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L'oaterture de la bouche est trè^-graode ; \esièfres sont épaisses, les mâchoires hérissées de plusieurs petites dents, et les moufeoeals de ia langue assez libres. On voit a TfitiéQiité des 09 maiillaires un aiguillon dirtsé 60 branches, dont le nombre parait nrier. L'opercule branchial n*est composé (}ae (fune seule lame; mais il est attaché, atosl que la membrane branchiale, à ia tète (m aa corps de Tanimal, dans une si grande partie de sa circonférence, qu'il ne reste (Tatrtre oaterture pour la sortie ou pour riotroduclion de i eau, qu'une très-petite feDie [dacée de chaque c^té au-dessus de la DQque,etqui,par ses dimensions, sa position etsaôtfure^ ressemble beaucoup à un évent. Sur le dos s'élèvent deux nageoires : la *p\us voisine de la tète est composée de quatre ou de cinq et même quelquefois de se|]t rajOQs. Le premier est si allongé et dépasse la membrane en s'étendant à une si grtode hauteur, que sa longueur égale Tinterraile qui sépare la nuque du bout de la qne{J€. Les trois ou quatre qui viennent ensuite sont beaucoup moins longs, et décroisscut dans une telle proportion, que le plus souveol ils paraissent être entre eux et avec \e premier dans les mômes rapports que des eûtdesd'vin\nslniment destinées à donner, pat \esseu\es différences de leur longueur, les tons tt/, ti/ octave, sol, ut double octave, ctmt, c'es^-à-di're raccord le plus parfait de tous ceui que /a musique admet. Au delà, (leuj autres ra jons plus courts encore se moDireot quelquefois et paraissent représeuterdes cordes destinées h faire entendre dessous plus élevés que le mi; et voilà donc une sorte de lyre à cordes harmoniquement proportionnées, qu'on a cru, pour ainsi dire, trouver sur le dos duCallionyme dont nous par/oos; et comment dès lors se serait- on refusé à rappeler Lyre ou Porte-Lj/ret
Les autres nageoires et particulièrement Tanale et la dorsale qui se prolongent vers Veilréoûté de la queue en bandelette membraneuse, ont une assez grande étendue, et formeni de larges surfaces sur lesquelles les Mes nuances de la Lyre peuvent, en se déployant, justifier son nom de Callionyme, Lestons de couleur qui dominent au milieu de ces nuances, sont le jaune, le bleu, le Uauc, et le brun qui les encadre, pour ainsi dire.
Le jaune règne sur les côtés du dos, sur ia partie supérieure des deux nageaires dormes, et sur toutes les autres nageoires, excepté celle de l'anus. Le bleu parait avec des teintes plus ou câoins foncées sur cette na- <5eoiré de Tanus , sur les deux nageoires dorsales où il forme des rayons souvent ondes, sur les côtés où il est distribué en laehes Irrégulières. Le blanc occupe la partie inférieure de Tanimal.
Ces nuances, dont l'éclat , la variété et riiarmonie distinguent le Callionyme-Lyre, sont une nouvelle preuve des rapports que Ton a indiqués entre les couleurs de ces animaux et la nature de leurs aliments : on Mit que très-fre(|uemment les poissons les
les. plus richement colorés sont ceux qui se nourrissent de mollusques ou de vers. La Lyre a reçu une parure magnifique, et communément elle recherche des Oursins et des Astéries. .
Au reste, ce Callionyme ne parvient giière qu'à la longueur de quatre ou cinq décimètres : on le trouve non-seulement dans la Méditerranée , mais encore dans d'autres mers australes ou septentrionales, et on dit que, dans presque tous les climîlts qu'il habite, sa chair est blanche et agréable ^n goût.
Le Calliontme Dragonneau {Callionymus Dracunculus, Linn., Lacép.). Ce Callionyme habite les mêmes mers* que la Lyre, avec laquelle il a de très-grands rapports; il n'en diffère même d'une manière très-sensible que par la brièveté et les proportions des rayons qui soutiennent la première nageoire dorsale, par le nombre des rayons des autres nageoires, par la forme de la lipe latérale qu'on d souvent de la peine à distinguer et par les nuances et la clisposition de ses couleurs. Beaucoup moins brillantes que celles de la Lyre, ces teintes sont brunes sur la tête et le dos, argentées avec des taches sur la partie inférieure de l'animal; et ces tons simples et très-peu éclatants ne sont relevés communément que par un peu de verdâtre que l'on voit sur les nageoires de la poitrine et de l'anus , du verdâtre mêlé à du jaune qui distingue les nageoires jugulaires, et du jaune qui s'étend par raies sur la seconde nageoire dorsale, ainsi que sur celle de la queue.
D'ailleurs la chair du Dragon neaU est, comme colle de la Lyre, blanche et d'un goût agréable. Il n'est donc pas surprenant que quelques naturalistes, et particulièrement le professeur Gmelin, aient soupçonné que ce^ deux Callionymes pourraient bien eire de la même espèce, mais d'un sexe différent.
CAMÉLÉON, Chamœleo^ genre de Reptile analogue au Lézard. — On ne sait quels motifs ont porté les anciens à lui donner
son nom, formé ou de x«f*«^ ^•<"\» P^^^^ Lîon, ou de xâfuo).or Xtcav, Chameau - f.ion, Effectivement ou ne voit en lui rien qui lé rapproche d'un Chameau, à moins que ce ne soit la forme arquée de son échine, et rien surtout qui rappelle en lui le farouche animal auquel on a donné, ironiquement sans doute, le surnom de roi des animaux , à moins que dans la chasse que le Caméléon donne aux insectes on ne voie quelques rapports de rapacité avec celle du Lion et des rois ; mais, quoi qu'il en soit, le Caméléon a été très-bien connu des anciens, et Aristote a décrit les principaux phénomènes dororganîsationduCaméleon, de telle sorte que, comme l'a dit un naturaliste, « si l'on etlt voulu lire, étudier et vérifier ce qu'Aristole eu a dit, Ton n'aurait pas tant cfe feuillets à déchirer dans les livres des naturalistes modernes. » Les Caméléons sont des Reptiles Quadrupèdes de taille variable audessous d'un pied et demi, à tête volumi
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REPTILES
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neuse » pyramidale , qiiadrangulaire , comprimée latéralement, terminée en avant par un museau aigu, parfois surmonté de crêtes saillantes, osseuses, diversement disposées. Aristote a comparé le museau du Caméléon à celui du CocAofi-Stn^e ; mais, comme Ton ne connaît pas l'animal qu'il désignait sous ce nom, il serait dii&cile déjuger de l'exactitude de cette comparaison. Les côtés de la tête sont aussi relevés en crêtes saillantes, parfois denticulées, gui passent audessus des yeux et se réunissent en avant sur le museau. L'occiput est renQé, plus ou moins prolongé en arrière, et marqué aussi d'une crête dont la forme varie selon les espèces; la gorge est susceptible de se renfler en une sorte de jabot ou goitre , comprimé, plus ou moins saillant ; le cou n'est guère marqué que par le reniSement de la tête, il est peu mobile ; le corps est court, fortement comprimé latéralement , relevé en carène arquée , souvent dentelée sur le dos, et en carène denticulée sur le ventre. La queue est arrondie, à peu près de la lon-
Î;ueur du corps, susceptible de s'enrouler brtement par son côté inférieur. Les membres, longs et grêles, offrent cette singulière disposition, que les bras sont à peu près de même longueur que les cuisses, que les avant-bras sont plus longs que les jambes ; mais ce qui distingue surtout les Caméléons des autres Reptiles, c'est la disposition des doigts , presque égaux , réunis par la peau jusqu'à la base de la phalanse unguéale ; ils sont à chaque pied disposes en deux faisceaux, opposables comme les mors d'une pince» composés de deux doigts en dehors et trois en dedans aux membres antérieurs, et de trois en dehors et deux en dedans aux membres postérieurs.
Le squelette des Caméléons offre aussi des particularités assez saiUantes. Sans entrer dans le détail des particularités que présente la disposition des os de la tête, on peut signaler la grandeur remarquable des orbites séparés l'un de l'autre par une simple cloison membraneuse. Les vertèbres du cou sont à peine mobiles et souvent soudées en une seule pièce : les trois premières sont libres, les suivantes portent des petites côtes flottantes comme chez la plupart des Lézards. Le sternum est composé de deux pièces : une dilatée, lancéolée, porte la clavicule ; l'autre étroite, allongée, porte cinq côtes de chaque côté. Hais ce qu'il y a de plus remarquable chez le Caméléon, c'est que les autres côtes dorsales se réunissent à leurs congénères opposées sans intermédiaire. Le nombre total des côtes est de Suinze. Il y a deux vertèbres lombaires, eux pelviennes, quarante-trois caudales, mais ce nombre parait n'être pas invariable et peut aller, par exemple , jusqu'à cinquante-quatre. L'épaule du Caméléon offre aussi cette particularité, que la clavicule est courte , larjse ; l'omoplate long , grêle, terminé en arrière par un disçiue cartilagineux, et le coracoïde n'existe pas. Le bassin est à peu près conformé comme chez
les Lézards, mais plus comprimé ; l'os cloacal est mince , grêle et presque rudiuieu* taire.
Les narines sont grandes, libres, dirigées en arrière, et ouvertes fort loin sur les côtés du museau , percées dans Tépaisseur des maxillaires, et s'ouvrant en dedans de manière à laisser un passage à Tair qui doit servir à la respiration, bien que l'on ait dit le contraire.
L'œil est très-dé veloppé, remarquable par la quantité de pigmentum de la choroïde et du peigne : l'on sait que ces organes jouissent chez les Caméléons de k singulière propriété de se mouvoir tout à fait Indépendamment l'un de l'autre et de ^e diriger même en sens opposé ; leur globe énorme est recouvert presque en totalité par une
[)aupière revêtue a écailles granulées, anaogues, à la grandeur près, à celles du reste du corps, à peine fendue d'une à deux lignes à sa partie centrale. Le système nerveux optique présente cette particularité, que les cordons s'entre-croisent complètement en se perforant l'un l'autre à la manière des tendons du fléchisseur profond des doigts à Tégard de ceux du fléchisseur sublime. L'oreille cachée par la peau existe, mais les parties qui la constituent sont peu développées, ce qui a induit quelques auteurs en erreur.
La bouche est grandement fendue, comprimée latéralement ; les lèvres et les étais se recouvrent mutuellement, de manière à former une double rainure de clôture, les dents sont petites, nombreuses, uniformes, presque égales, trifldes; l'on en compte de douze à seize de chaque côté de la mâchoire inférieure , et quelques-unes de plus à la mâchoire supérieure ; les Caméléons n'offrent point de dents au palais.
La langue du Caméléon est un desoi^^^ les plus remarquables de cet animal singulier ; dans l'état de repos elle est renfermée dans Tinlervalle des mâchoires ; ellipsoïde, molle, spongieuse, sillonnée à sa surface comme la pulpe des doigts, entière et libre à sa pointe, sans vestige de frein ou tilet, elle se continue en arrière, par une tige plus grêle, dans une sorte de fourreau, présentant en dessus de sa partie postérieure buccale une sorte d'éperon, qui rappelle l« disposition de la langue des Batraciens; lorsque l'animal veut saisir quelque insecte, il imprime à sa langue un mouvemenî brusque qui là porte hors la bouche, à plusieurs pouces de distance, avec la rapidité d'une détente de fusil, et la retire avec la méine promptitude, ramenant dans le phar^x j «* nimal qu'il a saisi avec son extrémité. L en a dit que cette extrémité saisissait au moyen de la mucosité qui exsude à sa surface et qui attire l'animal dont le Caméléon fail^ proie ; on a ajouté que les bords de j'eït'^ mité antérieure de la langue se replient en dehors pour présenter plus de surface a celte muqueuse préhensinle ; mais si je ne me trompe , c'est par un mécanisme analogue à celui des Batracien s Anoures que Je^
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POISSONS, ETC
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Caméléons saisissent leur proie. L eiirémité de U ItBgue m*a paru se renverser et Téperoo guttural se replier ensuite en dedans eomm la Talyule pnarrngienne de la langue des Grenouilles et des Crapauds. Quelques auteurs ont pensé que ce n*était pas Sl'alf'ment par Faction des muscles sur l'os hjoîde que la langue acquérait un développement aussi grand , aussi rapide et aussi tort, car le choc de la langue sur le papier» [41 exemple» produit le bruit que ferait une
r'ckmette donnée avec une certaine vioice; aussi ont-ils été chercher dans des < ircoDstances différentes Texplication d*un )4iéoomèoe dont la longueur insuffisante des pièces de rbyoîde, le peu d'étendue et le Itea de volume des muscles qui le meuvent De paraissent pas donner la solution entière ; on crut en trouver le complément daos le mode particulier d'expiration, dans uDe force élastique particulière, et enfin dans ces derniers temps on Ta attribué à one sorte d'érection de la portion de la langue renfermée dans le fourreau, mais ce mécanisme naratt produit par l'action de fibres musculaires circulaires qui entreni d^ns \a comoosition de cette partie &e \a \aT^e.
Uestomac est glanduleux dans sa partie autérieare, lisse ) sa partie postérieure; la surface de HDtestin est recouverte d'un pigt^Mum uoirêtre^ que l'on a cru devoir jouer
00 certain Me dans le mécanisme des changeroeûts de couleurs dont la peau du CaméléoD est susceptible. La rate , dont on « contesté l'existence chez le Caméléon, existe, mais à un état rudimentaire. L'on retfoureici, vers la partie inférieure de
1 abdomen, de ces sacs graisseux analogues lai épiploons, qui peut-être contribuent à rentrelieo de la vie dans les temps d'abstinence, e( pendant l'époque de l'engourdissement hiémal.
Les Caméléons ne se nourrissent pas d'air» comme quelques anciens auteurs 1 ont préteodo; ils vivent d'insectes, de vers qu'ils ^^lii saisir h distance avec leur langue ; ils «valent leur proie sans la mAcber, comme te font tous les reptiles. Ils paraissent pouvoir supporter l'abstinence pendant un temps a^sez long, et c'est sans doute cette propriété 4^1 afec l'ampleur de leurs poumons, a donné lieu à la fable que l'on a jadis débitée ^ leur mode de nutrition.
Le larynx est remart|uable par une ouverture située à la partie inférieure, et communiquant dans une arrière-poche membra- Leose qui probablement sert à la dilatation ^ I& gorge , mais dont on ignore le but. Les poumons sont très - développés, vésicuieui et donnent à l'animal une pesanteur spéàQoue moindre que celle qu'on serait l^té de lui croire au premier abord. Les pruis de la poitrine sont si minces, que par lostaots l'anunal acquiert une demi-transparence assez sensible. Ces poumons se terminent en arrière par de longs appendices, <iui rappellent un i>eu les sacs aériens des oiseaux, mais qui u'out pas comme eux des
communications étendues dans presque toutes les parties du corps, ainsi que quelques auteurs l'ont supposé.
La peau des Caméléons est couverte pai^ tout de petites écailles granulées, juxtaposées, polygones sur la tète, où elles sont un peu plus dilatées, quadrangulaires sur le reste du corps, lisses a leur surface, relevées parfois en carènes plus ou moins saillantes sur le rachis, à la région jug;ulaire et abdominale, disposées en épines aiguës et droites sur le dos de quelques espèces, rangées en verticilles peu arrêtés sur la queue, et en échiquier a la partie extérieure des membres. Chez quelques Caméléons, on rencontre, parsemées symétriquement ou irrégulièrement, des écailles plus grandes, tuberculeuses, qui servent de caractères différentiels assez bons pour la distinction des espèces. Les plantes des pieds et des mains sont garnies de lamelles transversales analogues à celles des doigts des Geckos. Les ongles sont petits , libres , arqués , légèrement comprimés, à peu près égaux en longueur et en grosseur.
La peau des Caméléons est diversement colorée suivant les espèces ; néanmoins ces variations sont peu considérables, et les dessins se bornent en général à des taches, des bandes onduleuses peu arrêtées. Mais ce qui de tout temps a justement frappé l'attention des observateurs, c'est la faculté que ces animaux possèdent de changer i)resque subitement leur coloration. Leur teinte, naturellement d'un vert grisAtre, passe, selon certaines circonstances, au jaune plus ou moins clair, ou bien au vert foncé plus ou moins rougeâtre et violacé, au brun plus ou moins intense et même au noir, qu'Aristote re^^ardait comme la couleur propre de l'animal. Les philosophes ont trouvé dans cette singulière disposition un emblème de la versatilité, de la bassesse et de l'hypocrisie, et, depuis Plutarque jusqu'à nous, l'on n'a pas manqué de flétrir du nom de Caméléons ces hommes qui, au sré de leur intérêt, changent d'opinion et de manière de voir, comme cet animal change de livrée. C'est ainsi que Lafontaine a dit :
Je définis la coar un pays où les gens, Tristes, gais, prêts k tout, k tout indifférents, Sont|cequ*il piaft au prince, ou s*ilsne peuvent l'être,
Tâchent au moins de le paraître :
Peuple Caméléon, peuple singe du maître.
Mais il faut remarquer ici que le Caméléon ne change pas sans doute de couleur au gré de son caprice, et dès lors l'allégorie manque un peu de justesse. L'on a beaucoup cherché à saisir les causes et le mécanisme de ces changements de couleur. Quelques auteurs ont prétendu que le Caméléon réflé* chissait la couleur des corps environnants, et que ce ^ihénomène se passait dans les écailles qui jouaient en cela le rôle d'une
S lace ; mais cette erreur , admise par Goard, Goldsmith et autres, ne peut soutenir d'examen sérieux. Les écailles des Caméléons sont opaques, et l'épiderma qui lot
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recouifre n*a lui-même qu'une 4emi-transparence, il n'est jamais assez lisse pour prodnire la moindre réflexion de la lumière. Pline a dit que le Caméléon prenait la couleur des corps environnants, eicepté le roug« et le blanc; or ces deux couleurs se rencontrent h peu près dans les nombreuses variations de teinte de cet animal, et Ton peut dire qiie le$ variations de coloration du Caméléon sont aussi indépendantes de sa volonté que la pâleur ou la rougeur qui se disputent les joues de la jeune fllle au premier baiser de Tamour, de la fiancée qui prononce lé oui solevinel, pour ne pas dîne fatal... Lorsqufï Jes idées de la physique envahirent la pliysiologie, on prétendit que le Caméléon changeait de couleur, parce que les téguments réfractaient d'une manière différente les rayons lumineux, que chaque écaille produisait rellet du prisme sur les rayons lumineux, sans s^apercevoir que, les circonstances restant les mêmes, on voyait l'animal passer successivement a des teintes différentes. Linné et Hasselquist, à demi familiers avec les phénomènes de la physiologie, crurent voir dans le changement de couleur du Caméléon une ictère plus ou moins brusque, une déposition instantanée et passagère» dans le tissu de la peau, d'une humeur jaunâtre particulière» sans chercher à établir leur opinion sur une preuve directe, sans chercher à démontrer, dans le tissu de la peau, l'existence de cette humeur sur laquelle était échafaudée leur explication. L'on avait constaté depuis long-temps que l'impres'^ sion d'^u rayon solaire plus ou moins intense provoquait des changements variés dans la coloration de la peau du Caméléon. Lorsque la physique eut constaté que les couleurs du prisme réfractent d'une manière inégale la chaleur fournie par un même rayon solaire, on crut trouver la cause des changements de couleur du Caméléon dans la différence de température que lui im[)riment les rayons solaires qui tombent sur lui. L'on constata même que les différentes nuances du Caméléon donnaient des températures variables au thermomètre; mais ces eipériences semblent contestables, non sous le ra|>port de la véracité, mais sous le rapport de la précision qui J a pu présider. Les expériences de cette nature sont délicates; il JTâut tenir compte d'une multitude de circonstances fugitives, et l'on ne s'explique pas facilement, d'après ces données, commence Carâéléop changerait plusieurs fois d^ couleur, en repassuu( à plusieurs reprises par les mêmes teintes, sous l'influence du même rayon solaire; comment la même surface pourrait prendre, comme cela arrive, des nuances diflerenles daps ses divers points ; comment la flamme artificielle, qui donne bien moins de chaleur que le rayon solaire à lumière égale, produit les mêmes nuances claires ou foncées. L'influence marquée que les passions ont sur la circulation et par suite sur la coloration de la face, dans l'espèce humaine, offrait
une analogie trop naturelle au nremier abord pour que l'on ne cherchât pas a adapter le mécanisme de la pâleur et de la rougeur des joués aux changements de couleor du Caméléon ; mais chaque passion a une influence particulière, toujours uniforme, sur l'hématose et la circulation, tandis que l'on voit le Caméléon, sous l'influence de Tappétit des aliments oq de sa ^nielle, de 1^ crainte ou de la colère, (ïe la privatioD ou de 1^ satisfaction des besoins, éprouver les mêmes transitions, passer par les mêmes nuances. La chimie avait éclairé sur la On du dernier siècle plusieurs points obscurs de l'hématose, l'on tâcha d'appliquer que/-
Îues-unes de ses découvertes à la question es changements de cpuleur du Caméléon.
Le sang varie de couleur, a-t-on dit, selon Qu'il est mis plus ou moins en contact avec 1 air oxygéné qui entre dans le poumon; la température différente de l'animal, son éUt moral particulier, la distension pjas ou moins forte de ses pouqfions influeBl sur la rapidité de )a circulation et la facilité avec laquelle U combustion du sang s'opère dans le poumon; dès lors, selon l^s cas, le sang doit prendre une teinte plus ou moins foncée et colorer diversement la peau de rfloima]. A l'appui de cette opinion, l'on foulait qu'il était de fait que dans les poin|s où les taches permanentes foncées se renconlrenl, on observe un lacis vasculaire plus a|>oodant. Mais une action aussi éloignée de li peau que celle qui tient à l'hématose, elt/ui irradie également sur tous les points <ie l'animal, devrait produire des effets généraux ou très-étendps, des effets syméfrwues h droite et ^ gauche ; or, c'est ce que 1 on n'observe pas. U faut donc tîhercber encore la cause prochaine de ces variations i^ couleur dans la peau elle-même, plus oiiflX)i/)5 influencée par l'effet de la tempéralure ambiante, par les passions de ranimait «^ PJ^ suite par l'état qe la circulation, à peu |tès comme pour cette affection aiguë de la peau de l'homme, connue sous le nom d'urucpire; dans cette maladie, en effet, on voit, sous l'influence d une légère élévation de température, d'uoe affection morale, vive, ou d'une action locomotrice quelle Q***^''® ^^^ parfois même sans cause appréciable» .^'^ manifester une démangeaison plus ou moins vive dans un point de la surface d« la p^«^ la rougeur survient, une éruption eï»ninéraalique succède, et après quelques instante de durée, ces symptômes se dissipent pour se déclarer dans un point plus ou moins éloigné, et sans liaison intime avec le pr^ mier, ce qui se répète de suite peDdamuu temps indéterminé. C'est asaurémenl là « phénomène zoologique qui offre le P*u> d'analogie avec les changements de com^Uf du Caméléon; or. Ton n'hésite pw « en établir le siège primitif dans la P^ frien ne s'oppose à regarder cet él8t,mon)W et accidentel chez l'homme, comme consiani cl normal chez le Caméléon. C'est ce (J»« conlirmeraient les recherches récentes M. Milue Çdwards sur le -aécanisme «e
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tt (codoctioD du pbéoaai0De en question. Soi omoioD se rapproche jusqu'à cerlaio poiotae la théorie oonoée par aObsonville et quelques auteurs qui attribuaieut les cMpneDts de couleur du Caméléon au flBS9ige plus ou moins abondant du sang de hn\mh\, qui est violet, disait-on, à travers lu fiisseaux de la peau qui sqnlt jaunes et
eus ou moins transparents. M* Ifilne i%^ a constaté dans la peau du Caméléon rtmtence de deui pigments superposés, renfermés dans des vaisseaux particuliers, (lis|>osés de façon à pouvoir se iuoatrer »oas Tépiderme simui|UHiément, ou bieu I se cacher Van au-de^ous de Tautre, Tuu d*uQ gris plus ou moins jaunâtre ou Uincbllre, et l'autre d'un roiiga violacé et noirltref situé plus profondément que le prtmitr ^ns l'épaisseur du derme* Mais celte explication ^Ue-mème laisse encore biefl des points de la question (laps le doute et robscuhté, et Ton est ti^n.t^, après tout» dernier encore avec Perrault : « On poiirn trouver quantité d'autres raisons probables comsie celle-ci, avant que d'eu noir trouvé une dont on puisse démontrer U virile. >iu reste, ces changements de cou- \euT Dar^â&senl liés à l'état dé santé ou de uiilèdiQ 4e Yainmal, et il est des circonstances oè le Caméléon semble n'être plus susceptible de varier les nuances de sa peau. C'est ce que roo a observé chez Tua des deux CêoéléoDS que l'on a vus à Paris il y ê quelques années. L'un d^ëux restait eu eilet afistbique dans un coin de sa cage, et coiiJltiDiDent d'uQ vert cuivreux uniformo; les diverses cirtoiistànces qui modifiaient rapidment les nuances de son commensal éuieoi tout à fait sans action sur lui. Les g^niiecu ne voulurent ou ne purent pas doDoer de renseignements capables d'expliquer celte singulière différence. L'on ne sait ^ au juste Tutilité de pareils changei&«Dtsde couleur pour le Caméléon; est-ce un moyao de témoigner ses désirs pour le npprocbemeni des sexes? est-ce un mo^en de varier sa robe pour la marier plus facileiDeol avec la couleur des corps environnants H ériier par là les poursuites de ses ennenus? Est-ce un ipoyen de leur imprimer quelque terreur? Cest ce que l'on n a pas eiKore bien pu app)r^ief .
U structure des organes reproducteurs «faCaméléoo et le mode de reproduction de (^animaux diffèrent peu de ce que l'on ob- ^rve chez les Lézards sous ce rapport ; comme eux, les Caméléons {)ondent des œufs pisiformes» è enveloppe coriace, fécondés à lavance par l'accouplement. Ils les abandoooent dans le sable sec, à l'éclosion spon- Uiiée, comme les Lézards; les petits sortent Pv&its,et parcourent rapidement les périodes de leur accroissement. La durée de la vie de ces animaux n'est pas connue, et il est Kobable que, comme les Lézards, ils de- Tiennent la proie des oiseaux carnassiers, des Serpents, etc., avant de pouvoir arriver au dernier terme de leur vieillesse.
Le Caméléon était un animal trop remar-
quable pour ne pas exciter l'imaginatiou poétique des anciens; aussi ont-ils supposa a cet animal des vertus, des propriétés et un génie exagérés. Le Caméléon, menacé par un Serpent qui cherchait à le charmer par son regard, laissait, disait-on, tomber sur la tète de son ennemi une salive qui le tuai^ ^ ripstant; se rencontrait-il sur la uième voie avec un de cec? jpttèmes Reptiles, il ramassait vite un fétu long et fort qu'il tenait en travers de sa gjueule, et qui formait à l'instant une barrière insurmontable aux mâchoires les plus extensibles du vorace Ophidien...;mais, contes que tout cela.
Le Paméléon est un animal assez stupide; on np lui voit aucune industrie pour sa conservation ou poiir celle de son espèce. Ne pouvant marcher avec facilité ni courir, il se tient, comme les Bradypes, continuellement perché sur quelques branches d'arbriéseau ou sur des pierres, cramponné avec se§ ongles, et au moyen de sa queue enroulante. Immobile pendant des heures entières, à peine si la faim et la vue d'un insecte le tirent de son apathie apparente. Lorsqu'on Té prend, il cherche peu â mordre, et sa morsure n*est pas d'ailleurs redoutable. Le Caméléon habite seulement les contrées cnaiides et sèches de l'ancien hé-
dionale, et dans les îles qui avoisinent, que les Caméléons sont le plus répandus. Ce sont de ces animaux dont on ne redoute pas la présence, et qui sont plus curieux qu'utiles , car nulle part on n'en tire le moindre parti. ]Les vertus médicamenteuses qu'on a attribuées à auelques-unes de ses parties sont do véritables niaiseries.
On ne connaît point jusqu'ici de Caméléon
?ui ait appartenu aux mondes précédents, es Egyptiens, qui rendaient à presque tous lés reptiles les honneurs de l'embaumement et du monument tumulaire, ne paraissent pas avoir compris le Caméléon parmi les privilégiés. On n'en a pas trouvé du moins dans les paquets de Reptiles momifiés que l'on a pu examiner; on ne le voit pas non plus figuré dans les dessins des monuments égyptiens et dans les nombreuses figurines allégoriques dont les collection^ fourmillent.
Parmi les espèces de Caméléons connues, les unes ont l'occiput plus ou moins saillant eri capuchon, une crête dorsale épineuse et une crête jugulaire et abdominale en scie plus ou moins prononcées; telles sont:
Le Caméléon d'Afbique, C. a/Hcanos, décrit aussi sous les noms de Trapu, de Caréné, C. carinatus; C. mitre, C. mUraius; de vulgaire, ordinaire, de C. des Parisiens, parce que l'Académie des sciences de Paris a beaucoup contribué à éclaircir soh histoire anatomique. C'est l'espèce la plus Répandue et la plus anciennement connue; c'est elle qui a servi de type à la plupart des descriptions, et de terme de comparaison. Cette espèce se distingue des autres
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par la présence ue sa crête dorsale et jugulaire, qui se prolonge jusqu'à rextrémite de Tabdomeni mais surtout par la saillie du casque occipital et des crêtes surciliaires, simples, denticulées, qui viennent se réunir sur le museau. A l'exception des écailles Îui bordent les crêtes, et qui sont en forme e denticules, les écailles du resie du corps sont petites, granuleuses, uniformes; celles du dessus de. la tête sont à peine plus dilatées que les autres. Le Caméléon d'Afrique est jaunâtre, avec des bandes irrégulières, transversales, d'une teinte brunâtre. Dans le jeune âge on observe sur les côtés du ilos une série de tftches jaun&tres, liserées (Je noir, disposées symétriquement à la file les unes des autres; elles se confondent parfois avec Tàge, et forment alors une ligne jaunAtre plus ou moins continue.. Il est très-commun sur les bords de la Méditerranée, en Egypte, en Barbarie.
Le Caméléon du Sénégal, décrit aussi sous les noms de Caméléon casque plat. Ce Caméléon, qui se trouve en Barbarie, au Sénégal, sur les rives de la Gambie, et qui se rencontre aussi, dit-on, en Géorgie, a été, à ce qu'il parait, l'objet d'une vénération particulière sur la côte occidentale d'Afrique ;' mais son culte ne s'est pas perpétué jusqu'à nos jours.
Le Caméléon nain (C. pumilus)^ décrit encore sous les noms de Caméléon à pierreries, C. margaritaceusj de Caméléon au Cap. A cette espèce, la plus petite de la famille, et qui se retrouve au cap de Bonne-Espérance, aux Séchelles, à l'Ile de France, et dans la plupart des îles de l'Archipel, des mers du Sud, il faut rapporter le Caméléon FRANGÉ (6'. fimbriatus)^ qui a été décrit comme une espèce distincte.
Le Caméléon Tigre (C iigris) est une espèce de taille moyenne, au corps grêle, à occiput comprimé et surmonté d'une carène, à menton lobule, comprimé et denticulé, à crête dorsale assez marauée. Cette espèce a été rapportée des Séctielles par Péron.
Le Caméléon de Lbach (C. dt'/epû , C. 6ilobus ), décrit d'abord par Leach dans l'ouvrage de l'Expédition anglaise au Congo, parait propre à l'intérieur de l'Afrique. Il est gris, verdfttre, avec une bande blanchâtre sur les Qancs.
D'autres espèces n'ont point de saillie en capuchon sur l'occiput, mais leur museau est surmonté de nroéminences de formes variées, comme
Le Caméléon a nez fourchu ou bifurqué (C. bifurcatus^ C. bifidus)^ espèce de plus d'un pied de longueur, à occiput déprimé, relevé seulement d'une carène transversale peu saillante, semi-circulaire, à crête dorsale très-marquée en avant. Cette espèce Tient des Moluques; elle se distingue surtout par une sorte de crête .plus ou moins prolongée qui s'élève de chaque côté du museau , s'avance au devant de lui, et le dépasse de plusieurs lignes; cette crête, formée par un développement particulier
des maxillaires supérieurs et des irontaux, est comprimée latéralement, presque lisse et denticulée sur son bord libre.
Le Caméléon de Parson {C. Parsonii); grande espèce à occiput aplati, tronqué en arrière» sans crête sur le dos ni sur le ventre.
Le Caméléon a capuchon (C. cucuUatui)^ paraît n'être qu'un individu peu âgé oe cette espèce, qui est propre à Madagascar, et qui d'abord a été confondue avec le Caméléon à nez fourchu. Foy. Couleurs, etc.
CANAL THORACIQUE. Voy. Absorptioïi.
CANTHERE, genre de poissons de la famille des Sparoïdes. — On connaît aujourd'hui douze espèces de ce genre}; quatre d'entre elles sont originaires de la mer Méditerranée et des parages qui l'a voisinent; les autres sont étrangères. Parmi celles qui habitent nos mers, nous citerons premièrement le Cantbére commun ( Cantharus mi- Îori5, Cuv. ; Sparus Cantharus, Linné ). Duamel, sect. iv, pi. IV, flg. r% et Rondelet, p.l20, seul des auteurs de son temps, qui ait bien connu ce Canthère : Le corps de ce poisson est ovale, son museau est assez aigUy l'œil grand, arrondi ; 1 anale est moius haute que la dorsale, et ses épines soot plus fortes que celles de la dorsale» qui sont grêles; la caudale est un peu fourchue, les pectorales sont de longeur médiocre, les ventrales sont attachées sous les pectorales. Les couleurs du Canthère sont d*uD gris ar-
f;enté très-brillant, avec quinze ou s&ze ignés longitudinales brunes, dorées, trésvives, et qui sont plus visibles au-dessous de la ligne latérale que sur le dos. La dorsale et l'anale sont violacées, les pectorales sont pâles, les ventrales brunâtres. Les auteurs indiquent différents noms, qiu sont tous des altérations plus ou moins fortes de celui que l'on applique à celui-d. Suivant Belon, les Marseillais le nomment CoiUkera, et nos Provençaux, d'après Rondelet, Conthens. Ces deux auteurs disent que les Génois l'appellent Tumoy ce qui veut dire enfumé, à cause de la couleur de son dos. Brûnnich et Raûnesque lui donnent, comme nom vulgaire, celui de Contors. Laroche Va entendu nommer ainsi, Ivica. Risse croil cjue les pêcheurs de Nice appellent les jeunes Canthères Canihena^ les adultes Canuda. Suivant cet auteur» le Canthère vit isolé, et sa chair est molle et peu estimée; il s'accorde en ce dernier point avec Rondelet; mais ce naturahste dit au contraire que les Canthères vont par bandes, qu'ils cherchent les endroits où les eaux sont vives, et que, lorsqu'on les prend dans ces lieux, leur chair a meilleur goût» s'ils y ont séjourné pendant quelque temps. La seconde espèce est le Canthàre Brème (Canthertu 6rfma, Cuy.; Sparus brema, Linné). Son corps a moins de hauteur que l'espèce précédente. Duhamel est le premier qui en fiarle. Il se rappelle, dit-il, avoir mangé sur es côtes de la Haute-Normandie un poisson qu'il nomme Brème de mer.
CAODANE. Voy. CHÉLONéi.
MB
CAR
CAR
CÂ^LAN. Voy. Gadb.
QniXAIRES. Voy. Ciecdlation.
CAHTAl^Ey Lachnolaimuiy genre de poissoos. Toisin des Labres.— Ces poissons, origiuaires d'Amérique, sont de grandeurs JùféreDtes; mais les plus grands que l'on ail obsenrés étaient de trois ou ({uatre pieds. Td est le Capitaine {Lachnolaimus Sullus)^ Tulgaireinent nommé Grand Pourceau. Ce l<»\6S0Q a Tiris des yeux rouge, la mâchoire supérieure d*uDe substance charnue, celluieuse, et d'une couleur violette tirant sur le roage, défendue et couverte d*une substance osseuse, qui lui sert comme de bouclier, doDt le dessus jusqu'à l'œil est noir, et depuis le dessous de Tœil jusqu'au coin de \&fueale violet et parsemé de [)etites lignes bteoes ODdées en forme de petits vers. 11 j « sur le dos de ce poisson une nageoire noire fort remirquable, qui se divise a sa base en quatre longues branches souples, qui se terminent enpointe.
CARANGUE, ^enre de poissons séparé des Caraoi par Cuvier, et de la famille des Cen- Iroooles.—Les espèces en sont très-nombreuses dans les deu3[ Océans. La première est \a CiftAHGCï DBS Antilles {Seomber CoranguiVCe poisson est d'une belle couleur d'arum, l^t de plombé ; une tache noire foncée occupe uoe partie de l'opercule ; Tangle surtout tsi d*UQ beau jaune ; il y a du bleuâtre lu hord postérieur de la pointe de la dorsiJe, et m /)/enâtre liseré au bord de la cAuda/e. Ou remarque une tache noire et ronde dans l'aisselle de la pectorale, et un trait ooir sar son huitième rayon et les suiraots. Là Carangue devient grande ; elle pèse8uu?entjusqu'à vingt-cinq livres. TrèscouuDuoe dans toutes les parties chaudes de J'Afflérique» elle vient du Brésil, de Cajefloe, de Porto-Rico, et est du nombre (i^ poissons qui traversent TOcéan. Les toloDs espagnols nomment la Caransue, comme d'autres poissons de ce genre, Jarel 00 lorel, c'est-à-dire Saurel. A la Havane, 00 lui donne aussi le nom particulier de ^uguagua. A Cayenne, nos colons l'appellent wade. Elle v passe pour un des meilleurs {K)i58oas ; on Ta mange avec d'autant plus de plaisir qu'elle passe pour ne donner jamais cette maladie dangereuse de la Signatera.
CARANX, genre de poissons qui a de grands rapports avec la plupart de ceux de ia fomille des Scombéroïdes de Cuvier. — Ce genre renferme un grand ïiombre d'espèces. Celle qui sert de type à ce genre est le Sau- KEL ou Maquereau bâtard (Caranx irachih' ftff, Lacôp. , Seomber Irachuruê^ Linn. ). Les «ailles qui recouvrent le Trachure sont petites, vides et molles. Sa couleur générale est arçentée. Le nom de Trachure, donné à ce poisson, est formé de deux mots grecs qui signifient queue épineuse, parce qu'en eiîet la fin de la ligne latérale est armée d'un aiguillon, recourbé en arrière sur chaque écusson qui la compose ; lorsque l'animal agite vivement sa queue, et en frap()e violemment sa proie, non-seulement il peut Tétourdir, l'assommer, l'écraser sous ses
coups redouoies, mais encore la Dresser avec ses pointes latérales, la déchirer profondément, et lui faire perdre son sang. Le Saurel s'approche des rivages en troupe nombreuse pour frayer ; on en prend alors en grande quantité a la ligne ou au filet.
On le trouve dans l'Océan Atlantique, dans la Méditerranée ; sa chair est bonne à manger, quoique moins tendre et moins agréable que celle du Maauereau. Mais à Nice, et sur les bords de ia mer Méditerranée, on l'abandonne au bas peuple.
Le Caranx OROS-OEiL (Caranx hoopsy Cuv.) est plus court (jue le Maquereau. Il est d'un bel argenté, teint sur le dos d'un bleu d'acier bruni, fort brillant, tirant au verdfttre. Les nageoires sont crises, et la seconde est un peu teinte de noirâtre. Ce poisson vient des grandes Indes.
;^ CARAPACE. Foy. Tortue.
CARCHARIAS. Voy. Squale-Requin.
CAROT. Voy. Chélonée.
CARPE (Cyprtnua Carpio^ Lin.), genre de
Soissons de l'ordre des Malacoptérygiens ab^ ominaux, famille des Cyprinoïdes. —L'histoire des poissons rappelle les scènes de la nature les plus diverses. Prenons pour exemple le Hareng et la Carpe, ces deux poissons que l'on transporte dans tous les marchés, que l'on voit sur toutes les tables, que tout le monde nomme, recherche, distingue, apprécie dans les plus petites nuances de leur saveur, et qui cependant sont si peu connus du vulgaire, qu'il n'a d'idée nette ni de leurs formes, ni de leurs habitudes. Les idées que ces deux noms réveillent, les images qu'ils rappellent, les grands tableaux qu'ils retracent, les sentiments qu'ils renouvellent, sont bien différents. A ce mot de Hareng^ l'imagination se transporte au milieu des tempêtes horribles de l'Océan polaire, elle voit l'immensité des mers, les vents déchaînés, le bouleversement des flots, le danger des naufrages, les horreurs des frimats, l'obscurité des nuits, l'épaisseur des brumes, J'audace des navigateurs, la longueur des voj^ages, l'expérience des pêcheurs, la réunion du nombre et de la force, le concert des moyens, le travail pour arriver au repos, la prospérité des empires, tout ce qui , en élevant le génie, s'empare vivement de l'Âme et Tagite avec violence.
En prononçant le nom duCvprin, que nous allons décrire, on ne rappelle que les contrées privilégiées des zones tempérées, un climat doux, une saison heureuse, un jour pur et serein, des rivages fleuris, des rivières paisibles, des lacs enchanteurs, des étangs placés dans des vallées romantiques ; des rapprochements comme pour une fête, plutôt que des associations pour affronter des dangers souvent funestes ; des jeux tranquilles, et non des fatigues cruelles; une occupation quelquefois solitaire et mélancolique ; un délassement après le travail ; un objet de rêverie douce, et non des sujeta d'alarmes, tout ce qui, dans les beautés de la campagne et dans les agréments du séjour des champs, plaît le plus à l'esprit, satiè •
Stf
Càfi
REPTILES
CAR
fait ta raisoD et parle au (XBur le langage du sentiment.
L*atirait irrésistible d*uu paysage favorisé pai la nature se répandra donc nécessai'' retnent suroe que nous allons dire du pre* mier des Cyprins. Les eaux, la verdure, les fleurs, la beauté ravissante du soleil qui descend derrière les (orôts des montagnes, la douceur de Tombre, la quiétude des bords retirés d'un humble ruisseau, la chaumière si digne d'envie de Thabitant des champs qui connaît son bonheur : tous ces objets chers aux âmes innocentes et tendres embelliront donc nécessairement le fond des tableaux, dans lesouelson tûcbera de développer les ha** biludes du Cyprin le plus utile, soit qu'on le montre dans une attitude de repos et livré à un sommeil réparateur, soit qu'on le fasse voir nageant avec force contre des courants violents, surmontant les obstacles avec lé-
Sèreté, et s'élevant avec rapidité au-dessus e la surface de l'eau ; soit qu'on le représente cherchant les insectes aquatiques, les vers, les portions de végétaux, les irag« ments de substances organisées, les parcelles d'engrais, les molécules onctueuses d'une terre limoneuse et grasse, dont il aime à se nourrir ; soit ennn qu'il doive, sous les yeux des amis de la nature, échapper à la poursuite des oiseaux palmipèdes, des poissons voraces, et du pécheur, plus dangereux encore.
Les Carpes se plaisent dans les étangs, dans les lacs, dans les rivières oui coulent doucement. Il y a même dans Tes qualités des eaux des différences qui échappent le l>lus souvent aux observateurs les plus attentifs, et qui sont si sensibles pour ces Cyprins, Qu'ils abondait quelquefois dans une partie d'un lac ou d'un fleuve , et sont très* rares dans une autre partie peu éloignée cependant de la première.
Ces Cyprins frayent en avril, et môme en mars, quand le printemps est chaud, ils cherchent alors les places couvertes de verdure, pour y déposer ou leur laite ou leurs œufs.
A cette même époque, les Carpes qui habitent dans les fleuves ou dans les rivières s'empressent de quitter leurs asiles, pour remonter vers des eaux plus tranquilles. Si, dans cette sorte de voyage annuel, elles rencontrent une barrière, elles s'efforcent de la franchir. Elles peuvent, pour la surmonter, s'élancer à une hauteur de six pieds, et elles s'élèvent dans l'air par un mécanisme semblable à celui employé par le Saumon. Elles montent à la surface de la rivière, se placent sur le côté» se plient vers le liant, rapprochent leur télé et l'extrémité Je leur queue, forment un cercle, débandent tout d'un coup le ressort que ce cercle ^mpose, s'étendent avec la rapidité de l'éclair, frappent l'eau vivement, en rejaillissent en un clin d'œil.
Duhamel, dans son Traité des pêches sur Us poissons^ rapporte le fait suivant : « Je l'ai éprouvé à mes dépens, dit-il ; car, le long iTuM rivière qui traversait un fond de
tourbe ei de vase, je Qs chareer cette terre vaseuse avec de la terre fraocne pour fonner une allée de six à sept toises de longueur, s'élevant d'environ deuf pieds auKiessus de la surface de l'eau. Au qelà de cette allée, dont les bords étaient garnis d'arbres qui formaient chaussée, je ûs creuser parallèlcmeot à la rivière un canal pour former un vivier dans lequel je mis de belles Carpes; elles s j comportèrent très-bien pendant quatre ou cinq ans, de sorte que, quand on se promenait le long du canal, elles se tenaient à portée de ceux qui y étaient, dans l'espérance qu'on leur jetterait du pain : tout dim coup elles disparurent, et l'on s'aperpu/
![u'elles s étaient frayé un chemin dans laterre ranche et dans la terre marécageuse, pour .gagner la rivière ; ce qui n'est pas douteux, puisqu'un pécheur prit dans la rivière, d'un seul coup de filet, sept grosses Carpes que jereconnui pour être des miennes, parceque, pour les distinguer, je leur avais coupé la moitié de la caudale. » C'est un fait que Duhamel a cru devoir rapporter, pour que ceui Îui voudraient formel un vivier auprès *une rivière prissent des précautions coqvenables pour ne point craindre un pareil accident.
Leur conformation et 1« ^rce de leurs muscles leur donnent une grandp facilité pour cette manœuvre. Leurs proportions indiquent, en effet, la vigueur et la légèreté.
Au reste, leur tète est grosse; leurs lèvres sont épaisses; leur front est large; Iwrs quatre barbillons sont attachés à leur aichoire supérieure ; leur ligne latérale estun peu courte ; leurs écailles ^ont grandes el striées ; leur longue nageoire du dos règue ^i^-dessus de l'anale, des véntrajes, et d'uoe portion des pectorales.
P Valeurs, leur canal inlèsiinal à doq sinupsités ; l'épine du dos est composée de trente-sept vertèbres; et chaque côté de celte colonne est soutenu par seiz9 cotes.
Ordinairement un bleu foncé parait sur leur front et sur leurs joues ; un Weu rerdâtre sur leur dos ; une série de petits poiols noirs le long de leur ligne latérale ; un jaune mêlé de bleu et de noir sur leurs côtés; un jaune plus clair sur leurs lèvres, ainsi que sur leur queue; une nuance blaocbltre sur leur ventre; un rouge brun sur leur anale; une teinte violette sur leurs ventrales et sur leur caudale , qui de plus est bordée de noirâtre ou de noir. Mais leurs couleurs peuvent varier suivant les eaux dans lesauelies elles séjournent : celles des grands lacs el des rivières sont, par eiemple, f)lus jaunes ou plus dorées que celles qui vivent daus les étangs; et 1 on connaît sons le nom de Carpes saumonées celles dont la chair doit à des circonstances locales une couleur rougeâtre.
Quand elles sont bien nourries , elles croissent vite, et parviennent à une grosseur considérable. ..
On en pèche, dans plusieurs lacs de 1 Àliemagno septentrionale, qui pèsent plus ue trente livres. On en a pris une du iHiids ue
Ui
CAR
^tos de IreDte-buit livres à Dertz» dans la nouvelle Marche de firaDdebourg, sur les froDtiires de la Poméranie. Qp ea trouve près f ADgerbourg en Prusse , qui pèsent vusaol quarante livres. Pallas dit que le VoJSjP en nourrit de parvenues à une Ion- £u#ur de plus de quatre pied$ et demi. En 1711 on en pécha une à Bischofshause, près de Francfort-sur-l'Odcr, qui avait plus de neaf pieds de long, plus de ïrois pieds de haut, des Vailles très-larges, et oui pesait 5oixaii(e^ix livres. On assure quon en a pritt da poids de auatre-vingt-dix livres dans /e bc de ^ug en Suisse ; et enûn, il en habite dans le DnJêster de si grosses, que leurs aréies peureiit servir à faire des manches de couteau.
Lrs Cyprins dont nous nous occupons peuvent d'autant plus montrer des developpemenls très-remarquables , qu'ils sont favorisas par une des principales causes de tout gr^Dd jecroissement, le temps. Un sait qu'ils tî^rieiiOcnt très-vieux ; et nous n'avons pas besoin de rappeler que Kuffon a parlé de Carpes de cent cinquante ans, vivantes dans les (bssés de Pontcnartrain, e( que, dans les éUn^ de la Losace, on a nourri des individus de U m^tue espèce âgés de plus de deux cents tins.
Lorsque les Carpes sont très-vieilles, elles sont sujetlesà une maladie qui souvent est mortelle, et qui se manifeste par des excrois- MDces semblables à des mousses, et répanéiessur la tète, ainsi que le long du dos. Kles peuvent, quoique jeunes, mourir de la même maladie, si des eaux de neige ou des eaai corrompues parviennent en trop grande quantité ^ans leur séjour, ou si leur habitatiofl est piendant trop longtemps recouverte par aœ couche épaisse de glace qui ne permeUe pas aux gaz malfaisants produils au fond des lacs, des étaugs ou des rivières, de se dissiper dans l'atmosphère. Ces mêmes eaux de neige» ou d'autres causes moins connues, leur donnent une autre maladie, ordinairement moins dangereuse que la première, et qui, faisant naître des pustules au-dessous des écailles , a reçu le nom de petife r/ro/e. Les Carpes peuvent aussi périr dulcères qui rongent le foie, l'un des orties essentiels des poissons. Elles ne sont pas moins exposées h être tourmentées par d-s vers intestinaux; et cette disposition à souflfrir de plusieurs maladies doit moins élutmer dans des apifnaux dont les nerfs son! f4us sensibles qu'on ne le croirait. Le savant Ifi^^l ^Qniva, président du conseil su^iérieur de santé de Turin , a prouvé, par l»ittsieurs expériences , que l'aimant exerce uoe inOuenœ très-marquée sur les Carpes» même h quatre pouces de distance de ces C vprins , et que la pile galvanique agissait Tivement sur ces poissons, principalement iorsqoiJs étaient hors de l'eau.
C'est surtout dans leur patrie naturelle
Ïue les Carpes jouissent des facultés qui les istinguent. Ce séjour que la nature leur a prescrit depuis tant de siècles, et sur lequel Tan np parail pas avoir influe, est l'Europe •
POISSOQIS, ETC. jCAfl S60
méridionale. Elles ont été néanmoins transportées avec facilité dans des contrées plus septentrionales. Que l'on n'oublie pas que Maschal les porta en Angleterre en 1514 ; que Pierre Oxè les habitua aux eaux du Danenlarek en 1560 ; qu'elles ont été acclimatées en Hollande et en Suède. Mais on dirait que la puissance de rhomiiie n'a pas encore pu, dans les pays trop voisins du cercle polaire, conlre-balancer tous les etTels d'un climat vigoureux. Les Carpes sont moins grandes , à mesure qu'elles habitent plus près du nobd ; et voilà pourquoi , suivant Bioch, on envoie tous les ans, de Prusse à Stockholm,
Elusieurs vaisseaux chargés d'un grand nomres de ces Cyprins.
Dans sa lutte avec la nature, la constance de l'homme a cependant d'autant plus de chances favorables pour modifier l'espèce de la Carpe, qu'il peut agir sur un très-grand noinbre de sujets. Les Carpes , en efl'el, se mnltiplient avec une facilité si grande, que les possesseurs d'étangs sont souvent embarrassés pour restreindre une reproduction (Jui ne peut accroître le nombre des individus qu'en diminuant la part d^aliments qui peut appartenir h chacun de ces poissons, et par conséauent en rapetissant leurs dimensions, en dénaturant leurs qualités, en altérant particulièrement la ^aVeur dé leur chair.
j:.orsque, malgré ces chances et ces efforts, l'espèce s'est soustraite à l'influence des soins de l'homme, et qu'il n'a pas pu imprimer à des individus des caractères transmissibles à plusieurs générations, il peut agir sur des individus isolés, les améhorer par plusieurs moyens, et les rendre plus propres a satisfaire ses goûts. 11 nous sufQt d'indiquer parmi ces moyens, plus ou moins analogues à ceux que nous avons fait connaître en traitant des effets de l'art de l'homme sur la nature des poissons, l'opération imaginée par un pécheur anglais, et exécutée j)resque toujours avec succès. On châtre les Carpes comme les Brochets; on leur ouvre le ventre; on enlève les ovaires ou la laite; on rapproche les bords de la plaie ; on coud ces bords avec soin : la blessure est bientôt guérie, parce que la vitalité des différents organes des poissons est moins dépendante d'un ou de plusieurs centres communs que si leur sang était chaud, et leur organisation très-rapprochée de celle des mammifères ; ot l'animàr ne ^e ressent du procédé qu'une barbare cupidité lui a fait subir, que parce qii'il peut engraisser beaucoup plus qu'auparavant.
Mais il est des soins plus doux que la sensibilité ne repoussé pas, que la raison approuve, et qui conservent, multiplient et perfectionnent et les générations et les individus. Ce sont particulièrement les précautions que prend un économe habile, lors- (ju'il veut retirer d'un étang qui renferma lies Carpes les avantages les plus grands.
Il établit, |)our y parvenir, trois sortes d'étangs : des étangs pour le (v^ (|ef étants
CAR
REPTILES
CAR
poar raccroissement , des étangs pour l'engrais.
On choisie, pour les former, des marais ou des bassins remplis de joncs et de roseaux, ou des prés dont le terrain, sans être froid et très-mauvais, ne soit cependant pas trop bon pour être sacridé à la culture des Cyprins. 11 faut qu'une eau assez abondante pour couvrir à la hauteur de trois pieds les
Earlies les plus élevées de ces prés, de ces assins, de ces marais, puisse s y réunir, et en sortir avec facilité. On relient cette eau par une digue; et pour lui donner l'écoulement que Ton peut désirer, on creuse dans les endroits les plus bas de Tétang un canal large et profond , qui en parcourt toute la longueur, et qui aboutit à un orifice que l'on ouvre ou ferme à volonté.
Les étangs pour le frai ne doivent renfermer qu'un nectare ou environ. 11 est nécessaire que la chaleur du soleil puisse les pénétrer : il est donc avantageux qu'ils soient exposés à l'orient ou au midi, et qu'on en écarte toutes sortes d'arbres ; il faut surtout en éloigner les aunes, dont les feuilles pourraient nuire aux poissons. Les bords de ces étangs doivent présenter une |)ente insensible, et une assez grande quantité de joncs et d'herbages pour recevoir les œufs et les retenir à une distance convenable de la surface de l'eau. On n'y souffre ni grenouilles, ni autres animaux aquatiques et voraces. On les garantit, par des épouvantails, de l'approche des oiseaux palmés, et on n'en laisse point sortir de Teau, de peur qu'une partie des œufs ne soit entraînée et perdue. On emploie, pour la ponte et la fécondation de ces œufs , des Carpes de sept, de huit, et même de douze ans ; mais on préfère celles de six, qui annoncent de la force, qui sont
(;rosses, qui ont le dos presque noir, et dont e ventre résiste au doigt qui le presse. On ne les met dans l'étang que lorsque la saison est assez avancée pour que le soleil en ait échauffé l'eau. On place communément dans une pièce d'eau d un hectare, seize ou dixsept mAles , et sept ou huit femelles. On a cru quelûuefois augmenter leur vertu prolifique en Trottant leurs nageoires et les environs de leur anus avec du castoreum et des essences d'épiceries; mais ces ressources sont inutiles, et peuvent être dangereuses,
f>arce qu'elles obligent è manier et a presser es poissons pour lesquels on les emploie.
Les jeunes Carpes habitent ordinairement, pendant deux ans, dans les étangs formés pour leur accroissement, et on les transporte ensuite dans un étang établi pour les engraisser, d'où, au bout de trois ans, on peut les retirer, déjà grandes, grasses et agréables au goût. ÉUes s'y sont nourries, au moins le plus souvent, d'insectes, de vers, de débris déplantes altérées, de racines pourries, de jeunes végétaux aquatiques, de rragments de fiente de Vache, de crottin de Cheval, d'excréments de Brebis mêlés avec de la glaise ; de fèves, de pois, de pommes de terre coupées, de navets , de fhiits avancés, de pain
moisi, de pâte de chènevis , et de poissons gâtés. '
On peut être obligé» après craeiques années, de laisser à sec, pendant dix ou douze mois, l'étang destiné à l'engrais des Carpes. On profite de cet intervalle pour y diminuer, s'il est nécessaire, la quantité des joncs et des roseaux, et pour y semer de Tavoine, du seigle, des raves, des vesces, des choux blancs, dont les racines et d'autres fragments restent et servent d'aliment aux Carpes quon introduit dans l'étang renouvelé.
Si la surface de l'étang se gèle, il faut en faire sortir un peu d'eau, afin qu'il se forme au-dessous de la glace un vide dans l^el
f)uissent se rendre les gaz délétères, qui dès ors ne séjournent plus dans le fluide habité par les Carpes. Il suffit quelquefois de foire dans la glace des trous plus ou moins grands et plus ou moins nombreux, et de prendre des précautions pour que les Carpes ne puissent pas s'élancer, par ces ouvertures, audessus de la croûte glacée de l'étang, où le froid les ferait bientôt périr. Mais on assure que, lorsque le tonnerre est tombé dans l'étang , on ne peut en sauver le plus souYeol les Carpes, qu'en renouvelant presaue ea entier 1 eau qui les renferme, et que l'action de la foudre peut avoir imprégnée d'eibalaisons malfaisantes.
Au reste, il est presque toujours assez 6cile d'empêcher, pendant l'hiver, les Carpes de s'échapper par les trous que l'on peut avoir faits dans la glace. En enet, il arrire/e plus souvent que, lorsqae la surface defétang commence à se prendre et à se durcir, les Carpes cherchent les endroits les plus profonds, et, par conséquent, les plus garantis du froid ae l'atmosphère, fouillent avec leur museau et leurs nageoires dans la lerre grasse, y font des trous en forme de bassins, sy rassemblent, s'y entassent, sW pressent, s'y engourdissent , et y passent 1 hiver dans une torpeur assez grande pour n'avoir pas besoin ae nourriture. On a même observé assez fréquemment et avec assez d'attention cette sopeur des Carpes, pour savoir gue, pendant leur long sommeil et leur long jeune, ces Cyprins ne perdent guère que le douzième de leur poids.
Lorsqu'on ne surmonte pas, par les soins éclairés de l'art, les effets des causes naturelles, les Carpes élevées dans les étangs ne sont pas celles dont la chair est la plus agréable au goût; on leur trouve une odeur de vase , qu'on ne fait passer (ju'en les conservant, pendant près d'un mois, dans une eau très-claire, ou en les renfermant pendant quelques jours dans une huche placée au mi; heu d'un courant. On leur préfère celles qui vivent dans un lac , encore plus celles qm séjournent dans une rivière, et surtout celles qui habitent un étang ou un lac traversé par les eaux fraîches et rapides d'un grand nusseau, d'une rivière ou d'un fleuve. Tous les fleuves et toutes les rivières ne commttwquent pas d'ailleurs les mêmes qualités à w chair des Carpes. U est des rivières dont ^ eaux donnent à ceux de ces Cyprins qu eu»
CAR
POISSONS, ETC
CAR
omfrisseot une saveur oien supeneure à ceUedes antres Carpes; et parmi les rivières de France , on peut citer particulièrement «DedaLot.
lyuttles fleuves, les rivières et les grands iacs, oo pèche les Carpes avec la seine : on emploie, pour les prendre dans les étangs, des tMenttj des io%ive$ et des naiif$^ dans lesqBek on met un appât. On peut donc aussi ie serrir de lliameçon pour la pèche des Carpes. Mais ces Cyprins sont très-souvent pfos difBdJes à prendre qu'on ne le croirait : as se méfient des différentes substances avec fesgaelies on cherche à les attirer. D'ailtears. lorsqu'ils voient les filets s'approcher d'eux, ils savent enfoncer leur tète dans la îtse, et les laisser passer par-dessus leur Corps, ou s'élancer au delà de ces instni- ^sfoXSj par une impulsion qui les élève à six Me'ls oa environ au-dessus de la surface de lean. Aussi les pécheurs ont-ib quelquefois k s«i& d'empiojer deux trubles, dont la posuiijii est telle, que lorsque les Carpes sautent pour échapper à l'un, elles retombent daos Vautre,
U fréquence de leurs tentatives à cet
égard, cl par conséquent l'étendue de leur
insliud, soQt augmentées par la facilité avec
\aqvi«\W«Heipeofenl résisteraux contusions,
aax.ttttsures,\un séjour prolongé dans l'at-
°^<>5pW«. Cesl par une suite de cette faculté
Qu'oo pem Jes trans{>orter à de très-grandes
^siiDces SUIS les faire périr, pourvu qu'on
lc$ reakriDe dans de la neige et qu'on leur
meOedêns là bouche un petit morceau de pain
freœp^diflsderaJcool affaibli ^ et c'est encore
«Meprapriété qui fait que, pendant l'hiver,
^penl les conserver en vie dans des caves
niimkles, et même les engraisser beaucoup,
^ 'es renaol suspendues après les avoir en-
' tarées de mousse, en arrosant souvent leur
«iveicype T^«^taJe, et en leur donnant du
P"Ot des fragments de plantes et du lait.
î*aDs le temps de Bëlon, on faisait avec
ws Œubde Carpes du caviar ^ qui était très-
'^^^«'dié à Constantinople et dans les en-
^^^ de la mer Noire, ainsi que de l'Ar-
^?^ et qui était acheté avec u'autant plus
d^çiBpressement par les Juifs de ces contrées
j^j^tiques et européennes, que leurs lois
fwijpeuses leur défendent de se nourrir de
^■'wr lait avec des oeufs d'Acipensères.
ia vésicule du fiel de ces Cyprins contient
^ ïioinde d'un vert foncé, très-amer, et dont
* a ûii usage en peinture pour avoir une
f^«ir verte; et si nous écn viens l'histoire
*« erreurs et des préjugés, nous parlerions
* toutes les vertus extraordinaires et ridi-
^^s que l'on a supposées pour la guérison
^ ^usieurs maladies, dans une petite émi-
^^*^^ osseuse du fond du palais ues Cyprins
^Qous considérons, que l'on a nommée
^^f de Carpe^ et que Ton a souvent portée
<^^ une confiance aveugle, comme un pré-
serratif infaillible contre des maux reaou-
^ trouve parmi les Carpes, comme dans ^ ^tres espèces de poissons, des mons- ^^tés plus ou moins bizarres. La collec-
tion du Muséum d'histoire naturelle renierme un de ces Cvprins, dont la bouche n*a d'autre orifice extérieur que ceux des branchies Mais ces poissons sont sujets à préseuter dans leur tète, et plus particulièrement dans leur museau, une difformité qui a souvent frappé les physiciens, et qui a toujours étonné le vulgaire, à cause des rapports qu'elle lui a paru avoir avec l§ tète d'un cadavre humain, ou au moins avec celle d'un Dauphin. Rondelet, Gesner, Aldrovande, et d'autres naturalistes, en ont donné la figure ou la description; on en voit des exemples dans un grand nombre de cabinets. Le Muséum d'histoire naturelle a reçu, dans le temps du président de Mesby, une Carpe qui offrait cette confonuation monstrueuse, et que l'on avait pêchée dans l'étanç de Meslay ; et M. Noël de Rouen a transmis à Lacépède un dessin d'une Carpe altérée de la même manière dans les formes de son museau, que l'on avait prise dans un étanç voisin de Caen, et qui était remarquable d ailleurs par l'uniformité de la couleur verte, également répandue sur toute la surface de l'animal.
Mais, indépendamment de ces monstruosités et des variétés dont nous avons déjà parlé, l'espèce de la Carpe est fréquemment modifiée, suivant plusieurs naturalistes, par sou mélange avec d'autres espèces du genre des Cyprins, particulièrement avec des Carassins et des Gibèles. Il résulte, de ce mélange, des individus plus grosquedes Gibèles ou des Carassins, mais moins grands que des Carpes, et qui ne pèsent euère que de deux à quatre livres. Gesner, Aldrovande, Schwenckfeld, Schoneveld, Marsigni, Willughby et Klein, ont parlé de ces métis, auxquels les pécheurs de l'Allemagne septentrionale ont donné différents noms. On les reconnaît è leurs écailles, qui sont plus petites, plus attachées à la peau que celles des Carpes, et montrent des stries longitudinales; de plus, leur tète est plus grosse, plus courte, et dénuée de barbillons. Mais Bloch pense qu'on ne voit ces dernières différences que lorsque des œufs de Carpes ont été fécondés par des Carassins ou par des Gibèles, parce que les métis ont toujours la tète et la caudale du mAle. Si ce dernier fait est bien constaté, il faudra le regarder comme un des phénomènes les plus propres à fonder la théorie de la génération des animaux.
On en élève une race à grandes écailles, dont certains individus ont la peau nue par places , ou même entièrement , et que 1 on nomme Reine des Cabpes, Caefe a mieoie. Carpe a eu» (Cyprinus rex Cyprinorum^ Bloch., 17). Dans certains pays on élève ces
râssons dans les étangs, où ils parviennent une grosseur très-considérable, et où leur chair acquiert une saveur que l'on a préférée au goût' de cellt de la Carpe. Telle est encore
de nos bassins. La Dorai» de la C&uie ( Cyprinui auraius^ Linné, Bloch., 93 }, qui a les épines dorsales et les anales dentelées
CAR
eomine là Garoe. B*abord noirAtre, ene prend par degrés ce beau rouga doré qui la caractérisa ; iûais il y eu a d^argentées et de variée! de ces trois nuances.
La beauté du Cyprin doré inspire une sorte d^aduiiratioo; la rapidité de ses mouvements charme les regards. Mais élevons notre pensée : nous avons sous les yeux un des plus grands triomphes de l'art sur la nature.'L em-
fire que Fincfustrie européenne est parvenue exercer sur des aniolaux utiles et affectionnés» sur ces compagnons courageux, infatigables et ûdèles, qui n'abandonnant l'homme ni dans ses courses, ni dans ses travaux, ni dans ses dangers, sur le chien si sensible, et le' cheval si généreux, l'industrie chinoise t'a obtenu sur le Doré^ cette espèce plus garantie cependant de son influence par le fluide daos lequel elle ^st plongée, plus indépendante par son instinct, et plus rebelle à ses soins, comme plus sourde à sa voix ; mais la constance et le temps ont vaincu toutes les résistances.
Le besoin d'embellir et de viviûer les eaux dû leursiardins,d6 leurs retraites, d'un séjour consacre aux objets qui leur étaient le plus cbers, a inspiré aux Chinois les tentatives, les précautions et les ressources qui pouvaient le plus assurer leur succès; et comme, de-* puis bien des siècles, ils imitent avec respect les procédés qui ont réussi à leurs pères, c'est toujours par les mêmes moyens qu'ils ont agi sur l'espèce du Doré; ils l'ont attaquée, pour ainsi dire, par les mêmes faces; ils ont pesé sur les mêmes points; les enrpreiutes ont été de plus en plus creusées de génération en génération; les changements sont devenus profonds, et les altérations ont trop pénétré dans la masse, pour n'être pas durables. ^
ils l'ont modifiée à un tel degré, que les organes mêmes de la natation du Doré n'ont pu résister aux effets d'une attention sans cesse renouvelée. Dans plusieurs individus, la surface des nageoires a été augmentée; dans d'autres, diminuée : dans ceux-ci, la dorsale, a été réduite à un très-petit nombre de rayons, ou remplacée par une sorte de bosse et d'excroissance double ou simple, ou retranchée entièrement, sans laisser de tTace de son existence perdue; dans ceux-là, les ventrales ont disparu ; dans quelques-uns, l'anale a été doublée, et la caudale, doublement échancrée, a montré un croissant double, ou trois pointes au lieu de deux; et si l'on réunit à ces signes de la puissance de l'homme toutes les différences que ce pouvoir de l'art a introduites dans les proportions des organes du Doré, ainsi que toutes les nuances que ce même art a mêlées aux couleurs naturelles de ce Cyprin, et surtout si Ton pense à toutes les combinaisons qui peuvent résulter des divers mélanges de ces modifications plus ou moins importantes, Ou ne sera pas étonné du nombre prodigieux de métamorphoses que le Cyprin doré présente dans les eaux de la Chine ou dans celles de l'Europe. On peut voir les principales de ces dégradations; ou, si on 1 aime mieux,
tlEPTILES, tiAS SSa
de ces améliorations, représentées <^une manière très-intéressante dans un ouvrage publié par Martinet et Sauvigny, et exécuté avec autant d'habileté que de soin d'après des dessins coloriés envoyés de la Chine au ministre d'il^tat Bertin. En examinant avec attention ce recueil précieux, on serait tenié de compter près de cent variétés, plus ou moins remarquables, produites par la main de l'homme dans l'espèce du Cyprin ; et c'est ce titre assez rare de prééminence et de do- ' mination sur les productions de la nature, que nous avons cru devoir faire observer. Le désir d'orner sa demeure a produit le perfectionnement des Cyprins dorés; k nouvelle parure, les nouvelles formes, les nouveaux mouvements que leur a donnés l'éducation, ont rendu leur domesticité plus nécessaire encore aux Chinois. Les dames de la Chine, plus sédentaires que celles des autres contrées, plus obligées de multiplier autour d'elles tout ce qui peut distraire l'es-
{»rit, amuser le cœur, et cnarmer des loisirs rop prolongés, se sont surtout entourées de ces Cyprins si décorés par la nature, si favorisés par l'art, images de leur beauté adnairée, mais captive, et dont les évolutions, les jeux
et les amours, peuvent remplacer, dans^ des Âmes mélancoliques, la peine de l'inaction, l'ennui du désœuvrement, et le tourmenl de vains désirs, par des sensations légères mais douces, des idées iïigitives mais agréa blés, des jouissances faibles mais consolantes et pures. Non-seulement elles eu peuplent leucs éian^s, mais elles en retiip/issent leurs bassins, et elles en élèvent uaas des vases de porcelaine ou de cristal, au milieu de leurs asiles les plus secrets^
Les Dorés sontparticulièrementorigjnaires d'un lac; peu éloigné de la haute montagne q^ue les Cninois nomment Tsien-king, et qui s élève dans la province de The-kiang, auprès de la ville de Tchang-hou, vers le trentième degré 4e latitud^^ Leur véritable patrie appartient donc à un climat assez chaud. Mais on les a accoutumés facilement à une température moins douce que celle de leur premier s^our : on les 4 transportés dans les autres provinces delà Chine, au Japon, en France, en Allemagne, en Hollande, dans presqua toute 1 Europe, dans les autres parties du globe j et suivant Bloch, l'Angleterre en a nourri dès 1611, sous le règne de Jacques 1".
Le même savant rapporte que Oeirichs, bourgmestre de Brème, avait éievé avec succès un assez grand nombre de Cyprins doré^, dans un bassin de trente-six pieds de long, qu'il avait fait creuser exprès. -
Lorsqu'on introduit ainsi de ces poissons dans jun vivier ou dans un étang où Voa désire de les voir multiplier, il faut, si cette
f)ièce d'eau ne présente ni bords unis, ni onds tapissés d'herbe, y placer, dans le temps du frai, des branches et des rameaux verts.
Cette même pièce d'eau renferme-t-ellQ du terreau ou de la terre grasse , les Cyprins dorés trouvent dans cette humus un alimeut suflisant. Lo fond du bassin est-il sablf»;-
aok
IKMSSONB» ETC.
CAH
ueoii oo àùnùà aux Doréd da fomier, du \^ de firomenl et du pain de chènevis. 8'i) eH mu comme oa Ta éerit, que les Chinois oe jetant pendajit Thiver aucune nourriture «ai Dorés qu'ils conservent dans leurs jardias, ce ne doit être que dans les provinces df il Chine où cette saison est assez froide poor que ces Cjrprins y soient soumis au Bioiiis à un eoiumencement de torpeur.
Mtit, ^oi qull en soit, il faut procurer à c» paissons un abri de feuillage dont l'ombre, s*étendan t jusqu'à leur habitation , puisse les garantir de Tardeur du soleil, ou des «flirts d'une vive lumière, lorsgue cette chaleur trop forte* ou cette clarté trop grande poarraient les incommoder ou blesser leurs
?réIère-t-on de rapprocher de soi ces abdoBûnaai dODt la i>arure est si superbe, et de le& carder dans des vases, on les nourrit aveedtf fragments de petites oublies, de mie de nain blanc bien fine, des jaunes d'cMift <»ireis et réduits en poudre, de la cfaflr de porc hachée, des mouches ou de petits limaçons bien onctueux. Pendant Tété, il Ciut ri^DOUveler Teau de leur vase tous les trois jours, et même plus souvent, si la chalextr est vive et étouffante; mais, pendant Ybiver, \\ ivSBX de changer Teau dans laquelle ils uagoDl, tous les huit ou tous les quinze jours. L'ouverture du vase doit être telle qa elle suffise à la sortie des saz oui doivent s'eiktletf ei cependant que les Cyprins ne paL>S€Dt pas s'élancer facilement par-dessus /es bords de oet orifice.
Les Dorés frayent dans le printemps, ont une ^ode abondance d'œufs ou de laite, moltiplieot beaucoup, et peuvent vivre quelque temps hors de l'eau. Leur instinct est no peu supérieur à celui de plusieurs autres potssoos. L'organe de l'ouïe est en effet plus seofibie dans ces abdominaux ({ue aans beaieoap d osseux et de cartilagineux; ils <tistifiguenC aisément le son particulier qui lev anoooce l'arrivée de la nourriture qu on leor doone. Les Chinois les accoutument à 09100 par le moyen d'un silDet; et ces Cyprms reconnaissent souvent l'approche de ceui qai leur apportent leur nourriture ()ar le bnut de leur démarche. Cette supériorité d'or^oisation et d'instinct doit les avoir rendus un peu plus susceptibles des impres- S10Û5 que 1 art leur a fait éprouver.
Les couleurs brillantes dont les Dorés sont peints ne sont pas toujours effacées en entier par la mort de ranimai ; mais si alors on met ces )K)issons dans de l'alcool, ces riches et vives nuances disparaissent bientôt. Ces ttiotes dépendent, en très-grande partie, de la oiatière visqueuse dont les téguments des Cjprins dorés sont enduits, et qui, emportée parPalcool, colore cette dernière substance, ainsi que Btocb Ta observé.
Au reste, pendant que ces abdominaux jiuisaent de toutes leurs facultés, ils ont ordinairement l'iris jaune, le dessous de la tète rouge, les joues dorées , le dos parsemé de diverses taches noires, les côtés d'un roug<* mêlé d'orangé , le ventre varié d'ar-
gent et de couleur de rose, toutes lès nageoires d'un rouge de carmin.
Ces couleurs cependant n'appartiennent pas à tous les âges du Doré. Communément il est noir pendant les premières années de sa vie : des points argentine annoncent ensuite la magnifique parure 8 laquelle il est destiné; ces points s'étendebt, se touchent, couvrent toute la surface de l'animal, et sont enfin remplacés pat* un rouge éclatant, auquel se mêlent, à mesure aue le Cyprih avance en Age, tous les tons admirables qui doitent rembellir.
Quelquefois la robe argentine nô précédé pas la couleur rouge; cette dernière nuance revêt même certains individus dès leurs premières années : d'autres individus perdent, en vieillissant, celte livrée si belle; leurs teintes s'affaiblissent , leurs taches pâlissent, leur rouge et leur or se changent en argent, ou se fondent dans Une couleur blanche sans beaucoup d'éclat.
Lorsque le Doré vît dans un étang spacieux, il parvient à la longueur d'un pied ou quinze pouces. Son canal intestinal présente trois sinuosités ; la laite et l'ovaire sont doubles; la vessie natatoire est divisée en deux parties , dont une est plus étroite que l'autre.
Le Ctprin AROBNTé est quelquefôU long de plus de deux pieds. Sa caudale paraît souvent divisée en trois lobes; ce qui semble prouver que son espèce a été altérée par une sorte de domesticité. Sa tête est plus allongée que celle du Doré.
On trouve dans les eaux douces de la Chine le Télescope, dont la tète est courte et grosse, et l'orifice de la bouche petit.
CARPE. Voy. Squelette.
XARRELET ou Barbue, genre de poissons dffla famille des Pleuronectes. — Le Carrelcl est très-commun. On le trouve dans l'Océan Atlantique boréal, ainsi que dans la Méditerranée. II se plaît particulièrement dans cette dernière mer , auprès des côtes de la Sardaigne; il pénètre quelquefois dans les fleuves, il entre notamment dans l'Elbe; et M. Noël a appris d'un pécheur, qu'on avait pris un individu de cette espèce dans la Seine, auprès de Quevilly, à une petite distance de Rouen.
Ce Thoracin et le Turbot sont les Pleuronectes qui présentent le plus de largeur ou plutôt de hauteur. Ils l'emportent mem;' sur le Fiez par la çrandeur relative de celle dimension; mais ils sont bien éloignés d'atteindre à la longueur do ce Fiez. On ne doit donc donner aucune confiance à ce qu'on a écrit d'un Carrelet pris sous Domitien, et qui aurait été d'une longueur si démesurée» qu'elle aurait égalé soixante six ou soixanteneuf pieds.
CARTILAGINEUX. — On appelle ainsi une grande division de la classe des poissons. Ce sont les mêmes poissons que l'on a aussi désignés par le nom de Chondroptéryglefls. f e squelette de ces poissons esl essentiellement cartilagineux : il ne s'y forme pas de fibres osseuses, et ta matière calcaire
CEG
REPTILES
CEN
qui endurcit la surface ne s'y dépose que par petits grains. Quelquefois même ce squelette est simplement membraneux » et il présente toujours' dans sa conformation plus de simplicité que chez les poissons osseux. On y remarque aussi une ressemblance très-grande avec le squelette encore cartilagineux des Têtards. Le crâne n*est pas divisé par des sutures et ne se compose que d'une seule pièce, modelée d'ailleurs et percée à peu près comme le crâne d'un poisson ordinaire. La mâchoire supérieure est formée par des pièces analogues aux os palatins ou au vomer; les maxillaires et les lulermaxillaires n'existent pas ou ne se trouvent qu'à l'état de vestiges, cachés sous la peau. La mâchoire inférieure n'a également qu'une pièce de chaque lîôté, et l'appareil operculaire manque en général complètement. La colonne vertébrale est quelquefois formée en grande partie d'un seul tube, percé de chaque côté pour le passage des nerfs, mais point divisé eu vertèbres distinctes; souvent aussi le corps des vertèbres est percé de part en part» de façon que la substance gélatineuse qui remplit les intervalles de ces os forme un cordon continu. Quant à la disposition des os dans l'épaule, du bassin et des nageoires, elle varie. L'appareil hyoïdien, qui supporte les branchies, est en général conformé à peu près de même que chez les poissons ordinaires; mais, dans les derniers degrés de cette série, les arcs branchiaux manquent et les branchies ne sont fixées, du côté interne, qu'aux parois d'un canal membraneux. Le mode d'organisation de ces organes présente, du reste, des modifications remarquables. Tantôt les branchies sont libres à leur bord externe, comme chez les poissons osseux; tantôt au contraire, elles sont atta^ chées par ce bord aussi bien que par leur bord interne, et cette différence sert de base à la division des poissons cartilagineux en deux groupes, savoir : les Chondroptérygiens à branchies libres^ qui constituent un seul ordre, et les Chonaroptérygiens à branchies àxesy qui en forment deux, les Sélaciens et les Cyclostomes,
CAVIAR. — Mets préparé, dans plusieurs parties de l'Orient, avec des œufs d'Estur- Keon qu'on y recueille en très-grande abonaauce. Ce mets est recherché et se sert sur les meilleures tables.
CECILIE, cœcilia^ Linn., de cœcus^ aveugle. — Théodore de Gaza paratt être le premier qui ait employé le nom de cœcilia^ pour désigner les serpents aveugles d' Aristote , espèces de reptiles que le» commentateurs ont cru retrouver dans VAnguis fragilis^ dans le Seps d'Italie^ etc., qui pourtant ne sont pas aveugles. Linné l'appliqua à son tour à des Serpents dont Aristote et ses successeurs n'ont pu avoir d'idée, mais qui du moins offrent cette disposition, que leurs yeux cachés par la peau les font paraître aveugles au premier coup d'oeil. Quelque arbitraire
2ue soit cette application du mot emcilia de inné, elle a prévalu, et aujourd'hui elle est
unanimement adoptée. Les Cëcilies sooi des reptiles à corps allongé, cylindrique, dépourvus de pieds, revêtus d'une peau molle couverte d'un mucus gélatineux analogue è celui des téguments ces Batraciens, garnie de petites écailles minces, disposées en rangées transversales, logées comme celles des poissons dans l'épaisseur même duderme.
On n'a rien de bien certain sur leur genre de vie; on dit que, comme les Ampbisbènés, elles font des trous assez profonds en terre, dans les endroits bas et numides, et n'en sortent guère que lorsque la pluie ]%s en chasse. Quelques auteurs pensent (jn'elles vivent dans l'eau comme les Tritons. Une organisation qui offre des points de contact si nombreux avec des animaux si différents les uns des autres , a dû jeter dans quelque perplexité les classificateurs systématiques ; aussi les uns ont-ils rangé les Cécilies avec les Ampbisbèneé^ parmi les Saurophidiens , d'autres en ont fait une famille a part qu'ils ont placée à h suite à^ Serpents, et que Quelques- uns ont désignée sous le nom de Pseudopbidiens ; d'autres les ont rapportées aux Batraciens sous la désignation de Batraciens apodes; d'autres, enfin, les ont rapprochées des Ampbisbèoes et des Sirènes ou Batraciens ichthiyoîdesdérotrêmes sous le nom de Gymnopkidia. Vobservation du genre de vie, du mode de reproduction et du développement de ces mimaux, peut seule dissiper les doutes sous leurs rapports naturels.
Les Cécilies sont des animaux tout ibit inoffensifs, qui ne méritent pas du tout la mauvaise réputation qu'on leur a faite.
CELANE. Yoy. Harbno.
CENGHRYS. Voy. Boa.
CENTRISQDE, genre de poissons de Tordre des Acanthoptérygiens, famille des Bouches en flûte. — Une des espèces fes plus remarquables de ce genre est le CBimifSQOB CUIRASSÉ {Centr. scutcUus^ Linn.). Mous verrons les Ostracions, dont la tôte, le corps, et une partie de la queue, sont entourés d'une croûte solide et préservatrice, représenter, au milieu de la nombreuse classe des poissons, la tribu remarquable des Tortues, qu'une carapace et un plastron trèsdurs environnent aussi d'une enveloppe presque impénétrable. Mais parmi ces Tortues, et particulièrement parmi celles qu»» plus rapprochées des poissons, passent w plus grande partie de leur vie au milieu des eaux salées, il en est qui n'ont reçu que des moyens de défense moins complets : la Tortue Luth, par exemple , qui habite dans la mer Méditerranée, n'est à l'abri que sous une carapace; elle est dénuée de plastron; elle n'a qu'une sorte de cuirasse placée sur son dos. Elle a aussi son analogue parrui les poissons; et c'est la famille des Centnsques, et surtout le Centrisque cuirasse, qui» comme la tortue luth, a sur son dos^"}: longue cuirasse terminée, du côté de w
3ueue, par une pointe aiguë, laquelle a m onner a tout le genre le nom de Centnsg^^ ou d'Aiguillonné. Si les Centrisques sont, a
CEN
Twie \^^* ^°^ ^^® ^® portrait de la
^ liuis» \ttii !i. "^'^^ sont cependant <ia*une
g^^^J^f"^^^^' Qïielle différence de
- '^iem k li^a ' ^^^^ ^"^ Tortue qui par-
des Ceo^ ^^^^ mètres de longueur, et
laq& auc7^^h qui le plus soutent ne sont
^r^tfel^®"^^ décimètres! Tant la na-
^OMBty cette cft*'^ puissante de toute exis-
^^c^is^de YM ^ féconde de toute beauté,
W»4«ir,au^i V ^^ ^"^ '^ degrés de la •w des fetm^ *^^ ^ue par toutes les nuanlesf^^^i^* ^^s admirables copies par «ioo, ^ turli.^îi'^PÏi® ûTec tant de profu- «itfeu ^ ^,;^*^® sèche du globe, et au ^^ le6quftl!*7^> l^s modèles remarquables ^"^ pft r^S^^^it tenté de croire qu'elle
CEN
pcrticoliére Ia # ^^ d'une manière plus
^ ^ wiïrorfJ!.. ^** de l^i vie 0^ 1© principe B'ailgS'^^oo.
^ '^^^ te <foL îf'^sse longue et pointue
s éîeodre p,^ ^es Cenlrisques, au lieu de
cwpsiçA/^;^^^ Aorizontalement sur un
dos k sens de^ dans les Tortues, se plie
siàmânx que ijQ^ longueur, au-dessus des
«odre sur les /^^^ioos décrire, pour des-
comprimé. Cette f^^ oOtés d'un corps très-
quée dam fe Ce^-'^^ ^st surtout très-mar-
mcrcirtaiginei^if^ cuirassé. Ce der-
lescAlés Qu'ilrpc * ^° ^ff®^» ^^ aplati par
iMWloïigueellS^*^'^ quelquefois à une
^P^mmà^^^ ^^ cuirasse qui le cou-
TrŒL^ l>i*ces écailleuses très-
l«5^««^,^«^fcle, unies de si près
q«loflWPejitqiw^lcj«efois les distinguer
que tfWaWeïD^^ t. t^une de Taulre, et si
Ijyjjpjpç0te8([uc * c^jD aperçoit très-aisé-
jj^lilufliièr^*?^ ^^vers du dos de l'ani-
iMl.Kttre8leiCf' ^<>rte dedemi-transpa-
Sce Wtf^^lVï^^"® manière plus pu SSS'^i^.Al^^^ue toutes les parties
dk»^' ^e0^5^. caudale, et cette espèce
i% f^\^i/d ^^^^^ en deux parties d'égale
d'aigu do^^ ^'le de dessus emboîte è
l0iictfe<^#Afiettre, et peut être un peu soule-
deSi >*^$os de cette dernière.
tée ^^j^soti^ ^® ^e piquant, et à un grand
^«K^^^^t du corps proprement dit, est la
&i^€f^ nageoire dorsale, qui le plus sou-
çt^l^jeolerme que trois rayons, et dont
«^[^^li^ae est communément attachée à ce
i^^^piqusnif lequel alors peut être consi-
^comme un rayon de plus de cette pre-
^re oageoire dorsale.
^Smuseau est Irès-allonué ; il est fait
rJ^ de tube, et c'est à 1 extrémité de
(onoe
en de ce
lo^wrruyau qu'est placée l'ouverture de la ^îfjHî. (r«t/mcii5 icolopax, Linné, Bloch 1i3 te- 1» Silurus corniUus de Forskal, Jtfoerantmpàose de Lacépède) est une espèce woDoe dans la Méditerranée; on la voit aaekiuefois dans les marchés de Rome et des luU^ villes d'Italie ; sa couleur est argentée* la longueur considérable de son museau et sa forme tubuleuse lont fait corn- DlCTlo^?l. DE Zoologie. II.
farer à une foule d'objets différents : tantOt une bécasse* tantôt à un soufflet. Aiusi, à Rome, on la nomme SoffieUa ; à Gènes, Trom^ betta; en Angleterre, TrumpH. Gesner avait pensé que c'est ee même poisson que Pline appelle Serra. Sa chair* au reste, est délicate
CENTROLOPHES. Toy. CoRYPnèNB.
CENTRONOTË.— Genre de poissons Acanthoptérygiens, famille des Scomberoïdes. Ce grand êenre constitue un petit groupe trèsnaturel, caractérisé par l'absence d'une membrane pour réunir les épines de la première nageoire dorsale, qui restent par conséquent libres. Il se subdivise comme H suit :
Le Centhonote Pilote (Naucrates^ Rafin.', Centr. conducloTy Lacép #}. Ce poisson parvient très-rarement à la longueur de deux décimètres. Malgré les dards dont quelques parties de son corps sont hérissées, il ne pourrait donc se défendre avec succès que contre des ennemis bien peu redoutables, ni attacjueravec avantage qu une proie presque invisible. Son espèce n'existerait plus depuis longtemps, s'il n'avait reçu Tagilité en partage; il se soustrait par ucs mouvements rapides aux dangers qui peuvent le menacer. I> ailleurs sa petitesse lait sa sûreté, et compense sa faiblesse. Il n'est recherché ni par les pè* cheurs, ni par les grands habitants dos mers ; l'exiffuité de ses membres le dérobe souvent à leur vue ; le peu de nourriture qu'il peut fournir empêche qu'il ne soit l'objet des désirs des marins ou des appétits des Squales. Il en est résulté, pour cette espèce, cette sorte de sécurité qui dédommage le iaible de tant de privations. Pressée par la faim* ne trouvant pas facilement à certaines distances des rivages les œufs, les vers, les insectes, les mollusques qu'elle pourrait saisir, elle ne fuit ni le voisinage des vaisseaux, ni même la présence des Squales ou des autres tyrans de mer ; elle s'en approche sans dé'* fiance et sans crainte; elle joue au devant des bâtiments, ou au milieu des terribles
f>oissons qui la dédaignent. Elle trouve dans es aliments corrompus que l'on r^ette des navires, ou dans les restes des victimes iin-* molées par le féroce Requin, de5 fragments appropriés par leur ténuité à la petitesse de ses oi^anes ; elle précède ou suit avec constance la proue qui fend les ondes, ou des troupes carnassières de jgrands Squales ; et frappant vivement l'imagination par la tranquillité avec laquelle elle habite son singulier asile , elle a été bientôt douée par les amis du merveilleux d'une intelligence particulière ; on lui a attribué un instinct éclairé, une prévoyance remarquable, un attachement courageux; on l'a revêtue de fonctions très-extraordinaires, et on ne s'est arrêté qu'après avoir voulu qu'elle partageAt avec les Èchénois lu titre de conducteur du Requin ^ de Pilote des vaisieaux. On a rappelé cette opinion bizarre pai le nom spécitiqut» conservé à ce Centronole jpar le plus çrand nombre dos auteurs mom/rnes. Celui qui écrit rbistoire de la nature doit marquer les
CEN
RIilPTILES ,
CEN
6eueits de la raison^ comme Thydrographe 'trace sur ses caries ceux où ont péri les ua- ▼mteurs.
On iFoH sur le dos de ce petit animal» dont on a Toulu faire le directeur de la route des énormes Requins, ces aiguillons qui appartiennent à tous les poissons de ce genre, et dont la présence et la position sont indiquées par lu nom de Cenironoie ; mais on iren compte que quatorze au devant de la nageoire dorsale nu Pilote. Les c6tés de la -q leuc de ce poisson sont relevés longitudiiialeinent en carène. La ligne latérale est droite. Plusieurs bandes transversales et noires font ressortir la couleur de sa partie supérieure, qui présente des teintes bru* lies et des reflets dorés. 11 parait que .le ^lombre de ces baudes varie depuis quatre iu$qu*à sept. Les mâchoires , la langue et Ja partie supérieure du palais sont garnies de très-|)etite$ dents.
Les Elacatbs ont la forme générale des Pilotes, et leurs épines libres Ju dos; mais leur tète est aplatie horizontalement, et ils n^ont ni carènes à la queue, ni épines îibres au devant de Tanale. (ElacaUs ame^ ricam, Cuv.; Centronotus spinosus^ Mitch.)
Les LicnEs (Lichia. Cuv.)ont,aYec les épi<^ fies lib es du dos et deux autres libres au devant de Tanale, le corps comprimé^ et la
2ueue sans carènes latérales. En avant des pines du dos, il en est une couchée et dirigée en avant. La Méditerranée en nonrrit trois espèces déjà bien caractérisées par Eou* delet , et toutes très-I)onnes comme aliment. . 1^ LiCHB FROVRB OU Vadioo [Scomber amia^ Linn., Rondel., :fô4j, à ligne latérale fortement courbée en S ; grande espèce qui atteint à plus de quatre pieds de long et pèse jusqu'à cent livres.
Le Derbio, UondeL, 252 {Scomber glaucuSf Linn*), à ligue latérale à peu jprès droite; Fanale et la deuxième dorsale marquées d*une tache noire en avant; les deuts en velours. 8a chair est grasse, forme et de bon goût.
La LiGHE Si!iUEUSB, Ronde!., 255 (Lichia sinuoita^ Cuv.). Le bleu du lios est distingué de Targente du ventre par une ligne en zigzig ; les dents sont en crochets sur une seule rangée.
' LesTRACHiNOTEs(rracAtno(t«#, Lacép.) sont des Liches à corfts élevé, à prolil tombant plus verticalement , à dorsale et anale aiguisées en pointes plus allongées. Ce genre se com|)ose d'un assez grand nombre d'espèces. La plus répandue est le Trachinotb GLAUQUE (Traehinotus glaucus)^ originaire de la Méditerranée, où elle était très-connue du temps de Pline, et même de celui d'A-ristote, qui avait entendu dire que ce poisson se tenait caché dans les (>rofondcurs de la mer pendant les plus grandes chaleurs de l'été. La couleur générale de ce poisson est indiquée par le nom qu*il porte. £lieest en eUTet d'un beau bleu clair, mêlé d'une teinte verdâtre; quelquefois cependant elle [tarait d*un bleu-lonce. La partie inférieure de ranimai est blanche. On voit souvent
une tache noîro à rorî^ne de h seconda nageoire dorsale, ou celle de Tanale, ei quj. tre autres taches noires, dont les deux V mières sont les plus grandes, et placées ordinairement sur la ligne latérale. Sa chair est blanche, grasse, et de bon goôl, CENTROPO.VJE, de «ivr^w, aiguillon oq pi.
rni^ et irô/aiK, operctUe. Genre de poissons la famille des Percoiies. — Une esj)è»
xemarquaUe est le Ceîvtropomb Sandat^Lsrén. ( Lucionercm sandra^ Cuv. J. Le Saodai kabiie dans les eaux douces de rAlIcmai^'ie, de la Hongrie, de la Pologne, de la Ku sie, de la Suède et du PanomarclL L0 grand nooibre de n9ms vulgaires qu il porte prouve combien il est recherché : et on ue sera jias surpris qu'il soH Tolyol d'une poursuite i^. ticulière, et qu'on le pèche avec autant i^m que de constance, lorsau'ou saura quesacfaair est blanche, tendre , Ires-a^réable augôùl,fa- «ile à digérer, et qu'il parvient à un très^^ioti volume. 11 présentequelquefoisuûeloagueur d*un mètre, et même d'un mètre et demi. Od prend, dans le Danube, des iodividps de cette espèce qui pèsent dix kilogrammes ;ei le profcsiseur Bloch on a vu uu du poids de onze kilogrammes, qui venait du lac Schwulow, en Saxe. Ce Centropome ressembleio Brochet par les dimensions de soiicor|)i,la forme et tes dimensions de sa tèle, la prolongation de son museau, la dis[>es tioo, la grosseur et la force de ses dents, il a d'ailleurs beaucoup de rapports avec la Perche, par la dentelure de ses opercules, le iiftiii>ro et la place de ses nageoires dorsalesib dureté et la rudesse de ses écailles; im presque tous les auteurs latins qpi^o^.^^ parlé lui ont-ils donné le nom ^0 i«ci<^ perça ( Brochet-Perche ) , que Lmni lui » conservé. La grande ouverture de sa gueule annonce, d'ailleurs, sa voracité, et h ressemblance de ses habitudes avec ceJles de la Perche, et surtout celles du Brc^eU . Sa mâchoire supérieure, plus avancée que rjnférieure, lui donne plus de facililé pour saisir la preie sur laquelle il 3e jette. Elle est garnie, ainsi que cette dernière, de quarante dents ou environ ; ces deals sont iné* gales et très-propres à peicer, retenir el déchirer une victime. On voit aussi de peiii^s dents dans quelques endroits du palais et auprès du gosier.
L'iris de ce Centropome est d'un rouga brun, et son œil paraît très-nébuleui. w partie inférieure du poisson est blancWlrcî une nuance verdâtre e^l rénancUie sur quelques portions de la tête et des opercules; K*5 pectorales sont jaunâtres ; les Ihoracines, anale et la cauda'e grises ; les deux dorsales grises et tachetées d'un brun très-foocé»
Le Sandat ne vient pas fréquemmeiil auprès de la surface de Tiau; peuî-ôlre l apparence nébuleuse de ses yeux indique-K'»<'» dans ces organes, une sensibilité on y^*; faiblesse qui rend le voisinage de la lumiéa plus incommode ou moins nécessaire pou ce Centropome. Quoi qu'il en soit,il vU 0^ dinairement dans les profoOvIeurs des a<^ qu'il habile? et comme il a.oesoin dua
CEN
POISSONS . ETC