‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 193 sur 204 · TUE · texte numérisé non relu

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en arrière de ta tétine; aussi, les objets paraissent confus au presbyte, s'ils ne sont pas placés assez loin de ses veux. Le même eOet se produit chez les vieillards, par suite de la diminution de densité des humeurs de l'œil, et aussi par suite du dessèchement des membranes de cet organe. Toutes ces personnes sont obligées de faire usage de verres convexes, et Ton sent bien que le foyer de ces verres devra élre de plus en plus court, l mesure que l'âge rendra le cristallin de moins en moins convexe.

Qaant aux ttrabites où personnes qui louchent, ce défaut tient à la faiblesse de l'un des. muscles droits; ce muscle n'ayant pas assez de puissance pour résister à son antagoniste, celui-ci entraîne toujours l'œil de son côté. Selon l'opinion de BufTon, le strabisme peut tenir aussi à ce que les deux yeux n ont pas toujours la vision distincte dans les mêmes limites. L'œil droit, par exemple, verra fort bien de petits objets a la distance de bO centimètres, je suppose, et l'œil gauche ne les verra qu'à celle ae vingt. Or, quand cette inégalité est très-grande, les deux yeux ne peuvent voir ensemble le même objet distinctement, et, comme ofi cherche naturellement avoir aussi bien qu^ possible, on contracte instinctivement l'habitude de détourner l'œil hors de la portée luquel l'objet se trouve , pour ne laisser igir que l'œil par lequel on peut distinguer [nettement cet objet.

L'œil est le siège d'un sens si précieux, iu*il me semble très-important de rappeler t mes lecteurs ce qui peut nuire à cet or- ^e ou tendre à sa conservation.

« Une lumière trop vive, directe ou réflé* )hie, surexcite l'organe de la vision, affaiblit la Vue, et finit par produire la cécité. Les Durs blanchâtres, le sol couvert de neige, rune poussière blanche, d'un sable fin, rétéchissent une grande quantité de lumière, t produisent sur l'œil 1 eifet de ce lluide enant directement du soleil ou d'un foyer Bcaodescent quelconque. Rien n'est donc lus défavorable à la Vue que tout travail xécuté à la clarté d'une lumière trop in- BDse, en face d'un feu trop ardent, etc. Si appareil de U vision est tout à coup frappé ar une lumière intense à laquelle il a est as habitué, ou s'il est frappe de cette lulière après être resté queli^ue temps dans obscurité, il peut perdre à jamais le pouoir d'exercer ses fonctions.

« L'oareice trop continu de l'œil à une UBière ordinaire, a des résultats semblables ceux que produit sur l'œil une laaiiire op vive. La surface des yeux se couvre de rmes; on éprouve dans les yeux une senition de pesanteur, une douleur obtuse ; on aperçoit plus les objets que d'une manière )nfuse, quelquefois ils paraissent doubles, ss effets disuaraisseut si l'on accorde à l'œil repos qu'il demande si clairement. Si, au mtraire, on continue le travail, «ils s'acoissent, et une inflammation se déclare. « Une lumière habituellement très-faible pour effet de tenir la pupille continuelle-

ment dilatée, et peut, à la longue, occasion* ner la myopie. Mais ce sont les efforts seuls que l'on fait pour t?oir, à l'aide d'une lumière trop faible, qui rendent celle-ci préjudiciable (1). Sans cela elle n'aurait d^autro effet que celui de reposer la Vue et de conserver la sensibilité de l'œil.

« Si les corps sur lesquels la Vue s'exerce sont trop petits et trop rapprochés, et que l'exercice sur ces objets soit souvent répété, il en résulte la myopie ou l'amblyopie.

« Les couleurs éclatantes produisent des effets analogues è la lumière trop intense (2), de même que les couleurs obscures, telles que le violet, l'indigo, produisent des effets analogues à ceux de l'obscurité. Le rapprochement de deux couleurs tranchées produit sur l'œil .plus d'excitation et de fatigue que lorsque ces couleurs frappent ce sens isolément.

« L'exercice naturel de la Vue est donc celui qui n'expose pas ce sens à une lumière trop intense ni aune lumière trop faible. On devra toujours graduer, par quelques précautions, le passage de l'obscurité à la lumière. On s'opposera à l'action malfaisante d'une lumière trop intense, par des rideaux, des Persiennes, des voiles, des visières, des lunettes-conserves. On donnera à ces objets, et même à ceux de l'ameublement, celles des couleurs qui occupent le milieu du spectre solaire, c'est-à-dire le jaune, le vert, le bleu, et l'on choisira de préférence le vert, qui est la couleur la plus douce, et qui se trouve sur notre globe le plus abondamment ter pandu. » (Ch. Londe, Nouveaux éUmentê a hygiène.)

Des suDstances employées pour produire la lumière artificielle, il faut proscrire, autant qu'on le peut, le suif, qui incommode par son odeur, et dont la lumière est inégale et vacillante. L'huile de mauvaise nature entraîne aussi plusieurs inconvénients; mais l'huile bien épurée est exempte de ces désavantages ; sa lumière est douce, immobile, et sans odeur.- La bougie offre encore un bon moyen d'éclairage. Le gaz hydrogène est plus convenable pour l'éclairage public, pour les salles de spectacle, pour les magasins, etc., que pour un travail où les yeux doivent être occupés, môme médiocrement : la lumière du gaz hydrogène en combustion fatigue promptement l'organe de la Vue par ses oscillations et par son trop d'éclat.

Enfin, pour conserver aux veux toute leur sensibilité sans altération, il faut user sobrement des liqueurs alcooliques, etc. On doit aussi exercer avec modération un sens si précieux, car il s'use par la fatigue, et un repos trop prolongé lui devient défavorable.

{i) Rien n'eai phM dangereux par exemple qne de lire à la faveur du clair de lune, da crépuscule, etc. LlnOammalion et la perte de.rergaM de la Vue peuvent éu^ comme daos le cas d'usé lumière trop vive, la suite de pareils e#brti.

(2) On peut, pour les lecuires soutenaet, adoucir considérablement Téclat du papier blanc par l'asage de verres bleus ou verts. On peut aussi interposer entre le foyer de lumière et le livre une gaze verte u>ès-légère.

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WARTMANN, Coregonus WatHmannii , Cuv., Lac. ; poisson du genre Saumon. — Le Warlmann porte le nom d'un savant médecin de Saint-Gall, qui l'a décrit avec beaucoup d'exactitude. Il se trouve dans plusieurs lacs de la Suisse, et surtout dans celui de Constance» où, depuisie printemps jusqu'en automne, on prend plusieurs millions d'individus de cette espèce.

On le marine; on l'envoie au loin, et, lorsqu'il est frais, il est regardé comme le me Ileur poisson du lac. Il n'est donc pas surprenant qu'il ait été observé avecl>eaucoup de soin, et qu'on sache que c'est vers sa septième année qu'il a près de deux pieds de longueur.

Il fraie vers le commencement de l'hiver. On le recherche à cette époque, mais alors sa chair est moins tendre que pendant l'été. Voilà pourquoi c'est particulièrement

dans celte dernière saison qu*nn grand nombre de bateaux partent chaque soir pour aller le pêcher. Les ûleCs ont fiO ou 70 bra:»ses de hauteur, parce que le Corégone Wanmann se tient souvent à une profondeur À 50 brasses. II s'approche cependant à 20, et même à 10 brasses de la surface de l'eao, lorsqu'il tombe une grosse pluie oa qu'un orage règne dans Tatmosphère : aussi li pécne do ce poisson est-elle beaucoup plus abondante dans ces moments d*agilalion.

Mais lorsque le froid commence à régner, le Wartmann se retire à une si grande distance de fa surface du lac, que les filets ne peuvent pas y atteindre. Ce Curégone se nourrit d Insectes, de Vers, de planlis aquatiques. Vers l'âge de trois ans, il a qucl- (]uefois une maladie qui lui donne onecouleur rougeâlre, et qui empêche qu'on Ycuillô en manger.

ZÈBRE. Voy. Acanthure.

ZÉE. Voy. Dorée.

ZOOGRAl^HIE. Voy. Zoologie.

ZOOLOGIE. — L'objet des sciences naturelles est déûni par les mots eux-mêmes qui les désignent dans le langage Tulgaire. Elles consistent en la connaissance progressive et raisonnée des corps qui naissent ou corps naturels, et ces corps ne sont autres que ceux que nous reconnaissons pour être organisés; la Zoologie et la phytologie ou botanique en sont les deux subdivisions fondamentales, et chacune d'elles constitue, jusqu'à un certain point, une science è part, Quoique dans certains cas il soit impossible d'arriver à des données positives en Zoologie ou en phytologie, si l'on ne considère le phé* Homène que 1 on étudie dans toute la série des corps organisés. La science des corps bruts eçt >nu contraire plus aisément séparable, non-seulement de l'étude des végétaux ou de celle des animaux, mais de lerga- Dologie en général ; la géologie ei la minéralogie la constituent d'une manière spéciale ; car l'impossibilité oii nous sommes d'étudier d'une manière immédiate les autres corps sidéraux , dont la connaissance deyrait cependant ^appartenir è la mênie branche de sciences que la géologie, est la seule raison (jui puisse avoir fait séparer jusqu'ici cette dernière de l'astronomie. Quant aux mathématiques, à la physiuue, à la chimie, à la métaphysique, nous n avons rien à en dire, si ce n'est qu'elles constituant véritablement les données préliminaires appliquables à Fétude des corps naturels aussi bien que des corps bruts ou physiques, et qu'il €St indispensable de les posséder au moins d'une

manière générale, ava!)t d'aborder les «* 1res, et l'importance des trois dernièresncît

tas moindre que celle reconnue par Pidtoa la première d'entre elles lorsqu'il inscrivait à la porte du Lycée : que nal n'ealre ici, s'il nest yersé dans les mathématiques. Aucune difficulté réelle ne s'oppaseila distinction des corps organisés et inorginiques entre «ux; mais il n'en est pas d^ même lorsqu'on veut trouver les limites qui séparent dans l'empire organique te r^ animal du règne végétal. La science, nous ne le dissimulerons pas, ne signale «ucuo caractère précis dont on puisse faire asage« et en effet , même en supposant la sensibililé et le mouvement toujours susceptibles d'être constatés dans les divers degrés de li série zoologique, ce qui éloigne Tanimal da végétal , ce caractère est fugitif autant que U tie à laquelle il appartient, et une fois Téw mort, il ne reste plus que ses organes et si forme générale. Or, n^us verrons qu'il ^ une fraction, celle des vésiculaires,lespla$ inférieurs d'entre eux, tout à fait semhliw

riour la forme et l'apparence organique arw es végétaux les plus simples, végétauiqw l'on a même désignés par le nom que ooas tenons d'emplo^yer pour leurs correspondants en Zoologie. Avouons qu'on n'*guèr« avancé la question, lorqu'on a voulu disfû»guer un troisième rè^^ne or^nisé. Au »«» d une ligne de démarcation, il eût ialla «^ lors en indiquer deux et résoudre trois |»^ blêmes au lieu de deux. .

La Zoologie (zwô», animal, ^©yof, discoofJ* nous semble devoir être définie : l'bisloirt des animaux envisagés sous tous les points de vue, en tant qu'êtres organisés ^g^ sur le monde extérieur et en subissaDll*^

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flacnce ; celle de leur ciploitalion en rnpport arec nos besoins et des lumières intel- Iceluelles que leur observation procure à la philosophie générale. L*antbropo1ogie est une partie de la Zoologie , ou bien nous pourrions dire (si Ton admol, avec quelques savants éroinents, que Thomme et son otude ne sauraient lui être confiés, et que rantbropologie, au lieu d*ètre un fragment modèle de la Zoologie, est, au contraire, une science h part de celle-ci ), que la Zoologie exécute pour les animaux ce que Tanthropologie a entrepris pour le genre humain.

La Zoologie est donc une science de la plus grande étendue ; mais ce n*est point ainsi que beaucoup d*aulcurs Tout comprise, en restreignant maladroitement la signiQca-» tien du seul mot qui puisse la désigner. Aussi, ont-ils indiqué comme sciences collatérales et de môme valeur qu'elle, différents points de vue isolés de l'étude des animaux. C'est ainsi qu'on a fait une physiologie, une analomie, une pathologie, sciences distinctes de la Zoolo^ii*, et dès lors, celleci n'a plus été que la connaissance extérieure des animaux et de leur classification» ou plutôt de leur énuméralion systématique et synonymique d'après hîs catalogues ayant cours. On en a même fait un art , dans quel- [|ues cas un amusement, un jeu d'eniant, et dès lors on s'est justement étoimé que Jos zoologistes prétendissent aussi bien que Jes mathématiciens et des physiciens ou des astronomes, mériter la glorieuse dénomination de savants. Maison ne doute plus de la lauto portée do la science zoologique , dès lu'on veut la connaître d'après le écrits des ;nmds maîtres : Arislole, Albert-le-Grand, iutTon, Cuyier, de Blainviile» et déjà le prenier d'entre eux avait donné pour titre à son nstoire des animaux : mùiiMStt ^(rropuc;, que tous pourrions aujourd hui remplacer par es deux suivants : encyclopédie zoologique. Autrement envisagée, la Zoologie perd son aractère scientifique; elle ne consiste plus iu*en -matériaux, ea faits spéciaux, et le loinbre de ces faits est si considérable, qu'il si impossible à un seul homme de les conlatlre tous. Mais aussi ne faut-il pas oublier lue rétude des lois, l'établissement des for- [)ule3 qui les représentent et la discussion t la confirmation des principes au moyen esquels on arrive à la reconnaissance des OGs et des autres, sont, en Zoologie comme ons toute autre science, le but principal ers lequel doivent tendre les efforts de l'esrit humain. C'est là que les observations de >uto nature des zoologistes doivent conuire, et les faits n'ont par eux-mêmes une aleur que parce qu'ils sont' le seul moyeu 'arHver à ce résultat, lorsqu'on d su les in- ^rpréter et en comprendre la signification. a Zoologie élémentaire ou dogmatique semle donc consister dans la démonstration, au loyen d'exemples habilement choisis, des ns 9 des formules et des principes démonés pas la science, et sa tendance sera l'ex- [>si lion des faits cénéraux, qui, bien connus, •rmeltront à Téleve de comprendre avec fa-

cilité la plupart de ceux que le cas de spécialité lui offriront ultérieurement. Au contraire, la Zoologie d'étude ou critique ' procède habituellement des faits particuliers it ceux dont ils dérivent, c'est-h-dire de l'analyse h la synthèse. L'int»»lligence huroainp s éclaire de la disposition des parties pour arriver à la conception de l'ensemble, et it est rare qu'elle se fourvoie lorsqu'elle prend son point de départ dans un à priori. Il serait sans doute superflu de rappeler qu'on doit se spécialiser, lorsqu'on veutcontribuer aux progrès de la science ; mais une étude

f)réliminaire de Tensemble de celle-ci est e seul moven de le faire avec quelque succès. C'est de ce défaut de connaissances préliminaires en Zoologie que sont nées la pluf)art de ces descriptions, incomplètes si on es compare è celle de Trembley, Daubcnton, Pallas, Savigny, Straus, etc., qui const tuent la majeure partie des recueils périodiques d'aujourd'hui ; aussi , quand on possède un animal, au lieu d'étudier avec soin ses affinités, on en fait un genre nouveau dès qu'on a éprouvé quelque difliculté pour son classement.

Il y a en Zoologie, grâce aux travaux do Buffon, de Bonnet, de Blumenbach, de Lamarck, de Cuvier, do Blainville , d'Okea, de Geoffroy Saint-Hilaire. de Carus, etc., plus de points scientifiques évidents qu'on ne le pense généralement, et le degré de positivisme que cette branche des connaissances ne peut manquer d'acquérir bientôt nesi point une fiction, ainsi qu'on l'a pensé quelquefois. L'espèce d'anarchie , l'absence de lien , qui divise encore bien des zoologistes ont commencé pour certains autres à fairo place à do véritables principes, et si l'anarchie n'a point encore disparu complètement, la cause en est peut-ôtre dans le dé<lain avec lequel on a souvent accueilli les conceptions philosophiques dont plusieurs savants fraii* çais et allemands ont éclairé l'étude des animaux. Cette fâcheuse habitude de critiquer dans les autres ce qu'on n*a pas soi-mému conçu, parce qu'où s'était laissé absorber, blaser pour ainsi dire, par l'étude des détails, n*a pas peu contribué à donner aux personnes étrangères à la Zoologie l'idée complètement fausse qu'elles s'en sont formée. Que de zoologistes ne voient encore dans les dé* couvertes intellectuelles que ce siècle a vues naître, que de simples opimons, au milieu desquelles ils restent eux-mêmes indécis, racontant avec minutie la variante de chaque auteur en renom , et sans s'inquiéter le moins du monde des principes et des données philosophiques qui pourraient tendre b faire voir de quel côté est la vérité.

Les points de vue sous lesquels en peut envisager les animaux, et qui tous sont du domaine de la Zoologie, sont sans contredit fort nombreux, et chaaue jour ou en découvre de nouveaux, déterminés, amenés par les progrès de la science ; on peut cependant acimettre trois divisions primordiales de la Zoologie : !• descriptive zoographi^^

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2* raisoanée ou philoBophioue, 3* appliquée^ c'est alors la zoonomie, Blainv.

La ZooGBiPHiEy ou description des animaux, ne parait complète que si elle fait connaître leur eilérieur (zoomorphie) ; leur construction anatomique (zootomte) ; le mode d*aetion des organes d où résulte la conslruc* tion de l'individu, c'est-à-dire leur physiologie (zoobie), et la vie de l'individu ainsi que de son espèce, c'est-à-dire ses relations avec le monde extérieur [zoéthic^ut^ Blainv.). L'embryogénie rentre nécessairement dans la zoographie, puisque, pour connaître un animal et en faire la description monographique, il faut le suivre dans ses différents âges, aussi bien au commencement de son existence qu*aux époques qu'il précède. La pathologie^ ou l'étude des altérations des tissus ou des fluides organiques, se rattache aussi à celte branche de la Zoologie, ainsi aue celle de l'altération des formes, ou la tératologie,

La Zoologie philosophique ou abslractive a pour but de raisonner les mntériaux de la Zoologie descriptive, de coordonner les faits qu'elle nous signale pour en tirer des conclusions scientiOques, et l'importance des questions qu'elle aborde est bien suffisante pour communiquer à la science qui traite des animaux le véritable degré de considération qu'elle réclame. Sous le rapport cosmograpnique, par exemple, elle aborde l'étude du râle que l'animalité joue dans Tensemble de la création , et par suite , ce-* lui de l'homme lui-même et sa destinée. Elle traite des animaux qui ont existé avant ceux de notre époque, les compare à ceux

3ui y vivent, et elle peut aussi arriver à des onnées, à des certitudes même relatives aux modifications que l'harmonie générale des créations zoologiques pourra éprouver. L'étude des lois, la distribution des animaux sur le sol ou dans les mers, autrement la géographie zoolo^ique, est aussi de son ressort, et les renseignements curieux qu'elle permet déjà d'entrevoir au sujet des harmonies de coexistences animales dans les principaux bassins zoologiques et des changements que l'homme ou les révolutions du globe ont introduitsà ces associations d'êtres» méritent d'occuper activement le monde savante ï>ès lors, elle commence à envisager les animaux pour eux-mêmes, et dans ces matériaux de l'étude qui doit la constituer» elle cherche une unité que l'adoption de l'espèce permet seule de concevoir. Les rapports des espèces entre elles sont pesés avec soin, et leur appréciation conduit à la classification zoologique, classification que l'étude historique nous fait voir empirique jusqu'à cequeles travaux de Ray, de Linné^etc, aient commencé à lui imprimer cette tendance rationnelle et méthodique, qui a même fait donner à la classification, qui sera l'expression véritable des rapports des êtres, le nom de méthode naturelle. C'est aussi cette partie importante de la Zoologie qui nous démontre la fausseté de l'opinion de quelques auteurs sur les trans-

formations que les espèces auraient sobies, de telle sorte que de nouvelles espèces auraient ap(>aru sur le ^obe et nW raient été que les précédentes, modifiées dans certains de leurs organes : elle fait voir, au contraire, la fusion des espèces im certains cas, et elle explique alors les races domestiques qui ne sont le plus souvenlmie desrésultatsdu mélange de plusieurs espèces préexistantes dans un genre naturel, et noo des apparitions d'espèces nouvelles issues d'un type unique ; et cela semble si rrai, que les produits obtenus sont toujours d» moyennes et non des formes nouvelles audessus ou au-dessous des extrêmes. Ainsi s'expliquentlesracesdomestiquesduCbal^da Chien, de la Chèvre parmi les Mammiftfes^ du Coq parmi les oiseaux. L'homme luimême est probablement aussi dans ce cas.

Prise au point de vue de la composition des animaux et des fonctions de leurs parties, la Zoologie philosophique n'a pasmoios d'attraits, et les travaux, importants de Blain* ville, Oken, Geofiroy Saint-Hilaire, Carus, etc., en anatomie de signiûcation,di(e aussi anatomie transcendante ou philosophique, en morphologie et en physiologie» principalement dans m théorie des fiDalités, ont trop bien résisté dans la majorité des cas à la critique des zoologistes qui repoussaient Tintroduction des données philosophiques en science, pour qu'on les regarde encore comme inutiles , quelque grandes qu'aient été certaines de leurs erreurs, erreurs inévitables lorsqu'on s'engage sur ui terrain encore inexploré,.

La Zoologie appliquée» appelée aussi Zoonomie et Zootechnie^ est l'art que rhomœfr a su développer si habilement de tirer parti des auimaux,.comme il Ta fait pour les cor}« bruts et pour les végétaux. Il a assez de pouvoir sur la nature pour la modifier, et les changements profonds qu'il a exécutés dans la répartition géographique des aniroauien sont un exemple, il a repoussé, détruit môme dans quelques cas ceux que leurs appétits carnassiers ou leur brutalité lui rendaient redoutables, et ceux qui lui ont été utiles, ils les a transportés partout avec lui*

{>euplant ainsi d'animaux des contrés à qoi a nature en avait refusé. Les Iles de l'Océanie en montrent des exemples fréquents, el l'on sait qu'en Amérique le Cheval, I'Ak» le Cochon, la Chèvre, le Mouton, et dtfls beaucoup d'endroits le Chien,, n'existaicat pas avant que les Européens eussent feit'* conquête de ce continent. Les animaui qui résistent le plus à l'homme sont ceuxdoot la taille est plus petite. Les Kats, IcsSooris et tant d'autres plus petits encore, troavent dans leur exiguité môme toute la sécurité du parasitisme. Celle troisième part» fondaraenlale de la Zoologie se propo^v^ général, l'application de toutes les dooDé*> auxquelles ce! les que nous avons éouméfées plus haut étaient parvenues, et .elle préseniÈ surtout ce triple caractère, d'être destmctrico sans pilie, quand les animaux Itiis*» nuisibles, modificatrice de ceux mi'cUe a »

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rendre domestiques, et médicale ou curative, lorsqu'elle a besoin de maintenir en santé ceux qu*eUe a modifiés pour les exploiter k sa convenance, ou qu*eile a rendus captifs

Et on but de curiosité ou d*étude scientie; c*est alors la médecine et V hygiène : B-ci conserve la santé, c'est-à-dire l équilibre des fonctions; celle-là y ramène, lorsque l'équilibre est troublé, et ce n*est pas certainement une des moindres conquêtes de l'intelligence humaine.

Nous avons dit, en parlant de la philosophie zoologique, que les animaux étaient les matériaux de la Zoologie; nous devons dire quelques mots sur leur forme générale, sur les principes de leur classification, sur cette classification môme et sur l'histoire de la Zoologie, ses vicissitudes et ses progrès.

De tout temps, sauf de rares exceptions^ on a admis une inégalité de complication dans l'organisme des divers animaux, et ce tait est d'une évidence notoire, même si l'on De compare qu'un petit nombre d'espèces, celles, par exemple, qui sont les plus communes dans notre pays. De là l'idée de série zoologique, d'échelle animale, et l'on sait que Bonnet est un des auteurs qui ont le plus vivement insisté sur ce fait. On ne doit pas se dissimuler cependant que Bonnet ne aoit un de ceux qui en ont donné la démonstration la moins convaincante : ses connaissances et celles de son époque n'étaient réellement point assez avancées; à plus forte raison eût-il été impossible aux anciens de démontrer cette hiérarchie animale dont ils avaient néanmoins le sentiment. Le petit nombre d'animaux qu'ils avaient à leur disposition, à cause du peu d'étendue de leurs relations extérieures, l'absence probable de collections zoologiques dans ces temps reculés, et, de plus, rignorance absolue dans laquelle on était des animaux fossiles, dont plusieurs sont des termes importants de cette série; tout contribuait à rendre cette démonstration impossible, et l'on peut même dire que, pour certains points du règne animal, elle est encore aujourd'hui imparfaite. Lamarckadmettaitoettesérie,maisiletaitloin de la prouver, quoique son système l'exigeât néanmoins plus panaite qu'elle n'est réellement, puisqu'en effet, d'après lui, la série est continue depuis les êtres inférieurs jusqu'à l'homme et composée d'individus seulement, les espèces n'existant pas à l'état fixe dans la nature, et l'animal inférieur s'élant successivement perfectionné, en laissant néanmoins trace de ses divers passages et étant parvenu de la condition d'iniusoire homogène à celle d'être le plus parfait.

Cette hypothèse, née du panthéisme, a donné lieu à cette autre de plusieurs philosophes allemands, que lea animaux supérieurs ne sont que le résultat des complications ajoutées à l'organisme des êtres infé« rieurs, qui n'en sont plus alors, comme on l'a dit depuis en France, ou'nn arrêt permanent du développement. Cest ainsi que dans Ws ouvrages de MM. Oken et Carus, il y a des animaux oeufs, des animaux tronc, des

animaux tètes, ceux-ci n'étant que le résultat d'une addition faite aux seconds, oui se composent eux-mêmes des premiers, plus un perfectionnement ici définitif. Cette gradation existe aussi dans le développement de chaque individu de l'échelle zoologique, et ce (^ui est pour l'animal supérieur caractéristique du premier âge seulement est, au contraire, permanent et de toute la vie pour tel autre des degrés inférieurs de l'échelle, celui-ci devenant alors un embryon permanent de l'espèce supérieure.

Pour M. de Blainville, et cela dès 1816, la série zoologtque est aussi un fait évident, mais la manière dont il procède dans sa démonstration est moins nébuleuse que celle des théoriciens de l'Allemagne, et les perfectionnements qu'il y a depuis lors ajoutés dans ses divers travaux, ont fait de la méthode zoologique de ce savant une classification incontestablement supérieure, et cela de l'aveu universel, aux ^classifications do ses prédécesseurs et de ses contemporains. Goethe avait admis que le règne animal est susceptible d'être représenté abstractivement par un type unique; Cuvier y voyait quatre groupes primordiaux pour ainsi dire anastomosés entre eux, certaines esi>èces paraissant tenir à la fois des caractères de plusieurs de ces groupes, auxquels il avait, à> cause de cela, donné le nom d'embranchements. M. de Blainville admit dès la même époque cinq types ou cadres principaux da I animalité, rapportables à trois formes générales distinctes : la forme indifférente ou irrégulière (Hétéromorphes), la forme rayonnée (Actinomorphes), la forme paire (Artiomorphes ou Zygomorphes). < Je suis arrivé, dit-il, à mettre en première ligne la disposition des différentes parties ou la forme générale des animaux, ce qui se trouve concorder avec celle du système nerveux, quand il existe ; puis l'organe qui soutient cette forme ou la peau et ses annexes; après cela les appendices qui s'y ajoutent et s'y développent; enfin les différentes modifications et combinaisons de ses appendices, c'est-à-dire des organes des sensations, de la locomotion, d'ius ses différentes espèces, de la mastication, et jusqu'à un certain point de la respiration.

« En sorte que toutes les principales divisions que je propose, et les seules que je regarde comme tout à fait bonnes dans mon système, sont entièrement établies sur les organes de la vie animale ; aussi n'est-il plus question, dans ce prodrome, de circulation, de cœur à un ou ueux ventricules, de sang chaud ou froid, rouge ou blanc, de respiration aérienne ou d(]uatique, double ou simple : caractères qui, outre qu'ils ne sont pas fierceptibles par eux-mêmes sans anatomie, sont à peine traductibles, et sont beaucoup moins importants, c'est-à-dire offrent des caractères zoologiques d'une beaucoup moins grande valeur qu'on ne le pense communément. »

Si l'on fait attention aux formes des animaux, on voit que leur caractère principal.

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