‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 39 sur 204 · GITE · texte numérisé non relu

GITE

REPTILES

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d'un long séjour dans un espace resserré, et au milieu de substances à demi putréfiées, que la chaleur et l'humidité ne cessent d'altérer. Cet aliment précieux lui est fourni par les Tortues franches ; et elles lui sont d'autant plus utiles qu'elles habitent surtout ces contrées ardentes, où une chaleur plus vive accélère le développement de tous les germes de corruption. On les rencontre en effet en très-grand nombre sur les côtes des îles et des continents situés sous la zone torride, tant dans l'ancien que dans le nouveau monde ; les bas-fonds qui bordent ces îles et ces continents sont revêtus d'une grande quantité d'algues et d'autres plantes que la mer couvre de ses -ondes, mais qui sont assez près de la surface des eaux pour qu'on puisse les distinguer facilement lorsque le temps est calme. C'est sur ces espèces de prairies que l'on voit les Tortues franches se pron^ener paisiblement. Elles se nourrissent de l'herbe de ces pâturages. Elles ont quelquefois six ou sept pieds de longueur, a coin[)t*^r depuis le bout du museau jusqu'à Textréraité de la queue, sur trois ou quatre de larçeur et quatre pieds, ou environ, d'épaisseur, dans l'endroit le plus gros du corps ; elles pèsent alors près de nuit cents livres; elles sont en si grand nombre, qu'on sor.nt tenté de les regarder comme uno esi)èce d(' troupeau rassemblé à dessein pour U nourriture et le soulagement «ies navigileurs qui abordent auprès de ces bas-fonds ; et les troupeaux marins qu'elles forment le cèdent d'autant moins à ceux qui |xiissent l'herbe de la surface sèche du globe, qu'ils joignent à un goût exquis, et à une chair succulente et substantielle, une vertu des plus actives et des plus salutaires.

La Tortue franche se distingue facilement des autres par la forait de sa carapace. Cette couverture supérieure, qui a quelquefois quatre ou cinq pieds de lon^, sur trois ou quatre de largeur, est ovale et entourée d'un bord composé de lames, dont les plus grandes sont les [)lus éloignées de la tète, et qui, terminées à l'extérieur par des lignes courbes, font paraître ce même bord comme onde : le- disque, ou le milieu de cette couverture supérieure, est recouvert ordinairement de quinze lames ou écailles d'un roux plus ou moins sombre, qui tombent souvent, ainsi que celles de la bordure, par Teifet d'une grande dessiccation ou de quelque autre accident, et dont la forme et le nombre varient d'ailleurs suivant l'âge et peut-être suivant le sexe. Lorsque l'animal est dans l'eau, la carapace paraît d'un brun clair, tacheté de jaune. Le plastron est moins dur et plus court que la C/arapaee ; il est garni communément de vingt-trois ou vingt-quatre lames, disposées sur quatre r«ngs; et c'est à eause des deux boucliers dont la Tortue franche est armée, qu'on lui a donné le nom de Soldat dans certaines contrées.

La tête, les pattes et la queue sont recouvertes de petites écailles comme le corps Jcs Lézards, des Serpents et des poissons ;

et de même que dans ces animaui , ces écailles sont un peu plus grandes sur h sommet de la tête que sur le cou et li queue. L'on a prétendu que, malgré la gnodeur des Tortues franches , leur cervm n'était pas plus gros qu'une fève. La bouche, située au-dessous de la partie antérieure de la tête, s'ouvre jusqu'au delà des oreilles; les mâchoires ne sont point armées dedenU, mais elles sont très-dures et très-fortPs,el les os qui les composent sont garnis de pointes ou d'aspérités. C'est avec ces mâchoires puissantes que les Tortues coupent l'herbe sur les tapis verts qui revêtenlles bas-fonds de certaines côtes, et qu'elles peuvent briser des pierres, et écraser lescoqoiJlages dont elles se nourrissent quelquefois. Lorsque les Tortues ont brouté l'algue au fond de la mer, elles vont à l'embouchure des -grands fleuves chercher l'eau douce , dans laquelle elles paraissent se

1)laire, et où elles se tiennent paisiblement a tête hors de l'eau, pour respirer un air dont la fraîcheur semble leur être de temps en temps nécessaire. Mais n'habitant que des côtes dangereuses pour elles, à eau» du grand nombre d'ennemis qui lesy alleudent, et do chasseurs qui les y poursaivcr.1, ce n'est qu'avec précaution qu'elles goûlent le plaisir do humer l'air frais, et de se ligner au milieu d'une eau douce et couraole. A peine aperçoivent-elles l'ombre de quelque objet à craindre, qu'elles plongent, il vo'it chercher au fond de laInefoner^ traite plus sûre.

La Tortue de terre adejtous les tmpsps^ pour le symbole de la lenteur; la Tortues de mer devraient être regirdée^ tfiwint l'emblème de la prudence. Celle qusii^^» qui, dans les animaux, est le fruit des dangers qu'ils ont courus, ne doit pas étonner dans ces Txirtues, que l'on recherche d'autant plus, qu'il est peu dangereux de les chasser, et très-utile de les prendre. ï«5 si quelques traits de leur histoire paraiss*i^l prouver qu'elles ont une sorte de su|»ériorité d'instinct, le plus grand nombre de f^ mômes traits ne montreront dans ce5 grandes Tortues de mer que des propriété [^ sives, plutôt que des rfualites aetites. R^ contrant une nourriture abondante sur l« côtes qu'elles fréquentent, se nourrissant de peu, et se contentant de brouter l'hert»^ • elles ne disputent point aux aniroauJ de leur espèce un aliment qu'elles trouveoi toujours en assez grande quantité ; pouvaoi d'ailleurs, ainsi que les autres Tortoe5« tous les quadrupèdes ovipares, passer plusieurs mois, et même plus d'an an, «"* prendre aucune nourriture, elles foi^^'^^ un troupeau tranquille ; elles ne se rech^jchen4 point, mais elles se trouvent ensefflb'^ sans peine, et y demeurent sansconlramift elles ne se réunissent pèê en troupe gji^ rière par un instin^ carnassier, pour \^^ parer plus aisément d'une proie difficile * vaincre, mais, conduites aux mômes endn»!' par les mêmes goûts et les mêmes habitud^^' elles conservent une union paisil)le. W*^'

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