‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 20 sur 204 · APR · texte numérisé non relu

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L'Apogon commun, que Ton nomme vulgairement Roi des Rot^gets^ habite pendant la plus grande partie de Tannée des profondeurs inaccessibles. Ce n'est qu'à 1 époque du frai, épooue qui arrive aux mois de juin, juillet et août, qu'on en prend, même en très-grande abondance. La chair en est délicate et agréable au goût.

Parmi les espèces étrangères» la plus remarquable est l'ApoGoif à mois taches {Apogon irimaculatus^ Cuv.) ; il est Ions de sept pouces au moins ; le fond de sa couleur est rouge comme chez presque tousses congénères; les trois taches qui lui*ont valu son nom spécifique, sont noires et placées , Tune sous la première dorsale, l'autre sous la seconde et la troisième sur la queue.

APPAT. En terme de chasse et de pêche, ce mot désigne certains moyens dont on se sert pour tenter l'appétit et attirer dans le piège les animaux dont on veut se saisir. Ainsi on appelle appâts le grain qu'on répand sous le trébucnt't, auprès des branches enduites (Je glu, pour prendre les oiseaux ; le ver qu'on atlacne à Thameçon pour amorcer les poissons. Mais ces ressources que l'homme a trouvées dans son industrie, la nature les a libéralement départies à plu* sieurs animaux , moins favorisés sous d'autres rapports ; lorsqu'elle accordait aux uns la force et le courage, à d'autres l'agilité, radresse et la ruse, elle remplaçait chez certaines espèces toutes ces qualités par quelques dispositionsorganiques. Elle les doudit, en quelque sorte, d'appUs naturels qu'ils mottentà profit pour s'emparer de leur proie, et satisfaire au besoin de se nourrir. Ainsi les pics plongent dans les trous des arbres ou oaos les fourmilières leur langue rélractile et gluante, et la retirent chargée de petits insectes qui y sont attachés. Ainsi, I on trouve encore de merveilleux exemples de cette prévoyance dans l'organisation si sin*

Siilière de certains poissons et surtout de la audroie. Cet animal, que les habitants de KArchipel grec ont nommé le Pécheur, que Plularque, Aristote, Pli-^e, ont décrit, dont Cicéron dans son livre de Natura deorum et Oppien dans ses Halieutiques ont aussi parlé, a trouvé depuis un fidèle historien dans Bi Ion , qui nous raconte en ces termes ce u'il avait observé sur les mœurs de la audroie : « C'est, dit-il, un poisson moult laid à voir, duquel on ne tient grand compte pour manger , mais seulement pour l'éventrer et lui tirer les poissons qu'il a encore dans le corps; car c'est bieil le plus gour-» mand de tous les poissons du rivage ; aussi n-l-il une gueule si grande (ju'il pourrait ai-^ sèment dévorer un grand chien d'une goulée. Il porte deux ailes sur le dos, lune quasi entre les deux yeux, composée de plusieurs petites lignes desauelles il y en a deux de la longeurd'un pieu et demi, et au bout d'icelles, il y a comme une manière de chair blanche semblable à un appât ou* amorce , qu'on en a coutume de mettre aui hameçons, duquel appâtée diable déçoit les poissons après qu'il a troublé l'eau fan-

geuse, puis s'étant attapi contre terre» il ne montre sans plus que ces deux lignes au-dessus do l'eau. » Dominée par sa gloutonnerie, la Baudroie ne saurait l'assouvir par le moyen de cette pêche à la ligne, qu'elle exerce cependant avec tant d'adresse, si elle ne déployait en même tem|>s d'autres ressources. « En effet, dit M. Geoffroy Saint- Bilaire {Rapport à Clnstitut sur unmémoire de M. Baiily), il faut la considérer en ellemême, elle tout enlière, comme offrant un appât, comme se présentant soi-même comme curée aux petits poissons, qui^ se nourrissent de vaseoudedéhrisd'animaux'qui y sont môles. A la mucosité dont sa peau et sa chair mollasse sont abondamment recouvertes, et dont tous les poissons se montrent extrêmement friands, elle ajoute une vase fangueuse dont elle enduit son corps et l'extérieur de sa gueule immense, elle s habille , en quelque sorte, d'un limon d'une odeur fétide, qui par conséquent avertit au loin et fait accourir près d'elle. » (Voy. Baudroie). Rapporter ici en détail ces appâts perfides, ces amorces trompeuses, que quelques animaux tendent à dautres pour les faire tomber en leur puissance, ce serait empiéter sur l'histoire de chacun d'eux : nous devons donc y renvoyer.

APRON, Aspro^ genre de poissona dm l'ordre des Acanthoptérygiens^ famille des Percoides. — Ces poissons ne se distinguent essentieilement des Perches proprement ûi^ tes que par leur museau bombé en avant de la bouche , et l'intervalle qui existe entre leurs deux dorsales ; ils ont des dents en velours aux mâchoires ainsi qu'aux palatins ; et leur ventrales sont fort éloignées. On en connaît deux esfièces, toutes deu£ propres à l'Europe : I'Apaon obdinairb {As*

Îro vulgarisy Cuv.,) Perça aspro^ Linn. ; et le iisGLE. {Aspro zingelf Cuv., Perça xîtige/, Linn.)

£n France^ c'est seulement dans le Rhdné et ses affluents que l'on trouve l'Apron or^ dinaire, qui habite aussi le Danube et ie^ rivières qui en sont tributaires. Le Rbin, i ce qu'il parait, le nourrit également, et, s'il faut ajouter foi à ce qu'avance Georgii^ \ei eaux du Volga, du Jaïk, de l'Irtisch^ ainsi que celles qui viennent s'y rendre, pr^ui sent aussi ce poisson.

Aujourd'hui les pêcheurs du Rh6nô M lé connaissent plus sous ce nom d'Apron, qutf lui a restitué Cuvier, et qui, suivant le léteoignagede Rondelet, était celui par lequel, à cause de la rudesse de ses éoailleSy on le désignait autrefois à Lyon. C'est Sorcier

Su'on le nomme maintenant en cette ville. trebert ou Strœbert est le nom qu'il porte en Bavière et en Autriche ; il est connu sous celui de Kutx à Bâie, et dans certains pays d'Allemagne on l'appelle Pfiffert,

L'Apron ordinaire n'excède jamais six ou I Sept pouces de longueur.

Ce poisson, dont la chair est blanche, légère et d'un goût agréable, se nourrit de versi aime les eaux pures et vives et se

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