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Kseï pur, on ne le lrouv« commune- • sM&\auedM)s les lacs qui renferment beautja]^aeau,donl le fond est de sable ou de ^s^Mqai reçoivent de petites rivières, ou ta noms de petits ruisseaux. Il se plait daos tes élaogs où vivent les poissons qui «MUBl comme lui h se tenir au fond de TeiQ; et voilà pourquoi il préfère ceux gui «ovuTOseot des Epertans. Il croit très-vite, iorsqa'il trouve facilement la quantité dd cMorriiure dont il a besoin. Il dévore un grand Donbre de petits poissons, môme de ceyx qui ont de la force et quelques armes puur se défendre. Il attaque avec avantage oudqttes Perches et quelques Brochets ; mais û o*ésU pour ces animaux, un ennemi dangereux que lorsqu'il jouit de presque toutes ses bcultés. Pendant qu*il est encore jeune, il soccombe, au contraire, très-souvent sous U dent do Brochet et de la Perche, comme «Otts e«lle des Silares, et sous te bec de plusieurs espèces d'oiseaux qui plongent avec wilesseitlepottrsuivent jusque dans ses asiles les phs reculés. 11 abandonne ces retraite écifrtées dans la temps de son frai, qui a liea ordioaireaieiit vers le milieu du printcfDps. Sa femelle dépose alors ses œufs sur les brousailles, les pierres ou les autres co«v& durs Qu'elle rencontre auprès des boflfdadesoQiacoude son étang, et qui peuireai sottmetire ces œufs à J'intluence salutaire des rajoos du soleil, de la température de iaïf OH des Mes de l'atmosphère. Ces flBOft m d'un jaune blanchâtre ; ils sont îréS'pelib, e/par conséquent très-nombreux : méêumnsj les Sandals ne paraissent pas se mulop/ier kaucoup , ' apparemment parce qu^iis s'ai^queni mutuellement et parce qu'ils lomieot souvent dans les filets des pêwJw«»JMrticuiièrement dans la saison du jWWj oiles sensaiions qu'ils éprouvent les «weol pks hardis et plus vagabonds. Ils J50Ï cepemfant un grand moyen d'échapper à M woia/ie des pécheurs ou des animaux y» w font la guerre ; ils nagent avec facile, el ils s'élèvent ou s'abaissent au milieu ««€301 a?ec promptitude. Ils sont aidés, •JJ»«if fuite du fond des eaux vers la sur- *c^aes lacs^ par une vessie natatoire placée f'» du dos, qui égale presque toute la lon- Pjjfdu corps proprement dit, dont Tenve- *^ consiste dans une peau très-dure, et îw se sépare, du côté de la tète, en deux P^«>os ou appendices, lesquels lui donnent ^.fcnne d'un cmur^ tel que celui que les Jj'^'lres représentent. Le canal pneumatique rcette vessie est situé vers le haut de la We antérieure de cet organe, que Ton ne 'J'Jf détacher que difncileraent des parties ^1 animal auxquelles il tient, parce que sa JJ'fuière membrane appartient aussi au péri-
, If Sandat meurt proroptemcnt, lorsqu'on ^ lire du lac ou de l'étang qui l'a nourri, et i^OQ le met dans un vase remp4i d'eau; il Jpire surtout Irès-vite si on le relient hors . l eau, principalement lorsqu'une tempéra- J'e chaude hâte le dessèchement, si funeste **iooissoDs. On ne oeutdoncle transporter
en vie qu'à de petites distances, a^Pec beaucoup de précautions, et lorsque la saison est froide; et cependant, comme le Sandat est un des poissons les plus précieux pour Téconomie publique et privée, et de ceux qu'il faut le plus chercher à introduire de proche eu proche dans tous les lacs et dans tous les élangs> nous ne devons pas négliger de recomnoander, avec Bloch, de se servir des œufs fécondés de ce Centropome, pour réoan* dre cette espèce. '
On pèche les San jats non-seulement avec des filets, et notamment avec des collereu ou petites seinesy mais encore avec des hameçons et'des lignes de fond. II ne faut pas les Sarder longtemps dans des réservoirs ou dans (*s hannetons^ parce que, ne voulant pas mander dans ces enceintes ou prisons res* serrées, ils y perdent bientôt de leur graisse et du bon goût de leur chair.
Lorsqu'ils sont morts, on les envoie au loin, salés ou fumés, ou empaquetés dans des herbes ou de la neige.
CÉPOLE TiENIA, Cepola rubescens. Lin., Cuv. — Genre de poissons de la famille des Tœnioïdt's (ordre des Acanthopléry-giens).
Presque tous les noms donnés à ce pois* son désignent la forme remarquable qu'il présente; ces monî: ruban, btmdeleUe^flammef lame^ épécy montrent en quelque sorte à l'instant son corps très-allongé, très-aplati par les côtés, très-souple, très-mobile, se roun lant avec facilité autour d'un cylindre, frappant Teau avec vivacité, s'agitant avec vitesse, s'échanpant comme Téclair, faisant briller avec la rapidité de la flamme les teintes rouges qu'anime l'éclat argentin d'un grand nombre de ses écailles, disparaissant et reparaissant au milieu des eaqx comme un feu léger, ou cédant à tous les mouvements des flots, de la môme manière que les flammes ou banderolles qui voltigent sur les sommets des mats les plus élevés obéissent à tous les courants de l'atmos-
£hërc. Los ondulations par lesquelles ce épole exécute et manifeste ses divers mouvements sont d'autant plus sensibles, qu'il parvient à une longueur très-considérable relativement à sa hauteur, et surtout à sa largeur: il n'est large que d'un très-petit nombre de millimètres, et il a souvent plus d'un mètre de longueur. Le rouge dopl il, resplendit colore toutes ses nageoires ; cette teinte se marie, d'ailleurs, à l'argent dont ili est, pour ainsi dire, revêtu, tantôt par des nuances insensiblement fondues les unes dans les autres, tantôt par des taches trèsvives ; et remarquons que la nourriiure ordinaire de ce poisson si richement décoré consiste en Cfrabes et en animaux à coquille.
Le corps du Tœnia est si comprimé et, par conséquent, si étroit; ses téguments sont si minces, et toutes ses parties si {>éaétrées d'une substance oléagineuse et visqueuse* que, lorsqu'on le regarde contre le jour, il paraît très-transparent, et qu'on aperçoit très-facilement une grande portion de soa
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iiiléritMir. Colle confurni<ilion cl cetiii aboiici^nce «rune nialîèrc huileuse n'annoncent pas une saveur Irès-ajréablc flans les muscles de ce Cépole ; et, en effet, on le recherche peu. Il habite dans la Méditerranée, et y préfère, dit-on, le voisinage des côtes vaseuses.
CÉRASTE. Voy. Vipèee.
OERBÈKR. Yoy. Homalopsides.
CEHCASPIS. Voy. Homalosohes.
CERVEAU. Voy. Nebf.
CERVELET. Voy. Nerf.
CÉTACÉS. — Considérations gékéra- -LES.— Que notre iiïragination nous transporte à une grande élévation au-dessus du globe.
La terre tourne au-dessous de nous; le vaste Océan enceirrt les continents et les lies ; seul il nous parait animé. A la distance où nous sommes placés, les êtres vivants qui peuplent ia surface sèche du globe ont disparu à nos yeux ; nous n'apercevons plus ni les Rhinocéros, ni les Hippopotames, ni les Eléphants, ni les Crocodiles,-ni les Serpents démesurée : mais, sur la surface de la mer, nous voyons encore des troupes nombreuses d'êtres animas en parcourir avec rapidité l'immense étendue , et se jouer avec les montagnes d'eau soulevées par les tempêtes. Ces êtres, que de la hauteur où notre pensée nous a élevés, uoûs serions tentés de croire les seuls habitants do la terre, sont les Cétacés. Leurs dimen^ siODS sont telles, qu'on peut saisir sans peine -le rapport de leur longueur avec la plus grande des mesures terrestres. On peut croire que de vieilles Baleines ont eu une kHigueur'é^e au cent millième du quart d'un méridien.
Rapprochons-nous d'eux ; et avec quelle curiosité ne devons^^nous pas chercher à les connaître ? Ils vivent, comme les poissons, au milieu des mers; etcej)eDdant ils respirent comme les espèces terrestres. Ils habitent le froid élément de Teau ; et leur sang est chaud, 4eur sensibilité très-vive, leur affection pour leurs semblables trèsgrande> leuf attachement pour leurs petits tpès-apdent et très-courageux. Leurs femelles nourrissent du lait que fournissent leurs mamelles les jeunes Cétacés qu'ellefs ont portés dans leurs flancs, et qui viennent tout formés à la lumière, comme Thomme et tous les quadrupèdes.
Us sont immenses, ils se meuvent avec une erande vitesse ; et cependant ils sont dénués de pieds proprement dits, ils n'ont que des bras. Mais leur séjour a été fixé au milieu d'un fluide assez dense pour les soutenir par sa pesanteur, assez susceptible de résistance pour donner à leurs mouveineuls des }>oints d'appui pour ainsi dire solides, assez mobile pour s'ouvrir devant eux et n'opposer qu'un léger obstacle à leur course. Elevés dans le sein de l'atmosphère, comme le Condor, ou placés sur la surface sèche de la terre, comme l'Eléphant, ils n'auraient pu soutenir ou mouvoir leur énorme masse
puissoul cire réunies dans on être Combien de vérités importantes ne donc {las éclairer ou découvrir la consi tion attentive des divers phénomènes présentent I
De tous les animaux, aucun n'a reçu aussi ^rand domaine : non-seulement U\ face des mers leur appartient, ums les mes de l'océan sont des provinces de empire. Si l'atmosphère a été dépa rAigle; s'il peut s'élever dans les airs à hauteurs égales aux profondeurs des dans lesauelles les Cétacés se préei avec facilité» il ne parvie^it à ces n élhérées qu'en luttant contre les vcnis pélueux et contre les rigueurs d'un fi assez intense pour devenir bientôt nio
La température de l'océan est, au traire, assoz douce, et presque uui dans toutes les parties de cette mer uDi selle un peu éloignées de la surface de F et, par conséquent, de l'atmosphère. Les ches voisines de cette surface marine, laquelle repose pour ainsi dire rat piière aérienne, sont, à la vérité, soum a ûii froid très-âpre et endurcies par la gélation dans les cercles polaires et aux virons de ces cercles arctique ouanlai.
que : mais même au-dessous de ces vastd calottes gelées et des montagnes de glai^
3ui s'y pressent, s'y entassent, s'y coDsot ent, et accroissent le froid dont elles sont l'ouvrage , les Cétacés trouvent dans les profondeurs de la mer un asile d'autaolplus t(3mpéré que, suivant les remarques a m physicien aussi éclairé qu'intrépide wy^
Seur^ l'eau de l'Océan est plus froide de eux, trois ou quatre degrés sur loos ie5 bas-fonds, que -dans les profoodetirs foi* sines(l).
Et comme, d'ailleurs, il est des Celacés qui remontent dans les fleuves, od foil 9«^f môme sans en excepter l'homme aidé de la puissance de ses arts, aucuue iMnille vivante sur la terre n'a régné sur un domain aussi étendu que celui des Cétacés.
Et comme, d'un autre côté, on |»60t croiM que les grands Cétacés ont vécu plus ûc mille ans, disons que le temps leur appartient comme l'espace , et ne sop^^ ff étonnés que le génie de l'allégorie «il vou-o les regarder comme les emblèmes de la^ rée, aussi bien que de l'étendue, et, P?*"^ séquent, comme les symbolesde la puissaflct éternelle et créatrice.
Mais si les grands Cétacés ont pu virr^ tant de siècles et dominer sur de si gr«»a] espaces, ils ont dû éprouver toutes les J^ cissiiudes des temps, comme celles «« lieux ; et les voilà encore, pour la in^raJe la philosophie , des images imposantes <f rappellent les catastrophes du pouvoir eiu la grandeur. ,
Ici les extrêmes se touchent : la rose ; l'éphémère sont aus>i*les emblèmes de -^ stabilité. El quelle dilFércnce entre H^^^'
c|ue par des forces trop supérieures à celles (ij i.eiire de M. llumlmlil à M. Labmlc. jlaJ<^' qui Jour ont été accordées, pour qu'elles Caraccas, ca Amérique, k» 15 ilécCâubrc n»''-
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^UMeinccl celle ilc la rose? L'homme *rtèue,eomparéh la Baleine, ne vil qu'âge derostWparatt à peine occui>er un point dans II durée, pendant qu'un très-petit nombre de générations de Cétacés remonte jusdu'jtti époques lorribles de^^grantlos et deriiim itTolulions du glolie. Les grandes tffléees de Cétacés sont contemporaines de cesealislrophes épouvantaijies qui ont boujeiersé h surface de Ja terre; elles restent Ki^deees premiers âues du monde ; elles rosûot pour ainsi dire Tes ruines vivantes ; et si le TOjaseur éclairé et sensible pontem* pie aiec ravissement, au milieu des sables krttaDts et dos Boontagnes nues de la haute £;T][4e, ces monuments gigantesques de VarUcescolonnes, ces statues, CCS temples id«midélrolls,qui lui présentent riiistoire coDsacrie d£6 premiers temps de Tespèco bumaioe, aiec quel noble enthousiasme le D^itoraliste qai brave les tempêtes de KO- "^céri poor augmenter le dépôt sacré des cofuymsaoces humaines ne doit-il pas conliMipler, auprès des montagnes de glace que ie froid entasse Ters les pôles, ces colosses Tivaots, ces munuoients de la nature, qui rap^idlenlles anciennes époques des méla- «ior\)hoses delà terre ?
X ces épo(\ucs reculées, les immenses Cé- Uoës régnaient sans trouble sur Tantique Océan. Parrenus à une grandeur bien supérieure à celle (joïls raonirent de nos ^ours, îîSTO/a/>oi/e5siècless.'écouler en paix. Le jféow dr /lofflme ne lui av;ail |)as. encore wiflé la domiflalim sur les racr^, Tart ne les iwit pas disputées à la nature.
Les enlacés. |>ouTflien'. se livrer sans inquiétude i m^ alTectjon que Ton observe fworeeilrelesindividus delà même troupe, (nlre/cmileet la femelle, entre la femelle ^kv^ii quelle allaite; auquel ello prodi- Koe te soins les plus touchants; qu'elle élèîe pour ainsi dire avec tant d atle ition ; quelle prol^e avec tant de sollicitude ; 4ti elle défcndavec tant de courage.
Tous cfs actes, produits par une scosibi-
Wé Ws-ri?e, lenlretiennent, l'accroissent,
IwimcQl. yiBsiioct, résultat nécessaire de
fwpWtncc et de la sensibilité, se dévelq)pe,
jwod, se perfectionne. Celte habitude d'é-
v».ei$einble, de partager les jou'ssances, les
^ïttotes el les dangers ; qui fie par dos lie is
s» woits, et les Cétacés de la môme bande,
^Mut le mâle et la femelle, la femelle et
•«Iniit de son union, a dû ajouter encore à
«I instinct que nous reconnaîtrons dans ces
UHBiui; eonob!ic en quelque sorte sa na-
'jWjle métamorphoser en intelligence. Et
flaoui cherchons en vain dans les actions
J? Cétacés des effets de cette industrie, que
^croirait devoir regarder comme b com-
^ nécessaire de fintelligence et de la
rjsibililé, c'est que les Cétacés n ont pas
??[t)iD, par exemple, comme les Castors, do
"2j*lniiro des digues pour arrêter des cou-
'^Ud'eau trop fugitifs ; d'élever d s huttes
1% s'y garantir des rigueurs du froid ; do
J*s enibler dans des habitations destinées
t^ur l'hiver une nourriture qu'ils ne [cour-
raient se procurer avec facilité que pridant la belle saison : TOcéan leur fournit à chaque instant, dans ses profondeurs, les asiles 3u'ils peuvent désirer contre les intempéries es saisons, et, dans les poissons et les mollusques dont il est peuplé, une proie aussi abondante qu'analogue à leur nature.
Cette habitude, ce besoin de se réunir en troupes nombreuses, a dû nattre particulièrement de la grande se:isibilité des femelles. Leur affection pour les petits auxquels elles ont donné lejour ue leur [termot |)as de les perdre de vue, taot qu'ils ont. besoin de leur soins, de leur secours, deleur protection. Les jeunes Cét^^césne peuvent se passer d'une association qui leur aété el si utile et si douce : ils ne s éloignent nide leur mère, ni de Wur père, qui n'abandonne pas sa compagne. L'jrsqu'ils forment des unions plus |>articulières, pour donner eux-mêmes l'existence à de nouveaux indi-. vidus, ils n'en conservent pas moins l'asso-. ciation générale; et les générations successives,, rassemblées et liées par Le sentiment, ainsi que par une habitude constante, forment bientôt ces bandes noml^reuses que les navigateurs rencontrent sui les mers, surtout sur cjlles qui sont encore [leu fréquentées. Ces4roune.s remarquables présentent ou les. jeux de la paix, ou le, tumulte de la guerre. On les voit, ou se livrer, comme les Bélugas, les Dauphins vulgaires et les Marsouins, à des mouvements rapides, à des élans subits,, à des évolutions variées ,el pour ainsi dire ncn interrompues; ou, rassemblés on bandes de combattants, comme les Cachalots et. les Pauphins gladiateurs, ils concertent leurs attaques, se i).é;;ipiteut contre les en-ncn)is les plus redoutables, se battent avecacharnement) et ensanglantent la surface de la mer.
Il est aisé de voir, d'après la longueur de la vie des plus grands Cétacés, que, y^ti exemple, deux Baleines franches, Tune mâle et l'autre femelle, peuvent avant de périr»voir se réiinir autour d'elles soixant-douzO' mille millions de Baleines auxquelles clles^ auront donné lejour, ou dont elles seront la souche.
S'il est permis, de comparer de petites choses aux grandes, c'est lorsque leur nature est la môme, et qu'il ne résulte rien de leur comparaison que la critique la plus sévère ne doive admettre. Je puis donc dire qu'il en est dj Thistoire naturelle des animaux comme de l'histoire naturelle de Tespèce humaine. Cette histoire, pour ôtreeelle d'êtres inférieurs à Thomme, n'en a |ms moins pour objet, comme la sienne, la connaissance d'un certain ùombre d'organes et de facultés, se déve!op(>ant dans des eondi* tiens diverses. Snns co;ite les éléments do l'histoire d'aucune espèce d'animal ne devront être réunis en aussi srand nombre que ceux qu'exigera Thistoire de n^re espèce : la différence infinie qui existe entre les facultés des animaux et les nôtres, quant à leur nature el à leurs effets, rend également inlinie la diU'he icc du nombredc ces éléments ;•
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mais, si l'on considère tous les moyens qui nous sont donnés pour recueillir les uns, citons les obstacles qui s'opposent h ce que uous obtenions les autres, on verra qu'à cet égard c'est encore à Khistoire de Thumanité que restent tous les avantages. C'est rhoinnie lui-môme qui travaille à son histoire, et il iv est en quelaue sorte porté par sa nature; les peuplades les plus sauvages ont conservé quelques traditions des événements dont elles ont été les témoins, qu'elles les aient provoqués ou subis^ et il n'est point de na* lion qui n'ait ses annales. De plus, le champ des observations nous est constamment ouvert : soit que nous ayons pour but notre nature individueMe dans son développement successif et dans le complet exercice de ses facultés; soit que nous voulions étitdier l'homme dans son état moral, vivant avec ses semblables et réglant les intérêts particuliers^ sur les intérêts communs. L'histoire des animaux, au contrairc> n'excite qu'une faible curiosité; et si quelques hommes en Ibnt l'objet de leurs études, ils ne parviennent guère qu'accidentellement à ajouter quelques observations è celles que leur ont léguées leurs devanciers;, les animaux nous fiiient, et le plus souvent on ne s'en rend maître qu'en leur 6tant la vie, c'est-à-dire en les privant de ce qui fait une des principales essences de leur nature^
Si ces difficultés existent pour l'histoire naturelle des animaux en général, eUes se rencontrent à plus forte raison pour ceile des différentes espèces de Cétacés, de ces Mammifères qui habitent les plus grandes et les plus profondes mers; qu'on ne cherche que pour leur livrer des combats à mort; Îpi échappent souvent à nos efforts par la orce et la* vélocité de leurs mouvements, ou que de lointains hasards amènent sur nos plages à moitié décomposés par la putréfaction.
Ce ne sont pas les observations faites daus de semblables circonstances qui peuvent donner les éléments d'une histoire; à moins de les avoir poursuivies pendant de nombreuses années dans les mêcpes vues, de telles observations restent incomplètes^ isolées. Or, trop souvent étrangers l'un à l'autre et même à la science, les observateurs, bien qu'assez nombreux^ n'out guère recueilli qu'au hasard sur les Cétacés ce qui s'est offert à leurs yeux ; et si quelques-uns, familiarisés afec l'histoire naturelle et éclairés par ses besoins, ont donné une direction méthodique à leurs recherches, cellesci se sont trouvées circonscrites à quelques parties seulement des animaux, et n'ont pas toujours pu être rattachées d'une manière intime aux résultats dos travaux qui les avaient précédées.
Pour présenter un tableau fidèle et complet de la nature d'une espèce, il faut la connaître dans ses organes, dans leurs développements divers et dans leurs fonctions; soit que celles-ci aient pour cause des forces identiques avec les organes, soit qu^elles aient pour cause cette force qui se
complique de celle oes organes sans en dé-
Kendre, et qu'on nomme volonté. Pour ét^ lir les rapports des espèces d'un même (î^ dre entre elles, nous n'avions besoin que de , connaître les organe? qui prennent le pte de part à l'existence de ces espèces, dans les conditions les phis simples et où les forces organiques suffisent ordiaairemenr, et îId élait pas même nécessaire que ces oi^:afle5 eussent vie. Or, si à cet égard bien des fails restent obscurs; si bien des observations pré^ cises sont encore à désirer, c'est cependaDt à ces différentes parties de Forganisalion que se rattachent principalement les observalions des naturalistes sur les Cétacés.
Ces animaux, qui se présentent sous tant de formes différentes, et dont la taille des uns surpasse dix fois celle des autres, ont longtemps été considérés comme des poissons; mais, après Bernard de Jussieu et Bressonjl a fillu reconnaître enfin qu'ils appartiennent à la classe des Mammifères, parce qu'ils ont une double circulation complète, et parce
Ïu'ils nourrissent leurs petits du lait de ïurs mamelles. Les différents genres de Cétacés ne se rapprochent ce(>endant pas pw de nombreux points communs d'oi^nisition, et ils sont loin de former un ordre aussi naturel que celui des carnassiers , des rongeurs ou des ruminants. Ce qui établit leurs rapports les plus intimes, ce sont leurs organes du mouvement. Tous, sans exceptioiv sont privés de membres postérieurs ariicu/^s au bassin. Ces membres sont retï\\}]$cés par la queue, que termine toujours uneoigeoim horizontale; et ce qui achève de leurdonner la physionomie particulière qai les caractérise, c'est q^ue tous encore sont presque entièrement privés dtîcou et le sont tout k fait de conque auditive.
La natation est leur principal mode de progression ; cependant les Cétacés herbivores paraissent avoir la faculté, pour paîire les herbes maritimes, de se traîner, de marcher au fond de la mer, à Taido de leycs membres antérieurs, qui ne sont jamais pour les autres Cétacés quedesorganes natatoin-s; et la tête a si peu de mobilité chez tous, qne son axe ne peut changer sans que celui du corps, ne change en même temps.
La colonne vertébrale ne diffère de celle des autres Mammifères que par les modifications qu'appelait l'existence particulière des Cétacés. Quant aux vertèbres cervicales , aa nombre normal de sept,, excepté le Lamantin de Dugong, le Plataniste du Gange, le> Rorquals, on les trouve libres ; d'^aulres, les Dauphins et les Marsouins, ont les deux prtv mières ordinairement' ankylosées; che» l^ Cachalots ce sont les six dernières que Vou trouve ainsi unies l'une à l'autre, et chez les Baleines proprement dites, elles le sont toutes sept.
Les vertèbres dorsales, dont le nombre varie suivant les espèces, se caractérisent eu ce que leurs apophyse? épineuses, penchées en arrière, s'allongent ue la première à la dernière; en ce qu'elles sont égalées en longueur par les apophyses transversef ; en
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tutre, learé * apophyses articulaires posténenes disparaisseal après la première ver-. tè)irt«el les antérieures, qui subsistent plus. longlempSt disoaraissent cependant kieniM
Les fert^res lorobairea, dont il est diffin cîitd^étiblir la limite postérieurement chez éts aaimaux privés de bassins, ont leurs apo-> pihyses ^ioeuscs et transverses très-lon- |nes. Les i^remières sont droites ou dirigées te avaotf et il a'^ en a plus d*arlicula.ires.
U» vertèbres sacrées se confondent avec Iffiémbaireset lescoccygienoes«Surcesderntéres^qui varient aussi dénombre, comme kmles les aulre^^ les apophyses disparais- »rU successirenient, et, les os en Vse moa- Ucul nombreux et forts, comm3 des apophyses inlérteures» en dessous des principales Ttrièbres de cette dernière portion de L'épine
A des os si peu mobiles et si rudimenlaires aoe les vertèbres du cou chez les Cétacés, uevaieot correspondre dos muscles proporiioaiiellemeut développés ; et c'est, en ef- Jet » ce qui a eu liea. Ces muscles^ chez ces âoimaoi, sont eo môiiie nombre que chez tes autres Mammifères ; mais leur maiçreur,. \eut brUstelé, princiralement ceux qui s*al-
tatheol k ValVas ei à Taxis, sont extrêmes ;
el si ceux qui fiennent des autres vertèbres.
cervicales sont mieax caractérisés, leur action, ta deruiet résullali n'est pas beaucoup
plus éteadae.' L^ mu5dts du dos ne paraissent présen-
1er d*ao(res modifications importantes que leur grand développement et leur prolongation jusque sur les vertèbres coccygien nés.
Ainsi le long dorsal et le sacro -lombaire antérieurement tiennent au crAne, et posténeureffleat portent leurs tendons, le premier jusqu*au bout de la queue, le sticond à toutes les apophyses transverses de celte parliederépî ne, unissant ainsi les mouvements du dos à ceux de la queue.
Quant aux muscles propres de la queue»
outre ceux qui appartiennent à cet organe c<ie2 tous lus Mammifères où il prend part <itx mouvements, il y a de plus chez les Ce- 1^ : 1* l'antagoniste du sacro-louibdire en dessous des apophyses transverses ;2'^ua 'V'D^MMuscaudien, qui natt au-dessus des cinq ou six vertèbres dorsales, sous le longdorsal, se confondant souvent en cette partieaveclui, et s*étendant librement iusqu^à Teitrémilé de la queue, où ces muscles s*u- ^^eni encore par leurs tendons; 3' un ioflibo - souscaudien d*une très - grande épaisseur qui vient de la région pectorale, et partage ses attaches tendineus4}s sur les c^, aux apophyses transverses, et en d<6isous aux os en V des*deux tiers postérieurs de la queue ; fc* un muscle qui, venant des os rudimentaires du bassin, s*in« «èreaox os eu U de la moitié antérieure de U queue; 5* le grand droit et Toblique ascendant qui, de Tabdomeo, vont s^altachur en arrière aux côtés de la base de U queue.
C'est par celte nombreuse réunion de musdes» développés dans des proportions sans
exemples cnez les autres Mammifères, que[ la gueue des Cétacés acquiert la force prot digieuse qu'elle |K)ssède, et au moyen do laquelle ces gigantesques animauxso meuvent avec tant d*aisance el d'imnétuosilé. .
Le âternum est court et large. Chez le Du^ gong, il a cinq pièces; chez le Dauphin, lu Marsouin, le Plalnniste, il n*est générale? ment ^composé que de quatre; chez U Baleine il n'est composé que d*uuQ seule.
Les côtes, chez ces animaux, sont surtout remarquables par leur grande courbure.
Les muscles abaisseur et releveur des côtes ne paraissent rien avoir de très-particulier» et il en est de mémo du diaphragme et des muscles de Tabdomen ; mais, à propos des mouvements de ces parties» qui sont sur- « tout on r&ppo. t avec la respiraliori,.nous devons rappeler ce que dit M. Mayer de Bonne», de flbres musculaires» qui entourcraioplr immédiatement les poumons cl prendraient pari aux actes d*inspiration et d expiration.
Les membres antérieurs nediirèrent point essentiellement chez les Célacés.de eequ^iU sont chez les autres Mammifères; niais ils ont éprouvé chez ces animaux des modilica-^ lions profondes.
A l'épaule, ils sont entièrement privés de clavicutos. Leur omoplate, Irès-larçe en général, Test plus ou moins suivant les espèces; répine est peu saillante; la £r)S9esus ou anti-épineuse est réduite à un sillon chez le Dauphin commun, el disparaît entière^ ment chez le Plataniste du Gange ; Tapo^ physo coracoïde n'existe pas chez ce dernier Dauphin, el il en est de même chez les Kois quais el chez les Baleines» tandis qu'elle se montre chez le Dauphin commun et le Ca^ chalot. Enfin Tacromion parait exister tour jours, mais avec un développement ditfé^ rent.
Les musclos de cette partie du membre antérieur présentent des modificattons notables que nous ne connaissons, au reste, quo d'après le Dauphin commun. Ainsi le «rand dentelé ne s'étend pas jusqu'aux vertèbres cervicales et s'arrête aux côtes ; le petit pec-» toral, au lieu de descendre sur les côles, se dirige vers Texlrémilé antérieure du sternum ; le releveur s'attache h Tapophyso transverse de la première verlèbre^et s'épanouit sur toute la surface externe de l'omoplate; le rhomboïde ne se fixe plus sur le^ tranchant de l'épine, il s'étend tout le long du bord supérieur de l'omoplate ; le trapèze couvre l'omoplate el n'a point de prolonge^ ment clavicutaire, etc., etc.
Le reste du membre anténeur se compose de l'humérus, du radius, du cubitus, du carpe, du métacarpe et des phalanges.
L'humérus est très-court.
Le cubitus el le radius, très-courts également, sont soudés Tuu h l'autre par leur tête, chez le Lamantin et le Dugong; mais ils conservent les contours arrondis qui leur sont propres chez les autres Mammiîères, Chez les Cétacés souflleurs, ils sont couipri; mes, et ils s'unissent au moyen d'uu cacli-^
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iage avec rhumérus et le carpe, L'olécrflue varie de grandeur.
Les os du carpe sont très» aplntis et de forme hexagonale ; ils sont en moindre nombre que chez l'homme, mais ce nombre Tarie suivant les espèces : le Lamantin en a six, le pisiforme manquant; le Dauphin com* mun n'en a que cinq ; la Baleine en a se^t.
Les métacarpiens sont au nombre de cinq très-aplatisy et ils ont la forme générale des phalanges.
Les phalanges» chez les Souffleurs, parta*
Knt la forme aplatie des os du métacarpe ; iir nombre augmente dans chaque doiet comparativement au nombre normal, quel-
Suetois de beaucoup; et dais bien des cas, en est qui restent cartilagineuses.
Les muscles du bras des Mammifères existent chez le Dauphin et sûrement chez les autres Cétacés, mais avec des modifications qui se trouvent assez peu développées dans ce qu'on en a dit. Le grand pectoral y donne la portion sternale nommée muscle commun aux deux bras ; le grand dorsal est repré«senté par un petit muscle dont les digitalions s*attachent aux côtes ; les sus-épineux et sous-épineux sont à peu près égaux, mais le sous-scapulaire est Irès-grand; enfin le eoraco-brachial est fort court. Les muscles des autres parties du bras, c'est-à-dire de l'avant-bras et de la main, ne paraissent p\\xs présenter que des apparences rudimentaires qui existent moins pour les mouvements, que pour témoigner de l'analogie des membres antérieurs des Cétacés avec ceux des autres Mammifères.
Comme nous l'avons dit, les membres postérieurs manquent ; tout ce qui en reste sont des rudiments de bassin ; et ces rudiments se trouvent, chez le Dugong, être composés de deux paires d'os réunis deux à deux et bout i bout par un cartilage, et attachés
Kr un cartilage aussi à l'une des vertèbres. I ne paraissent pas exister chez le Lamantin. Chez les Dauphins, ils consistent en deux petits os longs et minces qui sont perdus daBS les chairs, l'un à droite et l'autre à gauche de l'anus. Chez les Baleines, à l'extrémité de ces os que l'on regarde comme des iléons, s'en trouve articulé un second, plus petit, courbé, dont la convexité est externe et qui pourrait représenter un pubis ou un ischion, ce qui serait aassi pour le second de ces os chez le Dugong.
Nous voyons que la structure intérieure des organes du mouvement, chez les Cétacés, ne diffère entre les espèces que par des modifications dont il ne nous est pas donné d'apprécier Timportance. Les modifications de leur structure extérieure ne paraissent pas davantage exercer d'influence sur leur genre de vie ; car les principales de ces modifications consistent en ce que le Lamantin a des ongles aux bords de sa nageoire pectorale, qui correspondent aux doigts dont elle est en partie composée, et en ce que sa aueue est ovale au lieu d'être étendue latéralement en deux ailes.
^ous n'avons noint considéré comme par-
tie des or^nos du mouvement, les protubérances qui se montrent sur le dos de quel* qnes espèces de Cétacés souffleurs, tanlM sous la forme de bosse, tantôt sous celle de nageoire plus ou moins élevée. Ces protu* bérances ne prennent, en effet, aucune part aux mouvements ; ce ne sont que de simples gibbosités, de simples prolongements de la peau, ressemblant plus ou moins h une na* geoire, mais dépourvus de tonte molrilité
Ïiropre, et sans aucun rapport direct ni avec es vertèbres du dos, ni avec le système musculaire. Ces protubérances ne sont remplies que de tissu cellulaire et de graisse. L'appareil de l'alimentation est U|i de ceux qui, oaus plusieurs de ses parties, se présente avec les phis importantes modincalions. Les trois genres entre lesquels se partagent les Cétacés herbivores nous présentent trois systèmes de dentition foèdamentalement différents. Les Lamantins ont des molaires à double ou triple colline el à racines distinctes de la couronne ; les Dugongs ont des molaires simples^ elliptiques, dont la couronne, avant d'être usée, présente deux légers sillons qui s'effacent tout i lait avec l'âge ; elles sont sans racines proprement dites, et il se développe à la mâchoire supérieure deux longues cféfenses dont les autres Cétacés de cette famille sont privés ; enfin les Stellères n'ont point de melaircs du tout ; ces dents sont remplacées par une plaque cornée au milieu (le chaque mâchoire, qui semble rattacher ces anioiaax aux Cétacés à fanons. La langue est coarle et peu susceptible de mouvements. L^ glandes salivaires sont réduites au plusUible nombre. L'estomac séparé en deux portions, l'une cardia(]ue très-giande, l'autre pjlorique plus étroite, par un étranglement duquel naissent deux prolongements, tubiformes chez les Dugongs, en forme de poche chez les Lamantins. Le ccBcum, simple et cordiforme chez le premier, est irréguUer et bifurqué chez le second. Le Slellère paraît avoir également un estomac divisé en deux parties. Tune cardiaque, plus grande aussi que la pylorique , et un fort grand cœcum, divisé en cellules nombreuses sur sa face interne. Une glande remarquable par sa grandeur se trouve dans la première portion de cet estomac. On n'a jamais trouvé que des fucus dans les intestins de ces animaux.
Les Cétacés à évenls présentent de plus grandes différences encore dans leucs organes de l'alimentation que les berbivo res. Chez, les Dauphins, les dents, généralement simples et coniques ou comprimées dans l'une et l'aulre mâchoires, varient considérablement pour le nombre, et souvent elles restent cachées dans les gencives à Tétatrudimentaire. Dans les Cachaiots, elles ne se développent qu'h la mâchoire inférieure; sont simples, ovifurraes, et leur nombre ne parait rien avoir iumi plus de fixe; enfin les Baleines n'ont plus de dents ; mais de chaque côté de leur palais naissent transversalement des lames cornée^, nommées
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POISSONS, ETC
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Imqs, çarotes sur leur bords internes de baitas, oe franges, entre lesquelles» comme eolR les mailles d*un filet, sont retenus les amiorox dont ces Cétacés font leur nourritore.
lien ne diffère plus, et n'est même plus cootndictoire» que les descriptions oui ont élédoQnées de reslomac des Cétacés à ôTents. Toutes les espèces, à beaucoup près, ne sont pis eoanues sous ce rapport. On n'a, je crois, de notions que sur les estomacs du Mplnnorlmiaiie microptère, du Dauphin vnlpire, au Nésarnak, du Marsouin cominm, de l^paulard , du Globiceps, du MarsoQiD earéoé, Hix Béluga, du Plataniste, du lUnral, de rajpéroodon et du Rorqual ju* bnle. U est hors de doute que ces estomacs SQDl trèsHX>mpliqués ; et , quoiqu'il soit plus qae probable qu'ils ne se ressemblent pis dios leur cooiposition, il est à présumer cmodiot que c est è leur complication qnll fiut en grande partie attribuer les (fiflioQs essentiellement différentes qui ont é» émises à ce sujet. Ce qui autorise cette seppositioo, c'est la divergence d'opinions qui existe sur le nombre des estomacs du Diuphin tulgûre et du Marsouin commun, eoire plusi^us anatomisles. Les uns n'en compieûl que trois, d'autres en comptent quatre, d'autres dnq, d'autres six, etc.. Or, il est certain ane ces différences de nombre nafloeol sûop/ement de' la manière dont oa earisage cet orsane. Lorsqu'on ne le juge «fo^par 500 extérieur, et qu'on n'appelle esfomac que ses parties glonuleuses, on peut n'en coaroter que trois ou quatre : alors on DeeoQsidère les parties plus ou moins tujfoleiuesy situées entre celles qui ont une fonoe plus ou moins spbérique, que comme des iaiermédiaires, des conduits sans caracl*œ$. Mais, si on étudie ces estomacs intérieurement, on voit que plusieurs d'entre eux ont une organisation spéciale, et sont séyfa Tun de l'autre par des ouvertures WNlas qui n'établissent pas constamment cotre eux une communication directe; dès 'on les parties tubuleuses ne peuvent plus Are considérées comme de simples conduits ; 00 est forcé de les admettre comme des par^ ties essentielles de l'estomac, qui ont aussi sur les aliments leur action spéciale.
H est arrivé également qu'on n'a point admis comme appartenant è Testomac la par* tie où les sucs biliaires et pancréatiques Tiennent se verser; mais, outre qu'il n'est pas sans exemple que, chez les Mammifères, la bile soit immédiatement versée dans l'estomac, la différence de nature des membranes devrait suffire pour décider si le point où ces sucs arrivent appartient ou non au duodénum; or, chez les Dauphins, c'est à la fin du dcruier estomac qu'aboutit évidemment leur canal. Dans cet état de choses il n*e$t pas possible de décider en quoi les Cétacés k évents diffèrent par l'estomac; le seul fait certain c'est que cet organe chez le Dauphin vulgaire, le Marsouin commun, le Globiceps, le Plataniste, est formé sur le nêoie type et composé de cinq i>arties ; et,
S4ls diffèrent entre eux, ce n'est que par des modiQcations secondaires. Si è ces faits nous ajoutons ce que Meckel rapporte du Narwal, auquel il reconnaît cinq estomacs, et ce que dit Hunter de son Epaulard et de son Rorqual jubarte, chez lesquels il en a également trouvé cinq, ce sont trois espèces de plus
Ïue nous avons à ajouter aux premières. nQn, quand nous considérons qu^on n'a re^ connu que trois ou quatre estomacs dans le Marsoum caréné et le Béluga, véritables Marsouins ; que Banssard en a vu trois, et Hunter sept dans l'Hypéroodon, nous nous croyons autorisé à penser que ces différences tiennent surtout à la manière d'envisager cet organe; et nous regardons comme fort probable que le nombre des estomacs, chez ces Cétacés comme chez les autres, est de cinq. Cependant, de ce petit nombre de faits, et.de toutes les conjectures dont nous avons été obligé de l'environner, nous ne conclurons pas quelque chose de précis et de commun aux Cétacés h évents. Mais cette grande complication de i*estomac chez des animaux qui se nourrissent de substances les plus animalisées peut-être, est une anomalie dont il serait bien important de rechercher la cause; car, en parlant des faits constatés, on n'est conduit par aucune analogie à la reconnaître.
^ Quelques auteurs parlent affirmativement d'une vessie considérable qui, après la mort des Rorquals, remonterait dans leur bouche et forcerait les mAchoires à s'écarter l'une de l'autre; cette masse vésicuJaire, dont d'autres auteurs ne parlent pas, quelle est sa nature, à quel système organique appartientelle ? c'est ce qui n'a point été recherché. On l'a considérée comme une dépendance du système respiratoire, ou comme une vessie aérienne analogue à celle des Poissons. Ne serait -elle pas plutôt une portion de l'estomac distendue par les gaz qui y sont développés ?
£n général, les Cétacés à évenrts n'ont point de coBcum. Cependant ou en a reconnu la trace à une élévation ovaiaire plus ou moins grande dans le Plataniste, dans le Rorqual jubarte et dans la Baleine franche.
Les variations de formes ou de rapports de la rate et du foie ne paraissent point avoir de relations essentielles avec les formes de Testomac. Les Cétacés à évents se nourrissent tous de proie vivante. Les Dauphins et les Cachalots poursuivent ou saisissent principalement les poissons et les grands mollusques, tandis que les Baleines font leur proie des nombreux petits animaux articules mollusques , vers qui fourmillent , dit-on, dans les mers du Nord, et au nombre desquels on com|>te des Crustacés, des Sèches t desClios, des Méduses, des Actinies, etc. ; mais, à cet égard, il faut faire une différence entre les Rorquals et les Baleines proprement dites, car on assure que le» premiers se nourrissent aussi de |>oissons p et |)euvent avaler de bien plus grands aai* mau\ q»ie les secondes.
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Il n*a pas été possible d*é(eDdrc h l)eaucoup d'espèces les recherches sur le système de là circulation. Pour ce qui le constitue essentiellement, il est semblable à celui des autres Mammifères; mais la nature particulière des Cétacés, et les profondes modilications de leurs organes au mouvement ont nécessité, dans ce système, non-seulement des modifications analogues à celles de ces organes, mais des développements -vasculaires tout à fait caractéristiques , pour une grande partie du moins do ces animaux.
On ne sache pas que les Lamantins présentent rien de particulier sous le rapport de la circulation ; mais le Dugong^el le olellère ont un cœur devenu fourchu par la séparation profonde des deux ventricules, circonsr.inee nouvelle qui ajoute un point important de rapprochement entre ces animaux.
Le cœur, chez les Dauphins et les Baleines, neparaîtpointavoir éprouvé de nïodiûcations notables; mais le svstème artériel en présente une des plus importantes : ce sont les circonvolutions infinies d'artères; c'esl le vaste plexus de vaisseaux rempli de sang oxygéné, qui se trouve surtout sous la
r lèvre, eîitre le« côtes, de chaque côté de épine. Les artères qui forment ce plexus naissent des intercostales, dont Torigine commune est dans la région supérieure do Taorte pectorale, et elles pénètrent dans le canal rachidi^n et même dans le crâne par le trou occipital. Ces vaisseaux ne sont point formés de ramifications anostoi^osées les unes aux autres; on peut en quelçiue sorte les déployer comme s*ils n étaient formés que d*un seul, mille fois reployé sur lui-même; et, outre leurs rapports principaux avec les artères intercostales, ils en ont avec les artères vertébrales et les carotides. Il est à présumer, comiùe on la fait , que cette singulière complication de vaisseaux a pour cause la nécessité où sont souvent les Cétacés de suspendre pendant assez longtemps leur respiration , et par là Toxygéiiation de leur sang. Ces nombreuses artères deviennent alors pour eux un réservoir de sang oxygéné qui, rentrant dans la circulation, entretient la vie partout où le Siing veineux ne porterait que la mort. Mais comment ce sang est-il rendu au système général des artères? quelle est la force particulière qui, [>our cet effet, agit sur lui? C'est un point sur lequel on en est encore réduit aux plus vagues conjectures,
La disp/irition des membres postérieurs* a dû entraîner celle des vaisseaux qui nourrissaient ces membres; et, comme la queue a pris un dévelO|>pement considérable, tes artères et les veines qui sont propres à cette dernière partie du tronc n'ont pu que se dé* velopper dans les mêmes proport ons. Eu olfet, l'aorte abdominale ne donne point les iliaques externes ; mais cette artère se continue sous la queue, d'où ses ramifications. se distribuent aux muscles qui meuvent cet organe. Les moditications du système veiueux sont analogues naturellement à celles des artères ; la veine cave ne donne point
déveine iliaque externe, etc. La quantité de sang contenue dans le système vasculaire paraît être proportionnellement b(»*ucoup plus grande que chez les autres Mammifères.
Les organes et les phénomènes essentiels de la respiration sont, dans les Cétacés, les . mêmes que dans les autres Mammifères, lis n'ont point fait le sujet de beaucoup d'observations. Il parait que, chez le Lamomio, le diaphragme rétrécit la cavité thoraciqje, en remontant obliquemeut derrière le ^umon. Le Dugong a les anneaux de $( s brov . ches contournés en spirale; et chez^leSlol- 1ère ce sont les cartilages de la trachée oui sont disposés de la soite. On dit que les Dauphins ont le poumon environné défibres musculaires , qui agissent aussi dans les actes d'inspiration et d'expiration , et que les lobes communiquent entre eux de manière qu'en n'y introduisant l'tiir que par une seule bronche, ils s'en remplissent tous deux. Mais si le diaphragme , les poumons, les bronches, la trachée-artère ne seujootrent qu'avec des moJiûcations d'un ordre secondaire, les narioes, qui servent (Intermédiaire pour le passage de l'air entre l'atmostihère et l'organe respiratoire, en ont éprouvé de profondes. C'esl sur ces niodi-, flcations surtout que repose la distinctioa extérieure des Cétacés herbivores et des souffleurs. Le |>hénomène au moyeu duquu se produit le mécanisme du soulQage a nécessité, dans la structure des narines, (b changements qui, d'une part, paraissenl ea avoir exclu le siège de l'odorat, aide l'autre en font un organe nouveau toulàbil spécial à cet ordre de Mammifères. 11 est permis de penser que cet organe est esseatieliement le même chez les Dauphins, les Cachalots et les Baleines : il n'a cependant encore été étudié avec quelques détails que chez les Dauphins; et ses parties principales consistent diins le larynx, qu» remonte jusque dans les arnère-narines; dans la disposition des muscles du pharynx, gui ont la faculté U'ctreindre la partie antérieure de l'organe respiratoire, et dans les poches inembrarieuses et charnues placées à la partie supé^ rieure des narines. Nous nous borneron:» i<^i à ces indications générales sur les nioiifications des narines des Cétafcés soullleurs, devant en donner une d« scriplion délaillte dans lios g/inéralités sur les Dauphins; nous dirons seulement que Torilice de révenlj simple choz les Dauphins, est situé ve.sn) sommet de la tète; qu'il est également snupie dans les Cachalots et situé à l'extrénnié supérieure du museau; end n qu'il estdoube chez les Baleines, et qu'il s'ouvre verdie sommet de la tête, comme chez les Daupnios* sous forme d'un crois>ant dont la convex»^ est tantôt en avant , tantôt en arrière. Q^a"' à. l'orifice des narines chez les Cétacés herbivores , il se trouve , dans le Lamantiu» au bout antérieur, et chez le Dugong, a w partie mo^e.ine et supérieure du '"^^1^*-.
Le système nerveux, comme la^ ^ Lut des autres systèmes organiques, na, û«"*
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beiacoup d*espèces, donné lieu qu*è des eb* «mations snperficiclles. Formé sur" le mod^de celui des Mammifl&res en général, il a suiii dans son développement le dévelomjeaient des autres organes » toutes les foisqo'il était de nature h en dépendre; ilnsi les nerfs lombaires et sacrés ne donnent point naissance à ceux des mombres abdominaux, laodisque Ks nerfs coccygiens se dé? eloppeot nombreux et puissants. Les B€r& olfactifs n'existent point, à moins que,, eoffime quelques auteurs le disent, ils ne oxuistent en filels pres()ue imperceptibles ; etipi parait certain, c*est que chez lu Dauphin Tulgaire et le Marsouin commun, il t^y apsstrace de Irous ethmoïdaux; et. s'il y a des trous dans Tethmoïde de la Baleine, as sont en très-petit nombre, et rien ne pronte qu*ils donnent passage & des nerfs. Cbex te Dauphin vulgaire et le Marsouin eoflUDQD, le cerveau sVst trouvé aussi riebement développé que chez aucun autre Kaminiftre quadrupède. Nous en faisons connaître les principaux caractères en parlant des Dauphins en général. A en juger par h capacité du crâne, les autres espèces de celle lamille n'ont pas été moins libéramenl parla^ies que te Dauphin vulgaire.
le WTveau des Cachak>ls et des Baleines B*a point été éiedié, ou ne l*la été que trèssopèffidelleiDeiiC : à en juger aussi par la «nié criiijeaoe, on peut conclure que chez fffi cti omne se trouvait réduit à de bri petites dimensions.
Les organes des sens, à Texception de celui de Todorat, sont composés ^ chez tous tes Cétacés, des parties qui les constituent esseotiellement chez les Mammifères terrestres, et modifiés seulement pour leur vie eocstaroment aquatique ; Ton a peu recherché quel est fusage qu*ei font les animaux, Téieodue des services qu'ils en obtiennent, et les différences caractéristiques qu'un en poomit tirer pour la distinction des espèces.
l'œil dps Cétacés herbivores est seul paanu d*une paupière latérale ; celui des souffleurs est privé des glandes lacrymales; nais ses paupières sont garnies inférieure- Baent de petites glandes qui sécrètent une Butière muqueuse, propre, comme le liquide des larmes, è luhriOer la sclérotique. L*oreille esl sans conque externe ; un sphincter sans doute se trmive chargé de lermer rentrée du canal auditif pour préserver du tonlacl de Teau le tympan, que les uns di* •ent fibreux et d'autres cartilagineux. Ln trompe d'Eustache existe, au rapport de quel-
£es anatomistes; d'autres le nient. Ces ax sens, malgré leur apparente imperfec- Mon, paraissent être doués d*une grande dé- Uratesae* Les baleiniers assurent que les Baleiaes, les Cachalots, etc., voient et entendant de fort loin, et que pour s'en approcher, ils ont besoin de nombreuses précautions : autrement ces animaux les éviteraient par une prompte fuite, et il faudrait en faire de nouveau la longue et pénible reaherche; nous devons cependant ajouter
Îue Scoresby, qui reconnaît la délicatesse e 1 ouïe des Baleines, rapporte qu'elles restent impassibles au bruit d'un coup de canon. Le goût existe vraisemblablement chez les Cétacés herbivores, dont la langue, quoique peu mobile, a cependant une structure compliquée et délicate ; mais ce sons a-t-il un organe spécial chez les Cétacés souffleurs ? Il est permis d'élever quelf|uos doutes à ce sujet ; la langue du Dauphin et celle du Marsouin n'ont ni f)apilles h calices, ni papilles coniques ; elles ne prése];tent k lotir surface que de légères élévalions dont le milieu semble percé, et leurs bords sont frangés, comme pour y multiplier les sensations du toucher. Le sens de l'odorat peut donner lieu au m^me doute pour les Célacés souflleurs; les herbivor* s en sont doués comme les autres Mammifères, mais leutètre k un moindre degré ; ces organes du moins existent che^ eui ; mais pour les premiers, le siège de ce sens est tout k lait ignoré; et si, k ce suiet, ç^uelques idées ont élé émises, ce sont de simples conjectures. L'orj^ane général du toucher, la peau, a fait, chez, les Cétacés souftieurs, le sujet de recherches importantes qui onr donné de la structure de cet organe en général une connaissance beaucoup plus étendue que celle qu'on en avait acquise auparavant. Ces recherches sont dues k MM. fireschet et Roussel de Vauzème.
Nous n'avons point k examiner jusqu'à quel point leur analyse suffit pour expliquer les différents phénomènes que présentent les téguments extérieurs des Mannuitères» En l'admettant telle qu'elle nous est présentée, il en résulterait qun les sensations dli toucher devraient être vives et délicates chez les Cétacés : le grand développement de leur appareil papillaire conduit k celte conséquence; et cependant l'opinion la plus se* néralement répandue est que ^e Dauphin vulgaire lui-même, malgré la tinesso do son é(>iderme, a fort peu de sensibilité dans le toucher. Cette Ofânion serait-elle dénuée de fondement ? ou bien s'exnliaue-t-ello par la graisse qui, pénétrant le derme do toute part, et s'étendant sous lui en couche épaisse, ailailAlirait cette sensibilité ainsi qu'on le pense communément ? C'est k cette opinion que nous nous sommes arrêté. Au surplus, la dirticuUé n'existerait noinl pour les Baleines dont l'épi Jerme est épais et de consistance cornée.
On ignore le modo d'accou;ilement des Cétacés souffleurs : personne jusqu'à présent n'en a été témoip. Ou ignore aussi la duréo de la gestation» que quelques-uns portent à dix mois pour la Baleine, dont le jeune, ea naissant, aurait vingt pieds de longueur. Ik y a plusieurs exemples qui permettent do penser que la portée n'est généralement quo d'un petit. Le lait, que les ë>lan les mammaires produisent abondamment, a un goût agréable et est iort gras. Les petits tettent» le fait est du moins très-probable, car il n'est pas impossible. On ne Ta trouvé tel que narce que Ton comparait ces onimaui
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\ ceux qui vivent dans Tair, et qu'on supposait que ce n'était que dans Tair que le vide se faisait. On dit cependant que des muscles sont disposés de leilc manière audessus des mamelles, qu'elles peuvent en être comprimées, et que par là les mères ont le pouvoir de lancer leur lait dans la bouche de leurs petits : cela a besoin d'être confirmé ; car cçtte éjaculation ne se ferait que dans la cavité vide de la bouche, et la compression de l'eau serait bien suffisante pour forcer le lait à sortir des mamelles, dès le moment où elle n'agirait plus sur le mamelon, comme sur les autres parties de cet ortfanejl).
Il suflit de jeter un coup d'œit général sur les animaux de l'ordre des Cétacés, pour ju- [jer que les principales différences de leurs lormes extérieures se trouvent dans les rapports des diverses parties de la tête, et l'étude des os'dont cette partie du corps se cora- «ose confirme tout à faitce premier jugement, 'oùtefois, malgré lesdilférences nombreuses que présentent les formes des mêmes os, on retrouve toujours le même type dans chaque famille. « Chez le Lamantin et le Dugong, dit G. Cuvier, les connexions des os de la tête, leur coupe générale, etc., sont à peu près les mêmes, et l'on voit que pour chanêer une tête de Lamantin et une tête de Dugong, il suffirait de renfler et d'allonser ses os intermaxillaires pour y placer les défenses, et de courber vers le bas la symphyse de la mâchoire inférieure, pour la co v former à l'inflexion de la supérieure. Le museau alors prendrait la forme qu'il a dans 1h Dugong, et les narines se relèveraient comme elles le sont dans cet animal. En un mot, on dirait que le Lamantin est un Dugong dont les défenses ne sont nas développées. »
On pourrait suivre le même mode de comparaison pour établir les profondes analogies qui existent entre les têtes des diverses espèces de Dauphins. Nous verrous, en efl'et, que ces différences reposent principalement sur les formes et les proportions des. maxillaires et des intermaxillaires; et qu'il suffit en quelque sorte d'allonger ou de rétrécir ces
(I) M. Geoffroy Saiiit-tlilaire admet un mécanisme particulier pour la l.iclation. Suivanl lui, une glande placée sous la couche des muscles abdominaux superOciels sécrète le liquide, qui est versé directement dans un réservoir qui, par un conduit étroit et long, vient s*ouvrir à rcxléricur par un seiH orifice pratiqué au centre d^m mamelon, qui, après la gestation se développe de manière à pouvoir sintroduire jusque dans rarrièrc-bouche du petit. Au moyen de la cuntrrctiou des muscles qui recouvrent le réservoir lactifère, le liquide nourricier est lancé comme par un coup de piston dans Toesophage du petit, qui le reçoit d'une manière passive, et qui ne fait, par Tappréliension de la tétine de sa mère , que solliciter la contraction des musclc> éjaculateurs; aussi la lactation des Cilacés ne s'exécute-t-elle pas d'une manière continue et prolongée, comme chez les autres Mammifères, mais d'une nianiôre instantanée et par saccade , le petit revenant, h intervalles plus on moins rapprochés ou éloignés, chercher la quantité de liquide quM a laissée s'accu- 'aiuler dat» le sac utnmilhure
os, de les restreindre ou de les étendre postérieurement en crêtes, en apophyses, en protubérances, pour les ramener toutes à un môme type.
Les Cachalots présentent do mêoie, daos les parties osseuses de leur tête, un type qui leur est propre, et qui consisté aussi dans le développement des parties postérieures des maxillaires, auquel se joint celui de l'occipital , pour former la cavité où la cétine est contenue. Mais c'est encore de la tète des Dauphins que celle des Cachalots se rapproche le plus, malgré la différence considérable qui se trouve entre la cavité cérébrale de ces animaux.
Le tv()e de la tête osseuse des Rorquals et des Baleines proprement dites est de même distinct de celui des autres Cétacés, eleKJu sivemenl propre à ces Mammifères à fanons. Nous verrons que, sous ce rap{)ort, ce qui caractérise chacun de ces deux genres esl encore la forme des maxillaires et des inter maxillaires, qui suivent une ligne trèsAlroile chez les premiers, et une très-courbe chez les seconds.
Un mot nous reste à dire des dents. Nous les avons déjà considérées dans leurs Cormes^ et comme partie du système général de Taiimentation. Nous devons les considérer encore comme partie intégrante de la tête. Leur nombre chez les Cétacés souffleurs esl très-variable 9 mais dans les individus d'uoe même espèce, souvent elles ne sont qa*i l'état rudimentaire ; chez plusieurs Dao* phins, elles n'ont point d'alvéoles particuliers, et ne sont retenues que faiblement fti les gencives dans la rainure alvéolaire où elles ont pris naissance.
Les dents desCachalots paraissent, sousees divers rapports, présenter les mêmes caraclèresque celles des Dauphins; mais oni^orc, chez les uns et chez les autres, si lesdeotstom bent naturellement ef si elles sont remplacées par le développament de nouveaux germes*
Les dents, chez les Dauphins, peuvent se développer aux deux m&cnoires également, et celles d'une mâchoire ne diffèrent point de celles de l'autre. Chez les Cachalots, elles ne se développent normalement qu'à la mâchoire inférieure; mais quelques auteurs assurent en avoir vu de fort petites à Taulre mâchoire, entre les cavités oui régnent tout le long du bord gencival. Un fait inaportani s'ajoute à ceux qui ont servi de fondemenl à cette assertion. M. Geoffroy Saiot-Hilaire, en ouvrant le canal dentaire de la mâchoire supérieure d'un fœtus de Baleine, observa» dans toute la longueur des parties meoibraneuses qui la remplissaient, de petits corps ronds, blanchâtres, du diamètre d'une ligod» et séparés les uns des autres par un inter^ vallo de même étendue. Ces corps, vus au microscope, ressemblent à des capsiUes dans quelques-unes desquelles pénètre un pédicule d'apparence membraneuse; elles som composées de deux couches ou de deux lames : l'extérieure jaunâtre, et l'intérieure très-blanche. Sous une forte loupe, toutes deux paraissaient percées de pores \^^
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iK)mbr>ui; la blanche en avait plus que UjaDoe» et ceile-ci était h plus flexible. Tout annonçait en elles une autre calcaire, eiM. Geoff.oy y vil avec raison des germes dedeots. Le pédicule est sans doute formé da iMilbe dentaire, et les deux parties dont l«s capsules se composent sont peut-être rémail et la matière osseuse. Quoi qu*il en soil, la présence des germes de dents dans la Bidioire supérieure d'une Baleine rend plus que imisomblable celle de donts rudiroenlaires dans la mâchoire supérieure des Cacbilois.
Chez les Cétacés herbivores, les dents inddîes proprement dites ne paraissent être iiiDtis que rudimentaires et ne tardent pas à lorober; mais le Dugong a, dans chacun de ses intennaxillaires, une longue et forte déirw qu'il conserve durant toute sa vie. Les raohires de ces Cétacés, très-diiïérentes do structure, pourvues de racines chez le Lamantin, et sans mcines chez le Dugong, se dévelopi>ent de l'arrière à l'avant des raûehoires, c'est-à-dire qu'à mesure que croissent celles des parties postérieures des maiillaircs, celles des parties antérieures, usées jusqu'à leur base, sont expulsées de VaWéole, d'où leurs traces môme disparaisseut l\r^u\lede ce mode de développement, que teut nombre est susceptible ae varier, les dernières apparaissant avant la chute des premières; mais les deux nombres extrêmes, le pins gnod et le plus faible, ne sont point eocore eiadement connus ; ils sont peutêtre de huit à six chez les Lamantins, et de cinq ou six à deux chez le Dugong. Les
Saques cornées qui paraissent remplacer les nts chez les Stellères, sont composées de fibres agglutinées et creuses ainsi que la plupart des poils. Les maxillaires n'ont point de àents^ à moins que, comme les Baleines, efles ne soient en germes dans leur intérieur.
L'observation attentive et détaillée des orpaies conduit à en reconnaître les fonctions, et, dans certains cas, à établir les limites de ceUes-d : ainsi les articulations des os et les rapports des muscles avec elles permettent de déterminer les mouvements ; on reconittlt à la structure de ses dents les aliments dont un animal se nourrit; la capacité du cerreau autorise à coniecturer l'étendue de Imtelligence ; le développement des sens doone généralement la mesure de leur portée, etc., etc.: mais toutes les conclusions de ce genre, que Ton tire directement de Tanatf'Qiie, ne donnent que des idées bien incomplètes sur rétendue des facultés de ces organes, et sur le parti que les animaux savent en tirer dans les nombreuses conditions où ils peuvent se trouver placés. C'est que les organes sans la vie ne sont que la moiiié d'eux-mêmes, et que la vie elle-même est souvent une force insuffisante, quand les puissances de rinlelligencc et de la volonté uc la secondent point. Après l'étude matérielle des organes, l'histoire naturelle des animaux demande donc l'étude de ces organes ea action, sous Tcmnire des puissances
diverses dont ils sont les aveugles instruments. Ce n'est qu'alors que l'animal peut se montrer à nos yeux tel qu'il est réellement, et nous dévoiler les vues de la Providence, lorsqu'elle lui flt une place dans la création. Mais si cette élude est la plus importante, en ce que sans elle l'autre reste toujours incomplète, c*est aussi la plus difficile; c*est celle qui a fait le moins de progrès, et qui rendra longtemps encore impossible l'histoire naturelle delà pluparldes espèces d'animaux, ou réduira cette histoire à une collection de faits plus ou moins intimement ou ingénieusement liés entre eux. Les Cétacés, et leur genredevie lefailaisémentconcevoir, ont été moins étudiés dans leurs actions qu'aucun autre Mammifère. Les anciens ne nous ont guère transmis à leur sujet que des anecdotes douteuses, et les modernes n'ont parlé des actions de ces animaux qu'accidentellement, ou à propos de la chasse qu'ils leur font et des obstacles uue ceux-ci leur opposent, soit en prenant la fuite, soit en se défendant, sources de vérités très-neu fécondes. Relativement à la vérité et à 1 étendue des facult('*s intellectuelles, comme sous le rapport de l'organisation , les Cétacés semblent se partager nettement en guatre divisions, sans Cju'à cet égard il soit facile de caractériser ni 1 une ni l'autre d'entre elles.
Un profond instinct de sociabilité j»aratt être un des traits caractéristiques de tous, et de cet instinct naît une affection non moins constante que vive des mères et des petits les uns pour les autres; les mâles et les femelles ont de même un attachement réciproque et durable, qui se manifeste souvent d'une manière touchante; à en juger par ce qu'on rapporte, cet instinct social conduit ces animaux à former ou des troupes trèsnombreuses, ou simplement des unions de famille. Les Stellères nous semblent réunir ce double penchant; leurs troupes paraissent formées d'un assemblage de familles, et il en serait de même pour le Lamantin de l'Amérique méridionale, s'il était permis d'ajouter une entière contiance à tout ce qui a été dit de leurs mœurs. Quant aux Dugon.^s, leurs t.'*oupes ne paraissent jamais consister qu'en un mâle, une femelle, et leurs petits.
Lorsqu'on rapproche ce que dit Gomara d'un jeune Lamantin apprivoisé, et ce que nous apprend Stcller du naturel épais, lourd, apathique, de son Manatus (le Stellère), on est porté à conjecturer qu'il y a entre I intelligence de ces animaux de profondes différences; mais, outre que le récit de Gomara aurait besoin d'être confirmé par de nouveaux faits, l'apparente stupidité du Stellère, rindilférence qu'il semble avoir pour les mauvais traitements, pourraient tenir, d'une part, à la profonde sécurité où il est habitué à vivre, et, de l'autre, à l'insensibilité qui résulte pour lui de l'épidcTme corné dont il est revêtu; car ce que Steller rapporte des tentatives que les individus d'une troupe faisaient pour délivrer ceux qu'on avait harponnés et qu'on entraînait, n'annonce pas des animaux dé; ourvus d'intollieçence et
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d'aclivilé. L*élendue du ccrfeau des Célacés herbivores, à Texceplion loulcfois de celui duStellère, permet dinduire aussi, chez <'ux, des fatuités intellectuelles assez distinguées; cejiendant, si à leur nature heibivore ne s'associe aucun penchant hostile aux autres aiimaux, et s'il peut ré ulter de là plus de disposition à se rai>pn>cher de ceux qu'ils ne craignent pas, il on résulte aussi moins d'activité et moins d'étendue dans la faculté générale de connaître; ils en auraient da vantasse si, comme les Dauphins par exemple, ils devai* nt se nourrir d'une f)roie vivante capable de leur échapper ou par le déploiement de ses forces, ou par les ruses de son instinct. Ces derniers animaux sont, en ef- Ict, de tous les Cétacés, ceux qui semblent tirer le plus de ressources de leurs facultés psvchiqu s, qui paraissent apprécier avec plus de facilité et d'éiendue la nature des circonstances où ils se trouvent. Indépendamment des nombreux récils qui ne permettent guère de doutes sur la grande intelligence du Dauphin vulgaire, on sait l'emuressement avec lequel il se rap|)roche des bâtiments et en suit la marche, la pétulance et ta vivacité de ses mouvements. 11 n'est point de marin qui ne s'en soit trouvé témoin, et q d n'en parle avec une sorte d'admiration; or, lorsque la contiance, chez les animaux, n'est pas le résultat de la slupidité, elle e>t toujours un sig^c d'étendue dans le ju<:ement; et ritn n'annonce moins de stupidité que ces mouvements si prompts, si variés auxquels les Dauptdns se livrent souvent è la rencO'dre des vaisseaux ; tout autre animal qu'eux les fuirait, et, au contraire, ils se plaisent à les suivre, conunenour lutter avec eux de vitesse et d'agilité; ils ne s'eiïraient ni des cris ni des mouvements variés; et ces mâts, ces cordages, ces voiles, ces matelots , semblent un spectacle nui excite leur curiosité et leur est agréable. Toutefois, quoique les actions des Dauphins annoncent des facultés intellectuelles remarouables, les proportions de leur cerveau en font supposer de plus remarquables encore, et on les découvrirait sans doute sil était poss ble de suivre la vie de ces animaux, ou de les placer, afin de mieux les observer» dans des conditions propres à favoriser leur développement.
L'élude de cet organe, chez les Cachalots et les Baleines, conduit à de tout autres conséquences. Quoiqu'on n'en connaisse pas la structuie détaillée, sa petiteisse suftlt pour faire penser que la conservation de ces animaux a été confiée par la nature plutôt à leurs forces, à la puissance de vie qu'ils ont reçue, qu'à l'intelligence qui leur a été départie. Au reste, sous ce dernier rapport, ils n'ont donné lieu l'un et l'autre qu'à des faits peu nombreux et bien circonscrits. Tous, comme nous l'avons déjà dit, sont portés par leur inslincl à vivre rassemblés en troupes, quelquefois fort grandes; les mères et leurs petits sont unis par la tendresse la plus passionnée ; une vive alfeclion existe pour quelques-uns entre le mâle et la femelle; tous
se défendent mutuellement, et il est hors de doute qu'ils se souviennent des dangers qu'ils ont courus; qu'ils en reconnaissent 1 approche à des signes quelconques , et
qu ils les fuient. M. Beale nous dit aussi qne les Cachalots s'avertissent, à la distance de six ou sept milles, de la présence d'un ennemi. Quant à ce qui les distingue géaérîquement, tout annonce que les Cachalots, plus condanls dans leurs forces et plus susceptibles d'empoitement que les Baleines, se défendent avec fureur lorsqu'on les attaque; tandis que celles-ci, plus timides, trouvent des ressources plus assurées dans la fuite que dans la résistance, et ce caractère semt)le être sensiblement plus marqué chez les Baleines proprement dites que cQez les Borquals.
Le tableau général que nous venons de donner de l'histoire naturelle des Cétacés, et dans lequel nous avons dû nous borner à rappeler leurs traits principaux, montre, par ses nombreuses lacunes, l'insuffisance des notions acquises à la science pour écrira cette histoire; mais ce tableau nous fait voir aussi que c'est sur des fondements réels que les rapports de ces animaux ont été établis. Le groupe desCétacés herbivores, formé de genres intimement liés entra eux, se rattache aux pachydermes par les Lamantins, et, autant que la Si'ule description qui ait été donnée du Stellère nous permet d'en ju ger, il semble que, par cette espèce, la fa* mille des Cétacés herbivores tend à se ra^ procher des Rorquals ou des Baleines ta
firofond intervalle sépare ces groupes deceui des Dauphins qu'on ne peut, il nous semble, sans violenter les analogies, associera aucun autre, dans la classe des Mammifères. Mais ce sous-ordre des Dauphins, depuis le Delphinorhynque jusqu'au plataniste et à l'H^péroodon, nous montre une telle variété de formes, de si grandes modiQcatioQS orgar niques, qu'une étude plus approfondie do ces nombreux animaux y fera reconnaître d'autres sources de rapports, et permettra d'établir plus naturellement leur classîtication, tout en respectant les analogies qui lient e Hre eux les genres nombreux dont ce
Î;rou()e e^t formé. Quant aux Cachalots, aux lonjuals et aux Baleines, leurs trois genres, nettement circonscrits l'un et l'autre, ne sont pas eiitie eux et avec les groupes précédents clans les mêmes relations. Le Cachalot ne s'isole point absolument des Dauphins ; oa peut, sans trop d'efforts, n'envisager sonor» ganisation que comme une modiUcation , à la vérité étendue et profonde, de l'organisa* tion de ceux-ci. Pour les Rorquals et les Ba* leines, aussi intimement unis que les genres les plus rapprochés des Dauphins, ils se séparent de tous les Cétacés à évent beaucc:up plus que ceux-ci ne se séparent entre eux, et forment un groupe isolé quia ses conditions particulières d'existence, et son rôle spécial à remplir dans l'économie de ce monde. De ces considérations générales, oa pourrait être tenté de conclure qu'en réaiité les Cétacés ne forment que trois sous-of*
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Jrcs, trois groupes principaux : les Herbivores, les Piscivores, et les Vermivores (1); mais la phalainologie, dans son état actuel, ne gagnerait évidemment rien à cette synlbèsp,car il est trop évident que longtemps eocorc ses progrès dépendront de l'analyse; mt ce dont elle a besoin, c*est de Télude ëfs individus, de Tobservation des faits, de ripprécialiou des phénomènes. Alors seulement il sera |>ermis de s'élever avec confance à des lois générales, et dé les préfenter comme élaut véritablement celles de la nature.
Parmi ces lois générales que l'observation sltenlive des an totaux fait découvrir, il en est peu de plus iroportantt&s que celles qui détenniDeut les limites géographiques dans kaqoelles Texistence des espèces est tireoDscrite, qni marquent le rapport des ditférewes contrées de Ja terre avec !es espèces qui \e& habitent.
Les Cétacés herbivores, qui vivent de fociis et qui ne les trouvent que dans le btf-fends, se tiennent dans les parties où la mer a peu de profondeur, près ues ties, dans les détroits qu'elles forment entre elles, sur les côtes favorables à la végétation sousm&hne. C'est pourquoi sans doute le Lamanlm du Sénégal n*habite que sur les côtes deVMrique, landis que celles des parties cbawles et onentales du Nouveau-Monde, wul la demeure des Lamantins de ce continent. Les mêmes raisons probablement ryfhnoeBl le Siellère parmi les îles Alentienoei, et le Dugong dans les Moluques, près de quelques-unes des îles qui peuplent « Bier des Indes, et sur quelques points de lamerRoQge- On conçoit que le Stellère et Its Lamantins de l'Amérique aieut leur tfaBeore circonscrite entre des parallèles peo éloignées l'une do l'autre ; retenus aune part, par la pleine mer, où toute n^orrilure leur manquerait, et de l'autre, Tfr te différence de température, soit qu'ils t'atimrenl au midi de rivage en rivage, sôit Ta';b se dirigent au nord. Cepcndonl, à «wwque la nature des côtes ne s'y oppose, woe voit pas pourquoi, si le Lamantin du S^iégal se trouve h Sofala, il ne se trouverait pas aussi sur les côtes du Zanguebar et auTiorJ de l'Equateur; et c'est en se fondant sur les noêmes considérations qu'il est permis de penser que le Dugong, habitant à M fois les Indes orientajes, une des îles Mâscareigne, et les côtes d'Abyssinie, se rncontre également aux Séchelles, aux Maldives, à la côte de Malabar, etc., etc. , Les circonstances qui étaient de nature à liniter la demeure des Cétacés herbivores, oe sauraient avoir d'influence sur celle <'*anmiaux qui, comme les Cétacés souffleurs, $0 tiennent dans les grandes mers, où les difft^nres de la température sont fort légères, el où il semble qu ils doivent trouver cens-
(t)Noas employons ici ces dcnominalions pour mieux nous faire entendre, sans penser qu'elles ^icfit rien d*absolumciit caractcristique pour les animât» quVUcs dcsîgneut.
tamment et en abondance la nourriture qui leur convient. On ne voit donc pas quels obstacles pourraient contraindre ces Cétacés h se renfermer dans certains parages , à préférer certaines latitudes, eux qui voient continuellement toutes les routes ouvertes devant eux, el qui peuvent les parcounr avec tant d'aisance et de rapidité. Cependant il est probable que la plupart, que tous peut-être, ont des demeures circonscrites ; seulement 1 étendue de chacune d'elles parait proportionnée à la grandeur, h la puissance de l'espèce qui Ta reçue en partage ou qui se I est choisie. Les souffleurs fluviatites ne s'avancent point dans la mer; la Baleine franche est confinée dans les mers Boréales, comme la Baleine du Cap dans l'hémisphère austral ; les Rorquals paraissent également habiter des mers cir-r -conscrites; le Cachalot seul habiterait toutes les mers; car il se rencontre dans l'Océan Atlantique, comme dans le grand Océan, où, par son abondance, il attire aujourd'hui tous ceux qui se livrent h sa nècbe. A la vérité, pour admettre ce fait, il laut supposer qu'il n'existe qu'une seule espèce de Cachalots ; mais l'exception que présente cette espèce, contre toutes les analogies, est un motif de plus pour douter de l'exactitude de nos connaissances à cet égard. Les nombreuses espèces de Dauphins sont peu connues sous le rapport des régions qu'elles habitent: l'Hypéroodon, le Béluga, le Globireps, les Delpninorhynques microptère et couronné, le Nésarnak, semblent renfermés au nord de l'Atlantique ; ils ne s'avancent peut-être îamais en deçà du W parallèle ; le NarwaI, habitant également le nord , s'avancerait îusau'aux tropiques ; le Dauphin vulgaire et le Marsouin commun se restreindraient à nos mers tempérées ; te Dauphin de Desmarets et le Marsouin de Risso à fa Méditerrannée ; i»t le grand Océan Austral nourrirait les Dauphins du Cap, è sourcils blancs, do U Nouvelie-Zélande-, Malais ,. Léger, de Pérou, etc., etc.
Les mers du Japon contiennent plusieurs espèces de Cétacés. Nous ne parlerons que du Dauphin noir; car ces animaux soni si imparfaitement connus, au'on ne peut les caractériser. Cependant 1 existence de ces espèces , quoique douteuse , pourrait être réelle.
Des animaux répandus ainsi dans toutes les mers du globe, revêtus d'une épaisse couche de graisse , qui promettaient tant d'avantages à ceux qui s'en rendraient n^iit es, ne pouvaient manquer d'exciter l'intérêt et d'éveiller l'industrie des peuî>les maritimes: aussi tous se sont-ils livres avec plus ou moins d'ardeur et do succès à la pêche des Cétacés. It n'appartient point à notre sujet de retracer l'histoire de cette industrie, et d'exposer en détail ses nombreux procédés; mais, comme 1 histoire de la nature consiste, en définitive, dans l'influence réciproque des êtres soumis à ses lois, nous ne pouvons nous dispenser de rechercher et 4'ii diquer, du moins sommairement, celle
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do l'homme sur les CétacéSi et des Cétacés sur rhomme.
La taille de ces animaux variant de six à quatre-vingts pieds» les pêcheurs ont donné la chasse aux espèces qu'ils pouvaient attaquer avec succès , qu'ils pouvaient vaincre par les moyens quils avaient su se créer. Ainsi, les peuplades chez lesquelles l'industrie n'a fait encore que peu de progrès, se sont principalement attaquées aux petites espèces (1), tandis que les plus grandes seules sont devenues je but des efforts des nations modernes , gui , avec le. secours des sciences, ont appris à centupler leurs forces. Les avantages qu'on retire de la pécha de ces animaux déterminent aussi le choix des espèces que l'on poursuit. Partout où la nourriture des hommes est peu abondante, les petites esnèces sont recherchées. Longtemps le Dauphin vulgaire et le Marsouin commun figurèrent avec honneur sur nos tables , et ils sont encore une heureuse proie pour les populations pauvres dont les ressources sont précaires : au contraire, aujourd'hui que nos moyens d'alimentation se sont tant accrus, nous dédaignons ces petites espèces, et les Cétacés en général n'excitent
Î>lus notre intérêt que par leur graisse et eurs fanons ; ce sont les Cachalots et les Faleines que nos pêcheurs poursuivent (2).
,Nous sommes donc, pour ces animaux, de très-dangeroux ennemis, qui les [lersécutons avec persévérance par de nombreux et de
Euissants movens. L'influence de l'espèce umaine sur les Cétacés n'a conséquemment guère dû produire d'autres effets que de les rendre craintifs ; de les mettre en grande déflance contre nous, de les rendre attentifs aux signes qui annonceraient notre approche ; de graver ces signes dans leur mémoire, de les leur faire distinguer de tous les autres; de les porter à fuir dès qu'ils en aperçoivent les traces » et môme d'abandonner les parages où ces signes se reproduisent fréquemment. Il est certain, en effet. Sue les grands Cétacés , les seuls qui aient onné lieu à des observations régulières, se sont éloignés des lieux où ils étaient les )lus abondants autrefois, et qu'ils continuent abandonner les mers où tes pêcheurs les
(1) Les Islandais, dii Troîl, n*osenl point attaquer la gmnde espèce de Baleine, leurs bateaux étant trop petits et n*étant pas eux-mêmes pourvus des ustensiles nécessaires. Les Esquimaux du Groenland, disent cependant Ellis et Andersen, attaquent les grands Cétacés ave': des harpons auxquels sont attachés des vessies pleines d'air, qui, ne perniellant ÏAus à ranimai âc plonger, le livrent à leurs coups. Musieurs autres pauvres peuplades du Nord paraissent avoir recoui's au même moyen pour se rendre niaitrcs des Baleines.
Duhamel, d'après des récits dont il nVlalilit pas rau(he:iticité, rapporte que, lorsque les sauvages de la Floride aperçoivent une Baleine, fun d'entre eux seul en approclie, monte sur son dos, lui cnlonce un tampon dans un des évents, la suit au Tond de la uier, remonte avec elh', lui ferme l'autre é\etit avec un secon.l tampon, et, lui étant ainsi tout moyen de respirer, la fait périr, (i) Une Balehic donne 'usou'â 200 barils d'huile.
poursuivent, pour se réfugier dans celles que les glaces rendent presque inaccesssible? à nos vaisseaux. C*est du moins ce qui panilt être powt la Baleine franche (1) et le Rorqual jubarte; aussi celle-là étant plus virement recherchée que celui-ci» s'est-elle éloif;née beaucoup plus que lui. Les Cacbaots eux-mêmes sont devenus très-rares dans les mers que nous fréquentons le plus; et dans le srand Océan équinoxial, où la chasse en est plus lucrative aujourd'hui que partout ailleurs, on remarque au*ils sont devenus plus sauvages, et ciuMl laut plus de prudence pour les approcner qu'il n*eo fallait autrefois. Ainsi , chez lés Cétacés comme chez tous les autres animaux » les besoins ont développé Tintelligence, et Texercice de cette faculté en a augmenté la force. Cet exercice paratt même avoir transfonné en habitudes durables, en dispositions naturelles, ce qui n'était d*abora que modifications accidentelles et passagères.
Si les conditions dimciles où la poursuite de l'homme plaçait les Cétacés ont fait subir à ces animaux d'importantes modiGcalioos, ont contribué au développement de quelques-unes de leurs facultés , les conditions où l'homme s'est trouvé vis-à vis des Cétacés ont exercé sur lui , ou du moins sur les individus qui le représentaient^ une influence cent fois plus puissante. Aux difficultés qui, pour les pècbeiu's, césuUaieul des Céiâcés eux-mêmes, de leurs tentatives pour échapper, de leurs efforts pour se^défendre, se sont jointes toutes celles qu'il fallait aflhwter pour arriver jusqu'à eux, c'est-à-dire les mers les plus orageuses du globe, et Tindîmence du ciel le plus impitoyable.
Personne n'a jamais mis en question Tiofluence de la grande navigation sur le développement de l'intelligence humaine : elle a été , pour les sciences et l'industrie , une source d'innombrables richesses, comme elle a été , pour le courage et pour toutes les qualités qui le perfectionnent et l'ennoblissent, l'école la plus féconde et la plus sûre. Mais ce qui fait communément l'oDjet de la navigation : le commerce, la pèche ordinaire des poissons, la communication des peuples civilisés entre eux, ne demandaient aux navigateurs que de résister aux vents et aux flots, dans les mers les moins dangereuses, les plus connues , et où ils ont une route libre et toute tracée devant eux. Il en est tout autrement pour la chasse des grands Cétacés : non-seulement ces animaux, en fuyant ou en se débattant, peuvent, à la moindre imprévoyance de l'équipage, entraîner avec eux au fond de la mer les frêles embarcations
3ui les attaquent, ou, d'un coup de queue ou e lôte , les lancer en l'air et les mettre en pièces; mais encore cette poursuite n'a guère lieu, comme nous l'avons-nous dit, dans les mers les moins explorées et les plus dange-
(I) Harnel, dans la rclaiion du naufrage de son vaissoati sur les cèles de la Corée, dil avuir pèdié des HaliMiies qui se sont trouvées porter des liirpoua du Gruënlaud.
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renses où aucune rive hospitalière n'offrinU de secours au vaisseau que la tempête unit désemparé , où des montagnes de cUcH flottantes , en glissant Tune contre rauirt, peurent broyer le navire poussé ou eotralDé au milieu d'elles; où le naufragé» sass abri contre la neige et les vents, sans ira cootre le froid* sans eau contre la soif, en est réduit à se défendre contre les bêtes Bfocfts, et à chercher h leur arracher la vie poor entretenir la sienne.
Tiot de difficultés à surmonter, d'obstacles ànincTf, de dangers è mesurer et surtout à bwver, ont dû, en effet, mettre dans un aiercice continuel les facultés de Thomme, ellear faire acquérir un développement remarquable. Aussi la pêche de la Baleine a-tetle toujours été, pour les nations maritimes, une pépinière de marins expérimentés, coun^eui et prudents. Quelques mots sur la p^be des grands Cétacés, sur la pratique de cette dangereuse industrie, feront aussi conceTOir tout ce qu'il faut de perspicacité, de présence d'esprit , de sûreté de jugement, 4eperséférance,pour exercer un métier où, à bien dire , il faut lutter, au risque de sa fie, contre les forces les plus puissantes de \a nature.
Us recherthes qui ont été faites sur This- W\re de \a pèche régulière des grands Cétacés présentent les Basques comme les plus anciens et les plus habiles harppnneurs de BaJeloes. Ce sont eux qui, dans "cette industrie, «oraieotiàit Téducation des autres peup/es, leurs expéditions pour cette pêche /jeffloflteraient au delà du xn* siècle, et il» les auraient continuées, à l'exclusion de ceux qu'ils instruisirent ensuite, jusqu'au w, i>*abord, elles se bornèrent aux mers ▼oisioes ; puis , entraînés par l'éloiRneinen^ des Baleines, ces hardis pêcheurs s élevant au nord jusque dans les parages de (Islande, et s'étendirent à l'Ouest jusque ^ le voisinage de Tlle de Terre-Neuve, ^b leurs expéditions cessèrent graduelle* rneul après Texploration de l'Océan glacial, ^ fm la milieu du xvin* siècle, leur prinûpalport, Saint-Jean-de-Luz, n'avait plus un seul naTire baleinier. Le Groenland, le détroit de Davis et le Spitzberg , mieux connus, ou découverts à l'époque où l'on se livrait à la recherche d'un passage aux Indes rfr le nord, ayant fait connaître l'existence ^*uu grand nombre de Baleines , qui sem- ^aient avoir cherché un refuge dans ces régions placées, devinrent, dès le commencement du xTn* siècle, le but de tentatives ri- ^alest de la part des Anglais et des HoUan Ois, pour s'emparer de Ja pêche de ces gi- S-mtesques animaux , et s'en approprier les grands bénéOces. Longtemps les Hollandais ' emportèrent par leur persévérance et leur ^cunomie. Us équipèrent, pour cette pêche, dans une seule année , jusqu'à trois cents vaisseaux, montés par aix-huit mille matelots. Cependant les Anglais ne cédèrent IKiint; ils redoublèrent d'efforts vers la fin du xvu* siècle ; et, après des sacrifices continués durant cinquante ans, ils reprirent une
DiCTIONH. DB^ZOOLOGIB. IL
supériorité qu'ils conservent peut-être encore aujourd'hui , s'ils ne la partagent pas avec les Américains. Il paraît que les Baleines, ainsi poursuivies, se retirent toujours de
Elus en plus vers le nord ou vers l'est, ou ien que leur nombre décroît et que l'espèce s'appauvrit en individus. On ne serait point surpris que ce ne fût à cette dernière cause qu'il fallût attribuer la disparition de ces animaux de mers où auparavant ils étaient si communs, puisqu'il résulte de différents états, que tout annonce devoir être fidèles, qu'il a été détruit, durant cent années environ, dans les mers de Davis, du Groenland et du Spitzberg , plus de soixante mille Baleines, par les seuls baleiniers hollandais.
Les Cachalots ne sont pas devenus, moins que les Baleines, un objet de spéculation pour quelques nations maritimes. Les animaux de ce genre ne sont point fort rares dans nos mers, et on en a vu des troupes entières échouées sur nos côtes. Tant qu'ils ne furent recherchés que pour l'huile proprement dite qu'on en tire, les Baleines tranches leur furent préférées : outre qu'elles sont plus faciles à chasser, elles donnent une huile plus abondante et meilleure, et la cétine que l'on tire du Cachalot ne trouvant alors d'emploi qu'en pharmacie, les individus que le hasard procurait en fournissaient au delà du besoin. Mais depuis que cette substance a reçu un autre emploi, qu'elle est devenue beaucoup plus utile, qu'on la recherche bien davantage, on s'est mis à la quête des Cachalots, et on a reconnu qu'ils se trouvaient en abondance et en troupes nombreuses dans TOcéan équinoxial. Chassés d'abord par les Américainsi* longtemps avatit la guerre de l'indépendance, et seulement depuis par les Anglais, ces animaux paraissent s'être dispersés dans tout le Grand-Océan, sans s'avancer encore dans ses parties boréales et australes. On les trouve dans le canal de Mozambique, aux Séchelles, sur les côtes de la Nouvelle-Zélande, aux Moluques, dans la Polynésie, aux lies Gallapagos, comme sur toutes les côtes du Mexique, du Pérou et du Chili.
Quoique les Cachalots soient bien plus dangereux à chasser que la Baleine franche,, la diminution de leur nombre, sinon leur destruction complète, n'en sera pas moins le résultat des immenses profits qu'ils donnent. Nous trouvons dans un état publié par M. Mac Culloch, dans son dictionnaire du commerce, que, de 18H è iSâk^ on a expédié pour cette pêche, d'Angleterre seule* . ment, (^90 navires, du port de 146,359 tonneaux et montés par 13,000 h(»mmes.
Il n'y a point de différences essentielles, quant aux procédés, entre la pêche ou la chasse des Baleines et celle des Cachalots; et, si la fureur de ces derniers est à redou ter pour ceux qui les attaquent entre les tro- ,
Siques, les dangers de la mer et les glaces , ottantes ne le sont pas moins pour ceux oui poursuivent les Baleines dans l'Océan Glacial. Ainsi, dans ces expéditions contre les grands Cétacés, les dangers sont à peu
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près ègauXt sans être les métties, et le cou* r«ge comme la prudence ne sont pas moins pécessaires dans la direction des unes que dans celle des autres.
Lorsque les ennemis de ces grands animaux irélaient encore qu*en petit nombre, Su'on ne les attaquait que de loin en loin et ans les occasions favorables, on ne parait pas avoir eu besoin de grandes précautions pour les aborder; ils n'avaient point encore appris à reconnaître de loin l'approche du danger, et ne fuyaient pas. Le Basque se dirigeait immédiatement sur eux et les iVappait en les touchant.
Plus de précautions sont nécessaires aujourd'hui. Lorsqu'un bâtiment est arrivé dans les parages où il a compté rencontrer des Baleines ou des Cachalots, une vigie attentive au plus haut d'un mAt reconnaît de loin la présence de ces animaux aux jets d'eau qu'ils lancent au-dessus des flots, et qui se répètent à des intervalles très-ré-*
Suliers. Au premier avertissement qu'elle onne, les canots, montés d'un timonier, d'un harponneur et des rameurs, sont mis en mer; l'un d'entre eux se dirige vers le point qu'a désigné la vigie, avec rapidité s'il est sous le vent, avec plus de prudence s'il est moins favorablement placé. Arrivé à la distance convenable, le harponneur lance de la main droite son harpon, auquel est attachée une corde longue et très-flexible. Ordinairement, dès que l'animal a été frappé, il fuit, entraînant avec lui l'arme qui l'a blessé et la corde qui la suit. Cette fuite se fait tantôt horizontalement, tantôt en descendant dans les profondeurs de la mer, et #vec une telle lorce et une telle rapidité, que la corde qui glisse sur l'avant de la chaloupe s'enflammerait par le frottement si le harponneur n'avait pas soin de la mouiller sans cesse, et que l'embarcation serait engloutie, si quelque obstacle, empêchant la corde de glisser librement, la flxait d'une manière quelconque à la chaloupe. Qnelquefois cependant, au lieu de fuir, les Cachalots, emportés par une terreur aveugle, se débattent au premier coup qu'on leur porte, et frap-
t^ent de la tête et de la queue avec une vioence telle, que les embarcations sont mises en pièces, lancées en l'air et abîmées dans les flots avec tout ce qu'elles contiennent, si l'équipage n'a pas su manœuvrer avec assez d'habileté. Après un certain temps l'animal est ramené à la surface des flots par le ho soin de respirer. On en est averti par le relâchement de la corde, et on se pi*épare à une lutte nouvelle, non moins dangereuse que la première. Un second et môme un troisième harpon sont lancés; et, quand l'animal fommeoeeà s'affaiblir parla perte de son saftg ou par la violence des mouvements auxquels il ^est livré, on l'attaque à coups de lancô, en se Imani aussi loin de lui qu il est possible; car il continue à se défendre avec fureur, jusqu'à ce qu'il meure profondément blessé. Alors on l'entraîne au vaisseau, où il est fixé, et où on le dé{>ouill6 û '8 dilférentes substances pour lesquelles
cette cruelle et dangereuse guerre est entre prise.
On trouve des détails nombreux et fort intéressants sur les procédés de la pêche des grands Cétacés, sur les dangers auxquels elle expose, et sur les avantages qu'elle pr. »cure, dans Duhamel, dans Bernard de Rest^^ dans Scoresby, dans Beale, qui ont décrit spécialement sur cette matière, et aussi dan« quelques voyageurs : Pages, Colnett, etc.
Telles sont les connaissances que nous avous acquises sur les Cétacés. De nombreuses notes, des détails partiels, des descriptions incomplètes ou obscures, d'autres plus étendues et plus fidèles, des récits de nueurs insignifiants ou douteux par leur exagération, sur le même sujet et des aifirmalious et des négations aui se balancent ; et, ce qui ajoute aux difficultés, de la bonne foi partout : voilà quels sont les seuls éléments dont on pourrait disposer pour écrire Thistoire naturelle de cet ordre nombreux de Manmaifères.
Ces éléments se rapportent déjà à plus de soixante-dix espèces ; mais ils ne nous ont paru donner les caractères à peu près certains que de quarante d'entre elles.
L'histoire naturelle générale des Cétacés était déjà en possession de plusieurs ouvrages qui ont accjuis à leurs auteurs une juste reconnaissance de la fiart des savants. Chez nous, Duhamel a commencé ce difficile travail ; mais envisageant ces animaux principalement sous le rapport de la pêche, et écrivant à une éfK)que où la critique de fa science était peu avancée, son traité tsl moins une histoire naturelle générale des Cétacés qu'un accessoire à cette histoire, où se rencontrent quelques faits utiles. Bonnaterre, au contraire, aborde directement la question : sa Cétologie est une histoire générale des. Cétacés souffleurs ; il y présente tous les résultats qu'il s'est cru en droit de tirer des faits assez nombreux qu'il avait recueillis, et parmi lesquels s'en trouvent de nouveaux et d'importants qu'il fait connaître; mais Bonnaterre manquait des connaissances positives sur lesquelles* une critique éclairée repose, et les résultats auxquels il a été conduit se ressentent de ce défaut. C'est au reste moins à lui qu^ l'état de la science à l'époque où il écrivait, qu'il faut peut-être attribuer ses erreurs; car Lacépède, quinze ans après, se conforma presque entièrement aux idées de son prédécesseur et leur imprima sa grande autorité. Ce n'est que dans les dissertations sur les espèces vivantes et dans l'ostéologie des Cétacés que G. Cuvier inséra dans ses Recherches sur îes ossements fossiles, qu'on trouve le premier exemple d'un examen vraiment scientifique des notions diverses qu'on possédait sur ces animaux; et les conséquences auxquelles cet examen l'a conduit sont encore en grande partie celles qu'on lire aujourd'hui de ces notions, jointes à ce que la science a acqnis d{:j:uis : aussi ce travail critique et ostéologique peut-il
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POibSOiNS, ETC.
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èlre considéré, dans ces limites, comme une toloire générale des Cétacés.
Cest, en effet, lui qui fait la base principale de l'histoire naturelle, générale et par- Ocalière des Cétacés découverts depuis 1788 rasqoi nos jours, publiée en 1828 par M. LessoD. ,
CÉTACÉS HERBIVORES — C(fn/raft7^5.— Pendant long' enrips les animaux qui coDstiluenl cette famille restèrent igaorés, ou du Ettoias ne furent connus que de la manière \a moins conforme à leur nature, sous les noms de Sirènes et de Tritons ; leur exiskn^^ fut alors toute fabuleuse, et, après afoir été tus tels qu'ils sont, et dépouillés Jt 5 formes imaî^ina ires dont la crédulité les anit revêtus, ils restèrent encore longtemps des èlres à part, distincts de ceux qui les iTaient fait concevoir, et auxquels on sein- Wnl craindre d'enlever la réalité, tant l'éclat éw qualités dont Tîmagination les avait enrichis fascinait les reçards, tant on craignait (fc reconnaître pour tabuleuseune existence qui se liait à de brillants récits, et que l'hisloire semblait même consacrer.
On a dû ce|>endant finir par reconnaître que les Sirènes et les Tritons, ces êtres mo'uié femme ou moitié homme et moitié po\s&on, B'avaient aucune existence réelle, <^tf\\s rfaç^rteuaient point à la nature, et n'étaient qnune création poétique ou mythologique. Mais ce n'a pas été sans peine que le science est parvenue à reléguer dans les Dioodes imai;inaires ces êtres fantastiques; Car nous voyons encore des hommes édaités, tels que Kircher, de Maillet, L»chenafe des Bois, etc., etc., chercher èdémoulwla réalité des Sirèïies. A la vérité, Tufl denlre eux avait des systèmes à éla- Wir,cl c'a toujours été k» partage des esprits feiWes de craindre la vérité et de croire aux bùiàmes.
Le nom de Sirène cependant resta quelque te«Bps aux animaux qui avaient donné lieu ^U création de ces êtres fabuleux, même •près que leur véritable nature fut reconnue. Ajaqoous vovonsDapper, Mérolla, donner, fous eenom, la description assez exacte du iamantio d'Afrique, et Artedi en faire un ooin de genre ; si depuis il n'a pas continué 1 être appliqué à ces animaux, c'est, d'une P^rt, sans doute, parce qu'il avait dans l'histoire et dans la fable un sens particulier bien déterminé ; et, de l'autre, parce que les véritables noms de ces animaux, étant connus, ont dû prévaloir sur le [crémier.
Lorsque tous les doutes furent levés, et
3u'il fut bien admis qu'il n'y avait point ^animaux marins moitié femme, moitié poisson, gue les Sirènes étaient des Lamantins ou aes Dugongs, qui avaient pu faire illusion à des nommes prévenus, par leur tête arrondie et les grosses mamelles qu'ils ont sur la poitrine k Tépoque de l'allaitenetK, CD ne reconnut point ^ocore toutefois )a véritable nature de ces animaux.
Clusins,qui le premier donna une figure en Lamantin d'Amérique, réunit cette espèce aux Phoques, quoique son animal fût en-
tièrement privé de membres postérieurs ; et ce premier rapprochement exerça une telle influence, 'que nous voyons Klein et Brisson supposer que cette privation n'est que le résultat d'une erreur. Linné en fît le genre trichecus de son ordre des bruta^ le plaça entre l'Eléphant et les Paresseux, et n'en distingua pas le Morse. Pennant, réunissant ce Morse au Dugonjj, en fit le genre toabrus,
Ju'il sépara de celui du Lamantin par celui es Phoques ; mais les naturalistes qui vinrent ensuite, jusqu'à Schaw inclusivement, rétablirent le genre toi que Linné l'avait formé. L anatomie du Lamantin et la description de la tête du Dugong avaient cependant été données par Daiibenton , et Camper avait fait connaître assez exactement ce dernier animal ; mais les faits anatomiques n'entraient guère encore qu'accidentellement dans les travaux des zoologistes ; et la première influence qu'on en trouve, relativement aux animaux qui nous occupent, c'est Lacépèile qui nous la dévoile : il sentit que le Morse, le Dugong et le Lamantin présentaient chacun le type d'un genre, et il réunit ces genres à celui des Phoques dans une sous-division de ses Mammifères marins ; seulement il les fit précéder immédiatement des Cétacés. Mais de cela seul qu'il fondait une division uniquement sur la transformation des membres antérieurs en naf;eoires, et qu'il rapprochait d'une manière ntime les Phoques des Lamantins, il est trop clair qu'il n'avait encore (ju'uiie idée fort incomplète de la nature de ces animaux, ce n'est en qnelquosorle qu'accidentellement queleDugon^ et leLamantin se trouvnet rapprochés des animaux ma.ins h évents, les seuls auxquels il donne le nom de Cétacés. C'est dfins la première édition de son règiic animal que G. Cuvier a séparé les Phoques et le Morse du Lamantin et du Dugong, pour faire des premiers le groupe des amphibies h la suite des carnassiers, et des seconds celui des Cétacés herbivores, immédiatement avant les Dauphins ; classification que nous avons dû admettre, tout en séparant considérablement les Cétacés herbivores des Cétacés à évents.
Les diflicultés qui se présentaient pour établir les rapports génériques des Cétacés herbivores se retrouvaient plus grandes encore quand il s'agissait d'établir entre ces animaux des rapports spécifiques.
Plusieurs voyageurs, qui, dans la merdes Indes, avaient probablement eu occasion de rencontrer le Dugong, ne le distinguent point du Lamantin, et le désijgnent sous ce dernier nom ; tels sont Dampitr et Léguât. Sans doute Artedi, Linné, Brisson, ne font aussi qu'une seule espèce de ces animaux, et ils réunissent dans celle du Lamantin tout ce qui a été rapporté des Lamantins de différents pays. BuÊfon paraît avoir, le premier, distingué le Dugong des Lamantins au moyen des têtes qu'il put comparer ; mais il défigure les traits de cette dernière espèce en les confondant avec des particularités qui appartiennent évidennnent à des Pho-
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aues, et il la croit beaucoup plus rapprochée u Morse que des Lamantins, soupçonnant qu'elle est, comme celui-ci, pourvue de membres postérieurs. Ensuite il distipgue cinq espèces de Lamantins, parmi lesquelles il reproduit évidemment le Dugong, sous le nom de grand Lamantin de la mer des Indes. Les quatre autres sont fondées sur le Manati de Stelier, sur le Lamantin de V Amérique du Sud, sur un antre des mômes contrées sur ce\\iitV Afrique, Depuis, il est resté bien évident que le Manati de Stelier n'est pas un Lamantin, elqu'il présente lescaractèresd'un genre nouveau, dans Tordre des Cétacés herbivores , comme Ta établi Cl. Cuvier. Quant aux trois autres espèces, elles sont fondées sur des faits qui en mettent désormais deux hors de doute.
Il résulte donc de l'examen critique auquel les Cétacés herbivores ont donné lieu que ces animaux se partagent en trois genres: !• les Lamantins; 2* les Dugongs, et §• les Stellères ; que les deux derniers ne se composent chacun que d'une espèce, et que le premier en réunit deux et peut-être trois.
Il nous resterait, dans ces observations générales, à retracer ce qui, dans l'organisation, est commun aux trois genres doit cette famille de Cétacés se compose ; mais, outre que le Stelier, à l'exception ae ses dents, n'est connu que par une seule description, et que ce qui est propre au Dugong, comme aux Lamantins, pourrait ne pas lui appartenir, et ne lui appartient pas complètement en eflfet, ces deux derniers genres présentent assez de différences pour que nous ne fuissions pas éviter d'entrer, au sujet de eur liistoire particulière, dans les détails mômes de laur organisation ; d'autant plus que, n'étant que deux, ils deviennent racilement comparables l'un avec l'autre.
Ce qui parait appartenir à tous les Cétacés herbivores, c'est d'être privés de membres
fostérieurs, d'avoir des narines semblables celles des autres animaux, e1 non point organisées en forme d'évents comme les Dauphins et les Baleines, et d'être pourvus de dents molaires à couronnes plates, plus ou moins irréçulières et propres à broyer, ce qui en fait des animaux uerbivores: eu effet, ces Cétacés vivent exclusivement de plantes marines.
Ces caractères généraux qu'on pourrait étendre en y ajoutant ceux qui ne sont communs qu'aux Lamantins et aux Dugongs, placent les Cétacés herbivores entre les Pachydermes et les Cétacés à évents ; mais ils semblent s'allier bien davantage aux premiers qu'aux seconds. C'est par cette sorte de filiation que « dans le règne animal, comme le dit Buffon, c'est aux Lamantins que finissent les peuples de la terre, et que commencent les peuplades de la mer.»
CÉTINE. Voy, Cachalot.
CHABOISSEâU. Voy. Chabot.
CHABOT , cottus, — Genre de poissons Acanthoptérygiens, comprenant des poissons qui ont la tète large, déprimée, cuiras-
sée et diversement armée d'épines ou de tubercules; deux nageoires dorsales; des dents au-devant du vomer, mais non aux palatins ; six rayons aux branchies et trois ou quatre seulement aux ventrales. Les rayons inférieurs de leur pectorale, comme dans les Vives, ne sont point branchus;i]s manquent de vessie natatoire.
Les espèces d'eau douce ont la tête presque lisse et seulement une épine au préopercule. Leur première dorsale est très-basse. Nous citerons , parmi ces espèces , le Chabot DE RIVIÈRE (Cottus gobio ^ Linn.). C'est un petit poisson de quatre ou -cinq pouces, noirâtre.
On trouve ce Cotte dans la Seine et dans d'autres rivières. 11 parvient jusqu'à la longueur de quatre ou cinq pouces. 11 se tient souvent caché parmi les pierres ou dans une espèce de petit terrier, et Jorsau'il sort de cet asile ou de cette embuscade, aest avec uoe très-grande rapidité au'il nage, soit pour atteindre la proie quil préfère, soit pour échapper à ses nombreux ennemis. Il aime à se nourrir de tr^s-jeuoes poissons, ainsi que de vers et d'insectes aquatiques; et lorsaue cet aliment lui manque, il se jette sur les œufs de diverses espèces d'animaux qui habitent dans les eaux. Il est très-vorace, mais succombe fréquemment sous la dent des Perches, des Saumons, et surtout des Brochets. La bonté et la salubrité de sa chaire qui devient rouge par la cuisson, comme celle du Saumon et de plusieurs autres poissons délicats ou agréables au goût, lui àoih nent aussi l'homme pour ennemi. Ce poisson est cependant dédaiçné de plusieursfter* sonnes. Dès le temps d'Aristote, on saTail que, pour le prendre avec plus de facilité} Q fallait frapper sur les pierres qui lui se^ valent d'abri, qu'à l'instant il sortait de sa retraite, et que souvent il venait, tout étourdi par le coup, se livrer à la main ou au filet da |)ècheur. Le plus souvent, ce dernier emploie la nasse pour être plus sûr d*eaipêcher le Chabot de s'échapper. Il faut saisir ce Cotte avec précaution, lorsqu'on veut le retenir avec la main. Sa peau, très-visqueuse, lui donne, en effet, la facilité de glisser rapidement entre les doigts. Cependant, malgré tous les pièges iju'on lui tend, et le gran<l nombre d'ennemis qui le poursuivent, on le trouve fréquemment dans plusieurs rivières. Cette espèce est très-féconde. La femelle, plus grosse que le mâle, ainsi que celle de tant d'autres poissons, parait comme gooflée dans le temps oii ses œufs sont près d'éjre pondus. Ces protubérances, formées parles ovaires, qui se tuméfient, pour ainsi dire, i cette époque, en se remplissant d'un trèsgrand nombre d'œufs, sont assez élevées et assez arrondies pour qu'on les ait comparées à des mamelles; de célèbres naturalistes ont écrit que la femelle du Chabot avait nonseulement un rapport de forme, mais encore un rapport d'habitudes avec les animaux * mamelles, qu'elle couvait ses œufs et queiw perdait plutôt la vie que de les abandonner. On a pu observer des Chabots femelles» ^
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tnéme des mAles se retirer, se presser, se cacher dans le même endroit, où des œufs de leur espèce araient été pondus, les couvrir dans cette attitude et conserver leur positiai, malgré un ^nd nombre d*efforts pour ta leur faire quitter. Mais ces manœuvres o*oDt point été des soins attentifs pour les «mbryons qu'ils avaient pu produire ; elles se Fraisent è des signes de crainte, à des l^écautions pour leur sûreté ; et peut-être même, ces individus, auxquels on a cru de- Toir attribuer une tendresse constante et courageuse, n'ont-ils été surpris que prêts à dévorer ces mêmes œufs, qu'ils paraissaient vouloir réchauffer, garantir et défendre. Au reste, les Chabots ont la tète large et déprimée, cuirassée et diversement armée d'épines ou de tubercules, et deux nageoires dorsales. Les espèces marines sont plus épioeoses: quand on les irrite, elles renflent encore leur tôle. Nos mers en nourrissent deux, Doromées Chaboisseaux et Scorpions de mer; Tune est remarquable par ses armes, par sa force et par son agililé, c'est le Cottus icorpiwf^ Linné, Bl., 40; ii se trouve sur les bords de la Mf^diterranée. Il poursuit avecane grande rapidité, et parcouséçiuent axec un ^nd avantage, la proie qui fuit àeTai^l \ui k \a surface de la mer. Ce poisson nage airec une vitesse étonnante ; très-vorace, bardi, audacieux même, il attaque avec promplifude des Blennies, des Clupées ; il kscoaéat avec acharnement, les frappe vifement avec les piquants de sa tète, les aigttilhns de ses nageoires, les tubercules aigus répandus sur son corps, et en triomphe le [Jus souvent avec d'autant plus do facilité, qull joint une assez grande taille à l'impétuosité de ses mouvements, au nombre de ses dards et à la supériorité de sa hardiesse. Ce Cotte peut parvenir à une longueur de buità dix pouces; sa chair, peu agréable au goût et à I odorat, n'est pas recherchée par 1^ pécheurs ; ce ne sont que les habitants peu délicats, qui en font quelquefois leur wmrrilure, et tout au plus tire-t-on parti de son foie pour en faire de l'huile, dans les endroits, par exemple, ott il est très-répandu; si d'ailleurs ce poisson est jeté par quelque •cddenl sur la grève, et que le retour des vagues, le reflux de la marée, ou ses propres efforts ne le ramènent pas promptement au milieu du fluide nécessaire à son existence, il peut résister assez longtemps au défaut de l*eau; la nature et la conformation de ses membranes branchiales lui donnent la faculté de clore presque entièrement les orifices de ses organes respiratoires , d'en interdire le contact à l'air de l'atmosphère, et de garantir ainsi ses organes essentiels et délicats de l'influence (rop active, trop desséchanie, et par conséquent trop dangereuse» de ce même fluide atmosphérique. C'est pendant l'été que les Cottes scorpions commencent à s'approcher des rivages de la mer; mais ordinairement l'hiver est déjà avancé lorsqu'ils pondent leurs œufs, dont la couleur est rougeâtre. La têto de ce Scorpion est garnie de luberciilcs et d'aiguilloris; \vs
yeux sont grands, rapprochés Tun de l'autre et placés sur le sommet de la tète. Les mâchoires sont garnies, comme le palais, de dents aiguës ; la ligne latérale droite, fermée communément d'une suite de petits corps écailleux , faciles à distinguer malgré la peau qui les recouvre, et placés le plus souvent au-dessous d'une seconde ligne produite par les points de petites arêtes. Tout le corps est parsemé de petites verrues en quelque sorte épineuses, et beaucoup moins sensibles dans les femelles que dans les mAles. Sa couleur est ordinairement brune. La seconde espèce, qui vit dans la Méditerranée (Cottus buhalisy Éuphrasen., Nouv. mém. de Stockh., vu, 95), a quatre épines, dont la première est très-longue. La mer Baltique en a une troisième espèce, distinguée par quatre tubérosités osseuses et cariées sur le crAne {Cottus quadricomis, Bloch, 108). Il y en a de bien plus grands en Amérique et dans le nord de la mer Pacifique. Cette dernière mer produit une espèce petite, mais que ses formes singulières doivent faire remarquer, c'est le Chaboisseau a cornes de CERF, Synanceia cervus (Tilesius, Mém. de l'Ac. de Pétersb., m, 1811, pi. 278), où la première épine du préopercule, presque aussi longue que la tète, a à son bord interne six ou huit piquants recourbés vers sa base.
CHALCIDE, chalets, de x«>xoff , airain. — Il paraît qu'au temps d'Aristote on appliquait ce nom h une sorte de reptile, que l'on appelait aussi ZygniSf et qui était semblable an Lézard pour la terme et au Serpent aveugle pour la disposition de la coloration, c'est-à-dire sans doute qu'il était de la couleur de l'airain, et Pline ajoute en effet qu'il avait des lignes couleur d'airain sur le dos; ces caractères se reproduisant assez bien chez un Saurien tridactyle d'Italie ; la plupart des auteurs de la renaissance le regardèrent comme le Chalcis d'Aristote. Ray entre autres le décrivit sous ce nom, et dit même, en considérant la brièveté de ses pieds et la distance qui les sépare, que c'était plutôt un Serpent à pieds qu'un Lézard. Ces idées se perpétuèrent longtemps, à cette légère diversité d'opinion près, que les uns le crurent ovipare, d'autres vivipare ; les uns fort venimeux, sur la parole du maître de Stagy re, d'autres fort mnocent. Mais quelques auteurs, sans trop peser les motifs cl'une pareille détermination, transportèrent, sur la fin du dernier siècle, le nom de Chalcis à des Sauriens sans analogie avec le ïridactyle d'Italie, et bien certainement ignorés des Grecs et d'Aristote. Dans ces derniers temps l'on s'est efl'orcé de reiiresser cette erreur; mais, ces idées nouvelles n'étant pas universellement répandues, nous décrirons ici, ne fût-ce que provisoirement, sous le nom de ChalciSy les Sauriens qui ont été décrits comme tels par Daudin et Cuvier. Les Chalcis, ou Chalcides de ces auteurs, sont des Sauriens à corps allongé, cylindrique, plus ou moins grêle, muni de quatre pieds souvent rudimeiUaireSy si petits, si distants l'un
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de Tautre, qu'ils peuvent à peine soulever le corps et servir a la progression, ce qui a fait ranj^er ces animaux dans les Sauriens urobênes ou Lézards c|ui marchent au moyen de leur queue; ces pieds sont très-courts et pourvus d'un nombre variable de doigts.
La tête est pyramidale, quadrangulaire, revêtue de plaques polygones; le tronc et la queue sont garnis en drssus et en dessous d't'^cniHes qtiadrangulaires f^rosque égales, dis[)Oséos en lignes tra')sversales circulaires, ou en anUî'aux, en verticilli s sur !(' tronc et la queue; la bouche est pelile, non dilatable; les dents pi (itcs, égales, simples, conicpies, droites, inséîées aux mâchoires seulement ; la langue est miïice, plato, entière, ou à peine incisée à sa point(% légèrement protractih» peut-être, et écailleuse h sa surface; les Chalcides ont d'ailleurs Torganisation extérieure el intérieure ainsi que les mœurs et les hrtbituih}sd;'S Lézards et des Scinques; comme eux ils se reproduisent par de petits œufs pisiforuïes, (ju'ils abandonnent dans le sable; comme eux aussi ils son! tout à fait innocents.
CHALCJS. Voy, Chalcide.
CHALEUR ANIMALE. — On appelle ainsi la température propie h chaque es[)èce d'animal. La faculté de produire de la Chaleur est un phénomène qui se lie à celui de la respiration.
Cette faculté paraît être commune à tous les aniuinux; mais la plupart de ces êtres dévelo[)pent si piu de caloriipie qu'il ne peut être apprécié par nos thermomètres ordinaires, tandis que chez d'aulrcs la production de Chaleur est si gran le qu'on n'a même pas besoi:i d'instruments de physique pour en consialer rexistence. Pour mieux . juger de celte ditrérence, on n'a qu'à pincer un Lupin el un poisson ayant à |)eu près le mêuje volume d;uis deux calorimètres, et à les y entourer de glace à la température de 0'; la (juantité de ce corps fondu dans un temps donné sera proportionnelle à la quantité de Chaleur développée par ces deux animaux. Or, dans l'instrument renfermant le poisson, la quantité de glace fondue dans l'espace do trois heures, par exemple, ne sera pas appréciable» tandis que, dans celui contenant le Lapin, on trouvera, après le même laps de temps, plus d'une livre d'eau liquide, et pour fondre cette quantité de glace il faut autant de Chaleur que pour échauffer depuis la température de la glace fondante jusqu'à rébullition, environ trois quarts de ce poids d'eau ; or celle Chaleur n'a pu être fournie que par l'animal soumis à l'expérience.
Cette différence énorme dans la faculté de produire de la Chaleur occasionne des dilférences correspondantes dans la température des divers animaux. Un thermomètre placé dans le corps d'un Chien ou d'un oiseau, par exemple, s'élèvera toujours à 36 ou kO degrés centigrades, tandis que, dans le corps d'une Grenouille ou d'un ï)oisson, il indiquera une température à peu près égale
à celle de l'atmosphère au moment de l'expérience.
On donne le nom d'animaux à sang froid à ceux qui ne produisent pas assez de chaleur pour avoir une lemijéralure propre et indépendante des variations atmosphériques ; et on appelle animaux à sang chaud ceux qui conservent une température à peu près constante au milieu des variations ordinaires de Chaleur et de froid auxquelles ils sont exposés. Les oiseaux et les Mammifères sont les seuls êtres qui appartiennent à cette dernière catégorie; tous les autres animaux sont des animaux à saog froid.
La température de l'homme et de la plupart des autres Mammifères ne varie guère que de 36 à W degrés: celle des oiseaux s'élève à environ 42* centigrades.
Du reste, la faculté de produire de la Chaleur varie dans les divers animaux de ces deux classes, et varie aussi dans le môme individu, suivant l'âge et les circonstances où il est placé. Ainsi la plupart des Mammifères el des oiseaux produisent assez de Chaleur pour conserver la même température en été et en hiver et pour résister aux causes ordinaires de refroidissement, même à un froid très-vif. Mais il en est d'autres qui produisent seulement assez do Chaleur pour élever leur température de 12 ou 15 degrés au-dessus de celle de l'atmosphère ; il eurésulte que, pendant l'été, leur température est à peu près la même que celle des autres animaux à sang chaud ; mais que, pendant la saison froide, elle s'abaisse beaucoup; Of, toutes les fois que ce refroidissement alteiflt une certaine limite, le mouvement vital S8 ralentit toujours, et l'animal qui l'éprouve tombe dans un état de torpeur ou de sommeil léthargique oui dure jusqu'à ce que ia température se relève de nouveau. On appelle animaux hibernants les êtres qui présentent ce singulier phénomène, et, sous ce rapport, ils sont en quelque sorte intermédiaires entre les animaux à sang chaud non hibernants et les animaux à sang froid.
Dans leS'premiers temps de la vie, tous les animaux à sang chaud se rapprochent aussi plus ou moins des animaux à sang froid ; de même que ces derniers, ils ne produisent, en général, pas assez de Chaleur pour conserver leur température lorsqu'ils sont exposés à des causes de refroidissement même très-légères. Mais rabaissem ni de température, qui est sans inconvénient pour les animaux à sang froid, agit sur ceuxci d'une manière bien difTérente ; car loutcs les fois qu il est porté au delà d'un certain degré ou qu'il dure pendant un temps (Wlerminé, la mort en est la suite. Sous le rapport de la faculté de produire de la Chaleur, les jeunes animaux à sang chaud, cjui naissent les yeux ouverts et cjui aussitôt après la naissance peuvent courir et chercher leur nourriture, diffèrent bien moins des adultes gue les Mammifères qui naissent les yeux K'rmT'S, ou les oiseaux qui, au sortir ûe l'œuf, ne sont pas encore couverts de plt^
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mes. Si 'on tient des Chats ou des Chiens uoureau-néSy par eiempie, éloignés pendant un teriâin temps de leur mère et exposés à Viir, même en été, ils se refroidissent au potDt d*en mourir.
lt$ enfants produisent aussi bien moins de Chaleur dans les premiers jours qui suireot leur naissance qu'à une énoque plus iiaocée de leur vie ; leur tem|)érature s*ababfte alors très-facilement, et Tinfluence du (roiilleur est très-nuisible ; aussi, pendant rhiier, en meurt*il un bien plus grand nombre que pendant le reste de Tannée.
Tout ce qui a^t comme excitant et qui aoianente Ténergie du mouvement vital, tend hiïi^ii augmenter la faculté de produire de U Chaleur; et tout ce qui affaiblit l'économie uiimale exerce, sur la fonction qui nous occu^ie ici, une influence df^bilitante.
AÏBsi, faction d'im froid modéré tend à augmenter la faculté de produire de la Chaleur, et pendant rhi ver nous pouvons, par cooâéooeDt, mieux résister à des causes de refroidissement que pendant Tété.
LMaeoee de la Chaleur, lorsqu'elle ne s'est pas prolongée pendant longtemps, est eicitaDte et augmente la faculté de produire ^ucalohque; mais à la longue elle affaiblit le coTO, el alors elle diminue Ténergie de. teUeueui^é; c'est suitout pour cette raisen qae les personnes ayant liabité pendant longtemps les rendons tropicales sont si sensibles aa froid de oos hivers.
EofiD^reierdceaugmenle momentanément «production de Chaleur, et l'accélération des ffiourements respiratoires est suivie du même effet. Pendant le sommeil cette faculté pwail être, au contraire, moins puissante y» pendant La veille ; aussi lorsque des ooames exposés h l'action d'une températare très-basse ont l'imprudence de dormir^ «|ccombent-ils bien plus rapidement que s'ils se tiennent éveillés et en mouvement* u malheureuse retraite de Russie a fourni <ies exemples nombreux de l'influence fu- Çiisteda sommeil sur nos soldats affaiblis par '<A(^e et les privations de tous genres, ^ex|iosé8 à un iroid des plus intenses.
La cause de la production de Chaleur dans le corps des animaux parait être l'action que iesang artériel exer(^e »r les tissus sous liofluence du système nerveux. En effet, il exUte un rap[>ort évident entre la faculté de produire de la Chaleur, l'intensité de l'ac* ^où nerveuse» la richesse du sang et la transformation plus ou moins rapide du sang veii^eox en sang artériel.
Ou a constaté par l'expérience que tout ce qui tend à affaiblir considérablement l'action du système nerveux, tend aussi à diminuer ^ production de la Chaleur. Ainsi, lorsqu'on détruit te cerveau ou la moelle épuiière d'un Chipu, et qu'en imitant, par des moyens artificiels, le mécanisme a l'aide duquel l'air se renouvelle dans ses poumons, on entretient la vie de l'animal, la production de la Cbaleur cesse néanmoins, et le corps se reff '>.dit aussi rapideuient que le ferait un cadavre placé dans les mÀm'3S circonstances.
En paralysant l'action du cerveau au moyen de certains poisons énergiques, tels quelopium, on produit encore le môme effet, et ces expériences, variéesdediverses manières, ont mis hors de doute que l'une des conditions nécessaires au développement de la chaleur animale est l'influence que le système nerveux exerce sur le reste du corps.
D'un autre côté, l'action du sang sur les organes paraît être également indispensable à la manifestation de ce phénomène ; car, la suspension de la circulation de ce liquide, dans une partie quelconque du corps, est suivie du refroidissement de cette partie; et il existe un rapport reïoarquable enire la faculté de produire de la Chaleur chez les divers animaux et la richesse de leur sang. Les oiseaux, qui sont de tous les animaux ceux dont la température est la plus élevée, sont aussi ceux dont le sang 'est le plus chargé de particules solides (en général de 14 ou 15 parties sur lt)0); les Mammifères, dont la température est un peu moins élevée, ont aussi du sang plus aqueux ; en général, le poids des çlobules ne constitue que les 9 ou 12 ceitièmes du poids total deceliauide; enfin, chez les animaux à sangfroid, tels que les Grenouilles et les poissons, on ne trouve guère au delà de 6 centièmes de globules pour 94 parties de sérum.
Mais l'action du système nerveux et un sang plus ou moins riche en globules ne sont
f)as les seules circonstances qui influent sur a production de la Chaleur animale; pour que le liquide nourricier exerce sur l'économie l'action nécessaire à l'exercice de cette faculté, il faut qu'il ait toutes les propriétés qui caractérisent le sang artériel; et, comme il ne les acquiert que par la respiration, on voit que le développement du calorique doit être dépendant aussi de cette dernière fonction. En effet, toutes les causes qui rendent la transformation du sang veineux en sang artériel moins complète ou moins rapide tendent aussi à diminuer la faculté productrice de la Chaleur, et il existe toujours un rapport intime entre elle et Tactivité de la respiration.
La formation de Tacide carbonique, qui est l'un des phénomènes les plus remarquables de la respiration des animaux, peut môme nous expliquer la cause de la production de la majeure partie de la Chaleur développée
f)arces êtres. Si l'oxygène absorbé pendant a respiration est employé à former ce gaz par son union avec du carbone provenant du sang ou des tissus vivants, comme nous avons tout lieu de le croire , cette combinaison doit être accompagnée d'un dégagement de Chaleur , de môme au'il s'en dé^^age lors de la combustion du cnarbou à l'air.
Des expériences nombreuses, et faites avec une précision extrôme,|montrent que la Cha* leur que produirait la combustion du carbone contenu dans le gaz acide carbonique, exhalé par les animaux à sang chaud, est égale à plus de la moitié de la quantité totale de calorique dégagé par ces êtres. Et, si l'on
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