BOI
tronqué obliquement de haut en bas et d'arrière en avant ; les écailles du corps sont petites 9 rfaomboïdales» carénées; on leur a donné le nom d'Enygrus , d'autres les ont appelés Cenchrys, nom vicieux, puisqu'il a été, ainsi qu'on l'a vu, attribué comme nom d'espèce h des Boas fort différents. Les Ser-
f)ents qui se rapportent à ce groupe habitent es Indes. La forme de leur corps fait présumer qu'ils vont souvent à l'eau , et qu'ils nagent à la manière des Anguilles. Ce sont :
Le Boa Caréné (B. Carinata^ B. Regia) ; brunâtre, avec deux rangées de grandes taches jaunâtres, annelées, disposées 'alternativement sur les côtés du corps, une bande brune avec étendue sur les côtés du museau et passant sur les narines et sur les yeux, d'un blanc jaunâtre en-dessous d'une taille un peu moindre uue les Boas d'Amérique.
Le Boa Ocelle {B. OccMata)^ confondu avec le précédent comme une simple variété, parait constituer une espèce tout à fait distincte.
A ce groupe se rapporte encore le Boa VipÉRiff Tu. npertna, B. Conxca)^ dont les taches ocellées, brunâtres, souvent confondues entre elles, donnent à l'animal une certaine analogie de couleur avec notre Vipère d'Europe. Yoy. Bongare.
BOL — Cette syllabe américaine, d'où nous avons fait venir Boa signifie Serpent et entre dans beaucoup de noms de pajs uonnés à ces reptiles. Ainsi on appelle Boigininoa ou BoiQUiRA, au Brésil, une espèce de Crotale {yoy. ce mot) : plusieurs autres Serpents venimeux ou non venimeux portent au Brésil les noms de Boiguaba, Boicupeganoa, Boioa, BoiGUAGU et BoiouATRARA. {Yoy. Boa, Crotale et Serpent. )
BOIGA {Coluber Ahœtula, Linn., Latr.), espèce de Serpent de la tribu des Leptophwes (Voy. ce mot). — Que l'on se représente les couleurs les plus riches et les plus agréablement variées dont la nature ait décoré ses ouvrages , et Ton n'aura peutrétre pas une idée exagérée de la beauté du Serpent dont nous nous occupons. Le Boiga doit, en effet, par la richesse de sa parure, tenir dans son ordre le même rang que l'Oiseau-Houche dans celui des oiseaux : même éclat, même variété de nuances, même réunion de reflets agréables dans ces deux animaux, d'ailleurs si différents l'un de l'autre. Les couleurs vives des pierreries et l'éclat brillant de Tor resplendissent sur les écailles du Boiga, ainsi que sur les plumes de l'Oiseau-Mouche; et comme si, en embellissant ces deux êtres, la nature avait voulu donner à l'art un modèle parfait du plus bel assortiment de couleurs, les teintes les plus brunes, répandues sur Tun et sur l'autre, au milieu des nuances les plus claires, sont ménagées de manière à faire ressortir, par un heureux contraste, les couleurs éclatantes dont ils brillent.
La tête du Boiga, assez grosse à proportion de son corps, est recouverte de neuf grandes écailles disposées sur quatre rangs. Ces neuf plaques , ainsi que les autres écailles qui
garnissent le dessus delà tête de ce Serpenl sont d'un bleu foncé, et comme soyeux; un< bande blanche, qui règne le long de la mâchoire supérieure, relève cet espace azuré au milieu duquel on voit briller les yeux, di ^ Boiga, et qui ressort d'autant plus qu*un(
Eetite bande noire s'étend entre le bleu et 1< ordure blanche. Tout le dessus du cor|'S. jusqu'à l'extrémité de la queue, est également d'un bleu Tarianl par reflets, et présentant même, à certaines expositions, le veri de Témeraude. Sur ce J)eau fond de saphir, règne une espèce de raie ou de cbalnette que l'on croirait dorée par l'art, et qui s'étend jusqu'au bout de la gueue; et noa-seulement cette espèce de riche broderie présente l'éclat métallique de l'or lorsque ranimai est encore en vie , mais même lorsqull a été conservé pendant longtemps dans leS" prit-de-vin, on croirait que les écailles qui composent cette petite chaîne sont autant de feuilles d'or appliquées sur la peau de serpent. Tout le dessous du corps et de la tête est d'un blanc argentin, séparé des couleurs bleues du dos par deux autres petites chaînes dorées qui, de chaque côté, parcourent toute la longueur du corps.
Mais l'on n'aurait encore qu'une idée imparfaite de la beauté du Boiga, si l'on se représentait uniquement cet azur et ce blanc agréablement contrastés et relevés par ces trois broderies dorées. Il faut se peindre tous ses reflets du dessus et du dessous du corps, et les différentes teintes de couleur d'argent, de jaune, de rouge et de noir, qu'ils produisent. Le bleu et le blanCf au travers desquels il semble qu'on aperçoit ces teintes merveilleusement fondues, mêlent encore li douceur de leurs nuances à la vivacité de ces divers reflets, de telle sorte que lorsque le Boiga se meut, l'on croirait voir briller, audessous d'un cristal transparent et quelquefois bleuâtre, une longue chaîne de diamants, d'émeraudes, de topazes, de saphirs etde rul)is. Et il est à remarquer que c'est dans les belles et brûlantes campagnes de l'Inde, où les cristaux et les pierres dures présentent les* nuances les plus vives, que fa nature s^esi plu, pour ainsi dire, à réunir ainsi sur la robe du Boiga, une image fidèle de ces riches ornements.
Le Boiga est un des Serpents les plus menus relativement à sa longueur; à peine les individus de cette espèce, que l'on conserve au Jardin-des-Plantes , et dont la longueur est de plus de trois pieds, ont-ils quelques lignes de diamètre ; leur queue est presque aussi longue que leur corps, et va toujours en diminuant, de manière a représenter une aiguille très-déliée, quelquefois cependant un peu aplatie par dessus , par dessous'et par les côtés. Les Boiga joignent donc des proportions très-sveltes à la richesse de leur parure; ausji leurs mouvements sont-ils trèsagiles, et peuvent-ils, en se repliant plusieurs fois sur eux-mêmes , s'élancer av.ec rapidité, s'entortiller aisément autour de divers corps, monter, descendre, se suspeiidre, et faire briller en un clin d'œiU sur les rameaux def
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POISSONS, ETC