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REPTIUS ,
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blés et yives; un jauoeplusou moins foncé, plus ou moins voisin cfu brillant de l'or ou de l'éclat de Targenl, et relevé par de belles taches rouges, règne sur tout son corpa. il se nourrit de jeunes Crabes jet de petit* animaux à coquille. Plusieurs causes s^ réunissent pour produire sur ses tégument^ ces teintes distinguées : la chaleur du climat gu'il habite, l'abondance de la lumière qu| inonde la surface des mers dans lesquelles il vil, et la nature de ralimenl qu'il préfère, et qui nous a paru être un des principes de la brillante coloration des poissons. Mais quoique ce Blennie, exposé aux rayons du soleil, piiisse paraître quelquefois parsemé^ pour ainsi dire, de rubis, de diamants et de topazes, il est encore moins remarquable par sa parure que par ses habitudes. Les petits sortent de Pœuf dans le ventre de la mère, ils viennent au jour tout formés. Il n'est pas le seul de son genre dont les œuft éclosent ainsi dans l'intérieur de la femelle. €e phénomène a été particulièrement observé dans le Blennie que les naturalistes ont nommé pendant longtemps le Vivipare.
Le Blennie Sadteuh ( Blennius Saliens , Lacép. , Cuv. ) , a été découvert auprès des fivaj^es, et particulièrement des récifs de la Wouvelle-Brelagne, dans la mer du Sud. Il y aélé observé en juillet 1768, lors du célèbre voyage de Bougainville. Commerson l'y a vu se montrer par centaines. Il est très-petit , puisque sa longueur totale n'est ordinairement que de 66 millimètres, sa plus grande largeur de 5, et sa plus grandehauteur de 8.
Il s'élance avec agilité, glisse avec vitesse, ou , pour mieux dire , et pour me servir de l'expression dé Commerson , vole sur la surface des eaux salées; il préfère les rochers les plus exposés à être battus par les vagues agitées, et là, bondissant, sautant, ressautant, allant, revenant avec rapidité, il se dérobe en un clin d'œil à l'ennemi qui se croyait près de le saisir, et qui ne peut le prendre que très-difficilement.
Il a reçu un instrument très-propre à lui donner cette grande mobilité. Ses nageoires pectorales ont une surface très-étendue, relativement à son volume; elles représentent une sorte de disque lorsqu'elles sont déployées ; et leur longueur , de 12 millimètres, fait que , lorsqu'elles sont couchées le long du corps, elles atteignent à très-peu près jusqu'à l'extrémité postélieure du corns^ Ce ranport de forme avec des Penses, des Scorpènes, des Trigles, des Exocets, et d'autres poissons volants, devait lui en donner aussi un d*habitude avec ces mêmes animaux, et le douer de la faculté de s'élemcer avec plus ou moins de force.
Blbnnie Phous. — Ce Blennie vit dans rOcéan et dans la Méditerranée. Il 8*y tient auprès des rivages, souvent vers les emb. uchures des fleuves ; il s*j plaît au milieu (les algues; il y nage avec agilité ; il dérobe aisément à ses ennemis son corps enduit d'une humeur ou bave très-abondante et très^
visqueuse, qm lui a faiit donner un de noms ; et quoiqu'il n'ait que deux déctmèires de longueur, il se débat avec courage contre ceux qui l'attaquent, les mord avec .obstination, et défend de tontes ses forces une vie qu'il ne perd d'ailleurs que diflieiiement.
11 n'aime pas eeulenieot k se caeber budessous des plantes marines, mais eooore dans la vase ; il s'y enfonce comme dam un ^sile, ou s'y place comme dans um embuscSide. 11 se retire aussi très-souveat dans des ;trous de rocher, y péaètre fon avant, et de là vient le nom de Perce- pierre qu'où a donné à presque tous les filenoies, mais qu'on lui a particulièremei^t appliqué, il se jnourrit de très-jeunes poissons, de lrès-p€K lits Cr/<bes, ou d'ceufs de leurs espèces ; il rechicrche aussi les animaux à coquille et
S'iacipalement les Bivalves, aur lesquels la i m et sa grande hardiesse le portent quelquefois à se jeter sans pr^catilion à liustafU où il peut devenir la victime de sa téuké- 1* ité, être saisi entre les deux battants refermés avec force sur lui ; et c'est ninsi que fut pris comme dans un piège un petit poisson que nous croyons devoir rapporter à l'espèce du Blennie Pholis, qui fut trouvé dans une huître au moment oii l'on en écarta les deux valves, qui devait y être renfermé depuis longtemps, puisque l'huître avait été apportée h un très-grand nombre de myriamètres delà mer, et que découvrit ainsi, dans une sorte d'habitation très extraordinaire M. Saint-Amans, professeur dilisloire naturelle dans l'école centrale du département de Lot-et-Garonne.
BLÉPHARK. — €enre de poissons, feraillc des Voraers deCuvier. Les caractères principaux de ce genre consistent dans de très-petites épines à I apremière dorsale; les premiers rayons de la seconde dorsale et de Vamie prolongés en fils déliés, les ventrales irèsprolongées, et le profil tranchant. Ce genre renferme trois espèces bien dietinctes. La première est le BLépHAHis bes Inobs (Bitphà'ftt Indicut^ Cuv.}. Lacépède, TecberenanC l'usage de ces longs filaments qui gémissent plusieurs des rayons de ses nageoires, pense qu'ils ne peuvent servir ni à ees flaouvereenta ni à sa défense ; mais on ne sera pas surpris, dit ce naturalisle, loraqu'ea apprendra par quelques observateurs qu'ils iimeent sur les habitudes de^ee poissofi. Il est prebaMe ^que ee Zée, qui oe peut pas employer beaucoup de force pour vaincre sa {iroie, ni peut-être une grande vitesse pour la saisir, k cause de la hputeur et de la faible épnaseur de sou corps, ce qui doit rendre sa natalion pénible, a recours à la ruse que ees ^lamenta lui fourniaseut : il se tieot dans un état de re» pos qui lui permet aisément de dérober sa pnésanœ à de petits poissons, surtout lors*
Su'il est à demi caché par les végétaux ou les ifféreuts corps derrière lesquels il se place; et que, posté en embuscade, il eœfdoie une partie de ces mêmes filaments, comme plusieurs poissons osseux ou cartilagineux se servent des leurs, pour tromper les poii*
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sons encore trop jeunes et trop imprudents,
^s'eioptrent de ces filaments agités eu rents sens, les prenant pour des Vers ■iiisf eu fluriatiles, et croyant se jeter desiQS, se précipitent, pour ainsi dire, dans la gBwle de leur ennemi. Mais, comme ces ifasents ne paraissent pas avoir de muscles proppes, susceptibles «ie les mouvoir à la vo-, lenté de ranimai, cette conjecture est peu Trtisemblable ; il est plus probable oue les Mpbaris dmvent nager avec rapiniié et <ra*ili trouvent aisément leur nourriture «s tne mer qui fourmiMe d'animalcules de toas genres ; d'un aatre côté, il 7 a dans b daiBe des poissons tant d'appendices de lOQtM sortes, auxquels il eM impossible d'attribuer d'autres usages que celui de les distifiga^r les uns des autres, que ces sortes ie conjectures seront toujours trop vagues pour qu'on ne puisse pas leur opposer des coDjectures toutes différentes.
La setonde espèce de ce ^enre est le BléniitisDra Antilles, appelé Cordonm>r à la Martiaique (Blepharis Sutor^ Cuv.).
Les Antilles nourrissent encore un poisson de ce genre, qui porte également le nom deCar40fiatfr è la Martinique; c'est le cwand CoàDomuEA [Kepharis major ^ Cuv.)
W)A. — LorsGu'on cherche è remonter è
V9n^i\e et i Vélymologie du mot J?oa, on
trouve qu« ee twkd, chez les Grecs, servait
k désigner des sortes de papules morbides
de la pt*ao, »ssei analogues à celles de Tur-
tkme ou de furtication que l'on croyait dé-
ierminées par la morsure d'un Serpent dl-
raf)e,qui, disait-on, suivait les troupeaui
de Bœufe pour sucer le lait des Vaches,
ainsi qu'ao le ¥oit par ces vers de Georgius
Kttor r
Bm fméim Mêrp^tu, quem ^lv$ Itala n^trU , Bue tubi^huM plures lac enulrir^ docêut,
Mmû aat impessibfe de détermiiier è quelle espéee des Serpents de cette contrée le nom de to a ladis été affecté. Dans la su^rposi- ^iooqte la n^ca de Boa avait été appliqué à dtsSefpeols capables de pouvoir dévoror ^infe, et n'en pouvant trouver en Italie rf'itne taille assez considérable pour leur Mvp^ner tuoe pareille voracité, on a été <Wàier les Boas des anmens parmi les grand«» espèces de Serpents d'Àfinque et d'Asie; tetteapplicatieedamol Boa était une eiteufloo tout à fait arbitraire ; mais elle devint <♦ ormveatiofi ^nérale et elle fut longtemps «•«arvée. Depuis, on restreignit l'applica-^ ioB du mol Boa à eem d'entre ces grands '•rpaota qoi ont des lamelles entière^ sous Il (joeua; et aujourd'hui on le donne seule- ■€ot aux espèces de cette famille qui ont l'inus poorvu de crochets ou ergots ; ces Serpenta ont d'ailleurs la tète petite, en proportion de la longueur de leur corps, pyra- Midale, déprimée en arantj renflée en ar- Hèrc, le museau mousse et brusquement Irooqué, disposition qui a fait comîparer la tête des Boas è celle du diien braque ; le oou est mince et semble d'autant plus grêle, «fje le corps et la tôle sont plus renfles ; le
corps est ordinairement très-long, fnsiforme, atténué à ses deux extrémités, renflé dans sa partie moyenne, plus ou moins comprimé latéralement \ la queue est longue, flexible, pren?ïnte; te bouche est grandement fendue, le maxillaire inférieur porté sur un os mastoïde libre et détaché; la langue protractile, longue, étroite, terminée par deux filets grêles pointus comme celle des Couleuvres, et renfermée, comme chez ces mêmes Ophidiens, dans un fourreau membraneux, pendant l'état dti repos ; les dents sont nombreuses, uniformes, presque égales, coniques, simples, légèrement recourbées en arrière, sans canal intérieur ni sillon extérieur, disposées en rangées lonpîitudinales le long des bords des os des mâchoires, et sur chacun des côtés du palais. On en compte 19 à 20 ^ chaque ranscée palatine, et 16 ?» 20 è chaque rangée maxillaire, en tout 120 environ.
L'iris est verticale rhorahoïdale chez les Boas, ce qui détruit l'assertion oes autours qui ont cru voir dans cette disposition de la pupille un caractère propre aux espèces venimeuses. Un de leurs poumons est encore de moitié plus petit que Tnutre; leurs vertèbres antérieures paraissent renforcées par un calaal qui quelquefois est, dit-on, libre et détaché du cricéal ; l'on trouve sur les côtés de Vanus et cachés sous la peau des rudiments de membres postérieurs, dont les crochets ne sont que le prolongement extérieur. Ces pièces consistent en un os long, grêle, qui a été considéré comme un vestige du fémur ; il aboutit è une petite pièce cartilagineuse excavée en bas pour recevoir la tête arrondie d'un os court, coudé légèrement, que Ton a regardé comme un os du métatarse, parce qu'il porte la phalançe unguéaie ou crochet ; la pièce cartilagineuse porte en outre, en dedans et en dehors, une
1)etite pièce osseuse, grêle, qui se perd dans es chairs. Des muscles particuliers insérés sur ces diverses pièces servent è les mouvoir, mais dans une étendue très -bornée. Peut-être, et d'après certaines théories anatomiques, devrait-on voir dans ces pièces des rudiments de bassin et des restes de membres postérieurs plus vesti^paires qu'on ne l'a supposé; le grand os, considéré comme un fémur, est peut-être l'os des îles ; l'apophyse interne, sans détermination, serait un pubis, l'externe, un ischion, venant, selon les lois observées ailleurs, se réunir à ses congénères dans la cavité cotyloïde encore épipnysaire, et l'os du métatarse, articulé par un condjle arec cette cavité, serait, dans cette supposition, un fémur contourné comme il l'est chez tous les reptiles, et terminé par un os qui par farrêt ae développement, devenu normal ici, aurait pris la disposition terminale obligée, la forme d'une phalange unguéale. Ces crochets, longs d'une a trois lignes, servent, dit-on, do.rganes contenteurs pour Taccouplemeot ; quelques auteurs prétendent que le Boa s'en sert aussi pour la progression et pour retenir la proie dont il cherche à s'emparer. Les Boas ont
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tantAt des plaques en petit nombre sur le dessus du museau, quelquefois la tète est recouverte d'écaillés comme le reste du corps, celles-ci sont en général assez petites à proportion de la taille de Tanimal, rhomboïdales ou subhexagonales, imbriquées, serrées, lisses, si ce n'est dans quelques espèces où elles sont légèrement carénées ; les lamelles du ventre sont assez étroites, celles de la queue le deviennent davantage h mesure qu'elles approchent de l'extrémité. Il n'est pas rare de rencontrer quelquesunes d'entre elles accidentellement doubles ou divisées.
Les Boas habitent dans des trous de rochers, dans le creux des troncs d'arbres excavés par le temps et les saisons, ou bien ils se pratiquent des sortes de terriers au pied et entre les racines des grands arbres. On reconnaît facilement les approches de leurs repaires, parce que le poids de leur corps couche et renverse les plantes et les arbrisseaux quicroissentdansleurvoisinage; mais, en général, ils ne s'enfoncent dans leur retraite que pour la ponte et i>our passer le temps de l'engourdissen^etit biémal ; car il est k observer pour les espèces brésiliennes, (fu'ellos ne subissent pas d'engourdissement estival; la température de ces contrées, modérée par les vastes ombrages des forêts vierges, leur permet de résister à l'effort de la chaleur ; et, cette action s'étendant aussi aux c«)ramensaux dont ils font leur nourriture, la disette ne provoque pas leur retraite forcée. Les Boas ne vivent pas en société, mais il n'est pas rare, en défrichant, de trouver plusieurs de ces Serpents réunis et enlacés dans le même trou ; quelquefois l'on rencontre parmi eux des Serpents de familles étrangères ; Ophidiens venimeux ou non venimeux, tout se confond dans ces cavernes ; des petits Mammifères hibernants se mêlent même à eux, paraissant compter sur la foi antique d'une patriarcale hospita.lité. Le plus souvent, hors les époques de la ponte ou de l'engourdissement, les Boas se tiennent enlacés aux pieds des arbres, cachés sous des feuilles tombées, des troncs pourris, dans une sorte d'immobilité stupide dont ils ne sortent que lorsqu'ils sont pressés par l'aiguillon de la faim ; les uns vivent dans les contrées sèches et sablonneuses, d'autres vivent sur le bord des ruisseaux, des fleuves ou dos mares, s'enfonçant souvent dans i'eau et dans la vase, ou se suspendant aux branches penchées h la surface du liquide, épiant les animaux qui viennent se désaltérer; malheur à l'infortuné poussé par la soif qui approche dans son inadvertance à la portée du monstre; il est enlacé dans les longs replis du Serpent avec une promptitude presque aussi vive que celle de l'éclair» ses os sont brisés contre l'arbre qui sert de point d'appui aux anneaux musculeux du Reptile, qui enfin Tengloutit, la tête la première dans son énorme gueule, dont les parois diductibles permettent un écartement qu'on serait loin de supposer de prime abord. Ni^anmoins les Boas o*ont rien de venimeux, et ils ne s'attaquent
guère qu'à de petits animaux, tels que des Rats, des Capibaras, des Pacas, des Agoutis ; les Chiens en chasse sont aussi quelquefois exposés à être saisis par les Boas, mais ils ne s'attaquent jamais aux grands Quadrupèdes et moins encore à l'homme ; aussi les redoute-t-on fort peu : l'on ne se donne pas même la peine de donner la chasse h ceux
3ui parfois viennent s'établir un peu près es habitations, et dans les excursions, c'est presque par désœuvrement que Ton tue d'une flècne ou d'une balle ceux que l'on rencontre. Dans certaines maladies, l'on recherche la graisse des Boas ; leur peau, fratchement détachée et appliquée sur le ventre, est regardée comme un remède souverain pour un grand nombre d'affections morbides des organes abdominaux ; car la foi est la vertu capitale de la médecine populaire, et tout ce qui est étrange a le donderinspirer: on mange parfois Ta chair des Boas, on 4anne leur cuir et l'on en fait des sell^ cd des bottes ; il n'est pas rare d'en voir quelques paires en Europe où on les apporte comme objets de curiosité ; mais ces animaux ne sont pas faciles à dépouiller à cause de la contractilité singulière de leurs fibres musculaires, dont la force se conserve et persiste longtemps après qu'ils ont été blessés à mort. On se rappelle, au sujet de cette particularité d'organisation, d'autant
f)lus remarquable qu'elle contraste avec la enteur habituelle des mouvements de ces animaux, l'anecdote rapportée par Steflmann.
« Le Caron se trouvait à moitié cbemio entre les criques de Cormo-Etibo et de Barbaça-Eda, quçnd la sentinelle m'appela pour me dire qu elle voyait quelque chose de noir qui se remuait sur le rivage et qfui ne répondait pas, mais que, d'après sa forme, on devait conclure que c'était un homme. Je fis aussitôt jeter l'ancre, je descendis dans le canot, et je m'avançai vers le lieu désigné; alors un des esclaves, nommé David, dé* Clara aue ce n^était pas un nègre, mais un
faraud Serpent amphibie. David me demanda a permission de s'avancer pour tuer l'animal , et il massura qu'il n'y avait aucun danger. Nous avançâmes; à peine avions nous fait cinquante pas dans la vase et dans Teau, que le nègre* me dit : Moi toir le Serpent I Jq fus quelque temps avant de pouvoir distinguer sa tête éloignée de moi de plus de seize pieds; je tirai, mais ayant manqué la tête, la balle s'enfonça dans le corps; l'animal se sentant blessé, s'agita en tous sens avec une vigueur étonnante » et telle qu'il coupa les broussailles dont il était entouré avec la facilité d'un homme qui fauche un pré; il enfonçait sa queue avee violence dans l'eau et nous couvrait par ce moyen d'un déluge de vase qui volait è une grande distance. Le nègre me pria de recommencer l'attaque; je fis feu et avec aussi peu d0 succès que précédemment. N'étant alors que légèrement atteint, cet aninaal nous envoya un nuage de poussière mêlée de boue, tel que je n'ai jamais vu de pareit
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qœ dans un ouragau. Je me laissai entraîner ^qd troisième essai; nous déchargeâmes Dosliois fusils à la fois, et Tun de nous eut le boobeur de tirer le monstre à la tète. Barid courut vers la barque et rapporta la corde de la chaloupe, afin d'entraîner notre jiw dans le canot; mais ce n*était pas eboee aisée; car, quoique blessé morteUewent, le Serpent continuait à se tordre de t«Ue aorte , qu'il était dangereux de s'a- Tmeef ; le nègre cependant, ayant fait un iKBod coulant, parvint à s^apnrocber et à le lui jeter arec beauQOup d'acfresse au cou. Noos le tirâmes tous alors jusqu'au rivage; il mait toujours, et nageait comme une Anguille; arrivés près du Caron, nous cherfUSoes la manière de placer le monstre; nais , n'en trouvant point de convenable , nous primes k la fin la résolution de le conduire iBarbaça-Kda pour l'y dépouiller sur le rime, et prendre sa graisse ou son huile. Afe d eiéeuter ce projet, David, tenant en maio le bout de la corde, grimpa sur un vbre, la plaça entre deux branches, et les tatres Degrés hissèrent le Serpent jusqu'en haut. Cela fait, Bavid quitta l'arbre, tenant un couteau fort pointu entre ses dents ; il s'attadha au monstre qui toumovait touioun\\\tomiiieD^ l'opération par lui fendre la peau près du cou, ensuite il l'en dépouilla et eoDtiiraa de la sorte en descendant jusqn'eo bas. Outre cette peau, David me pro- CUTI par là plus de quatre gallons de fine gni&e ehri6ée, ou plutôt d'huile, quoiqu'il 7 eo eût eocore une plus grande auatité de pCTdue. Je remis cette huile au chirurgien de l'hôpital de Vil's harwar, pour les blessés, et j'en reçus leurs remerciements ; car elle dit an eicellent remède, surtout pour les iDeurtrissures. Quand je témoignai ma surprise de voir Tanimal toujours en vie quoiqae priré de ses intestins et de sa peau, le vieai nègre Caramaca me dit, soit qu'il le sût par expérience, soit par tradition, au'il De mourrait qu'après le coucher du soleil. Les nègres le découpèrent pour raccommoder et s'en régaler; ils déclarèrent tous <rQ*il<tait excellent et très-sain. Sa chair est Ir^i^-UaDche et semblable à celle d'un poison; tous les D^^s en mangèrent sans répQgnance, mais je remarquai une sorte de a^ntentement parmi les soldats de marine ^m'accompagnaient de ce que j'avais laissé pnodre leur chaudière pour la cuire. »
Les divers actes de la reproduction des fcas ne diffèrent pas de ceux des Couleuvres; comme ces derniers Ophidiens, ils pondent des oeufs à enveloppe coriace qu'ils «tmdonnent dans le sable ou dans la terre sMie, peut assée. Les œufs des Boas sont à peu près de la grosseur des œufs de nos Oies de tMSse-eour, mais de forme plus ellipsoïde; les petits, lorsqu'ils quittent Tœuf , ont 10 ^ f( pouces de long et la grosseur du <^ot^« leur accroissement est assez rapide, mais on en i^ore au juste les limites. Sans doute ces animaux ne sont plus aujourd'hui dans des circonstancesaussifavorablesqu'autrefois \fo\iT leur libre développement, mais
les plus grands que l'on observe maintenant neaépassentpas 20à34' pieds de longueur, et l'onlnerencontrenulle part dans les collections des vestiges de cette taille gigantesque mentionnée par quelquesvoyageurs; et pour nepas parler de ceux dont le témoignage doit paraître suspect par son exagération , on peut citer le fait suivant : « Croirait -on, dit Stedmann, que vingt-quatre , soldats , marchant dans une épaisse forêt de la Guiane , montèrent l'un après l'autre sur une sorte d'élévation qui se trouvait sur leur route , et qu'ils prirent pour un gros arbre tombé , mais qu'ils sentirent ensuite se mouvoir sous leurs pieds , et qui n'était pas moins qu'un énorme Serpent Aboma, auquel le colonel Fourgeoud trouva de 30 à 40 pieds de long ? Et cependant le fait est véritable. » La durée de la vie des Boas n'est pas non plus connue. Ce sont les seuls Ophidiens aux-
auels on attribue de la voix : ils poussent . it-on , dans certaines circonstances, un cri sourd, peu prolongé, comme une sorte de grognement , d'autres disent un jargonnement , c'est-à-dire un cri analogue à celui du Jars.
Les Serpents qui se rapportent à la famille des Boas présentent entre eux quelques différences qui les ont fait distribuer en plusieurs groupes; aiusi il en est qui ont la tête couverte de petites écailles semblables à celles du reste du corps ; les plaques labiales sont petites, lisses , la rostrale seule est un peu développée comme chez le Boa Constricteur [B.Constrictor), ainsi appelé à cause delà manière dont il saisit sa proie. On lui a aussi donné les noms de B. Devin , parce que, dans un temps où ces animaux étaient moins connus, on lui a appliqué ce que quelques voyageurs ont rapporté de certains Serpents fétiches des Indes; de B. Royal, B. Empereur, à cause de sa grandeur physique
3ue l'on a comparée à la grandeur morale ont les peuples se plaisaient jadis a entourer les différentes variétés de potentats. Le nom de Boigtuiçu^ sous lequel Marg|çraff l'a décrit , parait inconnu aujourd'hui au Brésil, et on le désigne généralement dans les contrées méridionales de l'Amérique sous le nom de Jyboya et parfois sous ceux de Kuong-Kuong Gipakiu ou de Kta^ Hia.
Dans l'ordre des Serpents, le Devin occupe la première place. La nature l'en a fait roi par la supénorité des dons qu'elle lui a prodigués. Elle lui a accordé la beauté, la grandeur, l'adlité, la force, l'industrie; elle lui a en quelque sorte tout donné ,'hors ce funeste poison départi à certaines espèces de Serpents, presque toujours aux plus petits, et ({ui a fait regarder l'ordre entier de ces animaux comme des objets d'une grande terreur.
« Le Devin est donc parmi les Serpents , comme l'Eléphant ou leLion parmi les Quadrupèdes. Il surpasse les animaux de son ordre par sa grandeur comme le premier, et par sa force comme le second; il parvient communément à la longueur de plus de
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20 pieds ; et, en réunissant les ténùfoignages des voyageurs, il paraît que c'est à celle espèce qu'il faut rapporter les individus de M ou 50 pieds de long, qui hnbilent suivant ces mêmes, voyageurs, les déserts brûlants où rtiomme ne pénètre qu'avec peine. C'est aussi ^ celte espèce qu'appartenait ce Serpent énorme dont Pline a parlé, et qui arrêta, pour ainsi dire , l'armée romaine au* grès des côtes septentrionales de l'Afrique, ans doute il y a de l'exagération dans la longueur allribïiée à ce m.onslrueux ani- • mal ; sans doute il n'avait point lâO pieds de long comme le rapporte le naturaliste romain , mais Pline ajoute que la dépouille de ce Serpent demeura longtemps suspendue dans un temple de Rome, à une é|>oque assez peu éloignéede celle où il écrivait ; et è moins de renoncer è tous les témoignages de l'histoire , on est obligé d'admettre l'exislence d'un énorme Serpent, qui , pressé par la faim, se jetait sur les soldats romains lorsqu'ils s'écartaient de leur c^mp, et qu'on ne put mettre à mort qu'en employant contre lui un corps de troupes, et en l'écrasant sous les mêmes machines militaires qui servaient à ces vainqueurs du monde à renverser les murs ennemis. C'était auprès des plaines sablonneuses d'Afrique qu'eut lieu ce combat remarquable ; le Serpent Devin se trouve aussi dans cette partie du monde; et comme c'est le plus grand des Serpents, c'est un individu de son espèce, qui doit avoir lutté contre les armées .romaines. Ce mot de Rome antique désigne toujours la puissance et la victoire, c'est donc la plus grande preuve que l'on puisse rapporter en faveur de la force du Serpent dont nous écrivons l'histoire , que d'exposer les moyens employés par les eorK|uérants de la terre, pour le soumettre et lui donner la mort.
Le Devin est remarquable par la fora>e de sa tête, qui annonce, pour ainsi dire , la su- |)ériorité de sa force, et que l'on a comparée, avec assez de raison, à celles des Chiens de chasse appelésChiens couchants. Le sommet en est élargi ; le front élevéet divisé parun sillon longitudinal; les orbites sont saillantes et les yeux très-gros; le museau est allongé, et ierminé p^r une arande écaille hknohâtre, taebetéedejattne,placée presque verticalement, et échancrée par le bas pour laisser passer la langue; l'ouferUire de la gueule très-
( grande; les dents sont très -longues, mais e Devin n'a point de crochets mobiles; W grandes écailles couvrent ordinairement la lèvre supérieure et 53 la lèvre inférieure ; la queue est très-courte en proportion du corps qui est ordinairement neutfois aussi long que cette partie, mais elle est trèsdure et très-forte.
Ce Serpent énorme esi d'ailleurs imsâ distingué par la beauté des écailles qui le couvrent et la variété et la vivacité des cquleurs dont il est peint , que par sa longueur prodigieuse. Les nuances de ces couleurs s'effacent bientôt lorsqu'il est mort. Elle dis-
Saraissent plus ou moms, suivant la manière ont il e^ conservé , et le degré d'altération
qu'il peut subir.lt n'est pas surprenant d'aprèj cela qu'elles aient été décrites si diverseoienl par les auteurs, et qu'il ailété représenté danj des planches , de manière que les diiférentj individus de cette espèce aient paru formel jusqu'à neuf espèces différentes. Mais il yt plus : les couleurs du Serpent Devin varieoi beaucoup suivant le climat qu'il habita , ei apparemment suivant Tâçe, le sexe, e(e< Aussi croyons-nous très-muiile de décrire dans les plus petits détails celles dont Wts^, paré. Nous pensons devoir nous eonteoler de dire qu'il a communénaeiit sur la tète u<ie grande tache, d'une couleur notre ou rousse très-foncée , qui représeote une sorte de croix dont la traverse &st quelquefois supprimée. Tout le dessus de son dos est prsemé de belles et grandes taches ovales,
Îui ont ordrnairement deux ou trois pouces e longueur, qui sont très-souveot écbancrées à chaque bout en forme de demi-cercle, et autour desquelles on voit d autres tnches plus petite> de différentes formes. Toutes sont placées avec tant de symétrie, et la pinpart sont si distinguées du fond par des Ikm^ dures sombres qui , en imitant des ombres, les détachent et les font ressortir que, lorsqu'on voit la dépouille d'un de ces Serpents, on croit moins avoir sous les yeui uo ouvrage de la nature qu'une production de l'art compassée avec le plus de soin.
Toutes ces belles taches, lant celles m sont ovales que les taches plus petites quiW environnent , présentent les couleurs \^
f)lus agréablement mariées, et quelquefiiis es plus vives. Les taches ovales sont ordiitii' rement d'un fauvedoré,quelquefoisDoireso« rouges, et bordées de blanc; et les autres tâches, d'un châtain plus ou moins clair ou d'un rouge très- vif , semé de points noirs ou roui, offrent souvent, d'espace en espace , ces ioirques brillantes que l'on voit ren^l^irsur/a queue du Paon ou sur les ailes desi)eaui Papillons , et qu'on anommée» des jeui^ parce qu'elles sont composées d'un poîQ^ entouré d'un cercle plus clair ou plus dbscur.
Le dessous du corps du Devin est d'un cendré jaunûlre, marbré ou tacM^ fl* '^^^''*
On a assez rarement l'animal ealier dwe les collections d'histoire naturelle, m»»*" n'est guère aucun cabinet oix la peau de ce Serpent, séparée des plaquer du dessous de son corps, ne soit étendue en foruje de larges bandes. On leur a donné divers nw»* suivant U grandeur des individus, les paj^ ^ ou on les a reçus, les variétés de Jeurs couleurs, et les différences qui peuvent se trouver dans les petites taches placées autour des tacnes ovales. Mais quelles que soient ces vanéiés d'âge , de sexe ou de pays, c'est -toujours au Serpent Devin qu'il faudra rapporter ces bel le^ peaux, et jusqu'à présent on ne connaît poiuj -d'autre Serpent que ce dernier, qui soit aoue d'une taille très-considérable, <!"*, **'Jj. môme temps sur le dos des taches orales seinblables à celles que nous venons d'indiquer.
Lorsque l'on considère la taille démesurée du Serpent Devin, l'on ne doit pas être éwnoe de la lorce prodigieuse dont il jouit, wo»-
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Màmumwd de la roioeur tie ses muscles, A Ml usé de concevoir commeDt un animal , 4|ai I 4^t4quef«û$ 30 pieds de long, peut âvee balUé étouffer el écraser de très-gros «fiioiai dans les replis multipliés de sou «or i, dont tous les f>oinls agissent, et dont IMS les contours saisissent li* proie, s*appliqm^ iniimetneol à s« surface, et en suifeittMlesles icrégvlarités.
Cette grande (luissaiice, cette force redoutabk, sa iou^tteur çiganlesque, Téclat de ses icaiiks» la beauté de ses couleurs, ont iospri ttQe aorte d'admkatioD mêlée d*elïroi à pliioMTS peuples encore peu éloignés de rUtêi sanvage; et oomme tout ce *qui produit U tireur et Tadmiration, tout ce oui pacalt afOif une grande supériorité sur les aauti êtres» est bien près de faire naître, 4ènft (tes (êtes peu éclairées, l'idée d'un ag^nt suni«lQKl, ce n'est qu'arec une crainte reliseuse que les anciens habitants du Mexique oot TU le St'fpent Devin. Soit qu'ils aient peasé ()ii*une loasse considéralde, exécutant des noa?«Qiieuts aussi rapides, ne pouvait iUt mue que par un souille divin, ou qu'ils a'aieot regardé ce Serpent que comme un ministre de la Toute-Puissance céleste, il est devenu Vob^el de leiu* culte. Ils Ton surnûakmit Enptretir, pour désigner la prééminence de ses quaWlés. Objet de leur adoiatioQ, il a dû être celui de leur attention particalière; êacan de ses mouvements ne hor ê, pûuraîQsi dire, échappé ; aucune de «e^ac^ons ne pouvait leur être indifférente; ils QMi écouté qu'avec un frémissement xeligieux les sii&emeots longs et aigus qu'il bit entendre; ils ont cru que ces sifflements,
Jueces si^es des diverses affections d'un Ire qu'ils oe voyaient que oomme merveil^ ieuf etdifia,4eTaient être liés avec leur destina. Le hasard a fait que souvent ces siffle- Deolsomété souvent beaucoup plusfortsou fltàâ fréquents dans les temps qui ont précédé l«s grandies tempêtes, les maladies pestileuiWUeSy les jguerr&s crueJies ou les autres câèimiéê publiques; d'ailleurs les grands auui physiques sont souvent précédés par iuw chaleur violente , une sécheresse exirâffie, un étal particulier de l'atmosphère , aaa élactndté abondante dans l'air, qui doiîeni agiter les Serpents, et leur (aire pousser îles alucmenis plas iorts qu'à l'ordinaire; aussi les MLeitcains u'ont regardé ceux du Serpent Devin q«e comme l'annonce desplos jnods malheurs, et ce n'est qu'avec coos^ Itfoatiou qu'ils les ont entendus.
Mais ce n'est pas seulement un culte doux et jttciGaue qu*il a obtenu chez les plus anûens hiEu>itanis du Nouveau -Monde : son iiaa^e j a été vénérée, non-seulement au milieu des nuages d'eacens, mais mtoie de flots de sang humain, versé pour honorer le dieu auyuâ ils Tavaient consacré, et qu'ils «raient lali cruel. Nous ne rappelons qu'en frémissant le nombre immense de victimes humaines que la iiache sanglante d un fanatisme aveu^e et barbare a immolées sur les autels de la divinité qu'il avait inventée. 2ious ue pensops qu'avec horreur aui moir-
eeaux de têtes et de tristes ossements trouvés par les Européens autour des temples où le Serpent semblait partager les homma*ges de la crainte, et tant il faut de temps, dans tous les pays, pour que la raison brille de tout son édat ; la superstition qui a, pour jinsi dire, divinisé le Devin, n'a pas seulement régné en Amérique, Aussi grand, aussi puissant, aussi redoutable dans les contrées ardentes de l'Afrique, il y a insfûré la même terreur, il y a p<iru aussi merveilleux, il a 6ié également regardé, par des esprits encore Irop peu élevés au-dessus de la brute, comme le souverain dispensateur des biens et des maux. On l'y a également adoré; oo en a fait un dieu sur les côtes brûlantes du Mozambique, comme auprès du lac de Mexico, et il paraît même que le Japonais s'est prosterné devant lui.
Mais si Topinion religieuse ne l'a pas fait régner sur l'homme dans toutes les contrées équatoriales, tant de l'ancien que du nouveau continent, il n'en est presque aucune où il n'ait exercé sur les animaux l'empire de sa force. H habile, en effet, presque tous les pays où il a trouvé assez de chaleur pour ne rien perdre de son activité, assez de proie pour se nourrir, et assez d'espace pour n'être pas trop souvent tourmenté par ses ennemis; il vit dans les Indes orientales et dans les grandes îles de l'Asie, ainsi que dans les parties de l'Amérique voi^nes des deux tropiques ; il paraît même qu'autrefois il habitait à des latitudes plus éloignées de la ligne, et qu'il vivait dans le Pont, lorsque cette contrée, plus remplie de bois, de marais, et moins peuplée, lui présentait une surface plus libre ou plus analogue à ses habitudes et à ses appétits. Les relations des wiciens doivent donner une bien grande idée de l'haleine empestée qui s'exha4ait de sa gueule, puisque Métrodore a écrit que l'immense Serpent qu'il a placé dans cette contrée du Pont , el qui devait être le Devin, ^vait le pouvoir d'attirer dans sa gueule ^ante les oiseaux qui volaient au-dessus de sa tête, même à une assez grande hauteur. Ce pouvoir n'a consisté saiis doute que dans kl corruption de l'haleine du Serpent qui, viciant l'air à une très - petite distance, et l'imprégnant de miasmes putrides et délétères, a pu, dans certaines circonstances, étourdir des oiseaux, leur ôler leurs forces, les plonger dans une sorte d'asphyxie, et les contraindre à tomber dans la gueule énorme, ouverte pour les recevoir; mais quelque exagéré que soit le fait rapporté par Métrodore, il prouve la grandeur du Serpent au- <iuel il l'a attribué, et confirme notre conjecture au sujet de l'identité de son espèce avec celle du Devin.
D'un autre côté, peu de temps avant celui où Pline a écrit, et sous l'empire de Claude, on tua, auprès de Rome, suivant ce nalu^'aliste, un très-grand Serpent du genre des Boas, dans le ventre duquel on trouva le corps entier d'un petit enf.int, et qui pouvait bien être de l'espèce du Devin. Lacépède a souvent ouï dire aussi à plusieurs babitantsde^
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provinces n»éridioDaIes de France, que dans quelaues parties de ces provinces, moins peuplées, plus couvertes de bois, plus entrecoupées par. des collines, d'un accès plus difficile, et présentant plus de cavernes et d'anfractuosités, on avait vu des Serpents d'une longueur très-considérable, qu'on aurait dû peut-être rapporter à l'espèce ou du moins au senre du Devin.
Mais c'est surtout dans les déserts brûlants de l'Afrique, qu'exerçant une domination moins troublée, il parvient à la longueur la plus considérable. On frémit lorsqu'on lit, dans les relations des vovageurs qui ont pénétré dans l'intérieur de cette partie du monde, la manière dont l'énorme Serpent Devin s'avance au milieu des berbes hautes et des broussailles, ayant quelquefois plus de 18 pouces de diamètre , et semblable à une longue et grosse poutre qu'on remuerait avec vitesse. On aperçoit de loin, par le mouvement des plantes qui s'inclinent sous son passage, l'espèce de sillon que tracent les diverses ondulations de son corps; on voit fuir devant lui les troupeaux de Gazelles et d'autres animaux dont il fait sa proie ; et le seul parti qui reste à prendre dans ces solitudes immenses, pour se garantir de sa dent meurtrière et ae sa force funeste, est de mettre le feu aux herbes déjà à demi-brûlées par l'ardeur du soleil. Le fer ne suflSt pas contre ce dangereux Serpent, lorsqu'il est parvenu à toute sa longueur, et surtout lorsqu'il est irrité par la faim. On ne peut éviter la mort qu'en couvrant un pays immense de flammes, qui se propagent avec vitesse au milieu de végétaux presque entièrement desséchés, en excitant ainsi un vaste incendie, et en élevant, pour ainsi dire, un rempart de feu contre la poursuite de cet énorme animal. 11 ne peut être, en effet, arrêté ni par les fleuves qu'il rencontre, ni par les bras de mer dont il fréquente souvent les bords, car il nage avec facilité, même au milieu des ondes agitées ; et c'est en vain, d un autre côté, qu\)n voudrait chercher un abri sur des grands arbres ; il se roule avec promptitude jusqu'à l'extrémité des cimes les plus hautes; aussi vit-il souvent dans les forêts. Enveloppant les tiges dans les divers replis de son corps, il se fixe sur les arbres a ditférentes hauteurs, et y demeure souvent longtemps en embuscade, attendant patiemment le passage de sa proie. Lorsque, pour
I atteindre ou pour sauter sur un arbre voisin, il a une trop grande distance à franchir,
II entortille sa queue autour d'une branche, et, suspendant son corps allongé à cette espèce d anneau, se balançant, et tout d'un coup s élançant avec force, il se jette comme un trait sur sa victime, ou contre l'arbre auquel il veut s'attacher.
H se retire aussi quelquefois dans les cavernes des montagnes, et dans des antres profonds où il a moins à craindre les atlaaues de ses ennemis, et où il cherche un asile contre les températures froides, les pluies abondantes, et les autres accidents de l'atjnosphère qui lui sont contraires.
Il est connu sous le nom trivial de Grandi Couleuvre, sur les rivages noyésdela Guyane; il y parvient communément à la grandeur de trente pieds, et même, dans certains endroits, à celle de quarante. Comme le nom gu'il y porte j est donné à presque tous les Serpents qui joignent une grande force à une longueur considérable, et qui, en même temps, n'ont point de venin et sont dépourvus des crochets mobiles, qu'on remarque dans les Vipères, on est assez embarrassé pour distinguer, parmi les divers faits rapportés par lés voyageurs, touchant les Se^ pents, ceux qui conviennent au De?in. Il paraît bien constaté cependant qu'il y jouit d une force assez grande pour qu'un seul coup de sa queue renverse un animal asseï gros, et même l'homme le plus vigoureux. Il y attaque le gibier le plus difficile à vaincre; on I y a vu avaler des Chèvres et étouffer des Couguars, ces représentants du tigre dans le Nouveau-Monde. 11 dévore quelquefois, dans les Indes orientales, des animaux encore plus considérables ou mieux défendus, lels que les Porcs-Epics, des Cerfs et des Taureaux, et ce fait effrayant était déjà connu des anciens.
Lorsqu'il aperçoit un ennemi dangereui, ce n est point avec ses dents qu'il commence un combat, qui alors serait trop désavaDl^ geux pour lui; il se précipite avec tant de rapidité sur sa malheureuse victime, l'enreloppe dans tant de contours, la serre arec tant de force, fait craquer ses os avec tant de violence, que, ne pouvant ni s'échapper, m user de ses armes, et réduite à pousser de vains mais affreux hurlements, elle est bientôt étouffée sous les efforts multipliés du monstrueux reptile.
Si le volume de l'animal expiré est trop considérable pour que le Devin puisse ^ar^ er, malgré la çrande ouverture desagueuia, la facilité qu'il a de l'agrandir, et l'eileflsion dont presque tout son corps est susceptible, Il continue de presser sa proie mise à mon; Il en écrase les parties les plus compactes; et, lorsqu'il ne peut point les briser ainsi avec facilité, il l'entraîne, en se roulantavec elle, auprès d'un gros arbre, dont il renferme le tronc dans ses replis; il place sa proie entre l'arbre et son corps ; il les environne lun et l'autre de ses nœuds vigoureux, et, se servant de la tige noueuse comme d'une sorte de levier, il redouble ses efforts, et parvient bientôt à comprimer en tout sens et à moudre, pour ainsi dire, le corps de l'animal qu'il a immolé.
Lorsqu'il a donné ainsi à sa proie toute la souplesse qui lui est nécessaire, il l'allonge en continuant de la presser, et diminue d'autant sa grosseur; il l'imbibe de sa salire ou d une humeur analogue , qu'il répand en abondance; il pétrit, pour ainsi dire, à Taide de ses replis, cette masse devenue informe, ce corps qui n'est plus qu'un composé confjjs de chairs ramollies et d'os concassés. C est alors qu'il Tavale en la prenant par la tête, en l'attirant à lui, et en l'entraînant dans son ventre par de fortes aspirations plu-
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sieurs fois i^pétées ; mais, malgré cette prépanlioDySa proie est auelauefois si yolumiiHtttse, qa*il ne peut 1 engloutir qu'à demi ; ]1 fi«t qu*ii ait digéré, au moins en partie, la portion qu'il a déjà lait entrer dans son corpsipour pouToir j faire pénétrer Tautre ; ei loo a souTent vu le Serpent Devin , la nteale horriblement ouY^'rte, et remplie aune proie à demi dévora» étendu à terre, rt dans une sorte dMnertie qui accompagne presque toujours sa digestion. * Lùsqae, en effets il a assouvi son appétit violent, et rempli son ventre de lanournture nécessaire à l'entretien de sa grande masse, il perd noor un temps son agilité et sa force ; il est plongé dans une espèce de sommeil ; il gtt sans mouvement, comme un lourd fard«to, k corps prodi^eusement enflé ; el cet engwudissement, qui dure quelquefois cinq Ott sii jours, doit être assez profond; car, malgré loat ce qu*il faut retrancher des divers récits publiés touchant ce Serpent, il parait que, dans diflférents pays, particuliè-^ remeiit aox environs de Tisthme de Panama, en Amérique, des voyageurs, rencontrant le i>e?iQ à demi caché sous Therbe éi)aisse des Ibrèls qu'ils traversaient, ont plusieurs fois marclié sur hû dans le temps où sa digestion Ve tenait dans une espèce de torpeur; ils se sonl m^me reposés, a-t-on écrit, sur son corps ^santk lcrre,elqu'ilsprenaient, àcause des feuillages dont iJ était couvert, pour un trom 'arbre rpnversé, sans faire faire auoiii iDourexoeol au Serpent, assoupi par les atfoie/i^gu'ii avait avalés, ou peut-être engoufJi par la fraîcheur de la saison. Ce n'est que lorsque, allumant du feu trop près de l'ci»armeaDifflal, ils lui ont redonné, par cette chaleur, assez d'activité pour qu'il recomffiençât à se mouvoir, qu'ils se sont aperçus àe le présence du grand reptile, qui les a glacés d'effroi, et loin duquel ils se sont préapités.
Ce loog état de torpeur a fait croire à ^V^àx^u voyageurs que le Serpent Devin atalail quelquefois des animaux d'un vo- «me si considérable qu'il était étouffé en '«5 dérorant; el c'est ce temps d'engour- <iiS5ecQeol que choisissent les nabitantj^ des Ws qu'il fréouente pour lui faire la guerre, et lui donner la mort. Car, quoique le Devin ^ contienne aucun- poison, il a besoin de ^tcoosommer, que son voisinage est dangereux jM)ur l'houime, et surtout pour la 6p3irt des animaux, domestiques et utiles, habitants de l'Inde, les nègres de l'A- ««pei les sauvages du Nouveau-Monde, se Jl^ûissenl plusieurs autour de l'habitation <iu Serpent Devin. Us attendent le moment <^ il a dévoré sa proie, et hfltenl même ^l<]uefois cet instant, en attachant auprès K Janire du Serpent quelque eros animal V'ils sacrifient, el sur lequel le devin ne !WDque pas de s'élancer. Lorsqu'il est repu. Il tombe dans cet affaissement et cette insen* «biliié dont nous venons de parler, et c'est •lorsqu'ils se jettent sur lui, et lui donnent la ^rt sans crainte coname sans danger. Us <^Mt, armés d'un simple lacs, s'approcher
de lui et l'étrangler, ou ils l'assomment à coups de branches d'arbres. Le désir de se délivrer d'un animal destructeur n'est pas le seul motif qu'on ait pour en faire la chasse. Les habitants de 1 lie de Java, les nègres de la Côte-d'Or et plusieurs autres peuples mangent sa chair, qui est pour eux un mets agréable; dans d'autres pays sa
Seau sert de parure ; les habitants , du [exique se revêtaient de sa belle dépouille; et,' dans ces temps antiques où des monstres de toute espèce ravageaient des contrées de l'ancien.continent, que l'art de l'homme commençait à peine d'arracher à la nature.
qui étaient vraisemblablement de l'espèce ou du genre du Devin, comme des marques de leur valeur, et des trophées de leur victoire I
C'est lorsque la saison des pluies est
{cassée dans les contrées équatoriales, que e Devin se dépouille de sa peau altérée par la disette qu il éprouve quelquefois, ou par l'actioq de l'atmosphère, par le frottement de divers corps, et par toutes les autres causes extérieures qui peuvent la dénaturer. Le plus souvent il se tient caché pendant que sa nouvelle peau n'est pas encore endurcie, et qu'il n'opposerait à la poursuite de ses ennemis qu'un cores faible et dépourvu de son armure. Il doit demeurer alors renfermé, ou dans le plus épais des forêts, ou dans les antres 'profonds qui lui servent de retraite. Nous pensons, au reste, qu'ordinairement il ne s'engourdit complètement dans aucune saison de l'année. Il ne se trouve en effet que dans les contrées trèsvoisines des tropiq^ues où la saison des pluies n'amène jamais une température assez froide pour suspendre ses mouvements vitaux ; et comme cette saison des pluies varie beaucoup dans les différentes contrées équatoriales de l'ancien et du nouveau continent, et qu'elle dépend de la hauteur des montagnes, de leur situation, des vents, de la f)Osition des lieux, en deçà ou au delà de la igné, etc., le temps du renouvellement de la peau et des forces du Serpent, doit varier quelquefois de plusieurs mois et même d'une demi-année. Mais c'est toujours lorsque le soleil du printemps redonne l'activité à la nature, que le serpent Devin rajeuni, pour ainsi dfire, plus fort, plus agile, plus ardent que jamais, revêtu d une peau nouvelle, sort des retraites cachées où il a dépouillé sa vieillesse, et s'avance l'œil en feu sur une terre embrasée des nouveaux rayons d'un soleil plus actif. Il agite sa grande masse en onaes sinueuses au milieu des bois parés d'une verdure plus fraîche ; faisant entendre au loin son sifflement, il redresse avec fierté sa tête, impatient de la nouvelle flamme au'il éprouve et s'élance avec impétuosité. La fureur avec laquelle le Devin se jelte alors sur ceux qui l'approchent et le troublent dans ses plaisirs, ou le courage avec lequel il demeure uni à sa femelle malgré la poursuite de ses ennemis et les
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blessures qu'il peut recevoir, paraissent être Teffet d'une union aussi vivement sentie qu'elle est ardemment recherchée '• point de constance cependant dans leur affection ; lorsque leurs désirs sont satisfaits, le mâle et la femelle se séparent; bientôt ils ne se connaissent plus, et la femelle va seule, au bout d'un temps dont on ignore la durée, déposer ses œufs sur le sable ou sous des feuillages.
Ce Boa offre l'exemple le plus frappant d'une grande différence entre la grosseur de l'œuf et la grandeur à laquelle parvient l'animal qui en sort. Les œufs du Devin n'ont en effet que 3 ou 3 pouces dans leur plus p-ftnd diamètre. Toute la matière dans laquelle le fœtus est renfermé n*est donc qœ de quelques pouces cubes; et cependant le Serpent, lorsqu'il a atteint tout son développement, ne contient-il pas 40 ou 50 cubes de matière ?
Ces oetifs ne sont point couvés par la* femelle ; la chaleur de l'atmosphère les fait seule éclore; ou tout au pîus dans certaines contrées, comme celles par exemple où Thumidité domine trop sur la chaleur, la femelle ff le- soin de pondre dans Quelques endroits plus abrités, et i>ù des* substances fermentalives et ramassées augment(uit, par la chaheur qu'elles produisent, l'effet de celle de Talraosphère. On ignore combi^ft de jours les œufs (^meorent exposés à celte chaleur, avant que Fes petits Serpents éclosent.
La grande différence qu'il y a entre la petitesse du Serpent contenu dans son œuf, et la grandeur démesurée du Serpent adulte, doit faire présumer que ce n'est qu'au bout^ d'un temps très-long que le devin est entièrement développé; et n'est-ce pas une preuve que ce StTpent vit un assez grand nombre d'années? Le nombre de ses années doit en effet être d'autant plus considérable
3ue le Devin est aussi vivace que la plu[)art es autres Serpents. Ses d fférenles parties jouissent de quelques mouvements vitaux, même après qu'elles ont été entièrement séparées du reste du corps. On a vu, par exemple, la tète d'un Devin coupée, dans le moment 0^ le Serpent mordait avec fureur, continuer de mordre pendant quefques instants, et serrer même alors avec plus de force la proie qu'il avait saisie, les deux mâchoires se rapprochant par un effet de la contraction que les muscles éprouvaient encore. Lorsque celte contraction eut entièrement cessé, on eut de la peine à desserrer les mâchoires tant les parties de la tête étaient devenues roides ; ce qui fit croire qu'elle conservait quelque action, lorsque cependant il ne lui en restait plus aucune.
Le Boa Anacôndo (Boa écytale ^ murinia, aqtuitica)^ appelé aussi le Rativore, et au Brésil Sticurinba^ Sucuriuru^ Ketomeniop.
L'Anacondo est en dessus d'un vert olive foncé ; deux bandelettes noirâtres s'étendent sur les côtés du museau, l'une au-dessus des yeux, l'autre entre eux et l'angle de la abouche ; de chaque côté du corps une rangée
de taches arrondies , noirStrès pluff ou moins discrètes; sur les flancs une série dm taches plus petites, parfois ocellées, d'uD« teinte plus claire ; le dessous du corps est jaunâtre. L'Anacondo est le plus grand et 1^ plus gros des Serpents de TAméfiqua, il atteint 27 è 30 pieds; sa queue forme à peu près un sixième de la longueur totale. C est surtout dans l'Amérique do Ssd qu*on le l'encontre; il habite ks endroits marécageux sur le bord de^ fieuve^, s'eofbnce souvent dans l'eau et dans la vase, et attend en embuscade les x)eï\lS animaux qui Tiennent se désaltérer; il les étouffe, et puîs^Ta les mangera terre. Ses écailles sont Hji$e$;on com; te environ 2W plaques venlrates, et 60 piatiues eaadales.
On raf»porte encore h cette wbdîvisloD le Serpent indiqué par Boié sous le nom de Boa a bandes latêhales [B. LattrUtriga)^ «C qui est naturel de Tarchipel des Indes.
Plusieurs Boas ont de^ plaffues s%it ta tCte, mais les plaques fabiales sontei^osées de fossettes que 1 on a comparées à des alvéoles d'abeilles, ou auï marques enfemcées que la petite vérole laisse sur la peao. Ce sont les Boas a anheaix (B. Cmchryt on Cmckrya.B.Annulifer, B, AhoiM)^ eonfondos au Brésil sous le nom de Jyboyn avec les Boas Constricteurs, auxquels ils ressemblent far les habitudes. En effet, ils ftaMent les neux secs et sablormenx ; mais- outre les caractères indiqués p!u^ hatrt, ils ert dilfèfcBt encore par la dispositirm de hf cdoratiea. Le Ceachrjrs est d'un beau brmi avec une cinquantame d'anrteaux de couleur foneée, imprimés sur fa ligne rachidienne; le centre de ces anneaux est d'une couleur plus claire; leur contour est légèrement sinueux ; sur diacun des côtés de cette ligne d'aimeaux
SI us ou moins rapprochés, on voit une série e taches arrondies, plus petites, brunâtres, à demi pupillées de teinte pâle, et aor te» flancs trois séries de macules rondes, bnmes, simples, disposées l'une au-dessus deTautre dans un rapport alterne. Sur la léfe on voit cinq lignes brunâtres, étroites, i'ime fiaoyenne, les deux autres imprimées sur les côtés du museau et passant au-dessus des
Jeux; au-dessous d'dles se trouve encore e chaque côté une ligne plus courte de môme couleur, confondue âvecclles en avant du museau, maris s'en séparant bientôt pour ée porter au-dessus derœil, parallètement au bord supérieur de$ plaaues labiales ; le dessous du corps est blancnâire ; les écailles sont un peu plus grandes que dans les espèces précédentes; on compte environ îîi\ plaques ventrales et 63 plaques caudales. Le Boa à anneaux né dépasse guère la tailïe et les proportions du Boa Constricteur. II habite spécialement l'Amérique du Sud, On a donné dans ces derniers tcmns le nom particuliers d^Epicrates aux Boas ae celte division.
11 est des Boas dont le corps est plus comprimé que chez les précédents, la tète couverte de plaques en avant du museau, e((|vn ont au-devaut des jeux une sorte de fente
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POISSOWÔ, EÎO.
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SM
qu(
peQ étendue, peu profonde, qui rappcHe
[t tarmier des Cerfs ; on leur a donné le
non de Xif^bosomes h cause de la forme
deteors corf>$ que Ton a comparée à celle
d'une laoïe a*épée. Les uns ont le museau
arrondi, on sillon enfoncé au-dessous deToeil,
i€$ piâqucs labiales al? éolées, Jes écailles
Hiseseoflime le Boa Brooé ou a broubiiies
,B. B^rtulann^ B. Elégants ou B. Far terre) *k
cause de la disf>osilion Tariée de* la cdlôra-
lioQ. Panre en dessus, le eorps est parcouru
par nne ligne brune disfH>sée en zigzag,
flttdqnirfbis assez régulier/ Sur chaque côté,
j •« Toit une sériede grandes taches annelées
de ttême couleur; d'autres petites taches
bmth^, simples, arrondies, sont irrégulière*
ment disséminées dani leurs inlervallos; la
tMeestODdée de (letitstrmts bruns siiuieux;
ledefsonsdueorps esJ jaunâtre; ses écailles
* 8(r\ Aooboidales, lisses; le nombre des
l^quts Teotrates et caudales parait être
comcoe cher les précédent!? soumis à quel-
qaei Tiriakions; sa faille est k peu près la
ûéwe.'laqoeue de ce Boa paraît ur» peu
ptes tongue proportionnellement que dans*
f e5ï«è« suifantt^ Il sefroute dans plusieurs
coDiréi^s de l'Amérique du Sud.
LeBeàWiM»iiEM,qne Ton a quelquefois ^onffnuln ^^ec le précédent et que d'aulrts wVçTws w\^ ûiMingué, n'en parait dillerer [ue j»«T sa crtota^ioB. H éf4 d un brun vern* en dessus, arec une rangée de grands anntiriri Inhhs, sinoettx, comprimés d'artîin^en êfani, mjprimfés sur les flancs ^ qrtëqws iaefte$ irrégulières, afllongées» peft^5, jotff rffss^tnées sur la tête ; le des^ sousdn corps est jdundtre. LeBoade lierrem e?i festemew an Brésih
L^ Boa BoJ9Bi {Boa r «ntfM, Lin,, Latr^, etc. V, On Ar&raméojo. — Quoique le Bnjobi n'égale
Îoiirf fe Serpentine vin par sa fbrcts sa graii- ?ar, m la roagwfiicenee de^ sa parure, quoiqa'H réde en tout à ce roi des Serpents^ il n'en occupe pas moins une place distinguée portai ces artin^aut ; et peut être le premier
moghiT appartiendrait, siTespèeedu Beria éisn détniife. La longueur à laquelle il peut parvenir es! efs^^ez eoi>sidérable ; et il ne faut f^ en ftxer les limiter d'après celles qu4> présentent les ifodividusde celte espèce eon^ ^nrésdaus les cabinets. Il doit être bien phis grand fafs>(;u'il a acquis tout son déve- »f>peï»enl ; et s'il fisul s'en rapporter à ce <p*on a écrit de ce Boa, sa longueur ne doit W titt très-iuférieure h celle do serpent fcrin. L'on a dit qu'H së jetait sur des Chiens et d'autres gros anltuaui, et qu'il les Mrorait; et à moins qu'on De lui ait attri-* baé des faits qui a(^)6rtiennent au Devin^ l« Bojobi dort aroir une longueur et une force considérables pour pouvoir mettre à nert et avaler des Cmens et d'autres ani^ Baux assez gros. ^
Ce Serpent, qui ne se trouve que dans les contrées équatoriales, habite également l'Ancien et le Nouveau-Monde; mais il offre dans les Grandes-Indes et en Amérique le signe d^ la dilTi^Tcnce du climat, daus les diverses naances qu'il présente, quoique d'ailleurs le
Bojobi de l'Amérique et celui des Indes se ressemblent par la place des taches, la proportion du corps, la forme de la tête, des aeDts,des écailles, [)av tout ce qui peut constituer ridenlité d*espèce. Le Bojobi du Brésil est d'un beau vert de mer plus ou moins loncé, qui s'étend depuis le sooimet de la tête jusqu'à l'extrémité de la queue, et sur lequel sont placées, d'espace en espace, des taches blanches irrégulières, dont quelquesunes approchent un peu d'une losiange, et qui sont toutes aèsez riair-seraées» et distribuées avec assez d'éléganee pour Surn^er sur le corps du Boiobi un des plus beaux assortiments de couleurs. Ses écailles sont d'ailleurs exirêmemeot polies et luisantes; ell* s rétléchissenl si vivement la lumière, qu'on lui a donné, ainsi qu'au Serpent Devin, le nom indtieu de Jfeoa, qui veut dire Serpent de feu : au.ssi lorsque, le Bojobi brille aux rayons du soleil^ et qu'il étale sa croupe resplendi ssîvnte d'un beau vert et d'un blane éclatant, 6n croirait voir une longue chaîne d'értjeraudes, au milieu de laquelle on aurait distribué des diamants; et ces nuancessoit relevées par la couleur jaune du dessous de son ventre, qui, h certains aspects, encadre, pour ainsi dire, dans de l'or, le vert el le blanc du dos.
Le Bojobi des Grandes-Indes ne présente pas cet assemblage de vert et de blanc « maiS il réunit l'éclat de l'or h celui des rubis. Le vert est remplacé par de Taraugé, eA les taches àtt dos sont iaunttres eC bordées d'un rouge très-vif. Voilà donc les deux variéiés dli;^ Bojobi, qui ont reçu l'une et l'autre une prure éclatante d'autant plus agréable à l'œil, qi*e> le dessin en est simple et par conséquemment facilement saisi.
. On doit considérer ces Serpents avec d'autant plus de ptaisir, (|tt*il parait qu'ils no sont point venimeux, qu'ils ne craignent pas riiomate , et qu'ils ne cherchent pas à lui UHire; s'ils n'ont pas une sorte de familiarité avec lui comme plusieurs Couleuvres, s'ils ne suutfretnt pas ses caresses, ils no fuient pas sa demeure;, ils vont souvent dans les bebitattofis; ils ne font de mal à personne si on ne les attaque point 'y mais oa ne les irrite pas en vain; ilis mordent alors avec force et même leur morsure est quelquefois suivie d'une inflammation consitiérab4d qui, augmeatée par la crainte du blessé , peut, dit-on , donner la mort, si on n'y apporte point un prompt remède, eu neUoyant la plaie* en coupant la partie mordue, etc Néanmoins, suivant les voyageurs qui attribuent des suites funestes à la inorsure du Bojobi, ces accidents ne doivent pai dépendre dfun venin qu'il ne parait pas con-« tenir; et ce n'est que parce que ses dents sont très^acérées, qu'elles font des blessures dangereuses, de mên>e que toutes les espèces de pointes oti d'armes trop efliiées.
11 est enfin des Boas à corps très-comprimé, à tête recouverte en avant par des plaques, mais qui u'oL't point de fossettes en avant des yeux, ni do sillon enfoncé au-dessous de l'œil. Leur museau est proéminentf
BCM
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