail-
iquetjt de petites surfaces
isi dire, en tous sens, -'
sitôt après laur origine ils se porleQt ta 111:1: et en dedans, et bienldt ils se r4)iproch«iu telluioeat, 4u devant de la fosse piluJliirt, qu'ils s'uniss«nt et se confondent, saotp'ug
} misse aflirmer s'ils s'eutre-croisenl m m eur substance s'identifie. Alors, !» «16 optiques s'écartent l'un de l'autre, etHilirigeut en avant et en dahors vmjelm optique, situé au fond de l'orbite; c'eslpff ce trou qu'Us sortent du crâne.
La première membrane de l'œil, an Uplu eilérieure , se nomme la tci&otiqut du li cornue opaque. C'est sur cette meiubruelf ' breuse, dure, résistante, d'un blsneils mck que viennent s'attacher les six musdetdnl j'ai parlé. Elle représente un spbénMli don un segment serait enlevé, k la plrtillDl^ riaura , et remplacé par un segmenl d'un sphère plue petite. Ce dernier a étéMuaii la comét trantparmte. Sou tissu , aHuposi de cina ou six lames super}>osâes, eil{)rotégé à l'extérieur par uo épiderine (uitunt-
La seconde membrane de l'œil est la A*-
;spacti sous tous les angles rotde ; mince, vasculaire , d'une cuultur
les corps ternes ne repro- brune foncée, elle est unie eilérleurBiDonli
imme les précédents, l'i- la sclérotique, el présente, ainsi quswll»
qui leur ont envoyé des dernière, à sa partie postérieure, une ou'e-- 1
x\ seulement leurs divers ture pour le passage du nerf oplîiiue. Cuit I
de toutes parts d'autant membrane est revêtue, sur ses deui fitca.
qu'ils eu reçoivent davan- d'un pigment noir, destiné i absorber I'*
CCS intensités dilTérentes rayons lumineux aussitôt que leur «lAti
auerésultenFf pour nos yeux, les apparences pro.luit dans l'ieil, autremenl les reOvii"'» ' 'om6re et de cfair,et par .suite celles ' "
lief el 4e forme.
k°En se réfléchissant ainsi irrégulièrement iurune surface târne.did même qu'en traversant des lames minces de matière transparente, ou bien des prismes à suifaces trèsinclinées l'une sur I autre, la lumière subit des modifications (décomposition uewlonnienoe); d'oii résultent les couleurs.
5° 11 y a eucori! (j^^i^tion et décompositiuu quand un faisceau lumineux rase un bord, un biseau appartenant à un corps opaque; mais ceci ne neut avoir lieu que d^ns
re- continuelles qui se seraient opérées (lii> or^no etfssent rendu la vision uonfusci- C'est par la luémii raison que l'un iieiniu ! noir liiitérieur des chaiiit>res obscurcît <'' 1 plusieurs autres insiruinuots d'optique. C'r^' : encore un emprunt que l'art a fait à b uture.
Vers le bord de la coroée iraospan'ale,!'
. .. isMn-Dle,u
choroïde forme l'trù, cercle culuré iiui" aperffoit sous la eoroéa transparent/', i"*
(t) Les Alt>iiK)9, qni sodI privé* 4a piga*»'-*' la Vue iréS'DuuvuiEu.
VUE
POISSOm, ETC.
VI
centre duquel est une ouverture circulaire qiii se nomme la pupille. Beaucoup d'anatouiistes ont pensé que Tiris, dont la couleur est variable, ne contenait point de fibres musculaires, et que sa contraction et sa dilatation dépendaient de sa texture éminemment nerveuse. Mais ces fibres eiistenl, et )à^ Maunoir, de Genève, qui les a étudiées avec soin, a remarqué que celles de la face antérieure sont radiées, correspondent à l'anneau coloré externe, et servent à la dilatation de la pupille. Les fibres de la face postérieure forment un cercle constricteur, véritable sphincterlde la pupHle, et correspondent à la partie interne de I anneau coloré.
Vis-à'Vis la pupille est suspendu UD corps transparent, de forme lenticulaire, plus convexe vers le fond de l'œil que par-devant , et qu*on nomme le cristallin. Il est formé de tarons elliptiques concentriques , et se trouve enfermé ddos une capsule ou membrane qui ressemble à un sac sans ouverture. Ses fonctions sont de rendre la vision plus n^tte. Selon les lois de la dioptrique, il agit comme une lentille diaphane, et rassemble les Cdisceaux lumineux en les portant k son foyer principal, c*est'à-<Jire sur un point de la rétine (1).
Après le cristallin , on trouve dans l'œil one BUtôse transparente, semblable à une gelée, de forme sphérique , déprimée à sa partie aotérieure pour loger le cristallin. C'est le çorp$ vilré, qui est enfermé dans une membrane particulière, nommée la membrane kifalolde , laquelle forme par ses replis, dans riniérieur du corps vitre, une assez grande quantité de cellules qui cûmmuniqueot toutes entre elles.
Le corps vitré est envelojipé en grande partie par la rétine, que beaucoup d'anatomistes supjK)sent être r»^f)aioaissement du nerf optique, nrais que d'autres, notamment M.Ribes et H.*!lo<fuel,ont considérée comme une membrane si»éciale. Celte membrane , qui est très-mince, jmipeuse, transparente, se trouve «'tmdue depuis le nerf optique jusqu'au cristallin.
IJnfin, on trouve dans l'intérieur de l'œil une humeur limpide et transparente comme de Teau, qui remplit ce que Ton nomme les deux chambres de cet organe : c'est-à-dire, d'une part. l'espace cora[)ris entre la cornée transparenle et l'iris ic'tst la chambre antérieure); et, d'autre part, l'espace compris entre l'iris et le cristallin (c'est la chambre postérieure). Celle humeur, qu'on apielle \ humeur aqueuse^ est sécrétée par une membrane* translucide extrêmement mince.
On remarque aussi dans Tinlérieur de l'œil les prociscUiairesp petits corps saillants, Irian-
(f ) Daat la cataracte, le cristallin perd #a trjias- IMreoce et (orme ainsi uu corps opaque, interposé entre le nerf optique et les ot^jeâs écbirés. h f;Mit alors que, par une opération chirurgicale, on le 4élacbe, soit pour lextraire, soit pour Tabaiser. On le remplace par ùi\ verre convexe place au-.Ievant Je rœil.
gulaires, placés k côté lei uof |i«s autres, eu rayonnant, de manière à entourer I9 cristaluD eomma d'une ecmronw pl^ff4^rrière l'iris
D'après MM. Chenvix et MieolaSy lea humeurs de l'œil contienheot de l'eau, de l'akbumine, de la gélatine, du sel marin al un peu de phosphate de chaux.
L'œil av^it bpsoin, à cause de la dé)ica- ' tesse d^ sa structure, d'être à l'abri des accidenls : aussi est-il enfermé eu grande parlie dans une cavité osseuse, et protégé par deux espèces de voiles mobiles qu'on appelle les pauptVrf s, dont les bords sont tendus par les cartilages tarses^ afin de repdre leur application plus exacte. Si le tropgraôd jour nous blesse, si nous sentons dan$ l'air la présence de quelques corps légers, de naturçà affecter douloureusement dos yeux, si ces organes sont menacés par Quelque choc, nous tendons les paunières, et 1 œil se trouve soulagé ou préservé. L'ablatioa des paupières entraîne l'inUammatiuii géaér#le des organes de la vision, et, par ^ite, la cécité. On sait que cet affreux auppitce fui celui de Régulus.
La face postérieure des paupières et le devant du globe de l'œil sont tapissés par une membrane muqueuse très-mince, diaphane, qu'on appelle la conjonctive^ qui, toutefois, ne recouvre pas la cornée transparente.
On a donné le nom de larmes k Mue liqueur sécrétée par une glande siti^ée à la parlie supérieure et externe de rorbite, et connue sous le non) de glande lacrymale. Celte glande se com(>ose de granulations arrondies et conglomérées. Il part de cette glande six ou sept canaux très-tins, qui descendent sous l'épaisseur de la paupière supérieure et s'ouvrent à sa face interne, uu 1»eu au-dessus du cartilage qui la borde, /humeur sécrétée jiar celte glande mouille continuellement l'extérieur de 1 œil, le préserve ainsi de l'impression de l'air, facil.te ses mouvements et ceux des paupières, puis elle passe d'abord dans un réservoir désigné sous le nom de sac lacrymaiy au moyeu des conduits lacrymaux^ dont les petites ouvertures, connues sous le nom de points lacry^ mauXy se remarquent très-facilement près de l'angle interne, tant k la paupière supérieure qu'à la paupière inférieure. Du sac lacrymal, les larmes, passant dans le uei, cr)nt:ibuent à rendre plus liquide le mucus sécrété par la membrane pituitaire. Les larmes contiewiienl de la soude, du muriate et du carbonate de soude, du mucus, uu peu de phosphate de soude et de chaux
Quand le cerveau ^sl $ou3 rimprçsaiop d'une joie vive ou d'un profond chagrin, les glandes lacr} inales particinint à cette surexcitation, en vertu de Jeuf voisinage de l'encéphale ; leur sécrétic^q es| augmentée, et les larq^ies, trop abondantes alors, poi^r (K>uvoir être absorbée^ pafl^s points lacrymaux, coylent le long des joues ; dans pe cas, leur coijDositiQn n'est olus la même;
tUE
BEPTILES,
VUE
elles contiennent beaucoup plus de soude qu*à l'ordinaire.
Il arrive aussi que les larmes s'épanchent au dehors» lorsque les conduits lacrymaux» qui doivent les conduire dans les fosses nasales, sont obtrués, ou quand de petits follicules» situés dans Tépaisseur des paupières» et chargés de sécréter une humeur onctueuse» connue sous le nom de chassie^ la- Îuelle est destinée à empêcher les larmes e couler sur les joues» cessent de fournir cette humeur.
Les cUê sont des poils rangés sur Taréte extérieure des paupières» de manière que, lorsque celles-ci sont fermées» les cils de la paupière supérieure se croisent avec ceux de la paupière inférieure. Ces organes ont pour usage de rompre les rayons lumineux, et d'arrêter les Insectes et les petits corps légers qui pourraient se déposer sur la partie antérieure du globe de 1 œil et irriter cet organe.
Les sourcilê modèrent aussi l'impression d'une lumière trop vive» et les Mauresques ne l'ignorent pas ; pour adoucir les rayons d'un soleil brûlant, elles se noircissent les sourcils » afin d'augmenter leur surface ; elles se noircissent même les cartilages tarses ou l'épaisseur des paupières» ce qui donne à leurs très-beaux yeux une expression de dureté. Au reste» on a remarque que les habitants des pays où le soleil a beaucoup de force ont naturellement les sourcils très-noirs et très-épais.
Telles sont les parties principales qui concourent à la composition de l'œil. Je crois n'avoir négligé que des objets de détail peu importants.
Théorie de la vision. — Supposons mam« tenant un objet bien éclairé et situé en face de Tœil» à une certaine distance; par exemple, la flèche a b. La pyramide lumineuse partant du point ▲ viendra tomber sur le cristallin c» se réfractera en traversant cette lentille» et fera en o» au fond de l'œil» toute l'impression qui se serait distribuée sur un bien plus grand espace » si les rayons oui composent cette pyramide n'avaient pas été réfractés parle cristallin. Si deux pyramides semblables à la précédente viennent du milieu D et de l'autre extrémité b de la même flèche, appuyer leur base sur la surface du cristallin» chacune d'elles aura son sommet porté eu un point d, 6» sur la rétine; ces points de réunions seront distincts et séparés l'un de l'autre» et se rangeront» au fond de l'oBil» dans un ordre opposé à celui des parties de l'objet d'où viennent les rayons. Il en sera de même pour toutes les pyramides lumineuses oui» partant de la flèche, pénétreront dans 1 œil, et l'on aura sur la rétine Timage renversée de la flèche a. b.
Mais l'impression de l'image n'est pas plutôt faite sur la rétine» que cette impression est portée au cerveau par le nerf optique» et «i l'éme e$t aUenittef elle prend ainsi connaissance de Texistence de la flèche» à une distance 'de l'caU que l'habitude lui a
appris à mesurer^ sur-le-champ, d'une mmère approximative (1).
L'image se peint donc réellement au fond de l'œil» dans une position renversée; oo le prouve d'ailleurs par plusieurs expériences très-faciles à faire.
1* On construit un œil artificiel en caitoo ou en bois» c'est-à-dire qu'à la partie antérieure d'une boite» on ménage une petite ouverture oui représente la pupille. Oo place au dedans ou au dehors, oans ud petit tuyau mobile» un verre lenticulaire qui tient lieudecristallin»et la rétineest remplacéepar un papier huilé ou par une glace dépolie, qut ferme la partie postérieure de la botte. Si l'on place cet instrument dans un lieu ud peu obscur, et qu'on dirige le petit tovau vers un endroit bien éclairé» en faisioi avancer ou reculer convenablement li leo* tille, les objets éclairés et situés Tis4-Ti$ viendront se peindre d'une manière reQTe^ sée sur la glace dépolie.
2* On ferme l'ouverture faite au toM d'une chambre noire» avec un œil de Veaa ou de Mouton» bien frais» et dont un a enlevé les téguments postérieurs arec soio, pour mettre la rétine a découvert. Les otsfHs éclairés viendront également se peindra svr cette membrane» dans une situation rah versée.
Ce fait du renversement des images n fond de l'œil étant acquis à la science, oa t cherché à se rendre compte des moyeoi ({oi pouvaient redresser les images pour f intelligence ; et» d'abord, on a cm que Tiise opérait continuellement ce redressement pv la pensée; mais des aveugles-nés» qu'oM opération lait jouir de la lumière, Toieal immédiatement» dans leur position nitirelie» des ologets qu'ils n'ont jamais to5 : ainsi se trouve détruite cette opinion da redressement des images par la pensée.
Selon Berkley» T&me doit naturellemeot redresser les images, c'est-à-dire se figorer en haut l'extrémité supérieure» et en bas l'extrémité inférieure. En effet, ces termes de haut et de bas sont des termes relatib, et qui n'ont de valeur que par le terme auquel nous les comparons ; c'est-à-dire que nous jugeons en naut ce qui correspond à ii voûte céleste; et en bas ce qui oorrespood à la terre. Mais il est évident que le ciel se peint dans la partie inférieure du fond de
peint dans la partie inférieure de Tœiir e| nous rapportons à la terre reitrémité qui se peint dans la partie supérieure; cest-i-
(1) Les eofamls k la mamelle, qui n'ont pas eacoft pu se Daire des règles de eomparaisoii à cet éfiri croient pouvoir alteindre avec la main um ee qa frappe leurs yeux ; el l'adulte loi-niéne, •'il tit^ pour ainsi dire» établir des jakms écMonaésjtf^i un poim irès-ëioigiié de lui» ne jufe que M wâm la disunoe qui le sépare de ce point Oa ai^^ reste, que rœtl nous trompe souvent. Qa^ ^'f* n'est-on pas obligé de redresser par le toockr » erreurs de la vision!
îsn
VUE
POISSONS, ETC
VUE
dire quB nous étabKssons naturellement entre ces deux extrémités la relation qu'elles oat, et que nous situons Tobjet tel qu*ii est réettement. 11 n'est donc besoin ni du toucher ni d'aucune expérience pour redresser Terreur dans laquelle la Vue devrait^ nous entraîner, d'après le renversement des images an fond de l'œil.
< Les olqets donnent au fond de l'œil des images renversées, dit Pouillet dans ses £/^menis de Physique expérimentale ^ et de là on a voulu conclure que naturellement nous devons voir les objets renversés. Cette con*elusion serait légitime si l'on supposait aue l'Ame regarde les images, et qu'elle est placée derrière l'œil, comme une personne derrière le tableau d'une chambre noire. Hais si l'on suppose que l'âme ne regarde pas les images, qu elle les sent, et qu'elle s'élève de la sensation à la cause qui la produit, il est évident que l'existence extérieure des corps et leur situation résultent pour nous d'un seul et même jugement. »
Le point de distance auquel les objets s*aperçoivent distinctement se nomme le point visuel : il est plus ou moins éloigné de l'œil, selon le degré de convexité de cet or^ne, ou selon le degré de convexité du cnstallin.
La rétine est seule impressionable à l'action de la lumière. Des expériences récentes ont prouvé guo lorsqu'on fait tomber un faisceau lumineux sur le nerf optique lui-même, il n'y a point de sensation produite.
L'œil est un instrument parfaitement achromatique, car les objets ne nous paraissent f>oint environnés d'auréoles de diverses coueurs; mais la cause de cet achromatisme est encore inconnue.
La netteté des images semble être indépendante de la distance des objets, car nous Toyons aussi distinctement à plusieurs millions de lieues qu'à plusieurs .décimètres de distance, et l'image d'une étoile est aussi nette que celle de la lumière d'une bougie. Le^ physiciens modernes pensent, à cet égara, que le cristallin, en vertu de sa structure, n'est pas une lentille à un seul foyer, mais une lentille à un nombre infini de foyers différents ; les couches centrales étant tout à la fois plus courbes et plus réfringentes que celles des bords, les rayons qui traversent ces dernières couches ne peuvent pas converger au même point que ceux qui ont traversé les premières. A toutes les hypothèses par lesquelles on a essayé d'expliquer comment l'œil s'accommode aux distances, peut-être pourrait-on opposer avec raison celle qui naît de la structure même du cristallin.
Nous avons vu précédemment que l'iris est formé en grande partie de fibres musculaires destinées à dilater ou à contracter cette portion de la choroïde, et conséquemroent à diminuer ou à agrandir l'ouverture de la pupille. Il fallait bien que ces divers mouvements, qui sont toujours en rapport avec rintensite de la lumière, pussent s'ef-
DicTiOTiif. DE Zoologie. U
fectuer ; sans quoi, le grand jour nous éblouirait, et nous serions presque aveugles dans l'obscurité. Les mouvements de l'iris ne sont pas subits : ils ne s'opèrent que par degrés. Voilà pourquoi, lorsqu'au sortir d un lieu fort éclairé, nous entrons dans un li.^u obscur, tel qu'une cave, nous ne distinguons d'abord rien autour de nous, parce que, dans les premiers moments. Tins est encore sous l'impression de la lumière, qu'il est dilaté, et que, conséquemment, la pupille diminuée n'est pas en harmonie avec le peu de rayons lumineux répandus dans ce lieu obscur; mais, au bout ae quelques instants, l'iris se contracte, l'ouverture de la pupille s'agrandit, et nous commençons à distinguer les objets. Si les oiseaux de nuit et les Ghauves-Souris'fuient la clarté du jour, c'est parce que l'iris étant très-peu dilatable chez ces ammaux, ils ne peuvent supporter la lumière; mais, en revanche, l'obscurité leur est très-favorable. i
Nous avons deux yeux, et, dans l'usage que nous en faisons, nous ne voyons pas 1 objet double, quoiqu'il soit bien vrai que son image se peint en même temps dans I un et dans l'autre. 11 est probable que les deux sensations se confondent dans le cerveau et n'en forment qu'une seule, ainsi que cela arrive pour un son qui est transmis à l'encéphale par les deux oreilles ; mais, relativement à la vision, pour que les sensations se confondent, il faut que les axes optiques II) soient parallèles. S'ils ne le sont pas, il y aura perception de deux images ; c'est ce dont nous pouvons nous assurer en regardant un objet placé vis-à-vis et à une très-petite distance du nez.
Jurine a trouvé que la force réunie des deux yeux l'emportait seulement d'un treizième sur celle d un œil séparément exercé. (
Comparaisons relatives à la vision,— Beaucoup (ranimaux sont infiniment mieux partagés que l'homme, sous le rapport de la vue, car leurs besoins l'exigeaient. Ainsi, les oiseaux de proie aperçoivent du haut des nues, blottie entre deux mottes de terre, une Alouette que nous ne saurions découvrir à dix pas, parce qu'elle est de la couleur de la terre, et l'Alouette, de son cdté, découvre J'ennemi qui plane dans les airs, lorsque celui-ci ne nous apparaît que comme un point noir sur l'azur du ciel.
Mais aussi l'appareil visuel des oiseaux est bien plus perfectionné que celui des Mammifères. Leurs yeux tiennent un grand espace dans leur tète, et ils sont pourvus à l'extérieur d'une troisième paupière demltransparante, nommée membrane clignotante^ qui est un repli de la conjonctive et qui so retire dans le grand angle de l'œil. En outre, la cornée est très-aplatie, ainsi que le cristallin, ce qui rend ces animaux presbytes ; aussi aperçoivent-ils à peine les objets placés très-près d'eux; mais a quelque distance ils
(f) On appelle axe optique la ligne droite, qui, venant du fond de Tonl, passe par le centre dn cm tallin et par celui de la cornée transpareille.