‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 42 sur 204 · CUB · texte numérisé non relu

CUB

POISSONS, ETC

Cllfi

iKsqu^oQaxaminQ la cara|)ace4*iine Tortue pir sa face supérieure , on voit qu'elle est IbriBée par un assez grand nombre do ^Âa^MS osseuses 9 unies entre elles par des uiUmt et dont 8 occupent la ligne médiiK, 16 constituent de chaque côté de cdte-dune rangée longitudinale, et 25 ou iSioloufent le toutcomniie un cadre ovaldre.U est alors difficile de reconnaître la nitarede^^ os; mais,^ si on examine la cara^parsabce inférieure, on voiit ausftiît que les pièces médianes dont nous reoons de parler ue sont autre chose que dndépeadaBcesdes Tertèbces dorsales. £n tftssoasselroare efiectiTement le corps de dacon de ee$ os arec sov forme ordinaire» aÎAû qae le^caoal vertébral servant h loger la m^tto épinière ; mais la portion supénetmàesparois de l'anneau, qui constitue ce ca&il, tu Jiea d'avoir comn^e de coutume la XonMtfQae banda. osseuse transversale, ^éoêrk pir uo espace de ses congénères, et cTéue sunDoolée d'une apophyse épineuse, est idélar{;ieeD manière de disque, et se oo«>Cintte$it»interru|4ion avec les plaques aaalagiesaopacteoaDt à la vertèbre qui pré- «AAt et ^ celle qui suit. Ces vertèbres dor- ^^w, dweiiues ainsi immobiles , portent cnaaae une paire de côtes comme chez Inonameella plupart des autres animaux ^ectéWs; im ces côtes s'élargissent au, poiflUe 56 toucher dans toute ou presque *2"J* '«of'oogiwur et de s'articuler entre «fto pif des sutures; enfin, les pièces mar- «WM^ qui s'aniculent avec l'extrémité «W» cotes ei qui bordent en quelque sorte !• onpace, représentent évidemment fa lyrtKW stemale de ces os, qui , chez les Mmmm, restent à l'état cartilagineux ; ni*« q% chez Jes oiseaux , sont complète "»efl( ossifiées. Dans quelques Tortues, elles r««t<nt oéaie cartilagineuses, et, chez pres- *^^ ^ ces animaux , plusieurs d'entre 5*^ ^appuient latéralement sur les bords «Ptaftuoslernal.

^^^um des Tortues présente ui> dé-

'«WeiDent extraordinaire; il s'étend de-

Witasedu cou jusqu'à l'oriKin.e de la,

V^oe ci recouvre toute la face inférieure

"ïcwps. les pièces qui entrent dans sa

^position sont au nombre de neuf, et, au

^d'élre placées toutes à la file les unes

^ «utres comme chez les lAammifères,

* ?ics sent, à l'exception d'une seule, rangées

'?P«ireset soudées ou articulées entre

I •*'*^ façon à former une grande plaque

^j*'*>»'e. Tantôt CQ bouclier est entier et

J^wedans toute son étendue, tmtôt il est

.'^ en trois portions, dont l'antérieure et

^j, WWeure sont un peu mobiles, et d au-

. « fois encore il est évidé au centre en

j^Jj|*re de cadre ; enfin, de chaque côté,

*****"' ^ ' ' lar un large

des cartila-

,^ ' ' ' '' Vfv« VHl • V*9^^/W \A\/ A\^lAft«/ OllUCU vIllFU

^ ,*^ deux boucliers, en avant et en arrière j*^ celle articulation, que passent les mem- *«s, la tète et la queue, w carapace et le plastron, ainsi que nous

ra;voiis déjà. dit, ne sont recouverts que par la {)eau ordinairement^icailleuse de l'animal. Aucun muscle ne s.'insère à leur surface, et c'est par conséquent- dans^. l'intérieur du tronc que vont se fixer ceux du cou et des membres. L'épaule, au< lieu de- s'appuyer sur la face externe des parois du thorax, se loge dans l'intérieur de- cette cavité, et le bassin est, pour ainsi dire, rentré dans l'intérieur de l'abdomen ; enfin, les pièces marginales de la carapace s'avancent au-dessus de la base du^ cou et-de la queue, de façon que ^es parties semblent aussi sortir de fa môme cavité.

Les vertèbres cervicales, loin d'être immobiles comme celles du dos, sont articulées entre elles de manière à permettre en général des mouvements très-étendus et assez semblables à ceux du cou des oiseaux. Leur nombre est ordinairement de huit, et leurs surfaces articulaires sont alternativement convexes et concaves au lieu d'être planes comme chez les Mammifères. Chez q'ielques Tortues, le cou n'est pas rétractile; chez d'autres, il peut se reployer complètement sous la carapace, en se courbant sur. lui-même en dessous ou décote.

La tête des Tortues est petite comparativement au corps, et le crâne petit, même comparativement à In tête. £n général elle est aplatie et fort- élargie postérieurement par de grandes fasses temporales, cachées d ordinaire sous ufie voûte osseuse. La mâchoire supétieure est solidement fixée au crâne et tout à fait immobile. L*os tvmpanique, qui supporte la mâchoire infèrieure , est articulé de la même manière aux os voisins et forme la majeure partie du pourtour du cadre du tympan; enfin, la mâchoire inférieure se compose d'un grand nombre de pièces osseuses : on en compte six du chaque côié.

Les os di? l'épaule s'articulent avec la colonne vertébrale d'une part, et avec le sternum de l'autre, de façon à former une sorte d'flnnca^ entre la caiapace et le plastron. On y distingue trois branches, qui souvent se soudent ensemble de bonne heure et qui convergent vers la caviié articulaire de l'humérus, qu'elles forment en se réunissant. L'un de ces os, suspendu à la colonne vertébrale, est évidemment l'omoplate ; le se-? cond, qui se dirige en arrière, est l'analogue de l'os coracoîdien des oiseaux, et la troisième, qui descend se joindre au plastron, est le représentant de la clavicule ou du moins dû l'apophyse acromion de l'omoplate, avec laquelle cet os s'articule d'ordinaire.

Le bassin ressemble beaucoup à la. ceinture formée par les os de l'épayle. Il se compose de trois paires de piè,cçs distinctes : un os iliaque » qui s'attache aux apophyses trans verses des vertèbres postérieures de la carapace, un pubis, et un ischion, qui l'uo et l'autre se dirigent vers le plastron et se réunissent à leurs congénères.

Les pieds sont toujours au nombre de quatre , disposés diiïeremmenl bclon les

Cl]£

REPTILES

CHfi

groupes. Dans cerlaiDes Tortues, ils sont aplatis en rames et propres seulement , comme les nageoires des Cétacés, à la natation, ce qui a fait désigner ces Tortues sous les noms de Rémipèoes ouOiacopodes. D*autres ont les pieds cylindriques, teroûnés par un pied court, tantôt aplati, à doigts séparés par des replis de la peau, analogues à ceux que Ton voit aux pieds des Oies et dos Canards. On les désigne sous le nom de Tortues Palmipèdes ou Stéganopodes,et plus exactement Stoçnopodes. Tantôt , enfin, ce pied est cylindrique, terminé par des doigts réunis en moignon, ce sont les Tortues à pieds marcheurs, Solipèdes ouTylopodes. Les doigts sont ordinairement au nombre de cinq à tous les pieds, mais ils ne sont pas chez tous les Ciiéloniens marqués à Textérieur par un nouibre égal d*ougles, d*où sont venus les noms donnés à certaines Tortues de Trionyx , Telraonyx , Penton vx et Homopodes, ou plus régulièrement Homonyx. Les pieds peuvent se retirer, chez un grand nombre de Chélojiiens , eu dedans de >a cuirasse. On homnxe alors les Tortues Cryptopodes, ou à pieds cachés, rétracliles. Chez d*autre$, les pieds ne peuvent rentrer tout è fait en dedans de la cuirasse, et se replient seulement au<lessoi\s d'elle. Ce sont ces Tortues que Ton désigue par le nom de Gymnopodés ou à pieds découverts non rétractiles. Les pieds sont ordinairement couverts d*écailles ovalaires, imbriquées, plu3 ou moins développées en ergots à leur sommet. La disposition des pieds des Tortues commande pour ainsi dire leurs habitudes et leur mode de progression. Celles à pieds en rame vivent Uaiis la mer d*où elles sirtenl rarement, leurs pieds étant très-peu disposés pour la marche; ce sont les Chélcniens Tlialassitcs ou marins , Erelmo ou Halychelones de (luelques auteurs. Celles qui ont des pieds palmés vivent dais les eaux doucesi, m^jiis nu moins peuvent marcher assez bien sur terre. Aristoiélès les appelait Emus, d'où Ton a îiàii le nom d*Emyde. On leur a donné le nom de Phyllopodes ou Chélichelones, et selon qu'elles habitent les fleuves ou les étangs^ on l.es a désignées sous les noms de Fluviales ou Potamiles, et de Sta-

Înales ou Paludi];ies, Elodites. Enfm, les 'ortues dont les pieds sont terminés en moignons et qui se portent sur leurs ongles, sont les mieux disposées de la famille pour la marche ; mais leurs mouvements , gênés

fyar des causes qui seront exposées plus oin^ sont d'une lenteur passée en proverbe depuis longtemps. Ces Tortues sont condamnées à vivre à terre et s'éloignent peu des endroits qu'elles ojit choisis pour patrie. On les nomme Chélonieps terrestres, ou Chersites Pado^ ou Chersochelones.

Pour terminer cette description succincte du squelette des Tortues , nous ajouterons

3ue la colonne vertébrale se prolonge au elà de la carapace, en formant une queue plus ou moins longue. Le nombre des verièt^res caudales varie suivant les espèces. .

La peau qui recouvre tout )e corps de ces animaux conserve quelquefois de la mollesse et n'est pas recouverte d^éca^les; mais, chez presque tous, elle est garnie d^une couche cornée , d'une consistance trèsgrande. Sur le plastron et sur la carapace* ces écallFes forment de larges lames , dont la disposition et l'aspect varient suivaat les espèces ; celles qui recouvrent la carapace d'une espèce particulière de Tortae de mer sont d'une beauté remarquable et s'emploient dans l'industrie $oa$ le nom dVeaiZ/f,

Les yeux des Tortues sont protégés par trois paupières comme ceux aes oiseaui ; leur tympan est grand, mais d'ordinaire caché sous la peau, et les narines sool percées à l'extrémité du museau.

Ces animaux sont dépourvus de dents , et leurs mâchoires sont en général revêtues d'une enveloppe cornée, abords tranchants, comme celle aes oiseaux. Les uns vivent de plantes marines, d'autres de petits animaux aussi bien que de végétaux. Du reste, il ne leur faut que peu de nourriture, et ai en a vu qui avaient passé des moiSi et même des années sans manger.

Les muscles élévateurs de la mâchoire $ont extrêmement forts, et lorsqu'ime Tortue saisit quelque chose avec sa touche, il est presque impossible do lui faire lAcher prise^ La langue est d'une structure phis compJi^ quée que celle de la plupart des Heptiiés ; elle est courte, épaisse et hérissée 4e papilles filiformes. L estomac ne paratt différer des parties voisines du tube digestif que \^r un peu plus de largeur; l'intestin est de\orr Kueur médiocre et n'a point de cœcum ; le foie est volumineux ; il existe une grande vessie urinaire , des poches qui com.muBH quent avec le Qioaque et qui paraisseat être le siège de quelque excrétion ; enfin des canaux qui mènent du cloaque dans la ca^ vite du péritoine.

L*anp^eil de la circulation ne présente rien ae pai^ticulier, si ce n'est que le ventricule du co^ur est imparfaitement divisé en deux chambres qui communiquent ensemble, (Voiji il résulte un mélange plus ou moins complet du sang veineux et du sang artériel dans l'intérieur de cet organe.

Les poumons sont très-grands , également développés et placés sous la carapace audessus du péritoine. Le mécanisme à l'aide duquel l'air y pénètre est tout è fait ditféreut de ce que l'on voit chez l'homme et les autres animaux dont le thorax est dilatable. Les parois de cette cavité étant immobiles chez la plupart des Tortues, c'eç| par le jeu de la bouche qu'elles poussent l'air dans ces orgeines, Les mâchoires étant fermées, l'animal abaisse l'os hyoïde^ ce qui agrandit la cavité de la bouche , et l'air y étant entré par les narines , il ferme avec sa langue les arrière-narines, et élevant l'hyoïde comme

four avaler, il force l'air, ainsi emprisoni\é, descendre dans la trachée. C'est comme ou le voit par une espèce de déglutition qu'il respire.

cnc

POISSONS. ETC

tHl

4dy

Les Tortues poinlenl des œufs revêtus d*uM coque dure qu^elles déposent dans le I sable ou dans la terre «^dans un endroit ei- ^ posé au soleil , afin de les faire éclore. Les I mâl^ sont en général plus petits que les femelles et se reconnaissent d'ordinaire à leurplasjron^légèremenlvconcave. La dprée déu vie d^ ces aiiimaui est très-longue : ou eoaoâU des exemples bien authentiques de T^oes terrestres qui ont vécu plus de cent ' Tî^gt ans,, même deux cents ans, et on en vkfïx sûài panr^iies.à unevieiUesse encore plus grande

LesBoeurs de ces animaux varient, et ces différeoces, qui coïncidpnt a^ec des modificttiooi dans leur str.uciure^ les ont fait iàrtàxs en quatre familles principales, savoir : ksTvriHs terrestres^ les Tortues paiudinés ^ \f!iÎ9rtit$$ fluviaUlet^ et les Xorlues marines^

CiÉiouERS, leur circulation. Voy Ciuct- ^TlO!l, art H.

CHÉIONURES. Voy. Ebiy^r.

CïïÈLYJùE. Xoy. Emi^d^.

CHtKSEA. Voy. Wèbb.

CHËRSITES ou CHERSIES. Voy. Tortue.

CHE\àL-IIA1UN. Voy. Hippocampe.

CHEVXUER, Eaues^ Çenre de poissons oascui^on^oairo J*Aroérique.

U Cl^iUVà A BAUDRIER OU Anéai^AlfN

«t r^^sp^ la fius remarquable. — De môme <)ae le filas ffaad charme de Tart vjent de h'perbcûoa avec laquelle il imil^ 1^ naiure, ^ même oous rjecev^ons souvent, un plaisir, psrticuliee des ouvrages de la naiure qui 1)005 offrent ces sortes de singularité re* naranablo, de oQptraste frap^iant,^ de régulante recherchée, d§ symétrie rigoureuse, 4K BOUS présentent un si grand nombre de Mrodii2tio(is de Fart. Cette métamorphose,, ^ je puis parUn* aiqsi, ce déguisement, ou^ cHéekifigQ. de, qualités, nou$ donnent upe satistKtion assez viv.e; et Ton dirait que tt)tre ampur-propre se complaft , en les co<)$idérant , dans cette illusion qui lui MUnrait d'un côté Tart &*élev^nt jusuu*à bmittre, et de lisant re 1^ nature descenaani JB^u'à TarL

nrmi les êtres organisés qui ne tiennent '^urs orneaients que des mains de celte nature aussi adinirable par la variété que par la magnificence de sqs œuvres, le poisiOQ que nous décrivons doit principalement attirer les regards, comme ayant reçu pour a parure dei nuances et une distribution ^ couleurs, qu'on ne croirait pouvoir rapfivfter qu'au caprice, ou, si on I aime mieux, au goût recherché dp TarU

Eb effet, au-ilessus de la couleur d*or di- ▼ersiûée dans ses tops, dont brille presque (o^ie sa sur/aee, on voit de chaque ràté trois bandes d'uii beau noir, lisérées de Uaoc, et qui, par celte bordure tranchante, se détachent davantage du riche fond qui les entoure. La première et la moins large de ces bandes est transversale, un peu courbe, ^'t passe au-dessus du globe de l'œil; la sewnde s^étend, en serpentant un peu, depuis ie sommet de la tète jusqu'auprès de la l>ase desthoracinos: la troisième, qui est la

|)1us large, commence à Teitrémité supé* Heure de la première nageoire dorsale , descend obliquement vers la tète, se re«courbe vers la queue lorsqu'elle est parvenue au dos de Tanimal, s'avance ensuite longittidinalement jusqu'à la caudale, au bput de laauelle elle parvient sans s*affaib!ir. Six autres bandes brunes et inégales relèvent le jaune doré do la nageoire du dos, et se fépandent de chaque côté sur le dos du poisson. L'iris est or.ingé, cet assortiment de couleurs, et surtout dos trois longues bondes noires et bordées de blanc, font

Ear.iftro l'Américain comme décoré de ruans, ou (ie cordons de chevalerie, et c'est apparemment celte disposition de nuances qui a suggéré à Bloch le nom générique de ce Thoracin.

La tête est petite et comprimée, le museau arrondi, l'oririce de chaque narine double ; le corps élevé, la queue beaucoup moins ha,ute; la ligne latérale droite.

Ce beau poisson vit dans les eaux de la Caroline, de la Havane, de la Guadeloupe, et d'autres pays du nouveau continent.

CHIEN ou CUAT-MARlN. Voy. Squalb-

aOUSSKTTE.

CHIMERE, genre de poissons de Tordre d^s Chpndroptérygiens à branchies libres ou sturoniens. L'espèce la plus remarquable est la Chimèee ARCTIQUE (CA. monstrosa^ Lin., Cuv»).— C'est un objet très-diçne d'attention que ce grand poisson cartila;;ineux dont la conformation remarquable lui a fait donner le nom de Chimère et même celui de Chimère monstrueuse par Linné et par d'autres naturalistes , et. dont les habitudes l'ont fait nommer aussi le âinge de la mer.

L'agilité et en même temps l'espèce de bizarrerie de ses mouvements, la mobilité de sa qpeue très-longue et très-déliée, la manière dont, il montre fréquemment ses dj^nts, et cell^ dont il remue inégalement les différentes parties de son museau, souples et flçiibles, ont, en effet, retracé aux yeux de cf.ux qui l'ont observé l'allure, les gf^sleset.les contorsicns des singes le? plus connus. D'un autre côté, tout le monde sait

3ue l'imagination poétique des anciens avait onné à l'animal redoutable qu'ils appelaient Chimère une tête de FJon et une queue de Serpent. La longue queue du cartilagineux gue nous examinons rappelle celle d'un Reptile; et la place ainsi que la longueur tles premitrs rayons de la nageoire du dos représentent , quoique très-impatfaitement, une sorte (le cnnière, située derrière la tète qui est très-grosse, ainsi que celle du Lion, et sur laquelle s'élève dans le mâle, à l'extrémité d'un petit appendice, une petite touffe de Glaments délies. D'ailleurs les différentes parties du corns de cet animal ont des proportions que I on ne rencontre pas iVéquemmenl dans la classe cependant très-nombreuse des poissons, et qui lui donnent, au ))remier coup d'œil , raf)parence d'un être monstrueux.

On assimile en quelque sorte sa tète h celle du Lion. On a voulu, en const^quence,

CKl

REPTILES

cm

la couronner comme colle de ce dernier et terrible quadrupède. Le Lion a été nommé le Hoi des animaux. On a donné aussi un empire à la Chimère, et si on n'a pu supposer sa puissance établie que sur une seule espèce, on Va fait régner sur une des plus nombreuses, et plusieurs Vont appelée le Roi des Harengs, dont elle agite et poursuit les immenses colonnes.

On ne connaît encore dans le genre de la Chimère que deux espèces : l'arctique dont nous nous occupons, et celle à laauelle on a donné le nom d'antarctiqtie. Leurs dénominations indiquent les conirôes du

f;lobe qu'elles habitent: et c'est encore un ait digne d'être observé, que ces deux es- |>èces, qui ont do très-grands rapports dans leurs formes et dans lours habitudes, soient séparées sur le globe par les plus grands intervalles; que Tune ne se trouve qu'au milieu des mers qui environnent le pôle septentrional , et qu*on ne rencontré Tautre que dans les eaux situées auprès du pôle antarctique , et particulièrement dans la partie de Ja mer du Sud qui avoisine ce dernier pôle. On dirait qu'elles se sont partagé les ^ones glaciales. Aucune do ces deux espèces ne s'approche que rarement des contrées tempérées; elles ne se plaisent, pour ainsi dire, qu'au milieu des montagnes de glace, et des tempêtes qui bouleversent si souvent les plages polaires; et si l'Antarctique s'avance au milieu des flots de la nier du Sud, beaucoup plus près dos tropiques, que la Chimère arc.ique au milieu des orxics a<?it es de l'Océan boréal , c'est que Tiiémisphère austral, plus froid que celui mie nous habitons, offre une température moins chaude à une égale distance de la ligne équatoriale ; et que la Chiaière antarctique ueut trouver dans cet hémisphère, quoique a une plus grande proxinnté de la zone torride» le même degré de froid, la même nature ou la même abondance d'aliments et les mômes facilités pour la fécondation de ses œufs que dans Thémisphère septen* trional.

&Iais avant de parler pilus au long de cette antarctique» continuons de faire connaître la Chimère qui habile dans notre hémis* phère, qui, de loin, ressemble lu»aucaup à un Squale, et qui parvient au moins à trois pieds de longueur.

Le corps de la Chimère arctique est un peu comprimé par les côtés, très-allongé, et va en diminuant très-sensiblement de grosseur, de^tuis les nageoires pectorales iusqu'à Textrénuté de la queue. La peau qui la revêt est souple, lisse, et présente des écailles si petites, qu'elles échappent, pour ainsi dire, au toucher, et cependant si argentées, que tout le corps de la Chimère brille d'un éclat assez vif. Quelquefois dos taches brunes, répandues sur ce fond, en relèvent la biancheur.

La tête est grande, et représente une sorte de pyramide, dont le bout du museau forme la pointe, et dont la base est presque à la même hauteur que les yeux. Le tégument

mou et flexible qui la couvre est phssé dans unp très-grande étendue du côte inférieur, et porcé dans celte même partie, ainsi que sur los faces latérales, d'un nombre assez considérable de pores arrondis, grands, el destinés à répandre une mucosité plus ou moins gluante.

Les yeux sont très-gros. A une petite distance de ces organes^ on voit, de chaque côté du corfis, une ligne latérale blanche, ' et quelquefois bordée de brun, qui s'étend jusque vers le milieu de la queue, y descend sous la partie inférieure de l'animal, et va s'y réunir à la ligne latérale du côté opposé. Vers la tête, la ligne latérale ?e divise en plusieurs branches plus ou moins sinueuses, dont une s'élève sur lo dos, olra joindre un rameau analogue de la ligny latérale opposée. Deux autres branches entourent l'œil, et se rencontrent à l'exlréaMlé du museau; une quatrième va è la commissure de la bouche; et une cinquième, placée au-dessus de celte dernière, serpente sur h portion inférieure du museau, où elle se confond avec une branche semblable, partie du côté correspondant à celui qu'elle a parcouru. Tous ces rameaux forment des sillons plus ou moins profonds et plus ou moins interrompus par des pores arrondis.

Les nageoires pectorales sont très-grandes, un peu en forme de faux, et attachées à une prolongation charnue. Celle du dos comineiice par un rayon triangulaire, très-allongé, très-dur, et dentelé par derrière; sa hauteur diminue ensuite tout d'un eoap; mais bientôt a[)rès elle se relève et s'élfnd jnsques assez loin au delà de lanus,»

montrant toujours à peu près la mèraeélé- Vrttion. Le, un intervalle très-peu sen$it)leU sépare quelquefois d'une espèce de seconde nageoire dorsale, dont les rayons ont d'abord la même longueur <jue les derniers de la première, et qui s'abaisse ensuite insensiblement jusque vers l'extrémité de la queue, où elle disparaît. D*autres foia cet intervalle n'existe point; et bien loin de pouvoir compter trois naçeoires sur le dos de la Chimère arctique, ainsi que plusieurs naturalistes l'ont écrit, on n'y en voit qu'une seule.

Le bout de la queue est terminé par un fllament très-long et très-délié. Il y adeui nageoires de l'anus : la première qui est très-courte et un peu en forme de faui, ne commence qu'au delà de l'etidroit où les lignes latérales aboutissent l'uneàTaulre; la seconde est très-étroite et se prolonge peu. Les nageoires ventrales environnent ranus, et tiennent, comme les pectorales, à un appendice charnu.

La bouche est petite ; l'on voit à chaque mâchoire deux lames osseuses , à bords tranchants, et sillonnées assez profondément |K)ur ressembler h une rangée de dents incisives, et très-distinctes I une de Tautre; il va de plus au palais deux dents communément aplaties et triangulaires.

La Chimère arctique , cet animal etlraordinairc par sa forme, vil, ainsi que nous

^ P^anM ^^^wpleraent est presque le » ^ lient . *^<I««I il Quitte la haute mer :

quitte

r*.^ CUL POISSONS, ETC. CHO 4ii

*a mjKeu ^ i^^'^^fï^nceinent de cet article, d'écaiilos. L'on ne sait pns au juste les usa-

\^*^«%ineni ^•'*" ^J^*^"^"^*^^'' ^^ "'®^' ges de ces appendices; Ton présume qu'ils •^^jmps cte^^^^il s'approche des rivages; servent à soutenir Tanimal, iorsciu'il s'é- *"^ n *--- . iflnce d'un arhre à un autre, à la manière

d*un parachute. Cet animal habite la Nouvelle-Hollande, vit sans doute d'insectes qu'il chasse de branches en branches ; il atteint presaue la taille des Iguanes.

CHQETODON, du grec, ^oin), soie ou poil^ et oîoyç, dent^ genre de poissons de l'ordro des Âcanthoptérygiens squamipenues. — Ces poissons sont parés des couleurs les plus vives et les [)lus agréables ; ils sont aussi trèsremarquables par leurs formes; et cependant on n'avait encore déterminé leurs caractères distinctifs (jue d'une manière vague. Linné avait laissé dans le genre au'ils composent des poissons qui, malgré leurs grands rapports avec les Chœtodons, doi- "orwégiens et d'autres ha- vent cependant en être écarlésdans une dis- 'f ^efUentrionales, vers les- tribution méthodique et régulière. Plusieurs '^ quelqueftiis, se nourris- naturalistes ont placé, parmi

fe'ïdeurs de l'nfii"® toujours dans les pro-

. **'«^ ct^ P ^^^n, où il se nourrit le plus

Miaiitïx ^ JtT'Hî^s, de Mollusques et des

' **ïm, ce 7^^"^; et s'il vient à la surface

^' « jeu\ qJ^^ guère que pendant la nuit,

■"*' •'PWfcTQn'A *^^ sensibles ne pouvant

^ i^» anî^^ ^^^^^ réclal de la lumière

iJwei toréaf*^^*'^*^ ^^^ '^ rétlexion (Jes

"^ ffiflrcfs léirf ." yasM cependant alta-

«Dl h jDer^^^ innombrables de Hareugs

époqo«$ de ]• ^^ ^^^ couverte à certaines

» pff^k do ^^^f 'es poursuivre et faire

laaox. Plusieurs oe ces faibles ani-

CHaoSBCrJ^^ moins de soin.

i<Di '

potssotts ûfn hi f:^7^^narius. — Genre de

calétsdeCorier"^**^ des Pectorales pédi-

^mto fciHlfofes'^.'?^^^ des rapports intimes

M^.^m^ ou Lop*mf et les Mal-

wiwwiT^ Jf^^"^^"^» ®" remplissant

^!^^X^^^ à la manière des Té-

V^(HB,8ej^W^^Ornme un ballon; à terre,

\ewDapoi^P^\t-es les aident à ramper

P'^»^^^ ^^à/J^pèdes les

__^*^e5ii ^^^ <H leur position, faisant

0 ^ J Y^ ^e derrière, ils peuvent niit ^lesVt^v^ pendant deux ou trois V ^0^* ^ d^^^ les "^ers des pays

^*ï!SlOtî» ^ 8Fec Yêips main. —Nom

^^ .j^lilesaurophidien, pourvu seu-

^ tàeée»^ petits pieds anlérieurs. On ne

ait*

fc^'^tWune espèce de Chi rote, le Chirotb ^ni, décrit aussi sous le3 noms de Bi- ^«1 Bimane cannelé, de Chirote des ^I^DsJong de huit à dix pouces, gros ctttBtek petit doigt, d'un brun clair unifûttot' a TienI du Mexique. Il vit en terre, dasdeùeiiis terriers, à la manière des Anpigeiies Amphisbèoes ; comme eux, il se 0(W/n7(/ïosectes d'un petit volume, il est /^i Ait innocent.

\ CBIRVRGIES. Voy. Acanthorb.

. CALAMYi)OSAUllË. —Genre de sauriens, fûhiûdes Dragons et des Sitanes. Ce reptile seéstingaQ de ces derniers par une particuiirité d'organisation qui lui a fait donner h nom qu'il porte, formé des mots grecs ;^ka«,', manteau, et ^«nîpoc, Lézard, c'est-à-diro par i existence d*une sorte de collerette ou fièlerioe membraneuse, située sur les côtés 'la cou formée de deux lambeaux semi-cir- I alaires longs d'environ un pouce et demi, repliées, en quatre sur les côtés du cou, revêtus d'écaillés analogues, pour la forme, à celles du reste du corps, et soutenus par des liges solidesquijàen juger |>ar l'extérieur, paraissent provenir des branches de rhyoïcle ; 1« bords sont droits et paraissent denticulés liDçment par la saillio des dernières rang^'es

ces anunaux, des espèces qui présentent des traits opposés à ceux que Ton indique comme devant servir à caractériser ces Thoracins. Le mot CJiœtodon désisne des dents plus ou moins déliées et semblables à des crins, mobiles et élastiques. Lacépède a cru ne devoir laisser dans le genre des Choetodons proprement dits que les poissons qui olTraient ce caractère remarciuable et facile à saisir, et qui montraientdeplus un museau un peuavaneé, une ouverlure très-étroite à leur bouche, de petites écailles sur leurs nageoires dorsales et anales, un corps élevé, et enfin le corps et la queue très-aplatis lat(!Talement. Ce genre, auquel Linné avait exclusivement coiscrvé le nom commun de Chcetodon , a.été depuis subdivisé par Cuvier, comme il suit :

1** Les Choetodôns propres, qui ont le corps plus ou moins elliptique ; les rayons épineux et les mous se continuent ep une courbe è peu près uniforme ; leur museau e^t plus ou moins avancé , et quelquefois leur préopercule a une fine dentelure ; ils sont peints des plus l>elles couleurs. Parmi ceux-ci nous citerons particulièrement :

Le CnOBTODON barre (Chmtodon siriatus^ liniié). Son corps présente un disque presque rond, doux fois échancré en arrière |K>ur la distribution des trois nageoires verticales, et un peu poin'u en avant pour la proéminence du museau. Le fond de la couleur est d'un blanc légèrement irisé; des lignes grisâtn s suivent le milieu de chaque rangée d*écaiiles ; en sorte que celles de la moitié supérieure vont en montant en arrière* et celles de Tinférieure marehent à peu près longitudinalement. Cinq bandes noires diversifient ce fond. Ce poisson ne parak pas devenir trop grand. S« chair est bonne à manger.

Le CHoeroDON k houssb (Ch, ephippium^.

Cuv.) long de cinq à six pouces, et large de quatre ; sa forme est arrondie, il est gris sur le dos, d'un jaune doré au milieu, et argenté au ventre. Il a en arrière et sur le dos une grande tache noire tmrdée postérieure-

CIIO

REPTILES

Page 1