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germanique, c'est le même nom qu*il porter mais modifié suivant le caractère de chacune d'elles. Celui de Béluga ou Bélouga est russe et a le même sens : il signifle blanc ; et, comme le nom allemand, il a été donné à la fois à ce Dauphin et à des poissons remar-
auablcs par leur blancheur, naturels aux euves qui se jettent dans la mer Glaciale ou dans la mer du Nord, et qui appartiennent à des espèces diflférentesVune de l'autre. On n'a jamais méconnu les analogies du Béluga avec les cétacés.
Cette espèce se rencontre fréquemment en troupes sur tous les rivages cfe l'Océan arctique et vers l'extrémité orientale de la Sibérie, surtout aux embouchures des fleuves poissonneux : souvent elle les remonte jusque fort avant dans les terres avec les poissons, et fait sa proie des plus grands d'entre ceux-ci, principalement de Saumons. Elie ne descend pas au delà du 56* degré de latitude australe. Elle est commune dans la mer d'Okhots et dans le golfe de Penzinsk jusqu'à rUth, et surtout à l'embouchure du Tigil, puis aux embouchures de la Katangha, de la Lena, de la Yénissey, de l'Obi et de la Petschora ; on l'a vue remonter l'Obi jusqu'au confluent de l'Irtich, et la Yénissey jusqu'à Tongousk.
Ces Dauphins nagent avec beaucoup de rapidité, recourbant leur queue pour irap-
Cer l'eau. On les distingue à leur éclatante lancbeur. L'eau jaillit de leur évent à une grande élévation. Les mères accompagnent leurs petits, qu'elles mettent au monde au
f)rintemps, et au nombre de deux« La coueur de ceux-ci , dans leur premier âge, et même quelquefois quand ils ont quatorze pieds de longueur, est d'un brun cendré, qui disparaît avec l'âçe en commençant par le ventre, et fait entin place à un blanc de lait. L'abondance de leur graisse , semblable à celle du Porc, leur fait donner la chasse, à Tembouchure des fleuves, par les peuples ichthvophages. On les prend avec des tilets^ très-forts, avec des harpons, et aussi avec des hameçons amorcés de poissons. Leur chair, quoique noire, n'est pas dédaignée. Les filets sont taits de la peau de ces Dauphins coupée en lanières. Les Samoièdes ifixeot à des pieux le crâne de ceux qu'ils prennent, et les consacrent à leurs dieux.
On rencontre encore cette espèce en abondance du côté de l'Amérique, et dans toute la mer Boréale. On l'a vue, poussée par la marée, remonter le fleuve Saint - Laurent jusqu'à Québec.
BICHIR, Polypterus, c'est-à-dire ayant de nombremes nageoires. — - Ce poisson, rangé dans la famille des Esoces, a des caractères particuliers tellement remarquables, qu'il n'est pas. possible de le confondre avec les autres genres de la même famille. Ce genre a quelque chose de la nhvsionomie du Caïman, ressemblance qu'il doit à ses té-
Soments, à la distribution et à la grandeur e ses écailles; le port de ce poisson le ferait prendre pour un Serpent, et c'est, ce qi|i lui a valu de la part dds Egyptiens le
nom de Bichir. Son c<9rps est allongé, reTétit d'écaillés pierreuses; .ce qui le distingue au premier coup d'œil de tous les poissons* c'est que le long de son dos règne un grand nombre de nageoires séparées, soutenues chacune par une forte épine qui porte que)— ques rayons mous. La caudale entoure ie bout de la queue , l'anale en est fort près» les ventrales sont fort en arrière, les pectorales sont portées sur un bras écailleux ou peu allongé. On verra par le passage suivant du mémoire de M. Geofl'roy quels sont les reuseignements qu'il a obtenus sur le Bichir.
« Quelque attention que j'aie pu apporter à prendre des informations sur les mcpurs de ce poisson, dit-il, je n'ai pu y réussir ; on le trouve si rarement dans le Nil , que quelques pêcheurs m'ont avoué n'en avoir jamais vu d'autres individus que ceux que le leur avais mis sous les yeux. » C'est à répoque des plus basses eaux qu'on le péchait. Le Bichir n'habite que les lieux les plus profonds du fleuve; il vit constamment dans la vase, et abandonnant ses retraites seulement pendant la saison d'amour, il vient quelquefois alors se renfermer dans les filets des pécheurs. On ignore son genre de nourriture; d'après l'étendue de sa gueule, les dents nombreuses dont ses mâchoires sont armées, et la conformation de son canal intestinal , il y a tout lieu de croire que le Bichir est Carnivore.
Sa chair est blanche et plus estimée que celle des autres poissons du Nil. Comme on ne peut entamer ce poisson avec le couteau, on est obligé de le faire cuire ; sa peaa se détache alors plus facilement, et on Teulève d'un seul morceau. On connaît une autre espèce de ce genre, trouvée dans le Sénégal et difl'érant de la précédente par un moins grand nombre de nageoires dorsales.
BILE. Voy. Digestion.
BINNY. — C'est le nom que les Êgyplisns donnent au Cyprinu$ lepidotus de Geoffroy. Ce poisson, très-abondamment répandu dans le Nil, se vend un prix assez élevé, parce que sa chair est très-recherchée des Arabes. Ce qui prouve combien ce poisson est estimé en Éçyple, c'est qu'il existe, principalement à byout et à Gêné, des hommes qui n'ont pas d'autre état que celui de pécheurs de Binnys. Ces hommes se placent* à la portée de l'une des anses du fleuve, dans un endroit où le rivage est escarpé et s'élève au-dessus de la surface de l'eau. Là, ils se pratiquent dans le sable des creux o.ù ils placent des briques qu'ils emploient à divers usages ; des nattes qui leur servent de lits et de tapis, et quelques ustensiles de ménage; telle est leur habitation. La pèche se fait de la manière suivante : on attache au bout d'une longue corde trois hameçons, audessus desquels on met une boule trèsgrosse, composée de bourbe mêlée et pétrie avec de l'orge germée; le poids de celte boule l'a fait plonger avec les trois hameçons, que l'on amorce en y suspendant des